Prieres et spiritualite

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Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Église
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Église
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Église :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandements

+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

QUARANTE QUATRIÈME LEÇON


LE CINQUIÈME ET SIXIÈME COMMANDEMENTS DE L'ÉGLISE

Le jeûneDEMANDE : Quel est le cinquième commandement de l'Église ?
RÉPONSE : Quatre-temps, vigiles, jeûneras et le carême entièrement.

D : Qu'est-ce que l'Église nous ordonne par ce commandement ?
R : L'Église, par ce commandement, nous fait une obligation grave de jeûner pendant le carême entier, les jours de quatre-temps et la veille de certaines fêtes.

Le jeûne a toujours existé dans la vraie religion ; le Saint-Esprit en recommande fortement la pratique dans l'un et l'autre Testaments, et lui attribue la merveilleuse efficacité d'effacer les péchés et d'apaiser la colère du Seigneur. L'Église nous fait une obligation de jeûner pendant tout le carême, les jours de quatre-temps et la veille de certaines fêtes ; cette obligation est grave, c'est-à-dire qu'on ne peut y manquer, ne fût-ce qu'une seule fois, sans se rendre coupable de péché mortel, à moins qu'on n'ait quelque empêchement légitime.

D : Qu'est-ce que jeûner ?
R : C'est garder l'abstinence d'aliments gras, et ne faire qu'un repas, auquel on permet maintenant d'ajouter une légère collation.

Le jeûne consiste :
1°) à s'abstenir des aliments gras, c'est-à-dire de la chair et de la graisse de tous les animaux qui marchent sur la terre et des oiseaux qui volent dans l'air ;
2°) à ne faire, dans le cours de la journée, qu'un seul repas réel. Autrefois on ne prenait ce repas qu'après l'office des vêpres, qui se disaient au coucher du soleil, et c'est pour conserver la mémoire de cet usage que, dans le carême on récite les vêpres avant le dîner ; aujourd'hui l'Église permet de rompre le jeûne vers midi ; elle permet aussi de prendre, vers le soir, une légère réfection appelée collation et qui ne doit pas excéder la quatrième partie d'un repas ordinaire. On ne peut manger à la collation, ni poisson, ni œufs ; mais il est permis de manger des fruits, du beurre, du fromage, du lait cru, des légumes crus, mais froids, assaisonnés avec l'huile, du sel et du vinaigre ; on tolère aussi la rôtie au vin, au cidre et au lait. On peut, pour des raisons graves, faire la collation vers le milieu du jour, et dîner vers le soir. On doit, les jours, s'abstenir de boire hors le temps du repas ; cependant ce n'est pas rompre le jeûne que de boire de l'eau pour étancher sa soif.

D : La loi du jeûne oblige-t-elle tous les fidèles ?
R : La loi du jeûne oblige tous les fidèles âgés de vingt-et-un ans, qui n'en sont point légitimement empêchés par les infirmités, les travaux pénibles ou par d'autres bonnes raisons.

Il y a trois causes qui dispensent du jeûne :
1°) la faiblesse de la santé ; ce qui comprend ceux qui n'ont pas encore atteint l'âge de vingt-et-un ans parce qu'ordinairement ce n'est qu'à cet âge que le corps a pris toute sa croissance.
2°) Les infirmités : l'Église, qui est une tendre Mère, ne veut point nuire à la santé de ses enfants ; son précepte est une loi, non de mort, mais de pénitence ; elle en dispense les vieillards qui ont perdu la force nécessaire pour soutenir le jeûne, les malades et les infirmes, les femmes enceintes et généralement tous ceux qui ne pourraient jeûner sans en ressentir des maux graves.
3°) Les travaux trop pénibles et trop fatigants, et qui sont par la même incompatibles avec le jeûne ; ainsi ils sont dispensés de la loi, ces hommes qui mangent leur pain à la sueur de leur front et qui sont sans cesse courbés vers la terre pour en arracher leur nourriture et la nôtre ; et généralement tous ceux qui, en jeûnant, se trouveraient dans l'impossibilité de remplir les devoirs de leur état. Ceux qui ne peuvent pas jeûner ne sont pas dispensés pour cela de l'abstinence ; et de même ceux qui ne peuvent pas observer l'abstinence, mais qui peuvent jeûner, ne sont pas dispensés ; quand on est dans l'impossibilité d'accomplir toute la loi, il faut en observer tout ce que l'on peut. Si l'on croit avoir de bonnes raisons pour ne point observer le jeûne ou l'abstinence, il faut les exposer à son curé et lui demander la dispense ; cette dispense n'est véritable et légitime qu'autant que les motifs en sont justes, et elle n'empêcherait pas de péché mortellement si elle était fondée sur un exposé faux, et si on avait exagéré les incommodités que l'on peut éprouver soit du jeûne soit de l'abstinence.

Une famille chretienneD : Pourquoi le jeûne du carême a-t-il institué ?
R : Pour imiter le jeûne de Jésus-Christ dans le désert, et nous préparer à la communion pascale.

L'Évangile nous apprend que Jésus-Christ, après avoir été baptisé par Jean, fut conduit par l'Esprit de Dieu dans le désert, et qu'il y observa pendant quarante jours et quarante nuits un jeûne rigoureux (Récit du jeûne de Notre Seigneur Jésus-Christ : Matth. IV). C'est pour honorer et imiter ce jeûne du divin Sauveur que l'Église a institué celui du carême qui dure quarante jours, et qu'on appelle pour cela la sainte Quarantaine. Son intention a été aussi de nous disposer à célébrer religieusement l'auguste de notre rédemption, et de purifier nos cœurs par les sévères exercices de la pénitence, pour les rendre dignes de recevoir le Saint des saints. Pendant longtemps le laitage et les œufs ont été défendus pendant le carême ; le laitage est aujourd'hui permis ; mais on ne peut, sans dispense, faire usage des œufs ; les évêques ont coutume de l'accorder ; ils exceptent ordinairement que les trois derniers jours de la Semaine sainte.
Les jours où l'usage des œufs est défendu, on doit s'interdire toute espèce de pâtisserie dans la confection de laquelle il entre des œufs, comme biscuits, tartes, etc.

D : Pourquoi le jeûne des quatre-temps a-t-il été donne ?
R : Pour consacrer par la pénitence les quatre saisons de l'année.

Les quatre-temps sont trois jours de jeûne ordonnés par l'Église en chacune des quatre saisons de l'année ; ces trois jours sont le mercredi, le vendredi et le samedi, d'une même semaine. Les quatre-temps ont lien : la première semaine de carême, pour le printemps ; la semaine de la Pentecôte, pour l'été ; la semaine après la fête de l'exaltation de la croix, laquelle se célèbre le 14 septembre pour l'automne ; et la troisième semaine de l'Avent, pour l'hiver. Le jeûne des quatre-temps a été institué pour consacrer à Dieu, par la pénitence, les quatre saisons de l'année, et pour nous rappeler que n'y ayant aucun temps de notre vie où nous soyons exempts de péché, il ne doit y en avoir aucun où nous ne devions satisfaire à la justice divine. C'est le samedi des quatre-temps que se font les ordinations ; les fidèles doivent, ce jour-là, prier avec ferveur, afin que Dieu accorde de bons prêtres à son Église, des prêtres capables de conduire et d'édifier le troupeau.

D : Pourquoi la veille de certaines grandes fêtes ?
R : Pour nous préparer à les bien célébrer.

La vigile d'une fête est le jour qui la précède immédiatement. Vigile et veille signifient absolument la même chose parce que les fidèles s'assemblaient anciennement dans les églises la veille des solennités, et qu'ils y passaient une partie de la nuit à louer Dieu par le chant des psaumes et par la lecture des livres saints ; c'est ce qui se pratique encore la veille de Noël.
L'Église a institué le jeûne des vigiles ou veilles de certaines grandes fêtes, afin que nous détachant, par la pénitence et la mortification, de l'amour déréglé que nous avons pour notre corps, nous nous élevions aux choses spirituelles et divines, et célébrions avec plus de fruit les grands mystères de la religion.

D : Que faut-il faire pour rendre le jeûne agréable à Dieu ?
R : Jeûner en esprit de pénitence, joindre la prière au jeûne, et y ajouter l'aumône selon son pouvoir.

1°) Il faut jeûner en esprit de pénitence ; c'est l'esprit, c'est-à-dire l'intention, la bonne volonté, qui vivifie toutes nos actions chrétiennes ; il faut de l'âme à tout ce que nous faisons ; sans quoi nos œuvres sont des œuvres mortes ; ce n'est plus qu'un mécanisme grossier comme celui des êtres sans raison ; or, l'esprit qui doit animer notre jeûne, c'est un esprit de pénitence, un désir d'expier nos péchés par la mortification de la chair. Pour lui donner cette valeur, cette efficacité, il faut l'unir d'intention à celui de Jésus-Christ dont les mérites infinis peuvent seuls le rendre méritoire et expiatoire. Jeûnons donc en imitant notre divin Maître qui n'avait d'autres péchés à expier que les nôtres ; jeûnons en union avec Lui en le conjurant d'appliquer ses mérites à notre jeûne ; et pour cela, joignons la prière aux jeûnes que nous pratiquons et ajoutons-y encore l'aumône selon nos facultés. La prière et l'aumône sont comme les deux ailes qui élèvent le jeûne jusqu'au trône de Dieu, c'est pour cela qu'en carême et aux autres jours de jeûne, l'Église redouble ses prières ; alors elle les mélanges de deuil, de tristesse, de componction, pour rappeler ses enfants à une pénitence solide et efficace ; c'est pour cela qu'on invite les fidèles à faire, ces jours-là, des aumônes plus particulières, chacun selon son pouvoir. Le jeûne sera encore plus parfait, plus avantageux, plus méritoire, si l'on y joint un temps de retraite, de silence, d'éloignement des choses du monde et des plaisirs même permis, la lecture des livres saints, l'assiduité à visiter les églises, à entendre la parole de Dieu ; c'est pour cela qu'au saint temps de carême l'Église rappelle ses enfants à toutes ces pratiques. Écoutez l'Hymne Ex more docti mystico que l'Église chante à ses offices, en ces jours de pénitence :

Durant le carême, mettons un frein particulier à notre langue, à notre démangeaison de parler, de railler, de médire. Qu'il est dur, pénible, mais avantageux pour les grands parleurs et pour tous ceux que leur silence épargnera !... Jeûnons d'aliments et de boissons ; c'est le jeûne ordinaire ; que du moins la sobriété nous en tienne lieu, si nous ne pouvons jeûner dans la rigueur du précepte, jeûnons d'un peu moins de repos, de jeux et d'amusements qu'à l'ordinaire pour nous livrer à un peu plus de prières pour le bon Dieu. Veillons sur nous avec plus d'attention ; fermons nos yeux, nos oreilles et tous nos sens à l'ennemi qui rôde autour de nous et qui cherche à nous dévorer. Voilà comment nous jeûnerons bien et utilement le carême, les quatre-temps et les vigiles.
Et l'heureux effet du jeûne sera :
          1°) de mortifier notre chair ;
          2°) d'élever notre esprit vers Dieu ;
          3°) de dompter nos passions ;
          4°) de prévenir les tentations.
Et la vertu du jeûne sera :
          1°) d'apaiser la colère de Dieu ;
          2°) d'attirer des grâces ;
          3°) de mériter des récompenses éternelles.

D : Quel est le sixième commandement de l'Église ?
R : Vendredi chair ne mangeras, ni le samedi mêmement.
D : Qu'est-ce que l'Église nous défend par ce Commandement ?
R : L'Église, par ce Commandement, nous défend l'usage des aliments gras le vendredi et le samedi.

Puisque nous sommes pécheurs, nous sommes obligés de faire pénitence et de nous mortifier ; car il faut absolument satisfaire à la justice de Dieu que nous avons offensé : « Si vous ne faites pénitence, a dit Jésus-Christ, vous périrez tous. ». Nous avons des passions à dompter par l'abstinence ; c'est pour nous faire accomplir cet important devoir, que l'Église a fixé deux jours chaque semaine où elle nous ordonne l'abstinence de la chair ; ce ne sont pas des jeûnes comme pendant le carême, les quatre-temps et les vigiles ; mais c'est une privation de certains aliments qui seraient plus flatteurs et plus nourrissants ; elle nous réduit à une nourriture moins sensuelle et plus fragile, pour nous faire pratiquer cette pénitence et cette mortification dont nous sommes redevables d'ailleurs à la justice divine ; en sorte que c'est péché et péché mortel de ne faire aucune abstinence en ces jours-là, et d'y manger de la viande comme aux jours ordinaires, au mépris de la loi, sans aucune nécessité et uniquement par gourmandise ou respect humain.
C'est, en effet, péché mortel, parce que c'est violer une loi sainte et sage dans un point considérable et avec des circonstances qui aggravent la désobéissance à une autorité établie de Dieu pour nous gouverner. Cependant, à présent, dans le siècle de licence et d'incrédulité où nous sommes, nous entendons des impies fronder ces lois de l'Église, traiter ces observances de minuties ; demander froidement : Qu'est-ce que cela fait à Dieu que je mange de la viande, plutôt que du poisson et des légumes ? mille railleries pareilles de nos saintes lois ecclésiastiques ; en conséquence, un abus presque général s'introduit dans les villes et les campagnes : plus d'abstinence, surtout les samedis. On tourne en ridicule ceux qui ont encore la délicatesse d'observer ce Commandement ; on rougit de ce prétendu scrupule ; on n'ose se distinguer, et finalement on succombe au scandale et au mauvais exemple.
A cela, qu'avons-nous à répondre ? : « Je suis catholique, enfant de l'Église ; elle me défend aujourd'hui telle nourriture, je respecte sa loi ; non, je ne rougie pas de lui obéir ; je rougirais plutôt de faire comme les incrédules qui la méprisent. » Surtout, si vous êtes père de famille, homme considéré, respecté, capable d'en imposer, gardez-vous de rougir de paraître chrétien et catholique ; vous scandaliseriez les petits et les faibles.

Une famille chretienne consacrant plus de temps a la priere durant le CaremeD : Est-ce faute grave que d'user d'aliments gras le vendredi et le samedi ?
R : Oui, c'est mépriser l'autorité de l'Église, à laquelle Jésus-Christ a commandé d'obéir.

L'Église, en nous interdisant le vendredi et le samedi l'usage des aliments gras, n'a pas prétendu qu'ils fussent mauvais en eux-mêmes et capables d'un péché ; ainsi ce n'est point l'action de manger de la viande tel ou tel jour qui rend coupable ; mais en en mangeant un jour où l'Église le défend, c'est mépriser son autorité, c'est se révolter contre elle, et par conséquent commettre un péché ; ce n'est pas la viande qui rend coupable, c'est la désobéissance à l'Église, qui a reçu de Jésus-Christ le pouvoir de commander à ses enfants.
Il y a des personnes qui s'imaginent qu'il y a moins de mal à user des aliments gras le samedi que le vendredi : rien de plus ridicule que cette distinction ; la loi de l'Église regarde le samedi aussi bien que le vendredi. Si l'on croit devoir se soumettre à son autorité de la loi, pourquoi ne pas obéir à la loi entière ? à quoi servira une soumission dont l'effet est détruit le lendemain par une désobéissance formelle ? Outre le vendredi et le samedi de chaque semaine, il y a encore obligation de s'abstenir de l'usage des aliments gras le jour de saint Marc et les trois jours des Rogations. Toutefois, comme la sainte enfance de Jésus étant un temps de joie, et que les samedis de ce temps-là sont spécialement destinés à célébrer l'allégresse de la Sainte Vierge, il est permis de manger gras quand la fête de Noël arrive un vendredi ou un samedi ; et en vertu d'une ancienne coutume, dans certains diocèses, il est permis de manger de la viande les samedis depuis Noël jusqu'à la Purification inclusivement, c'est-à-dire, y compris le jour même de la Purification si elle tombe un samedi ; il faut suivre en cela l'usage du diocèse où l'on se trouve.

D : Que doivent faire ceux qui ont des raisons pour faire gras les jours maigres ?
R : Ils doivent, s'ils le peuvent, en demander la permission à leur curé.

Lorsque, sans raison, on viole la loi de l'abstinence, on commet un péché mortel ; mais cette loi n'oblige point ceux qui sont dans l'impossibilité de l'observer : par exemple, les malades et les infirmes. Si on croit avoir de bonnes raisons pour faire gras les jours maigres, on doit en demander la permission à son curé, et cela par soumission et pour ne point nous donner trop de liberté en passant trop légèrement sur ce devoir.

D : Pourquoi l'Église a-t-elle institué cette abstinence du vendredi et le samedi ?
R : Pour honorer, par la pénitence, la mémoire de la mort et de la sépulture de Jésus-Christ.

C'est, comme vous savez, un vendredi, le Vendredi Saint, que Notre-Seigneur est mort pour nous sur la Croix : c'est pour compatir à cette triste mémoire, que l'Église a voulu que ce fût un jour de pénitence pour ses enfants. Le samedi est le jour où ce divin Sauveur demeura dans le tombeau ; c'est encore pour entrer dans le deuil de sa sépulture, que nous continuons aussi ce jour-là notre pénitence et nous préparer à la sanctification du dimanche.
Vous entendrez des gens mettre encore une distinction et vous dire : Bon pour le vendredi, parce que c'est le jour de la mort de Notre-Seigneur ; mais le samedi, ce n'est plus la même chose. A cela nous répondons : le commandement de l'Église est pour le samedi aussi bien que pour le vendredi : c'est la même autorité qui ordonne l'un et l'autre ; il faut donc obéir pour un jour comme pour l'autre. En toute circonstance et pendant tout le cours de notre vie montrons-nous fidèles à observer cette loi de l'Église.

RÉCAPITULATIF PRATIQUE

1°) Regardez ce commandement comme une chose importante, puisqu'il est porté par l'autorité de l'Église, autorité qui lui vient de Dieu, et ne vous donnez jamais la licence de critiquer cette loi.
2°) Respectez le précepte du jeûne comme émané de l'autorité de l'Église de Dieu.
3°) Jeûnez exactement, selon les règles de l'Église, lorsque vous en aurez l'âge et la force.
4°) Observez-la exactement ; ne faites jamais gras ni le vendredi, ni le samedi, parce que l'obligation est la même pour ces deux jours, puisqu'elle vient de la même autorité. Méprisez là-dessus les railleries, et ne rougissez pas d'être bons catholiques.
5°) Demandez-en la dispense avec une humble soumission, lorsque vous aurez besoin de faire gras ces jours-là.
6°) Si vous ne pouvez jeûner réellement, jeûnez de bonne volonté, et offrez à Dieu vos infirmités, vos souffrances, vos travaux pour vous tenir lieu de jeûne.
7°) Jeûnez en esprit de pénitence pour l'expiation de vos péchés, unissant votre jeûne à celui de Jésus-Christ, à ses souffrances, au fiel, au vinaigre dont il fut abreuvé pour l'expiation de vos péchés.
8°) Demandez à Dieu la grâce de vous rendre dociles à ce précepte et de vouloir bien accepter cette mortification expiatoire.

QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LE JEÛNE
d'après le Bx. Antoine Chevrier
« Le véritable Disciple » éd. P.E.L. Lyon

Lecture de la vie d'un saint, dans une une famille chretienneLe jeûne est le premier exemple que Jésus Christ nous donne en commençant sa vie apostolique ; avant de prêcher, d'enseigner, il se retire.
Jeûner, c'est se priver de nourriture, ou pour obéir à un précepte du Seigneur, ou pour acquérir, acheter quelque grâce particulière, ou pour remplir un précepte de charité qui est plus pressant que celui d'aller prendre sa nourriture. C'est ce que nous remarquons dans la conduite de Notre Seigneur Jésus Christ, notre Maître.
Jésus jeûne pour obéir à la volonté de son Père et acheter les grâces dont il a besoin pour commencer sa grande mission sur la terre qui est d'évangéliser les hommes. Ainsi nous, quand nous avons quelque mission à remplir, nous devons la commencer par le jeûne et la prière.
Un jour les apôtres n'avaient pu chasser un démon impur du corps d'un possédé et ils en demandaient la raison. Notre Seigneur leur répondit que ce démon ne peut se chasser que par le jeûne et la prière. (Matth. 17,20.) Il y a donc des grâces que nous ne pouvons obtenir que par le jeûne et la prière. C'est ce que Moïse a fait sur la montagne où il a jeûné pendant quarante jours et quarante nuits. C'est aussi ce que saint Jean-Baptiste faisait dans le désert où il ne vivait que de sauterelles et de miel sauvage (Matth. 3, 4.). Anne ne sortant pas du temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière (Luc 2, 37). Et les apôtres eux-mêmes, avant d'imposer les mains à Paul et à Barnabe : ils jeûnèrent et prièrent et, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent aller(Actes 13, 3.).

Il y a quatre sortes de jeûnes : 1°) On peut jeûner parce que la loi le commande ; c'est la leçon que nous venons d'étudier ;
2°) ou parce qu'on n'a pas de quoi manger ;
3°) ou bien aussi parce qu'on veut faire pénitence pour obtenir quelques grâces particulières ;
4°) ou parce que l'on n'a pas le temps de manger et que l'on préfère rendre service au prochain plutôt que d'aller manger.

Il y a le jeûne volontaire par lequel on se prive de nourriture pour rendre service au prochain. C'est l'amour qui nous impose la charité et l'amour de Dieu et des âmes, par lequel on préfère servir Dieu et le prochain à prendre sa nourriture. C'est ce que Notre Seigneur exprime très bien quand il répond à ses apôtres qui lui disent de manger : « Moi, j'ai une nourriture que vous ne connaissez pas, ma nourriture, c'est de faire la volonté de mon Père » (Jean 4,34). Quelles belles paroles ! La volonté de son Père, c'est sa nourriture ; lorsque les autres ne pensent qu'à manger, qu'à acheter, qu'à préparer ce qu'ils doivent manger, Jésus Christ ne pense qu'à faire la volonté de son Père et oublie, pour ainsi dire, cette nourriture du corps que nous cherchons tant. La volonté de son Père passe avant tout ; il laisse tout pour accomplir cette sainte volonté. Quel bel exemple pour nous qui craignons tant de retarder nos repas, de manquer d'un plat, du dessert !. Voilà donc comment vivait Notre Seigneur. Il cherchait la volonté de son Père et le salut du prochain avant sa propre nourriture. Et ce jeûne qu'impose la charité n'est pas le moins agréable à Dieu et il vaut bien celui qui est commandé par l'Église et que l'on ne fait souvent qu'à moitié ou qu'avec répugnance. C'est ce jeûne dont parle saint Paul : jeûne volontaire, jeûne de charité (II Cor., 6,4).

Le mérite du jeûne vient de ce qu'on fait à Dieu un sacrifice réel de soi-même à Dieu par obéissance ou volontairement. Et quand cette privation se fait par un motif de charité pour le prochain, que l'on se prive pour être utile à son prochain, alors il y a double mérite.
Quant à l'abstinence, Dieu nous en montre la nécessité et l'utilité quand il l'impose Lui-même à Adam pour lui faire mériter le ciel par un acte d'obéissance et de privation ; elle est donc juste et légitime.

PRIÈRES

Mon Dieu, nous vous remercions de l'instruction que nous venons d'entendre. Nous avons appris ce que c'est que le jeûne et le commandement que nous fait votre Église de jeûner les quatre-temps, les vigiles et le Carême. Nous, enfants, nous ne sommes pas encore obligés à ce précepte parce que nous n'avons pas la force de l'accomplir ; mais nous y serons tenus dans la suite ; en attendant il faut nous mortifier, nous priver de quelque nourriture, de quelques jeux, de quelques plaisirs, combattre nos passions naissantes. Pardon, Seigneur, pour ceux qui sont soumis à la loi mais qui méprisent l'observation du jeûne. Faites, s'il vous plaît, que désormais ils deviennent plus fidèles à ce commandement de l'Église et, par esprit de sacrifice, je me priverai moi-même ce soir, à table, d'une tranche de pain (ou d'un fruit) afin que vous exhaussiez ma prière. Ainsi soit-il.

Mon Dieu, nous vous remercions de l'instruction que nous venons d'entendre ; nous y avons appris l'obligation où nous sommes de nous abstenir de chair les vendredis et les samedis. Hélas ! peut-être avons-nous déjà entendu autour de nous blasphémer, ridiculiser cette sainte observance, quoiqu'émanée d'une autorité que vous avez déléguée à votre Église ! Cependant, grâces vous en soient rendues ; jusqu'ici nous avons été fidèles à cette pratique salutaire ; mais, mon Dieu, dans la suite ne permettez pas que nous nous laissions séduire par les discours des impies. Qu'une gourmandise basse ne nous porte pas à la transgression d'un précepte si facile à suivre ! Aidez-nous, Seigneur, à continuer à être dociles à cette loi ; nous vous en demandons la grâce par les mérites du Sauveur qui nous a donné le précepte et l'exemple de la mortification. Ainsi soit-il.


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