Prieres et spiritualite

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Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Église
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Église
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Église :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandements
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

SOIXANTE-CINQUIÈME LEÇON


LA CONTRITION

D : Qu'est-ce que la contrition ?
R : La contrition est une douleur et une détestation des péchés que l'on a commis, avec une ferme résolution de ne plus les commettre à l’avenir.

ContritionLe mot contrition signifie brisement, parce que notre cœur doit être, en quelque sorte, brisé par la douleur qu'il ressent d'avoir offensé Dieu. En effet, la Pénitence ne consiste pas simplement dans la cessation du péché et l'amendement de la vie ; elle renferme de plus l'horreur et la détestation des péchés commis, comme l'a expressément défini le saint Concile de Trente (14ème séance du 25 novembre 1551, chapitre 4, Denzinger n° 1676-1678). C’est une amertume de l'âme, parce qu'elle lui fait, pour ainsi dire; ressentir les tranchées d'un vif repentir (Isaïe 38, 15) ; tristesse selon Dieu, parce qu'elle nous afflige au souvenir de nos péchés passés et qu'elle opère ainsi le salut (II Corinth. VII, 10). Un vrai pénitent est donc, comme l'a dit saint Augustin, un homme irrité, courroucé contre lui-même.

Pour bien recevoir le Sacrement de Pénitence, il faut avoir un regret sincère d'avoir offensé Dieu. La contrition renferme essentiellement deux choses : l’une qui regarde le passé, et qui est la détestation des péchés commis ; l'autre qui regarde l'avenir, et qui est un ferme propos, une forte résolution de n'en plus commettre. Ces deux choses sont absolument inséparables ; il ne peut y avoir de regret sans ferme propos ; et, réciproquement, il ne peut exister de ferme propos sans regret.

Celui qui ne déteste pas, qui ne regrette pas sincèrement ses péchés, reste dans la disposition de les renouveler ; et de même il ne peut pas être sincèrement résolu de ne plus retomber dans ses fautes, s’il n'est pas affligé de s'en être rendu coupable.
La contrition est absolument nécessaire pour obtenir le pardon de ses péchés. Dieu est sans doute plein de bonté, même envers les plus grands pécheurs ; sa miséricorde est sans bornes ; mais tout bon, tout miséricordieux qu'Il est, Il ne pardonne et ne peut pardonner au pécheur qu'autant qu'il a une douleur sincère de ses fautes et qu'il les déteste du fond du cœur. La raison seule, indépendamment des divines Écritures, qui sont formelles sur ce point, suffit pour établir cette importante vérité. En effet, celui qui commet un péché se révolte contre Dieu, il méprise sa Loi ; or, s’il ne se repend pas de cette révolte, si au contraire il persévère dans ses péchés, comment voulez-vous que Dieu lui rende ses bonnes grâces ?

La contrition est donc l'âme de la vraie Pénitence. De même que le péché entre dans le cœur par l'attrait du plaisir, de même aussi il en sort par l'amertume de la douleur.
Il est vain de s’accuser de nos péchés, de faire de longues prières, de rudes pénitences, si nous ne détestions nos prévarications. Quelle n'est donc pas l'erreur de ceux qui font consister toute leur préparation au sacrement de Pénitence à examiner longuement leurs fautes, à s'en confesser avec attention, sans prendre aucun soin de s'exciter à la contrition ! Ils négligent précisément ce qu'il y a de plus essentiel. Car il peut arriver qu'on obtienne la rémission de ses péchés sans aucun examen, sans confession, sans satisfaction, comme, par exemple, si on était surpris par la mort sans pouvoir accomplir ces actes, si on était privé de l'assistance d'un confesseur : alors un bon acte de contrition pourrait suppléer à tout ; mais rien ne supplée à la contrition. Par là nous voyons qu'un pécheur, qui recevrait l'absolution sans une douleur réelle des péchés commis, et sans une volonté sincère de ne plus pécher à l'avenir, au moins mortellement, bien loin d'obtenir sa grâce, sortirait du tribunal de la miséricorde plus coupable qu'il n'y serait entré, parce qu'à tous les péchés dont il se trouverait chargé, il ajouterait encore la profanation du sacrement institué pour l'en délivrer.

D : Quelles sont les qualités d'une bonne contrition ?
R : La contrition doit être intérieure, surnaturelle, universelle et souveraine.

Puisque la contrition est tellement nécessaire et indispensable, que sans elle il n'y a point de pardon à espérer, il est donc bien essentiel de connaître quelles qualités elle doit avoir pour toucher le cœur de Dieu.
Ces qualités sont au nombre de quatre ; il faut qu'elle soit :
1°) intérieure ;
2°) surnaturelle ;
3°) universelle ;
4°) souveraine.

La contrition, même imparfaite, doit avoir ces quatre conditions. Si elle manquait d'une seule, elle ne serait plus qu'une pénitence défectueuse, qu'un semblant de pénitence, et elle ne servirait de rien pour la rémission des péchés, de même qu'un remède altéré, bien loin de produire un bon effet, est nuisible et se change souvent en poison. De même la contrition, qui n'a pas toutes les conditions requises, ne peut suffire pour la validité du sacrement de Pénitence.

Recourir a DieuD : Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être intérieure ?
R : J'entends qu'il faut l'avoir dans le cœur, et qu'il ne suffit pas d'en faire un acte du bout des lèvres.

Ce mot intérieure, veut dire au-dedans de l'âme, au fond du cœur. La bonne contrition est un vrai chagrin, une vraie amertume de l'âme. La contrition doit être intérieure, c'est-à-dire qu'il faut qu'elle soit dans l'âme et dans le fond du cœur ; voilà pourquoi le Seigneur disait par son prophète Joël II, 13 : « Convertissez-vous à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, dans le pleur et dans le gémissement ; et déchirez vos cœurs, et non vos vêtements ; et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, parce qu’Il est bon et miséricordieux, patient et d’une grande miséricorde, et pouvant revenir sur le mal dont il vous a menacés. » — Les Juifs, dans leurs grandes douleurs, déchiraient leurs vêtements pour en exprimer la vivacité. Le Seigneur leur dit ici qu'il ne faut pas s'en tenir à ces expressions extérieures, mais que c'est leur âme qui doit être déchirée d'amertume.
Dire qu'on se repent n'est pas se repentir ; et ce serait s'aveugler de la manière la plus déplorable, que de s'imaginer qu'il suffise, pour être délivré de ses péchés, de réciter de bouche ou de lire dans un livre une prière d'acte de contrition. Si le cœur n'est pour rien dans ce que l'on dit à Dieu, si les paroles que l'on prononce ne sont l'expression fidèle des dispositions du cœur, la contrition est nulle, parce qu'elle n'est qu'extérieure ; et Dieu ne pardonne qu'à celui dont le cœur est véritablement contrit et humilié (Psaume 50, 19). La contrition doit être dans le cœur. En effet, nous avons péché parce que nous avons voulu pécher ; c'est notre cœur qui s'est rendu coupable ; notre corps et nos membres n'ont été que les instruments dont notre mauvaise volonté s'est servie pour violer la loi de Dieu. Puisque c'est par la volonté, par le cœur que nous nous sommes éloignés de Dieu, c'est donc par le cœur que nous devons revenir à Lui. C'est notre cœur qui a fait le mal, il faut donc que ce soit notre cœur qui souffre, qui se repente et qui déteste le mal. Si notre contrition n'est pas dans le cœur, elle n'est pas une véritable contrition.

D : Qu'entendez-vous quand vous dites qu'elle doit être surnaturelle ?
R : Parce qu'elle doit être excitée en nous par un mouvement du Saint-Esprit, et un motif provenant de la foi.

La Pénitence a ce merveilleux avantage entre tous les sacrements d'avoir pour matière, non un élément naturel, mais un acte surnaturel ; car la contrition, qui en fait comme la base, doit être surnaturelle de deux manières : dans son principe et dans ses motifs.

1°) Dans son principe. Tombés par nous-mêmes, par notre propre malice, nous ne pouvons nous relever par notre propre vertu ; il faut que Dieu vienne à notre secours et nous tende la main. La contrition est donc un don de Dieu, et elle doit être excitée en nous par le Saint-Esprit. La foi nous enseigne que, sans la grâce, nous ne pouvons absolument rien dans l'ordre du salut, que nous ne pouvons pas même prononcer le nom de Jésus, d'une manière qui nous soit profitable ; comment donc pourrions-nous avoir, sans l'assistance du Très-Haut, cette haine du péché, qui conduit à la justification ? Hélas ! nous concevons facilement de l'horreur pour les maux de la nature ; mais nous n'avons pas si aisément horreur du péché. C'est Dieu, qui nous inspire le regret de l'avoir offensé ; et c'est à Lui que nous devons le demander, comme le seul remède à nos maux.

2°) Dans ses motifs ; c'est-à-dire qu'il est nécessaire que la contrition soit fondée sur les motifs, que la foi nous fournit. ïl y a deux sortes de tristesse, dit Saint Paul : l'une selon Dieu, qui opère la vraie Pénitence et procure le salut ; l'autre selon le monde, laquelle donne la mort. Il peut donc arriver qu'on déteste le péché pour des motifs purement naturels, tels que la crainte des maux temporels qui en sont la suite, la honte qui en revient aux yeux des hommes, ou même son opposition avec les simples lumières de la raison. Ainsi, par exemple, un joueur déteste sa fatale passion, parce qu'elle l'a réduit à la ruine et à la misère ; un vieillard déplore les désordres de sa jeunesse, parce qu'ils ont ruiné sa santé ; une jeune personne déteste sa faute, parce qu'elle a entraîné son déshonneur. Qui ne voit que Dieu n'entre pour rien dans ces sortes de repentirs ? Ce ne sont pas tant leurs égarements que ces pécheurs détestent, que les tristes et fâcheux effets qu'ils ont produits. Or, Dieu doit-il accorder le pardon à des regrets, dont il n'est pas l'objet et qui lui sont absolument étrangers ? C'est parce que les péchés déplaisent à Dieu, excitent sa colère et attirent ses vengeances qu'il faut les détester. Ainsi la contrition doit être conçue par des motifs surnaturels, tels que la laideur du péché, connue par les lumières de la foi, la crainte des peines de l'enfer, la perte du Salut éternel.

D : Quels sont ces motifs ?
R : Ces motifs sont les perfections de Dieu, que le péché outrage ; la Passion de Jésus-Christ, que le péché renouvelle ; la grâce divine et le paradis, que le péché nous fait perdre ; et enfin les tourments de l'enfer, que le péché nous mérite.

1°) Le péché est une révolte contre Dieu, un outrage fait à son infinie majesté (Caté de l'Eglise catho, n° 1850).
2°) Le péché renouvelle la Passion de Jésus-Christ ; Saint Paul dit expressément que ceux qui le commettent crucifient de nouveau le Fils de Dieu et l'exposent à ignominie (Hébreux VI, 6) ; il dit encore qu'ils foulent aux pieds le Fils de Dieu et qu'ils profanent Son Sang (Hébreux X, 29).
3°) Par le péché mortel on perd la grâce de Dieu, on perd le ciel, on perd Dieu même.
4°) Par le péché mortel on mérite l'enfer et ses éternels supplices.
Voilà ce que la Foi nous enseigne ; ce sont toutes ces considérations qui doivent nous porter à détester le péché, et si notre contrition est fondée sur les motifs que nous venons d'exposer, elle est surnaturelle ; elle est conçue en vue de Dieu, et une telle contrition est toujours sûre d'obtenir le pardon.

Reciter son chapelet pour resister aux tentationsD : Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être universelle ?
R : La contrition universelle est celle qui s'étend au moins à tous les péchés mortels que l'on a commis, sans en excepter un seul.

Pour que la contrition puisse nous réconcilier avec le Seigneur, il faut qu'elle embrasse toutes les fautes graves que nous avons commises.
Ce mot universelle veut dire tout.
Votre contrition sera donc universelle si elle s'étend à tous vos péchés, si vous avez regret de tous ceux que vous avez commis, sans exception. Nous avons dit : au moins mortels ; parce que les péchés véniels ne font pas perdre la grâce et la charité totalement et il ne va pas jusqu'à la profanation du sacrement. Au lieu qu'un seul péché mortel dont on n'aurait pas de regret rendrait la contrition fausse et illusoire, et par conséquent l'absolution nulle. Pourquoi cela ? Parce que s'il y a un seul péché dont vous n'ayez point de regret, vous n'en avez point des autres ; car les mêmes motifs qui vous font détester l'un, vous doivent engager à détester les autres : pourquoi êtes-vous troublé d'avoir offensé Dieu ? Parce que le péché lui déplaît, parce qu'il vous fait perdre le ciel et mériter l'enfer, etc. Or, ce péché favori que vous ne détestez pas produit le même mal que les autres ; vous avez donc les mêmes raisons de le détester. Vous aimez Dieu, mais vous refusez d’observer tel ou tel point ses Commandements ; par ce péché dont vous ne cherchez même pas à vous en détacher, vous crucifiez de nouveau le Fils de Dieu. Si vous aimez le Seigneur, si c'est par amour pour Lui, que vous obéissez à Sa Loi, pourquoi ne l'observez-vous pas tout entière ? Est-ce vraiment aimer Notre Seigneur Jésus-Christ si vous lui désobéissez en un point ? On se fait donc une grande illusion d’obtenir le pardon, lorsqu'on reste attaché à un seul péché mortel et lorsqu'on s'y complaît malgré ses confessions réitérées.

Bien que la contrition doive s'étendre à tous les péchés, il n'est pas nécessaire de les détester chacun en particulier, et de produire autant d'actes de contrition qu'on a commis de péchés ; cela ne serait pas toujours possible.
Il suffit que, par un seul acte de contrition, on les déteste tous en général. Néanmoins, il est bon de les repasser en détail dans l'amertume de son cœur, de bien considérer notre faute pour chacun d’eux, et de bien penser aux divers motifs propres à nous les faire détester. C'est ce que Saint Grégoire appelle donner des larmes particulières à chaque péché particulier. Telles sont les conditions d'une véritable contrition. Et à ceux qui chercheraient à s'excuser sur la violence de leurs tentations, ne serait-on pas en droit de dire : prenez garde, ce ne sont pas vos tentations qui ont été trop fortes, c'est votre repentir qui a été trop faible ; et pour vous aider à vous débarrasser d’une tentation trop forte qui chaque fois vous fait chuter, demandez à votre confesseur de vous guider, priez notre Seigneur et la Sainte Vierge et assistez souvent au Saint Sacrifice de la Messe en vous unissant en esprit à la Passion de Jésus.

D : Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être souveraine ?
R : J'entends qu'il faut être plus attristé d'avoir offensé Dieu qu'on ne le serait de tous les autres maux qui pourraient nous arriver.

Ce mot souveraine, signifie au-dessus de tout. Une contrition souveraine est donc un regret du péché au-dessus de toute autre douleur, un regret plus grand que celui que nous aurions de toutes les pertes temporelles qui pourraient nous arriver. Nous devons être plus troublé d'avoir offensé Dieu, que de la perte de tous nos biens, de notre santé, de notre vie même ; en sorte que nous puissions dire dans toute la sincérité de notre âme : J'aimerais mieux avoir tout perdu que la grâce de Dieu. Je veux désormais préférer sa Loi, son Amour à toute autre chose.

La douleur d'avoir offensé Dieu doit être souveraine, mais il n'est pas nécessaire qu'elle soit sensible, qu'elle se manifeste au-dehors. On ne voit pas que Saint Paul, lorsqu'il se convertit, ait répandu une seule larme ; et cependant quelle n'était pas sa douleur ! La meilleure preuve d'une contrition intérieure, surnaturelle, universelle et souveraine, c'est d'être disposé à tout sacrifier, même la vie au prix du martyr, plutôt que de tomber dans un seul péché mortel.

SECONDE PARTIE
De la division et des effets de la contrition

D : Combien y a-t-il de sortes de contrition ?
R : Il y a deux sortes de contrition, la contrition parfaite et la contrition imparfaite, qu'on appelle aussi attrition.

Recours au saint sacrifice de la messeOn distingue deux sortes de contrition : l’une parfaite, l'autre imparfaite, autrement appelée attrition, du mot latin atterere, qui, comme conterere, signifie briser, broyer. L'une et l'autre renferment le vif regret d'avoir offensé Dieu et la ferme résolution de ne plus l'offenser.
Toutefois, il y a une contrition plus parfaite que l'autre, qui touche davantage le cœur de Dieu, et qui obtient de plus heureux effets.
L'autre, quoique bonne, ne lui est pas si agréable et ne produit pas les mêmes avantages.
L'une et l'autre, pour être réelles et véritables, doivent réunir les mêmes qualités ; mais elles diffèrent par leurs motifs et par leurs effets, comme nous allons l'expliquer.

D : Qu'est-ce que la contrition parfaite ?
R : La contrition parfaite est la douleur d'avoir offensé Dieu, parce qu'il est infiniment bon et infiniment aimable, et que le péché lui déplaît.

Se repentir amèrement d'avoir offensé Dieu parce qu'on l'aime, et l'aimer parce qu'il est infiniment bon et infiniment aimable, voilà la contrition parfaite. Elle a pour motif, comme vous le voyez, un ardent amour de Dieu. Celui qui a la contrition parfaite aime Dieu pour Lui-même ; il l'aime de l'amour le plus vif et le plus tendre, et il éprouve un regret amer de son péché, parce qu'en le commettant il a déplu à l'objet de son amour et offensé Celui qui possède toutes les perfections et toutes les amabilités. Ce motif seul lui suffit, il n'en a besoin d'aucun autre ; et pour détester son péché, il ne considère ni les biens qu'il a perdus, ni les châtiments qu'il a mérités ; il a outragé Dieu, voilà ce qui excite sa douleur et fait couler ses larmes dans son cœur.

Voici une comparaison qui vous fera sentir cette différence : voici deux frères qui ont commis une faute qui déplaît à leur père ; l'un lui dit : « Ah ! Mon cher papa ! Que je regrette de t’avoir fait de la peine, chagriné, déshonoré, parce que je t’aime ; oui, c'est l'amour qui me pénètre de regret de t’avoir déplu. » L'autre lui dit : « Je te crains, parce que tu es un père sévère et redoutable qui va punir rigoureusement » (référence à Luc XIX, 21). Eh bien ! Dites-moi ; lequel de ces deux enfants est le plus aimable et le plus digne de pardon ?
C’est celui qui aime le mieux, qui a le cœur plus parfait, en qui l'amour fait éclater le repentir d'une manière touchante. L'autre n'a qu'une douleur de crainte, bien moins parfaite et moins agréable au père offensé.
Voilà donc la différence qu'il y a entre la contrition parfaite et la contrition imparfaite. Aussi produisent-elles des effets différents.

D : Quel est l'effet de la contrition parfaite ?
R : La contrition parfaite, jointe au vœu de recevoir le sacrement de pénitence, réconcilie par elle-même le pécheur avec Dieu. L'effet de cette contrition est de justifier le pécheur avant le Sacrement de Pénitence, pourvu qu'il ait un désir sincère de le recevoir.

La confession parfaite attire du ciel la rémission des péchés et réconcilie le pécheur avec Dieu, même avant la réception du sacrement de pénitence. Mais elle doit être accompagnée du vœu ou désir et de la résolution de le recevoir ; telle est la doctrine du concile de Trente : « Même s'il arrive parfois que la contrition soit rendue parfaite par la charité et réconcilie l'homme avec Dieu avant que ce sacrement ne soit effectivement reçu, il ne faut néanmoins pas attribuer cette réconciliation à cette seule contrition sans le désir du sacrement, désir qui est inclus en elle » (sess. XIV, chapitre IV).

La contrition parfaite justifie d'abord, même avant la réception du sacrement de Pénitence, parce que c'est l'amour qui inspire le regret d'avoir offensé le meilleur de tous les pères. Lorsque l’enfant prodigue vient se jeter aux pieds de son père, et lui dit : mon père, j'ai péché contre vous ; ce bon père attendri, le relève aussitôt, l'embrasse et lui pardonne.
C'est ainsi que Dieu reçoit et traite un pécheur qui a la contrition parfaite et se repent par amour : l'amour a tout fait pour lui et il est réconcilié avant que le prêtre prononce sur lui la sentence de paix. Par exemple, je suppose un homme qui se trouve en danger de mort, subitement ; il produit un acte de contrition parfaite ; il est véritablement pénétré de regret d'avoir offensé le Seigneur, et cela parce qu'il l'aime de tout son cœur, parce qu'il est désolé d'avoir déplu au meilleur de tous les pères ; c'est l'amour qui fait couler ses larmes. Si cet homme venait à mourir sans pouvoir recevoir l'absolution, il obtiendrait la rémission de ses péchés ; mais à condition qu'il eût le désir de la recevoir, car la contrition ne peut justifier sans cette volonté. Depuis que Jésus-Christ a institué le sacrement de Pénitence, c'est une loi de le recevoir pour quiconque est tombé en péché mortel après le Baptême : il est nécessaire aux pécheurs tombés par leur propre volonté ; comme le baptême à ceux qui ne sont pas régénérés. C'est un précepte de l'Église de le recevoir à tout le moins une fois l'an. Or, quiconque a une vraie douleur d'avoir péché, doit être dans le dessein d'accomplir la loi de Dieu ; sans cela sa contrition serait fausse et illusoire. Si donc le pécheur a une douleur véritable, il doit avoir le dessein et le désir de recevoir l'absolution dans le sacrement de Pénitence. Ce vœu est nécessairement lié à la contrition parfaite.

Le vœu ou désir dont nous venons de parler n'emporte pas l'obligation de recevoir immédiatement le sacrement de pénitence, mais il suffit qu'on ait le propos de se confesser, lorsque sera venu le moment de satisfaire à cette obligation. Tel est le sentiment généralement adopté par les théologiens. Cependant, comme il est bien difficile de savoir d'une manière tout à fait certaine si l'on a la contrition parfaite, et qu'il y aurait de la présomption à le croire, il est pour le moins plus prudent de recourir, dès qu'on le peut, au sacrement de pénitence, de quelque repentir qu'on se sente pénétré, surtout si l’on doit recevoir un sacrement qui exige l'état de grâce, comme la confirmation, le mariage. Quant à la réception de la divine eucharistie, elle doit toujours être précédée de la confession lorsqu'on sent sa conscience chargée de quelque péché mortel, ainsi que nous l'avons dit dans la leçon 61 sur la communion. Quoique le pécheur soit justifié par la contrition parfaite, avant de recevoir l'absolution, le sacrement de pénitence ne lui devient pas inutile ; il le confirme dans l'amitié de Dieu et augmente la grâce sanctifiante qui était déjà en lui.

Saint Francois d'Assise en priereD : Qu'est-ce que la contrition imparfaite ou attrition ?
R : La contrition imparfaite est la douleur d'avoir offensé Dieu, à cause de la laideur du péché ou par la crainte de l’enfer.

La contrition imparfaite ou attrition est moins noble et moins généreuse dans ses motifs que la contrition parfaite. Celle-ci est une douleur très-vive d'avoir offensé Dieu, produite par une ardente charité ; l'attrition est une douleur d'avoir offensé Dieu, conçue par la considération de la laideur du péché ou par la crainte des peines éternelles : « Cette douleur est bonne, dit le concile de Trente, si elle exclut la volonté de pécher et si elle est jointe à l'espérance du pardon. Elle est un don de Dieu, une impulsion du Saint-Esprit qui, à la vérité, n'habite pas encore dans l'homme, mais qui le touche et aide le pécheur à rentrer dans les voies de la justice. »

La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse (Ps. CX, 10) ; elle opère un effet salutaire et sur le cœur et sur les actions ; elle porte à regretter sincèrement des fautes qui pourraient nous perdre éternellement ; elle engage à ne plus pécher par crainte de tomber en enfer.
Cette crainte est bonne, puisqu'elle est inspirée par Dieu, infiniment bon Lui-même, qui nous conduit sur la voie qui conduit au Ciel.

D : Quel est l'effet de la contrition imparfaite ?
R : L'effet de la contrition imparfaite est de disposer le pécheur qui a l'espérance du pardon, et un commencement d'amour de Dieu, à recevoir la rémission de ses péchés dans le sacrement de pénitence.

La contrition imparfaite ne justifie pas par elle-même, mais elle nous dispose à recevoir, dans le sacrement de pénitence, la grâce de la réconciliation, pourvu, toutefois, qu'elle soit accompagnée :
1°) de l'espérance du pardon, c'est-à-dire d'une ferme confiance que Dieu nous pardonnera nos péchés si nous en avons un repentir sincère ;
2°) d'un commencement d'amour de Dieu, parce que sans amour de Dieu il n'est point de vraie conversion. Qu'est-ce, en effet, que se convertir ? Ce n'est pas seulement détester le péché, mais encore retourner à Dieu et s'attacher à Lui : or, est-il possible de retourner à Dieu et de s'y attacher sans l'aimer ? D'ailleurs, s'il est une occasion où le cœur doive ressentir cet amour, n'est-ce pas celle où Dieu daigne nous recevoir en grâce et nous pardonner les offenses dont nous nous étions rendus coupables envers Lui ?

D : La contrition imparfaite suffirait-elle pour nous justifier, si nous ne pouvions recevoir le sacrement de pénitence ?
R : Non, hors le sacrement de pénitence, il n'y a que la contrition parfaite qui puisse nous justifier, avec le vœu du sacrement, c'est-à-dire avec un vrai désir de le recevoir.

La contrition imparfaite suffit, avec le sacrement de pénitence, comme nous venons de le dire, pour obtenir la rémission des péchés. Mais, hors le sacrement, il n'y a que la contrition parfaite, accompagnée d'un désir sincère de recevoir l'absolution, qui justifie par elle-même le pécheur ; et celui qui, après avoir commis un péché mortel, viendrait à mourir dans l’attrition sans avoir reçu le sacrement de pénitence, serait perdu sans ressource et tomberait infailliblement dans l'enfer.

Il faut donc que nous soyons résolus de préférer la loi de Dieu à toute autre chose et de l'accomplir dans toute son étendue. Or, le premier article de la loi est d'aimer Dieu ; il faut donc vouloir l'aimer. Nous devons avoir une grande confiance en sa bonté pour en obtenir le pardon, et par conséquent commencer à l'aimer comme le Père des miséricordes : voilà le commencement d'amour qui doit accompagner l'attrition pour qu'elle nous obtienne le pardon au sacrement de Pénitence.

Enfin, quelle que soit votre contrition, parfaite ou imparfaite, quand vous vous présentez à ce tribunal de clémence (confession), elle est toujours un don de Dieu ; demandez-la telle qu'il vous la faut pour obtenir votre pardon ; demandez-la instamment et avec ferveur.

D : Dans quel temps faut-il produire des actes de contrition ?
R : Il en faut produire lors de l'examen de conscience, avant la confession et au moment de l'absolution.

Voilà trois circonstances spéciales où il faut produire des actes de contrition.
1°) Lors de l'examen de conscience. Nous l'avons dit, « c'est dans l'amertume de notre âme que nous devons repasser nos années coupables » (Isaï. XXXVIII, 15). La contrition doit donc accompagner cette recherche, toutes les fois que nous la faisons, tous les jours, chaque semaine, quand nous nous préparons à la confession, quand ce serait quinze jours, trois semaines, un mois auparavant. Pourquoi ? Parce qu'il faut que le cœur soit changé. Or, il faut du temps et de l'exercice pour changer ses mauvais penchants ; il faut même que notre conduite prouve la sincérité de nos regrets par une conversion réelle, et cela prend du temps à moins d’une grâce toute spéciale de Dieu.
2°) Il faut produire des actes de contrition avant la confession, c'est-à-dire, aux approches du confessionnal, quand on est à l'Église pour s'y préparer, en attendant que votre tour arrive pour vous présenter ; il faut vous occuper sérieusement de cette grande action, redoubler de douleur, répéter plusieurs fois les actes de contrition que vous portez dans votre cœur ; car ce ne sont pas des paroles ni une vaine formule que vous devez prononcer, mais des sentiments réels, des résolutions fermes que vous devez exprimer dans ces moments préparatoires.
3°) Enfin, au moment de l'absolution, quand vous entendez le prêtre prononcer les paroles de paix : « Je vous absous, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit », c'est alors qu'il faut renouveler votre contrition dans toute l'amertume de votre âme.

Sainte Catherine Laboure en priereD : Que faut-il faire pour avoir la contrition ?
R : Il faut la demander à Dieu, et s'y exciter soi-même par les motifs que la foi nous fournit.

La contrition est une grâce infuse dans nos âmes ; elle est un don de Dieu, et nous ne pouvons l'obtenir que de Lui ; il faut donc la lui demander avec humilité, avec ferveur, avec instance. Non seulement nous devons demander à Dieu la grâce de la contrition, mais nous devons encore nous y exciter nous-mêmes par les motifs que la foi nous fournit.
Considérons ce qu'est Dieu et ce que nous sommes ; quel Père il a été pour nous, et quels fils nous avons été envers Lui ; contemplons Sa sainteté, que nous avons offensée, Sa majesté, que nous avons outragée, Sa miséricorde, que nous avons méprisée, Sa justice, que nous avons bravée ; pensons aux maux affreux et éternels que nous avons mérités ; élevons nos pensées vers les biens qui nous étaient promis et que nous avons perdus par nos péchés : il est impossible que toutes ces réflexions ne nous aident pas à avoir une véritable contrition pour suivre les Commandements de Dieu.

Remarquez bien : dans la contrition parfaite il y a deux choses :
1°) Une demande : nous péchons par nos propres forces, mais par nous-mêmes nous ne pouvons nous tirer du bourbier où nous sommes plongés ; nous tombons comme des enfants ; il nous faut la main d'une Mère pour nous relever. Implorons donc la médiation de notre sainte Mère du Ciel pour lui demander l’aide dont nous avons besoin et d’intercéder auprès de Celui même que nous avons offensé.
2°) Un regret amer de nos péchés : ainsi, quand vous aurez fait votre examen de conscience, considérez les raisons que vous avez de déplorer vos égarements ; réfléchissez sur le déplorable état de votre âme, et l’éloignement où vous êtes de votre Père céleste ; méditez profondément sur les motifs qui doivent exciter vos regrets et vos bonnes résolutions.

D : Faites un acte de contrition.
R : « Mon Dieu, j'ai une extrême douleur de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable, et que le péché vous déplaît ; pardonnez-moi par les mérites de Jésus-Christ ; je prends la ferme résolution, moyennant votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence. »

Cet acte renferme les motifs de la contrition la plus parfaite, lesquels sont la bonté et les amabilités infinies de Dieu, et l'horreur souveraine qu'il a pour le péché; il exprime, par rapport au passé, le regret amer, la douleur extrême, c'est-à-dire très grande, au plus haut degré, des péchés commis ; et, par rapport à l'avenir, la ferme résolution, moyennant la grâce de Dieu, de n'y plus retomber.

Voyons maintenant ce que signifient précisément ces touchantes paroles :

Mon Dieu : C'est à Dieu que vous adressez votre repentir ; c'est à Celui-là même que vous avez offensé.
J'ai un très grand regret de vous avoir offensé : Il est très grand votre repentir ; elle surpasse la douleur que vous auriez des plus grands malheurs de la vie, car c’est Dieu Lui-même que vous avez offensé.
Parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable, et que le péché vous déplaît : Dieu est bon, il est la sainteté, l’amabilité même ; c'est parce que le péché déplaît â Dieu, excite sa colère, attire ses vengeances, troublent la conscience, refroidit la charité, arrête le progrès des vertus, et conduit à d'autres péchés plus graves ou à des tentations plus dangereuses qu'il faut détester tous vos mauvais penchants. De là ces maximes du Sage : « celui qui ne tient pas compte des petites choses tombera peu à peu ; celui qui aime le danger périra dans le danger. »
Pardonnez-moi : notre Seigneur ne méprise pas un cœur contrit et humilié (Ps. L, 19) ; mais ce n'est pas à vos mérites que le pardon est accordé; car vous ajoutez :
Par les mérites de Jésus-Christ : C'est Lui qui nous a mérité l'indulgence et la rémission de nos péchés ; il l'a achetée au prix de son Sang ; c'est la voix qui s'unit à nos gémissements, qui calme sa juste colère, et qui fait descendre sur nous la miséricorde.
Je prends la ferme résolution : cette résolution est absolument nécessaire pour obtenir votre pardon. N'achevez pas votre prière sans que vous ne soyez sincèrement déterminé à tout faire, à tout souffrir plutôt que de retomber dans le péché. Si vous n'êtes pas dans cette détermination, demandez-la instamment à Dieu. Voilà pourquoi vous ajoutez :
Moyennant votre sainte grâce : Cette expression signifie au moyen de la grâce, avec le secours de la grâce, sans laquelle vous ne pouvez ni éviter le péché ni faire une pénitence telle que Dieu l'exige de vous, car vous ne pouvez rien sans cette grâce ; ce n'est que par Son moyen que vous ne pécherez plus : c'est ce qui doit encourager vos bonnes résolutions. Ne comptez pas sur vos propres forces, mais vous pouvez tout en Celui qui vous fortifie (Philip. IV, 13). Enfin vous aurez la preuve que vous êtes véritablement contrit, lorsque vous serez résolu de recourir à la confession.
De ne plus vous offenser et de faire pénitence : cette promesse est un engagement que vous prenez avec Dieu, de ne plus l’offenser. Accomplissez incessamment le précepte que vous promettez d'accomplir, le précepte de la confession : précepte qui vous oblige, de droit naturel et divin, à ne pas vous exposer au danger de mourir en état de péché mortel. Aussi, faites souvent votre acte de contrition, faites pénitence et montrez par votre conduite que vous êtes véritablement contrit.

Si donc vous récitiez tous les jours cet acte de contrition en vérité et du fond du cœur, vous ne pécheriez plus, vous seriez toujours dans la grâce et la charité ; mais tous les jours on le dit, et tous les jours on pèche, même grièvement ; c'est qu'on ne le dit que du bout des lèvres. Dites-le sincèrement avec l’amertume de votre cœur, et demandez votre pardon à Dieu avec l’assurance de l'obtenir.

Sainte Therese de l'Enfant-Jesus au pied de la CroixD : Comment dois-je m’appliquer à rechercher une bonne contrition ?
R : Je dois m’appliquer à rechercher une bonne contrition en la demandant à Notre Seigneur.

La contrition doit nous venir de Dieu, nous ne pouvons l'avoir de nous-mêmes, c'est une grâce, un don de Dieu. Voilà pourquoi il faut la demander au Seigneur. Voyez Saint Pierre, il renie son bon Maître jusqu'à trois fois, sans rentrer en lui-même, sans pleurer son péché. Il lui fallait une grâce surnaturelle pour le déplorer. Il lui fallait un regard de Jésus pour lui percer le cœur, et c'est ce qui arriva : Ce divin Maître, conduit par ses gardes, passe dans la salle où son trop faible disciple venait de le renier indignement. Jésus jette sur Pierre un tendre regard ; aussitôt le coupable est converti ; pénétré de douleur il sort et verse des torrents de larmes amères (Matth. XXVI, 75).
Il ne dépend donc pas de nous d'avoir la contrition ; Dieu que nous avons offensé, ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive (Ezech. XVIII, 23). Il vient au-devant de nous comme le père du prodigue ; il nous appelle, il nous tend les bras, il relève son enfant qui est tombé. Ainsi agit Dieu infiniment bon envers nous qui avons désobéi. C'est ce qui doit nous rassurer et exciter notre confiance. Hélas ! Si notre conversion ne dépendait que de nous, que deviendrions-nous ? Mais elle dépend de Celui qui peut toucher les cœurs les plus endurcis.

Nous devons donc demander à Dieu la grâce d’une bonne contrition ; mais ce n'est pas assez de réciter de bouche une belle formule de contrition, car l'acte de contrition ne consiste pas à articuler matériellement, du bout des lèvres, certaines formules, mais à les produire du fond du cœur. Les personnes spirituelles ne font même pas d'ordinaire l'acte de contrition avec la langue, mais seulement de cœur.

Supposons donc que vous dites ces paroles de l'acte ordinaire de contrition : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé, etc. », il faut qu'il y ait en même temps dans votre âme, un sentiment vrai qui vous réponde : Oui, je voudrais n'avoir pas commis tels péchés ; si c'était à recommencer, je ne les commettrais plus.

On fait tous les jours son acte de contrition ; dès l'enfance on vous l'a mis sur les lèvres, mais hélas on le dit par routine, sans y penser, sans en être affecté, sans changement du cœur, sans vouloir faire autrement. Vous le dites, mais Dieu qui voit le fond de votre cœur y voit-il ce regret sincère ? C'est là l'essentiel pour recevoir l'absolution.
Vous lisez dans un livre de prières une touchante formule de contrition aux approches du confessionnal ; mais avez-vous travaillé à faire pénétrer la contrition au-dedans de votre volonté ? Avez-vous commencé à prendre la ferme résolution de fuir les péchés dont vous tombez si souvent ? Travaillez-vous à les vaincre pour l’amour de Notre Seigneur ? Pardonnez-vous à ceux qui vous ont offensé ? Êtes-vous en voie de réconciliation avec vos ennemis ? Si votre volonté est changée sur tous ces objets, alors vous avez une contrition véritablement intérieure. Si cela n'est pas, convertissez-vous de tout votre cœur en vous faisant aider par votre confesseur, un prêtre rempli de prudence et de sagesse, charitable, qui ne cherche que la gloire de Dieu et le salut des âmes, et vous verrez qu'avec son aide et le secours de Notre Seigneur tout vous deviendra aisé, pourvu que vous vous soyez examiné de manière à pouvoir répondre et donner les explications convenables sur les questions que votre confesseur vous fera.

RÉCAPITULATION PRATIQUE

1°) Concevez bien ce que c'est que la contrition, et souvenez-vous qu'elle est absolument nécessaire pour obtenir le pardon de vos péchés.
2°) Tâchez de l'avoir parfaite, surtout en danger de mort ; excitez-vous-y par le motif de l'amour de Dieu.
3°) N'attendez jamais les derniers moments ni que vous soyez au confessionnal pour en produire des actes ; mais faites-en tous les jours à votre examen de conscience, et toutes les fois que vous avez péché : c'est un moyen excellent pour vous corriger de vos mauvaises habitudes.
4°) Réfléchissez souvent sur les motifs qui doivent exciter dans votre cœur le regret du péché, surtout aux approches de vos confessions.
5°) Demandez toujours à Dieu cette grâce en disant : « Convertissez-moi, Seigneur et je serais convertis. »
6°) Quand vous voudrez vous exciter à la contrition, rappelez-vous les quatre qualités qu'elle doit avoir (intérieure, souveraine, surnaturelle et universelle), et méditez-les profondément.
7°) En vous exerçant à la contrition, demandez-vous à vous-mêmes : ma douleur est-elle vraiment au fond du cœur ? Est-ce pour Dieu et pour mon salut que j'ai regret d'avoir péché ? N'y a-t-il pas quelque péché secret et favori que j'aime encore ? Suis-je bien sincèrement résolu de préférer Dieu à toute autre chose ?
8°) Efforcez-vous d'avoir une douleur qui porte tous ces caractères.
9°) Pour cela, demandez-la tous les jours à Dieu dans vos prières, à la messe, aux approches de vos confessions.

TRAITS HISTORIQUES

Les deux voleurs dans une cellule. — Deux accusés qui n'avaient pas encore été jugés se trouvaient dans une même cellule : les deux étaient très abattus et pleuraient. « Quelle honte, disait l'un d'eux, comment ai-je pu faire cela ; que penseront-ils de moi dans ma famille » ; mais il ne pensait pas à Dieu. L'autre au contraire pensait à Dieu et disait : « O mon Dieu, je me repens d'avoir transgressé vos commandements ! Pardon Seigneur ! » Le premier n'avait qu'une contrition naturelle ; il ne regrettait sa faute qu'à cause du malheur où il s'était jeté et des conséquences qui en découleraient, et sa douleur était sans valeur devant Dieu. Le second se repentait à cause de Dieu et de l'offense qu'il lui avait faite : sa contrition était surnaturelle et méritoire devant Dieu.

Un père pris d'hémorragie. — Un père qui se trouvait tout seul avec ses deux enfants eut un accès d'hémorragie. Aussitôt ils appelèrent les secours et un prêtre, puis un des enfants détacha le crucifix du mur ; il le présenta à son père qui récita pieusement l'acte de contrition parfaite. Le père mourut avant l'arrivée des secours et du prêtre, mais il avait rendu l'âme dans une grande sérénité.

PRIÈRES

« O Mon Dieu, ô bonté suprême, une fois que j'aurai eu le bonheur de me réconcilier avec Vous, faites que je m'attache inviolablement à votre service, et que rien ne puisse jamais me séparer de Votre saint Amour. »

« Père éternel, je vous offre le très Précieux Sang de Jésus-Christ, en expiation de mes péchés et pour les besoins de la sainte Église. »


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