Prieres et spiritualite

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Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Église
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Église
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Église :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandements
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

SOIXANTE-SEPTIÈME LEÇON


LA CONFESSION

D : Qu'est-ce que la confession ?
R : C'est une accusation de tous ses péchés, faite à un prêtre approuvé, pour en recevoir l'absolution.

En confessionLe mot confession signifie l'aveu, la déclaration que l'on fait de quelque chose.
La confession est :
1°) une accusation, c'est-à-dire une déclaration de ses fautes, faite avec humilité et componction devant Dieu, et en présence du prêtre qui tient sa place.
2°) Une accusation de tous ses péchés, dont on s'est rendu coupable par pensées, par paroles, par actions et par omissions.
3°) Faite à un prêtre, parce qu'il n'y a que les prêtres qui aient le pouvoir de remettre les péchés, pouvoir qu'ils tiennent de Jésus-Christ, qui l'a donné à ses apôtres et à leurs légitimes successeurs.
4°) Faite à un prêtre approuvé. Car il ne suffit pas d'être prêtre pour remettre les péchés ; il faut de plus, pour que l'absolution soit valide, avoir reçu l'approbation ou autorisation de l'évêque légitime.
5°) Pour en recevoir l'absolution. Tel est le but qu'on se propose en se confessant. On ne va pas au tribunal de la Pénitence pour raconter ses malheurs, pour chercher un soulagement à ses peines ; ces motifs sont trop humains ; mais pour obtenir une sentence de miséricorde et de rémission (se réconcilier avec Dieu). Et voilà la grande différence qu'il y a entre la Justice Divine et la justice humaine. Celle-ci condamne impitoyablement celui qui a commis une faute, quelque repentant, qu'il se montre ; celle-là lui pardonne au nom de Dieu et lui ouvre le ciel (Ps. XXI, 5), en l'aidant — avec le soutien de Notre Seigneur Jésus-Christ — à ne plus retomber dans les mêmes péchés.

D : La Confession est-elle de droit divin ?
R : Il est de foi qu'elle a été instituée et ordonnée par Jésus-Christ.

Pour bien nous convaincre que c'est Jésus-Christ Lui-même qui a établi la loi rigoureuse et universelle de la Confession, nous n'avons qu'à consulter le double dépôt de la révélation, je veux dire, l'Écriture sainte et la tradition.

Et d'abord, ouvrons le saint Évangile ; nous y lisons ces paroles admirables, que Notre-Seigneur adressa aux apôtres : « Comme mon Père m'a envoyé, ainsi moi je vous envoie. […] Recevez l'Esprit-Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » (St Jean, XX, 21-23). Par là, nous voyons que Jésus-Christ a donné à ses apôtres, et, en leur personne, à leurs légitimes successeurs le double pouvoir de lier et de délier, de remettre les péchés et de les retenir, de condamner et d'absoudre ; il les a établis juges des consciences.
Consultons maintenant la tradition, c'est-à-dire voyons ce qu'ont pensé de la Confession, les Pères, les docteurs de l'Église, ces hommes si éminents en sagesse, ces savants interprètes de l'Évangile. Remarquons d'abord que nous trouvons l'usage de la Confession établi dès les temps apostoliques. Il est dit aux Actes des apôtres qu'une multitude de fidèles venaient trouver Saint Paul, confessaient et accusaient leurs péchés (Actes, XIX, 18). « Si nous confessons nos péchés, Dieu, juste et fidèle dans ses promesses, nous les remettra » (I Jean, I, 9). En suivant le cours des âges, nous entendons au premier siècle de l'ère chrétienne, saint Clément, disciple et successeur de saint Pierre, qui s'exprime ainsi : « Que celui qui a soin de son âme ne rougisse pas de confesser ses péchés au prêtre qui préside, afin qu'il en reçoive la guérison par la parole de Dieu et par un conseil salutaire. »

D : Pourquoi Jésus-Christ a-t-il voulu que nous fissions l'aveu de nos fautes à un prêtre, homme comme nous  ?Pourquoi ne pas se confesser tout simplement directement à Dieu ?
R : Jésus-Christ a voulu obliger les pécheurs à s'accuser eux-mêmes devant les prêtres :
1°) pour détruire le péché jusque dans sa racine ;
2°) pour donner des remèdes plus appropriés à l'état de chaque pénitent ;
3°) pour mieux nous diriger dans la voie du salut.
4°) pour nous préserver des rechutes.
5°) pour nous faire mieux expier nos fautes.
6°) À cause des avantages innombrables qui en résultent soit pour la société en général, soit pour les familles et les individus en particulier.

ConfessionNous disons que Jésus-Christ a établi la Confession :
1°) Pour détruire le péché jusque dans sa racine. Quel est, en effet, le principe de toutes nos iniquités  ?C'est l'orgueil. En se livrant au mal, l'homme s'est révolté contre Dieu ; il a voulu, comme Lucifer, se rendre semblable au Très-Haut et ne dépendre que de lui-même. Eh bien ! lui dit le Seigneur, si tu veux obtenir le pardon de ton orgueilleuse désobéissance, il faut te soumettre à l'homme ton semblable. C'est ainsi que la Confession fait rentrer le pécheur dans l'ordre.
2°) Pour donner des remèdes plus appropriés à l'état de chaque pénitent. Il en est des maladies de l'âme comme de celles du corps. Comme elles naissent de diverses causes, elles présentent aussi des caractères divers, et on doit employer contre elles divers moyens curatifs ; et c'est aux prêtres à les varier selon les circonstances, selon l'état, les facultés et les inclinations de chaque pénitent. Car le confesseur n'est pas seulement juge, il est encore médecin des consciences, appliquant sur les blessures de l'âme l'huile et le baume, et aussi le fer et le feu, si le cas l'exige, afin que la guérison soit plus prompte, plus sûre, ou plus parfaite.
3°) Pour mieux nous diriger dans la voie du salut. Il est beaucoup de cas embarrassants, où l'on ne sait quel parti prendre et où l'on ne peut se décider par soi-même. Or, le prêtre, au saint tribunal, exerce l'office de docteur en lui donnant des règles de conduite. Ami sage et prudent, il lui montre les obstacles que l'âme doit surmonter, les pièges qu'elle doit éviter ; guide fidèle, il lui indique le chemin qu'elle doit suivre, soutient sa faiblesse, stimule sa lenteur, l'arrête dans sa précipitation, lui tend une main secourable, si elle fait quelque faux pas, et l'empêche, autant qu'il est en lui, de dévier de la droite ligne du devoir et de la vertu.
4°) Pour nous préserver des rechutes. Le meilleur frein que Notre Seigneur Jésus-Christ nous donne contre la fougue des passions, c'est l'obligation de se confesser. Y a-t-il rien de plus capable de réprimer les désirs qui nous conduisent à pécher et de nous arrêter sur la pente du mal, que cette seule pensée : Il me faudra déclarer ce péché  ?La honte attachée à l'accusation de ses fautes, si elle n'en tarit pas entièrement la source, à cause de la faiblesse et de la malice des hommes, est du moins bien propre à en diminuer le nombre. Combien de personnes de tout âge, de tout sexe ne doivent qu'à la Confession de s'être conservées ou affermies dans la pureté et l'innocence ! Combien d'autres surmontent encore tous les jours les plus violentes tentations, face à cette pratique salutaire ! Et, lorsqu'on l'abandonne, il ne tarde pas à se dérégler, et il n'est pas d'abîme où l'on ne soit exposé à tomber.
5°) Pour nous faire mieux expier nos fautes. Car il en coûte d'aller se prosterner aux pieds d'un homme, de lui découvrir toutes ses faiblesses, tout ce qu'il y a de gâté et de corrompu dans le cœur ; or l'humiliation qu'on ressent à faire un aveu si pénible, sert à expier ses péchés en partie.
6°) À cause des avantages innombrables qui en résultent soit pour la société en général, soit pour les familles et les individus en particulier ; nous allons les parcourir rapidement.
a) Pour les individus. En réconciliant le pécheur avec Dieu, elle le réconcilie en même temps avec lui-même. C'est ici une vérité d'expérience : quand on a confessé ses péchés, il semble qu'on s'est ôté de dessus le cœur un fardeau insupportable ; on respire plus à son aise ; le calme, la sérénité succèdent aux troubles, aux orages de la conscience ; une onction céleste se répand dans l'âme ; et, quand le prêtre du Seigneur a dit : « Je vous absous, allez en paix », on se sent tout changé, tout renouvelé ; on éprouve un indicible contentement. Sans la Confession, sans cette assurance qu'elle lui donne d'obtenir le pardon de ses péchés, que deviendrait un grand pécheur  ?Oserait-il lever les yeux vers le ciel, qu'il a tant de fois indignement outragé  ?Et que de fois peut-être il terminerait sa vie dans un horrible désespoir de n'avoir jamais demandé pardon à Dieu pour les péchés qu'il a commis ! Mais, au tribunal de la Pénitence, il se trouve un ami qui le console, qui lui ouvre tous les trésors de la miséricorde divine, et qui, faisant couler sur lui le sang de Jésus-Christ, purifie son âme de toutes ses taches et lui rend sa blancheur et sa beauté première.
La Confession, qui guérit les âmes, exerce aussi quelquefois une salutaire influence sur la santé du corps, parce qu'en nous obligeant à mettre plus de régularité dans la conduite, elle nous préserve de ces excès qui détruisent les sources de la vie même. Aussi un célèbre docteur protestant du 19ème siècle n'a pu s'empêcher de dire que la religion et les pratiques qui en découlent sont importantes aux médecins eux-mêmes (M. le docteur Badel, de Genève, “Réflexions médico-théologiques sur la Confession”). L'auteur appuyé sur ses observations personnelles y démontre fort bien que, chez les catholiques, l'âme, après la confession, délivrée de ses fatigues et de ses remords, réagit sur le corps de la manière la plus heureuse, et que les remèdes ordonnés au malade par la médecine produisent alors beaucoup mieux leurs effets. Au siècle dernier, un autre médecin protestant, le Dr Tissot, avait déjà fait la même remarque. II fut appelé un jour auprès d'une jeune femme très dangereusement malade. Elle était en proie à une violente douleur. Mourir si jeune, et quand la vie pouvait avoir pour elle tant de charmes et de bonheur lui paraissait affreux, et l'infortunée se tordait convulsivement dans les étreintes du désespoir. L'illustre médecin jugea tout de suite la gravité du mal, et en homme religieux qu'il était, il avertit les personnes qui entouraient la malade qu'il était temps de songer pour elle à appeler un prêtre. Le prêtre arrive, la malade se confesse, et aussitôt un merveilleux changement s'opère dans son moral : ses terreurs s'apaisent, la confiance renaît dans son âme ; elle s'abandonne avec une douce et pieuse résignation aux volontés de la Providence, et quelques jours après sa guérison était complète. Ce qui arrachait au Dr Tissot ce cri d'admiration : « Quelle est donc la puissance de la confession chez les catholiques ? »
Saint François d'Assiseb) La confession entretient l'union entre les époux, elle est le meilleur moyen de tenir les enfants dans la soumission et le respect, d'inspirer la fidélité dans le couple.
c) Pour la société, elle prévient une infinité de crimes et de scandales : elle conserve l'autorité des magistrats, contribue au maintien du bon ordre, arrête le libertinage, détourne du larcin, et fait rendre le bien mal acquis.
Le philosophe Jean-Jacques Rousseau disait que sans la confession, les villes et les campagnes seraient mille fois plus corrompues et plus infectées de toute sorte de vices ; c'est ce qui se remarque aujourd'hui où la confession a été pratiquement abolie dans l'Église. Et, que dire en voyant la licence augmenter chaque jour, les désordres se multiplier au point que le bouleversement total de la société est sans précédent !
En un mot, les avantages de la Confession sont si évidents qu'on doit mettre le précepte que Jésus-Christ en a fait, au nombre des plus grands bienfaits, dont il a plu à ce divin Sauveur de gratifier les hommes. On peut la regarder en toute vérité comme un chef-d'œuvre de la sagesse et de la miséricorde divine.

D : La confession est-elle nécessaire ?
R : Oui, la confession est nécessaire pour recevoir le pardon de ses péchés.

La confession ayant été instituée par Jésus-Christ Lui-même, ainsi que nous l'avons démontré, et ce divin Sauveur en ayant imposé l'obligation à quiconque s'est rendu coupable de péché mortel, il s'ensuit qu'elle est absolument nécessaire pour se réconcilier avec Dieu ; à moins que, se trouvant dans l'impossibilité de se confesser, on n'en ait le désir sincère, accompagné d'un acte de contrition parfaite.
Le précepte divin de la confession sacramentelle oblige tous ceux qui sont tombés dans le péché mortel après le baptême (Concile de Trente, 14ème session du 25 novembre 1551, chapitre 5, canon 7). Mais quand ce précepte devient-il obligatoire  ?Il oblige directement, par lui-même, le pécheur qui est à l'article de la mort, ou dans un danger probable. Ainsi, le temps d'une maladie grave, un voyage périlleux ou de long cours, l'approche d'une opération dangereuse, d'un accouchement qui doit être laborieux, sont autant de circonstances où le précepte de la confession oblige plus ou moins strictement, suivant que le danger est plus ou moins grand, plus ou moins pressant. En outre, plusieurs Docteurs de l'Église pensent que celui qui est en état de péché mortel est tenu de se confesser avant d'administrer quelque sacrement, ou de recevoir un sacrement des vivants, autre que celui de l'Eucharistie.

D : La confession a-t-elle toujours été en usage ?
R : Oui, depuis les apôtres jusqu'à nous la confession a toujours été en usage, même parmi les anciens hérétiques.

Nous l'avons vu, les Actes des Apôtres (XIX, 18) mentionnent l'usage de la confession par premiers chrétiens. Descendons de là jusqu'à nos jours : en traversant tous les âges de l'antiquité sacrée, nous trouvons la confession partout établie et pratiquée partout, même parmi les anciens hérétiques.

D : Comment savez-vous que la confession a toujours été en usage ?
R : Je le sais par le témoignage de tous les anciens Docteurs chrétiens et des auteurs hérétiques eux-mêmes.

L'obligation de confesser ses péchés pour en obtenir le pardon de Dieu découle essentiellement du pouvoir judiciaire confié par Jésus-Christ à ses apôtres, comme nous l'avons démontré. Saint-Bernard, mort en 1153, Saint-Anselme, mort en 1109, Saint Sidoine, évêque de Clermont, mort en 489, Saint-Grégoire le Grand, mort en 604, Saint Augustin, mort en 430, Saint-Jérôme, mort en 420, Saint-Grégoire de Nysse, mort vers l'an 400, Saint Cyrille de Jérusalem, mort en 386, Saint Basile, mort en 379, Saint Athanase, mort en 373, Saint Cyprien, mort en 258, Origène, mort en 253, Tertullien, mort en 245, tous ont laissé des écrits sur la confession ; il en est de même de saint Clément de Rome, autour du 1er siècle, qui dans sa lettre à saint Jacques, s'exprime ainsi : « Que celui qui a le soin de son âme ne rougisse point de confesser ses péchés à celui qui préside, afin qu'il en reçoive la guérison par la parole de Dieu et par un conseil salutaire. »
En voilà assez comme preuves pour vous faire voir que le précepte de la confession était connu bien avant le quatrième concile de Latran ; que ce précepte a toujours existé dans l'Église catholique, et que le concile dont il s'agit, en ordonnant à tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe de confesser leurs péchés au moins une fois chaque année, ne leur a point imposé un joug nouveau, mais qu'il n'a fait que régler et déterminer le temps où il fallait satisfaire à un précepte que Dieu Lui-même a imposé aux pécheurs.

D : La confession n'a donc pas été établie par les hommes ?
R : Non ; jamais les hommes n'auraient pu faire accepter une pratique qui ne laisse pas d'être pénible ; et d'ailleurs, s'ils avaient fait cette innovation depuis les apôtres, on en devrait trouver au moins quelques vestiges dans l'histoire.

Il en coûte tant à l'amour-propre de s'avouer coupable, cet aveu répugne tellement à notre orgueil, que jamais les hommes n'auraient pu faire accepter une pratique aussi pénible que la confession ; et si l'on s'est soumis à cette loi, c'est parce qu'on était persuadé qu'elle venait d'En-Haut et que c'était Dieu Lui-même qui l'imposait aux pécheurs.

D : À partir de quel âge est-on dans l'obligation de se confesser ?
R : Dès qu'on a atteint l'âge de raison, c'est-à-dire vers les 7 ans.

Voici ce que dit le quatrième Concile de Latran, chapitre 21, sur l'obligation de se confesser : « Tout fidèle de l'un et l'autre sexe, après avoir atteint l'âge de raison, confessera personnellement et fidèlement tous ses péchés au moins une fois par an à son curé. » Ainsi, aussitôt que les enfants savent discerner le bien d'avec le mal moral, on doit les attirer au tribunal de la Pénitence, ne fut-ce que pour leur apprendre à se confesser, et leur faire contracter de bonne heure l'habitude de la confession. On sent toutefois qu'il est impossible de fixer une époque qui convienne à tous les enfants du même âge ; car l'âge de discrétion varie infiniment dans les différents enfants : il dépend beaucoup de l'esprit, du caractère, de l'éducation et des circonstances où ils se sont trouvés.

Saint Bruno en priereD : N'est-il pas bien dur et bien humiliant d'aller se mettre à genoux aux pieds d'un homme ?
R : Non, parce que le confesseur n'est plus un homme ordinaire, mais le mandataire et le délégué de Jésus-Christ.

N'est-il pas bien dur et bien humiliant d'aller se mettre à genoux aux pieds d'un homme  ?— Dieu le veut ainsi, c'est à nous de nous soumettre et d'obéir.
Outragé par nos révoltes, Il nous offre le pardon ; mais auparavant Il exige de nous une chose : c'est que, avec un cœur contrit et humilié, nous fassions à l'un de Ses ministres l'aveu de nos fautes. Avons-nous le droit de nous plaindre  ?Ne devons-nous pas, au contraire, bénir sans cesse la clémence et la miséricorde de Dieu qui veut bien, à ce prix, nous rendre son amitié et ses bonnes grâces  ?Loin de nous plaindre, nous devrions être pénétrés des sentiments de la plus vive reconnaissance envers Dieu. Oui, Il vous pardonne ; Il ne vous impose qu'une condition, c'est que vous accuserez vos fautes à l'un de Ses prêtres.
Pourquoi le fait de se mettre à genoux pourrait-il être regardé comme humiliant  ?Le prêtre à qui vous confiez vos fautes n'est plus un homme ordinaire ; c'est le ministre de Dieu tout-puissant ; c'est le mandataire et le délégué de Jésus-Christ, et c'est à Jésus-Christ Lui-même que vous vous adressez dans la personne de Son représentant. Comprenez bien que lorsque vous confessez vos péchés, ce n'est pas au prêtre que vous faites l'aveu de vos péchés, mais à Dieu tout-puissant, dont vous implorez la clémence et la miséricorde ; vous vous transportez par la pensée au milieu de la Cour suprême de votre Juge qui a les yeux fixés sur vous, oubliant l'homme qui vous entend, vous n'envisagez que Celui qui a tout vu de vos péchés, tout entendu, et qui sait déjà le fond de votre cœur.

D : Quelles qualités la confession doit-elle avoir pour être bonne ?
R : Quatre : elle doit être entière, humble, simple et prudente.

Convaincus désormais de la nécessité de la confession pour vous réconcilier avec Dieu, vous devrez sans doute savoir quelles qualités elle doit réunir pour être bonne. On peut les réduire à quatre : la confession doit être humble, courte, sincère et entière. Ces quatre qualités ne sont pas essentielles au même degré ; on peut manquer de brièveté en se confessant et ne pas faire pour cela une confession sacrilège ; mais si l'on se confesse sans humilité, si l'on déguise les péchés mortels que l'on a commis, ou si l'on ne les accuse pas tous, non seulement on n'en reçoit pas la rémission, mais on profane le sacrement de pénitence.

D : Pourquoi dites-vous que la confession doit être entière ?
R : C'est que si l'on omettait volontairement l'accusation d'un seul péché mortel, la confession serait nulle et on commettrait un sacrilège.

Il ne suffit pas de confesser certains péchés mortels, il faut les déclarer absolument tous, sans aucune exception. Le prêtre, au tribunal de la Pénitence, exerce les fonctions de juge et de médecin. Or, si on ne lui fait un aveu exact et détaillé de toutes les fautes qu'on a commises, comment pourra-t-il juger de la gravité du mal, et garder l'équité dans les peines qu'il impose  ?Comment pourra-t-il ordonner les remèdes convenables  ?La médecine ne peut guérir les maux qu'elle ne connaît pas. Aussi voyez avec quel soin les malades découvrent leur mal à leur médecin. Pareillement, nous devons dévoiler à notre confesseur toutes les blessures de notre âme.

Manquer de sincérité en confession, c'est mentir à l'Esprit-Saint. Le saint concile de Trente a expressément lancé l'anathème contre quiconque dirait qu'il n'est pas nécessaire de droit divin de confesser tous et chacun des péchés mortels, dont on a le souvenir, après un soigneux examen.

Remarquons toutefois que la confession n'est nulle et sacrilège qu'autant qu'on cache un péché mortel volontairement, c'est-à-dire par malice, par crainte ou par honte, ou faute d'un examen suffisant. Quant à un péché qu'on omettrait d'accuser par un oubli tout à fait involontaire, il serait remis indirectement avec les autres. Mais bien que les péchés, qui échappent à la mémoire, n'empêchent pas l'effet de l'absolution, il reste toujours l'obligation de s'en confesser, dès qu'on s'en souvient.

Il n'est pas moins nécessaire d'exprimer le nombre. L'aveu de tous les péchés est la condition à laquelle le pardon est attaché ; le pénitent doit donc, pour l'obtenir, porter au tribunal du confesseur ses péchés tels qu'il les connaît. Ainsi, en confession, il ne suffit pas de dire : J'ai parlé mal du prochain ; j'ai menti... ; j'ai manqué au précepte de l'abstinence ; j'ai désobéi â mes parents ; il faut aussi dire combien de fois vous avez parlé mal du prochain, combien de fois vous avez menti, etc. Il faut éviter également de vous servir de ces formules si usitées : j'ai commis tel péché huit ou dix fois ; je l'ai commis six fois plus ou moins ; je l'ai commis plusieurs fois, souvent, rarement, etc. De pareilles formules sont trop vagues, présentent une idée trop indéterminée, et ne sont suffisantes que lorsqu'on ne peut rien trouver de plus précis relativement au nombre.
Si l'on était tombé si souvent dans un tel ou tel péché, qu'il fût impossible de se rappeler combien de fois on l'a commis, il faudrait au moins dire le temps qu'on est resté dans l'habitude de ce péché, et combien de fois à peu près on le commettait par jour, par semaine ou par mois. On s'accusera, par exemple, d'avoir conservé de la haine pendant un an contre une personne, et d'en avoir voulu tirer vengeance toutes les fois qu'on pensait à cette personne, ce qui arrivait presque tous les jours. Voyez avec quelle attention, avec quelle exactitude scrupuleuse un malade explique son mal physique à un médecin : il fait violence à sa douleur, il lui en expose les commencements et les progrès, il se sert des termes les plus clairs ; il ne cache, il ne déguise rien de ce qu'il croit pouvoir contribuer à faire connaître sa maladie, afin d'en obtenir la guérison. Voilà précisément le modèle qu'il faut suivre toutes les fois que vous allez vous confesser. Vous devez découvrir votre cœur tout entier à votre confesseur, vous devez lui exposer non-seulement vos maladies spirituelles, mais encore leurs causes et leurs progrès ; en un mot, lui faire connaître sans aucun détour le véritable état de votre conscience et les plaies de votre âme, afin qu'il en puisse juger sainement et y apporter les remèdes convenables.

Malgré toutes ces considérations, vous ne pouvez peut-être encore vous décider à confesser vos péchés. Vous vous dites : « mon pêche est trop grand, trop abominable, pour que je puisse le confesser. » Ce péché est trop grand ! Qu'en savez-vous  ?Peut-être ce n'est qu'une bagatelle. C'est souvent une ruse du démon de grossir comme des montagnes les plus petites choses ; il représente quelquefois comme des monstres des fautes qui ne sont presque rien, afin de fermer la bouche aux pénitents et de les jeter dans le sacrilège. Quand le démon veut porter quelqu'un au mal, il s'efforce toujours de lui persuader que ce n'est rien, qu'on s'en confessera facilement, qu'on en obtiendra aisément le pardon ; et, une fois le péché commis, il le montre comme une abomination impardonnable, comme un excès tel qu'on ne peut se résoudre à le confesser. Mais, supposé que votre péché soit aussi grand que vous vous le figurez, il n'en est que plus nécessaire d'en faire l'aveu. Plus il est énorme, plus il faut vous hâter de vous en débarrasser ; et quand vous l'aurez déposé au sacré tribunal de la Pénitence, vous serez vous-même tout étonné de vous être laissé un instant arrêter par une difficulté, qui n'existait que dans votre imagination.

Saint Aiphonse de LigorieAutre difficulté qu'ont certains fidèles pour se décider à se confesser, c'est de se dire : « quelle idée aura de moi le confesseur  ?Il sera tout étonné ou scandalisé de ce que je lui dirai. » — Non, non, votre péché ne le surprendra pas. Croyez-vous qu'il ne sache pas quelle est la fragilité humaine, et jusqu'où peut aller la corruption de notre cœur ! Mille et mille fois peut-être, on lui a confessé le même péché qui cause votre crainte à vous confesser. La déclaration que vous lui en ferez, ne sera donc pas aussi nouvelle pour lui que vous vous l'imaginez.
Ce qu'il pensera de vous ! Eh ! Que vous importe l'estime d'un homme, pourvu que vous recouvriez l'amitié de Dieu  ?C'est une crainte chimérique de croire que votre confesseur aura mauvaise opinion de vous. Il sera touché de voir que vous ouvrez votre cœur à Dieu en vous approchant du saint tribunal dans le but de vouloir guérir votre âme et le prêtre sera très touché de la confiance dont vous lui témoignez pour être le médecin de votre âme. Tout en plaignant votre malheur, il louera à Dieu votre sincérité, et, par cette déclaration qui vous aura tant coûté à faire, il verra que vous avez un vrai désir de sauver votre âme. Il dira : voilà un enfant, voilà une jeune personne, voilà un homme, une femme qui s'accuse bien de ses fautes, qui veut revenir sincèrement à Dieu. Quelle idée, au contraire, voulez-vous qu'il ait de ceux qui ne se confessent jamais ou qu'à demi ; auxquels il faut, pour ainsi dire, arracher les aveux. A des personnes d'un tel caractère pourra-t-il accorder son estime ?

Parfois, aussi, on a du mal à se confesser car on ne sait pas exprimer sa faute, en un mot on ne sait pas par où commencer. Si c'est là votre unique embarras, priez le confesseur de vous aider. Dites-lui : « j'ai une chose qui me gêne ; j'ai une grande peine de conscience, etc. ; » et le confesseur ne négligera rien, pour arracher l'épine qui tue votre âme ; par de charitables et prudentes interrogations, il amènera votre faute sur vos lèvres, et remettra la tranquillité dans votre cœur.

Que rien donc ne vous arrête, confessez simplement, ingénument tous vos péchés, sans quoi vous profanerez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, vous accumulerez sacrilèges sur sacrilèges, et petit à petit vous finirez par tomber, hélas, dans l'impénitence finale.

D : Que faut-il faire pour que la Confession soit entière ?
R : Il faut examiner soigneusement sa conscience avant que de se confesser.

Il est impossible de se souvenir tout à coup des péchés que l'on a commis, surtout si on ne s'est pas confessé depuis un certain temps. Il faut donc rentrer en soi-même et fouiller dans tous les replis de sa conscience. Le soin qu'on doit apporter à cet examen doit être proportionné à la capacité du pénitent, et à la longueur du temps qui s'est écoulé depuis la dernière confession. Si, faute d'une attention suffisante, on oublie des fautes graves, on est aussi coupable que si on les cachait par dissimulation ; mais, quand on a apporté à son examen une diligence raisonnable, telle que celle qu'un homme prudent a coutume de mettre à une affaire importante, on peut être tranquille, avec la grâce de Dieu on y arrive.
 

D : Quand est-ce que la Confession est humble ?
R : Quand elle est accompagnée d'un extérieur modeste, d'une confusion salutaire, et qu'on ne cherche point d'excuse.

L'humilité, voilà la vertu des pénitents qui, en se présentant au prêtre, doivent rester humbles pour confesser leurs fautes. Ils doivent :
1°) Être humbles de cœur : le pécheur doit s'humilier aux pieds du prêtre qui, au confessionnal, est le représentant de Notre Seigneur Jésus-Christ. « Le sacrifice que Dieu désire est un esprit brisé de douleur : Vous ne dédaignerez pas, ô Dieu, un cœur contrit et humilié » (Ps. 50, 19).
2°) Être humbles de corps : Il faut qu'il n'y ait rien dans l'extérieur qui tienne de l'air du monde. Aussi, quel que soit le rang social du pécheur, il doit s'humilier pour trouver grâce devant Dieu. Il faut donc qu'il dépose à la porte du tribunal sacré tout le pompeux appareil de son rang qu'il tient dans la société des hommes.
3°) Être humbles dans le maintien : en se confessant, le pécheur doit se tenir à genoux, les mains jointes et les yeux baissés, ayant le visage et tout le maintien empreints d'une confusion salutaire, qui fasse juger qu'il a ses fautes en horreur. On ne doit pas s'approcher du tribunal de la Pénitence avec un air évaporé, la gaieté sur le front, tout souriant, car cet extérieur serait un manque de respect au sacrement, qui rendrait le pécheur plus coupable, alors qu'il devrait s'exciter à la contrition.
4°) Être humbles dans le langage : il en est qui font la confession du pharisien, lequel se vantait devant le Seigneur de ses bonnes œuvres. Mon père, disent-ils, je ne jure pas, je ne blasphème pas, je n'ai fait tort à personne ; je dis souvent le rosaire, j'assiste à la messe tous les jours. — Fort bien ; mais allez-vous donc à confesse pour faire votre éloge  ? Sont-ce vos bonnes qualités ou vos péchés, qui doivent être la matière de l'absolution  ?Prenez garde que l'orgueil ne vous suive jusqu'au saint tribunal de la Pénitence, et ne vous fasse perdre le fruit de votre confession. Le publicain qui disait avec componction : « Seigneur, soyez-moi propice, car je suis un grand pécheur, » s'en retourna justifié, tandis que le pharisien sortit du temple plus coupable qu'il n'y était entré.

Il en est enfin qui ne se contentent pas d'excuser leurs fautes, mais qui osent même les défendre. Que penser donc de ceux qui veulent toujours contester avec leur confesseur, qui refusent de se soumettre à ses avis, à ses décisions raisonnables, qui murmurent sur la pénitence, sur les sacrifices, sur les renoncements, sur les réparations qu'il leur enjoint, qui veulent emporter de force la sentence d'absolution  ?À leur ton fier, ne dirait-on pas quelquefois que c'est le confesseur qui est soumis au pénitent  ?L'humilité doit être la vertu des pécheurs. Un pénitent doit donc écouter son confesseur avec le plus grand respect, lui obéir quand il le reprend, et accepter les remèdes qu'il lui propose pour le salut de son âme. Ajoutons toutefois qu'il est rare que le défaut d'humilité aille jusqu'au péché mortel et jusqu'à rendre la confession nulle ; il est seulement, pour l'ordinaire, un signe d'une faible contrition, et quelquefois aussi une marque que l'on n'en a point.

D : Quand est-ce que la confession est simple et sincère ?
R : Quand on accuse ses péchés comme on les connaît, sans les augmenter ni les diminuer.

La Confession doit être simple et sincère en deux manières :
1°) en ce qu'elle ne doit pas être surchargée de détails inutiles, qui ne font qu'exercer la patience du confesseur, lui faire perdre du temps, et retarder la confession des autres, qui attendent leur tour. La confession doit être courte et simple ; c'est-à-dire qu'il ne faut pas chercher, en déclarant ses péchés, à faire de belles ou longues phrases ni mêler à l'accusation qu'on en fait des circonstances ou des détails étrangers, minutieux, indifférents, qui ne changent rien au péché et ne servent qu'à allonger inutilement la confession, et quelquefois même portent préjudice à certaines âmes bien disposées, lesquelles, ennuyées d'attendre, remettent la confession à un autre temps, puis finissent par abandonner entièrement le tribunal de la Pénitence. On doit se borner à dire, avec le plus de simplicité qu'il est possible, les péchés qu'on a fait, et se renfermer dans ce qu'il est nécessaire d'énoncer pour mettre à nu le fond de sa conscience. Arrivez promptement au fait, et dites simplement :
— « Je m'accuse d'avoir menti cinq ou six fois,
d'avoir volé telle ou telle somme une fois,
d'avoir commis telle ou telle mauvaise action deux ou trois fois. »
Cette manière de se confesser est la plus claire, la plus directe, et la meilleure. Quand un pénitent demande les conseils sur des choses qui n'ont pas de rapport à la confession, le confesseur fait bien de ne lui en donner qu'après l'absolution, ou lorsque la confession est terminée.
2°) en ce qu'elle doit faire connaître les péchés tels qu'on les a commis, sans aucun déguisement, donnant pour certain ce qui est certain, et pour douteux ce qui est douteux, et faisant connaître l'état de la conscience tel qu'il est, sans rien augmenter, sans rien diminuer.
Quand le confesseur, pour mieux connaître la gravité des fautes, adresse quelques questions, on doit lui répondre en toute sincérité et franchise.

D : Quand est-ce que la confession est prudente ?
R : Quand on se confesse en termes honnêtes, et qu'on ne découvre pas les péchés d'autrui.

On doit éviter en confession toute parole grossière, inconvenante. Cependant la réserve dans les mots ne doit pas empêcher de faire connaître parfaitement au confesseur le péché dont il s'agit.
Pour que la confession soit prudente, il faut encore ne pas découvrir les péchés d'autrui. Vous n'entrez pas au tribunal de la Pénitence pour faire la confession des autres, mais pour faire la vôtre. Dire les péchés d'autrui, c'est une médisance, qui n'est pas plus permise en confession qu'ailleurs. Voilà cependant le défaut où tombent bien des personnes, qui ont toujours à dire mille choses sur le compte des autres, qui commencent toujours par accuser les fautes de leurs parents, de leurs amis, de leurs voisins, sans rien dire de ce qui les concerne, ne faisant, pour ainsi dire, aucun cas de leurs iniquités, pour se charger de celles de leur prochain à l'exemple d'Adam et d'Ève qui faisaient retomber leur péché, l'un sur sa femme et l'autre sur le serpent ; ce qui ne les empêcha pas d'être condamnés tous deux.
Je me suis mise en colère, dira cette femme ; mais c'est à cause du caractère insupportable de mon mari. J'ai blasphémé ; mais c'est parce que j'ai des enfants qui font le tourment de ma vie. — Et le mari dira à son tour : je serais fort à mon devoir, si ce n'étaient ma femme ou mes enfants, qui sont cause de ma perdition. On trouve ainsi mille prétextes pour alléger ses fautes et finalement rejeter ses fautes sur les autres. Celui-ci a volé, mais c'était pour se compenser d'un tort qu'on lui a fait. Celui-là s'est enivré, mais c'est un ami qui l'a forcé à boire trop. Que ces personnes, qui sont ainsi portées à rejeter leurs péchés sur les autres, mériteraient bien la leçon, que donna un jour un confesseur à une femme, qui, pour s'excuser, racontait tout le mal qu'elle savait de son mari :
Eh bien ! lui dit le confesseur, pour vos péchés, vous direz un Salve Regina, et, pour les péchés de votre mari, vous jeûnerez pendant un mois !
Mais faut-il que j'acquitte la pénitence due aux péchés de mon mari ?
Pourquoi donc les accusez-vous ?
Au tribunal de la Pénitence, le coupable doit être à lui-même son propre accusateur, et non son avocat pour se défendre. Si vous vous excusez, dit saint Grégoire, Dieu vous condamnera ; et, si vous vous accusez, Dieu vous excusera.
Vous l'avez bien compris, de telles confessions sont très imprudentes.

LE SECRET DE LA CONFESSION

D : N'y a-t-il jamais à craindre que le confesseur parle de ce qu'on lui a dit en confession ?
R : Aucunement : les lois divines et humaines obligent le confesseur, sous les peines les plus sévères, au plus inviolable secret sur tout ce qu'il a entendu en confession, et il est sans exemple que le secret de la confession ait jamais été violé.

Le secret de la confession, ou l'obligation imposée au prêtre de garder le plus profond silence sur tout ce qu'il ne sait que par la voie de la confession, est aussi appelé sceau, pour marquer que tout ce qu'il ne sait que par cette voie est comme mis sous le sceau.

L'obligation de garder le secret ou sceau de la confession est fondée :
1°) sur le droit naturel, qui veut que le confesseur ne viole pas le secret qui lui est confié, et qu'il remplisse la promesse tacite qu'il en a faite au pénitent en recevant sa confession.
2°) Sur le droit divin. On a toujours compris que Jésus-Christ, en obligeant les pécheurs à ouvrir aux prêtres le fond de leur conscience, a en même temps prescrit à ceux-ci le plus profond secret. Ce secret est d'ailleurs une suite nécessaire de l'institution de la confession, laquelle, sans cela, deviendrait impossible. Que le sceau de la confession puisse être brisé, même dans un seul cas, et c'en est fait de la confession : les coupables s'éloigneraient des tribunaux sacrés ; ils les regarderaient, ces tribunaux, comme des embûches qui cachent un ennemi toujours prêt à les surprendre et à tourner contre eux la candeur de leurs déclarations. Ainsi, plus de sécurité pour les pécheurs, plus de confiance dans les âmes, même les plus timorées : tous craindront de venir confier leur secret à un délateur, plutôt qu'à un père disposé à pardonner au nom du ciel.
3°) Sur le droit ecclésiastique. L'Église ordonne à ses prêtres, sous peine d'anathème, de dégradation et de réclusion perpétuelle, de garder le silence le plus absolu sur tout ce qu'ils ont entendu dans le saint tribunal. Voici ce que dit le 4ème Concile du Latran à propos du secret de la confession : « Il (le prêtre) prendra grandement garde de ne jamais trahir le pécheur par un mot, un signe ou de quelque manière ; mais s'il a besoin d'un avis plus éclairé, il le demandera prudemment sans rien révéler de la personne ; car si quelqu'un osait révéler un péché qui lui a été découvert au tribunal de la pénitence, nous décrétons non seulement qu'il doit être déposé du ministère sacerdotal, mais encore qu'il soit voué, à perpétuité, à faire pénitence dans un monastère de stricte observance. »
Cette loi est générale et n'admet aucune exception. Pour quelque raison, en quelque cas et sous quelque prétexte que ce soit, un confesseur ne peut parler. Quand il s'agirait pour lui de sauver son honneur et sa réputation, ou d'éviter les plus affreux supplices, quand il s'agirait de sa vie, jamais il ne lui serait permis de révéler en aucune manière, soit directement, soit indirectement, la faute même la plus légère qui ne lui serait connue que par la confession.

Le sceau de la confession ne s'étend pas seulement à tous les péchés mortels et véniels, et aux circonstances qui les accompagnent, il embrasse encore les passions, les vices, les imperfections, les tentations, les défauts naturels ou accidentels, la pénitence qui a été imposée, en un mot, tout ce qui n'est connu que par la confession, et dont la manifestation serait de nature à causer de la peine au pénitent et à rendre la confession odieuse et pénible. Il en est de même de certaines choses extraordinaires, quoique favorables au pénitent et honorables en elles-mêmes : ainsi le confesseur ne pourrait pas dire, sans se rendre grandement coupable, s'il ne le savait que par la confession, que telle personne a des révélations, qu'elle pratique de grandes austérités, qu'elle fait d'abondantes aumônes, etc. Tout cela est une conséquence nécessaire et rigoureuse de ce que nous avons déjà dit : le prêtre tient la place de Jésus-Christ ; ce n'est donc point à l'homme qu'on se confesse, mais à Dieu, dans la personne de son délégué. Ainsi le confesseur ne doit pas se souvenir, comme homme, de ce qui lui a été confié dans le tribunal de la pénitence ; il doit garder le silence sur toutes les choses qu'il y a entendues, comme s'il ne les avait pas entendues.

D : Que peut et que doit répondre le confesseur à un juge qui l'interroge sur des choses qu'il ne connaît que par la voie de la confession ?
R : Il peut et doit répondre, même avec serment, qu'il ne sait rien.

Le confesseur ne sait rien comme homme, voilà pourquoi tous les théologiens enseignent qu'il peut répondre, même avec serment, au juge qui l'interroge, qu'il n'a aucune connaissance du délit ou du crime d'un homme accusé par la justice, lorsqu'il ne le sait que par la confession, car, à proprement parler, ce n'est pas à lui qu'on s'est confessé, mais à Dieu ; c'est ce que dit Saint Thomas d'Aquin, dans sa Somme Théologique.
Le théologien Estius, traitant la même matière, observe que, si quelque juge était assez téméraire pour demander à un prêtre si l'accusé ne s'est pas confessé à lui d'un tel délit ou crime, il doit dire tout simplement qu'il ne lui est pas permis de répondre à cette question.

D : Mais s'il s'agissait de l'intérêt général de la société, d'une conspiration contre le chef d'un État, par exemple, ou autres faits grave, un confesseur ne pourrait-il pas, ne devrait-il pas parler ?
R : Non, il a obligation de garder le silence.

Nous l'avons dit, le confesseur ne sait rien comme homme ; dans aucun cas, par conséquent, il ne lui est permis de trahir le secret de la confession ; la moindre indiscrétion, soit directe, soit indirecte, serait contraire à l'essence même du sacrement.

Saint AmbroiseD : Comment le secret de la confession a-t-il été gardé jusqu'à ce jour ?
R : Parce que jamais on n'a entendu dire ou entendu que le secret de la confession a été violé.

Il est dit dans la vie de saint Ambroise, écrite par Paulin, un de ses diacres, que ce pieux évêque répandait beaucoup de larmes en entendant les confessions des pénitents, mais qu'il gardait un profond silence sur tout ce qui lui avait été confié, et ne s'en entretenait qu'avec Dieu seul, pour implorer ses miséricordes. La conduite de saint Ambroise est celle de tous les prêtres qui jusqu'à ce jour ont exercé le ministère de la confession. Assis au confessionnal, ils ont dû tout savoir ; la conscience des coupables a dû leur être présentée à nu ; sortis de là, ils ont tout ignoré, et aucune puissance humaine n'a pu les porter à rompre le silence. Cités devant les magistrats et sommés de parler, ils se sont tus et les magistrats eux-mêmes ont été forcés d'admirer leur fermeté et leur courage. Pour triompher de leur constance, on a eu recours aux menaces les plus terribles, on leur a fait les promesses les plus séduisantes : ils ont ri des menaces, ils se sont moqués des promesses, et leur langue ne s'est pas déliée ; et à l'exemple du saint archevêque de Milan, ils ne se sont entretenus qu'avec Dieu seul de tout ce qui leur avait été confié.

D : N'y a-t-il pas eu des prêtres qui ont eu à choisir entre la révélation du secret de ta confession et la mort ?
R : Oui.
D : Qu'ont-ils choisi ?
R : La mort.

Oui, il y a eu des prêtres, des confesseurs, qui ont eu à choisir entre la révélation du secret de la confession et la mort : ils ont choisi la mort !...
Un mot eût suffit pour les sauver, et ce mot, ils ne l'ont pas prononcé, et leur sang a coulé ! Le premier de ces martyrs est Saint Jean, de la ville de Népomuck, près de Prague, connu dans l'Église catholique sous le nom de Saint-Jean Népomucène. En 1620, Jean Sareander, curé d'HoIeschau, diocèse d'Olmútz (République tchèque), marcha sur les traces de Saint-Jean Xépomucène. À ces deux martyrs du secret de la confession, on pourrait joindre le Père Garnet. Lors de la fameuse conspiration des poudres, il fut arrêté et condamné à être pendu (en 1606) pour n'avoir pas révélé le crime d'État ; il ne le connaissait que par l'aveu que lui en avait fait, sous le sceau de la confession, un des conjurés. Rien ne put le déterminer à rompre le silence, et il marcha au supplice avec courage et intrépidité.
Le secret de la confession a donc été soutenu par le martyre. Le corps de la doctrine chrétienne a été scellé par le sang des martyrs.

D : Le confesseur est-il seul lié par le secret de la confession ?
R : Tous ceux qui, par le moyen de la confession sacramentelle, acquièrent la connaissance d'une chose qui tombe sous le sceau, sont liés, aussi bien que le confesseur, par le secret de la confession.

La confession est sacramentelle lorsqu'elle est faite par le pénitent, dans l'intention de se confesser et de se déclarer coupable à celui qu'il regarde comme exerçant la fonction de confesseur, au nom et par la vertu de Notre Seigneur Jésus-Christ. Or, dès que la confession est sacramentelle, l'obligation du secret lie tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ont connaissance, par le moyen de cette confession, d'une chose qui tombe sous le sceau.
Elle lie, en conséquence :
1°) non seulement le confesseur, mais encore le laïque qui, se faisant passer pour prêtre aurait entendu une confession ;
2°) l'interprète qui sert d'intermédiaire entre le confesseur et le pénitent ;
3°) ceux qui, volontairement ou contre leur gré, ont entendu ce que disait le pénitent dans sa confession ;
4°) ceux que le pénitent consulte relativement à la confession, pour savoir comment il doit s'expliquer ;
5°) ceux qui aident le pénitent dans l'examen qu'il fait pour se confesser ;
6°) ceux qui lisent le papier sur lequel le pénitent a écrit ses péchés. Si l'on vient à trouver un papier de ce genre, oublié ou perdu par un pénitent, on doit en cesser la lecture dès qu'on s'aperçoit de ce dont il s'agit, et le mettre aussitôt au feu (non pas le déchirer ou le jeter tel quel à la poubelle). Tous les théologiens enseignent qu'on pécherait grièvement en le lisant, quand même on l'aurait trouvé par hasard.
Ce que nous venons de dire est fondé sur ce que toutes les personnes dont il s'agit n'ont acquis leurs connaissances que par la confession, d'une manière immédiate ou médiate.

D : Le pénitent est-il tenu aussi au secret de la confession ?
R : Non ; mais il ne doit point, sans motif légitime, parler de ce qui s'est passé dans le tribunal de la pénitence entre lui et son confesseur.

Le secret de la confession n'a été établi qu'en faveur du pénitent ; celui-ci, par conséquent, n'y est pas rigoureusement obligé. Par discrétion, il est conseillé aux personnes qui fréquentent le tribunal de la pénitence de rester discrètes sur leurs confessions. Il est certain que celles qui ont la déplorable manie de parler sans cesse de ce qu'elles ont dit en confession, des questions qui leur ont été faites, des avis qui leur ont été donnés, des pénitences qui leur ont été imposées, etc., deviennent, par l'intempérance de leur langue, la source et l'occasion d'une infinité de péchés, car il est bien difficile de parler de ses confessions et de son confesseur sans qu'il en résulte quelque indiscrétions donnant lieu à mille plaisanteries, à mille suppositions pleines de malignité et d'injustice.

D : Est-on obligé de confesser les péchés véniels ?
R : Il est bon et utile de les confesser ; mais selon le Concile de Trente cela n'est pas absolument nécessaire, parce qu'il y a d'autres moyens d'en obtenir le pardon.

Les péchés mortels sont seuls la matière nécessaire du sacrement de pénitence. En effet, les péchés véniels n'étant pas incompatibles avec l'état de grâce et ne fermant pas entièrement la porte du ciel, on n'est pas strictement obligé de s'en confesser ; cependant on ne saurait trop conseiller malgré tout une confession, car :
1°) Le sacrement de Pénitence a été institué pour remettre tous nos péchés, grands ou petits, et il est, par conséquent, le meilleur moyen de purifier la conscience.
2°) Lorsqu'on se confesse de ses péchés véniels, on apprend à les mieux connaître, on devient plus vigilant pour les éviter à l'avenir, et, en se rendant ainsi plus digne des grâces du Seigneur, on arrive plus aisément à la perfection.
3°) Souvent, il est difficile de distinguer si un péché est mortel ou véniel ; les plus savants Docteurs de l’Église eux-mêmes sont quelquefois embarrassés à ce sujet ; et il ne faudrait pas s'exposer, en omettant un péché grave qu'on prendrait à tort pour léger, à faire une confession nulle et sacrilège.
La prudence, dans une matière si importante, nous conseille d'éclaircir nos doutes, et d'accuser au moins ceux de nos péchés véniels qui nous paraissent les plus volontaires et les plus considérables.

Il faut avoir soin, quand on se confesse des péchés véniels, d'en avoir une sincère douleur, avec un véritable désir de s'en corriger. Ce serait une véritable dérision de s'en confesser avec la volonté de les commettre toujours.

Nous remarquerons ici pour les personnes pieuses, qui n'ont habituellement que des péchés véniels à se reprocher, que, si elles s'en confessaient sans aucune contrition, l'absolution qu'elles en recevraient serait nulle.

Les moyens par lesquels on peut, à part la confession, obtenir le pardon des péchés véniels, sont les actes de contrition ou d'amour de Dieu, les jeûnes, les mortifications et autres bonnes œuvres.

Sacrement de reconciliationD : Suffit-il de confesser tous les péchés mortels ?
R : Il faut encore confesser leur nombre, leurs différentes espèces et les circonstances notablement aggravantes.

Le prêtre, exerçant au tribunal de la Pénitence la double fonction de juge et de médecin de l’âme, doit comme juge être parfaitement instruit de la gravité des fautes et des dispositions du pénitent, afin qu'il puisse lui imposer une pénitence convenable ; comme médecin de l’âme, il doit sonder les plaies de l'âme et connaître toute la profondeur du mal, afin d'y appliquer le remède nécessaire. Or, pour cela, il faut que le pécheur lui ouvre entièrement sa conscience, et lui fasse une confession détaillée. Il ne suffirait donc pas de faire une confession trop vague ; il faut prendre les péchés un à un, et en faire une déclaration circonstanciée. Et d'abord, on doit en accuser :
1°) Le nombre. Il est clair que celui qui a juré, blasphémé, médit vingt ou trente fois, est bien plus coupable que celui qui ne l'a fait qu'une fois. Il faut donc dire combien de fois on est tombé dans telle ou telle faute. Celui qui ne s'est pas confessé depuis des années ou qui ne l’a jamais fait dira le nombre approximatif de fois où il est tombé dans le même péché. De cette manière, le confesseur peut apprécier l'état de la conscience du pénitent. Il faut donc s'en tenir à la méthode qui consiste à dire combien de temps a duré la mauvaise habitude, et combien de fois on y est tombé par jour, par semaine ou par mois.

Il faut encore accuser :
2°) Les différentes espèces de péché.

D : Qu'entendez-vous par les différentes espèces de péché ?
R : J'entends ce qui fait que les péchés changent de nature : par exemple, voler dans l'église est un sacrilège et un péché d'une autre espèce qu'un simple vol.

Tous les péchés ne sont pas de la même espèce. Par exemple, le vol n'est pas de la même espèce que l'homicide. Et même il est des circonstances qui font qu'une même action change de nature, et renferme à elle seule plusieurs péchés, parce qu'elle est opposée ou à plusieurs Commandements, ou à plusieurs vertus, ou à plusieurs devoirs d'une même vertu. Ceci s'expliquera mieux par des exemples : voici une personne qui s'est enivrée ; il a manqué à la vertu de tempérance. Mais c'est un père de famille qui a scandalisé tous ses enfants ; il a péché à la fois contre la vertu de tempérance, contre le quatrième et contre le cinquième commandement.

Enfin il faut accuser :
3°) Les circonstances notablement aggravantes.

D : Qu'entendez-vous par les circonstances notablement aggravantes ?
R : J'entends ce qui rend le péché beaucoup plus grand dans la même espèce : par exemple, voler cinq-cents francs à une personne pauvre est un plus grand péché que si on les avait dérobés à une personne riche.

On entend par circonstances tout ce qui accompagne l'action et en forme comme l'accessoire, comme, par exemple, les motifs, les moyens, l'intention, les suites, etc.
On peut distinguer sept sortes de circonstances, qu'on a réunies dans ce vers :

Qui, quoi, où, à qui, pourquoi, comment, quand.

Qui : circonstance de la personne. Il arrive quelquefois que le péché soit plus ou moins grief, selon la qualité de la personne qui en a été l'auteur, le complice, l'objet, ou la victime. Les péchés d'un père, d'une mère, d'un supérieur, d'un homme en place, d'un prêtre, d'un religieux, peuvent être plus graves, soit en eux-mêmes, soit à cause du scandale qui peut en résulter. Le pénitent est donc souvent obligé de faire connaître son état, sa charge, sa condition, à moins qu'il n'ait rien à se reprocher à raison de ces circonstances ; ce qui arrive très rarement. Par exemple, en cas d'outrages, de médisances, de mauvais traitements, il faut déclarer la qualité des personnes à qui on les a adressés. — En cas de vol, il faut spécifier si on a volé à une personne pauvre, qu'on aurait réduite par là une plus grande pauvreté. — En cas de paroles libres, il faut dire devant qui on les a proférées, et en présence de combien de personnes. Était-ce devant de petits enfants, que Jésus-Christ nous défend si expressément de scandaliser ? Plus il y avait de personnes, plus le péché est grave. Ces diverses circonstances peuvent, non seulement donner un degré plus notable de malice au péché, mais encore en changer l'espèce.

Quoi : qualités accidentelles de l'action, c'est-à-dire qui ne lui sont pas absolument inhérentes, mais qui peuvent quelquefois l'accompagner, comme la quantité, l'importance, la matière, l'intention, les résultats, etc., etc. Exemple : Vous avez volé : est-ce seulement un franc, ou bien mille ? Vous n'avez volé qu'un franc, mais n'aviez-vous pas l'intention de voler bien plus si l’occasion s’en était présentée ? Dans ce cas, votre attente a été trompée, mais vous n'en êtes pas moins coupable aux yeux de Dieu, et vous devez dire : Je m'accuse d’être entré dans une maison dans l'intention de voler une forte somme, quoique par le fait je n'aie volé que cent francs.
Autres exemples : vous avez dit des injures : étaient-elles bien choquantes ? Étaient-elles diffamatoires ? — Vous avez proféré des médisances, des calomnies : quelles en ont été les suites ?N'ont-elles pas porté préjudice ou empêché la personne qui a été en butte à votre mauvaise langue, de trouver un emploi convenable, de contracter un mariage ? — Dans des cas pareils, il est évident qu'il ne faut pas se contenter de dire la faute principale, mais encore toutes les autres qui en découlent, et qui peuvent être encore plus graves que la première.

Où : circonstance du lieu. Avez-vous péché en un lieu saint ou profane ? Les fautes commises dans les endroits bénits ou consacrés à Dieu joignent à leur malice particulière celle du sacrilège. Exemple : entrer dans un lieu consacré habillé d’une tenue indécente.

À qui : circonstance des moyens employés. Vous vous accusez de vous être vengé ? Par quels moyens ? Par la médisance ? Par la calomnie ?Par la violence ? En causant du dommage ?

Pourquoi : circonstance des motifs. Vous avez médit : était-ce par vengeance, ou par démangeaison de parler ?

Comment : circonstance de la manière. Vous avez battu quelqu'un : est-ce seulement un petit coup que vous lui avez donné ou bien lui avez-vous fait une blessure grave ? Est-ce par malice, de propos délibéré, ou par inadvertance, ou dans un petit mouvement de colère ?

Quand : circonstance du temps. Vous avez eu de la haine contre quelqu'un : combien de temps avez-vous gardé cette haine en vous ? Vous avez eu des distractions volontaires, le dimanche, pendant le saint sacrifice : combien de temps ont-elles duré ? La moitié, le tiers, ou le quart de la messe ? Toutes les circonstances du péché ne sont pas importantes ; il suffit de s'accuser de celles qui augmentent notablement la faute. Mais il arrive quelquefois que ce sont précisément celles-là qu'on néglige, tandis qu'on s'étend sur d'autres, qui sont tout à fait insignifiantes. En confession, on ne doit rien dire d'inutile, ni rien déguiser de ce qui peut aggraver le péché. Si on oublie involontairement un péché grave, il ne faut pas pour cela se tourmenter, car Dieu, infiniment miséricordieux, nous tient compte de notre bonne volonté, et, eu égard la sincérité de nos dispositions, il nous pardonne tous nos péchés.

D : Sur quoi faut-il s'examiner ?
R : Sur les commandements de Dieu et de l'Église, sur les péchés capitaux et sur les devoirs de son état.

Les commandements de Dieu et de l'Église étant la règle de nos devoirs, nous devons examiner si nous avons eu soin de nous y conformer. C'est une méthode facile pour bien reconnaître ses fautes que de parcourir chaque précepte, et de voir en quoi on l'a transgressé.

Les péchés capitaux, qui sont les passions que nous portons en naissant, qui croissent avec nous et qui soulèvent si souvent dans nos cœurs les plus violentes tempêtes, nous remettent facilement sous les yeux les divers manquements auxquels nous sommes exposés. Il faut donc que chacun voie quel est en lui le vice dominant. Est-ce l'orgueil ? Est-ce l'avarice ?Est-ce la luxure ? Que chacun considère les ravages que ces penchants désordonnés de la nature corrompue ont faits dans son âme.

Il faut encore examiner si on a été exact à remplir les devoirs de son état. Car autres sont les obligations des pères et des mères, des employés, des employeurs, et autres celles des enfants, des écoliers. Autres celles des juges, des médecins, des avocats, et autres celles des artisans, des agriculteurs ; autres celles des gens mariés, et autres celles des célibataires. Autres celles des prêtres et autres celles des laïques. Chacun doit voir s'il a été fidèle à ce que sa charge ou sa condition lui impose : c’est ce qu’on appelle le devoir d’état.

D : Que faut-il faire pour se souvenir plus aisément de ses péchés ?
R : Après avoir invoqué le Saint-Esprit, il faut penser aux lieux où l’on a été, aux personnes que l'on a fréquentées, aux affaires auxquelles on a été employé, et aux péchés auxquels on est le plus porté.

L'Esprit-Saint lui-même nous avertit que le cœur de l’homme est dépravé et inscrutable (Jéremie, XVII, 9). Il faut donc implorer vivement les lumières d'en-haut.
Qu'on se représente les lieux où l'on a été, spécialement ceux où l’on a l'habitude de commettre quelque faute, comme, par exemple, les cabarets, les cafés, les cinémas ; qu'on se rappelle encore les personnes que l'on a fréquentées, celles avec qui on est obligé de travailler, d'autres dont la rencontre a pu être un sujet de tentation ou de chute ; qu'on remarque enfin les mauvaises habitudes auxquelles on est sujet, les diverses prévarications qui naissent de la passion dominante qu'on nourrit au fond de son cœur ; et alors les péchés que l'on a commis, reviendront dans la mémoire pour faire notre examen de conscience avant une bonne confession.

D : Doit-on déclarer en confession les circonstances du péché ?
R : Il est de foi qu'il y a des circonstances du péché qu'il faut nécessairement déclarer en confession.

C'est ce qui a été défini en ces termes par le saint concile de Trente : « Si quelqu'un dit que, dans le sacrement de pénitence, pour la rémission des péchés, il n'est pas nécessaire, de droit divin, que l’on confesser tous les péchés mortels dont on se souvient après avoir réfléchi comme il se doit et sérieusement, même les péchés cachés et ceux qui sont contre les deux derniers commandements du Décalogue, ni les circonstances, qui changent l’espèce du pêché […] qu'il soit anathème. » (Denzinger, 1707).

Ainsi il est nécessaire, de droit divin, c'est-à-dire en vertu d'une loi portée par Dieu Lui-même, de déclarer au confesseur les circonstances qui changent l'espèce du péché. Comment, en effet, pourrait-il, sans cela, connaître suffisamment l'état de la conscience du pécheur, porter sur lui un jugement prudent et équitable, et lui donner les moyens de se relever ?

D : Donnez-moi un exemple de circonstances qui changent l’espèce du péché ?
R : Par exemple, si l'on vole une chose sacrée, la circonstance de chose sacrée fait que le vol est un sacrilège.

Par exemple : un homme a volé une chose sacrée, ce péché, outre son opposition à la vertu de justice, est opposé à la vertu de religion ; la circonstance de chose sacrée en change l'espèce, ou plutôt ajoute à la malice propre de la faute une malice d'un autre genre ; en sorte que ce n'est plus simplement un vol, mais encore un sacrilège.
On doit donc faire connaître en confession les circonstances qui changent l'espèce du péché, c'est-à-dire, les circonstances qui ajoutent à la malice propre d'un péché une nouvelle malice d'un autre genre.

D : Donnez-moi un exemple de circonstances qui, sans changer l’espèce du péché, en aggravent l'énormité ?
R : Par exemple, si l'on vole une grosse somme, cette circonstance d'une grosse somme augmente notablement la malice du vol.

Outre les circonstances qui changent l'espèce du péché, c'est-à-dire qui ajoutent à la malice propre de la faute une malice d'un autre genre, il en est qui, sans ajouter au péché une malice nouvelle, en augmentent plus ou moins la grièveté et l'énormité. Ainsi le vol d'une grosse somme est un péché plus grave que le vol d'un objet de peu d'importance ; et cependant l'un et l'autre cas, il y a simplement vol, car on suppose qu'il ne s'agit ni d’une chose sacrée ni d'une faute commise dans un lieu sacré.
Vous avez eu de la haine contre le prochain, et vous avez conservé cette haine au fond de votre cœur pendant plusieurs mois, pendant plusieurs années ; voilà encore une circonstance qui, sans donner à votre péché d'opposition avec une autre vertu que la vertu de charité, le rend beaucoup plus grave.

Motifs qui exemptent de l'intégrité de la confession

Saint Martin de PorresL'intégrité de la confession est nécessaire pour que le prêtre puisse faire un légitime usage de son autorité judiciaire.
Lorsque, en raison des circonstances où se trouve le pénitent, on ne peut exiger l'intégrité matérielle de l'accusation, il suffit de l'intégrité formelle ; et cette intégrité existe si le pénitent accuse toutes les fautes qu'il peut et doit accuser, vu les circonstances — en d'autres termes, s'il accuse tous les péchés dont il se souvient ou dont il a conscience et s'il n'en fait aucun par sa faute. Les péchés oubliés sans qu'il y ait faute de la part du pénitent ou non déclarés pour un motif suffisant doivent être confessés aussitôt qu'on le peut opportunément, parce que l'obligation d'assurer l'intégrité matérielle subsiste. Les fautes qui n'ont pas, en pareil cas, été déclarées spécifiquement, sont comprises dans l'accusation formellement complète, mais seulement en général et, par conséquent, elles ne peuvent être remises qu'indirectement, c’est-à-dire par l'infusion de la grâce.

1°) Le premier motif qui dispense de l'intégrité de la confession, est l'oubli involontaire de quelque péché ou de quelque circonstance qui en change l'espèce. Dieu ne commande point l'impossible, et l'homme n'est point toujours maître de ne point oublier. Mais l'oubli ne doit être regardé comme involontaire qu'autant que la confession a été précédée d'un examen. L'obligation de s'accuser de tous les péchés mortels dont on peut, moralement, se souvenir, entraine l'obligation d'examiner sa conscience avant d'entrer au tribunal de la Pénitence.

2°) Pour ceux qui sont privés de l'usage de la parole : il suffît, soit pour la confession annuelle, soit pour celle qu'on est obligé de faire à l'article de la mort, qu'ils expliquent leurs péchés par signes, lors même qu'ils ne pourraient en expliquer qu'un seul, si d'ailleurs ils ne savent ou ne peuvent écrire. Toutefois, il est préférable que celui qui n'a pas l'usage de la parole ait recours à l'écriture ; c'est l'opinion de saint Thomas et de saint Alphonse de Liguori ; la raison qu'on en donne, c'est que celui qui est tenu à une fin, est tenu d'en prendre les moyens. Ce qui néanmoins doit s'entendre des moyens qui ne sont pas trop difficiles ; car un muet n'est point obligé d'écrire sa confession, lorsqu'il a une peine extraordinaire à le faire, ou qu'il craint que d'autres ne connaissent sa confession : c'est la remarque de saint Alphonse. Mais on peut facilement prévenir ce dernier inconvénient, surtout en faisant usage d'une ardoise et d'une craie : on écrit sous les yeux du confesseur, et on efface aussitôt, au fur et à mesure qu'on se confesse.

3°) Pour celui qui, étant dans un état de surdité complète, ne peut ni expliquer les différentes espèces de ses péchés, ni entendre les interrogations qu'on lui fait. Cependant, s'il sait lire, le confesseur pourra l'interroger par écrit, lorsqu'on ne peut leur parler par signes. Quant à ceux qui ne sont pas entièrement sourds, on doit les conduire à la sacristie ou dans un lieu retiré, afin de pouvoir entendre leur confession. On lit dans la Vie de saint François de Sales qu'il passa bien quatre heures, pour faire entendre quelques Vérités de la religion à un jeune sourd-muet ; à plus forte raison le prêtre devra se montrer charitable en faisant preuve de patience pour donner la possibilité à un sourd de pouvoir se confesser (en faisant là aussi usage d'une ardoise et d'une craie, par exemple).

4°) Celui qui, ignorant la langue du pays, ne peut trouver un confesseur qui le comprenne, il peut prendre, autant que possible, un interprète pour faire sa confession.

5°) Pour les moribonds qui, ayant perdu l'usage des sens, ne peuvent se confesser, le prêtre devra les absoudre s'ils ont demandé ou s'ils sont présumés avoir demandé les secours de la religion.

6°) Sont également dispensés de l'intégrité de la confession, les malades qui ne s'expriment que très difficilement, ou qui, en raison de leurs douleurs physiques ou de l'affaiblissement de leurs forces, ne peuvent achever leur confession sans danger d'aggraver leur maladie.

D : Ferait-on un grand mal si l'on cachait en confession quelque péché ou quelque circonstance d'un péché ?
R : Celui qui, par honte ou par tout autre motif coupable, cacherait volontairement un péché mortel, ou quelque circonstance de nature à en changer l'espèce, ou dont la connaissance serait jugée nécessaire à l'intégrité morale de la confession, rendrait sa confession nulle et ferait un sacrilège.

Celui qui, par honte, par crainte ou par malice omet de déclarer un seul péché mortel, ou quelque circonstance qui soit de nature à changer l'espèce du péché, ou dont la déclaration soit jugée nécessaire pour l'intégrité morale de la confession, rend sa confession non seulement nulle, mais sacrilège, et la sentence d'absolution qu'il a surprise sur la terre est devenue pour lui, dans le ciel, un arrêt de condamnation : « C'est une chose tellement nécessaire, dit le Catéchisme du concile de Trente, que la confession soit entière et parfaite, que si quelqu'un omettait exprès, et de propos délibéré, une des circonstances dont nous venons de parler (de temps, de lieu, de personne), en confessant les autres d'ailleurs, non seulement il ne tirerait aucun fruit de cette confession, mais encore il commettrait un nouveau péché. Une semblable déclaration ne saurait être regardée comme une véritable confession sacramentelle. Bien plus, le pénitent est obligé nécessairement de recommencer cette confession et de s'accuser spécialement d'avoir profané la sainteté du sacrement de pénitence par une confession simulée » (Chapitre 23, paragraphe 5).

D : Si l'on oubliait involontairement quelque pêche, la confession serait-elle nulle aussi ?
R : Non ; les péchés oubliés involontairement, après un examen sérieux, ne rendent point la confession nulle, et il suffit de les déclarer dans la prochaine confession.

Lorsqu'après un examen fait avec soin, et auquel on a donné tout le temps nécessaire, on oublie cependant en confession quelque péché grave, cet oubli ne rend point la confession nulle ; les péchés omis involontairement sont remis avec tous les autres par l'absolution. Il y a toutefois obligation, si l'on vient à se les rappeler, de les accuser dans la confession suivante. Mais doit-on, dans ce cas, recommencer sa confession ? Non, répond le Catéchisme du concile de Trente ; mais il faut bien prendre garde si l'on n'a point examiné sa conscience avec trop de négligence, et si le peu de soin qu'on a mis à se rappeler ses péchés n'est point une marque qu'on n'avait point la volonté de se convertir. S'il en était ainsi, il faudrait absolument recommencer la confession.

Celui qui, sur le point de communier, se souvient d'avoir oublié un péché mortel, doit, s'il est possible, aller déclarer ce péché à son confesseur avant de se présenter à la sainte table. Si le confesseur est absent, ou qu'on ne peut que difficilement se présenter devant lui, on doit former dans son cœur un acte de contrition, prendre la résolution de se confesser de ce péché oublié, lorsqu'on s'approchera du tribunal de la pénitence, et se présenter à la table sainte sans trouble et sans inquiétude.

D : Est-il quelquefois nécessaire de faire une confession générale ?
R : Il est quelquefois nécessaire de faire une confession générale.

On distingue la confession générale qui embrasse toute la vie, et celle qui ne remonte qu'à une certaine époque, à la première communion, par exemple, à une mission, à une retraite dont on a suivi régulièrement les exercices, ou à la dernière confession sur laquelle on peut prudemment compter. Or, la confession générale est nécessaire aux uns, utile à plusieurs, et nuisible à d'autres. C’est pour cela qu’il est plus prudent, pour chaque pénitent, d’en parler avec son confesseur afin de savoir s’il est nécessaire de faire ou pas une confession générale.

D : À qui faut-il se confesser ?
R : À un prêtre approuvé par un évêque pour entendre les confessions.

On doit, dans la mesure du possible, toujours se confesser au même prêtre, parce qu'il connait nos faiblesses, et que, par conséquent, il peut leur donner les avertissements les plus salutaires, et les remèdes les plus convenables.

Toutefois, chacun est libre de se confesser, s'il le désire, à un prêtre étranger de sa paroisse, et, à cet égard, la plus grande latitude est donnée aux fidèles ; mais il faut toujours s'adresser à un prêtre approuvé par un évêque pour entendre les confessions, car le caractère sacerdotal seul ne donne pas le pouvoir d'absoudre.

Ceux qui ont la juridiction ordinaire pour confesser, sont :
1°) le pape dans toute l'Église ;
2°) chaque évêque dans son diocèse ;
3°) chaque curé dans sa paroisse. Les vicaires et autres prêtres simplement approuvés n'ont qu'une juridiction déléguée.

D : Est-il à propos de se confesser indifféremment à toute sorte de prêtres ?
R : Non, il faut choisir son confesseur avec une grande circonspection.

Quand on est bien pénétré de cette vue de la foi, qui nous fait voir Jésus-Christ lui-même dans le prêtre, on n'est guère tenté de quitter sa paroisse pour aller chercher ailleurs un confesseur.
Cependant il peut y avoir des raisons, et même très solides, d'aller trouver un confesseur hors de sa paroisse. Dans ce cas, choisissez le plus pieux, le plus zélé, celui que vous croirez le plus propre à vous éloigner du péché et à vous faire élever votre âme vers la Sagesse divine. Ce que vous devez surtout désirer dans votre confesseur, c'est la science, la prudence, le zèle, la charité. Si l'on a une affaire importante, on ne va pas la confier au hasard au premier avocat venu. Dans une grave maladie, on ne s'adresse pas à un médecin peu habile. Et, dans l'affaire du salut de notre âme, on se choisira précisément le confesseur le plus clairvoyant.

Cherchez un confesseur qui ne vous flatte pas, mais qui sache vous guider, vous conseiller, vous remettre sur le bon chemin tout comme un bon pasteur faisant revenir sa brebis qu’il voit s’éloigner vers un mauvais chemin. Quand vous l'aurez trouvé, ne le quittez pas sans raison, pour le seul plaisir de changer ; mais aussi ne vous attachez point à lui, et ne vous troublez pas, si Dieu vous l’ôte pour en disposer ailleurs, selon les desseins de sa providence. Mettez-vous bien dans l'esprit que le prêtre auquel vous vous adressez n'est pas un juge sévère, ni un ange du ciel, étincelant comme la foudre et brillant comme le soleil, mais un homme comme vous, qui sait compatir à vos infirmités, parce qu'il en est plein lui-même. Ne voyez en lui que le représentant des miséricordes divines ; ou plutôt, c'est Jésus-Christ Lui-même, que vous devez considérer en sa personne.

D : Quelles qualités doit avoir un confesseur ?
R : Il doit être savant, prudent et charitable.

La science, la prudence, la charité, qualités indispensables pour bien diriger les âmes. Qu'un prêtre ait donc la science, pour bien connaître les règles de la morale chrétienne ; la prudence, pour les bien appliquer ; la charité, pour les faire aimer.

Qu'il ait d'abord :

1°) La science : ses lèvres, selon la parole de nos livres saints, doivent en être les dépositaires, et c'est de sa bouche que les peuples attendent l'explication de la loi (Galates IV, 14). Si un aveugle conduit un autre aveugle, dit Notre Seigneur dans l'Évangile, ils tomberont tous les deux dans la fosse.
2°) La prudence : pour juger avec droiture de l'état des consciences, suivant leurs dispositions et leurs besoins, pour verser à propos l'huile et le vin sur les blessures de l'âme, pour s'accommoder aux caractères des personnes, usant d'indulgence et de douceur envers les timides, et s'armant d'une juste sévérité contre les opiniâtres et les récalcitrants.
3°) La charité : voilà la plus essentielle vertu du confesseur, qui ne doit jamais perdre de vue qu'il est le représentant d'un Dieu de bonté et de patience.

En outre, il doit être charitable et désintéressé, ne cherchant que la gloire de Dieu et le salut des âmes. Un bon confesseur ne marche point par la voie large, laquelle conduit à la perdition, mais suit les maximes de l'Évangile et les règles de l'Église. Un bon confesseur exerce dignement les qualités de vrai missionnaire, de docteur du ciel, de pasteur zélé, de médecin spirituel, de juge ferme et équitable, de médiateur charitable, et de sauveur plein de bonté et de miséricorde pour toutes les âmes.

D : De quels ornements le prêtre est-il revêtu lorsqu'il entend les confessions ?
R : Il est revêtu du surplis et d’une étole violette.

Le prêtre appelé pour entendre les confessions doit se servir du surplis et d'une étole de couleur violette, parce que cette couleur est le symbole de l'affliction et de la tristesse.

Les défauts qui rendent la Confession nulle.

La Confession peut être nulle ou invalide, soit du côté du confesseur, soit du côté du pénitent.

Elle est invalide du côté du confesseur :
1°) s'il est privé de juridiction ;
2°) s'il a omis de proférer l'absolution ;
3°) s'il n'a entendu aucun péché du pénitent.

Lorsqu'un pénitent s'aperçoit que son confesseur dort ou qu'il n'entend pas, il doit suspendre sa confession, car un péché, dont l'accusation n'est pas entendue du confesseur, est comme s'il n'était pas accusé. Quelqu'un qui accuserait un péché grave à voix basse ou en termes couverts, de manière que le confesseur n'entendît pas ou ne comprît pas la malice ou la grièveté de la faute, se rendrait grandement coupable, et sa confession serait évidemment nulle et sacrilège.

Elle est invalide du côté du pénitent :
1°) si, par hypocrisie, par honte ou par malice, il a caché quelque péché mortel ou un péché qu'il croyait être mortel ;
2°) si, par suite d'une négligence notable dans l'examen de sa conscience, il a omis de s'accuser de quelque faute grave ;
3°) s'il a reçu l'absolution, sans avoir la douleur de ses péchés ou le ferme propos de s'en corriger. Dans ces différents cas, la confession est nulle et sacrilège.

Remarquons ici qu'une confession sacrilège est nulle ; mais il peut se faire que la confession soit nulle, sans être cependant sacrilège. Elle est simplement nulle pour ce qui regarde le pénitent, lorsqu'il reçoit de bonne foi l'absolution d'un prêtre qui n'a pas le pouvoir de l'absoudre. Elle est encore nulle sans être sacrilège, lorsque le pénitent, se croyant bien disposé, se laisse donner l'absolution, sans avoir cependant la douleur de ses péchés à un degré suffisant pour recevoir le sacrement.

Les qualités de la Confession.

Saint DominiqueLa confession sacramentelle doit réunir plusieurs qualités. Les scolastiques ont coutume de mettre au nombre de seize les conditions requises pour une bonne confession. Ces conditions peuvent se réduire à quatre principales, qui sont : l'intégrité, la simplicité, l'humilité et la sincérité.

L’intégrité : on distingue deux sortes d'intégrités ; l'intégrité matérielle et l'intégrité morale. La première consiste a déclarer en confession tous les péchés mortels qu'on a commis ; la seconde existe, lorsqu'on s’accuse de tous les péchés mortels dont on se souvient, après avoir examiné soigneusement sa conscience.

La simplicité : le pénitent ne doit dire que ce qui a rapport à la confession de ses péchés. Quand un pénitent dit des choses étrangères à sa confession, le confesseur doit l'avertir de retrancher tout ce qui est inutile, en lui indiquant charitablement la manière de se confesser. Si le pénitent demande des conseils sur des choses qui n'ont pas de rapport à la confession, le confesseur qui croira pouvoir lui en donner ne les lui donnera qu'après l'absolution.

L'humilité : Elle est nécessaire dans la confession ; c'est par l'humilité qu'on touche le cœur de Dieu. Le vrai pénitent paraît au tribunal de la Pénitence pour s'accuser, et non pour se justifier ; c'est un coupable qui vient demander sa grâce, et qui ne doit l'obtenir qu'en s'humiliant devant Dieu et devant celui qui en tient la place ; il ne cherche point a atténuer ses fautes, et se garde bien d'attribuer à d'autres ce qu'il ne doit attribuer qu'a sa faiblesse ou à sa malice. Il ne craint point non plus de perdre l'estime de son confesseur, qui connaît la fragilité humaine, et qui ne peut être que touché, édifié des sentiments de son pénitent.

La sincérité : la confession doit être sincère. Dieu, n'ayant point voulu que le pécheur eût au tribunal sacré d'autre accusateur et d'autre témoin que lui-même, exige qu'il déclare avec sincérité l'état de son âme. Il faut donc que le pénitent confesse ses péchés tels qu'il les connaît, et qu'il réponde franchement à toutes les interrogations qu'on lui fuit, sans rien cacher ni déguiser, sans chercher de vaines excuses, sans recourir à des subterfuges, à certains détours qui ne peuvent qu'embrouiller la confession et embarrasser le confesseur.

D : Comment faut-il se confesser ?
R : Il faut :
1°) se mettre à genoux, faire le signe de la croix et dire au prêtre : Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché ;
2°) réciter le Confiteor (Je confesse à Dieu) jusqu’à mea culpa (C'est ma faute) ;
3°) dire depuis quel temps on ne s'est pas confessé ; si l'on a reçu l'absolution et fait sa pénitence ;
4°) déclarer ensuite tous ses péchés, en disant : Mon père, je m'accuse de…
5°) finir le Confiteor, depuis mea culpa jusqu’à la fin.

Le pécheur doit se confesser à genoux pour exprimer par cette posture humiliée qu'il est confus d'avoir offensé Dieu et qu'il reconnaît l’énormité de sa faute.
Il doit faire le signe de la croix pour implorer le secours des trois personnes de la Sainte Trinité, et s'exciter à la confiance en formant sur lui ce signe auguste qui lui rappelle que le fils de Dieu a donné son Sang et sa vie pour mériter aux plus grands pécheurs le pardon de leurs péchés.
Il doit demander la bénédiction du prêtre, en lui disant : « Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché. » Le pécheur donne au prêtre le nom de père, parce qu'il tient à son égard, au confessionnal, la place de Dieu ; qu'il est le père spirituel de son âme, et qu'il a pour lui toute la tendresse d'un père. Il le conjure de le bénir, c'est-à-dire de prier pour lui et de solliciter auprès du Seigneur les grâces dont il a besoin pour faire une bonne confession.

À peine le pécheur a-t-il dit : « Bénissez-moi , mon père », que le prêtre étend la main et le bénit en disant : « Que le Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres, afin que vous fassiez une sincère et entière confession de tous vos péchés ; au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. »

La récitation du Confiteor est un aveu général de ses fautes que fait le pécheur en présence de Dieu et des saints, et une invocation à la Sainte Vierge, aux anges et à tous les bienheureux, pour les engager à être ses protecteurs et ses intercesseurs auprès de Dieu.

La récitation du Confiteor ne se dit pas en entier, mais seulement jusqu'à ces mots : mea culpa (c’est ma faute).

Il ne faut pas attendre que le confesseur vous interroge ; mais vous devez, dès que vous avez récité le Confiteor jusqu'à mea culpa, lui faire connaître depuis quel temps vous ne vous êtes pas confessés ; si vous avez reçu ou non l'absolution ; si vous avez fait la pénitence qui vous avait été imposée, ou si vous n'en avez fait qu'une partie, ou si vous l’avez entièrement omise. C'est ensuite que vous devrez faire votre confession.

Quand on a fini d'accuser ses péchés, on dit : « Je m'accuse de tous ces péchés, de ceux dont je ne me souviens pas, ainsi que de tous les péchés de ma vie passée, surtout de ceux dont j'ai le plus d'horreur et de contrition, et que j'ai commis contre la charité, la pureté... ; j'en demande pardon à Dieu, et à vous mon père, pénitence et absolution. », puis on achève le Confiteor, en disant : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute ; c'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie, toujours vierge, saint Michel, archange, saint Jean-Baptiste, les saints apôtres Pierre et Paul, tous les saints, et vous, mon père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. Ainsi soit-il.

Si le confesseur fait ensuite quelques questions, il faut y répondre avec simplicité et candeur, puis écouter avec humilité les avis qu'il donne ; les écouter en silence. Enfin, si le prêtre juge à propos de différer l'absolution, il faut se soumettre avec docilité à son jugement et s'abstenir de tout murmure ; ceux qui murmurent et qui sont fâchés de ce que le confesseur leur refuse l'absolution, montrent par là même qu'ils n'ont pas la contrition, et que le confesseur fait bien de différer de les absoudre.

RÉCAPITULATION PRATIQUE

1°) Avant la confession, préparez-vous avec une grande ferveur, par la prière, le silence, le retour sur votre examen de conscience déjà fait, en réitérant votre contrition et vos bonnes résolutions.

2°) Pour une bonne confession, il faut se mettre à genoux, joindre les mains, faire le signe de la croix, demander la bénédiction au prêtre, puis dire le Confiteor jusqu'à mea culpa. S'accuser ensuite soi-même de ses péchés humblement, clairement et entièrement, sans s'excuser ni les dissimuler, déguiser ou diminuer ses fautes, et sans les rejeter sur autrui. Spécifiez vos fautes sans toutefois entrer dans les détails. En cas de besoin, le prêtre vous interrogera pour savoir s'il s'agit d'un péché véniel ou mortel. Répondez-lui là encore avec humilité, droiture, franchise et intégrité ; vous verrez qu'avec son secours tout vous deviendra aisé, pourvu que vous vous soyez examiné de manière à pouvoir répondre et donner les explications convenables sur les questions qu'il vous fera. Il faut finir sa confession en disant : « Je m'accuse généralement de tous mes péchés, et de tous les autres dont je ne me souviens pas, et de tous ceux de ma vie passée, pour tels qu'ils sont devant Dieu, et je lui en demande pardon, et à vous, mon Père, pénitence et absolution. » Puis dire 3 fois Mea culpa, et achever le Confiteor.
Le Confiteor étant achevé, il faut écouter la pénitence et les conseils qui nous sont donnés par le confesseur, avec grande résolution de les accomplir ; puis recevoir la sainte absolution avec une profonde humiliation et contrition de nos fautes.

3°) Après la confession, écoutez avec docilité et soumission les avis de votre confesseur ; soumettez-vous humblement et patiemment au délai de l'absolution s'il vous la diffère, et préparez-vous à vous en rendre dignes. Remerciez Notre-Seigneur de la grâce qu'il vous a faite ; puis faire avec grande attention et dévotion la pénitence qui vous a été donnée : et outre cela, offrir encore au Père éternel le Précieux Sang, les Sacrées Plaies et toutes les souffrances de son divin Fils, avec les mérites de sa très sainte Mère, de tous les Anges et les Saints, en satisfaction de nos péchés. Enfin, il faut supplier Notre-Seigneur, par les prières de sa très sainte Mère et de ses Saints, qu'il vous donne la grâce de suivre tous les bons avis qui vous ont été donnés par le confesseur, et de mourir plutôt que d'offenser Dieu mortellement pour l'avenir.

4°) Si vous avez reçu l'absolution, emportez-en le bienfait avec reconnaissance, remerciez-en le Seigneur en sortant du confessionnal, gardez-en les fruits précieux avec soin et vigilance.

5°) Demandez à Notre Seigneur Jésus-Christ la persévérance, efforcez-vous de la garder, prenez-en tous les moyens.

6°) Voyez si vous n'auriez pas besoin de faire une confession générale.

TRAITS HISTORIQUES

La porte munie de plusieurs serrures : quand une porte a plusieurs serrures et qu'on en ouvre trois, elle reste close ; de même si un pénitent a commis quatre péchés et n'en avoue que trois, la porte de la miséricorde reste fermée.

Saint Louis IX au confessionnal : Le confesseur de ce saint roi lui ayant une fois dit : « Votre Majesté », au tribunal de la pénitence, celui-ci lui répondit : « ici, je ne suis pas plus le roi que vous n'êtes sujet ; vous êtes le père et moi l'enfant. »

Marie-Antoinette : Après sa condamnation à mort, cette reine infortunée demanda un prêtre à ses geôliers, mais ils le lui refusèrent. Heureusement elle put convenir avec un affidé qu'en allant au supplice elle verrait dans telle rue, à tel numéro et à tel étage un prêtre insermenté. En effet, quand liée sur la charrette, elle traversa la rue indiquée, elle vit le prêtre lui faire le signe indiquant qu'il lui donnait l'absolution ; à partir de ce moment son visage s'illumina d'une parfaite sérénité. Il arrive ainsi souvent que des malades reçoivent l'absolution sans avoir pu formellement se confesser.

Converti par la confession : récit historique PDF

PRIÈRE

Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne vienne, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Amen.

Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois au Saint-Esprit, à la Sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Ainsi soit-il.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.

Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

 


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