Prieres et spiritualite

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Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Église
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Église
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Église :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandements
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

SOIXANTE ET ONZIÈME LEÇON


L'EXTRÊME-ONCTION

Extreme OnctionDemande : Qu'est-ce que l'Extrême-Onction ?
Réponse : L'Extrême-Onction est un sacrement établi par Jésus-Christ pour le soulagement spirituel et corporel des chrétiens dangereusement malades.

Explication : Dieu, qui est infiniment bon, n'a pas seulement pourvu à tous nos besoins pour le cours de notre vie et dans l'état de santé, il a encore établi un sacrement pour nous soulager dans le temps de la maladie, et surtout aux approches de la mort, où les tentations sont plus violentes et plus dangereuses. Ce sacrement, est appelé par les Grecs : chrême, huile sainte, huile bénite, parce que l'huile en est la matière; et par les Latins : onction des malades, sacrement des mourants, Extrême-Onction. Cette dernière dénomination, dont nous expliquerons le sens dans cette leçon, a prévalu dans l'Église latine.

D : L'Extrême-Onction est-elle un sacrement de la loi nouvelle ?
R : Oui, l'Extrême-Onction est un sacrement de la loi nouvelle.

Nous y trouvons, en effet, tous les caractères qui constituent un véritable sacrement.
1°) C'est un signe sensible : fonction faite avec de l'huile d'olive, consacrée par l'évêque le jeudi saint, et la parole du prêtre qui accompagne cette onction, signifient la grâce que Jésus-Christ accorde à celui qui reçoit comme il faut ce sacrement.
L'huile est le symbole de la force et de la douceur ; et dans cette circonstance elle rappelle la force que le malade acquiert pour vaincre l'ennemi de son salut, qui en ce moment redouble d'efforts pour le perdre, et la douceur, c'est-à-dire le soulagement qu'il éprouve dans ses douleurs, le bonheur et la joie qu'il ressent par l'espérance qu'il a de posséder bientôt le ciel.
2°) Ce signe sensible a été institué pour nous sanctifier, comme nous le voyons par ces paroles de l'apôtre saint Jacques : « Si quelqu'un d'entre vous est-il malade, qu'il fasse venir les prêtres de l'Église ; qu'ils prient sur lui en faisant une onction d'huile au nom du Seigneur, et la prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le soulagera, et s'il a commis des péchés, ils lui seront remis » (St. Jacques V, 14-15).
3°) C'est Jésus-Christ qui l'a institué ; autrement, comment produirait-il les effets que l'apôtre lui attribue ? De qui pourrait-il avoir cette vertu ? Quel autre que le souverain Arbitre de la vie et de la mort, le vainqueur des puissances de l'enfer et du péché, pourrait attacher à des actions, à des paroles humaines, la santé et la vie, la grâce et la réconciliation avec Dieu ? — C'est Jésus-Christ qui institua l'Extrême-Onction lorsqu'Il envoya ses soixante-douze disciples parcourir toute la Judée, leur donnant le pouvoir de guérir les malades (Luc IX, 2). Dociles aux ordres de leur Maître, ils se répandirent dans les villes et dans les bourgades ; « ils oignaient d'huile les malades, et les malades étaient guéris » (Marc VI, 13).
La tradition, les saints Pères et les conciles s'accordent tous pour démontrer que l'Extrême-Onction est un véritable sacrement. Il serait trop long de rapporter ici leurs témoignages ; nous nous bornerons à citer les paroles du saint concile de Trente : « Si quelqu'un dit que l'Extrême-Onction n'est pas un vrai sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et promulgué par saint Jacques, mais seulement un rite qui vient des Pères, ou une invention humaine, qu'il soit anathème » (Session XIV, canon 1).

D : Qui peut administrer l'Extrême-Onction ?
R : Les évêques et les prêtres ont seuls ce pouvoir.

L'Extrême-Onction, administrée par quelqu'un qui ne serait pas revêtu du sacerdoce, ne serait d'aucune valeur et ne produirait aucun effet ; les évêques et les prêtres, seuls, sont les ministres de ce sacrement. « Quelqu'un de vous est-il malade, dit l'apôtre, qu'il fasse venir les prêtres de l'Église » ; or, par ce mot, les prêtres, l'Église a toujours entendu les prêtres ordonnés par l'évêque ; et c'est ce que le saint concile de Trente a défini en ces termes : « Si quelqu'un dit que les prêtres de l'Église, que saint Jacques exhorte à faire venir pour oindre les malades, ne sont pas les prêtres ordonnés par les évêques, mais les anciens d'âge dans chaque communauté, et qu'ainsi le propre ministre de l'Extrême-Onction n'est pas le prêtre seul, qu'il soit anathème » (session XIV, canon 4). Tout prêtre peut administrer validement ce sacrement, parce qu'il ne faut pour cela que la puissance d'ordre ; mais, hors le cas de nécessité, le curé seul, ou les prêtres commis par l'évêque ou par le curé du malade, peuvent l'administrer licitement, c'est-à-dire sans commettre une faute grave. Un régulier (un prêtre appartenant à un ordre religieux) qui, de son autorité, administrerait ce sacrement ou le saint viatique (Communion aux malades) à un clerc ou à un laïque, encourrait l'excommunication. Dans les communautés de moines et de moniales, les religieux qui ont la charge des âmes des personnes consacrées à Dieu peuvent leur administrer le saint viatique et l'Extrême-Onction. Ils peuvent également l'administrer aux clercs qui vivent sous leur obéissance, à ceux qui n'étant ni moine ni moniale vivent à l'intérieur du monastère, et, dans les écoles tenues par eux, à leurs élèves internes.

D : Qui peut recevoir le sacrement de l'Extrême-Onction ?
R : Tous les catholiques peuvent recevoir ce sacrement.

Pour la validité de ce sacrement, trois conditions sont nécessaires :
1°) avoir été baptisé : car le baptême est la porte de tous les sacrements ;
2°) avoir ou avoir eu l'usage de la raison : car l'Extrême-Onction doit enlever les restes du péché.
3°) être en danger de mort ou par infirmité ou par vieillesse.

Pour recevoir avec fruit ce sacrement, il faut :
1°) être en état de grâce : la contrition parfaite, ou l'attrition jointe au sacrement de Pénitence, est requise chez celui qui est en état de péché mortel, vu que l'Extrême-Onction est un sacrement des vivants. Celui qui volontairement le recevrait en état de péché mortel commettrait un sacrilège.
2°) avoir la volonté de recevoir le sacrement.

D : Un seul prêtre suffit-il pour conférer validement le sacrement de l'Extrême-Onction ?
R : Oui, un seul prêtre suffit pour conférer validement le sacrement de l'Extrême-Onction.

Le Pape Alexandre III a défini qu'un seul prêtre confère validement le sacrement des malades. Le Pape Benoît XIV dit qu'on ne doit pas faire cas des objections qu'on veut tirer des termes employés par saint Jacques. Lorsque l'apôtre dit qu'il faut appeler « les » prêtres de l'Eglise, il veut signifier seulement un des prêtres de l'Église ; du reste, il n'est pas rare de voir l'Écriture sainte employer le pluriel pour le singulier.

Extreme onctionD : Quels sont les effets de ce sacrement ?
R : Le sacrement de l'Extrême-Onction purifie le malade qui le reçoit dignement des souillures du péché, lui donne la patience dans ses douleurs, le fortifie, dans ses derniers moments, contre les attaques du démon, et peut même lui rendre la santé, si elle est utile pour son salut ou pour la gloire de Dieu.

Le premier effet de l'Extrême-Onction est de produire par elle-même une augmentation de la grâce sanctifiante. Elle confère de plus, comme les autres sacrements, une grâce qui lui est propre, une grâce de soulagement et de force, qui soutient le malade dans les langueurs de la maladie, lui inspire la confiance qui adoucit ses maux, et la résignation qui les rend méritoires ; le rassure contre les terreurs de la mort et le fortifie contre les attaques que l'ennemi du salut renouvelle plus vivement que jamais, dans le dernier moment. C'est ce que saint Jacques exprime par ces mots : « Le Seigneur le soulagera » et ce que signifie l'huile, dont une des propriétés est d'adoucir les maux du corps et de rétablir les forces.
Le second effet de l'Extrême-Onction est d'effacer les péchés et les restes des péchés :
1°) Les péchés véniels et les péchés mortels : d'abord, il n'est pas absolument certain que l'absolution donnée à celui qui ne s'est confessé en aucune manière soit valide ; en second lieu, le malade a pu commettre, depuis qu'il a reçu l'absolution, des péchés mortels qu'il se trouve dans l'impossibilité de confesser ; en troisième lieu, il peut se faire qu'un confesseur ne veuille pas prendre sur lui d'absoudre un moribond privé de tous ses sens, et qui, avant de perdre connaissance, n'a fait qu'un acte d'attrition; or, selon un grand nombre de théologiens, l'Extrême-Onction, d'après l'intention secondaire qu'a eue Notre-Seigneur Jésus-Christ en l'instituant, remet dans ces circonstances les péchés mortels. C'est pour cette raison que les Pères et les conciles l'appellent le complément, la perfection et la consommation de la pénitence.
2°) Les restes du péché : on entend par là une certaine pente au mal, un éloignement pour le bien, la difficulté de se porter vers Dieu, le trouble de la conscience, et tous les défauts, toutes les imperfections, toutes les misères qui restent dans l'âme après qu'elle a été purifiée du péché. L'Extrême-Onction y remédie et les fait disparaître en même temps que le péché ; en sorte que l'âme, délivrée de tout ce qui la tenait attachée à la terre, devient plus propre à s'élever vers le ciel pour s'y réunir à son Rédempteur. On entend aussi, par les restes du péché, la peine temporelle qui lui est due, et que l'Extrême-Onction remet, du moins en partie, non pas directement et par elle-même, mais à raison des dispositions plus ou moins parfaites de celui qui la reçoit.
3°) Rendre la santé du corps : l'apôtre saint Jacques l'insinue en disant que « la prière de la foi sauvera le malade. » Le concile de Trente l'enseigne clairement par ces paroles : « Le malade reçoit même quelquefois la santé du corps; » et il ajoute cette condition : « Lorsqu'il est expédient pour le salut de l'âme. » Pourquoi le Concile dit-il quelquefois et non pas toujours ? C'est parce que Dieu est le maître de ses dons et qu'Il dispose lorsqu'Il le veut de notre âme. En effet, la guérison du corps ne serait pas toujours profitable à l'âme, et c'est la raison pour laquelle cet effet n'est pas toujours produit dans ceux mêmes qui reçoivent ce sacrement avec de saintes dispositions.
L'Extrême-Onction peut rendre aussi la santé du corps, si elle est utile pour la gloire de Dieu. Prenons l'exemple d'un malade qui, par ses bons conseils et ses bons exemples, portait au bien et à la vertu un grand nombre d'âmes ; ce malade plein de vigilance et de zèle pour le salut de son prochain, qui, par ses bonnes œuvres et ses aumônes, faisait réfléchir un bon nombre de catholiques tièdes dans leur foi… et bien Dieu, prolonge, par la vertu de l'Extrême-Onction, les jours de ce malade afin qu'il continue de frayer aux autres le chemin du salut, se réservant de lui accorder plus tard une récompense plus abondante. Souvent aussi, prévoyant les peines et les dangers qui doivent l'assaillir, il le met immédiatement en possession du royaume éternel.
De tout ce que nous venons de dire sur les effets de l'Extrême-Onction, il est facile de conclure combien ce sacrement est utile, et de quelles grâces se privent ceux qui, étant attaqués de quelque maladie dangereuse, négligent de le recevoir. De plus, comme le déclare le saint concile de Trente, on ne saurait le mépriser sans un grand péché et sans violer un précepte positif qui oblige tous ceux qui sont dans le cas d'en être munis, de demander à le recevoir.

D : Pourquoi ce sacrement est-il appelé l'Extrême-Onction ?
R : Parce que c'est ordinairement la dernière onction que reçoivent les chrétiens.

Nous recevons, dans le cours de la vie, plusieurs onctions : deux au baptême, la première avec l'huile des catéchumènes et la seconde avec le saint-chrême, une à la confirmation ; les prêtres, une autre à leur ordination. Celle qu'on reçoit dans une maladie dangereuse est appelée extrême ou la dernière, parce qu'elle est en effet ordinairement la dernière, et c'est pour cela que le sacrement dont cette onction est une partie essentielle s'appelle l'Extrême-Onction. Ce mot extrême ne signifie pas toujours une extrémité sans espoir, mais l'onction qui est ordinairement la dernière que reçoit un catholique. Nous verrons plus loin dans cette leçon que ce mot Extrême-Onction ne doit pas jeter l'épouvante dans celui qui la reçoit, mais que bien au contraire elle est salutaire à l'âme et au corps.

D : Quelle est la matière du sacrement de l'Extrême-Onction ?
R : La matière éloignée du sacrement de l'Extrême-Onction est l'huile d'olive, et la matière prochaine est l'onction que le prêtre fait avec cette huile sur le malade.

La matière éloignée de l'Extrême-Onction est l'huile, selon ces paroles de saint Jacques : « Qu'ils prient pour lui, en l'oignant d'huile ».
Cette huile doit nécessairement être de l'huile d'olive. Elle doit être bénite par l'évêque, le Jeudi-Saint, au milieu du Saint Sacrifice de la Messe autrement le sacrement serait nul.
Si l'on se servait d'une autre huile, même bénite, le sacrement serait invalide et il faudrait le réitérer.
Si, par inadvertance ou dans le cas de nécessité, on employait l'huile des catéchumènes ou le Saint Chrême, il y aurait doute sur la validité du sacrement, et il faudrait le réitérer sous condition.
Cette huile doit être bénite par l'évêque, le Jeudi-Saint, au milieu du Saint Sacrifice de la Messe autrement le sacrement serait nul.

La matière prochaine est l'onction ou l'application aux principales parties du corps de cette huile bénite par l'évêque le Jeudi Saint, et qu'on appelle huile des infirmes. — Si, par erreur, le prêtre s'était servi, pour l'Extrême-Onction, du saint-chrême ou de l'huile des catéchumènes, il devrait recommencer les onctions avec l'huile des infirmes. — Si, à cause du grand nombre des malades, l'huile venait à manquer, et qu'il fût difficile de s'en procurer d'autre, un curé pourrait ajouter de temps en temps, à l'huile bénite, de l'huile d'olive non bénite, pourvu qu'à chaque fois il eût soin de mettre celle-ci en plus petite quantité. Quoiqu'il pût résulter de ces diverses additions que l'huile non bénite fût, à la fin, en plus grande quantité que l'huile bénite, le sacrement n'en serait pas moins valide ; ainsi l'a déclaré la congrégation du Saint Office, le 23 septembre 1682.

D : Quand faut-il recevoir ce sacrement ?
R : On peut le recevoir sans être dangereusement malade, cependant il ne faut pas attendre à la dernière extrémité pour le recevoir.

Une légère indisposition, même lorsqu'elle est longue à soigner, ne suffit pas pour qu'on puisse recevoir l'Extrême-Onction, car il faut qu'il y ait danger probable de mort. Cependant on ne doit pas attendre que la maladie soit arrivée au plus haut degré, et qu'on soit au dernier terme de la vie. Dès que l'on craint raisonnablement que la maladie ne finisse par la mort, on doit s'y préparer par la réception du dernier sacrement de l'Eglise.

D : Quels sont les malades auxquels on doit donner l'Extrême-Onction ?
R : Ce sont les malades qui paraissent en danger de mort.

On ne donne pas ce sacrement dans les maladies ordinaires ; mais il faut qu'on aperçoive un danger probable de mort ; là alors on demande ces secours à l'Eglise. Dans le doute il vaut mieux risquer de donner le sacrement à un malade qui ne soit pas absolument en danger, que de s'opposer à le laisser mourir sans cette ressource consolante des mourants.

D : Faut-il attendre à la dernière extrémité de la vie pour recevoir l'Extrême-Onction ?
R : Non, il ne faut pas attendre à la dernière extrémité.

Ne pas attendre le trepasQuoique le sacrement de l'Extrême-Onction ne puisse être conféré qu'aux malades, ce serait cependant une erreur de croire qu'il faille attendre, pour le recevoir, que le malade n'ait plus ni raison, ni connaissance, ni aucun espoir de guérison, comme on pourrait le conclure faussement du nom d'Extrême-Onction ; parce qu'alors il ne peut avoir les dispositions requises : il faut une présence d'esprit suffisante pour produire les actes de contrition, de foi, de confiance, de résignation nécessaires. Donc, si l'on ne voit pas le malade recouvrer la santé, n'attendons pas qu'il soit à la dernière extrémité pour réclamer en sa faveur ce sacrement de l'Église. Souvent, hélas, ayant trop attendu pour appeler un prêtre, celui-ci se retrouve face à un mourant qui n'a plus la possibilité de parler ou qui n'a plus toute sa tête. Si, par une cruelle pitié et une funeste complaisance, on n'avait pas différé si longtemps, le malade aurait pu profiter des fruits précieux du sacrement, et on l'en a privé en écoutant une aveugle tendresse, pensant qu'il allait guérir. Combien ne voyons-nous pas de personnes, au contraire, qui l'ont reçu plusieurs fois, et qui jouissent d'une santé parfaite ? « Le délai de l'Extrême-Onction jusqu'aux derniers moments, disait un cardinal du XVIIIème siècle, est ce qui rend cette annonce si dure et si douloureuse à tant de malades. C'est ce malheureux, ce faux préjugé que l'Extrême-Onction ne doit être donnée que dans le dernier moment de la vie, qui effraie et trouble ceux à qui on la propose. S'ils savaient que ce sacrement doit être administré à la première apparence du danger, s'ils étaient persuadés qu'on n'a pas attendu, pour les préparer à le recevoir, que la maladie eût fait des maux irréparables, ils ne regarderaient pas la proposition qui leur est faite comme une annonce de la mort ; ils le recevraient sans s'alarmer ; ils considéreraient comme un secours ce qu'ils envisagent comme la dernière ressource du désespoir. »

D : Pourquoi ne faut-il pas attendre la dernière extrémité ?
R : Parce que, en différant trop, on ne se prépare pas aussi bien, et qu'on s'expose même à mourir sans avoir reçu ce sacrement.

Quand on a encore toute sa connaissance, on reçoit l'Extrême-Onction avec bien plus d'efficacité, parce qu'on y apporte de meilleures dispositions. D'ailleurs, en différant jusqu'au dernier moment, on court le risque de mourir sans l'avoir reçue ; il arrive souvent que ceux qui retardent ainsi sont prévenus par la mort. — L'usage exista, pendant plusieurs siècles, de donner l'Extrême-Onction dans l'église, aux malades agenouillés ou assis. N'est-ce pas une preuve évidente que ce sacrement ne se donnait pas seulement lorsqu'on était à l'extrémité, mais qu'un malade, dès qu'il s'apercevait que sa vie était en danger, s'empressait de recevoir l'onction salutaire ? Aussi, est-il bon et même recommandé de recourir à ce sacrement lorsqu'on affronte une maladie grave ou lorsqu'on va subir une opération chirurgicale qui a pourtant à peu près toutes chances de réussir et de sauver le malade (Traité de droit canonique, Naz, tome II, n°234). Il faut toutefois distinguer l'opération chirurgicale par laquelle le malade court un danger de mort (opération du cœur, par exemple), à l'opération de prudence (une cataracte ou ostéotomie de genou, par exemple) où là, la chirurgie ne fait pas courir un danger de mort au malade. Chaque opération chirurgicale étant un cas particulier, le mieux est de s'entretenir avec le prêtre pour savoir si la réception du sacrement est nécessaire ou pas. Il faut également tenir en compte que le malade n'est jamais à l'abri d'une erreur médicale, même lorsqu'il s'agit d'une opération bénigne.

D : Que doivent faire les personnes qui se trouvent auprès d'un malade ?
R : Elles doivent faire tout ce qui leur est possible pour déterminer le malade à recevoir les derniers sacrements.

Presque toujours le malade se fait illusion sur son état ; ceux qui l'entourent doivent prendre toutes les précautions qu'inspirent la prudence et la religion pour lui faire connaître le danger où il est, et le déterminer à faire venir un prêtre. Si, par négligence ou par une haute tendresse, et sous prétexte de ne pas inquiéter ceux qu'on aime, on était la cause qu'une personne mourût sans avoir reçu les derniers sacrements, que de reproches n'aurait-on pas à se faire ? Quelle terrible responsabilité n'assumerait-on pas sur soi de laisser tomber une âme en Purgatoire ou, peut-être, dans l'enfer ! Quelle cruauté !
Un grand nombre de malades meurent sans avoir reçu les sacrements, et c'est ordinairement la faute de ceux qui les entourent. Si un malade était assisté, dans ses derniers moments, de personnes véritablement chrétiennes, celles-ci ne craindraient pas de lui parler de Dieu, de l'autre vie, de l'éternité... Mais trop souvent, hélas ! autour du lit d'un moribond, il ne retrouve que des chrétiens tièdes ou indifférents, des chrétiens timides et sans caractère, des chrétiens qui, ayant abandonné depuis longtemps les pratiques religieuses, n'osent pas appeler un prêtre. Heureux, mille fois heureux celui qui, étendu sur un lit de douleur, est confié aux soins d'un proche qui se souci aussi de l'âme du malade, il y a tout lieu de croire que ce dernier ne mourra pas sans le sacrement de l'Extrême-Onction. Pourquoi ? Parce qu'il aura le courage de rappeler au malade que ce sacrement est salutaire pour lui, et il saura lui faire comprendre qu'en lui parlant des sacrements, il ne lui annonce, non pas sa mort prochaine, mais un secours précieux et puissant de Notre Seigneur Jésus-Christ qu'il ne tient qu'à lui de se procurer.
Enfin, il ne faut pas regarder la réception des derniers sacrements comme une pure formalité. Un malade qui ne se décide à voir un prêtre que pour faire plaisir à sa femme, à ses enfants ou à ses parents, est dans de bien tristes dispositions ; et s'il a le malheur de ne se confesser que pour la forme, et de recevoir l'Extrême-Onction et le saint viatique uniquement pour plaire à sa famille ou à ses amis, il profane le sacrement qui devient pour lui autant de gages de réprobation.

Engagement des medecinsD : Y a-t-il obligation pour les médecins d'engager leurs malades lorsqu'ils les voient en danger de mort, à recevoir les derniers sacrements ?
R : L'Église leur en fait une obligation expresse.

Le quatrième concile de Latran a porté, sur ce sujet, un célèbre décret dont voici la substance : « Comme l'infirmité corporelle provient souvent du péché, ainsi qu'on peut le conclure de ces paroles de Jésus-Christ à un infirme qu'il avait guéri : Allez, et ne péchez plus, de peur qu'il ne vous arrive quelque chose de plus fâcheux, nous ordonnons aux médecins des corps, lorsqu'ils seront appelés auprès des malades, de les exhorter à avoir recours, avant tout, aux médecins des âmes, afin qu'après avoir guéri leur âme, les remèdes agissent avec plus d'efficacité sur leur corps, parce que, lorsque la cause cesse, l'effet cesse également. » — Le concile impose cette obligation aux médecins, sous peine, d'être privés de l'entrée de l'église, jusqu'à ce qu'ils aient fait une pénitence convenable ; et comme l'âme est plus précieuse que le corps, il leur défend, sous peine d'excommunication, de jamais conseiller aucun remède qui puisse porter préjudice aux intérêts spirituels des malades (Concile de Latran, session IV, canon 22).

D : Le sacrement de l'Extrême-Onction est-il absolument nécessaire pour obtenir son Salut ?
R : Non, car seule l'état de grâce est nécessaire au Salut.

L'Extrême-Onction n'est pas une nécessité de moyen pour obtenir son salut éternel. La seule condition pour être sauvé, c'est l'état de grâce ; or, le sacrement de Pénitence suffit à le rendre à celui qui l'a perdu.
Le malade ne pouvant se confesser en raison de sa faiblesse ou de son incapacité à le faire, doit recourir au sacrement de l'Extrême-Onction, car ne pouvant recevoir le sacrement de Pénitence, il pourra par le moyen du sacrement de l'Extrême-Onction recouvrer la grâce sanctifiante et la grâce sacramentelle. Il est donc important de recourir aux Saintes Huiles pour le soulagement spirituel et corporel des malades et des mourants.

D : Quelles dispositions faut-il apporter à la réception de sacrement de l'Extrême-Onction ?
R : On doit recevoir l'Extrême-Onction avec un esprit de foi, de prière, de pénitence et de résignation à la volonté de Dieu.

La première disposition qu'il faut apporter au sacrement des malades est « la foi » : il est évident qu'il faut croire avec une conviction intime, toutes les Vérités révélées par notre Seigneur Jésus-Christ et en particulier le Dogme relatif à ce sacrement. Sans la foi, on ne peut plaire à Dieu, ni être sauvé.
La seconde disposition est « la prière » : c'est une disposition générale pour tous les sacrements ; mais elle doit l'être spécialement pour l'Extrême-Onction. Il n'est point besoin de faire des prières longues et suivies, surtout lorsque le malade est fatigué. Il suffit de s'unir aux prières de l'Eglise, demandant à Dieu de répandre abondamment dans votre âme toutes les grâces de ce sacrement, la rémission des péchés, la force, le courage, la patience, l'onction intérieure que vous avez besoin dans ces moments-là.
La troisième disposition est « la pénitence » : l'Extrême-Onction est le supplément et le complément de la pénitence et il prépare à la grâce. Il exige donc la contrition parfaite, car Dieu ne pardonne qu'à cette condition.
Enfin, la dernière disposition est « la résignation à la volonté de Dieu ». Malgré nous, bon gré, mal gré, il y aura un moment où nous quitterons ce bas-monde. Tenons-nous prêt, car nous ne savons ni le jour, ni l'heure. Quand donc une maladie dangereuse ou une grave opération chirurgicale parait nous annoncer notre Jugement devant Dieu, il faut s'y préparer et se tenir prêt si tel est la volonté de Dieu de nous appeler à Lui. Bien entendu, luttons pour la vie, mais en même temps jetons-nous entre les bras de notre Seigneur Jésus-Christ afin qu'Il fasse de nous ce qui lui plaira : soit la vie, soit le trépas. Il nous a donné la vie, nous l'a conservé, même prolongé nos jours alors que tout paraissait perdu ; acceptons le sacrifice de notre vie sur Terre et, avant qu'il ne soit tard, préparons notre âme à paraitre devant Dieu en recevant ce sacrement. Si cette grave opération chirurgicale réussie, nous aurons gagné de grandes grâces et nous portera à se rapprocher de Dieu ; si Sa volonté est de nous appeler à Lui, alors notre âme sera propre pour rentrer dans la Gloire du Ciel. Lorsqu'un malade s'abandonne à de pareils sentiments, la mort perd beaucoup de son amertume ; il la voit arriver sans crainte et comme devant le mettre en possession d'un bonheur qui ne finira jamais.

D : Le malade doit-il se confesser auparavant ?
R : Oui, et s'il ne peut se confesser, il doit s'exciter à une vive contrition et désirer l'absolution.

L'Extrême-Onction est le sacrement des vivants qui suppose la grâce pour opérer tous les fruits qu'il doit produire. C'est pour cela que le malade doit se confesser s'il le peut, avant de le recevoir. S'il est hors d'état de se confesser, il faut et il suffit qu'il ait l'attrition de ses péchés ; le prêtre lui donnera alors l'absolution ; par conséquent il doit s'exciter à un vif regret, de ses fautes, lequel regret, joint à l'Extrême-Onction, opérera en lui ce que n'a pas opéré peut-être l'absolution non précédée de la confession : c'est-à-dire le réconciliera avec Dieu, ou, s'il a obtenu cette faveur, achèvera de le purifier.

D : L'administration de l'Extrême-Onction est-elle accompagnée de quelques cérémonies ?
R : Oui, et l'on ne saurait y faire trop d'attention.

Voici l'ordre qu'on observe pour l'administration de l'Extrême-Onction :
1°) La chambre du malade doit être décente et son lit couvert d'un linge blanc, par respect pour le sacrement qu'il va recevoir.
2°) On prépare une table sur laquelle on met une nappe banche, un crucifix, deux chandeliers garnis de cierges ou de bougies blanches allumées, de l'eau bénite dans un vase avec un aspersoir, et deux plats ou bassins ; l'un contient sept ou huit pelotons de coton ou d'étoupe pour essuyer les onctions, et un peu de mie de pain pour frotter les doigts du prêtre, et l'autre un cornet de papier blanc pour recevoir les pelotons après chaque onction. On met aussi sur la table un vase plein d'eau, avec une serviette et un plat ou bassin pour recevoir l'eau et les miettes de pain, lorsque le prêtre se lavera les mains.
3°) Tout étant disposé comme il vient d'être dit, le prêtre se met à genoux devant le crucifix, demande à Dieu la grâce de s'acquitter dignement de ses fonctions, prie pour le malade, puis il se lève et dit : « Paix à cette maison et à tous ceux qui l'habitent » ; c'est-à-dire, que la charité et la pureté règnent ici, et surtout dans le cœur du malade afin que la grâce de Jésus-Christ y produise de merveilleux effets.
4°) Il dépose au milieu de la table, devant le crucifix, les saintes huiles renfermées dans un vase d'argent ou d'étain, puis il prend de l'eau bénite et en jette sur le malade et sur les assistants, en disant : « Arrosez-moi, Seigneur, avec l'hysope, et je serai purifié ; lavez-moi, et je deviendrai plus blanc que la neige. » L'eau bénite, comme nous l'avons expliqué en parlant des sacramentaux, a la vertu d'effacer les péchés véniels ; c'est pour rendre plus saints les malades et les assistants que l'Église prescrit cette cérémonie, dont l'effet est d'exciter dans les cœurs des sentiments d'humilité, de contrition et de confiance en Dieu.
5°) Le prêtre dit ensuite : « Notre secours est dans le Nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. — Que le Seigneur soit avec vous et avec votre esprit. » Puis il récite plusieurs oraisons par lesquelles il demande à Dieu l'éloignement du démon et l'assistance des anges de paix.
On fait ensuite la confession générale des péchés, en latin ou en langue vernaculaire : (« Confiteor Deo omnipotenti… » ou « Je confesse à Dieu tout puissant… »). Le prêtre dit sur le malade le Misereatur et l'Indulgentiam, lesquels sont suivis d'une autre prière où il invoque la sainte Trinité et la conjure de ne pas permettre que le démon exerce sur le malade son tyrannique empire.
6°) Le prêtre fait ensuite les onctions sur le malade, avec le stylet ou l'extrémité du pouce droit, qu'il trempe chaque fois dans l'huile des infirmes. Ces onctions doivent être faites surtout aux cinq parties du corps que la nature a données à l'homme comme les organes des sensations, à savoir : aux yeux, aux oreilles, aux narines, à la bouche et aux mains. Cependant les pieds et les reins peuvent aussi recevoir les onctions ; mais, par décence, on omet toujours cette dernière envers les personnes du sexe féminin, et même envers les hommes, quand le malade ne peut pas commodément se remuer.
7°) Si le prêtre doit faire les onctions sur deux membres semblables, il commence toujours par celui du côté droit, et n'achève de prononcer les paroles de la forme que lorsqu'il fait l'onction sur celui du côté gauche. Il essuie chaque onction avec un peloton de coton ou d'étoupe, qu'il met chaque fois dans un bassin ou dans un cornet de papier blanc, pour ne plus s'en servir. A mesure qu'il fait les onctions, il prononce les paroles qui y répondent.
     a) Aux yeux, sur la paupière fermée : « Par cette onction sainte et par sa pieuse miséricorde, que Dieu vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par la vue. » Le malade doit, dans ce moment, détester de nouveau tous les péchés qu'il a commis par la vue.
     b) Aux oreilles : « Par cette onction sainte et par sa pieuse miséricorde, que Dieu vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par le sens de l'ouïe. » Le malade doit, dans ce moment, détester de nouveau toutes les fautes dont il s'est rendu coupable en écoutant avec plaisir des médisances, des calomnies, des propos déshonnêtes, etc.
     c) Aux narines : « Par cette onction sainte et par sa grande miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par l'odorat. » Dans ce moment, le malade doit détester de nouveau tous les péchés qu'il a commis par l'odorat, toutes les recherches raffinées et voluptueuses des parfums, toutes les sensualités, tout ce qu'il a respiré des odeurs de l'iniquité.
     d) A la bouche, sur les lèvres : « Par cette onction sainte et par sa grande miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par le sens du goût et par la parole. » Le malade doit, dans ce moment, détester de nouveau tous les péchés qu'il a commis en proférant des jurements et des blasphèmes, en faisant des excès dans le boire et dans le manger, etc.
     e) Sur les mains : « Par cette onction sainte et par sa grande miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par le sens du toucher. » Le malade doit, dans ce moment, détester de nouveau tous les larcins, toutes les injustices dont il a pu se rendre coupable, toutes les libertés qu'il s'est permises, etc… (Les prêtres reçoivent l'onction sur le dessus des mains, parce qu'ils l'ont déjà reçue en dedans, au moment de leur ordination, et les autres malades reçoivent l'onction sur la paume).
     f) Sur les pieds (si l'usage le permet) : « Par cette onction sainte et par sa grande miséricorde, que Dieu vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par vos démarches. » Le malade doit, dans ce moment, détester de nouveau tous les pas qu'il a faits dans les voies de l'iniquité (fréquentation des cabarets, lieux mal fréquentés, etc…). L'onction des pieds se fait sur le dessus ou sous la plante, selon la commodité du malade, et aussi selon l'usage du diocèse où l'on se trouve. La pratique la plus commune semble être de la faire à la plante des pieds.
     g) A la poitrine (si l'usage le permet) : « Par cette onction sainte et par sa grande miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par l'ardeur des passions. » Le malade doit, dans ce moment, détester de nouveau toutes les mauvaises pensées, tous les mauvais désirs auxquels il s'est abandonné, tous les sentiments de haine, de vengeance, qu'il a nourris dans son cœur.
     h) Aux reins (si l'usage et si l'état du malade le permet) : « Par cette sainte onction et par sa grande miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par les mouvements déréglés de la chair. » Le malade doit, dans ce moment, détester de nouveau tant de plaisirs illicites, tant de délectations charnelles..., etc.

Toutes les onctions se font en forme de croix afin d'imprimer sur le malade ce signe de la victoire de Jésus-Christ sur les puissances de l'enfer, et le gage de son amour pour les hommes.
Si le malade est muet, on lui fait néanmoins l'onction sur la bouche, parce que, s'il n'a pas commis de péchés par l'organe de la parole, il a pu pécher par celui du goût, par la sensualité, etc.
Si le malade est aveugle de naissance ou sourd de naissance, on ne doit pas faire, selon plusieurs théologiens, les onctions aux yeux ou aux oreilles, selon le cas, parce qu'il n'a pu pécher par ces sens ; selon d'autres théologiens, on doit faire ces onctions, parce qu'un sourd ou un aveugle de naissance peut avoir eu le désir d'entendre ou de voir ce qui peut porter au péché ; de même, un muet de naissance peut avoir eu la pensée ou le désir de proférer quelques mauvaises paroles. Le mieux, pour ces personnes-là, est d'administrer tout de même le sacrement aux yeux et aux oreilles, afin d'être certain d'effacer toute tache éventuelle de péché (Traité de droit canonique, Naz, tome II, n°242).
Si le malade est amputé d'un de de plusieurs membres sur lesquels on doit faire l'onction, on l'applique à la partie la plus proche ; par exemple, on fait l'onction au coude du malade ou du mourant amputé entièrement de son avant-bras.

D : Que fait le prêtre après les onctions ?
R : Il récite une prière sur le malade, l'exhorte à la reconnaisse envers Dieu, et lui met à la main un cierge bénit.

Les onctions achevées, le prêtre se purifie les doigts avec de la mie de pain, lave ses mains et récupère les pelotons qui ont servi à essuyer l'huile sainte, afin de les brûler. L'eau, sera jetée dans un terrain non foulé par les animaux, comme de la terre dans un pot de fleurs, par exemple. Il n'est point permis aux laïques de toucher ces objets ; voilà pourquoi l'Église veut qu'on les brûle. Ensuite le prêtre s'approche du lit du malade, et, tourné vers lui, il dit : « Seigneur, ayez pitié de nous… » et récite le « Kyrie, eleison ». Puis, il adresse cette prière à Dieu : « Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit par votre apôtre saint Jacques : Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les prêtres de l'Eglise, et qu'ils prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur, et la prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le soulagera, et s'il a commis des péchés, ils lui seront remis ; nous vous en conjurons, ô Dieu notre Rédempteur, par la grâce de votre Saint-Esprit, prenez pitié du triste état de cet infirme ; guérissez ses plaies, effacez ses péchés et délivrez-le de toutes les douleurs du corps et de l'âme ; donnez-lui, dans votre miséricorde, une santé pleine et entière, afin que, rendu à la vie par votre bonté, il puisse de nouveau se livrer avec zèle aux œuvres de piété ; vous qui, étant Dieu, vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».
Après cette oraison, le prêtre en récite deux autres, par lesquelles il conjure le Seigneur de délivrer le malade des maux qui l'accablent, de lui rendre la santé et de l'y maintenir. »

D : Pourquoi donne-t-on un cierge bénit au malade ?
R : On présente au malade un cierge bénit pour préparer son âme à entrer dans la gloire éternelle, si telle devait être la volonté de Dieu.

Dans plusieurs diocèses, le prêtre, après avoir récité certaines prières, présente au malade un cierge allumé et bénit, en lui disant : « Recevez ce flambeau allumé ; il est le symbole de votre foi vive, de votre ferme espérance et de votre ardente charité. Gardez avec soin ces vertus et les autres que Dieu vous a données, afin que vous puissiez vous présenter devant Lui avec confiance, et entrer avec tous ses saints dans la gloire éternelle, quand il vous invitera aux noces célestes. »
Le cierge que l'on présente au malade est ordinairement un de ceux qui ont été bénits le jour de la Chandeleur ; c'est pour lui rappeler que s'il a eu le bonheur de chasser de son âme les ténèbres du vice et du péché, il va bientôt contempler dans le séjour de la gloire Celui qui est venu dans le monde pour être la lumière des nations, et qui dans le ciel est lui-même la lampe qui éclaire ce séjour de l'éternelle félicité ».

Remercier Dieu et penser aux fins dernieresD : Que doit faire le malade qui a reçu ce sacrement ?
R : Il doit remercier Dieu de ses grâces et ne plus penser qu'à la mort et à l'éternité.

Après avoir reçu l'Extrême-Onction, le malade doit remercier Dieu de la grâce qu'il vient de lui accorder, en le purifiant du reste de ses péchés, former la résolution de ne point se laisser aller volontairement à l'impatience, offrir à Dieu ses souffrances et ses douleurs, ne plus s'occuper des choses d'ici-bas (à moins qu'il n'ait à régler quelque affaire temporelle, par exemple, à faire son testament), mais uniquement des choses du ciel et de l'éternelle félicité que Dieu réserve, dans la céleste patrie, à ceux qui meurent dans sa grâce et dans son amour. — Bien entendu, le malade ne doit pas se laisser aller et doit toujours combattre sa maladie en priant Dieu pour cela. A quelque extrémité qu'il se trouve réduit, le malade doit avant tout lutter pour la vie ; mais si la volonté de Dieu est de rappeler l'âme à Lui, il faut que le malade y soit préparé. En tout état de cause il doit vouloir ce que Dieu veut, et doit être fermement résolu que s'il obtient sa guérison, il lui faudra mener constamment une vie chrétienne et édifiante.

D : Que doivent faire les assistants ?
R : Ils doivent s'unir au prêtre, prier pour le malade, et penser à leur fin dernière.

Les assistants doivent unir leurs prières à celles du prêtre, et conjurer le Seigneur d'accorder au malade la patience, la résignation et le don de la persévérance ; ne point oublier qu'un jour ils seront confronté à la maladie puis au trépas. Les assistants doivent donc demander à Dieu la grâce de mourir avec les sacrements de l'Église, et se préparer par une vie sainte au terrible passage du temps ici-bas à l'éternité.

D : Toutes les onctions dont il vient d'être parlé sont-elles nécessaires pour que le sacrement soit valide ?
R : Non.

Le pape Eugène IV, dans son instruction aux Arméniens, parle des sept onctions qui doivent être faites : aux yeux, aux oreilles, aux narines, à la bouche, aux mains, aux pieds, aux reins. Ces sept onctions, retenues aujourd'hui dans le Rituel romain, sont-elles toutes nécessaires à la validité du sacrement ? Comme nous l'avons dit plus haut, celle des pieds et celle des reins, ne sont pas forcément nécessaires et peuvent donc être omises. Les cinq autres onctions sont-elles absolument requises ? Le Pape Benoit XIV pense que l'opinion de ceux qui sont pour la négative trouve un grand appui dans les Rituels des Églises particulières, lesquels permettent de ne faire qu'une seule onction, quand on ne peut les faire toutes (Benedict. XIV, De synod. diœces., lib. VII, cap. III, §3.). Exemple : le prêtre a été appelé trop tard et le malade est au seuil de la mort. Le temps presse et il n'est plus possible de pratiquer les sept ou cinq onctions. Le prêtre n'en fera donc qu'une seule. C'est pourquoi il est très important de ne pas appeler le prêtre au dernier moment.

D : Que doit faire le prêtre lorsqu'il a tout lieu de croire que le malade n'a plus qu'un instant à vivre ?
R : Il doit se borner à une seule onction générale.

Donc, disions-nous, s'il y a lieu de craindre que le malade n'expire avant que l'Extrême-Onction puisse lui être administrée avec toutes les cérémonies dont nous avons parlé, le prêtre omet ces cérémonies et ne pratique qu'une onction générale, sur le front ; mais le prêtre peut cependant la faire sur un des autres sens (sur les yeux ou sur la main, par exemple). Si l'état du malade s'améliore, on continue les autres onctions. Dans le doute si le malade vit encore, le prêtre fait également les onctions sous la condition « si vivis », sans l'exprimer, parce que la formule conditionnelle n'est usitée dans l'Église que pour le baptême. Si, après avoir administré l'Extrême-Onction par une seule onction, le prêtre s'aperçoit ou est averti que celui qu'il croyait mort est encore vivant, comme il n'est pas absolument certain, il doit faire, dans ce cas, les onctions qu'il a omises, et même recommencer celles que le malade a déjà reçues, s'il s'est écoulé un certain temps, un quart d'heure, par exemple, depuis la première administration, parce qu'alors on ne peut pas dire qu'il y ait union morale entre la première onction et les dernières.
Enfin, c'est après l'Extrême-Onction que se donne la bénédiction, avec l'indulgence plénière in articulo mortis. L'Église n'excluant de cette faveur aucun des fidèles qui ont pu commettre quelque péché plus ou moins grave, elle s'applique aussi aux enfants. Ce fut dans ce sens que la sacrée congrégation des rites répondit, en 1826, à un doute qui lui avait été proposé.

D : De quels ornements doit être revêtu le prêtre, lorsqu'il administre le sacrement de l'Extrême-Onction ?
R : Il doit être revêtu d'un surplis et d'une étole violette.

Le prêtre doit être revêtu d'un surplis et d'une étole violette pour donner ce sacrement au malade. Toutefois, si le danger était tellement pressant qu'il y eût tout lieu de craindre que le malade ne dût bientôt expirer, le prêtre pourrait l'administrer sans étole et même sans surplis (cas d'un accident très grave de la route, par exemple, où on pourrait craindre la mort du blessé avant l'arrivée des secours).
De plus, c'est seulement à la maison du malade que le prêtre se revêt du surplis et de l'étole violette ; la Sacrée Congrégation des Rites a expressément défendu de porter solennellement l'huile des infirmes en surplis et avec des flambeaux ; cet honneur n'est dû qu'au saint sacrement.

D : Peut-on administrer l'Extrême-Onction à toutes sortes de personnes ?
R : On ne peut la donner ni à ceux qui n'ont jamais pu pécher, ni à ceux qui ne sont pas réellement malades.

1°) L'effet principal de l'Extrême-Onction étant d'effacer les péchés et les restes des péchés, il s'ensuit qu'elle ne doit pas être conférée à ceux qui n'ont jamais pu pécher, c'est-à-dire :
a) aux enfants qui ne sont pas parvenus à l'âge de raison. Dans le doute si un enfant était parvenu ou non à l'âge de raison, on lui donne l'Extrême-Onction ;
b) aux personnes atteintes de troubles mentaux depuis la naissance et qui l'ont toujours été : mais on la donne à ceux qui ont eu quelques intervalles de raison, parce qu'ils ont pu, pendant ce temps, se rendre coupables de quelque péché, et avoir, par conséquent, besoin de ce sacrement. De plus, le simple fait d'avoir vécu en chrétien avant de perdre la raison constitue une intention implicite suffisante pour recevoir l'Extrême-Onction de façon absolue.
2°) Le sacrement de l'Extrême-Onction ne peut être conféré qu'aux malades et aux mourants. Il est d'ailleurs évident, par les effets de ce sacrement, qu'il n'a été institué que pour les malades et les mourants ; on ne peut donc l'administrer à ceux qui ne le sont point, par exemple à ceux qui vont prendre l'avion ou entreprendre une navigation périlleuse. Une légère indisposition, une maladie même, mais qui ne présente aucun danger, ne suffisent pas pour qu'on puisse recevoir l'Extrême-Onction.
3°) Ce sacrement ne doit pas être conféré à ceux qui ont décidé de livrer leur corps à la crémation (incinération) et qui, ayant été dûment avertis, ne se sont pas rétractés (Réponse du Saint Office, en date du 27 juillet 1892).
4°) L'Eglise dénie également le sacrement aux membres d'une société secrète qui n'ont pas manifesté de repentir (francs-maçons, par exemple) ; telle est la décision de la Sacré Congrégation, en date du 10 mai 1898.

D : Donne-t-on l'Extrême-Onction aux malades qui ont perdu connaissance ?
R : Oui, à moins qu'ils ne l'aient perdue dans l'acte même du crime.

On donne également l'Extrême-Onction à ceux qui, après l'avoir demandée, ou après avoir donné des marques de contrition, ont tout à coup perdu connaissance.
On n'en prive pas non plus ceux qui, ayant vécu chrétiennement, perdent subitement l'usage des sens, parce qu'on a tout lieu de croire qu'ils souhaitent qu'on leur procure, en danger de mort, tout ce qui peut être utile à leur salut. On n'en prive pas même ceux qui ont vécu d'une manière peu chrétienne, mais qui n'ont donné, avant de perdre connaissance, aucune marque d'irréligion ni d'impiété, parce qu'on peut supposer que la grâce a touché leur cœur, et que, s'ils pouvaient parler, ils exprimeraient peut-être le désir de recevoir le secours de la religion ; mais on la refuse à tous ceux qui ont perdu connaissance dans l'acte même du crime (malfrats se tuant entre eux, par exemple).

D : Peut-on donner plusieurs fois l'Extrême-Onction à un malade dans la même maladie ?
R : Non, on ne peut la lui donner qu'une fois.

Il fut un temps où l'onction des infirmes se répétait pendant sept jours consécutifs ; plusieurs anciens rituels font mention de cette coutume et en font même une obligation ; mais d'après la discipline actuelle de l'Église, l'Extrême-Onction ne s'administre qu'une fois pendant la maladie. Mais si, la maladie se prolongeant, le danger de mort disparaît et revient ensuite, on administre le malade une seconde fois.

D : Celui qui a reçu l'Extrême-Onction sans être suffisamment disposé, peut-il recevoir plus tard la grâce que ce sacrement a la vertu de produire ?
R : Oui, en se repentant vivement et amèrement de ses péchés.

Lorsque l'Extrême-Onction n'a pas produit ses effets, faute de dispositions de la part de celui qui l'a reçue, la grâce sacramentelle revit par la pénitence ; c'est du moins le sentiment d'un grand nombre de théologiens. Il reste par conséquent une ressource au malade qui a reçu indignement ce sacrement, c'est le repentir : et dès qu'il sera bien disposé, il obtiendra les effets de l'Extrême-Onction, que, son indignité avait suspendus.

D : Doit-on conférer l'Extrême-Onction avant le viatique ?
R : Il est mieux de ne conférer l'Extrême-Onction qu'après le viatique.

Le prêtre doit administrer le viatique avant de conférer l'Extrême-Onction. Le Catéchisme du concile de Trente prescrit de s'en tenir à cette pratique pour la raison suivante : « L'eucharistie se donne comme une nourriture destinée à procurer de la force dans le voyage ; il est donc convenable qu'on n'attende pas le dernier péril de la vie ; l'Extrême-Onction, au contraire, est appelée le sacrement des mourants et elle a été instituée pour servir de dernier secours. »
Toutefois, il est d'usage aujourd'hui, dans la plupart des diocèses, de donner l'Extrême-Onction avant le saint viatique, et cela par plusieurs motifs :
1°) afin que le malade la reçoive avec plus de connaissance ;
2°) parce qu'il est convenable et plus conforme à la haute pureté de conscience qu'exige la réception du Corps et du Sang de Jésus-Christ, de la faire précéder du sacrement qui efface les péchés et les restes des péchés ;
3°) pour éviter de donner une nouvelle secousse au malade et à ceux qui l'entourent, ce qui arriverait fréquemment si on ne lui donnait l'Extrême-Onction que quelque temps après lui avoir administré le saint viatique, surtout dans les familles peu chrétiennes ou peu instruites dans la religion, qui se sont accoutumées à regarder l'Extrême-Onction comme une annonce décisive de la mort. C'est pourquoi, répétons-le une fois de plus : n'attendons pas de voir le malade à sa dernière minute de souffle pour appeler un prêtre.

D : Où doit être conservée l'huile des infirmes ?
R : Plusieurs conciles veulent que l'on conserve l'huile des infirmes dans un petit enfoncement ou tabernacle pratiqué dans le mur, du côté de l'évangile, et fermant à clef.

Plusieurs conciles, et en particulier le troisième Concile provincial de Milan, le recommandent expressément. Ainsi, c'est du côté de l'évangile, dans un enfoncement pratiqué dans le mur, et dans un tabernacle distinct de celui où l'on conserve la sainte eucharistie, qu'il convient de déposer le vase qui contient l'huile des infirmes, afin que le prêtre l'ait pour ainsi dire sous la main, lorsqu'il administrera l'Extrême-Onction à un malade en même temps que le saint viatique. Le curé doit en avoir la clef ; cette précaution, prescrite par le Pontifical romain, a pour but d'empêcher toute profanation. — Cependant, en cas de nécessité, par exemple, si le presbytère est très-éloigné de l'église, l'huile des infirmes peut y être conservée, mais dans un lieu convenable et décent ; ainsi l'a déclaré la Sacrée Congrégation des Rites, le 16 décembre 1826.
Quant au saint chrême et à l'huile des catéchumènes, qui servent dans l'administration du baptême, il convient et il est tout naturel de les conserver auprès du baptistère.

CONCLUSION

Admirons encore une fois et bénissons l'infinie miséricorde de Notre-Seigneur de nous avoir ménagé, pour la dernière heure de si précieux secours. Mais aimons et bénissons aussi la sainte Eglise, qui, loin de nous abandonner quand la vie nous échappe, redouble alors de sollicitude et de tendresse !
« Mourir de la mort des justes », tel doit être notre souhait de tous les jours. Exprimons-le assez clairement pour que ceux qui s'intéressent à notre âme nous ménagent cette consolation suprême d'avoir, à notre chevet de mourant, l'assistance et les prières de l'Eglise et d'un prêtre.
Enfin, soyons imprégné de cette vérité : la meilleure manière de prouver à un mourant notre affection pour lui, c'est de faire tout notre possible, avec discrétion, prudence et zèle, pour lui procurer une bonne et sainte mort  et si nous ne pouvons nous constituer personnellement l'ange gardien du malade, en restant avec lui pour veiller, l'assister et lui porter les soins et l'amour dont il a besoin, ce sera du moins une consolation et une espérance de faire appel à une personne de confiance qui remplira cet office (famille, un ami proche, une sœur garde-malade, etc.)

RÉCAPITULATION PRATIQUE

1°) Croyez fermement en la vertu de ce sacrement, et respectez-le toujours.
2°) Ne négligez pas de le recevoir dans l'occasion, ni de le faire recevoir aux autres autant que vous le pourrez, car il n'y a pas de charité plus grande et de meilleure façon de prouver notre attachement à ceux que nous aimons.
3°) Recevez-le et faites-le recevoir de bonne heure ; préparez-vous-y de loin, et préparez-y les autres quand l'occasion s'en présentera.
4°) Priez pour vos frères souffrants et mourants ; et faites, à leur vue, de sages méditations qui vous préparent à bien mourir.
5°) Pendant que vous êtes en santé, demandez à Dieu la grâce de bien recevoir vos derniers sacrements à la mort. Mettez ordre à vos affaires spirituelles et temporelles, afin d'être préparés à ce moment où l'on ne peut plus rien.

TRAITS HISTORIQUES

L'assurance contre la grêle. — Un brave paysan qu'un ami avait pressé de s'assurer contre la grêle, tomba gravement malade. Il demanda au médecin de lui dire clairement son avis sur son état, et comme celui-ci manifestait quelque appréhension, il alla trouver un prêtre afin de recevoir immédiatement le sacrement des mourants. Quand le même ami lui demanda pourquoi il avait été si pressé de recourir à ce sacrement, il répondit : « J'ai fait pour mon âme ce que j'ai fait pour ma moisson. S'il grêle, tant mieux, je serai indemnisé ; s'il ne grêle pas, cela vaut mieux encore. Il en est de même pour mon âme ; j'ai pris pour mon âme une assurance pour le cas de mort. » — Soyons au moins aussi pressés, en cas de maladie sérieuse, pour chercher le prêtre que pour appeler le médecin.

Le jeune homme mourant et son Ange Gardien. — Un jeune homme un peu léger priait souvent Dieu de l'avertir en cas de mort prochaine. Un jour son Ange Gardien lui apparut en songe pour lui dire que sa prière était exaucée. En effet, quelques semaines après, le jeune homme fut atteint d'une maladie grave et très douloureuse ; mais quoique le médecin lui conseillât de se faire administrer le sacrement, il ne manifesta aucune inquiétude et refusa le prêtre. Son Ange Gardien lui apparut de nouveau et lui annonça qu'il n'avait plus que quelques instants à vivre.
— « Mais vous m'avez trompé, s'écria le jeune homme, vous m'avez promis de m'avertir de ma fin prochaine. » ;
— Non, répliqua l'Ange, vous avez été averti, et même deux fois, d'abord par les douleurs de votre maladie, et ensuite par les exhortations du médecin et de votre confesseur. Dieu ne vous devait plus d'autre avis. »
Ce trait renferme une profonde vérité : quiconque est gravement malade et refuse les sacrements, se rend indigne de la grâce.

25 ans de purgatoire. — Saint Jean de Dieu raconte qu'il avait supplié un malade, mais en vain, de se faire administrer : le malheureux avait le préjugé que les derniers sacrements hâtent la mort. Le jour de son enterrement il apparut au saint et lui annonça que Dieu l'avait condamné pour cette négligence à 25 ans de purgatoire. — C'est le démon, père du mensonge, qui inspire aux hommes tous leurs préjugés contre l'Extrême-Onction.

PRIÈRE

J'ai repassé dans ma mémoire les années éternelles, et j'ai médité sur ma destinée future : c'est ce que nous venons de faire en étudiant ce cours de catéchisme ; c'est le fruit que nous en devons remporter. Grâces immortelles Vous soient rendues, ô mon Dieu, des vérités que je viens d'apprendre. J'ai vu ce que c'est que le sacrement de l'Extrême-Onction, ses effets, les dispositions que je dois y apporter. Hélas, combien de fois j'ai assisté à ce sacrement, sans réfléchir sur les fins dernières. Aussi, je m'engage, Seigneur, à prier pour les malades, les assister avec amour et patience. Puisse mon âme mourir en retour de la mort des justes lors qu'Il vous plaira de la rappeler pour la vie éternelle. Lorsque mon heure viendra, faites-moi la grâce de mourir d'une sainte mort, en ayant reçu avant le sacrement de l'Extrême-Onction. Ainsi soit-il.


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