Prieres et spiritualite

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Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Église
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Église
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Église :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandements
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

SOIXANTE-NEUVIÈME LEÇON


LA SATISFACTION

Le Père DamienD : Celui qui a reçu l'absolution a-t-il encore quelque chose à faire ?
R : Celui qui a reçu l'absolution doit encore réparer l'injure faite à Dieu et le tort fait au prochain par le péché; c'est ce qu'on appelle satisfaction.

Explication : Le pécheur touché d'un vrai repentir, et dont la confession a été humble, sincère et entière, est pleinement réconcilié par l'absolution. Mais il ne doit pas croire qu'il ne lui reste plus rien à faire; il a encore des devoirs essentiels à remplir. Par le péché, il a offensé Dieu, il lui a fait une grande injure; il y a obligation pour lui de la réparer. Par le péché, il a pu aussi causer au prochain quelque dommage, lui porter quelque préjudice; et s'il en est ainsi, il lui doit réparation pour tous les torts qu'il lui a faits. Cette double réparation est ce qu'on appelle satisfaction.

D : Qu'est-ce que la satisfaction ?
R : La satisfaction est la réparation de l'injure faite à Dieu par le péché. C'est donc la pénitence que le prêtre nous impose.

La satisfaction, considérée en tant qu'elle est un des trois actes du pénitent qui sont comme la matière du sacrement, consiste principalement dans la réparation de l'injure qu'on a faite à Dieu en violant ses lois. Elle a un second objet dont nous parlerons bientôt, à savoir: la réparation du tort qu'on a causé au prochain, soit dans sa personne, soit dans sa réputation, soit dans ses biens.

D : Si l'on n'était pas dans l'intention de satisfaire à Dieu et au prochain, ferait-on une bonne confession ?
R : Non; ceux qui en se confessant ne sont pas dans la résolution de satisfaire à Dieu et au prochain, sont indignes d'absolution, et s'ils la recevaient, ils feraient un sacrilège.

Dans les premiers siècles de l'Église, on n'admettait au bienfait de la réconciliation que ceux qui avaient réparé autant qu'il était en eux l'injure faite à Dieu et le tort fait au prochain par leur péché. Aujourd'hui, l'Église permet d'absoudre ceux qui n'ont pas encore satisfait, mais elle exige que l'on promette et que l'on soit dans la ferme résolution de satisfaire. Cette ferme résolution, que les théologiens appellent la satisfaction dans le vœu, dans le désir de satisfaire à cette obligation (in voto), est une partie essentielle du sacrement, et sans elle il ne peut y avoir de rémission des péchés. Il s'ensuit de ce principe que, si un pécheur, en se confessant, n'était pas bien déterminé à satisfaire à la justice de Dieu et à réparer ses torts envers le prochain, il serait indigne de recevoir l'absolution, et s'il la recevait, elle ne remettrait pas ses péchés; il commettrait, au contraire, un horrible sacrilège et sortirait du tribunal de la pénitence plus coupable qu'il ne l'était en y entrant.

D : Puisque les péchés sont remis par l'absolution, comment est-on encore obligé de satisfaire à Dieu ?
R : Parce que, pour l'ordinaire, la peine éternelle que mérite le péché mortel est changée en une peine temporelle qu'il faut subir en cette vie ou en l'autre.

Comme nous l'avons déjà dit lors de notre leçon sur le péché, il faut distinguer trois choses dans le péché :
1) la tache ou souillure qu'il imprime dans l’âme ;
2) la coulpe, c'est-à-dire cet état de culpabilité dans lequel se trouve l’âme coupable, et qui la rend un objet d'horreur, d'indignation et de haine de la part de Dieu, lorsque le péché est mortel, ou de simple plaisir, lorsqu'il n'est que véniel ;
3) la dette de la peine, c'est-à-dire ce même état de culpabilité qui met l'âme sous le poids de la justice divine et la rend passible d'une peine proportionnée à son péché.
L'absolution efface entièrement et absolument, la tache que le péché avait imprimée dans l'âme, et l'a fait sortir de l'état de culpabilité où elle se trouvait. Elle remet aussi la peine éternelle que Dieu réservait au pécheur dans l'enfer; mais, pour l'ordinaire, cette peine éternelle est changée en une peine temporelle qu'il faut subir en cette vie ou en l'autre. Nous disons pour l'ordinaire, car selon saint Thomas d’Aquin il peut se faire qu'un pécheur ait un si vif regret de ses fautes, et une charité si parfaite, que Dieu lui remette entièrement et absolument toute la peine qu'il avait méritée.
La peine éternelle que méritait le péché mortel est changée, pour l'ordinaire, en une peine temporelle: ainsi s'expriment les théologiens les plus estimés.
— Dans le sacrement de pénitence, la peine éternelle est changée en une peine temporelle, en ce sens que le pécheur, qui, avant de recevoir le sacrement, méritait une peine éternelle, ne mérite plus, après l'avoir reçu ou après avoir fait un acte de contrition parfaite, qu'une peine temporelle, puisqu'il est devenu l'ami de Dieu.
— L'homme, après avoir été justifié, est encore obligé de faire pénitence; non que la dette de la peine éternelle subsiste encore, mais parce que la peine éternelle, qui avant la justification était due au péché mortel, est changée en une peine temporelle.
— Apres que nos péchés nous ont été pardonnes et que la peine éternelle a été remise par l'absolution, il reste encore une peine à subir, soit dans l'autre vie par les peines du purgatoire, soit dans cette vie par les œuvres satisfactoires; c'est ainsi que Dieu concilie ce qu'il donne à sa miséricorde et ce qu'il doit à sa justice. La clémence pardonne au pécheur, lui rend la grâce, le réconcilie avec Dieu; la justice exige que l'homme satisfasse autant qu'il est en lui pour l'offense qu'il a commise. La clémence substitue une peine temporelle aux supplices éternels que le pécheur avait encourus; la justice demande que cette peine soit subie.

D : Trouve-t-on dans les saintes Écritures des exemples qui établissent qu'après que le péché a été remis il reste une peine temporelle à subir ?
R : On en trouve plusieurs.

En remontant jusqu'à l'origine du monde, nous voyons que Dieu, tout en pardonnant les péchés des hommes, ne laisse pas que de leur infliger une punition temporelle. Adam, le premier homme, a été aussi le premier pécheur; Dieu lui pardonne, et en même temps il le chasse du paradis terrestre, et le condamne à une vie de peines, de douleurs, de souffrances.
L’autre exemple est tiré du livre des Nombres. Ceux des Israélites envoyés par Moïse pour reconnaître la terre promise, à l'exception de Josué et de Caleb, décrièrent devant les enfants d'Israël le pays qu'ils avaient reconnu (Nombres XIII, 33-34 et XIV, 1-23).
On voit par ce trait que Dieu, après avoir pardonné à son peuple le péché de murmure dont il s'était rendu coupable, lui impose néanmoins une peine temporelle qui consistait, pour ceux qui avaient alors vingt ans, à être privés de l'entrée de la terre promise et à mourir dans le désert, et pour ceux mêmes qui n'avaient pas atteint cet âge, à errer pendant quarante ans dans le désert, jusqu'à ce que tous les premiers y fussent morts (Nombres XIX, 29-38).
Le deuxième exemple est tiré du second livre des Rois. David s'étant rendu coupable d'adultère et d’homicide, le Seigneur lui envoya le prophète Nathan (II Rois XII, 1-18).
On voit de même, par ce trait de l'histoire sainte, que Dieu, après avoir pardonné à David son adultère et son homicide, lui impose des peines temporelles à subir, à savoir: d'abord la mort de l'enfant qu'il avait eu de la femme d'Urie, ensuite les calamités que devait éprouver sa maison, et notamment celles qu'il devait essuyer lui-même au temps de la révolte de son fils Absalon (II Rois XVI, 21).

On trouve donc dans l'Écriture quelque chose de semblable à ce qu'enseigne l'Église catholique, que « Dieu ne remet pas toujours toute la peine avec la coulpe (Concile de Trente, session XIV, canon 12); mais que, pour l'ordinaire, la peine éternelle que le pécheur avait méritée par le péché mortel est changée en une peine temporelle. Nous voyons un exemple contemporain de cette commutation, de cette substitution, dans la conduite des chefs d’Etats qui, lorsqu'ils faisaient grâce à un criminel condamné à mort, avaient coutume de commuer la peine capitale en celle de la prison à vie.

D : Pourquoi Dieu, qui n'exige point de satisfaction dans le sacrement de baptême, en exige-t-il dans celui de la pénitence ?
R : C'est :
1°) afin de mieux faire sentir la grièveté des péchés commis après le baptême ;
2°) afin que cette satisfaction serve de remède pour les péchés passés et préserve contre les rechutes.

Secourir les pauvresC'est surtout dans les sacrements que Jésus-Christ nous applique ses mérites et les fruits de Sa mort, c'est-à-dire qu'il nous les communique, en sorte que ces mérites deviennent les nôtres. Cette application qu'Il nous en fait est une pure grâce de sa part; nous n'y avons nul droit; il demeure, par conséquent, toujours le Maître des conditions auxquelles Il veut nous la faire. Dans le baptême, il a voulu nous faire cette application sans exiger de nous aucune satisfaction, tant pour le péché originel que pour les péchés actuels que nous aurions commis avant d'être baptisés; c'est pour cela qu'on n'impose aucune pénitence dans le baptême. Mais si après avoir été réconciliés avec Dieu dans le baptême, nous redevenons encore ses ennemis par le péché, et qu'en nous appliquant de nouveau ses mérites, et en nous pardonnant, il exige de nous quelque satisfaction, quelque peine temporelle, quoi de plus conforme à la justice et à la raison? Convenait-il que la seconde faute fût aussi facilement pardonnée que la première? Et n'était-il pas dans l'ordre que le Seigneur, tout en déployant sa miséricorde et sa clémence, conservât à sa justice une partie de ses droits, en exigeant que celui qu'il consentait à recevoir en grâce restât quelque temps pénitent ?
Dieu, en agissant ainsi envers nous, fait à peu près comme une personne charitable qui, voyant un homme condamné à passer le reste de ses jours en prison pour dettes, les acquitte pour lui; puis, si cet homme se met encore de nouveau dans le même cas par sa faute, cette personne charitable veut bien lui rendre le même service, mais elle exige qu'au moins il paie ce qu'il pourra.

D : Pouvons-nous satisfaire à Dieu pour cette peine ?
R : Oui, nous le pouvons par les mérites de Jésus-Christ.

Nous ne pouvons, par nous-mêmes, satisfaire à Dieu, et réparer l'injure que nous lui avons faite par le péché, mais nous le pouvons en Jésus-Christ et par Jésus-Christ, c'est-à-dire en nous appliquant, par des œuvres de mortification et de pénitence, la satisfaction que ce divin Sauveur a faite sur le calvaire; satisfaction offerte pour les péchés de tout le genre humain, mais dont on ne recueille les fruits qu'en satisfaisant soi-même autant qu'on le peut. C'est dans ce sens que saint Paul disait : « J'accomplis dans ma chair ce qui manque à la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.»

D : Comment satisfait-on à Dieu ?
R : On satisfait à Dieu en accomplissant par soi-même, avec dévotion, la pénitence imposée par le confesseur.

Les œuvres par lesquelles nous satisfaisons à Dieu sont de plusieurs genres. On doit mettre au premier rang la pénitence imposée par le confesseur dans le saint tribunal, parce qu'elle appartient plus particulièrement que toute autre au sacrement, et elle est même la seule qui est vraiment sacramentelle. Il est utile, il peut même être nécessaire d'y ajouter; il est impossible de la suppléer : elle est la condition expresse de l'absolution. C'est pour le confesseur une obligation de l'imposer, et c'est aussi pour le pénitent une obligation de l'accepter, à moins qu'il ne lui soit impossible ou très-difficile de l'accomplir, et alors il doit le dire en toute simplicité au confesseur. On doit accomplir sa pénitence avec recueillement, dévotion et piété; s'en acquitter le plus tôt possible : une pénitence longtemps différée est ordinairement une pénitence mal faite; et si le prêtre a prescrit le temps et la manière de la faire, il faut se conformer exactement à tout ce qu'il a ordonné.
Le pénitent doit accomplir sa pénitence par lui-même, comme il doit avoir la contrition et se confesser par lui-même. Ce sont des actes personnels pour lesquels il n'a pas le droit de se faire remplacer par un autre; la doctrine contraire a été condamnée par le Souverain Pontife Alexandre VII. D'où il s'ensuit que, si quelqu'un avait pour pénitence de faire l'aumône, il ne serait pas libéré de cette obligation parce qu'un de ses amis aurait donné pour lui aux pauvres telle ou telle somme. Mais si, tirant de sa bourse ce qu'il doit donner, il chargeait quelqu'un de le distribuer aux malheureux, il aurait accompli sa pénitence.

D : Le pénitent peut-il changer lui-même la pénitence qui lui a été imposée par le confesseur ?
R : Il ne le peut pas.

Le pénitent ne peut pas, de son autorité propre, changer la pénitence qui lui a été imposée, quand bien même celle dont il se chargerait serait plus rigoureuse que l'autre. Le changement de pénitence est, comme son imposition, un acte de juridiction que le coupable ne peut pas exercer. D'ailleurs, la satisfaction que le pénitent s'imposerait ne serait pas sacramentelle, ne ferait pas une partie du sacrement, et n'aurait pas, comme celle qui est imposé par le confesseur, la vertu de remettre par elle-même les peines dues au péché. Il faut donc aller trouver le confesseur lorsqu'on est dans l'impossibilité d'accomplir sa pénitence ou qu'on ne le peut sans de grandes difficultés, afin qu'il en impose une autre. Il faut agir de la même manière si l'on a oublié la pénitence qu'il a imposée; et si, en se confessant, on s'apercevait que le prêtre ne pense point à donner de pénitence, on devrait l'en avertir.

D : Le pénitent peut-il parler de la pénitence qui lui a été imposée par le confesseur ?
R : Il doit garder le silence à cet égard.

C'est ce qui a été recommandé par un grand nombre de conciles, et en particulier par le concile de Bourges en 1528, sous le pontificat, de Clément VII. « L'obligation que le pénitent a d’être fidèle à garder le silence sur ce qui s'est passé entre son confesseur et lui, dans le confessionnal, est fondée sur le respect dû au sacrement, où il se fait entre le confesseur et le pénitent une espèce de traité qui engage l’un et l'autre, à se garder réciproquement le secret, quoique le pénitent n'y soit pas obligé aussi étroitement que le confesseur. Ainsi, le pénitent ne doit point, sans un besoin véritable, raconter ce qui s'est dit dans l'intérieur du saint tribunal : comme, par exemple, les avis que le confesseur lui a donnés, les remèdes qu'il lui a proposés, les pénitences qu'il lui a imposées; et s'il y a quelque raison qui porte le pénitent à parler de ce qui s'est passé entre lui et le confesseur, par exemple s'il ne sait où trouver telle prière qu'on lui a ordonné de réciter, s’il ne sait pas comment s'y prendre pour accomplir telle œuvre qui lui a été prescrite, il ne doit s'expliquer qu'avec la plus grande circonspection et ne consulter que des personnes sages, éclairées et discrètes. Qui pourrait dire, hélas, combien de maux et de scandales résultent tous les jours de l'indiscrétion de certaines personnes, qui, à peine sorties du tribunal de la pénitence, ont la déplorable habitude d'aller raconter en le dénaturant, et souvent au premier venu, tout ce qui leur a été dit par le confesseur.
Quiconque a une piété sincère et une dévotion bien entendue ne donnera jamais dans un pareil excès.

D : N'y a-t-il pas encore d'autres moyens de satisfaire à Dieu ?
R : Oui, on satisfait encore à Dieu en s'imposant des pénitences volontaires, telles que la prière, le jeûne, les mortifications et l'aumône.

La pénitence imposée par le prêtre est ordinairement trop légère pour que nous puissions par elle seule satisfaire à la justice de Dieu; nous devons donc y ajouter d'autres œuvres satisfactoires, comme la prière, le jeûne et l'aumône.
1°) Par la prière, et, sous ce nom, on comprend tous les exercices de piété propres à humilier l'âme et à l'unir à Dieu, l'assistance au saint Sacrifice de la Messe, la méditation des Vérités éternelles, les lectures pieuses, les saintes aspirations à Dieu, la visite au saint Sacrement, le chemin de la croix, la récitation quotidienne du chapelet, etc. Mais, pour que ces diverses manières de prier servent à expier nos fautes, il faut les animer de l'esprit de pénitence et les offrir à Dieu, en réparation de l'injure que nous lui avons faite par nos désobéissances. Par la prière, nous satisfaisons à Dieu spécialement pour les offenses de l’ordre spirituel, c'est-à-dire pour les péchés que nous avons commis directement contre Dieu, soit en ne lui rendant pas les hommages que nous lui devons, soit en nous acquittant mal de nos devoirs religieux.
2°) Par le jeûne, on entend non-seulement certains retranchements dans la nourriture, mais encore toutes les privations qu'on s'impose, toutes les mortifications qu'on peut pratiquer, comme, par exemple, la mortification des yeux, de la langue, des oreilles, de l'amour propre, de la curiosité. Par exemple, nous pouvons pratiquer le silence, les privations (spectacles, cinéma, théâtre, par exemple), les sorties mondaines, etc. Par le péché, nous avons abusé de nos sens intérieurs et extérieurs; par la pénitence, il faut les punir de leurs écarts et les tenir sous la règle. Le jeûne est surtout destiné à expier les péchés qui souillent le corps.
3°) Par l'aumône, c'est-à-dire par toutes les œuvres de la miséricorde corporelle ou spirituelle, comme, par exemple, secourir les pauvres, servir les malades, instruire les ignorants, consoler les affligés, reprendre charitablement ceux qui font quelque faute. Voilà des pratiques excellentes, qui attirent sur nous la grâce de Dieu. L'aumône, a dit l'Esprit-Saint, est aussi puissante pour abolir les péchés que l'eau pour éteindre le feu (Eccl. III, 33) et est le meilleur moyen de satisfaire à Dieu, pour l'abus qu'on a fait des biens de ce monde.
La prière, le jeûne et l’aumône sont méritoires devant Dieu, et par elles nous satisfaisons à sa justice: « Rachetez vos péchés par des aumônes et vos iniquités par des œuvres de miséricorde, » dit le Seigneur par la bouche du prophète Daniel (Daniel IV, 24).
La prière, est-il dit au livre de Tobie, accompagnée du jeûne et de l'aumône, vaut mieux que tous les trésors et tout l'or qu'on peut amasser; car l'aumône délivre de la mort, et c'est elle qui efface les péchés et qui fait trouver la miséricorde et la vie éternelle (Tob. XII, 8-9).

Nous devons aussi savoir qu’on distingue deux sortes de « satisfaction » : la satisfaction volontaire et la satisfaction sacramentelle. La première est ainsi appelée, parce que nous nous l'imposons librement à nous-mêmes, soit avant, soit après la confession. La confession sacramentelle est celle que le prêtre nous impose au saint Tribunal, après la confession, et qui fait partie du sacrement de Pénitence. Ordinairement, la pénitence imposée par le confesseur est bien loin de suffire pour expier les péchés. Pour ne pas rebuter les pécheurs et afin de condescendre à leur faiblesse, le prêtre ne leur impose que des pénitences assez légères, et souvent pour des péchés énormes.
Il faut donc bon que le pécheur s'impose à lui-même des pénitences plus fortes, afin de rendre à Dieu, autant que possible, une Satisfaction pleine et entière, car Dieu ne nous pardonne nos fautes qu'à condition que nous ne nous les pardonnerons pas à nous-mêmes, et, si nous voulons qu'il use d'indulgence à notre égard, traitons-nous avec sévérité.
Les pénitences sacramentelles ont une vertu plus considérable que toutes celles que nous pouvons nous infliger volontairement, parce qu'elles sont fondées sur l'obéissance que nous rendons à Jésus-Christ et à l'Église, et surtout à cause de leur liaison avec le sacrement de Pénitence, étant ordonnées par l'institution divine pour racheter les peines dues aux péchés. Comme elles puisent, d'une manière toute particulière, leur efficacité dans le Sang de Jésus-Christ, elles expient plus sûrement nos fautes que toute autre œuvre satisfactoire, fût-elle dix fois, vingt fois plus grande. Aussi les chrétiens instruits, bien loin de les trouver jamais trop fortes, sont-ils les premiers à demander à n'être pas ménagés, parce qu'ils savent bien qu'ils acquitteront beaucoup mieux leurs dettes envers la Justice divine par ce qui leur sera imposé au saint tribunal, que par tout ce qu'ils pourraient faire d'eux-mêmes.

D : Ne pouvons-nous pas satisfaire à Dieu par les afflictions qu'il nous envoie ?
R : Oui, pourvu que nous les recevions de la part de Dieu, avec soumission et avec patience.

La bienfaisante miséricorde du Seigneur a varié les moyens de Satisfaction, afin que, dans quelque position qu'on se trouve, on ait toujours de quoi satisfaire à la justice divine. Ainsi, à part les œuvres expiatoires dont nous nous chargeons nous-mêmes, à part les pénitences que le confesseur nous impose, nous pouvons encore satisfaire à Dieu par les tribulations qu'il nous envoie, si nous les supportons avec une patience chrétienne, si nous les offrons à Dieu pour l’expiation de nos péchés ; sa clémence infinie daigne les accepter. C’est l'enseignement du saint Concile de Trente (Session XIV, canon 9). Or, que de maux nous sommes exposés à endurer dans cette vie, soit de la part de Dieu, comme les maladies, la pauvreté, les revers de fortune, les travaux pour pourvoir à notre subsistance; soit de la part des hommes, comme les injures, les calomnies, les affronts; soit de la part des éléments, comme les tempêtes, les grands froids, les sècheresses. Ces diverses tribulations sont pourtant une monnaie excellente pour acquitter la dette contractée par nos prévarications; et telle est la tendresse de notre Père céleste à notre égard, qu'il veut bien accepter comme réparation du péché, des fléaux destinés primitivement à être le châtiment du péché, nous faisant ainsi trouver le remède dans les effets mêmes du mal. Doctrine consolante, bien propre à adoucir l'amertume des peines et des afflictions, que nous éprouvons dans le cours de cette vie. Mais, pour que ces diverses tribulations nous soient profitables, il faut les supporter avec une patience chrétienne, dans la vue d'expier nos péchés, n'oubliant pas que nous sommes mille fois dignes de tout châtiment. Car s'en plaindre, en murmurer, se révolter contre Dieu, c'est changer le remède en poison, et irriter le Seigneur, au lieu de l'apaiser. Ne vaut-il pas mieux souffrir par vertu ce que nous souffrons d'ailleurs par nécessité ? Oh ! Que de gens, livrés à des occupations pénibles, à la culture des terres, à un dur métier, trouveraient dans leur travail une ample satisfaction pour les dettes qu'ils ont contractées envers Dieu, s'ils n'en perdaient tout le fruit faute de soumission à la volonté divine, ou bien parce qu'ils n'agissent que par des motifs purement humains, et qu'ils n'offrent jamais leurs peines à Dieu! Pour nous, ayons soin de faire tout tourner au profit de notre âme, sachant bien qu'un moment de peine nous vaudra un poids éternel de gloire (II Corinth. IV, 17).

D : Nos satisfactions et nos pénitences tirent-elles leur vertu de nos propres mérites ?
R : Non, elles tirent leur force et leur vertu de la satisfaction de Jésus-Christ.

De nous-mêmes nous ne pouvons rien, car il ne peut y avoir aucune proportion entre nos offenses et tout ce que nous pourrions offrir à Dieu. C'est le prix infini du Sang de Jésus-Christ, qui fait tout le mérite de nos faibles œuvres, qui les anime de sa puissante et infaillible efficacité, qui les divinise en quelque sorte, et les rend dignes d'être présentées à la Majesté suprême. Ce n'est donc que par les mérites de Jésus-Christ et en union avec lui, que nous pouvons satisfaire à Dieu. Indépendamment des mérites de Jésus-Christ, les œuvres les plus excellentes de pénitence ne serviraient de rien; mais, unies avec le Sang et les mérites du Sauveur, elles acquièrent une valeur infinie, « L'homme n'a donc point sujet de se glorifier, mais toute notre gloire est en Jésus-Christ. C'est en lui que nous vivons, en lui que nous méritons, en lui que nous satisfaisons, en produisant de dignes fruits de pénitence.» (Concile de Trente, session 14, canon 8).

D : Qu'est-ce que satisfaire au prochain ?
R : Satisfaire au prochain, c'est lui rendre exactement ce qu'on lui doit pour le tort qu'on lui a fait dans sa personne, dans son honneur, dans sa réputation ou dans ses biens.

Rendez ce que vous devez (Matthieu XVIII, 28), c'est un principe de droit naturel. Il est certains péchés qui, outre l'offense qu'ils font à Dieu, causent aussi du tort au prochain; et Dieu veut qu'à la Satisfaction qui lui est due, nous joignions celle que nous devons au prochain, en le dédommageant de tout le préjudice que nous lui avons porté.
On peut nuire au prochain de quatre manières :
— dans ses biens,
— dans son honneur,
— dans son corps,
— dans son âme.
Il faut donc remédier à ces suites pernicieuses du péché en réparant tout le tort que nous avons fait au prochain :
1°) Dans ses biens. Avez-vous enlevé injustement le bien d'autrui; il faut restituer. Sans restitution, point de rémission. Si vous êtes pour le moment dans l'impossibilité absolue de restituer, ayez du moins l'intention de le faire au plus tôt, et prenez pour cela tous les moyens convenables.
2°) Dans son honneur. Lui avez-vous ravi la considération dont il jouissait, en l'accablant de vos médisances, de vos calomnies, en révélant ses fautes secrètes, en vous exprimant sur son compte dans des termes propres à le déshonorer; rendez-lui cet honneur que vous lui avez enlevé. C'est pour vous une obligation de justice d'autant plus stricte, qu'une bonne réputation est le plus précieux des trésors, et vaut plus même que la vie.
3°) Dans sa personne. Vous l'avez blessé, injurié, maltraité, réparez cette faute par l'humilité de vos excuses et la sincérité de votre réconciliation, et ne tardez pas à le dédommager de toutes les pertes qu'il a essuyées par suite de vos emportements.
4°) Dans son âme. Vous avez blessé, vous avez peut-être tué par vos scandales cette âme faite à l'image de Dieu, c'est le plus grand mal que vous puissiez faire à une personne; puisque par-là vous l'exposez à manquer son Salut; vous devez donc réparer tout le désordre que vous avez causé.
Cette obligation de satisfaire au prochain est indispensable, et quiconque n'est pas dans l'intention de la remplir ne peut rentrer en grâce avec Dieu. Rappelez-vous ou relisez ce que nous avons dit à ce sujet dans notre cours de catéchisme en expliquant le septième et le huitième commandement de Dieu !

D : Comment répare-t-on le scandale ?
R : En le faisant cesser, et en édifiant par toute sa conduite.

Faire cesser le scandale, c'est la première chose que doit faire un pécheur. Qu'il mette donc fin à ces méchantes habitudes, qui sont une occasion continuelle de ruine pour les âmes; car s'il persévère dans sa mauvaise voie, il ne fait que s'enfoncer de plus en plus dans l'abîme, lui et les malheureux qu'il entraîne dans sa perte. Mais de plus il faut qu'il édifie par toute sa conduite.
Ainsi, à la place de ces propos et de ces actes qui ont fait le désordre de sa vie, qu'on remarque en lui un air de recueillement, de modestie et de piété, qu'il ne sorte de sa bouche que des paroles honnêtes; qu'il oppose aux vices auxquels il a été sujet les vertus qui leur sont contraires, la douceur à la colère, l'humilité à l'orgueil, la sobriété à l'intempérance.
Que par ses bons exemples, ses discours édifiants et ses salutaires conseils, il porte tous ceux qu'il a scandalisés à louer et à glorifier le Seigneur, et qu'il s'efforce pendant toute sa vie de gagner à Dieu autant d'âmes qu'il en a perdues.
Soyez l'exemple des fidèles, a dit le grand Apôtre, par vos paroles, par votre conduite, par votre foi, votre charité et votre chasteté (I Tim. IV, 12).

D : Quels sont les qualités de la Satisfaction ?
R : Le prêtre doit imposer aux pécheurs des Satisfactions convenables et salutaires, proportionnées à la qualité des péchés et à la faculté des pénitents.

Donner à ceux qui ont faimLe saint concile de Trente dit expressément a qu'il est du devoir des ministres de l'Église d'imposer aux pécheurs des Satisfactions convenables et salutaires, proportionnées à la qualité des péchés et à la faculté des pénitents, car n'imposant que des peines légères pour des fautes graves, ils connivent avec les péchés d'autrui, et s'en rendent participants par cette indulgence. Qu'ils ne perdent donc jamais de vue que la pénitence, qu'ils doivent enjoindre, ne doit pas avoir seulement pour but de soutenir le pécheur dans la vie nouvelle qu'il a commencée, et de remédier à ses maux passés, mais qu'elle doit aussi le punir des fautes dont il s'est confessé (Concile de Trente, session 14, canon 18).
Il faut donc que la pénitence soit :
1°) Proportionnée aux péchés, non sans doute en ce sens qu'elle égale la grandeur de nos offenses, car Jésus-Christ seul a pu offrir à Dieu une réparation telle que l'exigeait l'énormité infinie du péché, mais proportionnée à nos péchés considérés relativement à nous-mêmes, à leur nombre, à leur grièveté, à leur durée.
2°) Convenable aux facultés du pénitent, et d'abord convenable à ses facultés physiques, c'est-à-dire à son tempérament, à l'état de sa santé, à sa fortune, au genre de ses occupations. Il serait contre la prudence d'ordonner des jeûnes ou des mortifications corporelles à une personne d'une santé faible, des aumônes à un homme qui peut à peine se procurer le nécessaire. Le confesseur doit aussi avoir égard aux dispositions morales du pénitent, car il doit compatir aux infirmités corporelles et spirituelles de ses frères. Il se gardera donc bien d'effrayer un pécheur, nouvellement converti, par des rigueurs intempestives. Il vaut mieux envoyer un pénitent en purgatoire avec une légère pénitence, que de le précipiter en enfer avec une plus grande qu'il n'accomplirait pas. On peut avoir une contrition suffisante pour obtenir la rémission de ses péchés, sans avoir encore assez de force pour accomplir tout ce que réclame la Justice divine.
3°) Salutaire, c'est-à-dire la plus utile au salut de chacun. C'est à la prudence du confesseur à choisir ce qu'il croira être le plus avantageux à son pénitent. Eu égard aux effets qu'elles produisent, les pénitences sont afflictives ou vindicatives, et spécifiques ou médicinales:
— afflictives, parce qu'elles ont pour objet de punir le péché, car il y a faute contre Dieu.
— médicinales, lorsqu'elles ont pour but de préserver le pécheur de nouvelles chutes. Les pratiques médicinales sont jusqu'à un certain point afflictives, puisqu'il en coûte à notre nature corrompue de résister au mal et de réprimer les passions; et les peines afflictives sont aussi plus ou moins médicinales, puisque toute pratique expiatoire est un remède contre le péché.
Les pénitences médicinales varient suivant les différentes espèces de péchés. Ainsi, à l'orgueil, on doit opposer des pratiques d'humilité, comme, par exemple, choisir la dernière place, se soumettre à tous, porter des habits simples, considérer son propre néant, méditer sur la mort. A l’avarice, on oppose l'aumône, le détachement du monde, la méditation fréquente de cette parole si énergique du Sauveur: « Que sert-il à l'homme de gagner l'univers entier, s'il vient à perdre son âme ? ». Pour l'envie, on la combat, en se pénétrant bien des sentiments de la charité fraternelle, en priant pour ceux dont on a été jaloux, en réparant le tort qu'on leur a causé. Pour la luxure, on ne peut la vaincre que par la fuite des occasions prochaines, par la rupture des liaisons dangereuses pour l’âme et le corps, et généralement par l'éloignement de tout ce qui peut faire naître l'idée du mal. Il faut aussi, quand on veut sérieusement se préserver de ce vice, fuir l'oisiveté, veiller sur tous ses sens et particulièrement sur les yeux, afin qu'ils ne s'arrêtent sur rien qui puisse les séduire. A la gourmandise, on doit opposer le jeûne, ou du moins quelque privation dans le boire ou le manger, la fuite des cabarets, des discothèques, l'habitude de se contenter de la nourriture la plus simple et la plus frugale, et de ne dépasser jamais les bornes de la nécessité. A la colère, on s'exercera à la douceur, à la patience, en s'habituant à garder le silence, lorsqu'on se sent trop en colère, car c’est souvent dans les actions colériques qu’on envenime une situation déjà tendu. A la paresse, on s'efforcera d'en guérir, en accomplissant fidèlement tous ses devoirs, et spécialement ceux qui regardent le soin de l'âme. Ainsi, ceux qui connaissent leur faiblesse et se soustraient par paresse aux devoirs envers Dieu ou à la pénitence, devront demander la charitable aide de leur confesseur pour se défaire de ce mauvais penchant.

D : De quelle manière accomplir la pénitence sacramentelle ?
R : Nous devons accomplir la pénitence sacramentelle en acceptant la pénitence qui lui est enjointe, et de la mettre à exécution: telle qu’elle a été prescrite ; en la manière qu'elle a été prescrite ; entièrement ; au temps marqué ; avec un véritable esprit de componction, l'unissant aux souffrances de Notre-Seigneur sur la Croix ; et en état de grâce, autant que possible.

L'Église a permis d'absoudre; mais elle exige qu'on soit disposé à accomplir la Satisfaction. Celle-ci complète le sacrement de pénitence.
Si après avoir reçu la pénitence dans le dessein de l'accomplir, on la néglige ensuite par paresse ou par indifférence, on pèche parce qu'on frustre par sa faute le sacrement de son intégrité et qu'on montre par là qu'on a peu de respect pour les choses saintes, peu de repentir de ses iniquités et peu de reconnaissance pour le Seigneur; mais ce péché subséquent ne rend pas invalide l'absolution, qu'on a reçue précédemment dans de bonnes dispositions.
Si le pénitent trouve la pénitence trop forte ou trop difficile à faire, il peut — comme nous l’avons dit à la question précédente — en parler à son confesseur; et celui-ci, après avoir examiné ses raisons, s'il les trouve bonnes, doit compatir à sa faiblesse et adoucir la pénitence. Que si le confesseur ne veut pas la modérer, le pénitent a toujours la faculté de recourir à un autre confesseur.
Le pénitent doit faire sa pénitence par lui-même, parce que c'est une obligation personnelle. Prétendre l'accomplir par un autre, ce serait une chose absurde.
Il faut l'accomplir :
1°) Telle qu'elle a été prescrite. On ne peut la commuer de sa propre autorité, même en une œuvre évidemment meilleure. Si quelque incident survenu la rend impraticable ou dangereuse (survenance soudaine d’une maladie, par exemple), c'est au prêtre qui l'a infligée qu'il faut s'adresser pour en obtenir le changement.
2°) En la manière qu'elle a été prescrite, c'est-à-dire se conformer à toutes les formalités indiquées par le confesseur. L'obéissance qu'on doit au ministre de Jésus-Christ et le respect dû au sacrement exigent qu'on ne s'écarte en rien de ce qui a été commandé.
Les prières imposées pour pénitence doivent être articulées ou prononcées distinctement. Quant aux lectures de piété, il suffit de les faire avec attention.
3°) Entièrement. En omettre une partie considérable c'est faire injure à Dieu à qui on néglige de satisfaire, au sacrement qu'on laisse imparfait, et à l'Église à qui on désobéit dans la personne de son ministre.
4°) Au temps marqué, soit pour ne pas s'exposer au danger de l'oublier, soit parce que le confesseur a eu peut-être d'excellentes raisons de l'assigner en tel temps plutôt qu'en tel autre, voulant exciter la vigilance, ou prémunir contre des fautes qu'on pourrait commettre en telle ou telle circonstance. Si le temps n'est pas marqué, on doit la faire le plus tôt possible, moralement parlant. Si la pénitence est grave et surtout médicinale, il y a péché mortel à la différer longtemps, par exemple, deux ou trois mois.
5°) Avec un véritable esprit de componction, l'unissant aux souffrances de Notre-Seigneur sur la Croix. Celui qui n'y apporterait aucune attention se ferait de sa pénitence même une nouvelle matière de pénitence.
6°) En état de grâce, autant que possible. Nos œuvres ne peuvent être méritoires et agréables à Dieu, qu'autant qu'elles sont animées par la charité. Rigoureusement parlant, on satisfait à l'obligation de la pénitence, pourvu qu'on fasse l'œuvre commandée, alors même qu'on serait en état de péché mortel. Mais, dans ce triste état, si on acquitte sa dette, on ne mérite pas la grâce de Dieu. On est comme un débiteur qui paie ce qu'il doit, mais sans pouvoir acquérir l'amitié de son créancier ni rentrer en grâce avec lui.

RÉCAPITULATION PRATIQUE

1°) Recevez avec soumission la pénitence qui vous est imposée, et avec un dessein véritable de l’accomplir.
2°) Accomplissez-la fidèlement au temps et à la manière qui vous seront prescrits.
3°) Offrez à Dieu vos peines et vos travaux en satisfaction de vos péchés.
4°) Faites tout ce qu’il faut pour satisfaire au prochain et réparer les tors que vous lui aurez causés.
5°) Priez le Seigneur de vous donner la force et le courage de remplir ces obligations.

TRAITS HISTORIQUES

David ayant commis deux grands crimes, un adultère et un homicide, Dieu lui envoya le prophète Nathan pour lui mettre son péché devant les yeux. David s'humilia et confessa qu'il avait péché. Le prophète l'assura, de la part de Dieu, que le Seigneur avait transporté son péché; mais il ajouta que, malgré son absolution, le scandale qu'il avait donné devait être expié par la mort du fruit de son adultère. En effet, David perdit l'enfant qui lui était né de Bethsabée. La suite de sa vie fut traversée par la division de ses propres enfants, dont un osa même se révolter contre lui; et tous ces maux lui arrivèrent, selon la prédiction du prophète, pour expier le péché qu'il avait commis, quoique Dieu le lui eût pardonné.

Quoique Dieu eût pardonné à Moïse la défiance qu'il avait témoignée aux eaux de contradiction, en frappant deux fois le rocher en disant au peuple: « Écoutez, hommes rebelles et incrédules, pourrons-nous vous faire sortir de l'eau de ce rocher ? » Il l'en punit néanmoins en lui refusant la consolation d'entrer dans la terre promise (Nombres, XX, 12-12). — Ces exemples et beaucoup d'autres que nous pourrions citer prouvent que Dieu, après avoir pardonné les péché, exige du pécheur une peine temporelle.

PRIÈRES

Mon Dieu, je vous demande toutes les grâces dont j'ai besoin, et plus particulièrement la grâce de ne vous offenser jamais par le péché mortel.

Mon Dieu, je viens d'apprendre à quel prix vous daignez me pardonner mes péchés. Que vous êtes bon de vous contenter d'une satisfaction si légère pour moi, à la place des peines éternelles que je mérite. Oui, Seigneur, je me soumets avec reconnaissance à ce que vous m'imposerez par le sacrement de la reconciliation. Je vous la dois, car c'est un devoir de justice. Veuillez m'aider à accomplir ma satisfaction afin de retrouver mon âme pure et ainsi gagner l'éternité bienheureuse où j'espère parvenir par la voie des tribulations expiatoires que vous m'envoyez ici-bas. Ainsi soit-il.


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