Prieres et spiritualite

Accueil
|
Dieu
|
Sainte Vierge
|
Prières diverses
|
Exercices
|
Méditations
|
Messe
|
Catéchisme
SOMMAIRE

PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS

+ Dieu et la sainte
    Trinité
+ L'Incarnation
+ La Rédemption
+ L'homme
+ L'Eglise
+ Les vertus
    Théologales
+ Le Décalogue
+ Le péché
+ Les sacrements
+ La confession
+ La communion
+ La prière

CATÉCHISME POUR ADULTES

+ Le chrétien
+ Dieu
+ Les perfections
    de Dieu
+ La sainte Trinité
+ La création
+ Les Anges
+ L'homme
+ Chute de l'homme
+ Le péché originel
+ L'Incarnation
+ La vie de Jésus
+ La mort de Jésus
+ La Rédemption
+ Ensevelissement
+ Le Saint Esprit
+ L'Eglise
+ Les caractères
    de la vraie Église
+ Hors de l'Église
    point de salut
+ L'enseignement
    de l'Église
+ La communion
    des Saints
+ La mort
+ Vie surnaturelle
+ Résurrection et Jugement général
+ Symbole des
    Apôtres
+ Signe de la Croix

La morale et les péchés :

+ Les vertus
    Théologales
    + La Foi
    + L'Espérance
    + La Charité
+ Le Décalogue

Commandements
de Dieu :


+ Le premier
    commandement
+ Culte des Saints
+ Le second
    commandement
+ Le troisième
    commandement
+ Le quatrième
    commandement
+ Le cinquième
    commandement
+ Le sixième
    commandement
+ Le septième
    commandement
+ Le huitième
    commandement
+ Le 9 et 10 ème
    commandement

Commandements
de l'Eglise :


+ Etude préliminaire
+ Trois premiers
    commandements
+ Le quatrième
    commandement
+ Le 5 et 6 ème
    commandement
+ Le Péché
+ Péchés capitaux
    + L'orgueil
    + L'avarice
    + La luxure
    + L'envie
    + La gourmandise
    + La colère
    + La paresse

La Grâce,
les Sacrements,
la prière


+ La Grâce
+ Les Sacrements
+ Le Baptême
+ Les promesses
    du Baptême
+ La Confirmation
+ Cérémonie de
    Confirmation
+ L'Eucharistie
+ La communion
+ La Messe
+ La Pénitence
+ Examen de
    Conscience
+ La Contrition
+ Le bon Propos
+ La Confession
+ L'Absolution
+ La Satisfaction
+ Les Indulgences
+ Extrême Onction
+ L'Ordre
+ Le Mariage
+ La prière
+ L'oraison
    dominicale

+ La Salutation
    Angélique

+ L'exercice du
    chrétien



+ Faire un don

ENSEIGNEMENT

CATÉCHISME POUR LES ADULTES

.

VINGT DEUXIÈME LEÇON


LA VIE SURNATURELLE

1° ) Le Paradis :

Trepas de St Francois d'AssiseDEMANDE : Qu'est-ce que le paradis ?
RÉPONSE : Le paradis est un lieu de délices, où en voyant Dieu tel qu'il est, et en l'aimant parfaitement, on jouit d'un bonheur éternel.

Le paradis ou le ciel est un lieu de délices, où les saints, les élus, les prédestinés jouissent avec Dieu de la vie éternelle, sans mélange d'aucun mal ; un séjour de volupté où l'on goûte sans cesse les plaisirs les plus vifs, où l'on éprouve sans cesse les plus douce jouissances ; un séjour d'où est à jamais banni tout ce qui pourrait causer la moindre peine, le plus petit chagrin, la plus légère inquiétude ; un séjour enfin où l'on jouit d'un bonheur si grand, si parfait, que l'œil n'a jamais vu, l'oreille n'a jamais entendu, l'esprit de l'homme n'a jamais compris ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment (I Cor. II, 9). C'est, en effet, le sein même de Dieu.
Aussi le bonheur du paradis consiste :
1°) à voir Dieu. Ce n'est plus comme en un miroir et en énigme que les saints l'aperçoivent ; ils le voient tel qu'il est, et le contemplent face à face ; ils connaissent l'adorable Trinité comme ils en sont connus, et ils trouvent la vie éternelle dans cette connaissance parfaite du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, et dans cette union à la saint Trinité. Comme Dieu trouve son essentielle et inaltérable félicité à se contempler et à s'aimer Lui-même, les élus trouvent leur inaltérable félicité dans la contemplation de Dieu, sans voile, sans nuages, face à face et tel qu'il est.
2°) Le bonheur du paradis consiste à aimer Dieu parfaitement. La vue si claire dont les saints jouissent des perfections infinies de Dieu les embrase d'amour pour Lui ; « et cet amour inviolable, dit saint François de Sales, toujours actuel, toujours régnant, toujours également ardent, leur fait goûter des délices auxquelles tous les autres contentements célestes ne peuvent être comparés » (Théotine, livre VII).
Le bonheur du paradis consiste donc à voir Dieu tel qu'il est, à l'aimer parfaitement, et à être uni à lui. Mais ce bonheur, pendant combien de temps durera-t-il ? Et bien, il durera toujours, pendant toute l'éternité. Les saints règnent avec Dieu, et leur règne, comme celui de Dieu même sera un règne de tous les siècles ; le trône sur lequel ils sont assis est le trône de Dieu, et ce trône est inébranlable ; le bonheur dont Dieu les fait jouir est son propre bonheur, et ce bonheur est inaltérable ; la récompense qu'il leur accorde, c'est Lui-même, et il est éternel ; ils brilleront comme des astres dans le grand jour de l'éternité, et leur lumière ne s'éclipsera jamais. Le bonheur dont jouissent les saints dans le paradis est éternel ; autrement il ne serait pas complet. En vain seraient-ils comblés de toutes sortes de biens, en vain jouiraient-il des plus pures délices, si la possession de ces biens et de ces jouissances ne devait durer qu'un temps. Plus ils seraient élevés en gloire, plus leur diadème serait brillant..., et plus la pensée qu'il faudrait un jour quitter tout cela les rendrait malheureux.

D : Les saints sont-ils dans le ciel en corps et en âme ?
R : Non, il n'y a actuellement que leurs âmes qui y soient.

Il n'y a actuellement que les âmes des saints qui soient dans le ciel ; leurs corps n'y entreront qu'après la résurrection et le jugement général. Ils y entreront pour avoir part à la gloire de leurs âmes, comme ils ont eu part sur la terre, à leurs pénitences et à leurs bonnes œuvres.
Ce que nous venons de dire souffre une exception certaine : la Très sainte Vierge est au ciel en corps et en âme. Nous savons que des saints ressuscitèrent à la mort de Jésus-Christ. Selon St. Rémy, ils sont montés au ciel le jour de l'ascension de notre divin Sauveur, mais ne précisant pas si c'est avec leur corps glorieux, il n'y a de Foi que la Mère de Dieu qui est au ciel en corps et en âme.

D : Quels sont ceux dont les âmes vont en paradis aussitôt après leur mort ?
R : Ceux dont les âmes vont en paradis aussitôt après leur mort sont ceux qui, étant morts en état de grâce, ont entièrement satisfait à la justice divine pour les peines temporelles dues à leurs péchés.

Pour aller en paradis aussitôt après la mort, il faut :
1°) mourir en état de grâce, c'est-à-dire n'être coupable, au moment de la mort, d'aucun péché mortel. 2°) n'avoir sur la conscience aucun péché véniel. 3°) avoir entièrement satisfait à la justice divine pour les peines temporelles dues aux péchés que l'on a commis pendant la vie.
On peut satisfaire entièrement à la justice divine par trois moyens :
1°) par le baptême, qui non-seulement efface le péché, mais encore remet toute la peine éternelle et temporelle que mérite le péché, en sorte que celui qui mourrait immédiatement après avoir reçu le baptême, eût-il commis auparavant les plus grands péchés, irait directement au ciel. 2°) par le martyre : celui qui a le courage de verser son sang et de mourir pour le nom de Jésus-Christ lave tous ses péchés dans son propre sang, en obtient une pleine et entière rémission, et est mis aussitôt en possession du royaume céleste.
3°) par une pénitence parfaite : l'absolution remet, avec le péché mortel, la peine éternelle qu'il mérite ; mais cette peine éternelle est chargée en une peine temporelle, qu'il faut nécessairement subir ou en cette vie ou en l'autre ; celui qui avant de sortir de ce monde, a subi cette peine temporelle tout entière, en faisant une pénitence proportionnée au nombre et à l'énormité de ses péchés, a complètement satisfait à la justice divine, et va en paradis aussitôt après sa mort.

D : Sur quels textes s'appuie l'Église pour définir le dogme du Ciel ?
R : Pour définir le dogme du Ciel, l'Église s'appuie sur les Évangiles et sur la théologie.

A — La Sainte Bible affirme à maintes reprises la réalité du Ciel ; nous ne citerons que quelques passages : dans l'Évangile de St. Matthieu (chapitre V, 12), nous lisons : « Réjouissez-vous, car votre récompense sera grande dans les Cieux ! » Et encore ceci : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé depuis l'origine des temps » (Matth., XXV,34). Saint Paul qui écrit aux chrétiens de la ville de Corinthe, en sa deuxième Épître, dit au chapitre 5 : « Nous avons une Maison qui est l'ouvrage de Dieu : une Demeure éternelle dans le Ciel. » ; Jésus, sur la croix, dit au bon larron : « Tu seras aujourd'hui avec Moi dans le paradis » (Luc, XXIII, 43).

B — Les textes doctrinaux du Magistère de l'Église catholique sur l'enseignement du Ciel sont les suivants :
1. — La réalité de la vision béatifique est affirmée et décrite dans la Constitution « Benedictus Deus », du pape Benoît XII, du 29 janvier 1336, sur le sort de l'homme après la mort. Par cette Constitution, l'Église définie « que selon la disposition générale de Dieu, les âmes de tous les saints qui ont quitté ce monde avant la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi que celles des (…) autres fidèles morts après avoir reçu le saint baptême du Christ, sont et seront au ciel, au Royaume des cieux et au paradis céleste avec le Christ, réunis dans la compagnie des saints anges (…) »
2. — Le dogme de la vision béatifique (donc, du Paradis) a sa base dans les affirmations religieuses de l'Écriture, où Dieu est posé comme l'absolue perfection, de telle façon que le posséder est pour l'homme le suprême bonheur.

2° ) Le Purgatoire :

Le PurgatoireD : Toutes les âmes vont-elles au Paradis aussitôt après leur mort ?
R : Non, il y en a qui vont au Purgatoire et d'autres en enfer.

Les âmes qui, au sortir de leur corps, sont coupables de quelques fautes légères, ou sans avoir acquitté les peines dues à leurs péchés vont dans au Purgatoire, c'est-à-dire le lieu où l'âme se purifie avant d'entrer au ciel.

D : Qu'est-ce que le purgatoire ?
R : Le purgatoire est un lieu de souffrances, où les âmes justes expient leurs péchés, avant d'être admises à la gloire du Paradis.

Il y a un purgatoire, c'est-à-dire un lieu qui tient le milieu entre le paradis et l'enfer, dans lequel les âmes des justes sorties de ce monde sans avoir suffisamment satisfait à la justice divine achèvent d'y satisfaire, avant d'être admises à jouir du bonheur éternel. Nous lisons, dans les livres des Machabées, que Juda, un des principaux chefs d'Israël, envoya une somme d'argent à Jérusalem, afin qu'on offrit un sacrifice pour ceux qui étaient morts dans le combat. Pourquoi ? Parce que, nous dit l'Esprit-Saint, c'est une pratique sainte et salutaire de prier pour les morts. Mais si c'est une œuvre sainte, si c'est une pratique salutaire de prier pour les morts, il y a donc des morts qui ont en effet besoin de nos prières ; il y a donc des morts qui ne sont point encore parvenus à ce lieu de repos, à cette heureuse patrie après laquelle ils soupiraient ; il y a donc des morts qui sont encore dans un lieu d'exil, dans un état d'expiation et de souffrance.
Le purgatoire est un lieu d'expiation et de souffrance : la principale peine que subissent les âmes qui y sont détenues est la privation de la vue de Dieu ; peine qu'elles ressentent d'autant vivement, qu'elles connaissent mieux ce souverain bien, dont la vue leur est encore refusée, et qu'elles désirent plus ardemment le contempler et lui unies. Mais, outre cette peine, ces âmes sont encore purifiées par le feu, et en proie à des souffrances plus cuisantes que toutes celles qu'il serait possible d'endurer sur la terre. C'est ainsi qu'elles expirent leurs pêchés, et elles ne seront admises à la gloire du paradis que lorsqu'elles auront entièrement satisfait à la divine justice.
Nous pouvons procurer du soulagement à ces âmes souffrantes ; nous pouvons briser les liens qui les retiennent captives et leur ouvrir les portes de la céleste patrie ; la religion nous l'enseigne, et la tradition constante et universelle de l'Église, depuis les apôtres jusqu'à nous, nous apprend que les âmes du purgatoire y sont soulagées par les suffrages des fidèles, et que Dieu applique à ces âmes les mérites des jeûnes, des aumônes, des prières, des communions, des pratiques de pénitence et de toutes les bonnes œuvres que nous lui offrons pour elles. Ce qui contribue surtout puissamment à adoucir leurs peines et à hâter leur délivrance, c'est le saint sacrifice de la messe ; aussi l'Église ne l'offre-t-elle jamais sans implorer pour ces âmes infortunées la divine miséricorde. Pendant que tout le peuple est assemblé et élève leurs prières vers le ciel, que Jésus-Christ est sur l'autel en qualité de victime, le prêtre conjure le Seigneur d'accorder aux morts un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix.

D : Est-il certain qu'il y ait un Purgatoire ?
R : Oui, l'existence du Purgatoire est un dogme de foi catholique.

Ce dogme a été clairement défini par le saint concile de Trente, et il est fondé sur l'Écriture sainte aussi bien que sur la Tradition. La sainte Vierge, lors de sa première apparition à Fatima a parlé du purgatoire. Il est donc absolument certain qu'il y a un purgatoire.

D : Quels sont ceux dont les âmes vont en purgatoire ?
R : Ceux dont les âmes vont en purgatoire sont ceux qui meurent en état de grâce, coupables néanmoins de quelque faute légère, ou qui n'ont pas entièrement satisfait à la justice divine pour la peine temporelle due à leurs péchés.

Rien de souillé ne peut entrer dans le ciel : ainsi toute âme qui, au moment de la mort, se trouve coupable de quelque péché véniel, de quelque faute légère, ne va point au ciel, mais dans le purgatoire, afin de s'y purifier. Il en est de même d'une âme qui, au sortir de cette vie, n'est souillée d'aucun péché, même véniel, mais qui n'a pas entièrement satisfait à la justice divine ; elle achève d'y satisfaire dans le purgatoire, et Dieu ne l'admettra dans son sein et ne la fera entrer en possession de son royaume que lorsqu'elle aura payé sa dette jusqu'à la dernière obole, suivant les paroles de divin Sauveur dans l'Évangile : « En vérité, je te le dis, tu ne sortiras point de là que tu n'aies payé jusqu'à la dernière obole. » (Matthieu V, 26).

D : En quoi consistent les souffrances des âmes du Purgatoire ?
R : Les âmes du Purgatoire sont privées du bonheur de voir Dieu, et un feu réel les brûle sans les consumer.

Les souffrances des âmes du Purgatoire sont les mêmes que celles des réprouvés. Elles éprouvent la peine du dam, c'est-à-dire qu'elles sont privées de la vision intuitive, du bonheur du sens, c'est-à-dire qu'elles sont dans un feu qui les brûle sans les consumer. Les peines du Purgatoire sont donc, en elles, les mêmes que celles de l'enfer, à l'exception du désespoir et de l'éternité car les âmes qui y sont détenues sont assurées d'entrer un jour en possession du royaume des cieux.

D : Pouvons-nous soulager les âmes du Purgatoire ?
R : Oui, nous le pouvons par nos bonnes œuvres et par le saint Sacrifice de la messe.

Nous pouvons procurer du soulagement aux âmes qui souffrent dans le Purgatoire et leur ouvrir les portes de la céleste patrie par les suffrages des fidèles, les jeûnes, les aumônes, les communions, les pratiques de pénitences que nous offrons à Dieu pour elles, mais surtout par le saint Sacrifice de la messe. Nous devons prier pour les morts.

D : Y aura-t-il toujours un Purgatoire ?
R : Le Purgatoire ne subsistera que jusqu'à la fin du monde.

Il est certain que le Purgatoire durera jusqu'au jugement général, mais qu'il ne passera point ce terme. Notre-Dame de Fatima, le 13 mai 1917, dit qu'Amélia sera au Purgatoire jusqu'à la fin du monde.

D : Sur quels textes s'appuie l'Église pour définir le dogme du Purgatoire ?
R : Pour définir le dogme du Purgatoire, l'Église s'appuie sur les Évangiles et sur la théologie.

A — Quelques passages des Évangiles parlent du Purgatoire :
1. — Le premier passage en faveur du purgatoire est un livre de l'Ancien Testament, le deuxième livre des Martyrs d'Israël appelé aussi livre des Maccabées. Dans ce livre (chapitre 12, versets 41-46), nous lisons que le brave Judas Maccabée fit une collecte ou quête d'aumônes qu'il envoya à Jérusalem, pour que l'on offrît dans le temple des sacrifices expiatoires en faveur de ceux qui étaient tombés dans la bataille de Jamnia, et l'écrivain sacré ajoute : C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient déliés de leurs péchés. Voilà donc, dans ce passage de la Bible, le dogme de l'existence du purgatoire bien clairement énoncé, car nous y voyons :
1°) que l'on offrit des sacrifices pour l'expiation des péchés des défunts ;
2°) que cette expiation fut faite en faveur de ceux qui étaient passés à l'autre vie en état de grâce, ou, comme s'exprime le texte sacré, avec piété ;
3°) par conséquent, elle ne se fit pas en faveur de ceux qui pouvaient déjà se trouver en paradis, attendu que ces derniers n'ont plus besoin d'expiation ; d'autant plus qu'avant la venue du Sauveur, les âmes n'étaient pas admises à la vision béatifique. Elle ne se fit pas non plus en faveur de ceux qui pouvaient être en enfer, puisqu'il n'y a pas d'expiation possible pour les damnés. Il reste donc que ces sacrifices et ces prières aient été offerts par manière de suffrages pour le soulagement des âmes du purgatoire.
2. — Dans le Nouveau Testament, saint Matthieu parle d'un péché contre l'Esprit Saint, « Quiconque aura blasphémé contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni dans ce monde ni dans l'autre » (Matthieu 12,32), ce qui nous fait comprendre que certains sont déliés de leur faute dans le siècle présent, mais d'autres dans le siècle à venir. Nous l'avons vu plus haut, le même saint, dans son Évangile (chapitre V, 26), parle encore du Purgatoire.
3. — Saint Paul évoque un feu purificateur au-delà de la mort : « Le jour du Seigneur (…) va se révéler par le feu, et le feu éprouvera l'œuvre de chacun. Si l'ouvrage de celui qui a bâti sur le fondement demeure, celui-ci recevra une récompense. Si l'œuvre de quelqu'un brûle, il en souffrira la perte ; cependant il sera sauvé, mais comme par le feu » (1 Cor. 3, 13-15).

B — Les textes doctrinaux du Magistère de l'Église catholique sur l'enseignement du Purgatoire sont les suivants :
1. — Lettre « Sub catholicae professione » du pape Innocent IV, à l'évêque de Tusculum, légat du Siège apostolique auprès des Grecs, après le premier Concile de Lyon, le 6 mars 1254 : « Ceux qui meurent sans péché mortel mais avec des péchés véniels et minimes, sont purifiés après la mort et peuvent être aidés par les suffrages de l'Église (…) Selon la Tradition et l'autorité des saints Pères, nous l'appelons "purgatoire" (…) ce feu temporaire [qui] purifie les péchés. »
2. — IIème Concile de Lyon (XIVème œcuménique), 4ème session (6 juillet 1274). « Si, vraiment pénitents, ils [les défunts] sont morts dans la charité, avant d'avoir satisfait, par de dignes fruits de pénitence, pour ce qu'ils ont commis ou omis, leurs âmes sont purifiées après la mort par des peines purgatoires et purifiantes (…). »
3. — Concile de Florence. Bulle « Laetentur caeli », sur l'union avec les Grecs, du 6 juillet 1439 : « Ceux qui se repentent véritablement meurent dans l'amour de Dieu, avant d'avoir par des fruits dignes de leur repentir réparé leurs fautes commises par actions ou par omission, leurs âmes sont purifiées après leur mort par des peines purgatoires (…) ».
4. — Concile de Trente, 6ème session, Canon n° 30 sur la justification, du 13 janvier 1547 : « Si quelqu'un dit que, après avoir reçu la grâce de la justification, tout pécheur pénitent voit sa faute remise et sa condamnation à la peine éternelle annulée, en sorte que ne reste aucune condamnation à une peine temporelle à expier, ou dans ce monde ou dans le monde à venir au purgatoire, avant que ne puisse s'ouvrir l'entrée au royaume des cieux : qu'il soit anathème. »
5. — Concile de Trente, 25ème session, Décret sur le purgatoire, du 3 décembre 1563 : « L'Église catholique, instruite par l'Esprit Saint, à partir de la sainte Écriture et de la tradition ancienne des Pères, a enseigné (…) qu'il y a un purgatoire. (…) Aussi le saint concile prescrit-il aux évêques de tout faire pour que la saine doctrine du purgatoire (…) soit l'objet de la foi des fidèles, que ceux-ci la gardent, et qu'elle soit enseignée et proclamée en tous lieux. »

3° ) L'Enfer :

L' enferD : Qu'est-ce que l'enfer ?
R : L'enfer est un lieu horrible, où étant privé pour jamais de la vue et de l'amour de Dieu, l'âme souffre, dans le feu, des tourments éternels.

La foi nous l'enseigne qu'il y a un enfer, et la raison en démontre l'existence. En effet, il n'est point de vérité plus souvent ni plus expressément marquée dans les livres saints :
« La voie des pécheurs, est-il dit dans l'Ecclésiastique (XXI, 11), est unie et pavée de pierres, mais elle conduit en enfer ».
« Le riche mourut et il eut l'enfer pour sépulture » ; ainsi s'exprime Jésus-Christ dans l'Évangile de saint Luc (XVI, 22).
L'ancien Testament et le Nouveau renferment une foule de passages non moins formels.
L'enfer est un lieu, ou plutôt un état horrible des âmes où se trouvent réunis toutes les douleurs, tous les supplices ; où il n'y a ni ordre ni repos, où règne une éternelle horreur ; c'est un état de trouble et de confusion, d'angoisse et de désespoir. L'enfer est appelé, dans l'Écriture, tantôt le puits de l'abîme, à cause de l'effroyable profondeur de ses maux ; tantôt le grand lac de la colère de Dieu, à cause de sa vaste étendue ; tantôt l'étang ardent, tantôt la fournaise de feu, la Géhenne, et les malheureux qui y sont plongés s'appellent les damnés ou les réprouvés.
Le premier tourment de l'enfer, qu'on appelle la peine du dam, est la privation de la vue et de l'amour de Dieu : peine cruelle, tourment insupportable au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer ici-bas de plus affreux. L'âme de l'homme ne peut être satisfaite que par la possession de Dieu ; il y a en elle un penchant violent et irrésistible qui la porte vers lui comme vers son souverain bien. Ce penchant est arrêté et suspendu pendant cette vie par une infinité de créatures qui l'attachent et la trompent sans pouvoir la satisfaire ; mais dès que l'âme du pécheur est séparée de son corps, éloignée de tous les objets qui l'attachaient ici-bas, elle se trouve dans un vide épouvantable qu'elle veut remplir en s'unissant à Dieu. Emportée par l'impétuosité de ses désirs, elle s'élance vers lui comme vers le centre unique de son repos ; mais Dieu la repousse avec indignation et la bannit à jamais de sa présence. Elle a perdu Dieu, elle l'a perdu par sa faute, elle a perdu pour toujours ce Bien suprême et en le perdant elle a tout perdu et elle s'est perdue elle-même !...
Le second tourment de l'enfer, qu'on appelle la peine du sens, est un feu dévorant qui ne s'éteindra jamais. En quoi consiste-t-il ? Est-ce un feu matériel ? La Sainte Vierge, le 13 juillet 1917, a montré l'enfer à Jacinthe, François et Lucie. C'est un feu qui brûle et qui dévore ses victimes sans les consumer.
Les tourments de l'enfer sont éternels, c'est-à-dire qu'ils ne finiront jamais ; c'est un article de foi catholique qu'un chrétien ne peut révoquer en doute. Les passages des divines Écritures sont, à cet égard, clairs et formels : Les méchants dit Jésus-Christ, iront au supplice éternel, et les justes à la vie éternelle (Matth. XXV, 46); et, à la fin du monde, il prononcera contre les réprouvés cette terrible sentence : Allez, maudits, au feu éternel (Matth. XXV, 41).

D : Quels sont ceux dont les âmes vont en enfer ?
R : Ceux dont les âmes vont en enfer sont tous ceux qui meurent en état de péché mortel, quand ils n'en seraient coupables que d'un seul.

Tous ceux qui, au moment de la mort, sont coupables de péché mortel, sont aussitôt précipités dans l'enfer, pour y être tourmentés jour et nuit pendant toute l'éternité. Il n'est pas nécessaire pour cela d'avoir sur la conscience un grand nombre de fautes graves ; une seule suffit, parce qu'il n'en faut qu'une seule pour donner la mort à l'âme et la rendre ennemie de Dieu, et, par conséquent digne de l'enfer. Aussi, comme nous ne savons ni le jour ni l'heure de notre mort, nous devons toujours nous tenir prêt en prenant bien soin de l'état de notre âme par la confession fréquente et par le sacrement de pénitence.

D : Sur quels textes s'appuie l'Église pour définir le dogme de l'enfer ?
R : Pour définir le dogme de l'enfer, l'Église s'appuie sur les Évangiles et sur la théologie.

A — De nombreux passages des Évangiles parlent de l'enfer. Rappelons brièvement les enseignements des livres saints :
1. — Il est de foi que les damnés subiront la double peine du dam et du sens. Au jugement dernier, Jésus-Christ dira aux réprouvés : « Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel. » (Matthieu, XXV, 41).
Il est certain que le feu de l'enfer est un feu, non pas métaphorique, mais réel, car, dit saint Thomas, un châtiment corporel peut seul s'adapter à la nature des corps des réprouvés. Le 30 avril 1890, la Sacrée Pénitencerie était consultée sur le cas suivant : « Un pénitent se présente au confessionnal et, entre autres choses, il déclare qu'à son avis le feu de l'enfer est non pas réel mais métaphorique, en ce sens qu'on donne aux peines de l'enfer de quelque nature qu'elles soient, le nom de feu par manière de parler... » Que fera le confesseur ? A cette question la Sacrée Pénitencerie répondit : « Il faut instruire avec soin de tels pénitents, et s'ils se montrent opiniâtres ne pas les absoudre ». Il résulte de ce texte que le feu de l'enfer n'est pas une simple image utilisée pour représenter une souffrance aiguë de quelque nature qu'elle soit.
2. — Il est de foi que les peines de l'enfer ne seront pas égales pour tous les damnés, mais seront proportionnées à la gravité et au nombre de leurs péchés. Cette vérité a été définie par le Concile de Florence, en 1439.
3. — Il est de foi que l'enfer est éternel. Jésus-Christ nous dit dans l'Évangile : « Ceux-ci (les réprouvés) iront au supplice éternel, mais les justes à la vie éternelle » (Matthieu, XXV, 46). Si l'enfer n'était pas éternel, Dieu n'aurait pas suffisamment sanctionné sa loi, car, dit très bien un théologien moderne : « L'homme est ainsi fait, que le définitif et l'éternel réussissent seuls à contenir la violence de ses passions. »
4. — Il est de foi que tous les adultes sans aucune exception seront sauvés ou damnés, car tous les hommes ressusciteront à la fin du monde et seront jugés par Jésus-Christ ; après quoi : « Ceux-ci (les réprouvés) iront au supplice éternel, mais les justes à la vie éternelle ». Il faut entendre par justes ceux-là seuls qui jouiront de la grâce sanctifiante. Comme on le voit il n'y a de lieu intermédiaire entre le ciel et l'enfer que pour les enfants morts sans baptême (voir rubrique "Droit à la vie", § Où vont les âmes des enfants avortés ?)
5. — Il est de foi que les âmes de tous ceux qui mourront en état de péché mortel, n'eussent-ils commis qu'une seule faute grave, descendront, immédiatement en enfer. Cette vérité a été définie par le pape Benoît XII.

B — Les textes doctrinaux du Magistère de l'Église catholique sur l'enseignement de l'enfer sont les suivants :
1. — Symbole « Quicunque », dit d'Athanase (entre 430 et 500) : « Quiconque veut être sauvé, doit avant tout, tenir la foi catholique : celui qui ne la garde pas intègre et inviolée ira, sans aucun doute, à sa perte éternelle (…) Tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte chacun de leurs actes ; ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, mais ceux qui auront mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu'un ne la croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé. »
2. — Concile d'Arles, en 473. Lettre de soumission du prêtre Lucidus : « Selon les statuts du vénérable concile, je condamne avec vous ces opinions (…) — Celle qui dit qu'il n'y a pas de feu ni d'enfer.
3. — Synode de Constantinople, en 543. Anathèmes contre Origène (la thèse qui niait l'éternité des peines de l'enfer était tirée de la doctrine même d'Origène et de quelques autres Pères sur "l'apocatastase universelle" à laquelle s'était déjà opposé saint Augustin) : « 9. Si quelqu'un dit ou pense que le châtiment des démons et des impies est temporaire, et qu'il prendra fin après un certain temps, ou bien qu'il y aura restauration des démons et des impies, qu'il soit anathème. »
4. — Lettre d'Innocent IV à l'Évêque de Tusculum, le 6 mars 1254) : « 24. Si quelqu'un meurt sans pénitence en état de péché mortel, il ne fait pas de doute qu'il sera tourmenté pour toujours par les feux de l'enfer éternel. »
5. — IIème Concile de Lyon (XIVème œcuménique), 4ème session (6 juillet 1274). « Pour les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel (…), elles descendent immédiatement en enfer, où elles reçoivent cependant des peines inégales. » Texte repris littéralement lors du Concile de Florence avec la Bulle « Laetentur Coeli » d'Eugène IV, le 6 juillet 1439).
6. — Constitution « Benedictus Deus » de Benoît XII, le 29 janvier 1336) : « Nous définissons que, selon la disposition générale de Dieu, les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer, où elles sont tourmentées de peines éternelles (…) ».
7. — Concile de Trente (XIXème œcuménique), 6ème session, 13 janvier 1547. Décret et Canons sur la justification : « 8. Si quelqu'un dit que la crainte de l'enfer, qui nous fait nous réfugier, en déplorant nos péchés, dans la miséricorde de Dieu, ou renoncer au péché, est elle-même un péché ou rend le pécheur pire encore : qu'il soit anathème ».

TRAITS HISTORIQUES

Jésus-Christ nous représente, dans la parabole du mauvais riche, les souffrances d'un réprouvé, n'ayant pas une goutte d'eau pour apaiser sa soif, apercevant le juste Lazare dans le séjour de la félicité et dans la compagnie d'Abraham, et s'écriant dans l'excès de ses peines : « Je suis tourmenté dans ces flammes. » (Luc, XVI)

Un prince polonais exilé de son pays natal pour des raisons politiques avait acheté en France une magnifique propriété avec un beau château. Il avait malheureusement perdu la foi de son enfance et s'employait à écrire un livre contre Dieu et l'existence d'une vie après la mort. Un soir, au cours d'une promenade dans ses jardins, il rencontra une femme qui pleurait. Il l'interpella. « Ah ! Prince, lui dit-elle, je suis l'épouse de Jean-Marie, votre ancien serviteur qui est mort il y a deux jours. C'était un bon mari. Sa maladie a été longue et toutes nos économies ont servi à payer les médecins et il ne me reste plus rien maintenant pour faire dire des messes pour son âme. »
Le Prince, touché par sa douleur, lui dit quelques paroles aimables et, par miséricorde, lui offrit quelques pièces d'or pour faire dire des messes pour l'âme de son mari. Plus tard, c'était un soir, le Prince travaillait à son livre contre Dieu, dans son bureau, lorsqu'il entendit frapper bruyamment à la porte. Sans lever la tête, il invita le visiteur à entrer. La porte s'ouvrit lentement et un homme s'avança qui vint se placer devant le bureau du Prince. Celui-ci leva les yeux et quel ne fut pas son étonnement de voir devant lui son serviteur Jean-Marie qui le regardait avec un doux sourire.
« Prince, dit-il, je viens vous remercier d'avoir permis à ma femme de faire dire des messes pour le repos de mon âme. Grâce au Sang de Jésus qui fut offert pour moi, je vais maintenant entrer au Ciel, mais Dieu m'a permis de venir vous remercier pour votre généreuse aumône. » Il prononça ensuite ces paroles qui impressionnèrent le Prince : « Prince, il y a un Dieu, une vie après la mort, un Ciel et un Enfer. » Sur quoi, il disparut.
Le Prince tomba à genoux et récita avec ferveur son « Je crois en Dieu... » et… jeta son lire au feu. Souvent des pécheurs ont été sauvés pour un acte de miséricorde, de piété : ici de l'argent pour des messes pour le repos d'une âme ! Imitons-le. L'existence du Purgatoire est si certaine qu'aucun catholique n'a jamais entretenu le moindre doute à son sujet. Cet enseignement date des premiers temps de l'Église et partout où l'Évangile a été prêché, on l'a toujours accepté avec une foi certaine.

Saint AntoninVoici un récit d'une nature différente mais non moins instructif. Saint Antonin, l'illustre archevêque de Florence, rapporte la mort d'un pieu et grand ami du couvent dominicain où résidait le Saint. Bien des prières et des messes furent offertes pour son âme. Le Saint fut très affligé lorsque, après un long temps de prières, l'âme du pauvre homme lui apparut au milieu de terribles souffrances.
Oh, mon cher ami, s'exclama l'Archevêque, vous êtes encore au Purgatoire, vous si pieux et si dévot durant votre vie ?
Oui, et je vais y rester longtemps, répondit le malheureux, car lorsque j'étais sur terre, j'ai négligé d'offrir des suffrages pour les âmes du Purgatoire. Dieu, à présent, par un juste jugement, applique les prières qui me sont offertes aux âmes pour lesquelles j'aurais dû prier. Mais le Seigneur me donnera le Ciel, mais avant, il me faut expier ma grave indifférence envers les autres.
Notre Seigneur a dit en effet, « C'est la mesure dont vous vous servez pour les autres qui servira de mesure pour vous. » N'oubliez pas, vous qui lisez ces lignes, que le terrible sort de cet homme de piété sera celui de tous ceux qui négligent de prier pour les Saintes Âmes et refusent de les aider.

Pour aller plus loin : voir librairie, catalogue général DFT (rubrique "Paradis, Purgatoire, Enfer").


La mort et
le jugement particulier
Accueil
Accueil
La resurrection et
le jugement général


Portugal | Les voyants | Apparitions | 3è Secret | Procès | Opposants
Pie X | Prières | Pro-vie | Info | Forum | Librairie | Livre d'or | Links | Dons | Guide

Site protégé par le Copyright ©