Prieres et spiritualite

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Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Église
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Église
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Église :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandements
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

SOIXANTIÈME LEÇON


L'EUCHARISTIE

DEMANDE : Quel est le plus grand de tous les sacrements ?
RÉPONSE : Le plus grand de tous les sacrements est l'adorable Eucharistie.

EXPLICATION : De tous les sacrements institués par Jésus-Christ, le plus nécessaire, le plus indispensable est le Baptême ; mais le plus grand, le plus auguste, le plus saint, est, sans contredit, l'adorable Eucharistie parce que ce sacrement contenant véritablement, réellement et substantiellement Jésus-Christ. En effet, les autres sacrements contiennent et produisent la grâce ; l'Eucharistie contient et nous communique l'auteur même de la grâce, et le principe de toute sainteté, qui est Jésus-Christ.
Eucharistie vient d'un mot grec qui signifie actions de grâces ; ce sacrement est ainsi appelé parce que Jésus-Christ, avant de l'instituer, rendit grâces à son Père, et parce qu'il est le principal moyen par lequel les chrétiens rendent grâces à Dieu, par Jésus-Christ, du bienfait de la rédemption et de toutes les faveurs dont il ne cesse de nous combler chaque jour.

D : Qu'est-ce que l'Eucharistie ?
R : L'Eucharistie est un sacrement qui contient réellement et en vérité le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sous les espèces ou apparences du pain et du vin.

L'Eucharistie est un sacrement qui contient, non pas mystiquement ou en figure, mais réellement et véritablement Jésus-Christ tout entier : son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. C'est une Vérité de Foi catholique clairement définie par le saint concile de Trente. Cette vérité est fondée sur les preuves les plus solides. « En vérité, en vérité je vous le dis, ce sont les paroles de Jésus-Christ aux Juifs, Moïse ne vous a point donné le véritable pain du ciel... Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts ; mais voici le pain vivant qui est descendu du ciel ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai c'est ma chair. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour ; car ma chair est véritablement nourriture, et mon sang véritablement breuvage ; celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » Plusieurs de ceux qui entendirent ce discours du Sauveur en furent scandalisés : « Comment, dirent-ils, Celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ?... Ces paroles sont bien dures, et qui peut les écouter ? » Jésus, voyant ces dispositions dans ceux qui étaient présents, insiste sur la nécessité de prendre la nourriture dont il venait de parler : « En vérité, en vérité je vous le dis, Si vous ne mangez la chair du Fils de l'Homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. » Si son discours avait été figuré, s'il n'eût parlé qu'en parabole, il n'aurait pas fait ce serment solennel, en vérité, en vérité, etc. ; il aurait désabusé les juifs : c'est la figure de mon corps que je vous donnerai, leur aurait-il dit. Mais, au contraire, il confirme avec autorité la vérité qu'il vient d'avancer, et persiste à enseigner que son corps est véritablement nourriture et son sang véritablement breuvage. Jésus-Christ pouvait-il déclarer en termes plus clairs et plus précis que l'Eucharistie contient réellement et véritablement son corps et son sang ?

D : Ne donne-t-on pas plusieurs autres noms au sacrement de l'Eucharistie ?
R : Oui, l'on donne à ce sacrement plusieurs autres noms, tant pour exprimer sa grandeur et son excellence, que pour faire connaître les admirables effets qu'il produit.

Ce sacrement est désigné, dans les saintes Écritures et dans les auteurs ecclésiastiques, sous divers noms qui nous en font comprendre l'excellence et les effets. On l'appelle d'abord :
L'Eucharistie ou Action de grâces, parce que Notre-Seigneur, en l'instituant, rendit grâces à son Père, et que c'est le meilleur moyen pour nous de témoigner à Dieu notre reconnaissance ;
Le très-saint sacrement, parce que c'est en effet le sacrement par excellence, le plus saint de nos sacrements, puisqu'il contient Celui qui est la sainteté même.
Le sacrement de l'autel, parce que c'est sur l'autel que l'on consacre l'eucharistie et qu'on la conserve pour la distribuer aux fidèles.
La sainte hostie, parce que Jésus-Christ y est en état de victime, s'immolant et s'offrant chaque jour à son Père pour notre amour et le salut du monde.
Le pain du ciel, parce qu'elle contient Jésus-Christ, qui est descendu du ciel en se faisant homme, et qui est assis dans le ciel à la droite de sen Père ;
Le saint viatique, parce que ce Pain fortifiant nous soutient dans le passage de cette vie à l'autre, quand nous le recevons dans notre dernière maladie. Viatique signifie nourriture ou soutien du voyage ; c'est notre aliment pour le grand voyage de l'éternité.
Le pain des anges, 1°) parce que Jésus-Christ est un pain vivant descendu du Ciel, comme Il le dit Lui-même : « Je suis le Pain vivant, moi qui suis descendu du ciel » (Jean VI, 51) — 2°) parce que les anges s'en nourrissent dans le ciel, mais d'une manière spirituelle et que nous devons nous aussi manger ce Pain avec la pureté des Anges.
Le pain des enfants, parce que, pour recevoir avec fruit l'eucharistie, il faut être devenu enfant de Dieu par le baptême, et être orné de la grâce sanctifiante, sans laquelle on est esclave et enfant du démon ;
Les saints mystères, parce que Jésus-Christ y est enveloppé de voiles impénétrables aux sens ;
La cène du Seigneur, parce que Jésus-Christ l'institua après la dernière cène, c'est-à-dire après le dernier souper qu'il fit avec ses apôtres ;
La sainte communion, parce qu'elle nous unit à Jésus-Christ et nous communique ses grâces, ses mérites et ses vertus ;
La table du Seigneur, parce que Jésus-Christ était à table lorsqu'il l'institua ;
La sainte table, parce que Notre-Seigneur l'institua à table, après avoir mangé l'Agneau pascal, et qu'il nous y invite tous comme à un festin spirituel, où il se donne Lui-même à nous, pour être la nourriture de nos âmes, « Ma chair, nous dit-il, est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage » (Jean VI, 56).

D : Pourquoi Jésus-Christ a-t-il institué l'Eucharistie ?
R : Pour être la nourriture spirituelle de nos âmes, et pour continuer dans son Église le sacrifice qu'il a offert sur la croix pour nous.

Jésus-Christ a institué cet adorable sacrement :
1°) pour la plus grande gloire de Dieu. C'est le but principal de toutes ses œuvres. Or, dans cet auguste mystère, Jésus-Christ rend à son Père un honneur infini, en S'humiliant, en S'anéantissant devant Lui. Il s'immole à sa gloire, dans tous les lieux où s'offre l'auguste Sacrifice de la Messe ; Il l'aime, l'adore, le bénit, le remercie à chaque heure ; et ses adorations le glorifient mille fois plus que celles de tous les hommes et de tous les anges ensemble.
2°) Pour la plus grande exaltation de son humanité sacrée. Pendant sa Passion, cette chair virginale avait été réduite aux dernières humiliations, couverte de crachats, déchirée à coups de fouet, attachée à un poteau. Or, pour l'honorer autant qu'elle avait été humiliée, Jésus-Christ l'a élevée dans l'Eucharistie à un ordre tout divin, lui communiquant les qualités les plus admirables, lui donnant une espèce d'immensité, puisqu'elle est rendue présente à la fois en des millions de lieux, multipliant sa félicité autant de fois qu'elle est reproduite par les paroles de la consécration, et voulant que les fidèles l'entourent de toute sorte de respects et d'hommages, qu'ils la conservent précieusement dans des tabernacles ; qu'à certaines époques solennelles ils la portent en procession, et qu'ils ne se lassent jamais de chanter ses louanges.
3°) Pour honorer son Église, en résidant dans ses édifices et y converser familièrement avec les hommes. Nous n'avons rien à envier aux mages, qui adorèrent le Sauveur dans sa crèche ; nous n'avons rien à envier au vieillard Siméon, qui le prit entre ses bras et le pressa contre son cœur, ni à Zachée, qui lui donna l'hospitalité dans sa maison. Pour nous, chaque jour, nous pouvons l'adorer, le recevoir dans notre cœur et nous enrichir de ses grâces et de ses faveurs. Non, Jésus-Christ, avec toute sa magnificence, ne pouvait rien faire de plus honorable pour son Église, que de lui laisser le sacrement de son corps ; c'était là le comble de toute la gloire qu'il pouvait lui procurer.
4°) Pour l'utilité des hommes et leur plus grand honneur. De même que la présence d'un roi dans une armée est un puissant aiguillon pour animer les soldats, de même la présence de Jésus-Christ, dans l'Eucharistie, excite tous les chrétiens à mieux combattre, dans la guerre spirituelle de cette vie, contre les ennemis de notre salut. En même temps qu'elle épouvante l'enfer, elle enflamme d'une noble ardeur le cœur des fidèles, les rend plus respectueux dans le lieu saint, plus fermes dans l'accomplissement de leurs devoirs et de leur sanctification.
En second lieu, pour leur plus grand honneur, en les rendant participants de lui-même, en faisant une intime alliance avec eux. Par l'incarnation du Verbe, la nature humaine fut élevée à une hauteur, dont la seule pensée étonne et confond nos esprits. Mais cette gloire immense, incompréhensible, de l'union divine à notre faible humanité, fut bornée au seul Fils de Marie. Or, Jésus-Christ, en se donnant à nous dans son adorable sacrement, a voulu faire entrer chacun de nous en communication de la même gloire. Il a voulu s'unir à nous, comme le pain qui nous sert d'aliment s'unit à notre substance. « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang, nous dit-il Lui-même, demeure en moi et je demeure en lui » (Jean VI, 55). Ainsi, quand nous avons le bonheur d'approcher de la table sainte, Jésus-Christ s'incorpore avec nous, de manière que sa substance s'unit à la nôtre, que nous ne faisons plus qu'un avec Lui, et que nous sommes en quelque sorte divinisés, selon la parole de saint Pierre (II Pierre I, 4). Voilà comment, selon la remarque qu'en ont faite les saints Pères, le sacrement de l'Eucharistie est, pour tous les fidèles qui le reçoivent, une extension continuelle et perpétuelle du mystère de l'Incarnation.
5°) pour leur amour et leur bonheur. Jésus-Christ a poussé sa charité pour nous jusqu'à l'héroïsme. Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les a aimés jusqu'à la fin, c'est-à-dire jusqu'aux dernières limites que l'amour d'un Dieu peut atteindre (Jean XIII, 1) ; et il s'est donné Lui-même tout entier à nous. Quel plus magnifique gage d'amour pouvait-il nous laisser ?

D : Quel jour Jésus-Christ institua-t-il le sacrement de l'Eucharistie ?
R : Jésus-Christ institua le sacrement de l'Eucharistie le Jeudi-Saint, veille de sa mort sur la croix, lorsqu'il dit à ses apôtres, et en leur personne à tous les prêtres : « Prenez et mangez, ceci est mon corps ; buvez, ceci est mon sang. Faites ceci en mémoire de moi ».

C'est la nuit même où Jésus-Christ devait être livré à ses ennemis que ce divin Sauveur, étant dans le cénacle avec ses apôtres, institua l'Eucharistie. Après avoir mangé avec eux l'agneau pascal, « il prit du pain, et, ayant rendu grâces, il le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples en disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps. Prenant ensuite le calice dans lequel il y avait du vin, il rendit grâces, et il le leur donna en disant : Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui sera répandu pour un grand nombre, en rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de moi ; car toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. » (Matthieu XXVI, 26-28).

D : Qu'arriva-t-il en vertu de ces paroles ?
R : Par la vertu de ces paroles, le pain que Jésus-Christ tenait entre ses mains fut changé en son Corps, et le vin en son Sang.

Par la vertu toute-puissante de ces divines paroles : Ceci est mon corps, ceci est mon sang, Jésus-Christ changea toute la substance du pain en celle de son propre corps, et toute la substance du vin en celle de son propre sang ; en sorte que les apôtres reçurent, non pas le pain que Jésus-Christ avait pris et rompu, non pas le vin qu'il avait versé dans le calice, mais le corps et le sang de ce divin Sauveur. En effet, dans cette circonstance, Jésus-Christ n'a pas dit : Mon corps est ici, ou ceci contient mon corps, ni ce pain est mon corps, mais simplement : « Ceci est mon corps », pour montrer que la substance qu'il donne n'est plus du pain, mais son Corps. Un pareil prodige confond la raison ; mais qu'il nous suffise de savoir que celui qui l'opéra est Dieu, que sa puissance est infinie, et ne peut, par conséquent, être arrêtée par aucun obstacle ; qu'il est la vérité même, éternelle et substantielle, en qui il ne peut se trouver aucun mélange de fausseté et de mensonge ; ainsi, puisqu'il a dit : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang », il est donc certain et nous devons croire sans aucun doute que l'Eucharistie contient réellement et substantiellement son Corps et son Sang.

D : Comment se fait maintenant ce changement ?
R : Par la vertu des paroles de la consécration, que le prêtre prononce à la sainte messe.

Ce changement admirable des deux espèces (le pain et le vin) au Corps et au Sang de Jésus-Christ, se renouvelle chaque jour au saint Sacrifice de la Messe. C'est alors que les prêtres font ce que Notre-Seigneur a fait. Ils prennent sur l'autel l'hostie qui est du pain, le calice où il y a du vin, et prononcent les paroles sacrées, auxquelles Notre-Seigneur a attaché la vertu de la transsubstantiation, toutes les fois qu'elles seraient proférées par un de ses ministres. Aussitôt le miracle a lieu : le ciel s'entrouvre en quelque sorte, et Jésus-Christ en descend, accompagné des chœurs angéliques, qui servent toujours de cortège à Sa Majesté suprême ; et il va se renfermer, entre les mains du prêtre, sous les voiles eucharistiques. Aussi ce moment de la consécration est-il le moment le plus solennel du saint Sacrifice de la Messe. C'est pourquoi, à chaque fois que le prêtre fait la consécration, les fidèles doivent être à genoux et s'incliner respectueusement lors de l'élévation de la sainte Hostie et du Calice en marque d'honneur, de louange, de gloire, d'amour, et d'adoration qui sont dus à notre Seigneur.

D : Qu'entendez-vous par les espèces ou apparences ?
R : J'entends, par les espèces ou apparences du pain et du vin, ce qui parait à nos sens, comme la couleur, la figure et le goût.

Les qualités extérieures du pain et du vin, qu'on appelle espèces ou apparences, comme la forme ou figure, l'odeur, le goût, restent encore après la consécration. Ce qu'on voit sur l'autel ressemble à du pain et à du vin, a le goût du pain et du vin ; l'hostie est ronde, elle est blanche comme avant la consécration, mais, dans la réalité, il n'y a plus ni pain ni vin, puisqu'en vertu des paroles prononcées par le prêtre, au moment de la consécration, ces deux substances ont été changées au corps et au sang de Jésus-Christ.
Tant que les espèces ou apparences du pain et du vin demeurent dans leur intégrité, le sacrement subsiste et Jésus-Christ y est réellement ; c'est pourquoi l'usage de l'Église a toujours été de le conserver pour les besoins, la consolation et le bonheur des fidèles.

D : Qui a le pouvoir de consacrer le pain et le vin ?
R : C'est le prêtre qui a le pouvoir de consacrer les deux espèces.
D : Qui a donné ce pouvoir aux prêtres ?
R : C'est Jésus-Christ Lui-même, lorsqu'il a dit à ses apôtres, après avoir institué ce sacrement : « Faites ceci en mémoire de moi ».

Après avoir institué le sacrement de l'Eucharistie, Jésus-Christ établit celui de l'Ordre, en disant : « Faites ceci en mémoire de moi. » Par là il donna à ses apôtres le pouvoir d'offrir comme Lui le sacrifice de son corps et de son sang, et les établit prêtres et sacrificateurs de la loi nouvelle. « Représentant de Jésus-Christ dans le sacrifice de son corps, le prêtre, dit saint Jean Chrysostome, est aussi l'organe des paroles sacrées, dont la vertu divine agit à l'instant même. » Depuis lors, chaque jour que Dieu fait, lorsque les prêtres de la sainte Église catholique célèbrent le saint Sacrifice de la Messe, ils prononcent les mêmes paroles que prononça Jésus-Christ en instituant l'Eucharistie, comme nous venons de l'étudier.

D : Comment appelle-t-on ce changement ?
R : Ce changement s'appelle la transsubstantiation, c'est-à-dire, changement d'une substance en une autre.

Le corps de Jésus-Christ, présent dans l'Eucharistie, n'y est point avec la substance du pain, ce qui s'appellerait consubstantiation ; ni dans le pain, ce qui s'appellerait impanation. Il y remplace la substance du pain, laquelle est détruite, anéantie, et changée au corps de Notre-Seigneur, comme la substance du vin est changée en son sang : c'est ce que nous appelons : transsubstantiation. L'Église a choisi ce mot pour exprimer précisément sa croyance. Voici comme s'exprime le concile de Trente : « On a toujours été persuadé dans l'Église de Dieu, et c'est aussi ce que déclare ce saint Concile, que par la consécration toute la substance du pain et du vin se change en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ, et ce changement a été convenablement et proprement appelé transsubstantiation par la sainte Église catholique. » Et dans le second canon sur le sacrement de l'Eucharistie, ce même Concile prononce « anathème à quiconque dira que la substance du pain et du vin reste avec le corps et le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie, et qui niera ce changement admirable de la substance entière du pain et du vin dont il ne reste que les espèces : changement que l'Église appelle très convenablement transsubstantiation. » Ainsi, on est hérétique et livré à l'anathème, à l'excommunication, si on croit ou si l'on enseigne une doctrine contraire.
Cette vérité sur la transsubstantiation se prouve par les paroles de l'institution de l'eucharistie que nous avons citées, lesquelles n'ont pu présenter aux apôtres un autre sens, et ont été constamment entendues ainsi par l'Église catholique dans tous les siècles. En effet, dans le corps que Jésus-Christ allait livrer pour le salut des hommes, il n'y avait aucun mélange de pain ; et dans le sang qui allait être répandu, il n'y avait aucun mélange de vin. — La transsubstantiation est un mystère, et peut-être le plus étonnant des mystères ; mais, pour opérer ce miracle il intervient une puissance infinie, la puissance de Dieu ; dès lors la raison n'a rien à alléguer.

D : La sainte Écriture ne nous fournit-elle pas plusieurs exemples de transsubstantiation ?
R : Oui, la sainte Écriture nous fournit plusieurs exemples de transsubstantiation.

La formation du corps du premier homme en est un : Dieu pouvait sans doute tirer immédiatement, du néant, le corps du premier homme ; il ne l'a pas voulu ; mais il est écrit : « Le Seigneur Dieu forma l'homme de la poussière de la terre ; il répandit sur son visage un souffle de vie, et l'homme devint vivant et animé. » Ainsi Dieu, pour former le corps d'Adam, a changé la substance d'un peu de terre, ou d'un peu de poussière, en la substance d'un corps humain.
— La baguette de Moïse changée en serpent est un autre exemple.
— Le premier miracle de Jésus-Christ a été une transsubstantiation ; c'est, en effet, une véritable transsubstantiation que le changement de l'eau en vin qu'il a opéré aux noces de Cana. Sur quoi saint Cyrille de Jérusalem fait cette belle réflexion : « Jésus-Christ changea, aux noces de Cana, l'eau en vin, qui est une substance qui approche du sang ; et nous ne l'estimerons pas assez digne de foi pour le croire sur sa parole, quand au saint Sacrifice de la Messe il change le vin en son sang ? »

D : Il n'y a donc plus de pain ni de vin sur l'autel après la consécration ?
R : Non, il n'en reste plus que les espèces ou apparences.

Les qualités extérieures du pain et du vin, qu'on appelle espèces ou apparences, restent encore après la consécration ; ce qu'on voit sur l'autel ressemble à du pain et à du vin ; l'hostie est ronde, elle est blanche comme avant la consécration, mais, dans la réalité, il n'y a plus ni pain ni vin, puisqu'en vertu des paroles prononcées par le prêtre, au moment de la consécration, ces deux substances ont été changées au corps et au sang de Jésus-Christ.

D : Jésus-Christ est-il tout entier sous les apparences du pain, et tout entier sous les apparences du vin ?
R : Oui, Jésus-Christ étant vivant dans L'Eucharistie, est tout entier sous l'apparence du pain, et tout entier sous l'apparence du vin.

Jésus-Christ, dans l'Eucharistie, est vivant, et tel qu'il était lorsqu'il dit à ses apôtres : Ceci est mon corps ; or, lorsqu'il prononça ces paroles, son corps était uni à son âme ; il était aussi uni à sa divinité : ainsi le sacrement de l'Eucharistie contient non seulement le corps de Jésus-Christ, mais aussi son âme et sa divinité.
Le corps de Jésus-Christ est, sous les espèces eucharistiques, un corps vivant ; or, pour qu'un corps soit vivant, il faut que le sang et l'âme y soient unis ; ainsi, partout où est le corps de Jésus-Christ, son sang et son âme y sont aussi ; partout où est son sang, son corps et son âme y sont également ; en vertu de l'ineffable union de la nature divine avec la nature humaine, partout où se trouvent le corps, le sang et l'âme de Jésus-Christ, se trouve aussi sa divinité.
Ainsi, Jésus-Christ est tout entier sous chaque partie rompue et divisée de l'Hostie, sous les plus petites parcelles qui s'en détachent ; de même il est tout entier dans chacune des gouttes qui sont dans le calice. Aussi, lorsque le prêtre divise une hostie en plusieurs fragments pour le Sacrifice, ne vous imaginez pas qu'il divise le corps de Jésus-Christ ; non, il ne divise alors que les espèces ou apparences, ce signe extérieur qui paraît à nos yeux ; mais le corps de Jésus-Christ reste tout entier sous chaque espèce divisée. C'est la doctrine du saint Concile de Trente : « Si quelqu'un dit que Jésus-Christ n'est pas contenu tout entier sous chaque espèce et sous chaque partie de l'espèce, dans le vénérable sacrement de l'Eucharistie, lors même qu'on les divise, qu'il soit anathème. »
Par la même raison, Jésus-Christ est tout entier sous une petite hostie comme sous une grande, et le prêtre qui communie avec une grande hostie ne reçoit pas plus que le laïque qui communie sous une petite en la recevant sur la langue de la main du prêtre ; on l'emploie plus grande au saint Sacrifice pour la rendre plus apparente aux yeux du peuple en l'exposant à sa vénération lors de l'élévation ; mais il n'y a pas plus que sous les petites que l'on distribue au peuple à la Communion. Comment tout cela se fait-il ? Toujours par la même toute-puissance divine. Cela est incompréhensible, mais il faut qu'une Foi soumise nous persuade et nous tienne lieu des sens qui ne peuvent apercevoir la réalité cachée sous les voiles de cet adorable sacrement, puisque c'est Jésus-Christ Lui-même qui, en parlant du pain, a déclaré que c'est son Corps ; qui osera jamais révoquer en doute cette vérité ? Et de même, puisqu'en parlant du vin, Il a si expressément assuré que c'est son Sang, peut-on dire que ce ne soit pas le Sang de Jésus-Christ ?

D : Pourquoi Jésus-Christ est-il tout entier sous chaque espèce ?
R : Parce que le corps de Jésus-Christ étant dans l'Eucharistie un corps vivant, son sang, son âme, sa divinité sont inséparables.

Jésus-Christ est vivant dans l'Eucharistie ; mais un corps ne peut être vivant si le sang en est séparé : voilà pourquoi le sang est avec le corps vivant de Jésus-Christ au saint Sacrement de l'autel. Le prêtre consacre séparément le pain et le vin, en disant sur le pain : ceci est mon Corps ; et sur le vin : ceci est mon Sang, parce que Jésus-Christ le fit ainsi en représentation de sa mort.

D : Jésus-Christ, quitte-t-il le ciel pour venir dans la sainte hostie ?
R : Non, Jésus-Christ est en même temps au ciel et dans toutes les hosties consacrées.

Dès que le prêtre a prononcé sur ce pain les paroles sacramentelles : Ceci est mon corps, l'hostie est consacrée, et Jésus-Christ y est véritablement, réellement et substantiellement. Le même prodige s'opère dans tous les lieux où le prêtre, célébrant le saint Sacrifice de la Messe, prononce sur le pain les mêmes paroles.
D'après ce qui vient d'être dit, il est facile de comprendre la différence qu'il y a entre une hostie non consacrée et une hostie consacrée. Une hostie non consacrée, c'est du pain et pas autre chose ; une hostie consacrée, c'est Jésus-Christ Lui-même sous les apparences du pain.
Jésus-Christ, sans quitter le ciel, où Il est assis à la droite de son Père, est dans toutes les hosties consacrées, et, par conséquent, dans des milliers de lieux à la fois.

D : N'y a-t-il pas en cela une contradiction manifeste ?
R : Il n'y a en cela aucune contradiction.

Si l'on disait : Le corps de Jésus-Christ est au ciel, et il n'est pas au ciel ; il est sur la terre, et il n'est pas sur la terre ; il est dans chaque partie de l'hostie divisée, et il n'est pas dans chaque partie de l'hostie divisée, il y aurait sans aucun doute contradiction. Mais où est la contradiction de dire : Il est au ciel, et il est en même temps sur la terre ? Il est au ciel, et il est en même temps dans plusieurs milliers d'hosties ?
L'objection se fonde sur l'impossibilité prétendue de la présence d'un même individu en plusieurs lieux à la fois, dans le même temps, en d'autres termes sur la contradiction supposée dans cette affirmation qu'un individu soit simultanément un et multiple. Pourtant, par la toute-puissance de Dieu, quelques saints avaient ce don de bilocation : saint Martin de Porrès, saint Antoine de Padoue, saint Alphonse de Ligori, ou plus proche de nous le Padre Pio. À plus forte raison en est-il pour Jésus-Christ Lui-même dans l'Eucharistie sur la divinité, sur l'âme humaine et sur son corps humain. Dès lors on comprend la possibilité du mystère d'après lequel Jésus-Christ est à la fois au ciel et dans toutes les hosties consacrées.

D : Comment, peut-il se faire que Jésus-Christ soit en même temps au ciel et dans toutes les hosties consacrées ?
R : Par la toute-puissance de Dieu, qui peut tout ce qu'il veut.

Encore une fois, celui qui opère ce miracle, et qui nous ordonne de le croire, est Dieu, et la puissance de Dieu est infinie ; cela répond à toutes les difficultés qui pourraient s'élever dans notre esprit. — Remarquons que le corps de Jésus-Christ est un corps glorieux, et que nous ignorons la nature de ce corps glorieux que saint Paul appelle corps spirituel. Du reste, la toute-puissance divine de ce corps glorieux explique tout. Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu, a dit Notre-Seigneur (Matthieu XIX, 26).

D : L'Église a-t-elle cru et enseigné, dans tous les temps, le dogme de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie ?
R : Oui, l'Église, dans tous les temps, a cru et enseigné que Jésus-Christ est réellement présent dans l'eucharistie.

C'est ce dont il est impossible de douter, puisque tous les Pères, sans exception, parlent de ce dogme dans des termes les plus formels. Nous allons citer quelques-uns de leurs témoignages. Saint Ignace, martyr, disciple des apôtres, parlant de certains hérétiques qui niaient la réalité du corps de Notre-Seigneur, dit : « Ils s'éloignent de l'eucharistie, parce qu'ils ne confessent pas que l'eucharistie est la chair de notre sauveur Jésus-Christ, celle qui a souffert pour nos péchés, celle que par sa bonté, le Père a ressuscitée.»
Saint Justin, qui vivait au second siècle, s'exprime d'une manière non moins positive : « Nous tenons, dit-il, des apôtres que cet aliment qu'on appelle chez nous l'eucharistie, c'est le Corps et le Sang de Celui qui s'est fait homme pour nous. Nous ne prenons pas cette nourriture comme du pain commun, ni comme un breuvage ordinaire, mais comme Jésus-Christ notre Sauveur, qui a été fait homme par le Verbe de Dieu, s'est revêtu de chair et de sang pour notre salut, de même nous savons aussi que cette chair et ce breuvage, ayant été consacrés par les prières que ce même Verbe de Dieu nous a enseignées, sont la chair et le sang de ce même Jésus incarné. » Ces paroles supposent évidemment la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie. Tous ces textes n'ont pas besoin de commentaire ; ils sont clairs, précis et prouvent jusqu'à l'évidence que l'Église, dans tous les temps, a cru et enseigné le dogme de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie. Cette Vérité fut définie comme un dogme par le Concile du Latran, en 1215 : « Il y a une seule Église universelle des fidèles, en dehors de laquelle absolument personne n'est sauvé, et dans laquelle le Christ est Lui-même à la fois le prêtre et le sacrifice, Lui dont le Corps et le Sang, dans le Sacrement de l'Autel, sont vraiment contenus sous les espèces du pain et du vin, le pain étant transsubstantié au Corps et le vin au Sang par la puissance divine, afin que, pour accomplir le mystère de l'unité, nous recevions nous-mêmes de Lui ce qu'Il a reçu de nous. Et assurément ce sacrement, personne ne peut le réaliser, sinon le prêtre qui a été légitimement ordonné selon le pouvoir des clés de l'Église que Jésus-Christ Lui-même a accordé aux apôtres et à leurs successeurs. »

D : Ne s'est-il point opéré quelque changement dans la doctrine de l'Église touchant l'eucharistie ?
R : Non, et tout changement de ce genre est absolument impossible.

L'Église était dans une entière et paisible possession du dogme de la présence réelle, lorsque, au XIè siècle Bérenger, archidiacre d'Angers, osa s'inscrire en faux contre le testament de l'Homme-Dieu, lui disputer le pouvoir de faire ce qu'il avait promis de faire, ce qu'en termes clairs et précis il assurait avoir fait. Des cris d'indignation s'élevèrent de toutes parts contre le téméraire, et son erreur fut ensevelie avec lui. Au XVIè siècle, l'hérésie de Bérenger fut renouvelée par les protestants ; ses progrès affligèrent l'Église. Les évêques, établis par l'Esprit-Saint pour gouverner le peuple de Dieu, s'assemblèrent en concile, à la voix du Pape Jules III, de toutes les parties du monde ; ils ouvrirent le testament du Sauveur, en pesèrent les termes, interrogèrent sur ce point la foi des siècles passés, et prirent une décision solennelle, qui foudroyait l'hérésie par des anathèmes dont nous citons ci-dessous les plus importants concernant la leçon d'aujourd'hui :

 1 — « Si quelqu'un dit que dans le très saint sacrement de l'Eucharistie ne sont pas contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang en même temps que l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ et, en conséquence, le Christ tout entier, mais dit qu'ils n'y sont qu'en tant que dans un signe ou en figure ou virtuellement : qu'il soit anathème.»
 2 — « Si quelqu'un dit que, dans le très saint sacrement de l'Eucharistie, la substance du pain et du vin demeure avec le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, et s'il nie ce changement admirable et unique de toute la substance du pain en son Corps et de toute la substance du vin en son Sang, alors que demeurent les espèces du pain et du vin, changement que l'Église catholique appelle d'une manière très appropriée transsubstantiation : qu'il soit anathème »
 3 — « Si quelqu'un nie que, dans le vénérable sacrement de l'Eucharistie, le Christ tout entier soit contenu sous chaque espèce et sous chacune des parties de l'une ou l'autre espèce, après leur séparation : qu'il soit anathème »

D : Ce dogme a-t-il été confirmé par quelques miracles ?
R : Le dogme de la présence réelle a été confirmé par un grand nombre de miracles éclatants et incontestables.

Dieu, pour fortifier notre faiblesse, affermir notre foi sur le mystère de l'eucharistie, et confondre l'hérésie qui osait le nier, a daigné opérer une foule de miracles en faveur de cet auguste sacrement ; nous n'en citerons que quelques-uns.

 — Brûlé par une fièvre ardente, et sur le point de mourir, le père de saint Grégoire de Nazianze fut guéri par la sainte communion. C'est saint Grégoire lui-même qui l'atteste. Il assure que le même miracle fut opéré en faveur de sa mère et de sa sœur sainte Gorgonie.
 — En 552, sous l'empereur Justin, un enfant qui avait communié à Constantinople, fut jeté pour ce fait dans une fournaise ardente par son père, qui était juif.
 — Nous lisons dans les œuvres de saint Nil, que saint Jean Chrysostome voyait souvent des anges dans le lieu saint, surtout pendant le sacrifice adorable du Corps et du Sang de Jésus-Christ ; que du moment où le prêtre commençait l'oblation, ils entouraient l'autel jusqu'à la consommation des saints mystères.
 — En 1290, il s'opéra un grand miracle à Paris, par l'eucharistie. Une femme pauvre avait mis sa robe en gage chez un juif, pour une petite somme qu'elle avait empruntée. Quelques jours avant Pâques, elle pria le juif de lui rendre sa robe pour cette fête, afin qu'elle remplît, lui dit-elle, le devoir pascal avec plus de décence. Volontiers, dit le juif, je vous la laisserai même pour toujours et sans intérêt, si vous voulez m'apporter le pain que vous recevez à l'Église, et que vous autres chrétiennes, appelez votre Dieu. Je voudrais voir si Dieu s'y trouve en effet.
Sa proposition fut acceptée par cette malheureuse femme. Elle alla recevoir la communion à Saint-Merry, sa paroisse, réserva secrètement la sainte hostie et la porta au juif. Celui-ci mit cette hostie sur une table, la perça de divers coups et en vit couler du sang. Son épouse accourut avec effroi, et fit tous ses efforts pour l'empêcher de porter l'impiété plus loin. II n'en devint que plus endurci ; il enfonça un clou dans l'hostie, qui saigna derechef ; il la jeta dans le feu, d'où elle sortit entière et voltigea dans la chambre, il la mit enfin dans l'eau bouillante, qui en un moment parut ensanglantée. L'hostie, s'élevant encore, parut alors sous la forme d'un crucifix. Cette hostie miraculeuse fut placée et gardée précieusement dans l'Église de Saint-Jean en Grève. Dès l'année 1295, un bourgeois de Paris, nommé Régnier Flaming, y fit bâtir un oratoire qu'on nomma la chapelle du miracle.

On pourrait encore citer un grand nombre d'autres miracles qui attestent la présence réelle de Jésus-Christ dans la sainte Hostie consacrée. Mais les plus grands miracles qui déposent en faveur de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie sont les miracles spirituels, les miracles de la grâce d'une bonne et fervente communion. Que de douces, que d'ineffables consolations n'éprouvent pas les âmes bien préparées, que de saints ravissements puisque l'hostie consacrée n'est plus du pain, mais bien et réellement le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité de notre Seigneur Jésus-Christ.

D : Faut-il adorer Jésus-Christ dans l'Eucharistie ?
R : Oui, parce qu'il faut adorer Jésus-Christ partout où il se trouve.

Quoique dépouillé de tout air de grandeur et de majesté dans le sacrement de son amour, Jésus-Christ n'en est pas moins Dieu, et par conséquent, il mérite tous nos respects et tous nos hommages. En quelque état qu'il plaise à Notre Seigneur de se réduire ; il est toujours le Roi du ciel et de la terre, et nous devons l'adorer. Il fut adoré en croix par le bon larron, dans la crèche et tout couvert de langes par les mages, dans les rues de Jérusalem par la foule qui criait : Hosanna ! Maintenant qu'il est voilé sous les espèces eucharistiques, il a droit également à nos adorations. C'est ce culte de latrie rendu au très saint sacrement, que le roi-prophète avait en vue, quand il disait : « Tous les grands de la terre le mangent et l'adorent » (Psaume XXI, 30) et que saint Paul dit à sa suite : « Tous les anges l'adorent » (Hébreux I, 6) ; Dieu n'en exige pas moins des hommes. Aussi, partout où règne la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ n'hésitons pas à nous mettre à genoux : dans les églises bien sûr, mais aussi jusqu'à dans les rues, en passant devant un calvaire, car s'il est juste que tout genou fléchisse au nom de Jésus-Christ, à plus forte raison est-il juste que tout genou fléchisse devant sa Personne ; et bien que le Seigneur ne s'est pas mis dans la crèche pour y être adoré, cependant les mages n'ont pas manqué de se prosterner devant l'Enfant-Dieu. Jésus n'avait pas guéri l'aveugle-né pour recevoir ses adorations, néanmoins celui qui recouvra la vue ne laissa pas de se prosterner devant Lui. Nous le voyons bien, partout où est Jésus-Christ on lui doit les honneurs souverains.

D : Comment l'Eucharistie est-elle le gage le plus parfait de l'amour de Jésus-Christ envers son Église ?
R : En ce qu'elle est la nourriture la plus excellente que les fidèles puissent recevoir, et le sacrifice le plus parfait qu'ils puissent offrir à Dieu.

Dans l'Eucharistie, Jésus devient Lui-même le pain de vie, pour nous nourrir de sa substance : « Prenez et mangez, a-t-il dit, ceci est mon Corps ; prenez et buvez, ceci est mon Sang. » Don incompréhensible, non seulement aux hommes, mais encore aux esprits célestes ! Quelle grâce, quel honneur pour les fidèles d'être admis à la table des anges et d'avoir effectivement la Chair et le Sang de Jésus-Christ pour nourriture ! Notre divin Rédempteur ne se refuse jamais à ceux qui s'approchent en état de grâce à la sainte table de Communion pour le recevoir.
L'Eucharistie est encore le sacrifice le plus parfait qu'on puisse offrir à Dieu. Jésus-Christ n'a pas voulu être seulement la nourriture de nos âmes, Il s'offre encore en sacrifice sur nos autels. C'est ce que nous verrons dans la prochaine leçon, s'il plait à Dieu.

RÉCAPITULATION PRATIQUE

1°) Rappelez-vous ce que c'est que l'Eucharistie, l'histoire de son institution, les preuves de cette vérité ; ce point dogmatique qui vient de faire la matière de cette leçon sur cet adorable sacrement.
2°) Croyez fermement ce dogme touchant de notre sainte religion, et produisez des actes de foi sur cet ineffable mystère toutes les fois que vous entrerez dans une église, en contemplant le tabernacle où Jésus réside.
3°) Ayez pour ce divin sacrement la dévotion la plus tendre, la vénération la plus profonde, et témoignez sans cesse au Dieu qui y réside votre amour et votre reconnaissance.

TRAITS HISTORIQUES

L'amour que sainte Térèse portait au saint sacrement de l'autel, est empreint dans ses ouvrages. Ses expressions sont toutes de feu quand il s'agit de cet auguste mystère. On ne saurait exprimer avec quelle ferveur elle s'approchait de la sainte table, et avec quelle effusion elle répandait son âme devant le divin Sauveur. Elle adressait alors au Tout-Puissant les plus instantes et les plus ardentes prières, pour qu'il voulût bien, au nom de son Fils, arrêter le torrent d'iniquités dont la terre était inondée, et préserver l'univers des horribles profanations par lesquelles les hommes semblaient insulter à sa miséricorde.

L'amour de saint Stanislas de Kostka pour l'eucharistie était si grand, que son visage paraissait tout en feu lorsqu'il entrait dans l'église. On le vit souvent en extase à la messe et après la communion. Les jours où il communiait, il ne pouvait parler que de l'excès d'amour que Jésus-Christ nous témoigne dans son adorable sacrement, et les discours qu'il tenait alors étaient si touchants, que les Pères qui avaient le plus d'expérience dans les voies intérieures de la piété, ne se lassaient point de l'entendre.

Réfections spirituelles de l'âme : « Pour que l'homme puisse manger le pain des Anges, le créateur des Anges s'est fait homme. » (Saint Augustin).
« La manne est descendue du ciel, que ceux qui ont faim se réjouissent. » (Saint Bernard).
« Jésus est couché dans une crèche afin de nous nourrir du froment de sa chair. »

PRIÈRE

Acte de Foi sur l’Eucharistie

Oui, mon divin Sauveur ! Je crois que vous êtes véritablement et réellement au sacrement adorable de nos Autels ; que le pain et le vin y sont changés en la substance de votre corps et de votre sang, sous les seules espèces ou apparences de ce qui était du pain et du vin avant la consécration.


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