Prieres et spiritualite

Accueil
|
Dieu
|
Sainte Vierge
|
Prières diverses
|
Exercices
|
Méditations
|
Messe
|
Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Église
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Église
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Église :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandements
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

SOIXANTE-DIXIÈME LEÇON


LES INDULGENCES

Le bon PasteurD : L'Eglise a-t-elle le pouvoir de remettre, hors le sacrement de Pénitence, la peine temporelle due au péché ?
R : Oui, l'Eglise a reçu de Jésus-Christ le pouvoir de remettre, hors le sacrement de pénitence, la peine temporelle due au péché, et elle l'exerce en accordant des indulgences.

Explication : Le sacrement de pénitence, comme nous l'avons déjà expliqué dans une des précédentes leçons, remet, quant à la coulpe, les péchés commis après le baptême et efface la tache spirituelle que ces péchés avaient fait contracter à l'âme. Il remet aussi la peine éternelle, selon les paroles de saint Paul : « Il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains VIII : 1). Mais, comme nous l'avons dit encore, les péchés mortels et les peines temporelles ferment l'entrée au ciel, les uns pour toujours, les autres pour un certain temps. Le sacrement de pénitence remet donc la peine éternelle, mais non pas les peines temporelles qu'il faut subir en cette vie ou en l'autre; et c'est pour cela que la pénitence est appelée un baptême laborieux, car elles sont expiées par les maladies, les malheurs de la vie, les tentations auxquelles nous devons demander le secours de Notre-Seigneur pour ne pas succomber, les persécutions, les œuvres de pénitence volontaires, etc., ou après notre mort, dans le Purgatoire.

Cette peine temporelle, qui reste donc ordinairement à subir après que le péché a été pardonné et que la peine éternelle a été remise par l'absolution, faut-il absolument que nous la souffrions dans toute sa rigueur et dans toute son étendue ? Ou bien l'Eglise, dans certaines circonstances, n'aurait-elle pas le pouvoir de la remettre, ou du moins d'en diminuer l'étendue et d'en adoucir la rigueur ?
Il est de foi que l'Église a ce pouvoir, qui se trouve renfermé dans les paroles que Notre-Seigneur a adressées d'abord à saint Pierre, lorsqu'il lui a dit : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera aussi lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera aussi délié dans le ciel » (Matth. XVI:19) et aux autres Apôtres : « Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » (Matth. XVIII:18). Il est clair, en effet, que par ces paroles Jésus-Christ a accordé à son Église un pouvoir universel de délier, pouvoir auquel il n'a mis aucune exception, aucune restriction. C'est ainsi que saint Paul remit, au nom de Jésus-Christ, le reste de sa peine au pécheur de l'église de Corinthe, qui avait montré un repentir sincère (II Cor. II :10). L'Église a donc le pouvoir non-seulement de remettre le péché et la peine éternelle que mérite le péché mortel, mais encore la peine temporelle que le pécheur peut avoir encore à subir. Ce pouvoir, elle l'exerce en accordant des indulgences.

D :L'Église peut-elle suppléer à nos satisfactions ?
R : Oui, nous venons de le démontrer, elle le peut, par le moyen des indulgences.

L'Eglise est une mère pleine de bonté et de miséricorde; elle veut bien épargner à ses enfants une partie des satisfactions dues à la Justice divine pour leurs péchés; elle supplée à leur faiblesse et à ce qui manque à leur pénitence, en leur remettant les peines temporelles qu'ils auraient à subir, et cela moyennant des indulgences qu'elle leur accorde, comme nous allons vous en instruire.

D : Qu'est-ce que l'indulgence ?
R : L'indulgence est la rémission entière ou partielle de la peine temporelle due aux péchés déjà remis et pardonnés.

Le mot indulgence vient du mot latin indulgere, qui signifie ne pas traiter avec rigueur, user de douceur, agir avec bonté. Or, C'est ce que fait l'Église lorsque, en vertu du pouvoir qu'elle a reçu de Jésus-Christ, elle accorde des indulgences. L'indulgence est la rémission de la peine temporelle : l'Église n'a jamais prétendu que l'effet de l'indulgence fût de remettre la coulpe du péché, même du péché véniel, c'est-à-dire d'effacer la tache qu'il imprime dans l'âme. La coulpe du péché mortel ne peut être remise que par le sacrement de pénitence, ou par un acte de contrition parfaite joint au vœu du sacrement; et celle du péché véniel ne peut l'être que par le même sacrement ou par un acte de repentir produit par celui qui est en grâce avec Dieu (enseignement de saint Thomas d'Aquin). L'indulgence a donc pour effet de suppléer à la faiblesse du pécheur et de lui remettre, en tout ou en partie, la peine temporelle qu'il doit subir en ce monde ou en l'autre pour les péchés dont il a reçu le pardon par l'un des moyens dont nous venons de parler.

Par conséquent, nous disons que l'indulgence est :

1°) un supplément de la pénitence, pour détruire ce qu'il reste du péché déjà pardonné quant à la coulpe et à la peine temporelle.
2°) la rémission de la peine temporelle à subir en ce monde ou en purgatoire.
3°) Cette rémission s'accorde hors le sacrement de Pénitence, parce que l'indulgence est une rémission toute différente de celle que le prêtre accorde dans le saint tribunal du confessionnal, en prononçant les paroles de l'absolution.
4°) Cette rémission ne peut être accordée que par ceux qui en ont le pouvoir de concéder une indulgence. Il suppose donc une autorité légitime dans celui qui l'exerce (nous le verrons au cours de cette leçon).
5°) Cette rémission a lieu par l'application que nous fait l'Église de son trésor spirituel, c'est-à-dire de la surabondance des satisfactions de Jésus-Christ et des saints, car Dieu, dans son infinie miséricorde, reverse les mérites des uns sur les autres, en vertu de la communion des saints, dont nous faisons profession dans le Symbole des Apôtres.

Ce que nous venons de dire suffit à tout esprit raisonnable, pour être intimement convaincu que l'Eglise a le pouvoir d'accorder des indulgences. Un catholique ne peut conserver le moindre doute à ce sujet, après la décision formelle du concile de Trente, qui s'est exprimé en ces termes : « Comme le pouvoir d'accorder des indulgences a été donné par Jésus-Christ à son Église et qu'elle a usé de ce pouvoir divin dès son origine, le saint concile a enseigne et décide qu'on doit conserver cet ancien usage, comme très-salutaire au peuple chrétien; et il frappe d'anathème tous ceux qui assurent ou qu'elles sont inutiles, ou que la puissance de les accorder n'est pas dans l'Église. » (Concile de Trente, sess. XXV).

Recours à DieuD : Sur quoi sont fondées les indulgences ?
R : Sur la satisfaction de Jésus-Christ, et sur les mérites que la Sainte Vierge et les Saints ont acquis par Jésus-Christ.

La satisfaction de Jésus-Christ a été d'un mérite infini; en sorte que la grâce a surabondé où avait abondé l'iniquité (Rom. V, 20). Les mérites de la Sainte Vierge et des saints en tirent leur valeur et s'y réunissent.
Marie a été conçue sans la tache du péché originel, elle n'a jamais péché, elle n'a jamais eu de peine satisfactoire à subir, elle a toujours marché de vertus en vertus pendant toute sa vie immaculée; ses mérites ont été surabondants pour elle, et restent par conséquent au trésor de l'Eglise. La plupart des saints n'ont guère péché, et cependant ils ont fait de très austères pénitences; des millions de martyrs ont subi les plus affreux supplices. Voilà encore des mérites surabondants à leurs satisfactions personnelles. Tout cela forme un trésor immense, inépuisable dans l'Eglise de Dieu. Telle est la source des indulgences; c'est là que l'Eglise, notre bonne mère, puise ses trésors spirituels pour nous les appliquer; elle les offre au Père des miséricordes, en expiation des péchés commis par des enfants malheureux qui ont provoqué sa colère.

D : A qui appartient le pouvoir de donner des indulgences ?
R : Ce pouvoir appartient au Pape dans toute l'Eglise, aux Evêques et aux archevêques dans leur diocèse.

Notre-Seigneur et les fidèles forment un seul Corps mystique : le Christ « est la tête du corps de l'Église » (Col 1, 18). « De même que nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous ne faisons qu'un seul corps dans le Christ, et chacun en particulier nous sommes membres les uns des autres » (Rm 12, 4-5). La conséquence de cette union profonde entre le chef et les membres de l'Église, est que les mérites des œuvres satisfactoires peuvent être mis en commun. Notre Seigneur, la Vierge Marie, les saints, ont satisfait pour toute l'Église : « Je suis plein de joie dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrances du Christ en ma propre chair, je l'achève pour son corps qui est l'Église » (Col 1, 24). Les mérites de ces satisfactions, qui constituent un trésor, peuvent être distribués. Par qui ? Par celui qui possède les clefs de l'Église, c'est-à-dire le pape, car il est le chef de l'Eglise universelle. C'est à Saint Pierre que Jésus-Christ a dit le premier: « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ». Il lui parlait comme au chef de ses Apôtres. Voilà pourquoi ce pouvoir des clefs de l'Eglise appartient au successeur de Pierre dans toute l'Eglise. Le pape est son organe; il accorde en son nom partout et à tous les fidèles ces indulgences, tandis que les autres Evêques ne peuvent les accorder que dans leur diocèse où se borne l'étendue de leur juridiction.

D : Le pape et les évêques accordent-ils les indulgences de la même manière ?
R : Non, le pape peut les accorder dans toute l'Église sans limites, et les évêques et archevêques dans leurs diocèses seulement, avec les restrictions que l'Église y a mises.

Le pape, comme chef de l'Église, a le pouvoir d'accorder, dans toute l'Église, toutes sortes d'indulgences.
Les évêques et archevêques ne peuvent en accorder que dans leurs diocèses, et, hors de leurs diocèses, à leurs diocésains seuls, sur lesquels ils continuent d'avoir autorité; toutefois, avec les restrictions qui y ont été mises par le quatrième concile de Latran.

D : Les indulgences, qui ont le pouvoir de satisfaire pour nos péchés, nous dispensent-elles de l'obligation de faire pénitence ?
R : Non, car l'Eglise veut récompenser la ferveur de la pénitence faite par chaque fidèle, et suppléer à leur impuissance et à leur faiblesse.

Saint Thomas répond qu'« il faut conseiller à ceux qui obtiennent des indulgences, de ne pas laisser pour cela les œuvres de la pénitence qui leur sont enjointes : afin qu'elles leur servent de remède [...] et surtout parce que quelquefois ils ont à l'endroit de la justice divine plus de dettes qu'ils ne croient. »
D'autre part, il ajoute : « Bien que les indulgences soient de grande valeur pour la remise des peines, cependant les autres œuvres de satisfaction sont d'un plus grand mérite pour la récompense essentielle; ce qui est infiniment meilleur que la remise d'une peine temporelle. » En effet, la valeur de l'indulgence ne dépend pas de la dévotion de celui qui la gagne, ni de l'œuvre accomplie en elle-même, mais de ce que le pape puise dans le trésor de l'Église pour nous le donner.
Le gain des indulgences ne remplace donc pas la remise de peines que nous pouvons obtenir par la réception fervente des sacrements et par les œuvres satisfactoires, toutes choses qui, par elles-mêmes, causent le progrès moral et spirituel, font grandir la charité et la récompense éternelle, ce que n'obtient pas en soi la rémission obtenue par les indulgences.
En fait, l'indulgence a valeur de complément : elle complète la satisfaction personnelle. Par elle, l'Église parfait cette réparation pour libérer le fidèle des dernières séquelles du péché. Ce n'est pas inutile, car ce que nous n'aurons pas réparé sur terre par nos satisfactions volontaires, nous aurons à l'expier au purgatoire d'une manière beaucoup plus rigoureuse puisque la peine est subie; l'âme ne peut faire autrement que de l'accepter, même si elle le fait volontiers pour se soumettre à la volonté divine. Mais il est moins parfait de subir, que de s'imposer librement une réparation.

Dans les livres de théologie, on emploie le mot de « satisfaction » pour désigner les « œuvres ou actes de pénitences ». Cette satisfaction c'est la compensation qui est due à Dieu pour l'injure de nos péchés, même pardonnés.
Sans doute par la Rédemption et de son Sacrifice sur la Croix Jésus a entièrement satisfait pour tous les hommes, mais ceux-ci sont obligés de s'appliquer sa satisfaction par des œuvres de pénitences personnelles et cela, bien entendu, en proportion du tort que chaque pécheur a causé à Dieu et aussi au prochain. Il reste toutefois que ce sont les mérites du Sauveur qui donnent leur valeur à cette satisfaction (Colossiens, chapitre 1).

Toujours penser aux fins dernièresD : Donc, par les indulgences, l'Eglise nous applique les mérites et les satisfactions de Jésus-Christ et les mérites surabondants de la sainte Vierge et des saints. ?
R : Oui, absolument.

Les satisfactions de Jésus-Christ ont surpassé de beaucoup la peine due aux péchés des hommes, car il eût suffi de la moindre de ses actions, d'une seule goutte de son Sang, pour racheter non-seulement ce monde, mais encore dix mille mondes. De là vient que le Prophète royal a dit que chez Lui il y a une abondante rédemption (Psaume 129 : 7). Ainsi les satisfactions du Fils de Dieu n'ont pas eu encore, et n'auront jamais toute l'application dont elles sont susceptibles, puisqu'elles sont d'une valeur infinie. Il est aussi hors de doute qu'il y a une infinité de saints, qui ont offert à Dieu des satisfactions bien supérieures à la peine que méritaient leurs péchés; et, pour n'en citer que quelques exemples, la divine Marie, qui n'a jamais péché et dont les afflictions ont été au-dessus de ce que jamais créature humaine a pu souffrir en cette vie; le bienheureux Précurseur, sanctifié dans le sein de sa mère, et qui néanmoins s'est livré à de si rudes austérités; les martyrs, qui ont enduré de si affreuses tortures; tant d'anachorètes, dont l'unique occupation en ce monde a été de fortifier leur esprit par la contemplation des vérités éternelles, et de macérer leur corps par les haires et les cilices; tant de vierges si pures, qui ont passé leurs jours dans les prières et les jeûnes; en un mot, tant d'âmes d'élite, dont les vertus héroïques ont surpassé les légères imperfections échappées à leur faiblesse naturelle, ont évidemment plus payé à la justice divine, qu'elles ne lui devaient pour leur propre compte.

Or, toutes ces satisfactions que les saints ont faites au-delà de ce qu'exigeaient leurs fautes, seront-elles perdues ? Cet excédent de richesses spirituelles, qu'ils ont amassé, peut-il être oublié de Dieu ? Non. Sans doute; Dieu le conserve dans sa mémoire, et il forme ce que nous appelons le trésor spirituel de l'Église, ou le fonds dans lequel l'Église puise, quand elle accorde les indulgences; trésor immense, où les pécheurs trouveront toujours de quoi payer les dettes qu'ils auront contractées envers la justice divine. Il est vrai que si ce trésor ne se composait que des satisfactions surabondantes des saints, il pourrait bientôt s'épuiser, vu la multitude et l'énormité des péchés qui se commettent journellement dans le monde; mais le principal fonds de ce trésor est dans les satisfactions du Fils de Dieu, qui surpassent infiniment toute la méchanceté des hommes les plus pervers, aussi bien que toute la sainteté des plus justes; et ce fonds est inépuisable. Il est établi en faveur de toute la société chrétienne, dont les divers membres, ne formant entre eux, et avec Jésus-Christ, leur chef, qu'un corps mystique, se font mutuellement part de leurs richesses spirituelles. Ce qui est inutile à l'un profite à l'autre. L'Église, qui est la dépositaire et la dispensatrice de ce trésor, le distribue selon les besoins du peuple fidèle; et c'est de deux manières qu'elle nous fait l'application des satisfactions de Jésus-Christ : par voie ordinaire, en nous administrant les sacrements, et par voie extraordinaire, en nous accordant les indulgences. Quand elle a réconcilié avec Dieu par l'absolution un pécheur bien disposé, à la place de la longue et rigoureuse expiation qu'il serait obligé de subir au Purgatoire, pour satisfaire à Dieu en toute rigueur de justice, elle lui permet d'offrir, en compensation de ce qu'il ne peut faire, les mérites surabondants du Rédempteur et des saints; et sur les biens spirituels que Jésus-Christ a mis à sa disposition, elle lui en assigne une partie, au moyen de laquelle il peut se libérer. Voilà comment l'abondance des uns supplée à la misère des autres. De même que, dans le monde, on vient au secours d'un débiteur en lui fournissant de quoi satisfaire son créancier, de même l'Église nous fournit, par les indulgences, le superflu des satisfactions de Jésus-Christ et des saints, pour nous acquitter envers l'éternelle justice.

D : A quoi donc servent les indulgences ?
R : Les indulgences aident les personnes bien disposées, et suppléent à leur faiblesse.

L'Eglise n'accorde les indulgences que comme un supplément à la grande difficulté qu'il y aurait d'accomplir les pénitences rigoureuses qu'elle imposait autrefois et de satisfaire pleinement ici-bas à la justice divine. C'est pour nous épargner en conséquence les peines qui nous resteraient à subir en purgatoire, qu'elle veut bien user de cette grande miséricorde.

Objections contre les indulgences.
Diverses sortes d'indulgences.
Dispositions pour les gagner.

Objection contre les indulgences : depuis le temps de Luther jusqu'à nos jours, les indulgences ont été ironisées, couvertes de reproches, de sarcasmes amers contre l'Église. Occupons-nous un instant de ces violentes attaques dont elles ont été l'objet.
Tout le monde sait que Martin Luther, fâché qu'on eût confié aux Dominicains la commission de prêcher les indulgences accordées par Léon X, plutôt que de la donner aux Augustins, dont il faisait partie, cria d'abord contre l'abus des indulgences, puis devint un des plus fougueux adversaires des indulgences elles-mêmes et des dogmes fondamentaux de l'Eglise catholique. Sommé de se rétracté, il refusa de se soumettre au Souverain Pontife et finit par se révolter ouvertement contre toute autorité ecclésiastique. C'est alors qu'il se posa en réformateur hérétique de l'Eglise, se faisant fort de supprimer les cérémonies du culte extérieur, abolissant la hiérarchie ecclésiastique, ne conservant des sacrements que le baptême et l'Eucharistie, en les défigurant, et n'admit comme règle de foi que la bible réformée, interprétée par chaque fidèle suivant ses inspirations particulières.

Les indulgences, disent les protestants, ne font que favoriser le relâchement; elles sont un encouragement au mal, une source de désordres. Or, nous l'avons lu dans cette leçon, une grâce que l'on n'obtient qu'en détestant ses fautes, qu'en purifiant sa conscience par une sincère confession, et qu'en faisant d'autres œuvres de pénitence, une telle grâce n'est absolument pas un encouragement au mal, et ne tend pas à démoraliser les chrétiens; bien au contraire, puisque les indulgences sont un plus au sacrement de Pénitence pour se sanctifier. On est vraiment étonné que les protestants osent faire un tel reproche à l'Église. Ils disent aussi que les indulgences sont un pardon gratuit des péchés passés, et même une rémission accordée à l'avance pour des péchés à commettre. C'est par ces hérésies qu'ils se sont efforcés de dénaturer la doctrine catholique. Il faut bien comprendre que l'indulgence n'est en aucune manière la rémission, ni des péchés passés dont on ne peut obtenir le pardon que par le sacrement de Pénitence, ni des péchés futurs qu'il serait absurde de vouloir remettre avant qu'ils soient commis; mais elle est seulement, comme nous l'avons amplement expliqué et répété, la rémission d'une partie ou de la totalité de la peine temporelle due au péché, laquelle rémission ne s'obtient encore que moyennant certaines conditions qu'il faut remplir.

Entendons-nous bien; lorsqu'il est dit dans les formules ordinaires de concession d'indulgences, qu'elles nous accordent la rémission des péchés, il faut comprendre par ces mots, comme ne manquent pas de l'expliquer les Docteurs catholiques, qu'il ne s'agit pas de la coulpe intérieure ou de la peine éternelle encourue par le péché, mais uniquement des effets extérieurs du péché, ou châtiments temporels, qui étaient du ressort des anciens canons pénitentiaux; et, ce qui ne peut laisser le moindre doute à ce sujet, c'est que la rémission des péchés doit toujours précéder la participation au bienfait des indulgences. D'autre part, ce n'est pas par quelques prières indulgenciées ou quelques pratiques de dévotion qu'on peut obtenir le pardon de nos péchés. La rémission des péchés ne s'obtient QUE par la confession et la pénitence; et le gain d'une indulgence n'est qu'un adoucissement d'un certain nombre de jours de cette pénitence.

D : Combien y-a-t-il de sortes d'indulgences ?
R : Il y en a de deux sortes : les indulgences plénières et les indulgences partielles.

L'Église use du pouvoir d'accorder des indulgences avec plus ou moins d'étendue, selon qu'elle le juge convenable. Quelquefois elle n'y met aucune réserve et applique aux fidèles des satisfactions propres à éteindre la totalité de leurs pénitences; ces indulgences sont appelées plénières. D'autres fois, elle n'en remet qu'une partie, et alors les indulgences sont appelées partielles.

D : Qu'est-ce que l'indulgence qu'on appelle plénière ?
R : L'indulgence plénière est la remise totale de la peine temporelle due à cause de nos péchés.
D : Qu'est-ce que l'indulgence qu'on appelle partielle ?
R : L'indulgence partielle est la remise de la peine temporelle due à cause de nos péchés, accordée que pour un temps déterminé.

Saint Jean de la CroixL'indulgence plénière remet la totalité de la peine temporelle due à cause de nos péchés, de telle sorte que, si un fidèle la gagne tout entière et en reçoit une application parfaite, il est entièrement purifié devant Dieu; et, s'il venait à mourir en cet état, rien ne l'empêcherait d'entrer aussitôt dans le ciel. L'affection au péché véniel empêche de gagner l'indulgence plénière, car les péchés véniels, pour lesquels on conserve de l'affection, ne sont point remis, et, par conséquent, l'indulgence ne peut effacer la peine temporelle qui leur est due. Dans ce cas, on ne reçoit pas une application parfaite de l'indulgence; on obtient seulement la rémission de la peine correspondant aux péchés mortels déjà remis, ou aux autres péchés véniels, dont on a une véritable douleur; on parle alors d'indulgence partielle.

De fait, rares sont les personnes qui sont dans l'état nécessaire à l'obtention d'une indulgence plénière. Ainsi, lors de l'ouverture de l'année sainte 1575, le Pape Grégoire XIII, entouré de saint Charles Borromée et de saint Philippe Néri, contemplant le nombre de fidèles qui passaient la porte sainte, se réjouit du nombre d'indulgences plénières reçues. Mais saint Philippe le reprit aussitôt : de tous les pénitents, seule une vieille femme de Rome avait gagné l'indulgence. Les autres n'avaient eu que des indulgences partielles.
L'indulgence plénière, sauf mention expresse contraire, ne peut être obtenue qu'une seule fois par jour, même si l'on répète plusieurs fois l'œuvre prescrite. Parmi les exceptions, on rencontre par exemple l'indulgence toties quoties, ainsi nommée parce qu'elle est obtenue à chaque fois que (toties quoties) l'action demandée est accomplie; par exemple, en visitant une église, un oratoire public ou semi-public le jour de la commémoraison de tous les fidèles défunts, pour y prier aux intentions du pape.

Si l'on a le bonheur de gagner une indulgence plénière dans toute son étendue, il est clair qu'on ne peut en gagner une autre pour soi-même dans le même jour, puisqu'on a obtenu la rémission de toute la peine temporelle dont on était redevable à la justice divine, et que, par conséquent, il n'y a plus rien à remettre, à moins qu'on ne suppose que, dans ce même jour, on a commis de nouvelles fautes et qu'on en a aussi obtenu le pardon par la confession. Mais, comme il est bien rare, à cause des dispositions où l'on se trouve, de recevoir l'application entière et parfaite d'une indulgence plénière, et qu'alors cette indulgence devient seulement partielle, on peut, sans inconvénient, essayer d'en gagner plusieurs, en accomplissant fidèlement les œuvres prescrites; et on doit même le faire pour le plus grand avantage de son âme. Il est vrai que, pour l'indulgence plénière, la communion est prescrite comme œuvre essentielle; mais la même communion peut servir pour toutes les indulgences plénières, qui se rencontrent le même jour.

On dit que l'indulgence plénière est temporaire lorsqu'elle n'est accordée que pour un temps déterminé; pour sept ans, par exemple, et qui finit, par conséquent, à l'expiration de ce temps.
Le temps doit se compter à partir de la date du rescrit ou du Bref (lettre du pape ou de l'évêque), et non du jour de sa publication.
Quand l'indulgence est fixée à un jour déterminé, le temps pour remplir les conditions prescrites s'étend pour les fêtes et dimanches, depuis la veille, à l'heure des premières vêpres, jusqu'au dernier crépuscule du jour de la fête même; et, pour les fériés, depuis minuit jusqu'à minuit, selon la supputation civile.

L'indulgence partielle remet une partie, plus ou moins grande, de la peine temporelle due au péché, par exemple, quarante jours, cent jours, sept ans, dix ans, etc.; ce qu'il faut entendre, non de la libération de sept années ou de dix années de Purgatoire, mais seulement des jours et des années de pénitence qu'on aurait dû faire, selon la rigueur des anciens canons pénitentiaux. Sauf exception expresse, on peut gagner, dans le même jour, autant d'indulgences partielles qu'on fait d'œuvres auxquelles elles sont attachées.

Un cas particulier est celui de l'autel privilégié : la faveur de l'autel privilégié consiste en ce que le saint Sacrifice de la Messe célébré à cet autel s'accompagne d'une indulgence plénière applicable aux âmes des défunts (exceptionnellement aux vivants).
La portée de l'indulgence attachée aux autres privilégiés est de délivrer les défunts d'une peine équivalente à l'indulgence concédée et acquise.
Le 2 novembre de chaque année, jour de la commémoration des fidèles défunts, la messe célébrée à un autel non privilégié est assimilée à celle qui est dite à un autel privilégié. Ainsi l'a décrété la Sacrée Congrégation des indulgences, le 19 mai 1761, approuvé par le Pape Clément XIII. Il en est de même chaque jour de l'octave.
Il y a des autels privilégiés à perpétuité où l'inscription « altare privilegiatum » est inscrite  mais pour l'ordinaire, le privilège accordé n'est que de sept ans à partir du jour où l'indult a été accordé. Toutefois, ce privilège peut être renouvelé.

D : Qu'entendez-vous par « selon la rigueur des anciens canons pénitentiaux » ?
R : C'est la pénitence canonique imposée aux pécheurs selon les canons ou règlements de l'Église primitive.

Autrefois l'Église imposait aux pécheurs des pénitences très-longues et très-rigoureuses. Pour avoir fait, par exemple, une œuvre servile les jours de dimanche ou de fête, on devait jeûner trois jours au pain et à l'eau, et dix jours pour avoir parlé dans l'église pendant le saint Sacrifice de la Messe. Celui qui avait manqué de respect à son père ou à sa mère, faisait pénitence pendant trois ans, et pendant sept ans s'il les avait frappés. La médisance était punie par une pénitence de sept jours au pain et à l'eau; le faux témoignage, par une pénitence de cinq ans; les usuriers étaient condamnés à une pénitence de trois ans, la première année au pain et à l'eau; pour un adultère, l'Église imposait une pénitence de sept ou dix ans, et de douze ans pour un inceste; la révolte contre les puissances spirituelles ou temporelles était punie par une pénitence de toute la vie; celui qui avait commis un homicide devait se tenir toute la vie à la porte de l'église, pendant l'office divin, et il ne pouvait recevoir la communion qu'à l'article de la mort. Telles étaient les peines rigoureuses que les pénitents devaient accomplir dans la primitive Église, et que nos péchés ne méritent pas moins que dans ces temps de ferveur  pour n'être plus exigées en ce monde, très-certainement elles n'en sont pas moins exigibles dans l'autre. Or, l'indulgence remet ces peines canoniques et nous procure ce que ces mêmes peines nous auraient procuré.
Maintenant, il est facile de comprendre ce qu'il faut entendre par une indulgence de quarante jours, de cent jours, de trois ans, de sept ans ou de sept quarantaines, etc. Une indulgence de quarante jours est la rémission de la pénitence qu'il aurait fallu faire pendant quarante jours, selon les anciens canons pénitentiaux, et la rémission de la peine du purgatoire qu'on aurait rachetée devant Dieu par cette pénitence de quarante jours. Une indulgence de sept ans et de sept quarantaines est la rémission de la pénitence qu'il aurait fallu faire pendant sept ans et pendant sept fois quarante jours, dans la primitive Église, et la rémission de la peine du purgatoire qu'on aurait rachetée devant Dieu par cette pénitence de sept ans et de sept fois quarante jours.

IMPORTANT A SAVOIR

On sait par la définition donnée par l'Eglise que l'indulgence est la rémission de la peine temporelle due aux péchés actuels déjà remis quant à la coulpe. Ces paroles sont claires et ne semblent pas laisser de place à l'équivoque. Cependant on peut ou trop étendre ou trop restreindre ce mot de « rémission ». Il est possible qu'on lui prête des effets qu'il n'a pas, ou qu'on le dépouille de l'efficacité qui lui appartient. Il est donc capital de faire connaître avec précision ce que l'indulgence remet ou ne remet pas, jusqu'où s'étend et où s'arrête son efficacité.

C'est une vérité certaine, l'indulgence n'a pas la vertu de remettre la coulpe du péché mortel: ce pouvoir appartient seulement au baptême et à la pénitence. C'est un des enseignements élémentaires de la doctrine catholique; par conséquent tout chrétien quelque peu instruit de sa religion sait que la grâce sanctifiante perdue par le péché mortel ne peut se recouvrer que par le baptême et la pénitence, ou par la contrition parfaite avec le désir de recevoir ces sacrements.
Aussi la prétention de remettre les péchés soit mortels soit même véniels, par l'indulgence, n'a jamais été dans la pensée de l'Eglise; la preuve, c'est que toute concession d'indulgence impose toujours la première condition que l'on s'en rendra digne par une douleur sincère et une exacte confession de ses péchés. Or, il serait parfaitement inutile de demander ces actes de piété si l'indulgence était établie pour les suppléer.
Il faut donc au préalable que le péché mortel ou le péché véniel soit effacé quant à la coulpe, par la contrition parfaite ou par l'attrition unie au sacrement de pénitence, pour que l'indulgence puisse porter ses fruits et remettre la peine temporelle due au péché.

Nous le savons, l'indulgence sert pour remettre les peines dues à la justice divine, et non pas seulement pour décharger le pécheur des peines canoniques.

Il est impossible d'évaluer exactement la quantité de peine qu'efface l'indulgence. Il demeure donc acquis que l'indulgence sert à la décharge des peines du Purgatoire; mais jusqu'à quel point et en quel degré l'indulgence remet-elle cette peine temporelle ? C'est une question à laquelle on ne peut répondre. Pour trancher cette difficulté il faudrait connaitre beaucoup de choses que nous ignorons; et d'abord:
1°) il faudrait savoir dans quel degré de perfection l'indulgence a été gagnée.
2°) Il faudrait connaitre quel rapport de valeur il y a entre les peines de l'autre vie et la pénitence canonique. Ainsi dix jours, cent jours de pénitence selon l'ancienne discipline de l'Eglise remettraient-ils dix jours, cent jours de purgatoire ? Autant de problèmes dont nous n'aurons jamais la solution sur la terre, mais dont nous obtiendrons la réponse dans l'autre vie.

Comment avec toutes ces inconnues établir une estimation mathématique, ou même comment arriver à une appréciation seulement approximative ? C'est impossible. Ce chrétien tomberait donc évidemment dans le faux qui s'imaginerait que l'indulgence remet autant de jours et d'années de purgatoire qu'il y a de jours et d'années énoncées dans les Bulles de concession des indulgences. Aussi, lorsque les papes accordent cent jours, trois cent jours, etc. d'indulgence, ils ne prétendent pas abréger d'autant les peines du Purgatoire: ils veulent dire seulement qu'ils abrègent de cent jours, de trois cent jours, etc. la pénitence canonique que tels et tels péchés eussent méritée au temps où les canons pénitentiaux étaient en vigueur dans l'Eglise; et partant de là, ils ont l'intention de remettre cette partie de la peine temporelle due aux péchés qui aurait été remise par la pénitence canonique fidèlement accomplie pendant le même laps de temps.

D : Y a-t-il d'autres sortes d'indulgences ?
R : Oui, il y a l'indulgence perpétuelle, l'indulgence locale, l'indulgence personnelle, l'indulgence réelle, l'indulgence du Jubilé et l'indulgence plénière à l'article de la mort.

a) L'indulgence perpétuelle est celle dont la concession est sans limites dans sa durée; elle ne cesse que lorsqu'elle est positivement révoquée.

L'indulgence locale est celle qui est attachée à un certain lieu, à une église, à une chapelle, à un autel, à un calvaire. Pour la gagner, il faut visiter le lieu prescrit et y remplir les conditions requises. Si ce lieu cesse d'être ce qu'il était auparavant, comme, par exemple, si une église est détruite ou change de destination, en devenant une maison profane, il n'y a plus alors d'indulgence.

b) L'indulgence personnelle est celle qui est attachée directement à une ou plusieurs personnes  telles sont les indulgences établies en faveur des communautés, des confréries.
Les membres de ces pieuses associations peuvent les gagner une indulgence, quelque part qu'ils se trouvent, pourvu qu'ils fassent ce qui est prescrit.

c) L'indulgence réelle est celle qui est attachée à certains objets portatifs, comme des petites croix, des chapelets, des médailles, etc. Ces divers objets perdent les indulgences, lorsqu'on les cède à d'autres personnes, après se les être appropriés ou en avoir fait usage pour soi. Ils ne sont indulgenciés que pour ceux pour qui ils ont été bénits, ou à qui ils ont été distribués la première fois.

d) L'indulgence du Jubilé est la principale des indulgences plénières, elle est aussi la plus solennelle. C'est le 22 février 1300 que le premier jubilé, ou année sainte, est promulgué par le Pape Boniface VIII. Le jubilé ainsi proclamé est une indulgence plénière qui, moyennant un certain nombre de pratiques, concède aux fidèles en état de grâce la rémission complète des peines dues aux péchés. Les fidèles répondirent avec enthousiasme à l'offre pontificale, et affluèrent en foule à Rome de toutes les régions de l'Europe. En 1343, le Pape Clément VI fixe le jubilé tous les 50 ans, et Urbain VI en 1389 tous les 30 ans. C'est le pape Paul II qui, en 1470, arrête la périodicité du jubilé à vingt-cinq ans.
On en distingue de deux sortes : le Jubilé ordinaire et le Jubilé extraordinaire.
1°) Le Jubilé ordinaire ou de l'année sainte est celui qui s'accorde à Rome tous les vingt-cinq ans, et dure un an. Il est étendu à tous les diocèses de la catholicité, mais il dure moins longtemps.
2°) Le Jubilé extraordinaire est celui qui s'accorde pour quelques circonstances particulières, comme l'exaltation d'un nouveau pape, une grâce spéciale qu'on veut obtenir pour un Etat, une province, la cessation d'un fléau, d'une persécution, etc.

Il y a ordinairement plusieurs privilèges attachés au Jubilé :
1°) Tout pénitent peut se choisir parmi les prêtres approuvés par l'évêque le confesseur qu'il veut.
2°) Les confesseurs peuvent absoudre, pendant la durée du Jubilé, les péchés les plus énormes, même de ceux qui sont réservés au pape.
3°) Les confesseurs sont aussi autorisés à commuer les vœux simples, à l'exception de ceux de chasteté et de religion, et de ceux qui forment une obligation acceptée par un tiers.

Les œuvres prescrites pour gagner le Jubilé sont :
1°) La confession, la communion et les Stations, ou la visite des églises qui sont désignées, pour aller y prier selon les intentions du pape. Il faut faire ces Stations dans un esprit de foi et avec des sentiments de piété. Lorsque le temps pendant lequel il faut prier n'est pas déterminé, une prière très courte suffit. On peut réciter les formules de prières, que les livres de piété indiquent pour ces circonstances.
2°) Dans les Jubilés extraordinaires, les souverains pontifes imposent ordinairement l'obligation défaire quelques jeûnes et quelques aumônes. Ce sont d'excellents moyens de témoigner à Dieu le repentir de nos fautes et de désarmer sa sainte colère.

Les motifs particuliers qui doivent nous animer à gagner l'indulgence du Jubilé sont :
1°) Le désir de l'Église, qui nous invite avec instance à profiter d'un si grand bienfait.
2°) L'assurance plus forte que nous pouvons avoir de gagner cette indulgence, soit parce qu'elle exige des œuvres plus pénibles, et, par conséquent, plus satisfactoires, soit parce qu'elle a une cause plus universelle, à savoir le salut de tout le peuple chrétien.
3°) L'incertitude où nous sommes d'avoir jamais une occasion aussi favorable d'expier pleinement nos fautes, si nous laissons échapper celle-ci par notre faute.
4°) L'union des prières et autres bonnes œuvres qui se font par tous les fidèles qui veulent gagner le Jubilé, lesquelles, à l'occasion de leur grand nombre, ont une force particulière pour attendrir le cœur de Dieu et attirer sur nous ses miséricordes.

e) L'indulgence plénière à l'article de la mort ne peut être gagnée que par le ministère d'un évêque, ou d'un prêtre dûment autorisé à l'appliquer aux malades et aux mourants.
Ordinairement, tous les prêtres approuvés pour le ministère de la confession le sont aussi pour l'application de cette indulgence. Ils doivent se servir de la formule prescrite par le Pape Benoît XIV. Cependant, si le malade était tellement près de sa fin que le prêtre n'eût pas le temps de réciter cette formule, il devrait lui donner immédiatement la bénédiction, en disant : « Que le Dieu tout-puissant, Père, et Fils, et Saint-Esprit, vous bénisse. Ainsi soit-il ».
L'indulgence est donnée aux malades bien disposés et aux mourants à l'article réel de la mort qui ne meurent pas ouvertement dans le péché mortel et l'impénitence. Fusent-ils privés de l'usage de leurs sens, on doit cependant leur donner l'indulgence, parce qu'on peut présumer que, dans le cas où ils auraient connaissance, ils désireraient qu'elle leur fût accordée, et qu'avant d'être privés de leurs sens ils ont été dans les dispositions requises pour la gagner.

L'indulgence plénière à l'article de la mort, accordée par le Pape Benoît XIV, doit être donnée toutes les fois que l'on donne l'absolution et l'extrême onction au mourant, même à un enfant dont on pense qu'il a eu assez de raison et de discernement pour pouvoir offenser Dieu. C'est dans ce sens que la Sacrée Congrégation des rites répondit, le 16 décembre 1826, à un doute qui lui avait été proposé.
Si la présence d'un prêtre n'est pas possible (cause d'éloignement, mort imminente pour que le prêtre ne puisse arriver à temps, etc.), le mourant pourra obtenir l'indulgence plénière à l'article de la mort en prenant sur lui un crucifix, un chapelet, ou même une médaille (Médaille Miraculeuse, par exemple).

Enfin, chose important à savoir, les indulgences ne sont pas indispensables au salut  on peut éviter l'enfer sans en avoir gagné. Mais, de même que ceux qui aiment les biens de ce monde ne se contentent pas d'avoir le strict nécessaire et s'efforcent, au contraire, d'augmenter leur patrimoine, de même ceux qui désirent le ciel, avec ses biens immenses et impérissables, ne négligent rien de ce qui peut les y faire arriver plus tôt et plus sûrement.

le saint curé d'ArsD : Que faut-il faire pour gagner les indulgences ?
R : Il faut remplir fidèlement les conditions prescrites par celui qui l'accorde.

Pour gagner une indulgence, il y a plusieurs conditions à remplir, et si on ne les remplit pas, si même on en omet une seule, quand bien même ce serait involontairement, l'indulgence n'est point gagnée. La première condition qu'il faut remplir pour gagner une indulgence, c'est d'être baptisé, non excommunié et avoir l'intention de la gagner, car l'indulgence est une faveur, et l'Église ne l'accorde qu'à ceux qui ont l'intention d'en profiter. Cette intention doit être au moins générale. C'est pour cela qu'on engage les fidèles à contracter l'heureuse habitude d'avoir, dès le matin, l'intention de gagner toutes les indulgences attachées aux pratiques de piété et aux bonnes œuvres qu'ils feront, et de la renouveler de temps en temps dans la journée.

La seconde condition qu'il faut remplir pour gagner une indulgence c'est d'être en état de grâce au moins à la fin de l'œuvre prescrite. L'effet de l'indulgence étant la rémission de la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnes, il est évident qu'elle suppose les péchés déjà remis, et par conséquent l'état de grâce dans celui qui l'obtient. Il faut donc d'abord se réconcilier avec Dieu par une bonne confession, afin que la coulpe ou la faute soit remise avant de remettre la peine. Ainsi, comme l'indulgence ne peut être gagnée que par celui qui a un regret sincère de ses péchés et qui est déjà réconcilié avec Dieu, il faut qu'il soit exempt de toute affection au péché véniel et qu'il ait une contrition suffisante pour en obtenir le pardon; car si l'on conserve de l'affection pour un seul péché véniel, ou qu'on n'en ait pas une contrition suffisante, ce péché n'est point remis, ni par conséquent la peine temporelle qu'il mérite; ainsi l'indulgence qu'on gagne n'est point plénière.

La confession, lorsqu'elle est requise pour le gain d'une indulgence, peut se faire dans les huit jours qui précèdent immédiatement le jour auquel l'indulgence est attachée; elle peut se faire aussi dans toute l'octave qui suit. Cette confession est requise même si l'on ne se souvient pas d'avoir commis de fautes mortelles depuis la dernière absolution reçue. Mais les fidèles qui ont coutume de s'approcher du sacrement de pénitence au moins deux fois par mois ou reçoivent quotidiennement la sainte communion en état de grâce, sont dispensés de la confession demandée pour gagner l'indulgence, sauf disposition contraire.

Lorsque la communion est prescrite, elle peut se faire la veille du jour auquel est fixée l'indulgence.

S'il a été prescrit, pour gagner des indulgences, de prier en général aux intentions du pape, la seule prière mentale n'est pas suffisante; mais la prière vocale est laissée au choix des fidèles, sauf mention contraire.
Il est possible, par exemple, de réciter les prières prescrites alternativement avec quelqu'un d'autre, et même de les suivre mentalement pendant que quelqu'un d'autre les récite vocalement. Si une prière particulière a été assignée (que ce soit à l'intention du pape ou à toute autre attention), on peut gagner l'indulgence quelle que soit la langue dans laquelle on récite cette prière, pourvu que la traduction soit garantie par la sacrée pénitencerie ou par l'ordinaire du lieu.

Prier aux intentions du pape ne veut pas dire prier aux intentions d'un pape qui défendrait la liberté religieuse, le faux œcuménisme, le syncrétisme religieux, etc., mais prier aux intentions que tout pape devrait normalement avoir, à savoir: l'exaltation de l'Église, la propagation de la vraie Foi catholique, l'extirpation de l'hérésie, la conversion des pécheurs, la concorde entre les princes chrétiens (pape, cardinaux, archevêques, évêques) et les autres biens du peuple catholique. (Ces intentions sont mentionnées entre-autre par le Pape saint Pie X, en conclusion de son encyclique « Ad diem illud » lorsqu'il proclame un certain nombre d'indulgences pour le cinquantième anniversaire de la définition de l'Immaculée Conception).

La troisième condition requise pour gagner une indulgence c'est l'accomplissement des œuvres prescrites par celui qui l'accorde; c'est-à-dire qu'il faut faire tout ce qui a été ordonné par celui qui a accordé l'indulgence; par exemple, jeûner, visiter les églises, faire des aumônes, etc.

Une œuvre qui est déjà obligatoire en vertu d'une loi ou d'un précepte, ne peut servir pour gagner une indulgence, à moins que le contraire ne soit dit expressément dans l'acte de concession de l'indulgence. Ceci veut dire que l'œuvre prescrite pour gagner une indulgence doit être surérogatoire.
Ainsi, on ne peut en même temps remplir le précepte de l'assistance à la messe le dimanche, et faire la visite de la même église dans le but de gagner l'indulgence. Il faut que la visite de l'église soit faite à un autre moment.
Enfin, les confesseurs peuvent commuer les œuvres prescrites pour obtenir des indulgences, pour ceux qui ne peuvent les accomplir en raison d'un empêchement légitime.

S'il est préférable d'avoir l'intention précise de gagner telle indulgence au moment où l'on accomplit l'action demandée, néanmoins l'intention générale d'obtenir toutes les indulgences attachées aux œuvres que l'on peut faire, suffit pour les acquérir, même si l'on ignore par quelle action ou prière particulière nous les obtiendrons.

D : Peut-on gagner les indulgences pour les âmes du Purgatoire ?
R : Oui, quand celui qui les accorde déclare qu'elles leur seront applicables. On dit alors que l'indulgence est applicable aux défunts par manière de suffrage (pour les vivants : par manière d'absolution).

Recours continuel à la prièreAprès avoir gagné une indulgence plénière pour soi-même, on peut en gagner une ou plusieurs autres pour les âmes du purgatoire. Quand une indulgence est applicable aux défunts, en accomplissant les œuvres prescrites, on gagne l'indulgence pour les morts qu'on a l'intention de soulager.
Nous disons : « Quand une indulgence est applicable aux défunts », car il y a des indulgences qui ne sont accordées que pour les vivants, et qui ne sont point applicables aux âmes du purgatoire. Il est certain qu'on peut mériter pour les autres, c'est-à-dire qu'on peut, si l'on en a l'intention, appliquer une partie de ses propres mérites, soit aux vivants, soit aux âmes du purgatoire, autant que celui à qui on l'applique est capable d'en profiter, et autant que Dieu veut bien accepter l'application qu'on en fait. Nous avons fait voir, en parlant du purgatoire, que, d'après l'enseignement de la Foi, nous pouvons, par nos bonnes œuvres et nos prières, servir nos frères au-delà du tombeau; que nous pouvons adoucir leurs peines et accélérer leur délivrance. Mais les bonnes œuvres que nous offrons à Dieu pour les morts sont beaucoup plus efficaces par les indulgences que l'Église accorde en leur faveur, parce qu'elle y attache et unit les satisfactions de Jésus-Christ et des saints. En sorte que les prières et les bonnes œuvres prescrites par les Bulles d'indulgence accordées pour les morts, ont en elles non-seulement leur valeur ordinaire, mais encore le prix des satisfactions de Jésus-Christ et des saints qui, par cette voie, est appliqué aux âmes du purgatoire. Le Souverain Pontife Léon X dit expressément que les morts sont délivrés d'autant de peines, qu'il en correspond aux indulgences que l'on gagne pour eux. Mais jusqu'à quel point les indulgences sont-elles profitables aux morts ? C'est ce que nous ne pouvons savoir; aussi faut-il entendre ces indulgences en ce sens qu'elles offrent à Dieu une satisfaction digne de sa Justice divine. Mais qui peut savoir s'il est dans l'ordre de cette Justice d'accepter l'échange qu'on lui propose ? Il y a certains Mystères que ne connaîtrons qu'au Ciel.

Pour procurer une indulgence aux âmes du purgatoire, il est certain que les œuvres prescrites par le pape doivent être accomplies avec des sentiments de piété; mais faut-il être en état de grâce, comme cela est nécessaire, du moins à la dernière action, pour se procurer l'indulgence à soi-même ? Plusieurs théologiens croient que cet état n'est pas nécessaire. Il est bien vrai, disent-ils, que l'état de grâce est d'une nécessité indispensable quand on veut gagner l'indulgence pour soi-même, parce que l'affection du péché mortel forme un obstacle invincible à la rémission de la peine temporelle qui lui est due. Mais comme dans les âmes saintes que Dieu purifie, il n'y a rien qui empêche que leurs peines ne leur soient remises, on peut les soulager dans un état où l'on ne pourrait pas se soulager soi-même. D'autres pensent, au contraire, qu'il n'y a qu'un chrétien justifié qui puisse gagner l'indulgence pour les morts. Ce dernier sentiment doit être préfère à l'autre.

Quand une indulgence est libre, c'est-à-dire quand le pape permet de la gagner ou pour soi-même ou pour les âmes du purgatoire, le sentiment le plus commun est qu'il y a plus de mérite à la gagner pour les morts qu'à la gagner pour soi-même. En voici la raison : il y a plus de mérite où il y a plus de charité; or, certainement, il y a plus de charité à sacrifier son propre bien au besoin du prochain qui souffre beaucoup, qu'à le garder pour soi-même. Il y a peu de vertu à donner son superflu aux pauvres; il y en a beaucoup à leur donner de son nécessaire, si minime que soit le don.

Les défunts n'étant plus sous la juridiction de l'Église, on ne peut leur appliquer des indulgences que par voie de suffrage, c'est-à-dire par la médiation et les prières des fidèles, qui s'intéressent pour eux auprès de Dieu et offrent à sa Justice les satisfactions qu'ils puisent en leur faveur dans le trésor infini de l'Eglise, conjurant le Seigneur de vouloir bien les accepter.

Pour appliquer plus sûrement une indulgence aux âmes du Purgatoire, il faut avoir dans l'esprit une personne déterminée (bien qu'une indulgence puisse s'appliquer aussi à toutes les âmes souffrantes), et la recommander spécialement à Dieu. Ainsi, il peut se faire qu'un défunt, pour lequel on aura longtemps prié, fait offrir souvent le saint sacrifice de la Messe, et gagné beaucoup d'indulgences plénières, ait encore besoin de notre assistance.

Admirons ici cette grande facilité que nous avons de participer aux satisfactions de Jésus-Christ et de ses saints. Empressons-nous de mettre à profit ces richesses spirituelles, qui nous sont accordées avec une sainte prodigalité.

À moins d'une indication contraire, toutes les indulgences accordées par le pape sont applicables aux âmes du Purgatoire. Par contre, personne ne peut gagner d'indulgences pour d'autres vivants.

Exemples d'indulgences

Nous donnons maintenant, à titre d'exemples, quatre petites prières et œuvres permettant d'obtenir des indulgences. Ces indulgences étant accordées par le pape, peuvent être appliquées aux défunts (aux défunts en général ou à un défunt en particulier).
Ces quatre exemples de prières indulgenciées sont parlants par eux-mêmes : si l'Église, en Mère sage et miséricordieuse, a puisé largement au cours des siècles dans le trésor des mérites de Notre-Seigneur et des saints, c'est non seulement pour permettre à ses enfants d'obtenir plus facilement la rémission des peines dues aux péchés, mais aussi pour réchauffer leur ferveur en encourageant certaines dévotions et actions très méritoires. On voit ainsi combien la pratique des indulgences peut devenir un magnifique stimulant de la vie chrétienne, à condition bien sûr de les accomplir dans les meilleures dispositions intérieures.
Lorsque dans la liste suivante, on verra la formule indulgence plénière pendant un mois, il faudra comprendre : si cette prière est récitée chaque jour pendant un mois, elle obtient une indulgence plénière.

– « Dieu, venez à mon aide  Seigneur, hâtez-vous de me secourir ! » (50 jours  indulgence plénière pendant un mois);
– « Mon Dieu, je vous aime ! » : 300 jours.
– « Mon Seigneur et mon Dieu ! » : 7 ans si cette invocation est faite à l'élévation de l'hostie ou lorsqu'on vénère le Saint Sacrement exposé; indulgence plénière pendant une semaine.
– Les fidèles qui font le signe de la croix avec l'invocation « Au nom du Père, etc. » : une indulgence de 3 ans.

Conclusion

La connaissance des indulgences est infiniment précieuse pour les chrétiens fervents.

1. Elle excite, en effet, à la pratique de la vertu. Sachant que nous obtiendrons des indulgences d'autant plus étendues que nous nous serons purifiés davantage et que nous accomplirons avec plus de soin les œuvres prescrites, nous sommes portés à nous approcher mieux et plus souvent des sacrements, et à exercer sur nous-mêmes une surveillance plus constante et plus attentive.

2. Le gain des indulgences n'est-il pas aussi un placement spirituel à gros intérêt dont nous toucherons le bénéfice au moment de notre entrée dans l'éternité ? Lors de cette grave échéance, il nous sera fort agréable de constater que nous avons déjà satisfait en partie, peut-être pleinement, aux comptes rigoureux que nous aurons à rendre à Notre Seigneur Jésus-Christ qui nous enseigne dans son Évangile qu'il sera demandé compte même « de toute parole oiseuse » (Mt 12, 36).

3. Mais une raison plus impérieuse milite en faveur du gain des indulgences : c'est l'importance qu'y attache l'Église. Mère tendre et généreuse, l'Église n'hésite pas à nous ouvrir chaque jour avec plus d'abondance le riche trésor que lui ont légué, par ses mérites infinis, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par la surabondance de leurs mérites, la très sainte Vierge et la légion innombrable des saints qui ont rempli le monde de leurs vertus. Elle nous fait ainsi sentir que le besoin des indulgences devient chaque jour plus considérable. En effet, nos tempéraments se sont affaiblis et ne nous permettent plus les sévères pénitences imposées autrefois, ni souvent même la simple observance des commandements de l'Église, comme par exemple les difficultés à pratiquer le jeûne. L'Église a dû d'ailleurs apporter des adoucissements à l'ancienne discipline.

4. Nous avons encore une autre raison non moins importante de puiser au trésor des divines indulgences : c'est le soulagement et la délivrance des âmes du purgatoire. Des millions de frères souffrants implorent et attendent notre charité.
Comment ne pas rappeler ici ces paroles de saint Léonard de Port-Maurice : « Délivrer une âme du purgatoire, dit-il, c'est un bienfait immense. Croyez-vous qu'elle se donne du repos, jusqu'à ce qu'elle ait obtenu à son libérateur les bienfaits de la grâce et de la gloire ? Oh ! Quels précieux amis l'on se fait lorsqu'on soulage les âmes du purgatoire, lorsqu'on abrège le temps de leurs souffrances et qu'on leur procure le bonheur du ciel ! ». Commentant ce texte, un chanoine ajoute avec beaucoup d'à-propos : « C'est nous assurer [aussi] la bienveillance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et le prédisposer à nous accorder à nous-mêmes tout ce que nous solliciterons de sa bonté toute-puissante. N'a-t-il pas dit dans l'Évangile : « Tout ce que vous ferez au moindre des miens, c'est à moi que vous l'aurez fait ».

RÉCAPITULATION PRATIQUE

1°) L'Eglise a reçu de Dieu le pouvoir de change, en œuvres de pénitence ou de remettre entièrement au pécheur, sous forme d'indulgences, les peines temporelles qui lui restent après sa réconciliation avec Dieu.
2°) L'indulgence est la rémission des peines temporaires que l'on obtient quand on fait en état de grâce les œuvres prescrites par l'Eglise.
3°) L'indulgence ne remet QUE les peines temporelles et non pas celles que nous devons expier au Purgatoire.
4°) Pour gagner une indulgence il faut : être baptisé, non excommunié, avoir l'intention de la gagner, être en état de grâce, accomplir les œuvres prescrites par l'Eglise, se confesser et communier.
5°) L'indulgence peut être plénière ou partielle.
6°) Le pape seul accorde des indulgences valables pour toute l'Eglise. Les évêques n'accordent que des indulgences partielles et seulement pour le diocèse sur lequel ils ont juridiction.
7°) On peut appliquer aux âmes du Purgatoire des indulgences par manière de suffrage, mais seulement celles que l'Eglise désigne expressément pour elles.
8°) N'abusez pas des indulgences accordées par l'Eglise; qu'elles ne vous enhardissent pas au péché et à l'impénitence : Dieu ne les accorde pas à la présomption et à la témérité de ceux qui se rassurent sur ses miséricordes pour persévérer dans leurs péchés, car ce n'est pas par quelques prières indulgenciées ou quelques pratiques de dévotion qu'on peut obtenir le pardon de nos péchés. La rémission des péchés ne s'obtient QUE par la confession et la pénitence; et le gain d'une indulgence n'est qu'un adoucissement d'un certain nombre de jours de cette pénitence.
9°) Demandez pardon au Seigneur du mépris, de l'indifférence, des abus où vous seriez tombés à cet égard jusqu'ici.

TRAITS HISTORIQUES

Les habitants de la Franche-Comté, en France, au 16ème siècle, résistèrent énergiquement à l'invasion protestante. Dieu les en récompensa par le célèbre miracle de Faverney : le 24 mai 1608, veille de la Pentecôte, le Saint Sacrement avait été exposé dans l'église de l'abbaye de Faverney, sur un petit autel surmonté d'un dais, devant la grille du chœur. L'ostensoir renfermait deux Hosties consacrées, pour faire paraître des deux côtés l'image du crucifix empreinte sur l'une des faces de chacune des Hosties. L'adoration du Très Saint Sacrement eut lieu toute la journée, au milieu d'un grand concours de fidèle venus pour gagner une indulgence plénière, accordée par le Saint-Siège. C'était la coutume, pour cette solennité, de dresser un autel en bois et richement décoré, à l'entrée du chœur pour y exposer le saint sacrement. Toute la nuit et la journée du dimanche, les adorateurs se succédèrent nombreux pour adorer Jésus. La nuit étant venue et tout le monde retiré, on ferma les portes de l'église. Sur l'autel de la chapelle restaient deux cierges allumés. Placés trop près d'un rideau, les étincelles qui en tombèrent, comme on a lieu de le conjecturer, mirent le feu aux garnitures. Bientôt une épaisse fumée se répand de toutes parts; presque tous les ornements de la chapelle, nappes, gradins, tabernacles, sont consumés : il ne reste que des cendres et des charbons ardents. Le lendemain, le prêtre sacristain, en ouvrant les portes de l'église, la trouva remplie de fumée. Les religieux ne purent que constater les dégâts  mais qui pourrait exprimer les sentiments qu'ils éprouvèrent, lorsqu'ils levèrent les yeux : au-dessus de ce monceau de cendres enflammées, ils aperçoivent l'ostensoir et les deux saintes hosties consacrées dans la lunule suspendus miraculeusement au milieu de l'église, sans aucun appui. Il resta ainsi, pendant trente-trois heures, au grand étonnement de toute la multitude, qui affluait de toutes parts pour contempler ce prodige. Un curé du voisinage y vint en procession avec tout son peuple, et, comme il disait la messe au grand autel, le saint sacrement alla de lui-même se placer sur l'autel, après l'élévation. Tout cela se passa à la vue d'une foule immense de fidèles et même d'incroyants. On estime à 10000 le nombre de visiteurs qui ont vu ce miracle.

Saint François de Sales passa à Faverney très peu de temps après, et il pria avec grande dévotion dans cette église où le Fils de DIEU, notre Sauveur, venait de faire éclater d'une façon si admirable la réalité de sa présence au très saint Sacrement. Il eut le bonheur de vénérer l'Hostie miraculeuse, laquelle a été conservée religieusement, ainsi qu'il est d'usage après ces sortes de manifestations divines. De nos jours encore on la voit dans l'église de Faverney, où elle est honoré e d'un culte facile à concevoir. Le Pape Pie IX a approuvé solennellement et canoniquement l'authenticité du miracle de Faverney, et le 16 mai 1864, le l'Archevêque de Besançon, avait promulgué la sentence du Saint-Siège dans l'église même ou le prodige avait eu lieu.

Or, ce miracle splendide de la présence de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie fut accompagné de plusieurs autres. Au milieu de l'ostensoir se trouvait la relique d'un morceau d'un doigt de sainte Agathe, enfermé dans un tube de cristal fermé par un simple papier. Ce papier et ce verre sont restés intacts au milieu du feu, avec la relique qu'ils contenaient  ils ne portaient même pas la trace du feu. Voilà le culte des reliques vengé. Devant la table servant d'autel était attaché par une épingle le Bref pontifical en parchemin portant publication de l'Indulgence spéciale accordée par le Saint-Père. Or ce parchemin s'est conservé avec toutes ses lettres intactes au sein de l'incendie. Voilà le dogme des Indulgences sanctionné divinement.
L'archevêque de Besançon, après les informations les plus exactes, fit constater juridiquement le miracle. Des procès-verbaux furent signés par des témoins de grande considération, et l'authenticité du prodige demeura incontestable.

En intervenant pour affirmer la vérité de l'indulgence donnée par le Pape, le Fils de Dieu affirmait en-même temps et par cela même le pouvoir de lier et de délier qu'il a remis à son Vicaire sur la terre et en montrant comme sacré cet acte de l'autorité pontificale, il recommandait comme sacrée l'autorité elle-même. II l'accentua même, d'après plusieurs auteurs, plus fortement encore cette souveraineté suprême  car d'après ces auteurs, le sceau en cire du Souverain-Pontife, l'anneau du pécheur, ne fondit point au milieu du feu, mais se conserva entier, gardant sa forme et son empreinte. Voilà donc l'autorité du Vicaire de Jésus-Christ exaltée par Jésus-Christ Lui-même. Et tous ces miracles, le Fils de Dieu les fit dans une église dédiée à son auguste Mère, et pour la fête de son pèlerinage, et en faveur des pèlerins animés de la douce dévotion à sa Mère bien-aimée  il les fit, en un mot, pour affirmer la foi catholique, apostolique, romaine, par conséquent pour affirmer toutes les vérités, objet de cette foi.
Enfin, constatons-le en passant, le miracle de Faverney eut lieu dans l'église abbatiale d'un monastère, et Notre-Seigneur protesta ainsi à sa façon contre les immondes blasphèmes que Luther et ses sectateurs ne cessaient de proférer contre les couvents et la sainteté de la vie monastique. Mais les plus grands miracles qui déposent en faveur de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, sont les miracles spirituels, les miracles de la grâce d'une bonne et fervente communion. Que de douces, que d'ineffables consolations n'éprouvent pas les âmes bien préparées, que de saints ravissements! Donc l'hostie consacrée n'est plus du pain, mais le Corps, le Sang, l'Ame et la Divinité de Jésus-Christ.

PRIÈRES

« Mon Seigneur Jésus, pénétré de la plus vive douleur à la vue de mes péchés, j'offre ces humbles prières pour votre honneur, votre gloire et l'avantage de votre Eglise. Sanctifiez-les et donnez-leur du prix par votre grâce. Je désire me conformer entièrement à la pieuse intention des pontifes romains, qui ont accordés les indulgences pour le bien des fidèles.
Appuyé sur votre infinie bonté, je vous supplie d'extirper les hérésies de dessus la terre, d'établir une paix solide et une vraie concorde entre les chrétiens, afin qu'ils vous servent tous avec pureté de cœur et amour.
Daignez, mon aimable Sauveur, par les mérites de la très sainte Vierge et de tous les saints du paradis, me rendre participant du trésor dont vous avez enrichi votre Église, en versant pour Elle Votre Sang Précieux : accordez-moi le fruit des saintes indulgences et faites, ô mon Dieu, que les peines qui sont dues à mes péchés, et que je devrais souffrir en cette vie ou en l'autre, me soient remises, en vue de votre infinie miséricorde. Maintenant que je sais ce que sont les indulgences, je forme une sincère résolution de mener, par votre secours, de fuir le péché avec horreur et le détester par-dessus tout, car Vous êtes infiniment aimable et bon.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il. »


La satisfaction Accueil
Accueil
L'Extrême-Onction


Portugal | Les voyants | Apparitions | 3è Secret | Procès | Opposants
Pie X | Prières | Pro-vie | Info | Forum | Librairie | Livre d'or | Links | Dons | Guide

Site protégé par le Copyright ©