SOMMAIRE
PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS
Dieu et la sainte Trinité
L'Incarnation
La Rédemption
L'homme
L'Eglise
Les vertus Théologales
Le Décalogue
Le péché
Les sacrements
La confession
La communion
La prière
CATÉCHISME POUR ADULTES
Le chrétien
Dieu
Les perfections de Dieu
La sainte Trinité
La création
Les Anges
L'homme
Chute de l'homme
Le péché originel
L'Incarnation
La vie de Jésus
La mort de Jésus
La Rédemption
Ensevelissement
Le Saint Esprit
L'Église
Les caractères de la vraie Église
Hors de l'Église point de salut
L'enseignement de l'Église
La communion des Saints
La mort
Vie surnaturelle
Résurrection et Jugement général
Symbole des Apôtres
Signe de la Croix
La morale et les péchés :
Les vertus Théologales
La Foi
L'Espérance
La Charité
Le Décalogue
Commandements de Dieu :
Le premier commandement
Culte des Saints
Le second commandement
Le troisième commandement
Le quatrième commandement
Le cinquième commandement
Le sixième commandement
Le septième commandement
Le huitième commandement
Le 9 et 10 ème commandement
Commandements de l'Eglise :
Etude préliminaire
Trois premiers commandements
Le quatrième commandement
Le 5 et 6 ème commandement
Le Péché
Les Péchés capitaux
La Grâce, les Sacrements, la prière
La Grâce
Les Sacrements
Le Baptême
La Confirmation
L'Eucharistie
La communion
La Messe
La Pénitence
Examen de Conscience
La Contrition
Le bon Propos
La Confession
L'Absolution
La Satisfaction
Les Indulgences
Extrême Onction
L'Ordre
Le Mariage
La prière
L'oraison dominicale
La Salutation Angélique
L'exercice du chrétien
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ENSEIGNEMENT
CATÉCHISME POUR LES ADULTES
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TROISIÈME LEÇON
DES PERFECTIONS DE DIEU
DEMANDE : Qu'est-ce que Dieu ?
RÉPONSE : Dieu est un esprit infiniment parfait.
D : Pourquoi dites-vous que Dieu est un esprit ?
R : Dieu est un esprit, parce qu'il est une intelligence ; parce qu'il n'a ni corps, ni figure, et qu'il ne peut tomber sous les sens.
Il y a une grande différence entre un esprit et un corps. Un esprit est un être intelligent, c'est-à-dire un être qui pense, qui comprend, qui raisonne ; mais qu'on ne peut ni voir, ni toucher, ni entendre, et qui, n'étant point composé de parties, ne peut ni se décomposer ni s'altérer. Un corps est un objet qui n'a ni intelligence ni volonté, et qui étant composé de différentes parties, est sujet à se décomposer et à s'altérer. Or, Dieu est un esprit et un pur esprit ; il n'y a en lui rien de matériel ; c'est une intelligence, c'est-à-dire un être, une substance purement spirituelle et essentiellement distinguée de la matière ou des corps ; Dieu n'a, par conséquent, ni forme, ni figure, ni couleur quelconque, et c'est pour cela qu'il ne peut tomber sous les sens, c'est pour cela qu'on ne peut ni le voir, ni le toucher, ni l'entendre.
L'Écriture, il est vrai, nous parle souvent des yeux de Dieu, de ses mains, de ses pieds, de la force de son bras. C'est un langage figuré dont elle se sert pour s'accommoder à notre faiblesse ; elle parle à des hommes auxquels il est presque impossible de faire comprendre les choses spirituelles ; elle veut indiquer, non pas que Dieu ait un corps semblable au nôtre, mais qu'il opère, par sa volonté toute-puissante, ce que nous faisons par le moyen des membres de notre corps. Ainsi lorsque les livres saints nous parlent des mains de Dieu, de la force de son bras, c'est uniquement sa toute-puissance et son opération qu'il faut entendre ; lorsqu'ils nous parlent de ses yeux, c'est la connaissance certaine qu'il a de tout ce qui se passe dans l'univers ; lorsqu'ils nous parlent de ses pieds, c'est sa présence en tous lieux... En un mot, toutes les expressions dont il s'agit doivent être entendues dans un sens spirituel. Dieu n'a ni mains, ni bras, ni yeux, ni oreilles, puisqu'il est un pur esprit.
D : Pourquoi dites-vous que Dieu est infiniment parfait ?
R : Dieu est infiniment parfait, parce qu'il possède toutes les perfections, et que ses perfections sont sans bornes.
Dieu possède toutes les perfections, c'est-à-dire tout ce qu'il est mieux d'avoir que de ne pas avoir. Ainsi comme il est mieux d'être bon, juste, saint, miséricordieux, que de ne pas l'être, il s'ensuit que Dieu est bon, juste, saint, etc., et ces qualités, ces perfections n'ont, en Dieu, ni bornes ni limites ; on ne peut rien concevoir au delà ; parce que, ne tenant son existence que de lui-même, il n'a pu être limité en rien, ni par lui-même, ni par aucune cause étrangère. Parmi les êtres créés, au contraire, il n'en est aucun dont les perfections ne soient susceptibles d'augmentation ou de diminution, aucun par conséquent qui soit parfait. L'homme, par exemple, peut connaître quelque chose, il peut faire quelque chose ; mais il ne pourrait avoir des connaissances et un pouvoir sans bornes. Il n'appartient qu'à Dieu de tout connaître et de pouvoir tout. Il en est de même de sa bonté, de sa justice, de sa sainteté et de ses autres perfections, qu'il possède toutes dans un degré infini.
D : En quoi consistent les principales perfections de Dieu ?
R : Les principales perfections de Dieu consistent en ce qu'il est éternel, tout-puissant, présent partout, et qu'il voit tout.
Il n'y a en Dieu qu'une seule et unique perfection équivalente à l'infini de toutes les perfections. Cette unique perfection qui est la nature divine elle-même, laquelle est essentiellement et infiniment parfaite, reçoit différents noms, à raison des différents points de vue sous lesquels nous l'envisageons, et de la connaissance que nous avons des différentes opérations divines. Mais, dans la réalité, il n'y a point de distinction entre les diverses perfections de Dieu. La bonté de Dieu, par exemple, c'est l'essence divine, c'est Dieu lui-même en tant que faisant toujours le bien et ayant toujours un penchant infini à le faire. La véracité de Dieu, c'est l'essence divine, en tant qu'aimant nécessairement la vérité et détestant nécessairement le mensonge. L'immutabilité de Dieu, c'est l'essence divine en tant qu'incapable d'aucun changement ni dans sa nature, ni dans ses jugements, ni dans ses desseins. Mais comme notre esprit, étant faible et borné, ne peut voir les objets que successivement, nous allons considérer les principales perfections divines comme si elles étaient séparées les unes des autres.
D : Pourquoi dites-vous que Dieu est éternel ?
R : Dieu est éternel parce qu'il n'a jamais eu de commencement et n'aura jamais de fin.
Éternel veut dire : qui n'a pas commencé et qui ne finira point. Dieu n'a point eu de commencement : car si Dieu avait eu un commencement, il y aurait donc eu un temps où Dieu n'existait pas ; et alors qui lui aurait donné l'existence ? Si Dieu avait eu un commencement, il aurait une cause, et s'il avait une cause, il ne serait pas indépendant, ni souverainement parfait, ni Dieu par conséquent.
De même que Dieu n'a point eu de commencement, il n'aura jamais de fin. Étant l'Être nécessaire et sa nature étant d'exister, ayant en lui-même son principe, sa raison d'exister, comment pourrait-il cesser d'être ? D'ailleurs, Dieu est infiniment parfait ; or, serait-il infiniment parfait, s'il devait avoir une fin ? Ce qui peut mourir n'est-il pas évidemment imparfait ?
Dieu n'a point eu de commencement et il n'aura jamais de fin ; toutes les créatures, au contraire, ont eu un commencement : les anges, les hommes, les animaux, les plantes, les arbres, n'ont pas toujours existé ; il y a eu un temps où ils n'existaient pas, et c'est Dieu qui, par sa puissance, les a tirés du néant. Mais, si toutes les créatures ont eu un commencement, il en est qui n'auront point de fin : les anges, nos âmes, ne cesseront jamais d'exister ; Dieu les conservera pendant toute l'éternité. Une créature qui n'aura jamais de fin, qui ne mourra jamais, s'appelle une créature immortelle.
D : Pourquoi dites-vous qu'il est tout-puissant ?
R : Dieu est tout-puissant, parce que rien ne lui est impossible.
Dieu, comme nous l'avons déjà dit, possède toutes les perfections ; il renferme et réunit tout ce qu'il est mieux d'avoir que de ne pas avoir. Or, la toute-puissance est évidemment une perfection qu'il est mieux d'avoir que de ne pas avoir : Dieu est donc tout-puissant ?
Dieu est tout-puissant, c'est-à-dire que rien ne lui est impossible ; il fait tout ce qu'il veut, sans qu'il lui en coûte aucune peine. S'il disait : Je veux que cette maison, que cette église soient transportées à cent lieues d'ici, vous verriez à l'instant même cette maison, cette église, se mettre en mouvement pour aller occuper la place que Dieu leur aurait assignée. S'il disait : Je veux que les étoiles cessent de briller au firmament, que le soleil cesse d'éclairer les hommes pendant le jour, et la lune de les éclairer pendant la nuit, à l'instant même les étoiles, le soleil, la lune perdraient pour nous leur lumière, et nous serions plongés dans d'épaisses et perpétuelles ténèbres. S'il disait : Je veux que ces petits enfants deviennent tout de suite des hommes ; en un clin d'œil ces petits enfants deviendraient grands et raisonnables. S'il disait à cause de nos péchés : Je veux que tous les habitants de cette paroisse, de cette ville, cessent de vivre ; aussitôt tous les habitants de cette ville, de cette paroisse, tomberaient sans mouvement, et sans vie. Ce vaste univers ne lui a coûté qu'une seule parole, et il ne lui en coûterait pas davantage de créer, s'il le voulait, des millions d'autres mondes semblables à celui que nous habitons, et même mille et mille fois plus étendus et plus remplis de merveilles.
D : Pourquoi dites-vous qu'il est présent partout ?
R : Dieu est présent partout, parce qu'il est au ciel, sur la terre, et en tous lieux.
Dieu est présent partout par son essence, par son immensité. Il est tout à la fois dans le ciel et sur la terre ; il remplit l'un et l'autre, et il n'y est pas renfermé. Il est plus élevé que les cieux, plus profond que les enfers, plus étendu que la terre, plus vaste que la mer ; le ciel est le trône de sa gloire, la terre lui sert de marchepied ; enfin il est tellement présent en tous lieux, que c'est « en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être. »
Dieu est présent partout, mais il n'y est pas à la manière des corps, en partie dans un lieu et en partie dans un autre lieu. Dieu étant un esprit, est infiniment simple et indivisible, et par conséquent il est tout entier partout.
D : Pourquoi dites-vous que Dieu voit tout ?
R : Parce qu'il voit tout ensemble le passé, le présent et l'avenir, et jusqu'aux plus secrètes pensées de nos cœurs.
Dieu, étant présent partout et étant éternel, doit nécessairement tout connaître ; étant infiniment parfait, il est impossible qu'il ignore quelque chose, qu'il acquière ou perde quelque connaissance. Il voit tout ; par conséquent, il connaît tout : non seulement le présent, c'est-à-dire ce qui se passe maintenant dans les différentes parties de l'univers, mais encore le passé et l'avenir, c'est-à-dire ce qui s'est passé depuis l'origine des choses, et ce qui se passera non seulement jusqu'à la consommation des siècles, mais encore pendant toute l'éternité, ou plutôt, à l'égard de Dieu, il n'y a ni passé ni avenir, tout lui est présent : il embrasse tout d'un seul regard, et rien ne saurait échapper à la pénétration de son esprit.
Dieu connaît jusqu'aux plus secrètes pensées de nos cœurs puisqu'il est en nous et que nous sommes en lui. Nous pouvons bien cacher aux hommes ce que nous pensons, mais nous ne pouvons jamais en dérober la connaissance à Dieu. Il lit au fond de nos cœurs, et sait mieux ce qui s'y passe que nous ne le savons nous-mêmes. « Seigneur, disait David, vous avez connu de loin mes pensées ; vous avez prévu toutes mes voies, et avant que ma langue ait proféré une seule parole, vous le savez. Où irai-je donc pour me dérober à votre esprit ? et où m'enfuirai-je devant votre face ? J'ai dit : Peut-être que les ténèbres me cacheront ; mais les ténèbres n'ont aucune obscurité pour vous, et la nuit est aussi claire que le jour le plus pur et le plus brillant. » (Psaume 138).
Puisque Dieu est présent partout et qu'il voit jusqu'aux plus secrètes pensées de nos cœurs, veillons donc sans cesse sur nous-mêmes, afin de ne souffrir aucune pensée dans notre esprit, aucun désir dans notre cœur aucune affection dans notre âme, qui puisse blesser la sainteté de ses regards.
TRAITS HISTORIQUES
Où est Dieu, demanda un jour Fénélon à une petite fille de cinq à six ans ?
Monseigneur, répondit-elle, que votre grandeur me dise d'abord où il n'est pas, et je lui dirai où il est.
Nous lisons dans l'Ancien Testament que la jeune Suzanne fut sollicitée au crime par deux infâmes vieillards. Cette sainte rougit de leurs propositions, et, levant les yeux au ciel, elle leur dit : « Je me vois dans l'embarras de toutes parts : si je consens à votre honteuse passion, je n'échapperai pas à la main de Dieu, qui me voit ; il est mon juge, il me fera rendre compte d'une action aussi criminelle. Si, au contraire, je ne consens pas à votre désir je n'échapperai pas à votre ressentiment, et je vois que vous me ferez bientôt mourir ; mais je crains Dieu et j'aime mieux tous les supplices et tomber en vos mains cruelles, que d'offenser mon Dieu en sa présence et de tomber entre les mains de sa justice. » Elle fut sur le point d'être mise à mort par suite des calomnies que firent contre elle ces deux infâmes vieillards ; mais Dieu sut défendre l'innocence de sa servante, et ces deux vieillards subirent la peine qu'ils allaient faire subir à celle qu'ils n'avaient pu entraîner au crime. (Daniel, chapitre XIII).
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