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MÉDITATIONS
SUR LES MYSTÈRES DOULOUREUX
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MÉDITATION
DU TRÈS SAINT ROSAIRE |
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La méditation du saint Rosaire est un excellent moyen de vie vraiment chrétienne modelée sur celle de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de Sa très Sainte Mère. Sa récitation nous met en état de prière, nous détache des choses de la terre et nous porte doucement vers Notre Père et Notre Mère du ciel.
Voici une très belle méditation pour la récitation des « Mystères », ainsi appelés parce qu'ils renferment leurs exemples et contiennent des leçons cachées de vie chrétienne; leçons que la réflexion permet de dégager et d'appliquer.
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1. — L'AGONIE DE JÉSUS AU JARDIN DES OLIVIERS
Fruit du mystère : la contrition de nos péchés
 Ses disciples, couchés, sommeillent à l'écart,
Ignorants de la lutte qu'Il a, seul, à livrer.
Prostré dans les ténèbres, Il vit un cauchemar
Tel qu'aucun romancier ne pourrait le narrer.
Assailli de visions abjectes, abominables,
Il prend sur Lui, le Saint, les infamies du monde,
Nos méfaits les plus minces comme les plus immondes
Qui sont tous, à Ses yeux, des affronts innommables.
Il sait ce qui L'attend. De détresse, Il chancelle.
De sanglante sueur, son corps entier ruisselle.
Sa Passion est là, qu'Il ne veut éluder.
Un ange Le secourt, et Il reprend courage
Pour affronter l'horreur et achever l'Ouvrage.
Au loin, quelques lueurs... Ils ne vont plus tarder. .
2. — LA FLAGELLATION
Fruit du mystère : la mortification des sens
 Un soldat Le dépouille, Lui attache les mains
En haut d'une colonne, devant la populace.
Des bourreaux chevronnés, deux solides Romains,
Officient tour à tour, précis et efficaces.
La violence est folle, et la souffrance aiguë.
Sa peau, fragilisée par la sueur de sang,
Éclate sous les coups multiples et puissants.
Les lanières de cuir lacèrent Son corps nu.
Le grand Nazaréen supporte sans broncher
Ce déluge de plomb. Il s'abstient de flancher
Pour que les prophéties anciennes s'accomplissent.
Les deux brutes en nage, sans la moindre vergogne,
N'arrêtent qu'à cent coups, tout cramoisis de trogne,
Puis délient la victime, dont d'autres se saisissent… .
3. — LE COURONNEMENT D'ÉPINES
Fruit du mystère : la mortification de l'amour-propre
 Ce n'était pas assez de Le mettre au supplice,
Encore faut-il railler le Juste pantelant :
« Il se dit roi des Juifs ? Allons, point d'avarice !
D'un vieux manteau de pourpre, faisons-lui le présent !
Mais, faute de couronne, sur quoi règnerait-il ?
Ce jujubier, là-bas, fera très bien l'affaire ! ».
En couper une branche est besogne légère,
Et la tresser en tiare également facile.
Son sceptre ? Un vil roseau.
Ses hommages ? Des coups.
Les épines, en Sa chair, préfigurent les clous.
Le sang marbre Sa Face, la voile par endroits.
Comment donc ces païens pourraient-ils se douter
Qu'ils consacrent ainsi, fût-ce pour se moquer,
Le culte que toute homme doit dédier au Christ-Roi ? .
4. — LE PORTEMENT DE LA CROIX
Fruit du mystère : la patience dans les épreuves
 Le bois mal équarri Lui racle les épaules,
Il essuie les crachats, les quolibets, la haine.
Fidèle aux Écritures, Il doit jouer Son rôle,
Se laisser injurier, vouer à la géhenne.
Soudain, Il voit Sa Mère, transpercée de douleur...
Échangeant des regards pleins d'Amour désolé,
Ils sont en communion, les deux Immaculés,
Îlots de sainteté entourés de fureur...
Soulagé par Simon, Il redresse le torse
Et, soucieux d'aller jusqu'au bout de Ses forces,
Repart en surmontant Son pitoyable état.
Il tombe et se relève sur le rugueux chemin,
Il titube, Il trébuche et aperçoit enfin,
Au détour d'une rue, le sombre Golgotha. .
5. — LE CRUCIFIEMENT
Fruit du mystère : le don de soi à l'œuvre de la Rédemption
 Dévêtu en public, blessé dans Sa pudeur,
Le voici crucifié, l'Agneau si doux, si tendre.
Il n'est plus que disgrâce, meurtrissure et malheur,
Parce qu'un peuple dur n'a pas voulu L'entendre.<:p>
Plus bel Enfant des hommes, Il pend, défiguré,
Abandonné des Siens, abreuvé de blasphèmes.
Il s'adresse à Marie, qui se tient digne et blême,
Et lui donne pour fils l'apôtre préféré.
Ces mots, ce Sacrifice font des hommes Ses frères
Et rachètent tous ceux qui, en Son Nom, espèrent.
Il peut mourir en paix, car « tout est consommé ».
Au Temple, le rideau se déchire et frémit.
Le sol tremble et se fend, afin qu'en ses replis,
De l'Alliance de Sang, la graine soit semée. .
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