Prieres et spiritualite

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Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Eglise
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Eglise
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement

+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Eglise :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandement
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



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ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

TRENTE ET UNIÈME LEÇON
(Première partie du cours)


LE PREMIER COMMANDEMENT DE DIEU

Un seul Dieu tu adorerasDEMANDE : Quel est le premier Commandement ?
RÉPONSE : Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement.
DEMANDE : Qu'est-ce que Dieu nous ordonne par ce premier Commandement ?
RÉPONSE : Par ce premier Commandement, Dieu nous ordonne de l'adorer humblement et de l'aimer de tout notre cœur.

Par le premier Commandement, Dieu nous ordonne deux choses :
1°) de l'adorer,
2°) de l'aimer.
Je ne vous parlerai que de la première de ces obligations qui du reste renferme la seconde. Le mot adorer, pris dans sa signification littérale, signifie porter la main à la bouche, baiser sa main par un sentiment de vénération. Dans tout l'Orient, ce geste est une des plus grandes marques de respect et de soumission. "Ceux qui adorent, dit saint Jérôme, ont coutume de baiser la main". Il est dit dans le troisième livre des Rois : « je me réserverai sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal, et toutes les bouches qui n'ont pas baisé la main pour l'adorer. »
Pharaon parlant à Joseph, lui dit : « Tout mon peuple baisera la main à votre commandement, il recevra vos ordres comme ceux du roi » (Gen.,XLI,40). Lorsque le mot adorer est employé à l'égard de Dieu, il signifie le culte suprême, qui n'est dû qu'à Dieu seul ; on l'appelle culte de Latrie, d'un mot grec qui signifie serviteur, et qui dans l'origine, désignait le respect, les services et tous les devoirs qu'un esclave rend à son maître ; de là on s'est servi de ce terme pour désigner le culte que nous rendons à Dieu.

D : Qu'est-ce qu'adorer Dieu ?
R : Adorer Dieu, c'est s'anéantir en sa présence, et le reconnaître avec respect comme le créateur et le souverain Seigneur de toutes choses.

Adoration de la sainte CroixL'adoration consiste à reconnaître le souverain domaine (du mot latin dominus, maître, seigneur) que Dieu a sur toutes choses, à confesser l'entière dépendance où nous sommes à son égard, et à révérer sa suprême majesté : c'est là l'hommage que nous lui devons ; pourrions-nous le lui refuser ? Il est le seul Être existant par Lui-même, le seul puissant devant qui tout ce qui est créé n'est que faiblesse ; qui par sa seule volonté a fait que toutes les créatures ont commencé à exister, et qui, par cette même volonté, les empêche de rentrer dans le néant d'où il les a tirées. Il est le seul grand, le seul saint, le seul parfait, devant qui tout ce qui est créé est vil et abject. Reconnaissons donc le souverain domaine de Dieu ; et, pénétrés pour lui du profond respect, anéantissons-nous en sa présence et confessons que tout honneur et toute gloire appartiennent à Lui seul.
Tout ce qui constitue notre être, le corps et l'âme, dépend de Dieu ; nous devons donc lui rendre hommage par l'une et l'autre partie de nous-mêmes, et joindre, par conséquent, aux sentiments intérieurs d'adoration, des actes extérieurs, tels que les génuflexions, les prostrations, les chants sacrés, etc., qui associent le corps au culte rendu par l'âme.
L'obligation de rendre à Dieu un culte extérieur a été reconnue dans tous les temps et dans tous les pays : on ne trouve point de peuple qui n'ait eu ses sacrifices, ses cérémonies et ses fêtes de religion. Mais le culte extérieur ne doit être que la manifestation du culte intérieur ; autrement, il est faux, hypocrite et menteur, car il exprime des sentiments qu'on n'a pas. En effet, n'est-ce pas tromper et mentir, vouloir même pour ainsi dire, en imposer à Dieu, que de faire des actions qui marquent qu'on est pénétré envers lui des sentiments d'adoration, de soumission et d'amour, et n'avoir aucun de ces sentiments ? Mensonge horrible ! Odieuse hypocrisie ! « Dieu est esprit, dit Jésus-Christ, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité. »
Mais point d'adoration sans amour. « Il n'y a point d'autre culte que l'amour, dit Fénélon après saint Augustin. C'est le règne de Dieu au dedans de nous ; c'est l'adoration en esprit et en vérité ; c'est l'unique fin. Il ne nous a donné de l'amour qu'afin que nous l'aimions. Notre amour pour lui doit être un amour unique, source de tout autre amour, un amour sans bornes, un amour indépendant de tout autre amour. Faites que les hommes pensent de la sorte, tous les doutes sont dissipés, toutes les révoltes du cœur humain sont apaisées, tous les prétextes d'impiété et d'irréligion s'évanouissent. Je ne raisonne point, je ne demande rien à l'homme, je l'abandonne à son amour ; qu'il aime de tout son cœur ce qui est infiniment aimable, et qu'il fasse ce qui lui plaira ; ce qui lui plaira ne pourra être que la plus pure religion. Voilà le culte parfait. » (Lettres sur la religion, § 1)

D : Faites un acte d'adoration.
R : Mon Dieu je vous adore comme mon Créateur et mon souverain Seigneur, et je me soumets entièrement à vous.

A l'exemple des Saints, faisons souvent des actes d'adoration, mais surtout n'y manquons jamais le matin et le soir, et que les paroles que notre bouche prononce ne soient que l'expression des sentiments dont nous sommes pénétrés au fond du cœur :
Mon Dieu, je vous adore, je m'anéantis, je m'humilie devant vous. Maître absolu de la nature, vous êtes mon créateur et mon souverain Seigneur : oui, c'est à vous que je dois l'existence et la vie ; c'est à vous que je dois tout ce que je possède ; agréez l'hommage que je vous fais de ma soumission et de ma dépendance ; mon sort est entre vos mains ; faites de moi ce qu'il vous plaira ; je me soumets entièrement à vous.
Vous ne m'avez créé que pour me rendre heureux ; fissiez-vous fondre sur moi tous les maux, vous sauriez les faire servir à mon avantage, et j'y reconnaîtrais la volonté d'un Père infiniment sage, infiniment bon, qui ne se propose en tout que le bonheur de ses enfants.

D : Ne doit-on adorer que Dieu seul ?
R : Oui, on ne doit adorer que Dieu seul, parce que Lui est le créateur et le souverain Seigneur de toutes choses.

L'adoration étant un acte d'anéantissement par lequel nous reconnaissons la grandeur sans bornes, l'excellence de l'Être suprême et l'empire absolu qu'Il exerce sur tout ce qui existe, il est évident que nous ne pouvons adorer que Dieu seul ; adorer une créature, ce serait reconnaître que tout lui appartient, que tout est dans sa dépendance ; ce qui est une absurdité et une monstruosité. On se sert quelquefois, il est vrai, du terme adorer, à l'égard des créatures ; il est dit, par exemple, au livre de la Genèse, qu'Abraham adora le peuple d'Hébron (Gen.,XIII) ; mais alors ce terme ne doit pas être pris dans son sens rigoureux, et il signifie seulement : honorer, révérer, donner des marques d'estime et de respect, etc.

D : Doit-on adorer Jésus-Christ ?
R : Oui, on doit adorer Jésus-Christ, parce que Jésus-Christ est Dieu.

Se prosterner devant DieuJésus-Christ, notre divin Rédempteur, est Dieu ; or, puisque Jésus-Christ est Dieu, il s'ensuit qu'il est le créateur et le souverain Maître de toutes choses, que nous sommes en tout sous sa puissance et son autorité suprêmes ; que notre vie, notre être, tout dépend de Lui : nous devons donc l'adorer, et ce serait méconnaître sa divinité, nous rendre, par conséquent, bien coupables à ses yeux, que de lui refuser le culte suprême, l'honneur souverain qui lui est dû.

D : Peut-on adorer son humanité ?
R : Oui, parce que l'humanité, le corps, le cœur et la chair de Jésus-Christ appartiennent à la personne même du Fils de Dieu.

Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble, est une Personne divine, et non pas une personne humaine, quoiqu'il ait la nature humaine, tout ce qui est en Jésus-Christ est donc digne d'adoration ; nous pouvons donc adorer son Corps, puisque c'est le corps d'un Dieu ; son Cœur, puisque c'est le cœur d'un Dieu ; sa Chair, puisque c'est la chair d'un Dieu. En rendant ainsi le culte suprême à l'humanité de Jésus-Christ, c'est à la Personne même du Fils de Dieu, à une Personne divine, à Dieu Lui-même que nous le rendons ; d'où il est facile de comprendre que ce culte est parfaitement légitime, et que ce n'est point transporter à la créature ce qui n'appartient qu'au Créateur.
Nous pouvons adorer l'humanité de Jésus-Christ, son corps, par exemple ; et c'est ce que nous faisons dans la célébration des mystères sacrés, et spécialement dans la solennité eucharistique, connue sous le nom de Fête-Dieu, fête du Saint-Sacrement.
Une fête particulière et une confrérie, qui comptent un grand nombre de membres, ont été aussi instituées en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus-Christ. Pour se faire une juste idée de cette dévotion, il ne faut point perdre de vue ce qui suit.
1°) Le véritable objet de la dévotion au Sacré-Cœur est le Cœur de Jésus-Christ uni hypostatiquement au Verbe divin. Je dis : uni hypostatiquement au Verbe ; car si le Cœur de Jésus n'était pas hypostatiquement uni à la divinité, il ne serait plus adorable du culte de latrie, parce qu'il cesserait d'être le Cœur d'un Dieu ; on pourrait lui rendre un culte, mais inférieur à celui que nous rendons à Dieu, et supérieur à celui que nous rendons aux saints.
2°) Dans l'exercice de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, nous ne faisons jamais, nous ne pouvons même jamais faire abstraction de l'âme et de la divinité auxquelles le Cœur de Jésus est uni. En adorant le Cœur de Jésus, nous ne le séparons pas de la Personne de Jésus-Christ ; nous adorons la Personne du Fils de Dieu, laquelle renferme et sa divinité et son humanité tout entière, quoique, dans les hommages que nous lui rendons, notre intention se dirige plus particulièrement sur une des parties de son humanité.
3°) Le Cœur de Jésus que nous adorons est un Cœur vivant, source inépuisable, éternelle d'amour divin puisque son corps adorable, depuis sa sortie du tombeau, est plein de vie et de gloire dans le ciel, et que c'est la Personne divine qui anime ce Cœur adorable.
4°) L'Église a distingué le Cœur de Jésus pour en faire l'objet d'un culte spécial, et la raison en est manifeste : le Cœur étant le siège de l'amour, le Cœur de Jésus est la source de la charité, type éminemment propre à élever l'âme à la pensée de l'amour immense de cet Homme-Dieu pour les hommes.
5°) Ce serait sans doute une erreur grossière, et même une espèce de matérialisme, de considérer le Cœur matériel de Jésus autrement que comme un symbole naturel de l'amour. Il est certain toutefois que notre cœur éprouve des mouvements physiques correspondants aux sentiments de l'âme : il se dilate dans la joie, se resserre dans la tristesse. Aussi, de tout temps, on a symbolisé par le cœur le sentiment de l'amour. Ces expressions : c'est un cœur noble, tendre, aimant, consacrées par le langage de tous les peuples, et qu'on retrouve dans les livres saints pour désigner l'élévation des sentiments et la bonté de l'âme ; ces expressions nous montrent que le genre humain a toujours cru que les pensées et les sentiments retentissent au cœur. C'est donc avec raison que l'Église nous représente le Sacré-Cœur de Jésus comme embrasé de charité pour nous, qu'elle lui attribue le sentiment de l'amour, et qu'elle en fait l'objet d'un culte spécial, afin de rappeler sans cesse à notre souvenir tout ce que ce divin Sauveur a fait pour nous.
Sacre Coeur de Jesus & Sainte Marguerite MarieEn confirmation et comme complément de ce qui vient d'être dit touchant l'adoration due à l'humanité de Jésus-Christ, nous citerons le passage suivant, tiré de la Correspondance de Rome : « On doit honorer l'humanité du Christ in concreto, en tant qu'elle est humanité du Christ, comme unie à la divinité en unité de personne, de la même manière que nous vénérons et adorons le corps de Jésus-Christ, comme corps de l'Homme-Dieu. Mais, selon l'opinion des théologiens les plus autorisés, la pratique d'adresser des prières à la sainte humanité du Christ prise in abstracto, c'est-à-dire abstraction faite de son union avec la divinité, ne serait pas approuvable. Car l'humanité seule, n'ayant pas été notre médiatrice, ne mérite point par elle-même, ne satisfait pas et n'intercède pas par elle-même. La prière suppose que celui auquel elle est adressée peut opérer par lui-même, puisque nous lui demandons de faire quelque chose pour nous. Or, l'Eglise adresse toujours son culte a l'Homme-Dieu. Elle lui décerne ce culte suprême qui n'a de nom dans aucune langue, bien que le mot de latrie ait été fixé pour le désigner. Le culte quelle rend au Fils est le même que celui qu'elle rend au Père. L'incarnation du Verbe ne lui a rien fait perdre de ses attributs essentiels. L'une et l'autre natures, unies hypostatiquement, ont droit à la même adoration. L'Eglise ne sépare jamais, dans son culte public, la divinité de l'humanité de Notre-Seigneur considérée abstractivement. Elle ne prohibe pourtant pas de décerner un culte intérieur et privé à la sainte humanité de Notre-Seigneur. Par exemple, a sa sainte âme, à cause de la plénitude de grâces dont elle a été ornée. Ajoutons même que, sous le rapport pratique, on ne doit pas régulièrement séparer l'humanité de la divinité ; mais on doit décerner au Christ le culte suprême de Latrie qui lui est du a raison de sa dignité » (Correspondance de Rome, édit. du Mans, p. 480-486).
Enfin ajoutons que l'Eglise entend, par union hypostatique, l'union du Verbe avec la nature humaine, union de laquelle il ne résulte qu'une seule Personne.

TRAITS HISTORIQUES

Voici comment saint François de Sales adorait Dieu parfois des nuits entières : « Qui êtes-vous, Seigneur, et qui suis-je ? Ah ! que vous êtes grand, et que je suis peu de chose ! Vous êtes le Créateur de l'univers, et je ne suis qu'une chétive créature ; vous êtes le Maître absolu de toutes choses, et je ne suis qu'un serviteur très indigne ; vous êtes tout, et je ne suis rien ; et pour tout dire en un mot, vous êtes Celui qui est, et moi je suis comme si je n'étais pas. Comment, vous étant ce que vous êtes, et moi ce que je suis, oserai-je paraître devant vous ? ».

C'était dans le Cœur de Jésus que Louis XVI allait déposer les effusions de son âme affligée et les amertumes dont on l'abreuvait. C'est dans ce divin Cœur qu'il puisa ce courage calme, inaltérable, plein de dignité, qu'il fit paraître surtout dans ses derniers moments. Cet infortuné monarque, sans appui, sans conseil, réduit avec sa famille à une espèce de captivité, au milieu de son propre palais, ne trouvait de consolation que dans le Cœur de Jésus, et c'est pour marquer toute la reconnaissance dont il était pénétré pour ce Cœur adorable que, par un vœu dont l'authenticité ne saurait être révoquée en doute, il lui consacra sa personne, sa famille et son royaume, et promit que, s'il recouvrait sa couronne et sa puissance royale, il prendrait les mesures nécessaires pour établir une fête solennelle en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus, laquelle serait célébrée à perpétuité dans toute l'étendue de son royaume. Il n'était pas dans les desseins de Dieu que ce prince pût exécuter ses promesses et confirmer son offrande : un autre sacrifice était exigé de lui ; il ne devait pas recouvrer sa couronne : une autre couronne lui était réservée. Mais le Ciel, qui agréa son martyre, n'avait pas rejeté son vœu. Le vœu de Louis XVI a été porté par nos anges tutélaires et nos saints patrons au pied du trône du Roi des rois. La consécration de la France au Sacré Cœur de Jésus est écrite dans le ciel.

 

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

TRENTE ET UNIÈME LEÇON
(Seconde partie du cours)


PÉCHÉS CONTRE LE PREMIER COMMANDEMENT DE DIEU

Recours a la sainte Vierge et a JesusDEMANDE : En combien de manières pèche-t-on contre le premier Commandement de Dieu ?
RÉPONSE : On pèche contre le premier Commandement de Dieu, en trois manières : par idolâtrie, par superstition et par sacrilège.
DEMANDE : Quels sont ceux qui pèchent par idolâtrie ?
RÉPONSE : Ce sont ceux qui rendent à ce qui n'est point Dieu un culte qui n'est dû qu'au Créateur : on les appelle idolâtres.

Idolâtrie veut dire : culte des idoles. Une idole est une figure, une statue, qui représente une fausse divinité ; l'idolâtrie est le culte rendu à cette statue, à cette figure ; et ceux qui rendent un pareil culte sont des idolâtres. Dans un sens plus étendu, on entend par idolâtres, tous ceux qui rendent à ce qui n'est point Dieu le culte souverain qui n'est dû qu'au Créateur ; ainsi les peuples grossiers qui, avant l'invention de la peinture et de la sculpture, adorèrent le soleil, la lune et les étoiles, étaient des idolâtres ; ainsi les Guèbres, qui adorent le feu, sont des idolâtres ; ainsi encore ce serait être idolâtre que d'adorer la sainte Vierge, les anges et les saints car on ne doit adorer que Dieu seul. A la sainte Vierge, aux anges et aux saints on porte une dévotion. Outre l'idolâtrie proprement dite, dont nous venons de parler, il est une autre sorte d'idolâtrie qui consiste à préférer à Dieu ses passions, ses plaisirs ; l'avare, par exemple, fait son Dieu de ses trésors ; le sensuel fait son Dieu de son ventre : l'un et l'autre sont de véritables idolâtres.

D : Quels sont ceux qui pèchent par superstition ?
R : Ce sont ceux qui, par une religion fausse ou malentendu, mettent leur confiance dans de vaines pratiques non approuvées par l'Église.

Religion signifie ici la même chose que culte, manière d'honorer Dieu ; avoir une religion fausse, c'est ne point honorer Dieu de la manière que le prescrivent Dieu et l'Église ; avoir une religion mal entendue, c'est mêler aux pratiques de religion certaines cérémonies vaines et inutiles, et y mettre sa confiance. Mettre sa confiance, par une religion fausse ou malentendu, dans de vaines pratiques non approuvées par l'Église c'est se rendre coupable de superstition.
Superstition veut dire : qui est surabondant, qui passe les bornes ; ainsi, en fait de religion, la superstition va au-delà de ce qui est prescrit par Dieu ou par l'Église, et attache à ce superflu une grande importance ; en fait d'observation, elle dépasse les limites fixées par la prudence et par la sagesse.
Il existe un grand nombre de pratiques superstitieuses ; aussi nous ne parlerons ici que des plus ordinaires. On se rend coupable de superstition :
1°) quand on fait des prières bonnes en elles-mêmes, mais avec des circonstances que l'Église n'enseigne ni n'approuve, circonstances que l'on regarde comme absolument nécessaires pour que ces prières soient exaucées : comme de les faire à certaines heures, en certain nombre, les commençant par la fin et les finissant par le commencement ; ou de les faire dans une certaine situation de corps, ou en se tournant vers l'orient plutôt que vers l'occident, etc.
2°) Quand on attend, de la récitation de telle prière, un effet que ni Dieu ni l'Église n'y a attaché, par exemple, la connaissance de l'heure de sa mort, la délivrance d'un certain nombre d'âmes du Purgatoire.
3°) Quand on emploie, avec l'espérance de réussir, certaines choses qui n'ont aucune vertu, ni naturelle ni surnaturelle, pour produire les effets qu'on attend ; ceux, par exemple, qui prétendent guérir les maladies par des paroles, doivent comprendre que des paroles n'ont pas naturellement cette vertu ; Dieu n'y a pas non plus attaché cette efficacité : si donc elles produisaient cet effet, ce ne pourrait être que par l'opération du démon. Il faut dire la même chose des personnes qui se vantent de faire disparaître les dartres en les touchant ; de faire passer les fièvres, pourvu qu'elles sachent le nombre de fièvres qu'on a déjà eues, etc.
Superstition4°) D'après le même principe, c'est une superstition de croire que deux pailles en croix ont la vertu d'arrêter le sang ; qu'on peut éteindre le feu en écrivant certaines paroles sur la cheminée ; qu'on sera guéri de tel mal, en récitant trois fois l'oraison dominicale avant le lever du soleil, etc.
5°) On se rend encore coupable de superstition quand, pour connaître les choses cachées ou futures, on emploie certains moyens qui ne peuvent les faire connaître naturellement, et qui n'ont aucun rapport aux choses dont on désire la connaissance : comme de faire tourner le sas, afin de savoir si telle personne est morte ou si elle vit encore ; de faire tourner la clef, afin de savoir si telle personne est coupable, ou non, d'un crime dont on l'accuse, etc. ; ce genre de superstition s'appelle divination.
6°) Quand on ajoute foi aux songes, et qu'on s'y arrête pour régler sa conduite ; pour un rêve qui se réalise par hasard, cent mille sont sans effet : tout homme qui n'a pas abjuré la raison et le bon sens ne saurait donc y avoir confiance, et le Seigneur, au livre du Lévitique, défend de les observer (Levit. XIX,27).
7°) Quand on croit que certaines choses sont des signes de quelques événements heureux ou malheureux, quoiqu'ils n'aient aucun rapport à ces sortes d'événements ; c'est ce qu'on appelle vaine observance. Il s'ensuit de cette règle que c'est une superstition de croire qu'un miroir cassé, une salière renversée, deux couteaux fourchettes en croix, trois flambeaux allumés sont signe de malheur ; et mille autres puérilités, mille autres extravagances semblables qu'on regarderait peut-être comme des fautes légères, si les livres saints ne nous apprenaient qu'elles sont plus graves qu'on ne pense : « Seigneur, dit le Prophète-Roi, vous haïssez ceux qui observent des choses vaines et sans aucun fruit. » Aussi l'Église, dans tous les temps, a condamné les pratiques superstitieuses, et dit anathème à ceux qui y avaient recours ; et la seul raison qui puisse diminuer, jusqu'à un certain point, le péché des superstitions, c'est l'ignorance de ceux qui les pratiquent.

D : Ceux qui consultent les voyants, les astrologues et les mages pèchent-ils par superstition ?
R : Oui ; et l'Église a toujours défendu de recourir aux voyants, à l'astrologie et aux mages.

Voici ce que dit le Seigneur, au livre du Deutéronome : « Qu'il ne se trouve personne parmi vous qui consulte les devins, ou qui observe songes ; car le Seigneur a en abomination toutes ces choses. » Les Pères de l'Église s'efforcent dans leurs écrits, de faire comprendre aux fidèles qu'ils ne doivent donner aucune créance aux devins, pour lesquels ils ne marquent pas seulement du mépris, mais aussi de l'indignation ; ils les traitent d'imposteurs et d'infâmes qui gagnent leur vie en trompant les hommes. Oui, voilà l'idée qu'il faut avoir de ces prétendus voyants, astrologues, médium et mages, de ces diseurs de bonne aventure, de ces tireuses de cartes, que le crédule vulgaire a la bonhomie d'aller consulter, soit pour connaître l'avenir, soit pour être délivré de quelque danger ou de quelque maladie, soit pour retrouver une chose perdue, soit pour connaître l'auteur d'un vol, etc. ; ce sont autant de fourbes ou d'imposteurs qui rient en secret de l'imbécillité de ceux qui ont recours à eux ; un devin est un fripon et celui qui le consulte est un sot.

D : Quels moyens faut-il employer pour faire cesser un maléfice ?
R : Il faut avoir recours aux remèdes spirituels approuvés par l'Église catholique romaine.

Les maléfices sont bien rares ; on se fait presque toujours illusion sur ce point en attribuant à une intervention diabolique ce qui relève d'une maladie psychiatrique, d'une dépression ou d'une imagination exaltée, ou de quelque accident naturel, ou de la scélératesse d'un méchant, d'épreuves lourdes de la vie.
Si on a tout lieu de croire qu'il y ait réellement maléfice ou possession diabolique, il faut, pour le faire cesser, recourir à la pénitence, à la prière, aux jeûnes, aux exorcismes et autres remèdes approuvés par l'Église catholique, comme sont le saint sacrifice de la Messe selon le rite saint Pie V, les sacrements, l'invocation des saints noms de Jésus et de Marie, le signe de la croix, l'intercession des saints. Au reste, il ne faut jamais, pour faire lever un maléfice, de recourir au maléficier lui-même, car celui-ci emploie bien souvent pour cela le secours du démon. Toujours faire appel à un prêtre de l'Église catholique romaine qui, après examen, conclura s'il faut procéder ou pas à un exorcisme. Tels sont les principes sur cette matière ; principes qu'on a bien rarement occasion d'appliquer, parce que, nous le répétons, les vrais maléfices sont extrêmement rares.

D : Toute superstition est-elle un péché ?
R : Toute superstition, en général, est un péché.

La superstition est un péché mortel, toutes les fois qu'elle est accompagnée de l'invocation expresse du démon, parce qu'elle devient alors une idolâtrie, et par conséquent un crime inexcusable. Si l'invocation du démon n'est que tacite, implicite, le péché peut n'être que véniel, à raison de l'ignorance de ceux qui y ont recours. L'ignorance excuse même de tout péché celui qui, faute d'avoir été instruit, ne regarde pas telle pratique comme superstitieuse, quoiqu'elle soit, dans la réalité, vaine et illicite. Enfin, il y a telle espèce de superstition qu'on ne saurait taxer d'aucun péché, parce que c'est moins une superstition proprement dite, qu'une crainte involontaire, une faiblesse, une espèce d'infirmité d'esprit. De même nous n'oserions pas regarder comme bien coupable celui qui, sans croire que le nombre treize soit un signe de malheur, ne voudrait cependant pas rester à table parce qu'il s'y trouve treize convives, et cela par suite d'une certaine crainte qu'il ne peut pas surmonter.

Saint AntoineD : Est-ce une superstition de recourir à tel saint pour obtenir quelque grâce particulière, par exemple de prier saint Antoine de Padoue, afin de retrouver une chose perdue ou volée ?
R : Il ne parait pas qu'il y ait en cela de superstition.

1°) Cette dévotion est, depuis plus de sept cents ans, mise en pratique dans l'ordre des Franciscains, qui honorent saint Antoine de Padoue d'un culte particulier, et c'est de cet ordre que les fidèles l'ont empruntée. Elle consiste a réciter le huitième répons qui se chante aux matines de la fête de saint Antoine de Padoue, et qui commence par ces mots : Si quæris miracula, etc. Ce répons, qui se trouve dans un bréviaire, à l'usage des capucins, approuvé par le Saint-Siège, suppose évidemment que l'on peut obtenir, par l'intercession de ce saint, la grâce dont il est question.
2°) De graves auteurs rapportent un grand nombre de grâces spéciales que les fidèles ont reçues, lorsqu'ils ont récité la même prière avec foi et dévotion. L'an 1595, est-il dit dans les Annales des frères mineurs, l'antienne de saint Antoine de Padoue opéra plusieurs miracles à Caltanicetta, province de Palerme.
3°) On lit dans les mêmes annales que dom Ignace, évêque de Cordoue, perdit un jour son anneau pastoral, auquel il tenait beaucoup, parce que c'était avec le même anneau qu'il avait été sacré évêque. Ne pouvant le retrouver, quelque recherche qu'il fit, il prit le parti, comme il le déclara lui-même, de se recommander à saint Antoine de Padoue ; il dit et fit dire des messes à son honneur, et Dieu lui accorda la faveur qu'il désirait.
4°) Le frère Ambroise Catherine raconte, dans un de ses ouvrages, le fait suivant, arrivé à la suite de prières adressées au même saint. « Étant, dit-il, parti de Toulouse, je perdis un manuscrit dans lequel j'avais inséré, des notes contre les hérétiques. Connaissant la perte que j'avais faite, je rebroussai mon chemin environ trois à quatre lieues, demandant à tous ceux que je rencontrais des nouvelles de mon livre, mais personne ne m'en donnait. » Désespérant de le retrouver par ce moyen, il mit tout son espoir dans le secours de Dieu ; et, se rappelant saint Antoine de Padoue, il l'invoqua avec ferveur et confiance, le conjurant de l'assister auprès de Dieu et de lui faire retrouver son manuscrit. Sa prière faite, il voit venir à lui un homme qui lui demande s'il n'a point perdu un livre ; il prend ce livre, le considère, et il reconnaît que c'est le sien.
La pratique d'invoquer saint Antoine de Padoue, afin de retrouver les objets perdus ou volés, est une pratique pieuse, puisque la prière qui en est la base et le fondement est renfermée dans un bréviaire approuvé par le Saint-Siège ; en second lieu, si elle était entachée de superstition, Dieu aurait-il accordé à ceux qui y ont eu recours les grâces qu'ils ont demandées ?.
Ce qui vient d'être dit de saint Antoine de Padoue peut s'appliquer à un grand nombre d'autres saints que l'on invoque pour obtenir quelque faveur spéciale. Une foule de faits qu'il paraît impossible de révoquer en doute prouvent qu'il a plu à Dieu, qui est admirable dans ses saints, d'accorder, à l'intercession d'un saint évêque, telle grâce, telle guérison ; à l'intercession d'un saint abbé, telle autre grâce, telle autre guérison, etc. Il n'y a en cela rien qui soit indigne et l'Église, toujours dirigée par le Saint-Esprit, loin de blâmer cette croyance, semble au contraire l'autoriser.

D : Quels sont ceux qui pèchent par sacrilège ?
R : Ce sont ceux qui profanent les choses saintes, telle que les sacrements, les objets bénis, ou les personnes consacrées à Dieu.

On entend par sacrilège la profanation d'une chose sainte. Profaner une chose sainte, c'est la traiter avec irrévérence, c'est-à-dire sans respect ; l'employer à des usages profanes à des usages étrangers à la religion.

Il y a deux sortes de saintetés :
1°) la sainteté intérieure, qui consiste dans la grâce sanctifiante, dans l'exemption de tout péché mortel ;
2°) la sainteté extérieure, qui consiste dans la destination d'une chose au culte de Dieu : c'est par la consécration de l'évêque ou par la bénédiction des prêtres qu'une chose est destinée au culte de Dieu, et dès lors elle cesse d'être du nombre des choses profanes et ordinaires.

Sacrilege au sanctuaire de Fatima en mai 2004On pèche par sacrilège :
1°) en profanant les sacrements, en les recevant indignement ; par exemple, en communiant avec quelque pèche mortel sur la conscience.
2°) en profanant les livres saints, en employant les paroles de l'Écriture à des applications profanes, grotesques, ridicules, indécentes …
3°) en profanant les objets bénits, comme sont les vases sacrés, les saintes huiles, l'eau bénite, le pain bénit.
4°) en profanant les reliques, les saintes images, par exemple ; en les foulant aux pieds ou les jetant dans des lieux immondes.
5°) en profanant les lieux saints, comme sont les églises, les cimetières ; en y manquant de respect, en y commettant quelque action criminelle, en y tenant des discours impies, etc.
6°) en manquant de respect aux personnes consacrées à Dieu, en les frappant, en les injuriant.
7°) une personne qui a fait vœu de chasteté commettrait aussi un sacrilège, si elle se rendait coupable d'un péché contre le sixième précepte ; il en serait de même de son complice, quand bien même il n'aurait pas fait le même vœu.

TRAITS HISTORIQUES

Le premier président du parlement de Rouen, Jean-Louis Faucon du Ris, ne pouvant se résoudre à se mettre à table, parce qu'il se trouvait le treizième, il fallut adhérer à la superstition, et faire venir une autre personne, afin qu'on fût quatorze. Alors il soupa tranquillement ; mais à peine fut-il sorti de table, qu'il fut saisi d'une apoplexie, dont il mourut sur-le-champ.
Dieu ne punit pas toujours les superstitieux d'une manière aussi sensible, mais on ne peut douter qu'il ne les ait en horreur : « Seigneur, dit le Psalmiste, vous haïssez ceux qui observent des choses vaines et sans aucun fruit. »

Un de ces hommes superstitieux parce qu'ils sont sans foi, se plaignait à un de ces amis de la perte d'un procès. « Au reste, ajouta-t-il, je m'y attendais ; il avait commencé le vendredi, ce procès ; le vendredi porte malheur. » Votre adversaire pense-t-il comme vous ? lui dit cet ami un peu plus sensé : il a gagné son procès, à ses yeux le vendredi porte bonheur. Cette réflexion réduisit notre superstitieux au silence et le couvrit de confusion.


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