Prieres et spiritualite

Accueil
|
Dieu
|
Sainte Vierge
|
Prières diverses
|
Exercices
|
Méditations
|
Messe
|
Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Église
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Église
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Église :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandements
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

SOIXANTE DEUXIÈME LEÇON


LE SAINT SACRIFICE DE LA MESSE

Institution de la MesseDEMANDE : Qu’est-ce que la messe ?
RÉPONSE : La messe est le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ, offert à Dieu, sur l'autel, par le ministère des prêtres, sous les espèces du pain et du vin, pour continuer et représenter le Sacrifice de la croix.

EXPLICATION : La messe est un sacrifice : Jésus-Christ l'institua la veille de sa mort, quand il donna à ses disciples son Corps à manger et son Sang à boire ; en sorte que le sacrifice non sanglant de la sainte eucharistie a précédé le sacrifice sanglant de la croix. Pour nous en convaincre, transportons-nous en esprit dans le cénacle ; voyons ce que Jésus-Christ y fait, et prêtons l'oreille aux paroles qu'il prononce : il prend du pain, le rompt, le donne à ses disciples, en disant : « Prenez et mangez, ceci est mon Corps, à qui est livré pour vous. » Il prend ensuite le calice, et, rendant grâces, il leur donne en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon Sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés. » Ainsi Notre-Seigneur a donné à ses apôtres son Corps séparé de son Sang, et son Sang séparé de son Corps. Il était donc, dans le cénacle, présent entre ses propres mains, comme dans un état de mort, et, par conséquent, après s'être offert Lui-même en sacrifice d'une manière non sanglante. C'est pour cela qu'il présente à ses apôtres son Corps comme nourriture : « Prenez et mangez ; car ceci est mon Corps ; » et son Sang comme breuvage : « Buvez-en tous, car ceci est mon Sang. » Jésus-Christ, continuant d'adresser la parole à ses apôtres, dans le cénacle, ajoute : « Faites ceci en mémoire de Moi. » Par là Il les a établis prêtres, leur a donné le pouvoir d'offrir le même sacrifice, et celui de transmettre le sacerdoce, dont ils venaient d'être revêtus.

D : Que faut-il entendre par sacrifice ?
R : Le sacrifice est l'offrande faite à Dieu seul, par un prêtre, d'une chose extérieure et sensible, laquelle est détruite ou au moins changée, pour reconnaître le souverain domaine de Dieu, et lui rendre l’hommage dû à sa souveraine majesté par toutes les créatures.

Le sacrifice est l'abandon volontaire, le renoncement que l’on fait d'une chose, pour l'offrir à quelqu'un, ou dans un but d'utilité publique. Je suppose que, pour tirer un ami de la gêne où il se trouve, vous lui prêtiez de l'argent et qu'ensuite il ne puisse vous le rendre, vous direz : "J'en fais le sacrifice".
Un père s'épuise de veilles et de travaux pour établir ses enfants d'une manière convenable ; et, lorsqu'il a ruiné sa santé pour les mettre dans l'aisance, ne peut-il pas dire : "J'ai fait pour mes enfants le sacrifice de ma vie" ?
En plusieurs circonstances, on fait le sacrifice d'une partie de son bien, pour conserver l'autre.
Un soldat, qui va affronter la mort au milieu d'une sanglante mêlée, ou dans tout autre poste dangereux, fait le sacrifice de sa vie pour le salut de la patrie.
Une personne qui embrasse l'état religieux, fait le sacrifice de tous les avantages que le monde peut lui offrir, pour se dévouer entièrement au bien de l'Église et au service du Seigneur.
Le sacrifice est donc, dans le langage ordinaire, l'abandon volontaire, le renoncement que l’on fait d'une chose, pour l'offrir à quelqu'un, ou dans un but d'utilité publique. Pareillement, dans le langage religieux, on entend par sacrifice toute offrande faite à Dieu ; et ce mot désigne en général tout acte de piété, toute bonne œuvre, tout ce qui tend à honorer le Seigneur. En ce sens, la prière est à la fois une demande faite à Dieu, et un sacrifice de louange, d'amour ou d'action de grâces ; l'aumône est un sacrifice de charité. En ce sens encore, nous devons nous sacrifier nous-mêmes à Dieu, en lui consacrant nos pensées, nos sentiments et nos actions, parce qu'ayant tout reçu de Dieu, nous devons tout rapporter à sa gloire. Mais, dans un sens plus restreint, on entend par sacrifice un acte solennel de religion, par lequel on offre à Dieu une chose sensible, qu'on détruit ou qu'on change en son honneur, pour reconnaître par là qu'il est le premier principe et le maître absolu de toutes créatures, et qu'il a plein pouvoir de les conserver, de les anéantir, d'en disposer comme il veut.
1°) Le sacrifice est un acte solennel de religion parce qu'entre tous les exercices religieux, le sacrifice tient le premier rang. Il est l'expression du culte suprême, l'adoration proprement dite.
2°) Par le sacrifice on offre à Dieu une chose sensible, non pas certes qu'il en ait besoin, car n'est-ce pas Lui qui produit toutes choses ? Et que pouvons-nous lui offrir que nous n'ayons reçu de sa main ? Mais pour lui faire hommage, comme à l'auteur et au distributeur de tous les biens, et pour lui témoigner notre soumission et notre dépendance. Nous sommes, à l'égard du Seigneur, comme un pauvre, qui fait de légers présents à un riche qui lui a rendu quelque service, s'imaginant avec raison que, sans en avoir besoin, le bienfaiteur lui saura gré d'un témoignage de reconnaissance.
3°) On offre à Dieu une chose sensible, parce que, bien que le Seigneur doive être adoré surtout en esprit et en vérité, il exige cependant de nous des hommages extérieurs et sensibles, qui sont comme le symbole des sentiments de piété, dont notre cœur est intérieurement pénétré.

Sacrifice de la croixD : A-t-on offert dans tous les temps, des sacrifices au Seigneur ?
R : Oui, et les divines Écritures ne nous laissent aucun doute à cet égard.

Si nous remontons jusqu'à l'origine du genre humain, nous y verrons les premiers hommes honorer Dieu par l'oblation et l'immolation des victimes. Tantôt offrant sur ses autels les prémices des fruits de la terre, ils témoignaient d'une manière pathétique que c'était de la main de Dieu qu'ils les avaient reçus ; tantôt y versant le sang des animaux, ils reconnaissaient le Seigneur pour maître absolu de leur vie et de leur existence ; ils avouaient qu'ils avaient mérité la mort en désobéissant à Dieu ; et par cet humble aveu, plutôt que par le mérite même de la victime qu'ils immolaient, ils s'efforçaient d'apaiser sa colère et de désarmer sa justice.
Noé, au sortir de l'arche, offre en holocauste une partie des animaux qu'il avait sauvés avec lui du déluge, et le Seigneur le reçoit, dit l'Écriture, comme un sacrifice d'agréable odeur.
Abraham, après avoir reçu du ciel l'ordre de quitter le sein de sa famille et la maison de son père, pour aller au pays que Dieu lui montrerait, dresse des autels au Seigneur, et y invoque son Nom. Parmi les sacrifices offerts par ce saint patriarche , il en est un surtout digne d'être religieusement remarqué, à cause de l'ineffable mystère dont il a été une figure si expresse. Dieu lui-même éprouve Abraham ; il lui ordonne d'immoler son fils unique, Isaac, l'objet de sa tendresse. Abraham n'hésite point ; il se met en devoir d'immoler son fils unique, sur qui reposaient les promesses qui lui avaient été faites de devenir le père d'une nombreuse postérité. La foi qui l'anime lui fait comprendre qu'étant assuré du commandement de Dieu, il doit commencer par obéir, et que Dieu saura bien ressusciter Isaac pour accomplir ce qu'il a promis. Mais Dieu, qui n'a pas épargné son propre Fils, et l'a livré à la mort pour nous tous, n'agrée point de victimes humaines ; content de l'obéissance du saint patriarche, il arrête le coup qu'il allait porter à Isaac, et substitue à celui-ci un bélier qu'Abraham offre réellement en holocauste en place de son fils. — Que signifiait, dit saint Augustin, ce bélier qui, lorsque Abraham l’aperçut, avait la tête engagée dans des ronces, sinon Jésus couronné d'épines avant d'être immolé sur la croix ?

D : Pourquoi Jésus-Christ a-t-il institué le Sacrifice de la Messe ?
R : Afin de continuer parmi nous le Sacrifice qu'il a offert sur la croix pour le salut de tous les hommes, et de nous appliquer les grâces qu'il y a méritées.

Le saint Concile de Trente va vous expliquer cette réponse ; voici ses paroles : « Notre divin Seigneur et Maître, sur le point de souffrir pour nous, ne voulant pas néanmoins que son sacerdoce fût éteint par sa mort, et voulant laisser à l'Eglise un sacrifice visible qui représentât celui de la croix, pour en perpétuer la mémoire jusqu'à la fin des siècles, et pour en appliquer la vertu à la rémission des péchés que nous commettons tous les jours ; déclarant qu'il est prêtre selon l'ordre de Melchisédech ; la nuit même qu'il fut livré, offrit son Corps et son Sang sous les espèces du pain et du vin, et ordonna à ses Apôtres de l'offrir sous les mêmes symboles en les établissant prêtres de la loi nouvelle, et en leur personne il fit le même commandement et donna le même pouvoir aux Evêques et aux Prêtres leurs successeurs, par ces paroles : "Faites ceci en mémoire de moi." » Le même Concile prononce anathème à quiconque osera dire que par ces paroles, Jésus-Christ n'a pas établi ses Apôtres prêtres, et ne leur a pas ordonné d'offrir son Corps et son Sang en sacrifice.
Telle est la doctrine de l'Eglise catholique sur le saint Sacrifice de la Messe ; telle est l'histoire de son établissement ; telles sont les intentions de son divin instituteur. En mourant pour nous sur la croix, Jésus voulu perpétuer sur nous les fruits de sa mort.

D : Jésus-Christ n'a t-il institué l'Eucharistie que pour se donner à nous dans la sainte Communion ?
R : Jésus-Christ a encore institué l'Eucharistie afin de s'offrir à Dieu en sacrifice pour nous.

Jésus-Christ a institué l'Eucharistie non-seulement afin d'être toujours avec nous sur nos autels et dans nos tabernacles, et de devenir par la sainte communion la nourriture de nos âmes ; mais encore afin de s'offrir à Dieu, son Père, comme victime rédemptrice pour nous, en sorte que l'Eucharistie est tout à la fois un Sacrement et un Sacrifice.

Ceci est mon CorpsD : Pourquoi l'Eglise offre-t-elle le saint Sacrifice ?
R : Pour reconnaitre le souverain domaine de Dieu, le remercier de ses bienfaits, obtenir la rémission de nos péchés et demander les grâces qui nous sont nécessaires.

Dans cette réponse vous pouvez remarquer les quatre fins pour les quelles on offre le saint Sacrifice de la messe :
1°) Pour reconnaître le souverain domaine de Dieu. Offrir une victime, la consommer, c'est comme si nous disions : Seigneur , Dieu du ciel et de la terre, voilà un signe par lequel je vous reconnais pour le souverain Maître de ce vaste univers, comme l'Auteur de toutes les créatures, comme l'Arbitre suprême de la vie des hommes et des animaux. Je reconnais ma dépendance de votre souveraine puissance.
2°) Le saint Sacrifice de la messe est offert pour remercier Dieu de ses bienfaits. C'est un sacrifice d'actions de grâces : c'est ce que signifie le nom d’Eucharistie donné à cet adorable Sacrement qui s'opère sur nos autels.
3°) Il est offert pour la rémission des péchés. C'est ce que nous annonce en termes formels son divin Instituteur. Ceci est mon Corps qui sera livré, ceci est mon Sang qui sera répandu pour la rémission des péchés.
Qu'il est consolant d'avoir au milieu de nous une hostie pacifique pour nous réconcilier tous les jours avec le Dieu que nous offensons tous les jours ! Qu'il est heureux pour nous de pouvoir venir si souvent nous purifier dans le Sang de cette Victime immaculée ! Cependant, ne nous y trompons pas ; ce sacrifice expiatoire n'opère pas la rémission des péchés sans contrition et sans pénitence. Ainsi pécheurs, ne vous imaginez pas qu'il suffise d'assister à la messe, pour obtenir votre pardon, si vous n'y portez la componction et le regret de vos péchés.
Voici donc en quel sens il sera propitiatoire pour vous : c'est que vous y obtiendrez des grâces de conversion qui vous conduiront à la rémission de vos péchés mortels par les voies ordinaires de la pénitence.
Quant aux péchés véniels, le saint Sacrifice les efface directement sans qu'il soit nécessaire de les soumettre au sacrement de Pénitence, pourvu que vous en ayez le regret sincère et véritable. Voilà, comment le saint Sacrifice de la messe est propitiatoire.
4°) Le saint Sacrifice de la Messe est offert pour demander les grâces qui nous sont nécessaires. Il est de foi que nous ne pouvons rien obtenir que par la médiation de Jésus-Christ, et qu'avec elle nous obtiendrons tout. Sa parole en est donnée : « Demandez en mon Nom et vous recevrez tout ce que vous demanderez » (Jean XVI, 26). C'est du haut de l'autel qu'il nous dit plus que jamais : Demandez et vous recevrez. Demandez donc à la messe toutes les grâces dont vous avez besoin pour cette vie et pour l'autre ; demandez-les pour vos parents, pour vos amis et même pour vos ennemis, et vous serez sûrs d'obtenir vous-même de très grandes grâces.

D : Pour quelles fins offre-t-on le sacrifice ?
R : 1. — Pour adorer Dieu.
2. — Pour le remercier des grâces qu'Il nous a faites.
3. — Pour lui demander pardon de nos péchés.
4. — Pour lui demander les grâces dont nous avons besoin, soit pour l'âme, soit pour le corps.

Rappelons-nous ici qu'il y avait, dans l'ancienne loi, quatre sortes de sacrifices :
— l'holocauste, dans lequel la victime était entièrement consumée, pour reconnaître le souverain domaine de Dieu sur toutes les créatures ;
— l'eucharistique, qu'on offrait en action de grâces pour les bienfaits reçus ;
— le propitiatoire, offert en expiation des péchés, pour apaiser la juste colère de Dieu ;
— l’impétratoire, pour demander à Dieu tous les secours, soit spirituels, soit temporels, dont on pouvait avoir besoin.
Or, le sacrifice de la Messe renferme, et de la manière la plus excellente, la vertu de ces quatre sacrifices. II nous acquitte parfaitement de nos deux principaux devoirs envers la Majesté divine, l'adoration et l'action de grâces ; il satisfait également aux deux principaux besoins de l’homme, qui sont de satisfaire à Dieu pour les péchés commis et d'obtenir la grâce de n'en plus commettre ; et c'est ainsi que les quatre fins du sacrifice sont admirablement remplies par le seul sacrifice de la Messe. Nous l'offrons donc à Dieu pour l’adorer : Dieu est adoré autant qu'il mérite de l'être ; et, comme nous entrons en participation des mérites de Jésus-Christ, parce qu'il est homme comme nous et qu'il s'est rendu consubstantiel à notre nature, c'est aussi en Lui et par Lui que nous rendons à Dieu un honneur d'un prix infini. Voilà comment, par le saint sacrifice de la Messe, nous remplissons dans toute son étendue l'obligation de respect, d'hommage et d'adoration, que Dieu a droit d'exiger de nous. Il suit de là qu'une seule Messe rend plus de gloire à Dieu que toutes les adorations des Anges et des hommes réunies ensemble.

 

DES FINS DU SACRIFICE DE LA MESSE

 

D : Où se fait cette offrande ?
R : Dans le saint Sacrifice de la messe.

MesseC'est dans le saint sacrifice de la messe que Jésus-Christ s'offre à Dieu son Père (troisième Personne de la Sainte-Trinité) comme victime pour nous. Le mot messe vient du mot missa ou missio, qui signifie renvoi. Dans les premiers siècles, après les prières solennelles de l'exhortation, on renvoyait les catéchumènes, c'est-à-dire ceux qu'on instruisait pour les préparer au baptême : ce qui s'appelait messe ou renvoi des catéchumènes. Dans la suite, toute cette première partie de la liturgie s'appela messe des catéchumènes. La seconde partie, qui contenait le sacrifice, où les chrétiens seuls avaient droit d'assister, et qui est terminée par ite missa est, fut appelée messe ou renvoi des fidèles ; c'est de là qu'est venu le nom de messe, affecté à toute la liturgie.
Le nom de liturgie, que l’on donne à l'auguste sacrifice de nos autels, signifie la même chose que service ou œuvre publique, parce qu'en effet la messe est la partie la plus auguste du service divin.

D : Sur quoi le corps et le sang de Jésus-Christ sont-ils offerts, dans le sacrifice de la Messe ?
R : Sur l'autel.

Dans le sacrifice de la messe, le Corps et le Sang de Jésus-Christ sont offerts sur l’autel. L'autel doit être consacré sur place par un évêque, et il perd sa consécration dès qu'il est séparé de sa base. Au lieu d'un autel fixe, on peut avoir un autel portatif, appelé communément pierre sacrée, parce qu'elle est aussi consacrée par l'évêque. On la place sur une table en pierre ou en bois, à laquelle on donne improprement le nom d'autel.

D : Est-il nécessaire que le saint sacrifice soit offert sur un autel ?
R : Oui, les apôtres l'ont pratiqué, et l'Église l'a toujours ordonné.

Il n'est jamais permis de l'offrir le saint Sacrifice de la Messe ailleurs que sur un autel. Nous lisons, dans l'Ancien Testament, que Noé le premier éleva un autel à Dieu ; qu'après lui, Abraham, Isaac et les autres patriarches firent de même, et que Dieu ordonna qu'on lui dressât un autel de terre ou de pierres, pour lui offrir des sacrifices (Exode XX, 24-25).
L'autel, en général, est une plate-forme de terre, de pierre ou de bois, élevée au-dessus du sol, et sur laquelle on offre le saint Sacrifice. En effet, lorsque Jésus institua l’eucharistie en changeant le pain en son Corps et le vin en son Sang, il le fit sur une table ; ce fut le premier autel de la loi nouvelle. Lorsque les apôtres offrirent le saint sacrifice, ils le célébrèrent sur un autel, c'est-à-dire sur une table, de la même forme que celle de la scène eucharistique, pour imiter le plus exactement qu'il leur était possible ce que le divin Maître leur avait ordonné de faire, selon l'exemple qu'Il leur avait donné. Depuis ce temps-là, l'usage a toujours existé de n'offrir le sacrifice de la messe que sur un autel consacré par un évêque.

ConsacrationD : Est-il nécessaire que l’autel soit consacré ?
R : Oui, et l'Église défend expressément à ses ministres d'offrir le saint sacrifice sur un autel non consacré.

La consécration des autels est réservée à l'évêque. L'huile dont l'évêque les oint, en les consacrant, rappelle ce que fit Jacob dans le désert ; il érigea comme un monument la pierre qui lui avait servi de chevet et l'arrosa d'huile (Genèse XXVIII, 18) ; elle signifie aussi la douceur de la grâce que nous puisons dans le sacrifice eucharistique. L'encens dont il les parfume figure les aromates que Joseph d'Arimathie et les saintes femmes consacrèrent à la sépulture de l'Homme-Dieu. Les cinq croix gravées sur l'autel, l'une au milieu, et les quatre autres aux quatre coins, sont l'image des cinq plaies du Sauveur. Enfin, les reliques des saints que l'évêque enferme dans la cavité de la pierre sacrée, qu'on appelle le sépulcre, signifient l'union intime et inséparable de Jésus-Christ avec les saints morts dans sa grâce et dans son amour.

D : Quel doit être l'ornement d'un autel lorsqu'on y célèbre le saint sacrifice ?
R : L'autel doit être couvert de trois nappes ; au milieu doit être placée une croix avec deux cierges allumés, l'un à droite, l'autre à gauche de la croix.

1°) l’autel sur lequel on va dire la messe doit être couvert de trois nappes. Ces trois nappes doivent couvrir l'autel, dans une double intention. D'abord, pour plus de sûreté, en cas d'effusion du Précieux Sang ; ensuite pour représenter d'une manière mystique le Suaire et les autres linges dont la piété des disciples enveloppa le Corps du Sauveur avant de le mettre dans le sépulcre. Celle de dessus doit couvrir tout l'autel, depuis une extrémité jusqu'à l'autre. Les deux autres peuvent être plus courtes, et l'une d'elles peut être doublée, et, par conséquent, tenir lieu de deux nappes. Le lin seul ou le chanvre doit entrer dans leur confection. Toute autre matière en est exclue, quand bien même elle imiterait, par sa pureté, sa blancheur et sa solidité, le chanvre ou le lin. Ces linges doivent, en outre, être bénits.
Quant à la bande ou garniture que l'on met autour de l'autel et qu'on laisse pendre sur le devant et sur les côtés, elles peuvent être en mousseline ou en tulle brodé, quoique ce tissu soit ordinairement en coton. Cette garniture est comme un bandeau royal dont on orne le divin Sauveur, en réparation de l'outrage que lui firent les juifs, lorsque, par dérision, ils ceignirent son auguste Chef d'une couronne d'épines.
2°) Comme la messe est la représentation et le renouvellement du Sacrifice de la Croix, l'étendard de la croix doit briller au milieu de l'autel. Ce crucifix rappelle le souvenir du sacrifice sanglant opéré sur le Calvaire. Il est placé entre les chandeliers.
3°) L'Église ordonne d'allumer, pendant le saint Sacrifice, un cierge de chaque côté de la croix : et il n'est pas permis de célébrer sans cierges allumés.
Lorsque le prêtre célèbre une messe-basse, il ne doit pas y avoir plus de deux cierges allumés à l'autel. Lors de la grand’messe chantée du dimanche, il doit y avoir sur l'autel au moins six cierges allumés.

Le saint Sacrifice de la croixD : Le sacrifice de la Messe est-il le même que celui de la croix ?
R : Oui, le sacrifice de la Messe est le même que celui de la croix, quoique la manière de l'offrir soit différente.

Le sacrifice de la Messe se rapporte entièrement à celui de la croix, il n'en est pas seulement la vive représentation, mais encore la continuation ; il n'en diffère que quant à la manière de l'offrir.
En changeant le pain en son Corps, Jésus-Christ offre ce Corps adorable comme il l’a offert sur la croix. Le saint Sacrifice de la Messe renferme donc la Passion de Notre Seigneur, parce qu'il offre Lui-même sur l’autel sa mort précieuse. Le Sacrifice de la Messe est donc bien le même que le Sacrifice de la Croix, car c'est la même Victime et le même sacrificateur.
1°) la même victime : c'est le même Corps de Jésus-Christ qui fut offert sur la croix. Cette offrande répétée et multipliée ne multiplie pas les sacrifices, parce que c'est une même hostie pure et sans tache qui est offerte au nom de Dieu, d'une extrémité du monde à l'autre. Ainsi , quoiqu'on célèbre plusieurs messes chaque jour, à chaque instant dans tout l'univers, c'est toujours le même sacrifice.
2°) le même sacrificateur : car Jésus-Christ fait continuellement sur la terre, entre les mains des prêtres, ce qu'il faisait sur la croix et ce qu'il continue dans le ciel où il est notre Pontife, où il s'offre sans cesse à son Père pour l'expiation de nos péchés. Or, cette offrande est à continuation de celle qu'il fit sur la croix ; il fut Lui-même le prêtre, le sacrificateur qui immolait la victime ; il s'offrit parce qu'il le voulut ; les juifs n'étaient que les instruments dont il se servait pour la consommation de son sacrifice qu’Il renouvelle chaque jour sur l’autel pour notre sanctification.

D : Pourquoi dites-vous que la manière de l'offrir est différente ?
R : Parce que Jésus-Christ, sur la croix, s'est offert lui-même d'une manière sanglante ; au lieu que, sur l'autel, il s'offre, par le ministère du prêtre, d'une manière non sanglante.

Sur la croix, ce fut Jésus-Christ Lui-même qui s'offrit pour nous à son Père, sans l'intervention d'aucun prêtre ; sur l'autel, il s'offre par le ministère des prêtres, qui exercent visiblement ce que ce divin Sauveur exerce invisiblement.
Il offrit sa mort en sacrifice de rédemption, pour mériter toutes les grâces qu'il devait faire aux hommes. Sur nos autels, il s'offre en sacrifice de propitiation, pour appliquer aux hommes les grâces qu'il leur a méritées sur le Calvaire. Sur la croix, la mort naturelle du Sauveur ne dura que quelques heures ; mais elle devait être suivie de sa mort mystique, renouvelée chaque jour par la destruction des espèces eucharistiques ; et c'est pour cela que Daniel appelle ce sacrifice un sacrifice perpétuel (Daniel VIII, 12). Enfin le sacrifice de la Croix n'a eu lieu qu'en un seul endroit de la terre, sur la montagne du Calvaire, au lieu que le sacrifice eucharistique s'offre dans tout l'univers, comme l'avait annoncé le prophète Malachie. Voilà les principales différences entre le sacrifice de la Messe et celui de la Croix ; mais, du reste, c'est toujours le même Jésus qui s'offre et qui est offert ; c'est toujours le même sang oui coule ; et, par conséquent, c'est toujours le même sacrifice qui se renouvelle ; seulement, Jésus-Christ n'y souffre plus, n'y meurt plus puisqu’Il s'offre d'une manière non sanglante ; son sang n'y est répandu qu'en figure, et sa mort n'a lieu qu'en représentation ; c'est-à-dire que Jésus-Christ est, sur l'autel, sous une figure de mort, quoique, en réalité, il soit vivant, glorieux et immortel.
Jésus-Christ s'offre donc à l'autel, comme il s'est offert en mourant sur la croix, et il n'y a de différence qu’en la manière d'offrir le Sacrifice. Il s'y offre aussi comme à la Résurrection. Il s'y offre également comme à l'Ascension, puisqu'il monte encore de l'autel de la terre au sublime autel du Ciel pour y aller résider et intercéder pour nous, offrant ainsi toujours une même hostie. C'est pour cela que le prêtre dit, à la messe, qu'il offre ce sacrifice pour renouveler la mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ. Tels sont les Mystères que renferme la continuation du sacrifice de Jésus-Christ ; ainsi se vérifient chaque jour ces paroles du Psalmiste : « Le Seigneur, plein de bonté et de miséricorde, a laissé un monument de ses merveilles : il a donné la nourriture à ceux qui le craignent. » (Psaume CX, 4).

DieuD : A qui offre-t-on le Sacrifice ?
R : A Dieu seul, comme au souverain Seigneur de toutes choses.
D : Pourquoi ne peut-on l'offrir qu'à Dieu seul ?
R : On ne peut offrir le sacrifice de la messe qu'à Dieu seul, parce que Dieu seul est notre souverain Seigneur, et que le sacrifice de la messe est une reconnaissance de la souveraineté de Dieu sur nous.

Le Sacrifice n'est dû qu'à Dieu seul, puisque c'est un hommage qui désigne le domaine suprême du Créateur ; aussi est-ce à Lui seul qu'on a toujours offert le Sacrifice.
On peut le voir dans toutes les prières de la Messe : elles s'adressent toujours à Dieu comme à celui seul à qui la sainte Victime est offerte. Lisez toutes les prières de la messe, vous n'y trouverez jamais : « C'est à vous, saint Pierre ; c'est à vous, saint Paul, ou saint Cyprien, que nous offrons ce sacrifice » ; mais c’est toujours à Dieu seul.

D : Pourtant on dit des messes en l'honneur de la Sainte Vierge et des Saints, n’est-ce pas ?
R : En effet, on dit des messes en l'honneur de la Sainte Vierge et des Saints, mais ce n'est pas pour leur offrir le sacrifice ; c'est seulement pour remercier le Seigneur des grâces qu'il leur a faites, et pour les prier de nous obtenir par leur intercession celles dont nous avons besoin.

Nous n'offrons pas le sacrifice aux saints ni même à la plus privilégiée des créatures, la Bienheureuse Vierge Marie, si élevée en dignité et en sainteté ; nous prions seulement Marie, les anges et les saints de s'unir à nous :
1°) Pour témoigner que nous sommes unis avec eux par un lien de charité, et pour nous réjouir de leur bonheur.
2°) Pour remercier Dieu des grâces qu'il leur a faites, et de la gloire dont il les a couronnés dans le ciel. La vue de leur triomphe est bien propre à faire impression sur nos cœurs, et à nous engager à marcher sur leurs traces, pour arriver à Dieu, que nous reconnaissons être le principe de toute sainteté, comme il en est aussi la récompense.
3°) Pour rappeler leur mémoire, pour obtenir, par leur intercession, les grâces dont nous avons besoin, et pour qu'ils offrent avec nous ce Sacrifice à celui à qui seul il appartient. Sans doute, nous avons une confiance entière aux mérites de la victime immolée sur nos autels ; mais, si le sacrifice est toujours agréable à Dieu, eu égard à la dignité de Jésus-Christ, il peut ne pas l'être toujours du côté de l'homme qui l'offre ; et nous demandons qu'il le devienne entièrement, par les prières des saints que nous associons à cette oblation. Mais, du reste, leur intervention est toujours subordonnée à celle de Jésus-Christ ; et l'honneur même, que nous leur rendons, retourne à Dieu, qui s'est honoré Lui-même, comme il s'est rendu admirable dans ses saints.

D : Quelle est la matière éloignée du sacrifice de la Messe ?
R : C'est le pain de froment et le vin de la vigne.

Le pain de froment et vin tiré de la vigne, voilà la matière éloignée du sacrifice de la messe. C'est en même temps la matière nécessaire, c'est-à-dire sans laquelle on ne peut consacrer validement ; parce que, d'après la tradition, ce fut du pain de froment et du vin de la vigne que Jésus-Christ consacra, et qu'il ordonna aux apôtres et à leurs successeurs de consacrer.

D : Quelle est la matière prochaine du sacrifice de la Messe ?
R : C'est le corps et le sang de Jésus-Christ.

La matière prochaine du sacrifice de la messe, c'est le corps et le sang de Jésus-Christ, offerts à Dieu par le ministère des prêtres. Ce divin Sauveur est sur l'autel sous une figure de mort ; et quoique son corps et son sang ne soient pas réellement séparés, il s'en fait cependant une sorte de séparation représentative et mystique ; représentative, parce que la séparation du pain consacré d'avec le vin consacré sur l'autel représente la séparation du corps et du sang de Jésus-Christ sur le calvaire ; mystique, parce que la mort de Jésus-Christ nous est représentée d'une manière figurative et en mystère, c'est-à-dire par la séparation des symboles. L'espèce du pain présente, d'un côté, le corps de Jésus-Christ ; l'espèce du vin présente, d'un autre côté, le sang de Jésus-Christ, en sorte que Jésus-Christ paraît comme mort ; il se montre sur l'autel, il y est offert à son Père dans le même état qu'il était sur la croix.

D : Sous quelles espèces le corps et le sang de Jésus-Christ sont-ils offerts à Dieu dans le sacrifice de la Messe ?
R : Sous les espèces du pain et du vin.

Dans le sacrifice de la messe, Jésus-Christ est offert à Dieu sous les espèces du pain et du vin. Les espèces qui voilent le corps et le sang de Jésus-Christ appartiennent au sacrifice, mais ne le constituent pas. On offre à Dieu le corps et le sang de Jésus-Christ, sous les apparences du pain et du vin, mais on ne lui offre pas ces faibles et viles apparences : on Lui offre bien le Corps et le Sang de la seconde Personne de la Sainte Trinité.

Notre Dame du Mont CarmelD : Pour qui peut-on offrir le saint sacrifice de la messe ?
R : On peut offrir le saint sacrifice de la messe pour les vivants et pour les âmes du purgatoire.

1° C'est pour tous que la Victime sainte est immolée, même pour les pécheurs, les infidèles et les hérétiques, parce que Dieu veut le salut de tous. On peut offrir le saint sacrifice de la messe pour tous les vivants : pour les justes, afin qu'ils persévèrent ; pour les pécheurs, afin qu'ils se convertissent ; pour les hérétiques et les schismatiques, afin qu'ils reviennent à l’Église catholique ; et même pour les infidèles, afin que Dieu leur fasse la grâce de connaître et d'embrasser la vraie religion.
2°) Il est de foi qu'il y a un séjour d'expiation, où les âmes des personnes décédées dans les grâces de Dieu, achèvent de se purifier avant d'entrer dans le ciel où rien de souillé ne peut parvenir. Il est de foi qu'elles sont soulagées et délivrées par les prières et le saint Sacrifice de la messe afin que le Seigneur leur accorde un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix. Mais on ne l'offre ni pour les saints qui règnent dans le ciel, parce qu'ils n'en ont pas besoin, ni pour les damnés, parce que, leur sort étant fixé pour l'éternité, ils ne sont pas capables d'en cueillir les fruits. Mais on ne doit point légèrement présumer la damnation d'une âme. Quelque grands, quelque publics qu'aient été les péchés d'un homme, il est possible qu'au moment de la mort, éclairé d'un rayon de la grâce, touché d'un sentiment de pénitence, il ait obtenu le pardon de ses péchés. C'est pour cela que l'Église ne refuse point d'offrir le saint sacrifice, même pour celui dont la vie a été remplie de péchés, à moins qu'il ne soit bien constant qu'il est mort dans l'acte même du péché. Il est absolument possible que les vœux que l’Église adresse pour une âme lui soient utiles ; ou, s'ils ne le sont pas, ils ne sont point pour cela perdus, et Dieu les applique à d'autres âmes, selon sa sagesse et sa miséricorde.

D : Par le ministère de qui le corps et le sang de Jésus-Christ sont-ils offerts, dans le sacrifice de la Messe ?
R : Par le ministère des prêtres.

Il n'appartient pas à tout le monde d'offrir le sacrifice ; c'est un droit réservé à ceux qui ont reçu le caractère et l'autorité nécessaires pour célébrer la messe. Nul, dit saint Paul, ne doit s'ingérer dans ces fonctions sublimes, et s'attribuer l'honneur du sacerdoce, s'il n'est appelé de Dieu comme Aaron (Hebr. V, 4). Il n'y a donc que les prêtres, qui aient le pouvoir d'offrir le Corps et le Sang de Jésus-Christ. Toutefois, ainsi que nous l'avons déjà dit, ils n'agissent pas en leur nom, ni par une vertu qui leur soit propre, mais seulement comme représentants de Jésus-Christ. Ce divin Sauveur est le prêtre principal et le premier sacrificateur ; et de même que c'est Lui, dit saint Augustin, qui baptise par les mains les fidèles, de même aussi, dans le sacrifice de la Messe, c'est lui qui change le pain et le vin en son Corps et en son Sang. Les prêtres ne sont que ses ministres et ses instruments pour offrir ce Sacrifice à Dieu ; ils sont les coopérateurs nécessaires de Jésus-Christ pour cet auguste Ministère ; car Notre Seigneur, étant monté au Ciel, ne peut plus exercer sur la terre son sacerdoce d'une manière visible. Il a donc fallu qu'il confiât à des hommes sa puissance sacerdotale ; et, ne voulant pas la communiquer indistinctement à tous les fidèles, il l'a restreinte aux seuls apôtres, et, en leur personne, aux évêques et aux prêtres.
Ceux-ci, par leur consécration et leur ordination, sont revêtus du pouvoir, non seulement de toucher et de porter entre leurs mains le Corps adorable de Jésus-Christ, mais encore de le reproduire par l'efficacité de leurs paroles ; eux seuls ont le droit et la puissance de sacrifier la Victime immortelle.
Toutefois, en établissant les prêtres ministres de son sacerdoce, Jésus-Christ les a établis aussi ministres de son Église, afin d'offrir le sacrifice pour elle et au nom de tous les fidèles, qui composent le corps mystique du Sauveur. Ainsi, la Messe n'est pas tant le sacrifice du prêtre que celui de toute l'Église, qui en fait l'oblation par les mains de son ministre. Voilà pourquoi le célébrant, quand il offre le sacrifice, se sert toujours du pluriel ; il ne dit pas : « Je vous offre », mais : « Nous vous offrons cette hostie, etc. », pour montrer que ce n'est point lui seul qui fait cette oblation, mais tout le corps de l'Église, dont il est un des ministres et un des membres.
Nous devons encore ajouter que, par leur qualité de chrétiens, les simples fidèles ont quelque part au sacerdoce de Jésus-Christ, soit parce qu'ils peuvent joindre à l'oblation du Corps et du Sang de Jésus-Christ leurs bonnes pensées et les pieux sentiments de leur cœur, comme ledit saint Pierre (I Pierre II, 5) ; soit parce qu'ils peuvent faire offrir le sacrifice à leur intention ; soit parce qu'en y assistant d'une manière respectueuse, en s'unissant au prêtre, en souscrivant à ce qu’il fait, ils offrent par lui et avec lui la Victime sainte. Alors tous les chrétiens consacrent tous ensemble le Corps du Sauveur ; et plus nos assemblées sont nombreuses, plus le Seigneur en est glorifié. Mais, quoique les fidèles coopèrent ainsi indirectement à la célébration des saints Mystères, il n'en reste pas moins vrai que les prêtres seuls ont le droit d'offrir l'auguste Sacrifice sur l’autel.

Padre PioD : Qui a donné ce pouvoir aux prêtres ?
R : Notre-Seigneur Jésus-Christ, lorsqu'il a dit à ses apôtres, après l'institution de l'Eucharistie : « Faites ceci en mémoire de moi. ».

Dans le dessein qu'Il avait de perpétuer son Sacrifice sur la terre, pour la rémission de nos péchés et pour renouveler la mémoire de sa Passion et de ses miséricordes infinies, Jésus-Christ se choisit des ministres qu'il investit de l'autorité la plus sacrée. « Faites ceci en mémoire de moi », dit-il à ses apôtres, et, en leur personne, à leurs successeurs. Or, que venait-il de faire ? Il venait de changer le pain et le vin en son Corps et en son Sang ; il leur donnait donc le pouvoir d'opérer le même changement, et, par conséquent, d'offrir le sacrifice de la nouvelle alliance. C'est ainsi qu'après avoir institué le sacrement de l'Eucharistie par ces paroles : « Ceci est mon corps... Ceci est mon sang », Il établit le sacrement de l'Ordre par ces autres paroles : « Faites ceci en mémoire de moi ».
Les prêtres sont donc les dépositaires de la puissance de Jésus-Christ ; ils parlent et agissent au nom de Jésus-Christ.
Mais plus la dignité des prêtres est éminente, plus leur sainteté doit être grande ; et quelle abomination, si la pureté de leur vie ne répondait pas à la pureté de la Victime qu'ils ont l'honneur d’immoler ! Cependant, la valeur du sacrifice est tout à fait indépendante des dispositions du ministre ; il tire sa vertu de la dignité de la victime, qui est toujours d'un prix infini aux yeux de Dieu, et qui ne peut être souillée par l'indignité et la malice de celui qui l'offre. Si donc un prêtre avait le malheur de s'approcher du saint autel avec une conscience impure, il commettrait un horrible péché ; mais le sacrifice n'en serait pas moins profitable à ceux qui seraient bien disposés pour en recevoir le fruit. Le prêtre mangerait et boirait sa propre condamnation, dit saint Augustin, mais non pas celle des autres. Le sacrifice est toujours saint ; il opère pour chacun en particulier, selon la disposition de cœur qu'on y apporte ; l'indignité du prêtre n'est préjudiciable qu'à lui-même.

D : Quand faut-il assister à la Messe ?
R : On est obligé d'assister à la Messe les dimanches et les fêtes d’obligation ; et il est très-utile d'y assister tous les jours.

On doit assister à la Messe les dimanches et fêtes d’obligation, sous peine de péché mortel (Troisième Commandement de Dieu et les deux premiers Commandements de l’Église). Ici le Catéchisme ajoute qu'il est très-utile d'y assister tous les jours. Ce n'est pas un précepte, mais cela est d'une très grande utilité ; on ne fait pas un péché mortel d'y manquer les jours ordinaires de la semaine, mais on se prive des plus précieux avantages.

D : Avec quels sentiments doit-on assister à la Messe ?
R : Il faut assister à la Messe avec des sentiments de foi, de piété, de dévotion, de contrition de nos péchés, de confiance et d'union avec Jésus-Christ, qui s'offre pour nous ; puis devons nous-mêmes nous offrir à Dieu par Jésus-Christ et avec Jésus-Christ.

Recueillement a la messeCette piété, cette dévotion consiste à apporter au saint Sacrifice de la messe les sentiments de foi, d’amour, de confiance, de respect, de reconnaissance, de componction, de pénitence, etc. , qui doivent pénétrer un bon Chrétien dans un acte de religion si auguste et si touchant. Offrez donc la sainte Victime par les mains du prêtre, en entrant dans les intentions de l'Église pour honorer Dieu, pour le remercier de ses bienfaits, pour apaiser sa justice, pour implorer sa clémence et ses bienfaits, sur vous, sur vos parents, sur vos amis, sur vos ennemis, sur tous les hommes vivants et morts.
Cette dévotion consiste encore à vous offrir à Dieu par Jésus-Christ et avec Jésus-Christ. Hélas ! Que présentons-nous à Dieu quand nous nous offrons nous-mêmes ? Rien ; des défauts, des misères, des passions ; mais tout cela offert par la médiation de Jésus-Christ et en union avec Jésus-Christ, accompagnée de sentiments d'humilité et de pénitence, sera purifié et rectifié, et deviendra une offrande agréable à Dieu plein de bonté et de miséricorde.
Les plus beaux sentiments sont ceux qui viennent du cœur. Parlez à Celui qui se communique avec complaisance aux simples et aux petits ; dites-Lui tout ce que vous savez de vos péchés, dans la candeur et la simplicité de votre âme ; récitez un Pater Noster, un Ave Maria , un Credo, un Confiteor, et cela de bon cœur, lentement, réfléchissant sur chaque mot, sur chaque demande, sur chaque article, appuyant tout cela de bonnes résolutions, et vous livrant avec effusion aux bons sentiments que ces prières expriment ; demandez-Lui pardon et de vous aider à ne plus retomber dans le péché. Cette piété, cette dévotion consiste à apporter au saint Sacrifice de la messe les sentiments de foi, d’amour, de confiance, de respect, de reconnaissance, de componction, de pénitence, etc. , qui doivent pénétrer un bon Chrétien dans un acte de religion si auguste et si touchant. Offrez donc la sainte Victime par les mains du prêtre, en entrant dans les intentions de l'Église pour honorer Dieu, pour le remercier de ses bienfaits, pour apaiser sa justice, pour implorer sa clémence et ses bienfaits, sur vous, sur vos parents, sur vos amis, sur vos ennemis, sur tous les hommes vivants et morts.

Arrêtons-nous un peu pour lire dans la sainte Bible(1) le récit de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ :
Matthieu, § 26 et 27 ; Marc, § 14 et 15 ; Luc, § 22 et 23 ; Jean, § 18 et 19.

   (1) de préférence la Bible de Saint Jérôme, dite La Vulgate, seule Bible approuvée par le Saint-Siège ; ou/et la Bible Crampon, traduite de l'hébreu et du grec par le chanoine Auguste Crampon, et qui est également très fiable. Une liste de missels, soigneusement sélectionnés, est consultable dans la rubrique "Librairie".

Reprenons la leçon et figurons-nous que nous sommes au Calvaire ; pensons à ce qui se passait au jardin des Oliviers, chez le Grand-Prêtre, chez Hérode, chez Pilate ; contemplons notre divin Sauveur traîné dans les rues, outragé, flagellé, couronné d'épines, portant sa croix, couché sur ce bois, cloué, suspendu, expirant au milieu des outrages de son peuple ingrat.
Entretenons-nous avec Lui, compatissons à ses souffrances avec les saintes femmes et les amis de Jésus ; mêlons nos larmes au Sang qui coule de Ses plaies ; recueillons-en les gouttes précieuses qui seront autant de grâces dont Dieu nous comblera. Faisons tout cela dans notre imagination, avec bonté de cœur ; et le temps du saint Sacrifice de la Messe sera bien employé pour nous ; nous aurons alors entendu la messe avec dévotion, et nous en retirerons de très grands avantages.

 

INTRODUCTION À LA LITURGIE
DU SACRIFICE DE LA MESSE

 

D : Quelle a été l'intention de Jésus-Christ en instituant le saint sacrifice de la Messe ?
R : Jésus-Christ, en instituant le saint Sacrifice de la Messe, a voulu continuer, dans tous les temps et dans tous les lieux, le sacrifice qu'il a offert une fois, sur la croix, pour le salut de tous les hommes.

Jésus-Christ s'est immolé sur la croix pour le salut de tous les hommes : mais son sacrifice ne devait-il être que passager, ou bien fallait-il que cette grande victime renouvelât sans cesse ses humiliations et ses souffrances ? Adorez ici un des plus grands et des plus profonds mystères de la religion. Le sacrifice devait être perpétuel, il devait durer autant que la religion de Jésus-Christ, qui ne peut subsister sans sacrifice ; et cependant la victime ne devait mourir qu'une fois ; mais à une immolation sanglante devait succéder une immolation mystique qui eût, par rapport à Dieu et par rapport à nous, tout l'effet d'un véritable sacrifice ; une mort figurée qui nous appliquat tous les mérites d'une mort réelle soufferte une fois pour le péché ; et c'est ce qui a lieu dans le saint Sacrifice de la Messe que Jésus-Christ a institué pour continuer parmi nous le sacrifice de la Croix, et nous en appliquer les fruits.

Assistance a la messeD : Pourquoi Jésus s'offre-t-il à Dieu son Père dans le saint Sacrifice de la Messe ?
R : Jésus-Christ s'offre à Dieu son Père dans le saint Sacrifice de la Messe, comme Il s'offre sur la croix, pour l'adorer en notre nom, le remercier des grâces qu'il nous accorde, lui demander pardon de nos péchés et obtenir les grâces dont nous avons besoin.

Si nous remontons à l'ancienne loi, nous trouvons que les sacrifices ordonnés par Moïse se rapportent plus particulièrement à quatre fins.
La première et la principale était de rendre à Dieu le culte d'adoration qui lui est dû par sa créature, et de reconnaître son souverain domaine sur tout ce qui existe : c'est ce qu'on appelle Holocauste, qui était regardé comme le plus parfait et le plus excellent des sacrifices ; la victime était entièrement consumée par le feu.
La seconde fin était de rendre grâces à Dieu des biens reçus de lui, en les lui offrant ; cette sorte de sacrifice, que l'Écriture appelle d'Actions de grâces, a reçu des Grecs la dénomination de sacrifice eucharistique.
La troisième fin était de demander a Dieu ses bienfaits et ses grâces ; c'étaient les sacrifices impétratoires.
Enfin, la quatrième était de satisfaire à la justice divine et d'obtenir la rémission des péchés : c'étaient les sacrifices propitiatoires.
Tous ces différents sacrifices n'étaient, comme le dit Saint-Paul, que les figures, les ombres du grand sacrifice de la loi nouvelle que Jésus-Christ a offert sur le Calvaire, et qu'il renouvelle tous les jours sur nos autels. Ainsi le saint Sacrifice de la Messe, en succédant à tous ceux de l'ancienne loi, réunit leurs différents caractères, remplit toutes les fins pour lesquelles ils étaient offerts, et produit, à lui seul, tous leurs effets divers ; il est tout à la fois sacrifice latreutique ou d'adoration, sacrifice eucharistique ou d'Action de grâces, sacrifice propitiatoire ou d'expiation, sacrifice impétratoire ou de prières.

1°) La Messe est un sacrifice latreutique ou d'adoration, puisque Jésus-Christ y adore son Père en notre nom, s'humilie devant Lui et se tient en Sa présence dans un état d'anéantissement et de mort, pour lui rendre des hommages proportionnés à son infinie grandeur et à l'immensité de ses perfections.
2°) La Messe est un sacrifice eucharistique ou d'Action de grâces, puisque Jésus-Christ y remercie son Père des bienfaits dont il nous a comblés, et répète sans cesse sur nos autels ce qu'il disait dans les jours de sa vie mortelle : « Mon Père, je vous rends grâces. »
3°) La Messe est un sacrifice propitiatoire ou d'expiation, puisque Jésus-Christ s'y offre à son Père pour obtenir le pardon de nos péchés et nous réconcilier avec Lui.
4°) La Messe est un sacrifice impétratoire ou de prières, puisque Jésus-Christ s'y offre à son Père pour attirer sur nous toutes les grâces et tous les secours dont nous avons besoin.
Voilà ce que fait Jésus-Christ dans le sacrifice de la Messe ; telles sont les fins pour lesquelles Il s'offre à Dieu son Père sur nos autels.

D : Que devons-nous faire lorsque nous assistons à la Messe ?
R : Quand nous assistons à la Messe, nous devons adorer Dieu, le remercier de ses biens faits, lui demander pardon de nos péchés, et solliciter les grâces qui nous sont nécessaires.

Pendant que Jésus-Christ s'offre sur l'autel, nous devons faire avec Lui ce qu'il fait Lui-même :
1°) adorer Dieu par Jésus-Christ, et rendre hommage à sa grandeur en nous anéantissant complètement devant Lui ;
2°) remercier Dieu par Jésus-Christ de tous les bienfaits dont Il nous a comblés ; quoi de plus juste que de témoigner notre reconnaissance à Celui de qui nous tenons tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons ?
3°) lui demander, par les mérites de Jésus-Christ, le pardon de nos péchés, et le conjurer de nous traiter non pas selon sa justice, mais selon son infinie miséricorde ;
4°) solliciter par Jésus-Christ les grâces qui nous sont nécessaires pour mener ici-bas une vie chrétienne, et parvenir un jour au bonheur du ciel.

Le saint Sacrifice de la MesseD : Comment doivent assister à la Messe ceux qui ne peuvent pas s'occuper de la sorte ?
R : Ils doivent, en s'unissant au prêtre, prier, réciter le chapelet, ou au moins considérer cette sainte action avec un religieux respect et dans un grand recueillement.

La meilleure manière d'entendre la sainte Messe est, sans contredit, de suivre en esprit le prêtre dans les prières qu'il récite et dans les cérémonies qu'il exerce, en méditant sur les diverses parties de la Messe et sur les circonstances de la Passion de Notre-Seigneur qui y sont représentées. Mais peu de personnes sont capables d'une attention aussi soutenue, et de prières mentales aussi longues. Il est donc plus à propos, pour le plus grand nombre des fidèles, de s'unir au prêtre en suivant la Messe dans son missel et en répétant avec lui les prières du saint Sacrifice. Les personnes qui ne savent pas encore le latin de la liturgie selon le rite Saint-Pie V peuvent, pendant la Messe, réciter les prières qu'elles savent par cœur, comme l'Oraison dominicale, la Salutation angélique, etc., et être attentives aux chants ou prières en latin afin de les apprendre peu à peu. Il faut éviter de les réciter ou chanter par routine et par habitude, sans faire attention à ce qu'elles disent.
Si on récite le chapelet pendant la Messe, il faut, autant que possible, mettre en pratique ce qui est recommandé par plusieurs maîtres de la vie spirituelle : se conformer aux fins du Sacrifice en offrant à Dieu la première dizaine en vue de l'adorer par Jésus-Christ ; la seconde dizaine en vue de le remercier par Jésus-Christ ; la troisième dizaine en vue d'obtenir, par Jésus-Christ, la rémission des péchés que l'on a commis ; la quatrième et la cinquième dizaine, en vue d'obtenir, par Jésus-Christ, pour soi et pour les personnes auxquelles on s'intéresse, les bénédictions du Ciel, et, pour les âmes du purgatoire, le soulagement des peines qu'elles endurent. Il faut aussi, lorsque le prêtre élève le Corps et le Sang de Jésus-Christ faire dès actes de foi, d'adoration et d'humilité ; et lorsque le prêtre communie, témoigner à Jésus-Christ un ardent désir de le recevoir.
Une autre manière d'assister à la Messe, et c'est la moins parfaite, mais qui suffit à la rigueur, si l'on est dans l’impossibilité de faire davantage, consiste à se tenir à Église, pendant qu'on célébrera la messe, avec gravité, modestie et recueillement, de manière qu’on soit pénétré d'un respect sincère et profond pour l'acte le plus auguste de la religion. Il faut, de plus, être attentif à ce qui se passe à l'autel, et bannir avec soin de son esprit les pensées mauvaises ou étrangères qui pourraient s'y présenter. Les distractions involontaires ne font point perdre le fruit de la messe ; mais les distractions volontaires, et qui subsistent pendant quelque temps sont des péchés plus ou moins graves, selon leur nature ou leur durée, et peuvent même faire qu'on n'entende pas du tout la messe. Ainsi, celui qui est volontairement distrait pendant une partie de la messe, assez considérable pour que, s'il fût sorti de l'église pendant le même temps, il ne fût pas censé avoir entendu la messe, doit de même être regardée comme n'ayant pas satisfait au précepte.

Les vêtements et vases sacrés

DescriptionD : Quels sont les vêtements sacrés employés pour le saint Sacrifice de la messe ?
R : À la messe, le prêtre se revêt des 6 ornements suivants: l’amict, l’aube, le cordon ou cingulum, le manipule, l’étole et la chasuble.

L’amict est un morceau de lin blanc dont les Orientaux se servaient pour se couvrir le cou, et dont les prêtres s’enveloppaient la tête, pour être moins facilement distraits pendant le sacrifice. Cette coutume a été conservée dans plusieurs ordres religieux, mais aujourd'hui on ne le place que sur le cou et les épaules. L'amict rappelle le voile dont les soldats ont couvert le visage de Notre Seigneur et exhorte le prêtre à la piété (modestie des yeux).
L'aube est un vêtement de lin blanc qui descend jusqu'aux pieds. En Orient, il était d'usage de se revêtir d'une longue robe blanche; dans certaines circonstances, par exemple aux mariages, où l'invité recevait la robe nuptiale dans l'appartement des époux ; Jésus-Christ y fait allusion dans sa parabole du festin des noces. (St. Matth. XXII, 12). L’aube rappelle la robe d'ignominie, dont Hérode revêtit le Seigneur durant la Passion et exhorte le prêtre à la pureté du cœur.
Le cordon ou cingulum sert à retenir les longs plis de la robe qui empêcherait le prêtre de marcher. Les Orientaux ceignent ainsi leur vêtement pour leurs voyages et leurs occupations ; c'est ainsi que Tobie cherchant un compagnon rencontra un jeune homme, les reins ceints et prêt à la marche (Tob. V, 5). Le symbolisme de ce vêtement, a été indiqué par Jésus-Christ Lui-même, quand il dit : « Ceignez vos reins. » (St. Luc. XII, 35). Le cordon rappelle les cordes, dont les soldats garrottèrent Jésus, et exhorte le prêtre à la chasteté (la mortification) et à la préparation à la mort (voyage dans l'éternité).
Le manipule était primitivement un mouchoir de lin que le prêtre portait au bras gauche pour s'essuyer le visage ; il symbolise la gerbe des bonnes œuvres que l'on doit amasser. Le manipule rappelle le voile de Véronique et exhorte le prêtre aux bonnes œuvres.
L’étole provient sans doute de la garniture de l'ancienne toge, insigne de la plus haute dignité romaine. Avec ses deux extrémités pendant du cou sur la poitrine, elle est le symbole de la dignité sacerdotale : le prêtre s'en sert dans toutes les fonctions liturgiques. L’étole rappelle la chaîne que Jésus-Christ porta après sa condamnation et rappelle au prêtre sa haute dignité.
La chasuble est un vêtement muni d'une ouverture pour la tête, qui recouvre la poitrine et le dos, en descendant presque jusqu'aux genoux. La chasuble avec sa croix rappelle le portement de la croix et rappelle au prêtre son fardeau (ses devoirs d'état).

D : Quels sont les vases sacrés employés pour le saint Sacrifice de la messe ?
R : Les vases sacrés les plus importants sont dans le culte divin : le calice, la patène, le ciboire et l’ostensoir ; le livre dont on se sert pendant la sainte messe se nomme missel.

DescriptionLes vases liturgiques sont ceux qui servent au culte divin, et qui ont un rapport plus ou moins direct à la sainte eucharistie.
Le calice est le vase sacré dans lequel le prêtre consacre le vin qui, par la vertu des paroles qu’il prononce, est changé au Sang de Jésus-Christ.
La patène est un petit plat doré, qui sert à couvrir le calice et sur lequel on dépose l'hostie. Le calice et la patène doivent être consacrés par l'évêque (onction du saint chrême).
Le ciboire est un grand calice où l'on conserve les saintes hosties pour la communion des fidèles.
L'ostensoir est une pièce d'orfèvrerie, souvent en forme de soleil, destiné à mettre en évidence la sainte hostie, quand on l'expose à l'adoration des fidèles (le très saint sacrement). Le ciboire et l'ostensoir doivent être bénits par l'évêque, mais, d'après le droit canon, l'évêque peut déléguer un simple prêtre pour toutes les bénédictions qui n'exigent point l'onction du saint chrême, car ces deux vases sont uniquement destinés à la conservation de la sainte eucharistie et ne servent point à sa confection.
Le missel contient les prières communes à toutes les messes, et celles qui sont particulières aux divers temps et aux différentes fêtes de l'année.

Toutes les choses qui servent au culte divin doivent être traitées avec respect et vénération, celles surtout qui appartiennent de plus près au sacrifice et sont en contact avec la sainte eucharistie. Les laïques doivent donc ne pas toucher les ciboires et les ostensoirs qui ont déjà servi au culte divin, car ils pécheraient véniellement. Ils ne peuvent le faire qu’en revêtant une paire de gants.

Les couleurs des vêtements sacerdotaux

D : Quelles sont les couleurs des vêtements portés par le prêtre durant l’année liturgique ?
R : Les seules couleurs liturgiques autorisées par l'Église sont : le blanc, le rouge, le violet, le rose, le vert et le noir.

Le blanc désigne la joie, l'éclat et la pureté. Aussi l'Église l'affecte-l-elle aux mystères joyeux et glorieux de Jésus-Christ et aux fêtes de la Vierge, des confesseurs et des vierges et enfin à la messe du mariage.
Le rouge, qui indique l'esprit de sacrifice, l'effusion du sang, l'ardeur de la charité, convient bien à l'octave de la Pentecôte et aux fêtes de la Passion de Notre-Seigneur, ainsi que des apôtres et des martyrs.
Le violet, couleur sombre, est un symbole de tristesse et de pénitence.
Le rose atténue la tristesse par quelque mélange de joie. On en fait usage seulement le troisième dimanche d'Avent et le quatrième dimanche de Carême.
Le vert, emblème de la fécondité des champs et de la richesse des travaux spirituels, est pris quand il n'y a pas de couleur propre pour l'office.
Enfin le noir indique le deuil. Il est employé uniquement le Vendredi-Saint, ainsi qu'aux offices et messes des morts.

La langue liturgique de l'Église

Latin liturgiqueD : Quelle est la langue liturgique du saint Sacrifice de la messe, selon le rite Saint-Pie V ?
R : La langue liturgique du saint Sacrifice, selon le rite Saint-Pie V, est le latin.

Tout ce qui sert au sacrifice eucharistique est choisi avec un soin particulier : on n'y admet que ce qui s'adapte parfaitement à ses fins. Ce principe s'applique à la langue dans laquelle on célèbre la sainte Messe : la langue liturgique, en effet, doit correspondre au but liturgique.
En soi, et selon le Concile de Trente, la Messe peut être célébrée en toute langue ; cependant, jusqu’au concile pastoral Vatican II, le latin est demeuré la langue à peu près universelle du culte catholique.

D : Si donc la langue vernaculaire peut-être utilisée dans les fonctions religieuses, pourquoi est-il préférable d’employer la langue latine ?
R : Il est préférable d’employer la langue latine, car :
1°) elle favorise l'unité de la liturgie dans le temps et l'espace ;
2°) elle est un puissant secours pour conserver intacte la foi catholique ;
3°) elle est un lien très fort qui relie les unes avec les autres les Églises disséminées dans tout l'univers et les unit toutes à l'Église romaine, leur Mère, et leur centre commun.

La langue latine est consacrée par l'inscription mystérieuse de la croix ; sa haute antiquité la rend très vénérable ; l'usage qui en a été fait depuis près de deux mille ans l'a comme sanctifiée ; c'est la langue de l'Église romaine, la mère de toutes les autres, et elle est intimement liée à l'antique liturgie romaine et catholique. L'inscription de la croix : Jésus de Nazareth, roi des Juifs, était écrite en hébreu, en grec et en latin (Jean XIX, 20). C'étaient alors les trois langues principales du monde ; dans les desseins de Dieu, elles ont été comme choisies et consacrées pour les usages ecclésiastiques. Du haut de la croix, elles annonçaient au monde la gloire du Sauveur, le règne de la grâce acquis par le Sang de la seconde Personne de la Trinité. À l'autel, elles se perpétuent pour célébrer jusqu'à la fin des temps la mort de Jésus-Christ, et, par la perpétuité du sacrifice, elles étendent et affermissent de plus en plus cette domination de la grâce et de la paix et l'amènent à sa perfection. Dans les premiers siècles, ces langues furent donc d'un usage général dans le culte divin.

Parmi ces trois langues, le latin obtint bientôt la prédominance : c'était la langue de l'Empire romain, et il devint dans tout l'Occident, avec la diffusion du christianisme, la langue de la liturgie. La divine Providence choisit Rome pour être le centre de l'Église catholique ; de Rome partaient les missionnaires qui allaient dans toutes les directions répandre la lumière de l'Évangile. Avec la foi catholique, les différentes nations de l'Occident recevaient aussi la liturgie dans la langue latine ; c'est dans cet idiome que, dès l'origine, on célébrait les saints mystères parmi les peuples nouvellement convertis, car le latin possède une rare perfection  : il est remarquable par le sérieux, la dignité, la clarté, l'abondance, la précision et l'harmonie. Aussi est-il souvent très difficile, et l'expérience le prouve, de rendre le sens, et bien plus encore de reproduire la beauté, la noblesse, la profondeur et l'onction de l'original latin dans nos traductions.
Pour s'en convaincre, que l’on compare, par exemple, les diverses traductions des prières de la Messe et des séquences avec le texte latin. Il n’y a qu’à reprendre les différentes éditions des livres liturgiques, des missels, parus depuis 1969 : les traductions changent constamment, pour les mettre en harmonie avec les époques. Dans ces remaniements perpétuels, non seulement le texte et le fond des prières perdent de leur force, de leur beauté incomparable, mais souvent, ils sont défigurés et amoindris par des circonlocutions, des additions, des omissions, des inexactitudes, des erreurs, des interprétations fausses. De ce fait, il est impossible de maintenir l'uniformité du service divin.
Tous ces inconvénients sont évités par l'emploi de la langue latine. Dans son immutabilité elle nous transmet le Missel romain comme un sanctuaire inviolable, que nous ne considérons qu'avec admiration et un tendre respect.

Le sentiment religieux exige, pour le culte divin, une langue noble et majestueuse ; et c'est là précisément le caractère du latin. Le peuple, qui ne le comprend pas, est très souvent saisi devant cette langue qui s'allie si bien aux Mystères du saint Sacrifice, de même que les prières du Canon, prononcées à voix basse, sont ainsi protégées contre le mépris et la profanation.

L'usage de la langue latine n'est point un obstacle à ce que le peuple prenne part au saint Sacrifice d'une manière utile. La liturgie contient beaucoup de choses instructives ; mais l'instruction n'est point son but principal. La Messe n'est pas une conférence, un discours à l'usage du peuple : c'est un Sacrifice qui se rapporte à Dieu, et que le prêtre offre à Dieu au nom de l'Église pour le salut des fidèles. Aussi, serait-il utile, dans les églises, paroisses et prieurés qui conservent la messe en latin (rite Saint Pie V), d’offrir quelque cours basique de latin liturgique pour les fidèles qui veulent acquérir les connaissances nécessaires pour assister pieusement au saint Sacrifice.

Enfin, le latin est la langue propre à représenter et à maintenir l'union et l'unité de l'Église dans le culte, dans la foi et dans la charité.
a) L'unité de la liturgie dans le temps et l'espace ne sera conservée que si l'on se sert de la même langue en tout lieu et en tout temps ;
b) L'unité de la langue liturgique dans toute l'Église est un puissant secours pour conserver intacte la foi catholique.
c) L'unité de la langue liturgique, et l'uniformité qui en résulte pour le service divin, est un lien très fort qui relie les unes avec les autres les Églises disséminées dans tout l'univers et les unit toutes à l'Église romaine, leur Mère, et leur centre commun. Ainsi la tête et les membres forment un tout inséparable, l'unité en est favorisée.

N’oublions pas aussi que l'emploi de la langue vulgaire dans le service divin sourit aux sectes ; mais qu’au contraire, l'usage de la langue latine correspond très bien à l'essence, au but et aux œuvres de l'Église catholique.

Le chant liturgique

D : Comment s’appelle le chant qui est utilisé pendant la messe ?
R : Le chant liturgique dont l’Église se sert pendant la messe est le chant grégorien ou plain-chant.

Latin liturgiqueOn entend le plain-chant (par exemple à la grand'messe), quand le prêtre entonne le Gloria in excelsis ou le Credo, etc.… ; on l'appelle grégorien, parce que le pape Saint Grégoire-le-Grand l'a perfectionné, et qu'il s'est répandu sous son pontificat.
Ce chant est d'une beauté surnaturelle, d'un calme sacré ; il est exempt de tous mouvements passionnés et bruyants, et ne recherche point l'effet ; il se distingue ainsi des chants des rues, des concerts, des théâtres et des réjouissances publiques. C'est comme le langage d'un autre monde plus élevé, c'est le vrai chant de la prière. Dans le plain-chant on tient d'abord compte des paroles du texte que l'on perçoit très distinctement ; la belle et modeste mélodie ne se remarque qu'en second lieu.

Le chant grégorien est invariable, comme la liturgie, il reste partout et toujours le même ; c'est ainsi qu'il répond le mieux à l'essence et aux qualités de l’Église, à son unité et à son universalité. « Les chrétiens pieux préfèrent ce chant à tout autre, parce qu'il porte les cœurs à la dévotion et à la piété », disait Benoît XIV. Si les mondains n'y trouvent aucun plaisir, c'est que, comme dit l'Apôtre, « l'homme animal ne perçoit pas ce qui est de l’Esprit de Dieu » (I. Cor. II, 14).

D : Chante-t-on autre chose que le grégorien à l’église ?
R : Outre le plain-chant, on entend encore à l'église les cantiques sacrés chantés par le peuple, et la musique instrumentale (accompagnement du chant par l'orgue et d'autres instruments).

Dans les premiers siècles chrétiens où la langue liturgique était la langue du peuple, celui-ci prenait part jusqu'à un certain point aux chants de l'Église, lorsque, au Vème siècle, les peuples germains envahirent l'Empire romain, il se forma de nouvelles langues, comme l'italien et le français. Dès lors le peuple ne pouvait plus s'intéresser au véritable chant liturgique, et l'on commença à composer des cantiques dans la langue populaire, qui furent surtout cultivés en Allemagne, notamment au temps des croisades. Ainsi naquirent les cantiques des processions, des pèlerinages, à la Sainte Vierge, avec des mélodies aussi simples que ravissantes. Le cantique sacré dégénéra complètement sous l'influence de Luther, qui s'en servit pour propager son hérésie.
Les catholiques voulant alors défendre le chant liturgique de l’Église, chantèrent aussi continuellement dans leurs cantiques les doctrines catholiques attaquées.
De cette manière on eut des cantiques sans valeur (car le cantique doit être l'expression des sentiments du cœur et non pas un sermon) et des messes chantées qui se sont maintenues jusqu'aujourd'hui au grand détriment de la piété.
À la messe on ne doit user du chant populaire que modérément, pour empêcher les fidèles de méconnaître l'esprit des vrais Mystères de la Foi catholique, et de troubler mutuellement le calme de la dévotion.

La musique instrumentale n'est qu'un moyen auxiliaire pour élever plus facilement l'âme à Dieu ; mais la musique instrumentale ne doit pas être dans les offices de l’église son but à elle-même : elle est uniquement la servante du chant, et n'a d'autre but que de renforcer les paroles du chant. On ne doit donc jamais permettre que les instruments, par exemple l'orgue, écrasent le chant, et empêchent d'en percevoir les paroles.

TENUE À GARDER À L’ÉGLISE ET PENDANT LA MESSE

Recueillement pendant la messeL’église est la Maison de Dieu ; on doit toujours s’y tenir avec le plus grand respect ; on ne vient à l’église que pour prier ; aussi on doit éviter de rire, de parler, de se laisser distraire ou de distraire les autres.
On doit entrer à l’église doucement. En entrant, on doit prendre de l’eau bénite, faire pieusement sur soi le signe de la croix, puis se tourner du côté de l’autel où se trouve le Très Saint-Sacrement, faire une génuflexion convenable et se rendre posément à sa place.
Pendant la Messe, on doit se tenir à genoux, assis ou debout, selon les règles établies pour les différents moments de la Messe.

Par notre baptême nous avons été imprimés très profondément d'une manière ineffaçable, indélébile, par le caractère sacramentel qui demeure imprimé dans l'âme, même après cette vie, et nous fait ressembler à Notre-Seigneur Jésus-Christ et nous consacre à son service.
Par le caractère baptismal, nous sommes devenus membres de l'Église catholique dont le but ultime et principal est le culte divin pour perpétuer le sacerdoce de Jésus. C'est pourquoi l'Église fait une obligation, pour tout baptisé, d'assister chaque dimanche au saint Sacrifice de la Messe.
Le Pape Pie XI, dans sa Lettre Encyclique Miserentissimus Redemptor sur le Sacré Cœur, dit que les fidèles doivent concourir à l'oblation de la messe pour les péchés, à peu près de la même manière que le prêtre.

D : Comment un fidèle peut-il concourir à l'oblation de la messe ?
R : En s'offrant lui-même à Jésus-Christ.

Dans l'Encyclique mentionnée ci-dessus, le Pape dit : « Plus notre oblation et notre sacrifice ressembleront au sacrifice du Christ — autrement dit plus parfaite sera l’immolation de notre amour-propre et de nos convoitises — plus la crucifixion de notre chair se rapprochera de cette crucifixion mystique dont parle l’Apôtre, plus abondants seront les fruits de propitiation et d’expiation que nous recueillerons pour nous et pour les autres. Car entre les fidèles et le Christ il existe une admirable relation, semblable à celle qui relie la tête aux divers membres du corps; mais de plus, par cette mystérieuse communion des saints que professe notre foi catholique, les hommes et les peuples non seulement sont unis entre eux, mais encore avec Celui-là même qui est la tête : le Christ. C'est de Lui que tout le corps, coordonné et uni par le lien des membres qui se prêtent un mutuel secours et dont chacun opère selon sa mesure d’activité, grandit et se perfectionne dans la charité. C’est la prière qu’avant de mourir le Christ Jésus, médiateur entre Dieu et les hommes, adressait Lui-même à son Père : que je sois en eux et vous en moi, afin qu’ils soient parfaitement un. »

Nous devons donc aller à la messe pour offrir le saint Sacrifice et y participer avec le prêtre. Cette participation doit avant tout être intérieure, entretenue par une pieuse attention de l'âme et des affections du cœur, de façon à ce que les fidèles s'unissent étroitement au prêtre, offrant le Sacrifice avec lui et par lui, se sacrifiant avec lui. Durant l'office, il n'est pas tant de faire des dévotions privées, car la messe est le culte public rendu à Dieu au nom du Christ et de l'Église. Les fidèles doivent donc s'unir d'une manière publique non pas tellement par des dévotions privées, mais en s'offrant et en offrant Jésus-Victime à Dieu le Père et en s'offrant eux-mêmes : à l'offertoire, les fidèles doivent s'offrir avec Jésus sur la patène en unissant leur vie, leurs peines, leurs joies, à cette Hostie que le prêtre élève vers l'autel ; et de même lorsqu'il élève le calice, soyez victime avec notre Seigneur Jésus-Christ.

Après la consécration, notre Seigneur Jésus-Christ reste sur le corporal afin de permettre à chaque fidèle d'offrir Jésus à Dieu le Père pour Lui demander toutes les grâces dont il a besoin non seulement pour lui-même, mais aussi pour sa famille, pour les pécheurs, pour ceux qui souffrent, etc.

Participation des fideles a la messeLa participation des fidèles est plus complète si, à l'attention intérieure s'ajoute la participation extérieure, manifestée par des actes extérieurs comme la position du corps (à genoux, debout, assis), les gestes rituels et, surtout, les réponses, les prières et les chants. Nous devons donc prendre de bonnes habitudes, car le saint Sacrifice n'est pas une affaire privée. Aussi, le fidèle doit aller à la messe en se munissant d'un Missel pour pouvoir suivre et répondre à haute voix aux prières que dit le prêtre à l'autel.
Une participation consciente et active des fidèles ne pouvant pas être obtenue s'ils ne sont pas suffisamment formés, il est bon de se rappeler cette sage loi du Concile de Trente, qui dit : « Le saint Synode ordonne aux prêtres que, fréquemment au cours de l'homélie ou dans la catéchèse, ils expliquent des passages de ce qui est lu à la messe, et, qu'entre autres, ils mettent en valeur quelque mystère du très Saint Sacrifice. »

Voyons maintenant les erreurs les plus fréquentes que font les fidèles pendant la messe afin de s'en corriger et ainsi mieux s'unir au Sacrifice :

1°) A l'offertoire (juste après le Credo), lorsque le prêtre dit : « Dominus vobiscum » et que les fidèles répondent : « Et cum spiritu tuo », le prêtre se retourne vers la croix et avec un solennel « Oremus » il s'incline et commence à voix basse l'oraison de l'Offertoire. Les fidèles ne doivent pas attendre la fin de la lecture de l'Offertoire pour s'assoir, mais le faire juste après le mot "Oremus".
2°) Lorsque le prêtre commence la Préface, les fidèles doivent se lever et ne se mettre à genoux qu'après le Sanctus, car c'est à cet instant-là seulement que commencera le Canon de la messe.
3°) A la fin de la Consécration le prêtre termine ses prières par les mots : « Per ómnia sæcula sæculórum » ; et les fidèles répondent « Amen ». Cet Amen doit être dit à genoux, car l'Offertoire n'est pas encore terminé ; c'est cet Amen qui le finit et donc, il doit être dit à genoux. Ce n'est qu'ensuite qu'on doit se lever (après l'Oremus qui précède le Pater Noster).
4°) La communion se prend à genoux, car nous recevons réellement le Corps de notre Seigneur. Aussi, soyons disposés à l'accueillir avec le plus grand respect et humilité. Pensons également à bien présenter la langue pour éviter qu'aucune parcelle ne tombe.
5°) Certains fidèles, par respect au prêtre, s'inclinent lorsque celui-ci se rend à l'autel ou revient à la sacristie : il n'y a aucun caractère obligatoire sur cet usage. Veillons à faire attention à ce que les coutumes de certains fidèles, bien que très louables, ne deviennent pas des obligations pour les autres.

Il est important que chaque fidèle participe en âme et en corps au saint Sacrifice de la Croix, en s'offrant lui-même à Jésus et en l'offrant à Dieu le Père, première Personne de la Sainte-Trinité. C'est ainsi dont découleront d'abondantes grâces pour chaque fidèle, pour le peuple de Dieu, et pour l'Église tout entière.

 

LA LITURGIE DE LA MESSE

D : En combien de parties se divise la liturgie selon le rite Saint-Pie V ?
R : Elle se divise en six parties, dont chacune a son objet propre et particulier.

La messe se divise en six parties :

1) la première est la préparation qui se fait au bas de l'autel ;
2) la seconde contient les instructions et les prières qui se font à l'autel jusqu'au Credo ;
3) la troisième est l’oblation ;
4) la quatrième est le Canon où la règle de la consécration précédée de la préface ;
5) la cinquième, qui commence au Pater Noster, renferme la préparation à la communion même ;
6) la sixième est l'Action de grâces après le Sacrifice.

D : Quelle est la cérémonie qui précède la célébration du saint Sacrifice de la Messe dominicale ?
R : C'est l'aspersion de l'eau bénite.

Le célébrant, en chape de la couleur du jour, se met à genoux avec le diacre et le sous-diacre, sur le dernier degré de l'autel. Le diacre, ayant reçu du porte-bénitier, l'aspersoir ou goupillon, le présente au célébrant, qui asperge l'autel par trois fois, savoir, au milieu, au côté de l'évangile et au côté de l'épitre, afin d'en éloigner l'esprit tentateur qui s'y cache quelquefois, suivant l'enseignement des saints docteurs, pour troubler la piété du prêtre et de ses assistants.
Ensuite, étant encore à genoux, il se donne l'eau bénite à lui-même en faisant avec l'aspersoir un petit signe de croix sur son front, afin de se purifier. Cela fait, il se lève et asperge le diacre et le sous-diacre, qui sont restés à genoux, et se lèvent aussitôt après. Puis il va asperger le clergé ; enfin, passant au milieu des fidèles, il fait également sur eux l'aspersion de l'eau bénite, afin que, purifiés par cette eau, ils assistent au saint sacrifice avec plus d'attention et de fruit.

D : Que chante le prêtre en commençant l'aspersion ?
R : Il entonne le verset « Asperges me », lequel est continué par le chœur et suivi du psaume « Miserere mei Deus ».

En commençant l'aspersion, le prêtre entonne l'Asperges me : « Vous me purifierez, Seigneur, avec l'hysope, et je serai pur, vous me laverez et je deviendrai plus blanc que la neige. » Ce sont les paroles du roi David, au Psaume 50, verset 9. L'hysope, plante petite et fort basse, qui croit dans les murailles, est l'emblème de l'humilité et de la force de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui purifie nos consciences ; elle est aussi le symbole de la foi, par la vertu de laquelle nous sont appliqués les mérites du sang du Rédempteur.
Après l'intonation de l'Asperges me, le chœur chante : Miserere mei Deus, et le prêtre récite ce psaume à voix basse, afin d'obtenir pour lui et pour ses frères les sentiments de componction et de douleur dont était pénétré le prophète-roi.
Après l'aspersion, le célébrant récite l'oraison : « Exáudi nos, Dómine sancte ». Nous devons, pendant cette oraison, unir notre intention à celle du prêtre, et demander comme lui au Seigneur son secours contre les esprits de malice ; le prier de nous envoyer son saint ange pour nous préserver de leurs attaques et de tous les dangers, comme il envoya autrefois son ange pour accompagner le jeune Tobie dans son voyage, et le ramener sain et sauf à la maison de son père.

D : Par qui doit être faite l'aspersion de l'eau bénite ?
R : L'aspersion de l'eau bénite doit être faite par le célébrant.

C'est par le célébrant que doit être faite l'aspersion. D'où il suit que le prêtre qui doit accompagner à l'autel celui qui va célébrer solennellement pour la première fois, ne peut pas faire l'aspersion ; mais c'est le nouveau prêtre lui-même qui doit la faire. Si le célébrant n'est pas en chape, il doit du moins être en aube, avec l'étole croisée sur la poitrine.

D : La bénédiction de l'eau doit-elle se faire tous les dimanches ?
R : Oui, elle doit se faire tous les dimanches, avant la messe solennelle, excepté le jour de Pâques et le jour de la Pentecôte.

Le premier concile de Nantes, tenu en l'an 658, dit expressément que, tous les dimanches, chaque prêtre doit bénir l'eau avant la messe ; elle n'en excepte que le jour de Pâques et le jour de la Pentecôte, où l'aspersion se fait avec l'eau bénite la veille, dans les églises où il y a des fonts baptismaux. Dans celles où il n'y a point de fonts baptismaux, ces jours-là même on doit bénir l'eau, comme aux autres dimanches de l'année.
La fin de cette prescription est d'empêcher l'eau bénite de se corrompre ; ce qui pourrait arriver, surtout en été, si on était longtemps sans la renouveler. Ce n'est pas seulement pour l'aspersion qui a lieu avant la messe que l'eau doit être renouvelée tous les dimanches ; on doit aussi, les mêmes jours, en mettre de nouvelle dans les bénitiers et jeter dans la piscine celle qui reste de la semaine précédente. La bénédiction de l'eau peut se faire tout autre jour que le dimanche, si cela est nécessaire ; par exemple, s'il n'y en a plus dans le bénitier, ou si celle qui s'y trouve est gâtée ou n'a plus la propreté convenable.
L'Église se propose aussi, en bénissant l'eau tous les dimanches, de rappeler chaque semaine aux fidèles qu'ils ont été régénérés en Jésus-Christ par le baptême, dont l'eau bénite est la représentation.

D : Pourquoi met-on de l'eau bénite à l'entrée des églises ?
R : C'est pour rappeler aux fidèles qu'ils ont besoin d'être purifiés, pour s'approcher plus dignement du saint autel ; et c'est ce qu'ils reconnaissent en formant sur eux, avec l'eau bénite, le signe de la croix.

Les vases remplis d'eau bénite qui se trouvent aux entrées des églises s'appellent des bénitiers. Ils rappellent aux fidèles qu'ils doivent, avant de s'approcher de l'autel, se laver de leurs péchés par les larmes du repentir. En effet, si, dans l'ancienne loi, il fallait être pur pour entrer dans la maison de Dieu, il faut l'être à plus forte raison, sous la loi évangélique, pour entrer dans l'église où réside la majesté sainte, non plus seulement en figure, mais réellement et en substance. Les fidèles, en se servant de l'eau bénite lorsqu'ils entrent dans une église, reconnaissent par là même qu'ils sont pécheurs et qu'ils ont un extrême besoin d'être purifiés ; en sorte que l'action de prendre de l'eau bénite, dans cette circonstance, est déjà un commencement de pénitence bien propre à toucher le cœur de Dieu, et à le porter à écouter favorablement les prières et les vœux qui lui sont adressés.

Première partie : la préparation

D : Quelle est la première partie de la liturgie ?
R : C’est la préparation.

La première partie de la liturgie, qu’on appelle la préparation, se compose de l’Introït, du psaume Judica, du Confiteor, du Misereatur et de l’Indulgentiam, d’une oraison que le prêtre récite en montant à l’autel, et d’une autre oraison qu’il récite en baisant l’autel.

D : Qu’est-ce que l’introït ?
R : L’introït est une antienne que le chœur chante, pendant que le célébrant, accompagné de ses ministres, à la messe haute ou solennelle, sort de la sacristie pour aller à l’autel.

Introït signifie entrée. On appelle ainsi la prière par laquelle commence la messe solennelle, parce qu’elle se chantait autrefois pendant que les fidèles entraient à l’Église, et qu’elle se chante encore aujourd’hui pendant que le célébrant monte à l’autel.
L’introït, se compose d’une antienne tirée de l’Écriture ou des écrivains ecclésiastiques, qui annonce le sujet du mystère ou de la fête que l’on va solenniser par le sacrifice.
Aujourd’hui on ne chante qu’un verset suivi du Gloria Patri, après lequel on répète l’antienne.
Vers la fin de l’introït, les assistants et le célébrant sortent de la sacristie.
Dans la marche du célébrant, la croix tient la première place, pour marquer le dessein que Jésus-Christ a toujours eu, depuis le premier instant de son incarnation, de sauver le monde par la croix, et de réconcilier le ciel avec la terre en versant sur un bois infâme jusqu’à la dernière goutte de son sang.
Les cierges allumés qu’on porte aux deux côtés de la croix marquent que Jésus-Christ, par le mystère de sa croix, a fait briller partout la véritable lumière et dissipé les ténèbres du mensonge et de l’erreur dans lesquelles était plongé l’univers tout entier. L’encens qu’ils brûlent est le symbole de la bonne odeur que Jésus-Christ, par sa doctrine et par sa grâce, a répandue dans le monde, et qui l’a délivré de la contagion de la mort introduite par le péché.
Le diacre et le sous-diacre qui précèdent immédiatement le célébrant, et qui portent les livres saints, représentent les prophètes qui ont précédé Jésus-Christ et les apôtres qui ont porté la connaissance de son nom dans tout l’univers.
Enfin le célébrant représente Jésus-Christ. C’est lui qui offre le sacrifice sur l’autel.

D : Que fait le célébrant dès qu’il est arrivé au bas de l’autel ?
R : Il fait le signe de la croix, et récite alternativement avec ses ministres le psaume Judica me, Deus.

Le prêtre étant arrivé au bas de l’autel, fait, avec ses ministres, la génuflexion jusqu’à terre pour adorer Jésus-Christ renfermé dans le tabernacle.
Cette génuflexion est un hommage qu’il rend à la divine Majesté, en union avec Jésus-Christ, qui, depuis le premier moment de son incarnation jusqu’à sa mort, s’anéantit en la présence de son Père par des actes continuels de l’adoration la plus parfaite.
Il fait ensuite le signe de la croix, avec la main droite (ce qu’il observe chaque fois qu’il fait sur lui-même le signe de la croix) pour marquer qu’il va offrir le saint Sacrifice en mémoire de la Passion et de la mort du Sauveur, en disant : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Voici le sens de ces paroles :
Au nom du Père, qui a livré son Fils à la mort et l’a ressuscité pour nous, et par son autorité, je vais lui offrir ce même Fils en sacrifice.
Au nom du Fils, qui est mort et ressuscité pour notre justification, je vais l’offrir comme tenant sa place et comme étant associé à son sacerdoce.
Au nom du Saint-Esprit, qui a formé et sanctifié la victime de notre salut et par lequel cette grande victime s’est offerte sur le Calvaire, je vais l’offrir et immoler un Dieu à un Dieu ; car comme nous le croyons de Foi : le Fils est Dieu, le Père est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu, et ces trois Personnes Divines ne sont qu'un seul Dieu ; c’est le grand Mystère de la Trinité que nous comprendrons lorsque notre pèlerinage ici bas s’achèvera.

Les fidèles, en vertu de leur adoption divine, ont aussi le droit d’approcher des saints mystères, et d’offrir avec le prêtre, dans le sens que nous l’avons expliqué, le saint sacrifice au nom et en l’honneur du Père, qui a donné son Fils pour être sacrifié ; au nom du Fils, qui s’est donné pour être sacrifié ; au nom du Saint-Esprit, par lequel il s’est offert et sacrifié lui-même, comme une hostie pure et sans tache.

Après avoir fait le signe de la croix, le prêtre dit, d’une voix intelligible, l’antienne suivante : « J’entrerai jusqu’à l’autel de Dieu » à quoi les ministres répondent : « Jusqu’à Dieu qui remplit ma jeunesse de joie. » Aucune antienne ne convient mieux à l’entrée du prêtre à l’autel. Elle est tirée du psaume XLII, Judica me, Deus, que le prêtre récite alternativement avec les fidèles, représentés par ceux qui l’assistent dans cette fonction. Ce psaume a été composé par David, lorsque, persécuté par Saül, et obligé de vivre dans l’exil, il s’animait par l’espérance de revenir un jour à Jérusalem, et de se présenter à Dieu devant son autel, pour lui offrir des sacrifices. L’application est facile à faire ; elle est naturelle : nous sommes exilés du ciel, qui est notre patrie ; nous devons nous animer, et nous consoler par l’espérance d’y arriver. L’autel est la figure du ciel : il faut s’en approcher avec confiance et avec une sainte joie.
Le psaume Judica me, Deus, se termine par ces paroles : « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. » Gloire au Père, de qui nous viennent tous les dons ; gloire au Fils, par qui nous les recevons ; gloire au Saint-Esprit, qui nous les fait demander et obtenir. Cet hymne de glorification, qui se dit à la fin des psaumes, est très-ancienne dans l’Église, et elle ne peut être mieux placée qu’au commencement du saint sacrifice, qui fait le plus éclater la gloire, la puissance, l’amour et la sagesse de Dieu. — « Gloire soit au Père, au Fils et au Saint-Esprit, qui est telle aujourd’hui qu’elle était au commencement, et qu’elle sera toujours et dans tous les siècles. Amen. » Ce verset a été introduit dans l’Église contre les Ariens, qui donnaient un commencement au Fils. On déclare par là que la gloire du Fils, qui est célébrée comme celle du Père et du Saint-Esprit, n’a jamais eu de commencement, et qu’elle n’aura jamais de fin.
On ne dit pas ce psaume aux messes des morts et pendant la quinzaine de la Passion ; parce que, dans ces circonstances, l’Église s’abstient, dans ses offices, de tout ce qui ressent la joie, et que ce psaume, comme nous l’avons dit, est un cantique de joie.

D : Quelle est la prière que récite le prêtre après le psaume Judica me, Deus ?
R : Après le psaume Judica me, Deus, le prêtre dit : « Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre » puis il fait la confession générale de ses péchés.

ConfiteorPar ces paroles : « Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre » le prêtre avoue que la confiance avec laquelle il entre jusqu’à l’autel du Seigneur ne vient point de ses propres mérites, mais du secours de Dieu, qui est tout-puissant ; parce qu’il va offrir le sacrifice au nom, c’est-à-dire en la vertu et par la toute-puissance du Seigneur, qui a créé toutes choses. Il fait en même temps le signe de la croix, parce que c’est par les mérites de la croix qu’il a lieu d’espérer le secours qui lui est nécessaire.
Ensuite, profondément incliné, il fait la confession de ses péchés, pour se purifier des moindres taches qui pourraient l’empêcher de s’approcher avec confiance et avec joie du saint autel. Cette confession est conçue en ces termes : « Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours vierge, à Saint-Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux bienheureux apôtres Pierre et Paul, à tous les saints, et à vous, mes frères, que j’ai beaucoup péché, par pensée, par parole et par action. C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute. C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les bienheureux apôtres Pierre et Paul, tous les saints, et vous, mes frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. »
Il est important de bien saisir le sens de chacune de ces paroles.
Je confesse, c’est-à-dire je fais l’aveu à Dieu tout-puissant, qui peut seul remettre mes péchés et purifier mon âme ; à Dieu, aux trois Personnes divines qui ne font qu’un seul Dieu (à la fois Père et Fils et Saint-Esprit) ; à Dieu créateur, rédempteur et juge.
À la bienheureuse Marie toujours Vierge : bienheureuse dans tous les âges, parce que Jésus-Christ est né d’Elle ; toujours vierge, puisque sa virginité n’a pas reçu la plus légère atteinte par la naissance de son divin fruit.
À saint Michel archange, qui est le protecteur du peuple de Dieu et qui a précipité au fond des enfers Lucifer et ses anges.
À saint Jean-Baptiste, qui nous a frayé le chemin de l’Évangile, et qui a prêché la pénitence pour la rémission des péchés.
Aux bienheureux apôtres Pierre et Paul ; à saint Pierre, qui a reçu de Jésus-Christ les clefs du royaume des cieux et le pouvoir de remettre les péchés ; à Saint-Paul, qui a eu tant de part à la conversion des gentils, et qui, comme le prince des apôtres, a cimenté de son sang l’édifice de l’Église.
À tous les saints, qui se réjouissent dans le ciel, lorsque quelque conversion s’opère sur la terre, tant est vif l’intérêt qu’ils portent aux pauvres pécheurs.
Et à vous, mes frères, afin que, par vos prières, vous m’obteniez de Dieu la grâce d’être parfaitement guéri de toutes mes infirmités spirituelles.
Que j’ai beaucoup péché par pensée, par parole et par action ; ce sont là les trois manières dont on pèche contre Dieu, ou contre le prochain, ou contre soi-même.
Par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute ; le pécheur cherche naturellement à s’excuser ; le vrai pénitent, au contraire, pénétré de la grandeur de ses fautes, en découvre toute l’énormité, et répète volontiers qu’il est coupable et très-coupable.
En prononçant ces paroles, le prêtre se frappe trois fois la poitrine, et c’est ce que font aussi les fidèles chaque fois qu’ils récitent le Confiteor. Rien de plus ancien que cette manière d’exprimer la douleur de ses péchés. Le publicain de l’Évangile frappait sa poitrine, en disant à Dieu : Ayez pitié de moi qui suis un pécheur. Mais que signifie cet acte symbolique de repentir ? Que nous voudrions briser noire cœur, afin que Dieu en fît un nouveau qui pût lui plaire, et que nous sommes indignés contre ce cœur qui a déplu à Dieu. Les trois coups dont on se frappe la poitrine répondent aux trois sortes de péchés dont on se reconnaît coupable, c’est-à-dire aux péchés commis par pensée, par parole et par action.
C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel archange, etc : l’Église, appuyée sur l’autorité de l’Écriture, a toujours invoqué le secours des anges et des saints pour être nos patrons auprès de Dieu. Le pécheur qui reconnaît qu’il est absolument inexcusable a recours à ces puissants intercesseurs, afin qu’ils demandent pour lui au Seigneur grâce et miséricorde.
Et vous, mes frères : après avoir imploré les prières et les secours de l’Église triomphante, le prêtre s’adresse encore à ses frères qui représentent l’Église militante, afin que, tous ensemble, ils fassent une sainte violence au ciel, et en obtiennent le pardon dont il a besoin pour s’approcher des redoutables mystères.

Après la confession générale du prêtre, le peuple adresse pour lui au Seigneur la prière suivante : « Que le Dieu tout-puissant ait pitié de vous, et que vous ayant pardonné vos péchés, il vous conduise à la vie éternelle ». Le prêtre répond : Amen, témoignant par là combien il désire que Dieu lui accorde ce qu’on vient de lui demander en sa faveur.

Les fidèles font à leur tour la confession de leurs péchés dans les mêmes termes que le prêtre, excepté qu’ils remplacent ces mots : Et à vous, mes frères ; et vous, mes frères, par ceux-ci : Et à vous, mon père; et vous, mon père.
Ils font cette confession pour demandera Dieu miséricorde et la grâce d’être assez purifiés pour offrir avec confiance, par les mains du prêtre, le Corps et le Sang de Jésus-Christ.
Le prêtre fait pour eux la même prière qu’ils ont faite pour lui : « Que le Seigneur tout-puissant ait pitié de vous, etc. » Il ajoute : « Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux nous accorde l’indulgence, l’absolution et la rémission de nos péchés. » Il demande indulgence, c’est-à-dire que Dieu n’exige pas toute la peine que nous avons méritée par nos péchés ; qu’il nous regarde comme si nous avions payé tout ce dont nous sommes redevables à sa justice ; qu’il remette nos péchés et les efface entièrement. Ce n’est que par la miséricorde et la toute-puissance de Dieu que nous pouvons obtenir toutes ces demandes, et recouvrer la grâce que nous avons perdue.

D : Que fait le prêtre après avoir récité le Confiteor, le Misereatur, et l’Indulgentiam ?
R : Il monte à l’autel et le baise respectueusement.

IntroitAprès la confession générale et la récitation des prières dont nous venons de parler, le prêtre élève les mains, en disant, d’une voix intelligible, Oremus (prions), pour avertir les fidèles d’élever de plus en plus leur esprit à Dieu. Puis il monte à l’autel, toujours humilié par la vue de ses misères, et demandant à Dieu qu’il l’en délivre, afin qu’il puisse approcher du Saint des saints avec un cœur pur. C’est ce qu’il demande par la prière suivante : « Nous vous supplions, Seigneur, de nous pardonner et d’effacer nos iniquités, afin que nous puissions approcher du Saint des saints avec la pureté convenable. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il. »
Le prêtre étant monté à l’autel, le baise par respect, par amour, comme le lieu où notre Sauveur s’immole, et il fait cette prière : « Nous vous supplions, Seigneur, par les mérites des saints dont les reliques sont ici, et de tous les saints, de vouloir bien me pardonner tous mes péchés. Ainsi soit-il. »
En effet, l’Église veut qu’on insère dans la pierre sacrée des reliques des saints. Le prêtre implore leur intercession, et conjure le Seigneur de lui accorder, en vertu de leurs mérites, le pardon des fautes dont il s’est rendu coupable. Telles sont les prières et les cérémonies dont se compose la première partie de la liturgie. Tels sont les sentiments dans lesquels l’Église veut faire entrer le prêtre et les fidèles : sentiments de crainte et de respect profond, d’humilité et de pénitence, de désirs ardents et d’une vive confiance en l’infinie miséricorde de Jésus-Christ, le pontife et la victime du sacrifice de la loi évangélique.

Seconde partie : les instructions et les prières

D : De quoi se compose la seconde partie de la liturgie ?
R : La seconde partie de la liturgie comprend le Kyrie eleison, le Gloria in excelsis, la collecte, l’épître, le graduel, l’Évangile, le prône et le Credo.

L’Église joint ici l’instruction à la louange de Dieu et à la prière, pour remplir les cœurs des fidèles de pieux mouvements, de saintes affections, et les disposer dignement au saint sacrifice.
Après être monté à l’autel, le prêtre s’incline respectueusement et le baise ; puis va au côté gauche et lit à voix basse, de manière cependant à être entendu par ses ministres, l’introït dans le missel. Il le commence en faisant sur lui-même le signe de la croix, ayant la main gauche appuyée sur la poitrine. Aux messes des morts, il fait le signe de la croix sur le missel, avec la main droite, et il a en même temps la main gauche appuyée sur l’autel. — Aux messes solennelles, c’est-à-dire où il y a diacre et sous-diacre, l’Introït est précédé de l’encensement de la croix, des reliques et de l’autel.
L’encensement de l’autel, avant l’Introït, n’a point lieu aux messes des morts.
Une fois l’introït terminé, le prêtre revient au milieu de l’autel pour dire le Kyrie eleison.

Kyrie eleisonD : Qu’est-ce que le Kyrie eleison ?
R : Kyrie eleison sont deux mots grecs qui signifient : Seigneur, ayez pitié de nous.

Le Kyrie eleison se trouve dans les liturgies de saint Jacques et de saint Marc. L’usage de dire cette prière en grec, et non en latin, est très-ancien dans l’Église romaine bien que l’on ait l’équivalent en latin : miserere nobis. En effet, l’Église se sert, dans les prières de la messe, de quelques mots grecs mais aussi hébraïques, comme amen, alléluia, hosanna, sabaoth. Cet usage, qui vient des apôtres, tend à faire voir l’union de toute l’Église, malgré la diversité des langues.

La prière Kyrie eleison est très-courte, et se compose ainsi :
Seigneur, ayez pitié (3 fois) ;
Christ, ayez pitié (3 fois) ;
Seigneur, ayez pitié (3 fois).

Elle est très-expressive, car par ces paroles nous implorons la pitié de Notre Seigneur. Cette formule d’invocation est fréquente dans la Sainte Écriture (exemple, en Matthieu XX, 30 et XV, 22 ; Luc XVII, 13).
Nous adressons cette prière aux trois Personnes divines de la Sainte Trinité et nous disons trois fois Kyrie eleison au Père, trois fois Christe eleison au Fils, et trois fois Kyrie eleison au Saint-Esprit. Par cette invocation nous nous adressons donc à la Sainte Trinité qui a contribué d’une manière indivisible au mystère de Jésus-Christ :
le Père, en nous donnant son Fils unique ;
le Fils, en prenant notre nature et mourant pour nous sur la croix ;
le Saint-Esprit, en formant dans le sein de Marie le corps auquel le Verbe s’est uni, et en nous appliquant les effets des souffrances de l’Homme-Dieu, par l’infusion de la grâce et de la charité qui nous justifie et nous rend enfants de Dieu.

D : Quelle est la prière que l’on chante après le Kyrie eleison ?
R : C’est le Gloria in excelsis.

Après avoir demandé à Dieu avec tant d’instance et d’humilité de lui faire ressentir les effets de sa miséricorde, l’Église s’élève pour ainsi dire jusqu’aux cieux, et elle mêle sa voix à celle des anges et des saints, pour témoigner au Seigneur, en union avec eux et a leur exemple, les sentiments d’adoration, de louange et d’Action de grâces dont elle est pénétrée.

Les premières paroles du Gloria in excelsis sont celles que les anges firent entendre aux bergers dans la nuit de Noël ; la suite n’est qu’un développement et pour ainsi dire un commentaire de ces paroles. On peut y distinguer trois parties :
la première à la gloire de Dieu le Père tout-puissant ;
la seconde à l’adresse du Fils unique, à l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde ;
et la troisième à la louange encore du Christ, seul saint, seul Seigneur, avec l’Esprit-Saint, dans la gloire du Père.
Cet hymne, de caractère joyeux et solennel, est omis aux messes des morts, dans les jours de pénitence et aux messes votives privées(2), sauf aux messes votives des Saints Anges et de la Sainte Vierge, le samedi.

   (2) Une messe votive est un office qui n’est pas en relation avec celui du jour, qui n’est pas imposée par la tradition liturgique, mais qui est célébrée pour répondre au libre désir du célébrant, ou de la personne qui lui remit une intention de messe (pour un malade, par exemple).

Le prêtre donc, dès que le chant du Kyrie est terminé, élève et étend les mains, et entonne le Gloria in excelsis Deo :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Nous vous louons ; nous vous bénissons ; nous vous adorons ; nous vous glorifions ; nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire.
Seigneur Dieu, roi du ciel, ô Dieu Père tout-puissant.
Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu,
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père.
Vous qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Vous qui effacez les péchés du monde, recevez notre prière.
Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous.
Car vous êtes le seul saint, le seul Seigneur, le seul Très Haut ; Ô Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit † (ici, on se signe), dans la gloire de Dieu le Père. Ainsi soit-il. »

Cet admirable cantique commence par les paroles que les anges firent retentir dans les airs à la naissance du Sauveur : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

Les paroles qui suivent indiquent clairement les quatre fins du sacrifice, et c’est pour nous porter à y faire attention, que le prêtre s’incline et que les fidèles doivent s’incliner avec lui devant la majesté de Dieu, lorsqu’il dit ces paroles : « Nous vous louons ; nous vous adorons ; nous vous rendons grâces » parce qu’elles expriment l’adoration, l’Action de grâces, l’expiation et la demande, qui sont les quatre fins pour lesquelles le sacrifice est offert.
En finissant le Gloria in excelsis, le prêtre fait le signe de la croix aux mots « Avec le Saint-Esprit », suivant la coutume des premiers chrétiens, qui le faisaient au commencement et à la fin de toutes les grandes actions.

On ne dit pas le Gloria in excelsis aux messes des morts et les jours de pénitence, parce que l’Église regarde cette prière comme un cantique de joie et de solennité. On ne le dit pas non plus à la fête des Saints Innocents, parce qu’autrefois les chrétiens jeûnaient ce jour-là comme en carême.

D : Que fait le prêtre après le Gloria in excelsis ?
R : Il baise l’autel, puis il se tourne vers le peuple en disant : « Dominus vobiscum. » (Le Seigneur soit avec vous). Les fidèles répondent : « Et cum spiritu tuo » (Et avec votre esprit).

Dominus vobiscumAprès le Gloria in excelsis, le prêtre, étant au milieu de l’autel, le baise, se tourne vers le peuple, et dit en étendant, puis en joignant les mains : Dominus vobiscum.
Chacune de ces circonstances a son objet. Le prêtre baise l’autel, figure de Jésus-Christ, pour donner à ce divin Sauveur un gage filial de son amour, et recevoir de lui la paix ; avant de la donner aux fidèles.
Il se tourne vers ceux-ci, en disant : « Dominus vobiscum », parce que cette prière est un salut, et qu’il est naturel de se tourner vers ceux à qui l’on parle et que l’on veut saluer. « Le Seigneur soit avec vous », c’est-à-dire, qu’il habite en vous, qu’il vous éclaire, qu’il vous remplisse de son esprit afin que vous puissiez prier comme il faut. En faisant ce souhait, le prêtre ouvre les mains et étend les bras, pour marquer l’empressement, la vivacité et l’affection avec lesquels il le fait.
Il joint les mains, après les avoir étendues ; cette action exprime ainsi le désir qu’il a que Dieu s’unisse au peuple, et qu’il soit avec lui. Le peuple, touché du souhait du prêtre, lui rend le salut, en disant : « Et cum spiritu tuo » ; c’est-à-dire qu’il souhaite au prêtre la même grâce, et forme pour lui les mêmes vœux ; il conjure le Seigneur d’être avec l’esprit du prêtre, afin que, uniquement occupé de la grandeur du ministère qu’il va remplir, il soit digne de présenter à Dieu les prières de l’Église.

D : D’où sont tirées les paroles que le prêtre adresse au peuple en le saluant, et la réponse que le peuple fait au prêtre ?
R : Les unes et les autres sont tirées de l’Écriture sainte.

Les paroles dont se sert le prêtre, en saluant le peuple, sont tirées de l’Ancien Testament. Voici en effet, ce que nous lisons au livre de Ruth : « II arriva que Booz venait de Bethléem, et il dit à ses moissonneurs : "Le Seigneur soit avec vous". Ils lui répondirent : "Le Seigneur vous bénisse". » Cette manière de saluer fut toujours en usage chez les juifs, et les livres saints nous en fournissent un grand nombre d’exemples. « Le Seigneur soit avec vous, » dit Pharaon à Moïse et à Araron (Exode X, 10).
La réponse que le peuple fait au prêtre est aussi tirée de l’Écriture sainte : l’apôtre Saint-Paul termine en ces termes sa seconde épître à Timothée : « Que le Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Ainsi soit-il » (II Tim. IV, 22).
L’usage de saluer le peuple, pendant la messe, en disant « Dominus vobiscum », vient de très loin dans l’Histoire de la liturgie, puisque le premier concile de Brague, de l’an 411, en parle pour dire que cet usage vient des apôtres.

D : Combien de fois, pendant la célébration du saint sacrifice le prêtre salue-t-il le peuple, en disant : « Dominus vobiscum » ?
R : Sept fois : avant la collecte, avant l’évangile, avant l’offertoire, avant la préface, avant le baiser-de-paix, avant la postcommunion, et avant Vite missa est.

Le salut que le prêtre fait au peuple à sept reprises différentes, exprime le besoin que nous avons des sept dons du Saint-Esprit pour combattre la funeste influence des sept péchés capitaux dont le germe est en nous.
La première salutation, qui précède la collecte, signifie donc le don de sagesse, par lequel l’homme triomphe de cet orgueil insensé qui est un des plus grands obstacles au salut.
La seconde, qui précède l’Évangile, signifie le don d’intelligence que la parole de Jésus-Christ communique à l’homme, pour lui faire comprendre la vanité des biens d’ici-bas et le prix des biens éternels.
La troisième, qui précède l’offertoire, signifie le don de conseil, qui nous fait préférer, aux plaisirs sensuels, la volupté pure qui naît de la chasteté et de la continence.
La quatrième, qui précède la préface, signifie le don de la force, par lequel nous triomphons de satan, ce cruel ennemi, dont l’envie nous avait perdus.
La cinquième, qui précède le baiser de paix, signifie le don de science, qui apprend à l’homme ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter pour parvenir au ciel, et le porte à éviter ces excès qui ruinent le corps, en même temps qu’ils dégradent l’âme et l’empêchent de se porter vers son créateur.
La sixième, qui précède la postcommunion, signifie le don de piété que nourrit en nous la divine eucharistie, et qui nous porte à nous montrer, à l’exemple du divin maitre, doux et humbles ce cœur.
Enfin la septième, qui précède, Vite missa est, signifie le don de crainte, qui nous pénètre d’une sainte frayeur à la pensée des jugements de Dieu, et nous porte à travailler avec à la grande affaire de notre salut.

Le prêtre, en saluant le peuple, se tourne toujours du côté droit, parce que, dans l’Écriture, la droite signifie les choses heureuses. C’est aussi le symbole de la droiture d’intention avec laquelle nous devons soupirer après les biens qui nous sont promis, et que Jésus-Christ nous a mérités par le sacrifice qu’il a consommé sur le Calvaire.

D : Comment s’appelle la prière que récite le prêtre, après avoir dit : « Dominus vobiscum » ?
R : Cette prière s’appelle la collecte.

CollecteAprès avoir salué le peuple, le prêtre dit : Oremus (prions), car anciennement, ici on priait quelques moments en silence. Placé sur le côté gauche de l’autel, il récite la prière qu’on appelle collecte pour trois raisons :
1°) parce qu’elle était la prière qui se disait après que le peuple était réuni pour assister au saint sacrifice ;
2°) parce qu’elle se fait encore aujourd’hui sur l’assemblée des fidèles, appelée autrefois la collecte ;
3°) parce que l’évêque ou le prêtre, qui tient la place de Jésus-Christ, recueille et rassemble, pour ainsi dire, tous les vœux des fidèles assemblés dans l’église, et n’en fait qu’une seule prière qu’il présente à Dieu.
Pendant que le célébrant prononce à haute voix la collecte, qui se compose souvent de plusieurs oraisons, les assistants doivent écouter attentivement cette prière commune, qui s’adresse à Dieu le Père, et se termine par cette formule : « par Notre-Seigneur Jésus-Christ », car nous honorons le Père par le Fils, notre Sauveur ; nous ne prions le Père que par le Fils, parce qu’il est notre médiateur et notre pontife, qui seul mérite d’être exaucé. Toutes les prières de l’Église se terminent de la même manière, ce qui doit nous porter à y prendre part avec les sentiments de la plus vive confiance, nous rappelant que Jésus-Christ a dit : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon Nom, Il vous l’accordera » (Jean XIV, 13). Les fidèles répondent Amen après la collecte ; ils ratifient par là tout ce que le prêtre vient de dire, et témoignent le désir qu’ils ont d’obtenir les grâces qu’il vient de demander.

D : De quoi est suivie la collecte ?
R : La collecte est saisie de la lecture de l’épître.

Après la collecte, le sous-diacre fait la lecture de l’Écriture sainte. Cette lecture s’appelle communément épître, parce qu’elle est le plus souvent tirée des Lettres ou épitres des apôtres, bien qu’elle soit aussi quelquefois tirée des livres de l’Ancien Testament.
La lecture de l’épître se fait immédiatement après la collecte, parce que, comme par l’oraison nous avons demandé à Dieu la grâce de nous faire connaître sa sainte volonté et de l’accomplir, nous en sommes instruits par la lecture qui se fait ensuite.
En faisant lire l’épître avant l’évangile, l’Église imite la conduite de Jésus-Christ, qui se faisait précéder par ses apôtres dans les lieux où il allait annoncer sa Parole sainte. À la fin de l’épitre, on répond : « Deo gratias », (rendons grâces à Dieu).

D : Quelles sont les prières que l’on chante après l’épître ?
R : Les prières que l’on chante après l’épître, et que le célébrant récite à voix basse, sont le graduel, l’alléluia, et, à certaines solennités, la prose ou séquence.

Pour joindre la prière et la louange à l’instruction, l’Église fait succéder à la lecture de l’épitre quelques versets d’un psaume qu’on appelle le graduel, parce que, anciennement, il était chanté sur les degrés du jubé ou ambon, espèce de pupitre élevé dans le chœur, auquel on montait par plusieurs marches des deux côtés.
Le graduel indique quelque chose de triste et de pénible ; c’est pour cela qu’on ne le chante point pendant le temps pascal, qui est un temps de joie et d’allégresse.
Le graduel est suivi de l’alléluia. C’est un mot hébreu, qui signifie louez Dieu, mais qui exprime en même temps un mouvement et un transport de joie ; c’est pour cela que l’Église le supprime dans les jours de deuil et de tristesse. Il est alors remplacé par un trait. Le trait consiste dans quelques versets de psaumes que les chantres chantent seuls. Le chant en est triste et lugubre ; voilà pourquoi, comme nous venons de le dire, on le chante les jours de pénitence, et aussi aux messes des morts.
Pendant le graduel, l’alléluia, la prose ou le trait, les fidèles doivent chanter ou réciter les mêmes choses. S’ils ne sont pas en état de le faire (car il faut connaître le latin et le chant grégorien), ils doivent s’occuper de quelque bonne pensée, et principalement témoigner leur reconnaissance au Seigneur de leur avoir fait entendre sa divine Parole.

D : De quoi est suivi le chant du graduel et de l’alléluia ?
R : Le chant du graduel et de l’alléluia est suivi de l’Évangile.

EvangileL’Évangile est la parole même de Jésus-Christ. Rien n’est plus propre à nous inspirer un profond respect pour cette divine parole que la pompe avec laquelle on en fait la lecture.
1°) Le diacre, à genoux, au pied de l’autel, après avoir fait dit une prière, demande la bénédiction du célébrant, et celui-ci le bénit.
2°) Ensuite le diacre, ayant salué l’autel, va au lieu où doit se chanter l’Évangile, précédé de la croix et des acolytes qui portent l’encens et les cierges.
La croix montre que l’Évangile contient la Loi de Dieu crucifié ; l’encens et les cierges avertissent les fidèles que Jésus-Christ, par sa prédication, a dissipé la contagion et les ténèbres du péché, et répandu partout la bonne odeur de sa sainteté et la lumière vive de la foi.
3°) Lorsque le diacre est arrivé au lieu où il doit chanter l’Évangile, il salue l’assemblée qui se tient debout, afin de mieux exprimer la disposition où elle est d’obéir à la voix de Jésus-Christ, et dit : « Que le Seigneur soit avec vous » ; les fidèles ayant répondu : « Et avec votre esprit », le diacre continue en ces termes : « Commencement (ou la suite) du saint Évangile. » À ces mots, le clergé et le peuple se tournent du côté de l’autel, et s’inclinent en disant : « Gloria tibi, Domine » (Gloire à Vous, Seigneur) ; le diacre encense de trois coups le livre du saint Évangile, pour signifier le doux parfum de la divine Parole qui doit se répandre dans nos esprits.
4°) Le prêtre dit : « Initium (ou) sequentia sancti evangelii secundum (et indique de quel évangéliste est tiré l’Évangile qu’il va chanter) », et fait en même temps avec le pouce le signe de la croix sur le commencement de l’Évangile ; ensuite le célébrant, ses ministres et tous les fidèles le font sur le front, sur la bouche et sur le cœur, pour marquer qu’ils ne rougissent pas de l’Évangile, et qu’ils sont prêts à confesser de bouche les Vérités révélées.
Dès que l’Évangile est fini, les assistants répondent : « Laus tibi, Christe » (Louange à vous, ô Christ). Il est bien juste, en effet, de louer Jésus-Christ, qui, par sa parole, est venu dissiper nos ténèbres et nous conduire dans la voie de la Vérité. Ensuite le diacre retourne à l’autel, et présente au célébrant le livre des évangiles en lui disant : « Ce sont ici les paroles saintes » ; le célébrant le baise en disant : « Je le crois et le confesse » ; mais ce n’est pas assez de croire et de confesser, il faut encore aimer la Parole sainte ; et c’est pour marquer cet amour respectueux qu’il baise le livre.

D : Pourquoi le prêtre passe-t-il du côté gauche au côté droit de l’autel pour lire l’Évangile ?
R : C’est pour exprimer que l’Évangile, ayant été rejeté par les juifs, a été porté aux gentils.

Ainsi, comme nous venons de le dire, c’est au côté droit de l’autel que se fait la lecture de l’Évangile. Cet usage a un sens mystique, une signification allégorique et spirituelle : la gauche de l’autel (par rapport au crucifix) figure le peuple juif ; les gentils sont figurés par la droite. Le missel est transporté de gauche à droite, pour la lecture de l’Évangile, pour exprimer que l’Evangile, rejeté par les juifs, a été porté à ceux qui ont cru en la divinité de Jésus, le Fils de Dieu et Dieu Lui-même.

D : Que fait le prêtre après la lecture ou le chant de l’Évangile ?
R : Il fait une homélie.
D : De quoi est suivie l’homélie ?
R : Elle est suivie du chant du Credo, qui est un abrégé de la doctrine chrétienne.

Il ne suffit pas d’écouter respectueusement la lecture ou le chant de l’Évangile, il faut faire passer dans la vie ses divines leçons. Aussi, le sermon, qu’on appelle aussi homélie, sert à expliquer aux fidèles les enseignements du Christ.

Et incarnatus est de Spiriiu Sancto ex Maria virgine et homo factus estAprès l’homélie, le prêtre remonte à l’autel pour dire ou chanter le Credo. Cette prière est l’abrégé de la doctrine chrétienne. On l’appelle symbole des Apôtres : ce mot signifie un signe, une marque qui sert à distinguer une chose d’une autre ; or, c’est par la récitation du Credo que les chrétiens sont distingués de ceux qui ne le sont pas. On chante le symbole pour témoigner solennellement que l’on croit tout ce qui vient d’être dit et expliqué, et généralement tout ce que l’Église croit et enseigne.

On se met à genoux à ces paroles : « Et incarnatus est de Spiriiu Sancto ex Maria virgine, et homo factus est » (et qui a pris chair de la vierge Marie, par l’opération du Saint-Esprit, et a été fait homme) ; pour adorer l’abaissement du Fils de Dieu, fait homme pour nous racheter. Aux messes basses, le prêtre fléchit seulement le genou droit.

Le prêtre, en commençant le Credo, élève et étend les mains, pour avertir les fidèles d’élever avec lui leur esprit et leur cœur vers le ciel. En finissant le Credo et en prononçant ces paroles : « Et vitam venturi seculi » (J’attends la vie du siècle à venir), on fait sur soi le signe de la croix, pour marquer que nous n’attendons le bonheur du ciel que par la vertu de la croix de Jésus-Christ, qui nous l’a mérité par ses souffrances et par sa mort.

Troisième partie : l'oblation

D : Quelle est la troisième partie de la liturgie ?
R : C’est l’oblation.

On entend, par oblation, cette partie de la messe qui renferme les prières et les cérémonies usitées pour offrir la matière du Sacrifice, jusqu’à la Préface.

D : Que contient la troisième partie de la liturgie ?
R : Elle contient l’offertoire, l’oblation de l’hostie et du calice, l’encensement des oblations, le lavement des doigts, l’Orate fratres, et la Secrète.

OffertoireLes prières et les instructions dont il a été parlé jusqu’ici n’étant qu’une préparation au sacrifice, les catéchumènes pouvaient autrefois y assister ; on les renvoyait dès qu’elles étaient finies ; et c’est ce qui a fait appeler ces préparations la messe (ou le renvoi) des catéchumènes. Ce renvoi étant fait, tout le reste de l’office qu’on célébrait était appelé la messe des fidèles, parce qu’il ne restait dans l’Église que ceux qui étaient censés avoir conservé la grâce du baptême, ou l’avoir recouvrée par la pénitence.

Le prêtre commence cette partie de la messe par le « Dominus vobiscum » (que le Seigneur soit avec vous) le peuple répond : « Et cum spiritu tuo » (qu’il soit ainsi avec votre esprit) ; puis le prêtre, se tournant vers l’autel, dit : « Oremus » (prions). Par là il invite les fidèles à s’unir à lui, à prier avec lui et comme lui, et à prendre ainsi part à l’offrande qu’il va faire de la victime sainte ; car c’est en priant avec lui le Seigneur de la recevoir, et en unissant leur intention à son intention, qu’ils offrent en quelque sorte avec lui le sacrifice. Nous disons en quelque sorte, parce que les fidèles n’ont aucune part à l’immolation ; ce n’est point non plus comme délégué par eux que le prêtre offre le sacrifice de la messe ; c’est au nom de Dieu, en vertu du pouvoir qu’il a reçu de lui, qu’il exerce cette sublime fonction.
Après avoir dit : « Oremus », le prêtre récite l’offertoire, qui est en même temps chanté par le chœur.

D : Qu’est-ce que l’offertoire ?
R : L’offertoire est le verset qui précède immédiatement l’oblation du pain et du vin.

Immédiatement avant l’oblation dont nous allons parler, le prêtre récite, les mains jointes et d’une voix intelligible, un verset exprimant tantôt une prière, tantôt une louange, lequel est en même temps chanté par le chœur, aux messes solennelles. Ce verset est appelé offertoire, parce qu’il se chantait autrefois pendant que le peuple faisait son offrande.

D : Le pain et le vin sont donc la matière du sacrifice de la messe ?
R : Oui ; puisque l’Évangile nous apprend que Jésus-Christ, en instituant l’eucharistie, se servit du pain et du vin, et qu’il ordonna à ses apôtres de faire la même chose en mémoire de Lui.

Le pain de froment, et la liqueur tirée du raisin, appelée vin, voilà la matière du sacrifice de la messe.

D : Que fait le prêtre après l’oblation du pain et du vin ?
R : Il récite des prières qui expriment les sentiments d’humilité et de confiance dont il est pénétré, et dont les fidèles doivent être pénétrés avec lui.

Le prêtre, après avoir posé le calice sur le corporal et l’avoir couvert avec la pale, s’incline profondément devant Dieu, et fait, au nom de tous les fidèles, la prière suivante : « Nous nous présentons devant vous, Seigneur, avec un esprit humilié et un cœur contrit ; recevez-nous favorablement, et que notre sacrifice soit tel qu’il puisse vous être agréable. » Cette prière est tirée de celle que fit Azarias, l’un des trois jeunes hommes qui furent jetés dans la fournaise, par l’ordre de Nabuchodonosor (Daniel III, 49) ; elle exprime admirablement les sentiments de profonde humilité dont le prêtre et les fidèles doivent être animés, à la vue de leur indignité et de leurs misères.
Après s’être humilié de la sorte, le prêtre se relève plein de confiance, et, levant les yeux et les mains vers le ciel pour en faire descendre la grâce, et la vertu du Saint-Esprit, il fait un signe de croix sur le pain et le vin. II dit en même temps la prière du Veni, sanctificator : « Venez, ô sanctificateur, Dieu tout-puissant et éternel, et bénissez ce sacrifice destiné et préparé pour honorer votre saint nom. »

D : De quelle cérémonie est suivie la prière : Veni, sanctificator ?
R : Elle est suivie des encensements.
D : L’usage de l’encens est-il bien ancien dans l’Église ?
R : L’usage de l’encens remonte jusqu’au berceau de l’Église.

Parmi les présents que Jacob envoya en Égypte à Joseph, il fit mettre des parfums. Les Mages offrirent à Jésus de l’encens comme une marque de respect. — De là l’encens qu’on brûle dans les églises chrétiennes, comme un hommage rendu à la divinité, et aussi comme un symbole des sentiments dont nous devons être pénétrés envers elle.

Après la prière du Veni sanctificator, le célébrant met de l’encens dans l’encensoir et le bénit en récitant une prière. Ensuite il prend l’encensoir et il encense les oblats, c’est-à-dire le pain et le vin qu’il vient d’offrir, en faisant trois signes de croix avec l’encensoir sur l’hostie et le calice conjointement. Puis il fait également avec l’encensoir autour du calice et de l’hostie.
Après avoir encensé les oblats, il encense la croix, les reliques, les images des saints, l’autel, l’évangile, puis le dessus de l’autel. Il rend l’encensoir au diacre pour être encensé par lui. On encense ensuite le clergé et les fidèles.

Voici maintenant la signification des différentes cérémonies dont nous venons de parler :
1°) Le prêtre jette de l’encens sur le feu, et encense trois fois, en signe de croix, le pain et le vin qu’il vient d’offrir ; il fait ensuite, autour des oblats, trois tours avec l’encensoir. Le nombre de trois signes de croix et de trois tours qu’il forme autour du calice et de l’hostie représente la triple effusion de parfums que Marie-Madeleine répandit sur les pieds du Sauveur, d’abord dans la maison de Simon le pharisien, ensuite dans la maison de Simon le lépreux, et enfin de ceux dont elle voulait honorer son tombeau.
2°) Le prêtre encense, immédiatement après, l’autel tout entier ; c’est pour l’accomplissement de cette belle prédiction du Sauveur, lorsque, justifiant la pieuse libéralité de cette pécheresse convertie auprès du traître Judas qui la condamnait, il s’écria : « En vérité, en vérité je vous le dis, partout où l’Évangile sera prêché dans l’univers entier, on racontera avec éloge ce que cette femme vient de faire en mon honneur ».
L’encensement des oblats se fait d’abord en forme de croix, puis en forme de couronne, afin que, nous rappelant la Passion de Jésus-Christ, nous nous élevions par la pensée à cette couronne de gloire qui appartient essentiellement à la Sainte Trinité, et qui nous est réservée à nous-mêmes après cette vie.
3°) Il encense les reliques et les images des saints, pour témoigner par là que la bonne odeur de Jésus-Christ s’est répandue par eux, pendant leur vie, et se répand encore après leur mort par les beaux exemples de vertu qu’ils nous ont laissés, et que nous devons nous efforcer d’imiter.
4°) Le prêtre, après avoir encensé les oblats, l’autel, les reliques et les images des saints, est lui-même encensé par le diacre. C’est pour l’avertir qu’étant le ministre de Dieu il doit vivre de telle sorte qu’il puisse dire avec Saint Paul : « Nous sommes devant Dieu la bonne odeur de Jésus-Christ. »
5°) Enfin, on encense le clergé et les fidèles pour les avertir de s’élever à Dieu par la ferveur de leurs prières et se consumer, comme l’encens, pour son service et pour sa gloire.

Lavement des doigtsD : Que fait le prêtre après les encensements ?
R : Après l’oblation du pain et du vin et les encensements, le prêtre va au bout de l’autel, du côté de l’épître, et lave l’extrémité de ses doigts.

Le prêtre, après avoir encensé le pain et le vin, les reliques de l’autel, lave, du côté de l’épitre, l’extrémité de ses deux premiers doigts, c’est-à-dire du pouce et de l’index de chaque main, qui sont les doigts qui doivent tenir le Corps de Jésus-Christ. En même temps il récite les versets du Psaume 25 (Lavabo) ; puis le servant de messe lui présente un petit linge appelé lavabo ou manuterge afin qu’il puisse s’essuyer les doigts. Pendant que le prêtre se lave les doigts et récite le psaume Lavabo, les fidèles peuvent le faire mentalement avec lui, pour demander à Dieu d’être purifiés des moindres péchés.

D : Quelle est la prière que récite le prêtre après s’être lavé les doigts ?
R : Il récite la prière Suscipe, puis se tournant vers le peuple, il dit Orate, fratres.

Après avoir lavé ses doigts, le prêtre revient au milieu de l’autel, sur lequel tenant les mains jointes et étant incliné, il dit à voix basse l’oraison suivante (Suscipe) par laquelle il offre le saint sacrifice à la Sainte Trinité, en mémoire des Mystères de la vie de Jésus-Christ et en l’honneur des saints : « Recevez, Trinité sainte, cette oblation que nous vous présentons, en mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l’Ascension de Jésus-Christ Notre-Seigneur ; et en honorant la bienheureuse vierge Marie toujours vierge, saint Jean-Baptiste, les apôtres saint Pierre et Saint Paul, ceux dont les reliques sont ici, et tous les saints ; afin qu’elle serve à leur honneur et à notre salut, et que ceux dont nous faisons mémoire sur la terre daignent intercéder pour nous dans le ciel ; par le même Notre-Seigneur Jésus-Christ. »
Cette prière terminée, il baise l’autel, se tourne vers le peuple, écarte et joint les mains comme au Dominus vobiscum, et dit aux fidèles : « Orate, fratres » (Priez, mes frères) ; puis achevant le tour, il dit en même temps à voix basse : « Afin que mon sacrifice qui est aussi le vôtre soit agréable à Dieu, le Père tout-puissant ». Le servant et les fidèles répondent : « Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice, à l’honneur et à la gloire de son Nom, pour notre utilité et celle de toute la sainte Église. ». Le prêtre répond alors : « Amen » et récite à voix basse la prière appelée secrète, puis invite toute l’assemblée à se joindre à lui, en disant : « Dans tous les siècles des siècles » (Per omnia secula seculorum). Les fidèles, en répondant « Amen », donnent leur assentiment à tout ce que le prêtre vient de demander dans la secrète. En répondant ainsi, les fidèles participent aux prières que le prêtre a faites seul.

Quatrième partie : La consécration

D : Quelle est la quatrième partie de la liturgie ?
R : C’est le Canon, ou la règle de consécration.

C’est ici que commencent les grands Mystères, auxquels tout ce qui a précédé a servi de préparation. L’Église étant sur le point de commencer l’action même du sacrifice, invite les fidèles à élever leurs cœurs vers Dieu, et à lui rendre grâces pour l’étonnant miracle qui va s’opérer par la consécration. Cette invitation s’appelle la Préface.

D : Qu’est-ce que la Préface ?
R : La Préface est une introduction aux prières du canon, et une invitation que le prêtre fait aux fidèles d’élever leurs cœurs vers Dieu et de lui rendre grâces.

Le prêtre, après avoir terminé à haute voix la Secrète, adresse aux fidèles le salut ordinaire : « Que le Seigneur soit avec vous » (Dominus vobiscum).
Le peuple répond : « Et avec votre esprit » et cum spiritutuo.
Le prêtre élève alors les mains en disant : « Élevez vos cœurs », parce qu’il est nécessaire de s’élever au-dessus des sens et d’être en esprit dans le ciel, pour pouvoir se joindre aux chœurs des anges pour adorer le Seigneur.
Le peuple répond : « Nous les tenons élevés vers le Seigneur. » (Habémus ad Dóminum).
Le prêtre ensuite, élevant les yeux vers la croix, invite le peuple à se joindre à lui, pour rendre à Dieu ses Actions de grâces : « Rendons grâces au Seigneur notre Dieu » (Gràtias agàmus Dómino Deo nostro ; à quoi toute l’assemblée, tournée et inclinée vers l’autel, répond : « Cela est digne et juste. » (Dignum et justum est).
S’étant ainsi assuré des sentiments et des dispositions de tout le peuple fidèle, le prêtre adresse la parole à Dieu même au nom de tous, et récite l’une des 15 Préfaces suivantes et que nous trouvons dans le Missel (1) ; elle varie selon les fêtes et les solennités :

1.— Préface de la Nativité (se dit de la Nativité jusqu’à l’Épiphanie, aux fêtes de la Purification, du Saint-Sacrement, pendant l’Octave(3), de la Transfiguration, du Saint Nom de Jésus, et aux Messes votives du Saint Sacrement) ;
2.— Préface de l’Épiphanie (se dit le jour de l’Épiphanie, et pendant l’Octave) ;
3.— Préface du Carême (se dit le mercredi des Cendres jusqu’au dimanche de la Passion) ;
4.— Préface de la Passion et de la Croix (se dit depuis le dimanche de la Passion jusqu’au Jeudi-Saint, aux messes de la Croix et de la Passion, et à la fête du Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ.
5.— Préface de Pâques (se dit depuis le Samedi-Saint jusqu’à l’Ascension (excepté aux fêtes qui ont une Préface propre) ;
6.— Préface de l’Ascension (se dit depuis l’Ascension jusqu’à la veille de la Pentecôte (excepté aux fêtes qui ont une Préface propre) ;
7.— Préface du Sacré-Cœur de Jésus (se dit à la fête du Sacré-Cœur de Jésus, pendant l’octave et aux messes votives (3) du Sacré-Cœur de Jésus) ;
8.— Préface de la Pentecôte (se dit à partir de la vigile (veille) de la Pentecôte jusqu’au samedi suivant, ainsi qu’aux messes votives du Saint-Esprit) ;
9.— Préface de la Très Sainte Trinité (se dit le jour de la Fête et aux messes votives de la Sainte Trinité, et tous les dimanches de l’année qui n’ont pas de Préface propre ;
10.— Préface du Christ-Roi (se dit pour la fête du Christ-Roi) ;
11.— Préface de la Sainte Vierge Marie (se dit aux fêtes de la Sainte Vierge (excepté à la Purification où l’on dit celle de la Nativité) et pendant leurs octaves ; même aux autres fêtes, sans Préfaces propres qui peuvent s’y rencontrer, et aux messes votives de la Sainte Vierge).
12.— Préface de saint Joseph (se dit à la fête de saint Joseph, pendant l’octave et lors de la Solennité de saint Joseph) ;
13.— Préface des Apôtres (se dit aux fêtes des Apôtres et des Evangélistes, excepté à la fête de l’Apôtre saint Jean, et pendant leurs octaves, même aux fêtes sans Préfaces propres qui peuvent s’y rencontrer, et aux messes votives des Apôtres) ;
14.— Préface commune (se dit à toutes les fêtes et féries de l’année n’ayant pas de Préface propre) ;
15.— Préface des Défunts (se dit uniquement à toutes les messes des défunts).
   (3) L’octave d’une fête est les huit jours pendant lesquels on fait l’office ou la mémoire de cette fête.

La préface est chantée devant l’autel par le prêtre seul, parce qu’elle est l’annonce d’un profond Mystère, que nous devons croire d’une foi humble et docile.

D : De quelle prière est suivie la préface ?
R : La préface est suivie du Sanctus et du Benedictus.

La PrefaceAprès la préface, le prêtre joint les nains, et, se tenant incliné : dit : « Sanctus, sanctus, sanctus Dominus Deus sabaoth ; pleni sunt cœli et terra gloria tua, hosanna in excelsis » (Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu des armées ; votre gloire remplit les cieux et la terre ; hosanna au plus haut des cieux.) Ce cantique, que les fidèles disent en union avec le prêtre, est celui que le prophète Isaïe, transporté en vision devant le trône de Dieu, entendit chanter aux séraphins. — Sabaoth est un mot hébreu qui signifie des armées. Dieu est appelé le Dieu des armées, parce qu’il est le Seigneur de tous ces millions d’anges qui forment l’armée céleste ; il est le Seigneur de tout ce qu’il y a de fort et de puissant dans le ciel et sur la terre. Les paroles : Benedictus qui venit in nomine Domini (Heureux celui qui vient au nom du Seigneur), sont empruntées de l’Évangile ; c’est l’acclamation de joie avec laquelle les juifs reçurent Jésus-Christ, lorsqu’il fit son entrée à Jérusalem, six jours avant la consommation de son sacrifice. L’Église nous fait répéter ces paroles pour rendre nos hommages à Jésus-Christ et pour exprimer notre joie dans le moment où il va se rendre présent au milieu de nous, pour nous appliquer les mérites de son Sang et devenir notre nourriture.
Hozanna in excelsis (Hozanna au plus haut des cieux) : ce mot hébreu hosanna signifie : sauvez-nous, conservez-nous ; c’était le cri de joie que les juifs faisaient entendre à la fête des Tabernacles, en tenant des rameaux d’arbres à la main. Le premier hosanna s’adresse indistinctement aux trois Personnes de la Sainte Trinité, et le second s’adresse à Jésus-Christ, comme à notre unique rédempteur.
Le prêtre est incliné les mains jointes devant la poitrine, en disant : Sanctus, sanctus..., parce que c’est un cri d’adoration qui doit être fait avec un profond respect, à l’imitation des anges. Mais, au Benedictus, il se lève, parce que c’est un cri de joie, et il fait sur lui-même le signe de la croix, parce que c’est par la croix que nous avons part aux grâces et aux bénédictions que Jésus-Christ est venu apporter sur la terre.

D : Que fait le prêtre après le Sanctus et le Benedictus ?
R : Il entre dans la grande action du Sacrifice et commence le Canon.

Le mot canon, qui vient du grec, signifie règle. Ainsi le canon de la messe est la règle fixe, l’ordre invariable des prières et des cérémonies qui précèdent, qui accompagnent et qui suivent la consécration.
Le prêtre, même dans les messes solennelles, doit dire toutes ces prières à voix basse, de façon qu’il s’entende lui-même et ne soit pas entendu des assistants. Les raisons de cette pratique sont :
1°) la sublimité du Mystère de l’eucharistie, et la profondeur des prières du canon, que les simples fidèles ne sont pas en état de pénétrer ;
2°) la nature même du Mystère, où l’opération de Dieu ne tombe pas sous les sens ;
3°) l’exemple de Notre-Seigneur, dont toutes les prières ont été faites en secret.
À ces raisons que donnent les Pères de l’Église, le concile de Trente en ajoute une autre tirée du recueillement où les fidèles doivent entrer, et de la contemplation des grandes choses qui s’opèrent au sacrifice de la messe.

D : En combien de parties se divisent les prières et les cérémonies dont se compose le Canon de la messe ?
R : On peut les diviser en trois parties : celles qui précèdent la consécration ; celles qui l’accompagnent et celles qui la suivent.
D : Quelles sont les prières et les cérémonies qui précèdent la consécration ?
R : Les prières et les cérémonies qui précèdent la consécration sont : le Te igitur, le Mémento des vivants, le Communicantes, le Hanc igitur, et une autre prière qui commence par ces mots : Quam oblationem.

CanonLe prêtre, en commençant le Canon, lève les mains et les yeux au ciel, pour témoigner son empressement à en faire descendre Jésus-Christ sur l’autel. Il baisse aussitôt les yeux, joint les mains, et se tient incliné dans la posture d’un suppliant. Il baise l’autel en signe de respect et d’amour, voyant approcher le moment où il va devenir le siège du Corps et du Sang de Jésus-Christ, il fait sur l’hostie et sur le calice trois signes de croix, pour bénir les oblations comme dons, comme présents, comme sacrifices, et pour montrer que nous ne demandons et que nous n’obtenons ces bénédictions que par les mérites de la croix de Jésus-Christ.
Il continue la prière les mains étendues et élevées, et demande au Père très-clément que le fruit du sacrifice soit appliqué en premier lieu à la sainte Église catholique, et ensuite au Souverain Pontife, à l’évêque du diocèse, et à tous les fidèles.
L’Église a choisi les paroles du Te igitur, pour entrer dans la grande action du sacrifice, parce que la lettre T qui les commence rapproche davantage de la forme de la croix, et que le sacrifice qui va être offert est la représentation et la continuation du sacrifice de la Croix. C’est pour la même raison que dans tous les missels on place l’image de Jésus crucifié au commencement du canon.

La prière Te igitur étant finie, le prêtre élève et joint les mains un peu au-dessus de la poitrine. Cette élévation exprime le désir qu’il a d’obtenir la grâce qu’il demande à Dieu en disant le Meménto, Domine pour les vivants : « Souvenez-vous, Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes NN., et de tous ceux qui sont ici présents, dont vous connaissez la foi et la dévotion, pour qui nous vous offrons ou qui vous offrent ce sacrifice de louange, pour eux-mêmes et pour tous ceux qui leur appartiennent, pour la rédemption de leurs âmes, pour l’espérance de leur salut et de leur conservation, et pour rendre leurs hommages, à Vous qui êtes le Dieu éternel, vivant et véritable ».
Après ces paroles, le prêtre fait une pause pour recommander à Dieu ceux pour qui il veut ou doit prier en particulier.

Le Mémento des vivants précède celui des morts, parce que les vivants sont dans une situation bien plus critique, puisqu’ils peuvent se perdre à jamais ; au lieu que les morts pour lesquels on prie au saint autel sont dans le purgatoire, et assurés d’entrer un jour en possession du royaume des cieux.

Après le Mémento des vivants, le prêtre, se tenant toujours dans la même situation, c’est-à-dire ayant les mains un peu élevées au-dessus de la poitrine, dit la prière Communicantes>, pour entrer en communion avec l’Église du ciel.
Le prêtre, en terminant cette prière et en disant : « Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur, » joint les mains pour prendre la posture de suppliant et redoubler ses instances : quand on demande quelque grâce avec beaucoup d’ardeur, on dit communément qu’on la demande à mains jointes.
Le prêtre, après s’être uni à l’Église du ciel par la prière Communicantes, s’abandonne aux sentiments de la plus vive confiance ; il ne doute point que le Seigneur ne reçoive favorablement l’oblation qu’il lui fait : « Nous vous supplions donc, Seigneur, de recevoir favorablement l’offrande de votre serviteur, qui est aussi l’offrande de toute votre famille. Accordez-nous, pendant les jours de cette vie mortelle, la paix qui vient de vous ; préservez-nous de la damnation éternelle, et mettez-nous au nombre de vos élus. » En récitant cette prière, le prêtre tient les mains étendues sur le calice et sur l’hostie. Cette cérémonie a rapport à celle qui était ordonnée sous la loi de Moïse : celui qui voulait offrir à Dieu un sacrifice, mettait la main sur la tète de la victime, avant de l’immoler, et, par là, il témoignait à Dieu qu’il reconnaissait mériter la mort à cause de ses péchés ; mais que, se sentant indigne de lui être offert, il substituait cette victime à sa place. C’est à l’imitation de cette cérémonie que le prêtre impose les mains sur le calice et sur le pain. Par là il s’unit comme membre de l’Église à l’hostie, pour être offert et sacrifié avec elle ; et comme ministre de l’Église, il se saisit et prend pour ainsi dire possession, de la part de Dieu, de cette victime sainte, qui a été substituée à la place de tous les hommes, et dont le sang versé sur la croix a lavé nos iniquités, et réconcilié le ciel avec la terre.

Le prêtre commence alors une autre prière et fait trois fois le signe de la croix sur le calice et sur l’hostie. Puis il le fait une fois sur l’hostie et une fois sur le calice : pour exprimer que c’est par les mérites de la croix de Jésus-Christ que l’Église demande le changement du pain et du vin au Corps et du Sang de Jésus-Christ, et pour annoncer d’avance la mort de ce divin Sauveur, dont le sacrifice de la messe n’est que la continuation. En prononçant les dernières paroles de la prière, il élève et joint les mains devant sa poitrine, pour témoigner par là un mouvement d’amour et de tendresse envers Notre-Seigneur, qui va se rendre présent entre ses mains, en vertu des paroles de la consécration.

D : Qu’est-ce que la consécration ?
R : La consécration est l’action par laquelle le prêtre, qui célèbre le saint Sacrifice de la messe, change le pain et le vin au Corps et au Sang de Jésus-Christ.

Le mot consécration, pris dans un sens général, signifie l’action par laquelle on destine au culte de Dieu une chose commune ou profane, par des prières, des cérémonies, des bénédictions. Si on le prend dans un sens plus étroit, il signifie l’action par laquelle le prêtre, par la vertu des paroles qu’il prononce sur le pain et le vin, change ces deux substances au corps et au sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; en sorte qu’après la consécration, il n’y a plus sur l’autel ni pain ni vin ; il n’en reste que les espèces ou apparences.

D : Quelles sont les paroles de la consécration ?
R : Les paroles de la consécration sont les paroles mêmes que proféra Jésus-Christ, lorsqu’il changea le pain en Son Corps et le vin en Son Sang à la dernière cène.

Padre PioTous les préparatifs sont achevés ; le moment sacré de l’oblation réelle est arrivé ; Jésus-Christ va se sacrifier d’une manière non sanglante sur l’autel comme il s’est sacrifié d’une manière sanglante sur la croix. Nous allons assister au renouvellement de ce qui se passa dans le cénacle et sur le Calvaire ! S’il était donné à l’homme de s’élever en ce moment à la hauteur d’une pareille contemplation, son cœur et son esprit ne pourraient y suffire ; aussi l’Église se borne-t-elle à mettre sous nos yeux le simple exposé de l’action et des paroles du Sauveur. Suivons-les dans un religieux silence, en nous humiliant profondément de ne pouvoir davantage.

Le prêtre, après avoir imploré la toute-puissance de Dieu sur le pain et sur le vin, afin qu’ils deviennent le corps et le sang de Jésus-Christ, continue en ces termes : « Qui la veille de sa Passion prit le pain entre ses mains saintes et vénérables (en disant ces mots, il prend le pain avec le pouce et l’index de chaque main), et ayant levé les yeux au ciel, vers Vous, Dieu tout-puissant, son Père, vous rendant grâces, il le bénit (le prêtre fait ici une inclination de tète et ajoute un signe de croix sur le pain, pour exprimer par cette action le sens des paroles qu’il prononce), il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : prenez et mangez, car ceci est mon Corps. » À ces mots, le miracle s’opère ; la substance du pain est changée au Corps de Jésus-Christ, et c’est le Corps de ce divin Sauveur que le prêtre tient réellement entre ses mains. Le prêtre ne dit pas : Ceci est le corps de Jésus-Christ ; mais il dit : « Ceci est mon Corps ; » dans ce moment solennel l’homme disparait ; le prêtre ne fait que prêter le ministère de sa langue à Jésus-Christ, en sorte que c’est la parole de Jésus-Christ, c’est ce divin Sauveur Lui-même qui consacre, mais qui consacre par la bouche du prêtre.
Après avoir prononcé sur le pain les paroles de la consécration, le prêtre met un genou en terre et adore la sainte hostie, qu’il tient entre ses mains. Il se lève ensuite et élève l’hostie en haut pour trois motifs :
1°) pour l’exposer à l’adoration des fidèles qui doivent la regarder avec une vive foi en disant mentalement « Mon Seigneur et mon Dieu » [indulgence de 7 ans, chaque fois] ;
2°) pour représenter l’élévation du Corps de Jésus-Christ sur la croix ;
3°) pour offrir a Dieu en silence cette Victime de notre salut, immolée d’une manière mystérieuse sur nos autels.
On avertit en même temps l’assemblée, en sonnant une clochette, de se prosterner profondément de corps et d’esprit en la présence de Jésus-Christ qui vient de descendre du Ciel sur l’autel. On sonne aussi la cloche de l’église, pour avertir les absents que les grands Mystères viennent de s’accomplir, et les porter à rendre leurs hommages à ce divin Sauveur, qui, pour nous appliquer les mérites de sa Passion et de sa mort, renouvelle sur l’autel, par le ministère du prêtre, le sacrifice du Calvaire.

Padre PioAprès la consécration et le changement du pain au Corps de Jésus-Christ, le prêtre prend le calice, qui contient le vin et l’eau, pour le changer au Sang de Jésus-Christ, et il dit : « De même, après la Cène, prenant aussi ce précieux calice entre ses mains saintes et vénérables (en prononçant ces paroles, il prend le calice à l’exemple de Jésus-Christ) ; et vous rendant grâces, il le bénit (le prêtre fait ici une inclination de tète, et ajoute un signe de croix sur le calice, pour exprimer, par cette action, le sens des paroles qu’il prononce, et imiter Jésus-Christ autant qu’il est en lui) ; et le donnant à ses disciples, en disant ; Prenez et buvez-en tous : car ceci est le calice de mon Sang, le Sang du nouveau et éternel testament. (Le mot testament signifie alliance; c’est comme s’il disait : c’est ici mon sang, par lequel la nouvelle alliance de Dieu avec les hommes, si solennellement promise est enfin établie, arrêtée, ratifiée. Mystère de foi : cet admirable calice est justement appelé mystère de loi, puisque, sous les apparences les plus communes, il renferme les trésors les plus magnifiques et les plus cachés.) Qui sera répandu pour vous et pour plusieurs, pour la rémission des péchés (quoique Jésus-Christ soit mort pour tous les hommes, l’application efficace de ce Sang précieux n’est pas faite à tous, parce qu’il en est un grand nombre qui ne veulent pas en profiter.) : Toutes les fois que vous ferez ces choses ; vous les ferez en mémoire de Moi. » Ainsi Jésus-Christ a donné aux prêtres le pouvoir de faire ce qu’il a fait ; il leur a donné ce pouvoir sans limites ; toutes les fois donc qu’à l’autel ils prononcent, sur le pain et le vin, les mêmes paroles que Jésus-Christ prononça à la dernière cène, le pain et le vin se changent, entre leurs mains, au Corps et au Sang de Jésus-Christ.

Après la consécration du calice, le prêtre adore le Précieux Sang, en faisant la génuflexion ; il se redresse et élève le calice, puis il le remet avec révérence sur le corporal, le couvre de la pale, et l’adore de nouveau en fléchissant le genou.
Le prêtre élève le calice pour la même raison qu’il élève l’hostie, pour exposer le Sang de Jésus-Christ à l’adoration des fidèles, qui, pendant cette élévation comme pendant celle de la sainte hostie, doivent se prosterner de corps et d’esprit devant l’adorable Victime qui s’offre pour nous sur l’autel, comme elle s’est offerte sur la croix.

D : Que fait le prêtre après la consécration ?
R : Il adresse à Dieu le Père des prières qui expriment les sentiments d’amour et de reconnaissance dont il est pénétré ; puis il demande pour les morts, pour lui-même et pour tous les assistants, l’application du saint sacrifice.

Le prêtre vient d’adorer Dieu en silence, qu’il a fait descendre sur l’autel ; il vient de l’exposer à l’adoration des fidèles ; il contemple des yeux de la foi ce Dieu de toute grandeur et de toute majesté qui, docile à la voix de l’homme, est venu, pour ainsi dire, prendre naissance entre les mains de son ministre. Il va maintenant demander à Dieu des grâces pour la sainte Église et pour lui-même, pour les vivants et pour les fidèles trépassés ! Rompant donc le silence, et tenant comme auparavant les mains élevées devant sa poitrine, il adresse d’abord au Seigneur une prière en faisant cinq signes de croix : trois conjointement sur l’hostie et le calice, et ensuite deux séparément sur l’une et sur l’autre.
Ces signes de croix, qui suivent la consécration, doivent être distingués de ceux qui la précèdent. Ceux-ci se font pour attirer les grâces, ou pour marquer qu’on les attend par les mérites de la croix : ceux-là montrent que les dons de l’autel sont le même Corps qui a été attaché à la croix, et le même Sang qui a été répandu sur ce bois ignominieux.

Quand l’Église, par la bouche du prêtre, prie Dieu d’avoir pour agréable l’offrande du corps et du sang de Jésus-Christ, et de la regarder d’un œil favorable, ce n’est pas par rapport à Jésus-Christ qu’elle fait cette prière, c’est par rapport à nous. C’est comme si elle disait : Soyez-nous propice et favorable, à la vue du Corps et du Sang de Jésus-Christ que nous vous offrons.

Ensuite le prêtre s’incline profondément, et tenant les mains jointes et appuyées sur le bord de l’autel, il fait la prière Supplices te. Ces dons au sujet desquels le prêtre demande à Dieu, avec tant d’humilité, de commander qu’ils soient présentés à son autel, sont le Corps et le Sang de Jésus-Christ. Ce saint ange, par le ministère de qui le prêtre demande que ces dons soient portés jusqu’à son autel sublime, c’est Jésus-Christ Lui-même, le saint ange de Dieu, l’envoyé par excellence, l’unique médiateur que nous ayons auprès du Père.
Cet autel sublime de Dieu, sur lequel le prêtre demande que ces dons soient portés, est le ciel, considéré comme le trône de la majesté divine.
Le prêtre baise l’autel, pour exprimer son désir de participer aux grâces qu’il peut répandre, puisqu’il contient alors l’auteur même de la grâce, ou bien pour signifier la réconciliation du genre humain avec Dieu le Père, laquelle a été effectuée sur l’autel de la croix par la mort de son Fils. Il fait un signe de croix sur le Corps et un autre signe de croix sur le calice pour sanctifier le Saint des saints, mais pour montrer que ce qui est sur l’autel, c’est le Corps et le Sang de Jésus-Christ crucifié pour nous, et nous rappeler que le sacrifice de la messe est le même que le sacrifice de la Croix, que l’hostie est le même que le corps que les juifs crucifièrent, et que le calice contient le même Sang qui coula sur le Calvaire pour effacer nos péchés et nous réconcilier avec le Père céleste.
Enfin, il forme sur lui le même signe, pour témoigner qu’il ne demande et n’espère ces grâces que par les mérites de Jésus-Christ crucifié, présent sous ses yeux, et par l’union avec cette divine hostie.

Le prêtre demande ensuite les effets du saint sacrifice pour les âmes du purgatoire ; c’est ce qu’on appelle le Mémento des morts. Il élève et joint les mains, et récite pour eux la prière suivante : « Souvenez-vous aussi, Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes N… et N…, qui nous ont précédés avec le signe de la foi, et qui dorment du sommeil de la paix. » ; puis il ajoute : « Nous vous supplions, Seigneur, de leur accorder, par votre miséricorde, à eux et à tous ceux qui reposent en Jésus-Christ, le lieu du rafraîchissement, de la lumière et de la paix ; par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur ; ainsi soit-il. »
Il demande pour les fidèles trépassés le lieu du rafraîchissement, contre les ardeurs du feu qui les dévore : le lieu de la lumière, contre les ténèbres qui les environnent ; le lieu de paix, contre le trouble qui les agite dans ce lieu d’obscurité et de ténèbres où les retient la main de Dieu, jusqu’à ce qu’ils aient entièrement satisfait à sa justice.

Après avoir demandé, pour les âmes du purgatoire, l’application du saint sacrifice, le prêtre demande la même grâce pour lui et pour tous les assistants : « Et à nous, pécheurs, vos serviteurs, qui espérons en la multitude de vos miséricordes, daignez aussi nous donner part, et nous associer avec vos saints apôtres et martyrs, Jean (saint Jean-Baptiste), Étienne, Mathias, Barnabé, Ignace, Alexandre, Marcellin, Pierre, Félicité, Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile, Anastasie, et avec tous vos saints, dans la compagnie desquels nous vous prions de nous recevoir, non pas en considérant nos mérites, mais en usant d’indulgence à notre égard. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. »
Le prêtre, en commençant cette prière, élève un peu la voix pour réveiller l’attention des fidèles et les porter à s’unir à lui et à entrer dans les sentiments dont il est lui-même animé. Il se frappe en même temps la poitrine, à l’exemple du publicain de l’Évangile : c’est un geste naturel pour se déclarer coupable et reconnaître son indignité. Il nomme quelques martyrs de l’Église, afin que les fidèles raniment leur confiance dans l’attente des biens futurs, en pensant qu’il n’y a point d’état, point de condition où l’on ne puisse se sauver, puisqu’il n’en est point où l’on ne puisse, à l’exemple des saints, résister au démon et remporter sur lui la victoire.
L’Église, dans cette prière, ne fait mention expresse que des martyrs, parce que, ayant eu l’honneur de répandre leur sang pour Jésus-Christ, en témoignage de la Vérité, ils ont une plus grande conformité et une liaison plus intime que tous les autres saints avec Jésus-Christ, avec qui ils ne composent, pour ainsi dire, qu’une même hostie, qu’une même victime.

Le prêtre termine le canon en adressant à Dieu une prière et trois signes de croix conjointement sur l’hostie et sur le calice, pour marquer que le pain et le vin sont sanctifiés, vivifiés et bénits pour nous par les mérites de la croix de Jésus-Christ.
C’est en effet en Jésus-Christ que ces dons offerts à l’autel, c’est-à-dire le pain et le vin, qui sont la matière du saint sacrifice, sont sanctifiés et deviennent les dons sacrés, séparés de l’usage commun ; c’est par Jésus-Christ que Dieu les vivifie, en les changeant au Corps et au Sang précieux qui sont la vraie nourriture de vie ; c’est par Jésus-Christ sanctifiant et vivifiant que Dieu le Père répand sur le pain et le vin les bénédictions célestes, et qu’il nous les donne pour être notre véritable pain de vie.

Le prêtre découvre le calice et fait la génuflexion pour adorer Jésus-Christ. Il se relève et prend l’hostie, avec laquelle il fait trois signes de croix sur le calice, pour montrer d’une manière sensible que l’hostie et le calice contiennent indivisiblement le même Jésus-Christ qui s’est immolé sur la croix. Il fait ensuite deux autres signes de croix avec l’hostie hors du calice, entre le calice et lui. Tenant ensuite l’hostie avec la main droite sur le calice, qu’il tient de la gauche, il élève un peu l’hostie et le calice afin que l’exaltation des dons sacrés accompagnent les paroles qui expriment l’honneur et la gloire que nous devons rendre à Dieu. Cette action du prêtre s’appelle la seconde élévation.
Le prêtre remet l’hostie et le calice sur l’autel, couvre le calice avec la pale, fait la génuflexion pour adorer, se relève et dit à haute voix : « Per omniasecula seculorum » (Dans tous les siècles des siècles) ; les assistants répondent « Amen », et souscrivent ainsi à tout ce qui a été dit dans le canon. Ces paroles : Per omnia secula seculorum, sont la conclusion de toutes les prières précédentes.

Cinquième partie : La communion

D : Quelle est la cinquième partie de la liturgie ?
R : C’est la préparation à la communion et la communion même.

La cinquième partie de la Messe est la préparation à la communion et la communion même, laquelle est la consommation du Sacrifice.

D : Quelle est la prière par laquelle l’Église prépare les fidèles à la communion ?
R : C’est l’Oraison dominicale.

Pater NosterL’Oraison dominicale renferme tout ce que nous pouvons demander à Dieu ; rien, par conséquent, ne saurait mieux disposer les fidèles à s’unir à Jésus-Christ et à recevoir ses grâces. L’Église fait précéder cette prière, à la messe, d’une courte préface, pour faire naître dans tous les assistants les sentiments de respect dont ils doivent être pénétrés en la récitant : « Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite en la terre comme au ciel ; donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ; pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il. »

Instruits par des préceptes salutaires : les demandes du Pater Noster sont des préceptes, parce que Jésus-Christ nous a ordonné de les faire : « C’est ainsi que vous prierez » (Matthieu VI, 9), a dit le divin Sauveur. Ces préceptes sont appelés salutaires, parce qu’ils contiennent tout ce que nous devons demander pour obtenir le salut.

Le prêtre, pour obtenir d’être délivré de tous les maux, implore les suffrages les plus puissants, l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Marie, Mère de Dieu, la ressource ordinaire de l’Église ; des apôtres Saint-Pierre et Saint-Paul, qui ont cimenté de leur sang l’Église de Rome ; et de saint André, que Rome a toujours spécialement révéré comme frère de saint Pierre. Enfin, il implore l’intercession de tous les saints : daignez nous faire jouir de la paix pendant les jours de notre vie mortelle. Par cette paix, il faut entendre deux choses :
1°) la paix extérieure, qui consiste dans la cessation des guerres et des troubles dans l’État, des persécutions et des divisions dans l’Église, sources fécondes d’une infinité de péchés ;
2°) la paix intérieure, la paix de l’âme, qui consiste dans l’union des cœurs avec Dieu et avec le prochain par la charité.
C’est cette double paix que le prêtre demande en faisant avec la patène, qui lui est présentée par le diacre, un signe de croix parce que c’est sur elle que va reposer le Corps de Jésus-Christ, qui doit être rompu et distribué en signe de paix. Le prêtre la baise sur le bord avec respect, comme pour demander à Dieu cette précieuse paix, et il s’en sert pour faire le signe de la croix, pour marquer que c’est par la croix que Jésus-Christ, qui est notre véritable Paix, a détruit en sa chair tout ce qui la troublait (Eph II, 14).

D : Que fait le prêtre à la fin de la prière : Libéra nos ?
R : Il rompt l’hostie en trois parties, puis il en laisse tomber une dans le calice.

A la fin de la prière Libéra nos, le prêtre rompt l’hostie en trois parties, sur le calice, en disant : « Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l’unité du Saint-Esprit ». Cette fraction de l’hostie est fondée sur plusieurs raisons :
1°) C’est pour imiter Jésus-Christ qui rompit le pain avant de le donner a ses disciples ;
2°) C’est afin de représenter la séparation de l’Âme de Jésus-Christ d’avec son Corps sur l’arbre de la croix.
3°) Comme, dans un temps, on consacrait un ou plusieurs grands pains qui devaient servir à la communion du prêtre, du clergé et des fidèles, il fallait le partager à cet effet avant la communion.

Le prêtre rompt donc la sainte hostie en trois portions, dont l’une est mise dans le calice. La seconde et la troisième servent à présent pour la communion du prêtre.
Il dit à haute voix ces paroles : « Per omnia secula seculorum » Dans tous les siècles des siècles), afin que le peuple, en répondant « amen », s’unisse à la prière qu’il vient de faire. Puis, tenant une petite portion de la sainte hostie sur le calice, il fait trois signes de croix et dit en même temps à haute voix : « Pax Domini sit semper vobiscum » (Que la Paix du Seigneur soit toujours avec vous) ; à quoi le peuple répond : « Et cum spiritu tuo » (Et avec votre esprit). Le prêtre fait ce souhait en tenant à la main le Corps de Jésus-Christ qui est notre Paix (Eph. II, 14) ; il le fait en formant le signe de la croix sur le Sang de Jésus-Christ par lequel toutes choses ont été pacifiées (Coloss. I, 20.) ; il fait trois signes de croix, en l’honneur des trois Personnes divines, qui nous donnent la Paix, en vertu des mérites de la croix.
Pendant que le peuple répond : « Et cum spiritu tuo », le prêtre laisse tomber dans le calice la portion de l’hostie qu’il tenait à la main, en disant : « Que ce mélange et cette consécration du Corps et du Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ deviennent, pour nous qui les recevons, la source de la vie éternelle. »
La raison du mélange du Corps de Jésus-Christ avec son Sang précieux est que : après avoir représenté la mort de Jésus-Christ par la séparation mystique de son Corps et de son Sang, l’Église, par leur réunion, veut exprimer sa Résurrection glorieuse.

D : Quelles sont les prières et les cérémonies qui suivent la fraction de l’hostie ?
R : Les prières et les cérémonies qui suivent la fraction de l’hostie sont : l’Agnus Dei, la prière Domine Jesu Christe et le baiser de Paix.

Après avoir mis la particule de la sainte hostie dans le calice, le prêtre fait une génuflexion, se relève, s’incline vers les saints Mystères, et dit d’une voix intelligible la prière Agnus Dei :
« Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous ;
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous ;
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, donnez-nous la Paix. »

Cette prière, qui est en même temps chantée par tout le chœur et les fidèles, s’adresse à Jésus-Christ, l’Agneau immolé pour les péchés du monde.
Le prêtre la répète trois fois, à cause des trois espèces de péchés commis par lui ou par les fidèles, savoir : les péchés de pensées, les péchés de paroles et les péchés d’actions, et pour montrer, par l’instance de sa prière, le besoin infini qu’il a de la divine miséricorde. On se frappe la poitrine au moment où on dit : « Ayez pitié de nous » et « donnez-nous la paix », pour montrer, par ce signe, la componction de son cœur.

Aux messes des morts, au lieu de « Miserere nobis » (ayez pitié de nous), on dit : « Dona eis Requiem » (Donnez-leur le repos), c’est-à-dire la cessation de leurs peines ; et la troisième fois on ajoute « Dona eis Requiem Sempiternam » (Donnez-leur le repos éternel). Le prêtre (ni les fidèles) ne frappe point sa poitrine en disant : « Dona eis requiem », parce que ce n’est point pour lui qu’il prie alors, mais uniquement pour les âmes du purgatoire ; il dépose en quelque sorte, pour un moment, le fardeau de ses péchés et de ses misères, pour soulever celui qui accable les justes dans le lieu de l’expiation.

Après l’Agnus Dei, le prêtre incliné, tenant les mains jointes sur l’autel et les yeux fixés sur la sainte hostie, dit à voix basse la prière Domine Jesu Christe : « Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit à vos apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, n’ayez pas égard à mes péchés, mais à la foi de votre Église; et donnez-lui la paix et l’union dont vous voulez qu’elle jouisse ; Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Amen. »
On ne dit pas cette prière aux messes des morts, parce qu’il est évident qu’elle n’est point applicable aux fidèles qui souffrent dans le purgatoire.

Le baiser de PaixLa prière Domine Jesu Christe est suivie du baiser de paix. Aux messes solennelles, le célébrant, après avoir baisé l’autel, comme pour recevoir la paix de Jésus-Christ, donne le baiser de paix diacre en disant : « Pax tecum » (La paix soit avec vous). Le diacre fait pareillement au sous-diacre, et celui-ci à quelque autre ministre qui donne la paix à tout le chœur.
Sans cette union, on ne peut même se joindre à l’oblation des fidèles, puisque Jésus-Christ a dit : « Si votre frère a quelque a chose contre vous, laissez là votre présent devant l’autel, et allez auparavant vous réconcilier avec lui » (Matth. V, 23).

On ne donne point le baiser de paix aux messes de Requiem, parce qu’étant un signe de joie, il ne convient point aux messes des morts.

D : Que fait le prêtre après le baiser de paix ?
R : Il récite deux prières par lesquelles il se dispose à la communion.

Pendant qu’on donne la paix au clergé, le prêtre récite à voix basse deux prières pour se préparer à la communion :

1.— « Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui, par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit, avez donné la vie aux hommes, délivrez-moi, par votre saint Corps et votre Précieux Sang ici présents, de tous mes péchés et de tous les maux : faites, s’il vous plaît, que je m’attache toujours inviolablement à voire loi, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous, qui, étant Dieu, vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »

2.— « Que la communion de votre Corps, Seigneur Jésus-Christ, que je suis sur le point de recevoir, tout indigne que j’en suis, ne tourne point à mon jugement ni a ma condamnation ; mais que par votre miséricorde elle, me serve de défense pour l’âme et pour le corps, et qu’elle me soit aussi un remède salutaire. Accordez-moi cette grâce, vous qui, étant Dieu, vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »

Ceux des assistants qui doivent communier ne sauraient rien faire de mieux que de réciter du fond du cœur ces deux prières. La première convient bien à ceux mêmes qui ne communient pas ; ils doivent donc aussi la réciter avec ferveur, et demander au Seigneur la grâce de se tenir entièrement attachés à ses préceptes, et de ne s’en écarter jamais. On ne peut avoir la vraie vie, qu’en gardant les commandements du Seigneur (Matth. XIX, 17).

D : Que fait le prêtre après avoir récité les prières ci-dessus ?
R : Il dit trois fois : « Domine, non sum dignus », puis il communie sous les espèces du pain et sous les espèces du vin.

Domine non sum dignusAprès les prières préparatoires à la communion dont nous venons de parler, le prêtre fait la génuflexion. Il se lève ensuite plein d’une vive confiance, et, tenant sur la patène les deux parties de l’hostie, il dit à voix basse une prière puis il dit trois fois, en se frappant la poitrine : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi, mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie. » Cette prière a pour auteur le centurion qui, ayant prié Jésus-Christ de guérir, par une seule parole, son serviteur malade, lui dit : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri » (Matth. VIII, 8).
L’Église met ces paroles à la bouche de tous ceux qui communient, afin d’exciter par elles, dans leur cœur, les sentiments d’humilité, de foi et de confiance avec lesquels on doit recevoir le Corps de Jésus-Christ.

Après cela le prêtre, plein de confiance en la bonté et la puissance divine, fait un signe de croix avec les deux parties réunies de la sainte hostie, pour marquer que c’est le même Corps de Jésus-Christ qui a été immolé sur la croix, et dit : « Que le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle. Amen. » Aussitôt il reçoit le Corps sacré et adore dans un profond anéantissement le grand Dieu qui vient de se donner à lui ; puis il récite ensuite une prière tout en ramassant avec la patène les parcelles de la sainte hostie qui auraient pu rester sur le corporal, et les met dans le calice. Alors, prenant le calice avec lequel il forme une croix, pour marquer qu’il contient le même Sang de Jésus-Christ qui a été versé sur le Calvaire, il dit : « Que le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle » ; et aussitôt il reçoit ce Sang précieux, et le Sacrifice est consommé.

D : Quand se fait la communion des fidèles qui ont assisté au saint Sacrifice ?
R : La communion des fidèles a lieu aussitôt après celle du prêtre.
D : Quelles sont les cérémonies qui accompagnent la communion des fidèles ?
R : Après la récitation du Confîteor, le prêtre dit le « Misereatur », l’ « Indulgentiam », et trois fois le « Domine, non sum dignus » ; ensuite il met la sainte hostie sur la langue des fidèles en disant : « Que le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ garde votre âme pour la vie éternelle. »

CommunionLa communion des fidèles a lieu immédiatement après celle du prêtre ; c’est pourquoi, après que le prêtre a communié, le diacre, aux messes solennelles (et, aux messes non solennelles, le répondant), avec les fidèles, récitent le Confiteor afin de renouveler publiquement les sentiments de douleur et de componction dont on doit être pénétrés au moment de communier.

Le Confiteor terminé, le prêtre se tourne vers ceux qui doivent communier, et dit : « Que le Dieu tout-puissant ait pitié de vous, et que, vous ayant pardonné vos péchés, il vous conduise à la vie éternelle. » Les fidèles répondent : « Amen ». Le prêtre ajoute l’Indulgentiam » : « Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux vous accorde l’indulgence, l’absolution et la rémission de tous vos péchés. » On répond encore : « Amen ». Puis, tenant de la main gauche le ciboire, et de la main droite une des hosties consacrées, qu’il élève un peu, il dit : « Voici l’agneau de Dieu, voici Celui qui efface les péchés du monde » ; il ajoute trois fois (et les fidèles avec lui) : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie », pour exciter les sentiments de foi, d’humilité et de confiance dont on doit être pénétrés en cet instant.

Enfin, les fidèles s’approchent de la table de communion, font la génuflexion et se mettent à genoux. Le prêtre distribue l’eucharistie, et, faisant un signe de croix avec la sainte hostie, il la met sur la langue de chacun, en disant : « Que le corps de Jésus garde votre âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il. »

Sixième partie : L'Action de grâce

D : Que contient la sixième partie de la liturgie ?
R : La sixième partie de la liturgie, qui est l’Action de grâces, contient la communion et la postcommunion, le renvoi du peuple ou Vite, missa est, la bénédiction du prêtre et la récitation du commencement de l’Évangile de saint Jean.

Pendant que le prêtre, aux messes basses, et le sous-diacre, aux messes solennelles, essuie le calice avec le purificatoire, et remet tout dans l’ordre qui a été observé pour la préparation du sacrifice, on reporte le missel du côté de L’épitre. Voici la raison mystique de ce changement : comme nous l'avons dit déjà, la gauche de l’autel représente les juifs, et les gentils sont figurés par la droite. Le missel est transporté de gauche à droite pour la lecture de l’évangile, pour exprimer que l’Évangile rejeté par les juifs, a été porté aux gentils ; et, à la fin de la messe, il est reporté de droite à gauche, pour signifier qu’à la fin du monde l’Évangile retournera aux juifs, que les juifs se convertiront, qu’ils se soumettront au joug de la foi et croiront en Jésus-Christ. La raison naturelle du changement du missel, après les ablutions, est qu’anciennement la droite de l’autel, après la consommation du Sacrifice était occupée par les ministres qui nettoyaient les vases et repliaient les linges dont on s’était servi.
Le prêtre donc après avoir pris les ablutions, va au côté gauche de l’autel et commence la sixième partie de la liturgie, qui est l’Action de grâces, par la récitation d’une antienne appelée communion, que le chœur chante en même temps aux messes solennelles.

Cette antienne s’appelle communion parce qu’on la chantait autrefois pendant la communion des fidèles et c’est aussi pour cela qu’on lui a donné ce nom. Cette antienne est un verset tiré ordinairement des psaumes, quelquefois des autres livres de l’Écriture sainte ; c’est comme un hymne d’Action de grâces, et un moyen de nourrir les sentiments dont doivent être pénétrés tous ceux qui viennent d’assister à la grande action du Sacrifice et de participer à la Victime pure et sans tache.

BenedictionD : Que fait le prêtre après avoir récité l’antienne appelée communion ?
R : Il retourne au milieu de l’autel pour saluer le peuple, puis il dit la postcommunion.

Après avoir récité la communion, le prêtre baise le milieu de l’autel, et, se tournant vers le peuple, il lui fait le salut ordinaire : « Dominus vobiscum » (Que le Seigneur soit avec vous) ; le peuple répond, comme de coutume : « Et cum spiritu tuo » ( Et avec votre esprit »). Alors le prêtre revient au côté gauche de l’autel et dit la prière qu’on appelle postcommunion.
Elle est ainsi nommée, parce qu’on l’adresse à Dieu pour le remercier du bonheur ineffable d’avoir participé aux divins Mystères, et lui demander la grâce d’en conserver les fruits.

D : De quoi est suivie la postcommunion ?
R : La postcommunion est suivie du renvoi des fidèles.

Le prêtre, après avoir dit la posteommunion retourne au milieu de l’autel, pour saluer de nouveau le peuple par ces paroles : Dominus vobiscum. Après ce salut, il fait dire par le diacre, et aux messes basses il dit lui-même ces paroles : « Ite, missa est » (Allez ; la messe est dite). Le peuple rend grâces à Dieu par ses paroles : « Deo grattas », pour imiter les apôtres qui, après avoir été bénis par Jésus-Christ montant au ciel, s’en retournaient comblés de joie, louant bénissant et remerciant Dieu sans cesse.
Aux messes des morts on supprime Vite, missa est, et qu’on y substitue ces paroles : « Requiescant in pace » (Qu’ils reposent en paix). Ces messes, quand elles sont solennelles, sont ordinairement suivies d’autres prières pour le repos des défunts, et, au lieu de congédier les fidèles, on les engage à prier encore et à conjurer le Seigneur d’appliquer aux âmes du purgatoire les fruits du saint sacrifice qui vient d’être offert.

L'Évangile de Saint-Jean est la seconde addition faite à la Messe par la dévotion réunie du prêtre et des fidèles. Antérieurement au XIIIème siècle, le prêtre ne le lisait pas à l'autel à la fin de la messe, mais en solitaire à la sacristie, en Action de grâces. Le Pape Saint-Pie V fit une obligation de lire à la fin de la messe.
Cette lecture est une sorte de profession de Foi du mystère de l'incarnation que fait le prêtre en son nom et en celui de l'Église et bien qu'il soit préférable de laisser le prêtre réciter en silence son Action de grâces, rien n'interdit à l'organiste de commencer à jouer tout bas de l'orgue.
La lecture de l'Évangile de Saint-Jean est accompagnée des mêmes cérémonies que celle de l'Evangile ordinaire. Au commencement, le Prêtre éveille l'attention des fidèles en leur disant : « Que le Seigneur soit avec vous » ; et le peuple répond : « Et avec votre esprit. » Le Prêtre fait avec le pouce le signe de la croix sur le carton où l'Evangile est écrit, puis il le fait sur son front, sur ses lèvres et sur son cœur, pour attester de son amour et de sa foi en Dieu. Les fidèles se signent de la même manière.
Il dit en même temps : « Commencement de l'Évangile selon Saint-Jean » ; à quoi le peuple répond : « Gloire soit à vous, Seigneur. » et le prêtre commence son Action de grâces.
Aux mots : « Et le Verbe s'est fait chair» , le Prêtre et les fidèles font une génuflexion pour honorer le profond abaissement du Verbe divin, qui, pour nous racheter, a bien voulu s'anéantir jusqu'à prendre la forme d'esclave, c'est-à-dire de l'homme esclave du démon et du péché. À la fin de l'Évangile de saint Jean, tout le peuple répond : « Deo gratias » (nous rendons grâces à Dieu). Cette courte prière est si sainte, si parfaite et si digne de Dieu, qu'on ne pouvait finir le plus grand des Mystères par une parole plus divine.

RÉCAPITULATION PRATIQUE

1°) Faites-vous une grande idée du saint Sacrifice de la Messe ; regardez-le comme l'action la plus auguste et la plus avantageuse de notre sainte religion, comme l'hommage le plus digne de Dieu, et la source la plus abondante de grâces.
2°) Pénétrez-vous de respect, d'amour, de reconnaissance pour une institution si auguste : Dieu veut bien habiter parmi nous et s'offrit tous les jours pour nous !
3°) Assistez au saint Sacrifice de la Messe autant que vous pourrez, même aux jours ordinaires, quand vos affaires vous le permettront, et ne perdez pas sans raison un si précieux avantage de participer au Sacrifice de la Croix.
4°) Assistez-y toujours avec foi et beaucoup de dévotion, vous offrant à Dieu par Jésus-Christ et avec Jésus-Christ.
5°) Priez le Seigneur de ne pas permettre que vous perdiez le fruit d'un si grand bien, et demandez-lui la grâce d'en profiter abondamment.

TRAITS HISTORIQUES

Excellente manière d'assister à la Messe. — Un bon père de famille confia un jour à un ami que, malgré ses occupations multiples, il se fait toujours un devoir d'assister chaque jour à la messe. Pour entrer dans les fins du sacrifice, il partage la messe en quatre parties :
1°) depuis le commencement jusqu'à la préface : il s'applique à adorer Dieu par Jésus-Christ ;
2°) depuis la préface jusqu'à la consécration : il remercie Dieu par Jésus-Christ ;
3°) depuis la consécration jusqu'à la communion du prêtre : il demande à Dieu, par les mérites de Jésus-Christ, le pardon des péchés qu'il a commis ;
4°) depuis la communion du prêtre jusqu'à la fin de la messe : il demande par Jésus-Christ, pour lui, pour sa famille et pour les fidèles vivants et morts, les grâces et les biens nécessaires pour arriver au ciel.
En assistant ainsi au saint Sacrifice de la Messe, il est impossible de n'en pas retirer de grands fruits.

Copies authentiques d'un diplôme. — Quand un étudiant à la fin de ses études a passé ses examens, il reçoit un diplôme, qu'il doit montrer quand il demande un emploi. Souvent pour arriver plus sûrement, on se fait inscrire à la fois pour plusieurs agences, et comme on ne peut pas déposer le diplôme original, on y dépose des copies. Dix copies ne feront jamais onze diplômes ; il n'y a qu'un diplôme, comme il n'y a eu qu'un examen : les copies ne font qu'un avec lui.
Il en est de même du Sacrifice non-sanglant offert par Jésus-Christ à la Cène et des millions de messes dites par les prêtres ; toutes sont le même Sacrifice que celui de la Croix dont elles ne sont que le renouvellement.

L'indulgence accordée par Pie X à ceux qui regardent la sainte hostie — Beaucoup de pieux chrétiens regardent l'hostie sainte pendant l'élévation, et Pie X leur a accordé, le 18 mai 1907, une indulgence de 7 ans et 7 quarantaines, pour chaque messe ou ils accomplissent cet acte de foi et d'amour, et une indulgence plénière, une fois par semaine, quand ils l'ont accompli tous les jours et qu'ils communient dignement. De plus, chacun de ces regards doit être accompagné de l'oraison jaculatoire, qui consiste dans les paroles de St. Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

PRIÈRES

Sacré-Cœur de Jésus, accordez-moi la grâce d'assister dignement et avec ferveur à cette messe à laquelle vous voulez bien m'admettre. Agréez que nous unissions le sacrifice de nos cœurs à celui de votre Corps. Je m'offre à Vous pour glorifier la très Sainte Trinité.
Élevez mon cœur à Vous et visitez-moi pour me sauver. Que ce Sacrifice m'apprenne à goûter les choses du Ciel et à mépriser celles de la terre.
Sainte Vierge Marie, ma bonne Mère, aidez-moi à bien entendre cette messe afin que j'en sorte rempli de la volonté de ne rien refuser à l'Amour de Jésus pour moi. Ainsi soit-il.

Ô Dieu, notre refuge et notre force, regardez favorablement le peuple qui crie vers vous ; et par l'intercession de la glorieuse et immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, de Joseph, son bienheureux Epoux, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints, exaucez dans votre miséricorde et votre bonté les prières que nous répandons à vos pieds pour la conversion des pécheurs, pour la liberté et l'exaltation de la sainte Église, notre Mère, Par le Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre soutien contre la perfidie et les embûches du démon. Que Dieu lui commande, nous vous en supplions et vous Prince de la milice céleste, par le pouvoir divin rejetez en enfer Satan et les autres esprits mauvais qui parcourent le monde pour la perte des âmes. Ainsi soit-il.


La Communion Accueil
Accueil
La Pénitence


Portugal | Les voyants | Apparitions | 3è Secret | Procès | Opposants
Pie X | Prières | Pro-vie | Info | Forum | Librairie | Livre d'or | Links | Dons | Guide

Site protégé par le Copyright ©