SOMMAIRE
PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS
Dieu et la sainte Trinité
L'Incarnation
La Rédemption
L'homme
L'Église
Les vertus Théologales
Le Décalogue
Le péché
Les sacrements
La confession
La communion
La prière
CATÉCHISME POUR ADULTES
Le chrétien
Dieu
Les perfections de Dieu
La sainte Trinité
La création
Les Anges
L'homme
Chute de l'homme
Le péché originel
L'Incarnation
La vie de Jésus
La mort de Jésus
La Rédemption
Ensevelissement
Le Saint Esprit
L'Église
Les caractères de la vraie Église
Hors de l'Église point de salut
L'enseignement de l'Église
La communion des Saints
La mort
Vie surnaturelle
Résurrection et Jugement général
Symbole des Apôtres
Signe de la Croix
La morale et les péchés :
Les vertus Théologales
La Foi
L'Espérance
La Charité
Le Décalogue
Commandements de Dieu :
Le premier commandement
Culte des Saints
Le second commandement
Le troisième commandement
Le quatrième commandement
Le cinquième commandement
Le sixième commandement
Le septième commandement
Le huitième commandement
Le 9 et 10 ème commandement
Commandements de l'Église :
Etude préliminaire
Trois premiers commandements
Le quatrième commandement
Le 5 et 6 ème commandement
Le Péché
Péchés capitaux
L'orgueil
L'avarice
La luxure
L'envie
La gourmandise
La colère
La paresse
La Grâce, les Sacrements, la prière
La Grâce
Les Sacrements
Le Baptême
Les promesses du Baptême
La Confirmation
Cérémonie de Confirmation
L'Eucharistie
La communion
La Messe
La Pénitence
Examen de Conscience
La Contrition
Le bon Propos
La Confession
L'Absolution
La Satisfaction
Les Indulgences
Extrême Onction
L'Ordre
Le Mariage
La prière
L'oraison dominicale
La Salutation Angélique
L'exercice du chrétien
Faire un don
|
ENSEIGNEMENT
CATÉCHISME POUR LES ADULTES
.
QUARANTE ET UNIÈME LEÇON
LES COMMANDEMENTS DE L'ÉGLISE
DEMANDE : Combien y a-t-il de Commandements de l'Église ?
RÉPONSE : Il y a six Commandements de l'Église.
D : Quel est le premier Commandement de l'Église ?
R : Les fêtes tu sanctifieras qui te sont de commandement.
Ce Commandement nous oblige à passer saintement les jours de fêtes que l'Église nous ordonne de sanctifier.
D : Qu'est-ce que l'Église ordonne par son premier commandement ?
R : Elle ordonne de s'abstenir des œvres serviles les jours de fêtes de commandement, et d'employer ces saints
jours au service de Dieu.
Nous vous avons instruits de ces obligations par rapport aux saints jours des Dimanches ; c'est la même chose pour les jours de fêtes commandées par l'Église. On péche en travaillant ces jours-là comme si c'était le Dimanche, et la sanctification est la même par rapport aux services divins et aux autres œvres de religion.
D : Qu'entendez-vous par ces mots : fêtes de commandement ?
R : J'entends les fêtes que l'Église a instituées pour être observées comme le Dimanche.
L'Église, en vertu de l'autorité divine qui lui est accordée par Jésus-Christ, a droit de prescrire à ses enfants certains jours de solennités. Elle l'a fait pour nous rappeler la mémoire des Mystères, pour honorer les Saints, pour réveiller en nous des sentiments d'une piété particulière. C'est ainsi que Dieu avait ordonné, dans l'ancienne loi, des fêtes, pour rappeler à son peuple le souvenir de certaines époques mémorables et des merveilles qu'il avait opérées en sa faveur.
D : Quelles sont ces fêtes ?
R : Il y en a de deux sortes : les unes sont pour honorer les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ, les autres pour honorer la mémoire de la Sainte Vierge et des Saints.
Voilà deux objets de solennités, et deux sortes de fêtes établies dans l'Église, outre le saint jour du Dimanche : les unes regardent Dieu et Jésus-Christ son Fils, notre Seigneur ; et les autres regardent la Sainte Vierge et les Saints.
D : Pourquoi l'Église a-t-elle institué les fêtes de Notre Seigneur Jésus-Christ ?
R : C'est pour nous rappeler le souvenir des Mystères qu'il a accomplis, et en rendre grâce à Dieu.
Les fêtes de Notre Seigneur sont des jours mémorables que l'Église a voulu établir pour rappeler à ses enfants les principaux Mystères de notre sainte Religion. Ainsi la fête de Noël est établie pour nous rappeler la mémoire de la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ. Les fêtes de la Circoncision et de la Présentation au temple sont établies pour nous rappeler le souvenir des premiers sacrifices qu'Il fit dès son enfance, en commençant dès-lors le grand ouvrage de notre rédemption. L'Épiphanie, ou la fête des Rois, nous rappelle la manifestation de Jésus-Christ aux Gentils, nos ancêtres, qui vivaient dans les ténèbres du paganisme. La grande solennité pascale et les jours qui l'accompagnent, nous rappellent l'institution admirable de la sainte Eucharistie, la mort, la résurrection du Sauveur, et la consommation de notre rédemption. La fête de l'Ascension nous rappelle l'histoire de Jésus-Christ remonté dans les cieux. La Pentecôte, la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, et l'établissement de la Religion chrétienne par Jésus-Christ Lui-même. La fête de la Trinité est établie pour honorer d'une manière spéciale ce Mystère incompréhensible, et pour en confirmer la foi dans nos cœrs. La Fêle-Dieu, pour honorer avec plus de pompe et de solennité le Mystère d'un Dieu qui fait ses délices d'habiter parmi les enfants des hommes, sous les voiles de l'admirable Sacrifice de la Messe. Toutes ces solennités sont établies pour réveiller le souvenir, l'attention, la piété, l'amour, la reconnaissance des Fidèles sur les objets les plus intéressants et les plus avantageux pour notre salut.
Tel était le but des anciennes solennités que le Seigneur Lui-même avait voulu établir parmi son peuple. Vous ferez telle fête
tous les ans, à tel jour, à tel mois, et voici pourquoi : « C'est que lorsque vos enfants vous demanderont pourquoi cette cérémonie de religion, vous leur en donnerez l'explication et le motif » (Exod. XIII,14), et vous leur direz par exemple : Cette fête de Pâques, cet Agneau que nous immolons, c'est en mémoire du passage du Seigneur, lorsque passant parmi les demeures des Égyptiens, il les frappa de sa vengeance en affranchissant de ses coups les maisons des enfants d'Israel. Telles sont aussi, pères et mères, les leçons que vous devez donner à vos enfants, aux grands jours de nos solennités : cette fêle solennelle de Pâques est instituée en mémoire de Jésus-Christ, l'Agneau sans tâche immolé pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, etc. ; ainsi des autres fêtes célébrées, tous les ans, pour nous rappeler la mémoire de nos principaux Mystères.
D : De quoi faut-il s'occuper aux fêtes de Notre Seigneur Jésus-Christ ?
R : Il faut considérer ce que Jésus-Christ a fait pour notre salut, l'en remercier et s'exciter à en profiter.
Voilà trois choses à faire pour sanctifier les fêtes de Notre Seigneur :
1°) Considérer ce que Jésus-Christ a fait pour notre salut. Par exemple, à la fête de Noël, il faut considérer ce qui ce passait à Bethléem, au jour heureux de la naissance d'un Dieu enfant, rédempteur du genre humain ; la Sainte Vierge et Saint Joseph rejetés des hôtelleries, retirés dans une pauvre étable ; Jésus venant au monde, enveloppé de langes, couché dans une crèche ; les anges qui viennent l'adorer, qui annoncent cette nouvelle aux bergers, et ceux-ci prosternés à leur tour au pied du berceau de ce divin Enfant. Que d'objets dignes de notre considération, et bien capables de nous consoler.
2°) Remercier le Seigneur de ce qu'Il a fait pour nous dans le Mystère que l'on célèbre. Prenons toujours pour exemple la même
solennité ; il faut remercier l'Enfant-Jésus de cette bonté, de cette douceur, de cette miséricorde qu'Il vient exercer envers nous et pour nous.
3°) Il faut nous exciter à profiter de ce que fait Jésus-Christ pour nous dans le Mystère que l'on célèbre. Appliquons ici cette
leçon au même objet. Le jour de Noël après avoir considéré et remercié Dieu, on doit se dire à soi-même : Il faut donc que je profite de tant de merveilles bienfaisantes que mon Sauveur naissant vient opérer en ma faveur. Il faut que je recueille avec soin les fruits de rédemption et de salut, qu'il commence à opérer en moi ; il faut mettre à profit toutes ces grâces et ces bienfaits, tant d'exemples de vertus que me donne ce divin Sauveur. Imitons son humilité, sa pauvreté dans la crèche, son détachement et son mépris pour les biens périssables de ce monde, cette bonté, cette douceur, cette innocence, toutes ces vertus que nous voyons briller dès la naissance de ce divin modèle. Apprenons a imiter Notre Seigneur ; suivons-le en toutes choses. C'est ainsi également qu'il faut réfléchir et méditer sur les autres solennités établies par l'Église, et pour cela lire dans quelques bons livres des choses qui y aient rapport ; venir à l'Église passer quelques moments pour méditer et prier plus efficacement au pied des autels, pour y former des résolutions plus assurées, en y puisant les grâces nécessaires pour les
accomplir.
Voilà comment nous entrerons dans les vues salutaires de notre mère la sainte Église qui a établi ces solennités. Voilà comment nous les sanctifierons dignement en glorifiant le Seigneur et en nous sanctifiant nous-mêmes.
D : Pourquoi l'Église a-t-elle institue les fêtes de la Sainte Vierge et des Saints ?
R : Pour remercier Dieu de ce qu'Il les a couronnés ; nous animer à les imiter, et nous procurer leur intercession.
Voilà trois raisons pour lesquelles l'Église a institué les fêtes des Saints.
1°) Pour remercier Dieu de ce qu'il les a couronnés, de ce qu'il les a comblés de ses grâces : car c'est à Lui, comme à l'auteur de toute sainteté, que doivent remonter nos hommages ; il couronne ses dons en couronnant leurs mérites. Voilà pourquoi on offre le saint sacrifice de la messe en l'honneur des Saints ces jours-là ; c'est un sacrifice d'action de grâces offert à Dieu pour le glorifier dans ses Saints dont on célèbre la fête.
2°) Pour nous animer à les imiter : c'est comme si l'Église nous disait : Mes enfants, c'est aujourd'hui telle fête de tel Saint ; voyez combien ce Saint est glorieux dans le ciel, comment il est parvenu à celle gloire ; suivez la route qu'il vous trace. Voilà votre modèle, faites comme lui, suivez les exemples de vertu que ce saint patron vous a donnés sur la terre, pour arriver après lui sur cette montagne de gloire. Voilà pourquoi dans tous les offices des Saints, on fait le récit de leur vie et l'éloge de leurs belles actions ; l'Église nous montre leurs vertus, leurs combats, leurs victoires, leurs faiblesses même ; c'est comme si elle nous disait : Ils ont été hommes comme vous, faibles comme vous, quelques-uns pécheurs comme vous ; mais ils ont triomphé de leurs passions, ils ont fait pénitence, etc. Faites comme eux, et vous serez couronnés comme eux.
3°) Pour nous procurer leur intercession : les Sains sont nos frères en Jésus-Christ ; c'est l'Église triomphante, mais elle reste en société avec nous qui sommes l'Église militante. Ce sont les amis de Dieu, les courtisans de son royaume céleste ; il se plaît à les exaucer quand ils prient pour nous. C'est pour nous procurer cette intercession puissante, que l'Église a établi ces fêtes en leur honneur. C'est pour cela que, sous le rite saint Pie V, elle a composé des offices pompeux, solennels, édifiants qui sont tout à la fois des actions de grâces, des éloges de leurs vertus, et des prières que nous leur adressons pour les conjurer d'intercéder pour nous auprès du Souverain dispensateur des grâces, Notre Seigneur Jésus-Christ.
D : Comment faut-il célébrer les fêtes de la Sainte Vierge et des Saints ?
R : Il faut réfléchir sur leurs vertus, se les proposer pour modèles, et demander leur intercession.
C'est ici la conclusion pratique de ce que nous venons de dire ; et voici les trois choses que nous avons à faire pour profiter de cette instruction et sanctifier, comme il faut, les fêtes de la Sainte Vierge et des Saints.
1°) Réfléchissons sur leurs vertus. Lisons leur vie, ou quelques traits de leurs belles actions. Par exemple, aux fêtes de la Sainte Vierge, considérons sa foi, sa confiance en Dieu, son amour, son humilité, sa patience, sa résignation, sa pureté, sa vigilance, sa modestie, etc. A la fête de Saint Jean-Baptiste, considérons l'austérité de sa vie, sa mortification, sa fuite dans le désert, son éloignement du monde, son zèle pour la gloire du divin Maître dont il était le précurseur, le témoignage qu'il lui rendit, sa mort pour la vérité et la défense de la loi. A la fête de Saint Pierre et Saint Paul, considérons leur zèle, leurs travaux apostoliques, leur martyre, etc., les fautes même qu'ils ont pleurées et réparées. A la fête de Saint Etienne, considérons ce généreux et premier martyr de Jésus-Christ, mourant sous une grêle de pierres, pardonnant à ses ennemis, priant
pour eux, et son âme s'envolant dans le ciel vers son Sauveur pour qui il donne sa vie. A la fête de votre saint patron dont vous portez le prénom, ou des autres Saints que l'Église honore, contemplez leurs vertus ; mais ne nous bornons pas à une admiration stérile et sans effet. Faisons selon leurs exemples.
2°) Pratique : méditons la vie d'un saint, prenons-le comme modèle à imiter dans notre vie quotidienne. Souvenons-nous que la vraie, la première dévotion envers les Saints, le sommaire de leur vénération et de notre piété, c'est d'imiter ce que nous révérons. Après ces considérations, appliquons-nous à travailler, à acquérir telles vertus. Oh ! bien sur, nous n'arriverons pas tout de suite à corriger nos défauts installés parfois en nous depuis des années, mais demandons l'intercession de ce saint, en lui demandant de porter nos prières à Dieu pour qu'Il nous fasse la grâce d'arriver à imiter ses vertus. Ayons confiance en
Dieu pour, petit à petit, chaque jour un peu plus, être plus fort dans la foi, dans l'amour de Dieu et du prochain, dans humilité, la pureté, la constance, la patience, la résignation dans les afflictions ; dans la sainte intrépidité à professer notre si belle Religion. Je suis pécheur, faible, tenté ; eh bien ! j'ai des modèles dans les Saints, je combattrai comme je triompherai comme eux, de la chair, du monde et de l'enfer ; ne pourrai-je pas faire comme celui-ci ou celle-là ? Oui nous le pourrons avec la même grâce qui leur fut donnée et que nous obtiendrons par eux si nous nous en donnons les moyens.
3°) Demandons leur Intercession : prions la très Sainte Vierge ou les Saints, de nous obtenir les grâces dont nous avons besoin pour imiter les vertus dont ils nous ont donné l'exemple ; joignons nos prières à celles de toute l'Église qui les invoque. Voilà le vrai moyen de les intéresser en notre faveur, d'obtenir tous les bienfaits spirituels que nous demanderons par leur médiation et le bonheur d'être couronnés comme eux dans le séjour de la gloire éternelle.
Voilà comme il faudrait sanctifier les fêtes de la Sainte Vierge et des Saints ; mais hélas ! est-ce ainsi qu'on les sanctifie la plupart ? Les plaisirs, les divertissements profanes, les danses, les discothèques, les cinémas, l'intempérance, mille excès, mille désordres de toute espèce, voilà comment on honore aujourd'hui les amis de Dieu. Quel renversement ! quel abus ! Est-ce ainsi que l'on méritera la protection des Saints ? Aussi, évitons toute notre vie ces abus sacrilèges qui ne peuvent plaire à Dieu ni nous attirer aucune grâce d'aucune sorte, et n'oublions jamais cette leçon de catéchisme sur les commandements de l'Église, relisons-là autant que nécessaire et mettons ces enseignements en pratique pour le bien de notre âme, afin qu'elle puisse un jour participer à la gloire éternelle réservée aux saints.
RÉCAPITULATIF PRATIQUE
1°) Saisissez bien l'esprit de l'Église dans l'établissement des fêtes. Entrez dans les vues de sanctification qu'elle s'est proposées pour ses enfants.
2°) Méditez sur chaque Mystère que célèbre l'Église, et tirez-en le fruit qu'Elle se propose en l'offrant à votre vénération et à
vos réflexions.
3°) Aux fêtes de la Sainte Vierge et des Saints, invoquez-les, priez-les avec ferveur, mettez surtout votre dévotion à les prendre pour modèles de votre conduite ; ce sera une dévotion vraiment solide.
4°) Enfin, passez saintement toutes ces fêtes destinées à honorer Dieu et ses Saints, et non point aux divertissements païens.
TRAITS HISTORIQUES
« Quiconque, dit saint Augustin, refuse d'avoir l'Église pour mère sur la terre, n'aura pas Dieu pour Père dans le Ciel. »
Des individus visitant un monastère de la Trappe et voyant les austérités qui s'y pratiquaient dirent au père hôtelier : « Vous serez bien attrapés, mes pères, s'il n'y a point de paradis. Vous serez bien plus attrapés que nous, messieurs, répartit le spirituel trappiste, s'il y a un enfer, et il y en a un. »
|