ANNÉE     2008 .
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LETTRE OUVERTE
AU CARDINAL BERTONE

Par Antonio Socci

Le numéro 133 de septembre octobre 2007 de la revue « Sous la Bannière », dirigée par M. Bonnet de Viller, publie un très intéressant document : la Lettre ouverte adressée au Cardinal Bertone par Antonio Socci.

Antonio Socci, célèbre journaliste italien (presse écrite, TV) a fait paraître un livre intitulé de façon assez provocatrice « le Quatrième secret de Fatima » diffusé à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires.

Monseigneur Williamson fait référence à ce livre dans son fameux sermon de juin 2007 lorsqu’il dit à propose du message de Notre-Dame à Akita :

« Or, et c’est intéressant, il n’y a rien dans tout ce que nous connaissons jusqu’ici de l’événement de Fatima, qui soit comparable avec le contenu de ce troisième message d’Akita, ce qui nous permet de penser que ce message-ci correspond peut-être en grande partie au troisième secret de Fatima toujours non révélé.Ne nous laissons pas leurrer ; ce que l’on a révélé en 2000 n’est sûrement pas le secret qu’on attendait en 1960, comme vient de l’écrire dans un livre très intéressant un journaliste italien Antonio Socci. »

Voici cette lettre :

LETTRE OUVERTE ADRESSÉE AU CARDINAL BERTONE

par Antonio Socci

" Qui ment délibérément, vous ou moi ? ~ Et de grâce, ne faites pas mention de la Franc-maçonnerie ! "

En ce jour du 12 mai 2007, veille du 90° anniversaire des apparitions de Fatima (13 mai 1917), il est temps de dire toute la vérité et de se tourner vers Notre-Dame.

Quelle confusion ! Qui sait pourquoi le cardinal Bertone s'agite tant, mettant le Vatican en effervescence. Personnellement je suis ravi que le secrétaire d'Etat (aujourd'hui numéro 2 de la hiérarchie ecclésiastique) ait publié un livre « la dernière voyante de Fatima », pour réfuter le mien « le quatrième secret de Fatima ». C'est un événement sans précédent. Même Dan Brown, l'auteur du sacrilège Da Vinci Code, n’a pas eu droit à cet honneur !

D'évidence, mon ouvrage doit déranger. Notre prélat a perdu tout contrôle de la situation pour prétendre, avec de moultes références à la charité chrétienne, que ma thèse est un pur montage et affirmer que mon enquête ne peut "qu'alimenter le complot bimillénaire de la Franc-Maçonnerie visant à discréditer l'Eglise".
Et le cardinal de continuer, menaçant : "Je suis surpris que des écrivains et journalistes qui se prétendent catholiques se prêtent à ce-jeu". De fait, il dit que je suis un menteur, quelqu'un qui ment sciemment !

Mais malheureusement pour lui, il ne montre pas comment et quand j'aurais menti. Prenons un exemple : pourquoi dans son commentaire du troisième secret publié par le Vatican cite-t-il une lettre de Sœur Lucie, mais (sans le dire) omet une phrase décisive susceptible de démentir intégralement son interprétation. En reportant cette "anomalie" (parmi d'autres !) dans mon ouvrage, j'ai essayé de sauver la bonne foi du prélat par tous les moyens possibles. Mais dans son livre, non seulement le cardinal Bertone ne donne aucune explication mais il continue à se servir de cette lettre "modifiée" dans le même sens. On reste abasourdi ! Comment peut-on utiliser un document de cette manière ! Vous ne faites que marquer des points contre votre camp !

Revenons au cœur de notre désaccord. Ce désaccord repose sur la question suivante : le fameux troisième secret de Fatima, qui contient la prophétie relative au sort de l'Eglise et de l'humanité dans un très proche avenir, a-t-il été publié dans son intégralité en l'an 2000 ? Lorsque j'ai commencé à mener mon enquête, j'étais convaincu que le Vatican avait tout publié. Mais je réalisais précisément que les faits m'enseignaient le contraire. Dans un souci d'équité, je devais enregistrer ces faits. Je décidais alors de parler et de signaler l'incroyable quantité de lacunes et de contradictions contenues dans la version officielle. Partant du principe que le troisième secret est un mystère qui est à l'origine depuis des décennies d'une véritable psychose chez les Mass Media (mais également chez les gouvernements, services secrets etc...), un texte prophétique d'une extrême importance pour les chrétiens (et pour l'avenir de tous), un texte auquel l'Eglise a ajouté foi, en reconnaissant Fatima comme la plus importante épiphanie mariale de l'Histoire, je relevais la nécessité pour le Vatican de clarifier l'énorme imbroglio, l'invraisemblable confusion que dégageait la version officielle en publiant le texte non révélé (une récente pétition adressée au Saint Père, rédigée par Solideo Paolini, fait cette même demande). Au cours de mon enquête, j'avais sollicité un entretien personnel du Cardinal Bertone eu égard à son rôle important dans la divulgation du troisième secret, le 26 juin 2000. Bien que me connaissant personnellement, il refusa cet entretien. Pour autant, dès que j'eus publié mon livre, le 22 novembre 2006, il s'est activé pour publier un ouvrage en réplique au mien, ouvrage terminé récemment de manière à sortir pour le 90ème anniversaire de Fatima (13 mai 2007) !

Le problème, c'est que son livre ne répond nullement aux questions que j'ai posées. Pire, il soulève de nouvelles questions. J'étais particulièrement mal à l'aise en lisant ces réponses embrouillées qui se retournaient contre leur auteur. Pour un auteur quelconque, être personnellement attaqué par le secrétaire d'Etat du Vatican sans la moindre preuve aurait été un succès notoire. Pour moi, c'était un désastre car je me considère d'abord catholique avant d'être un journaliste. J'aurais préféré m'être totalement fourvoyé et être convaincu d'erreur. J'espérais que le Saint Siège allait décider de révéler la vérité sur le troisième secret de Fatima en publiant, conformément à la demande de Notre-Dame, la partie toujours cachée. Personnellement, j'aurais préféré être ignoré, rabroué, boycotté ! Mais la seule erreur, la seule chose à éviter, c'était ce que Bertone venait de faire : s'exposer lui-même en public, sans répondre à aucune question, voire ajouter de nouveaux éléments désastreux pour lui-même et le Vatican !!

Avant tout, il y a le problème de la "manipulation " de la témoin de Fatima, Sœur Lucie. Pendant des années, tout un chacun a pu parler ouvertement de Fatima, exceptée elle qui depuis 1960 a reçu l'ordre du Vatican de se taire ! Qu'est-ce qui les effraie ? Avant de publier le texte, en 2000, le pape a envoyé Monseigneur Bertone à Coimbra. Il le renverra à nouveau en novembre 2001. De fait, le prélat viendra à nouveau lui rendre visite en décembre 2003. Ces trois visites personnelles auraient dû être la grande occasion pour permettre à la dernière voyante vivante, presque centenaire, de livrer à la chrétienté et à l'humanité son précieux témoignage intégral relatif à la plus importante apparition mariale de l 'Histoire. De fait, c'était une occasion méta-historique !

Le cardinal Bertone aurait dû enregistrer, voire filmer ces interviews exceptionnelles et les laisser à la postérité, non seulement pour faire taire les multiples rumeurs et légendes relatives au secret mais aussi pour mettre le Vatican à l'abri de tout soupçon de manipulation. Pour le moins il aurait dû effectuer une transcription complète des questions et réponses, les faire signer par la voyante afin d'éviter toutes contestations extérieures.

Chose incroyable ! ces 3 interviews "qui durèrent au moins dix heures", selon le cardinal, n'ont donc été ni enregistrées, ni filmées, ni transcrites ! Aujourd'hui, le cardinal explique qu' "il a pris des notes". Ainsi, dans les documents de Fatima, seules quelques courtes phrases attribuées à Sœurs Lucie sont enregistrées, phrases plus ou moins crédibles et pas du tout satisfaisantes dans la mesure où il n'aurait pas posé les questions décisives, celles qui auraient pu servir à évacuer tous les doutes ; à moins qu'il ne les ait pas enregistrées ? Dans mon livre, je lui ai posé la question : comment se fait-il que sur 10 heures d'interviews, vous n'ayez conservé en mémoire que quelques phrases de Sœur Lucie... au maximum 4 minutes ? Qu'a-t-elle dit d'autre pendant toutes ces heures ? Pourquoi n'avez-vous pas posé à Sœur Lucie les questions fondamentales ou enregistré ses réponses ? De tout cela, Monseigneur Bertone ne dit rien dans son livre. Et le pire, c'est qu'il attribue à Sœur Lucie quelques phrases qui n'ont jamais été reportées dans le document officiel de l'an 2000. Selon Monseigneur Bertone Sœur Lucie a dit, concernant le texte de l'an 2000, "c'est bien le troisième secret", "le seul texte", et "je n'ai rien écrit d'autre". Pourquoi Monseigneur Bertone ne reprend-il pas ces phrases importantes dans son livre ? Et pourquoi n’a-t-il pas demandé à la voyante si elle a écrit la suite relative à ces paroles prononcées par Notre-Dame, indiquées parle fameux "etc." ("Au Portugal sera toujours conservé le dogme de la foi, etc."), considéré par les spécialistes de Fatima comme le début du troisième secret ! Tout ceci est bizarre ! Il en est de même des autres déclarations que Monseigneur attribue maintenant à Sœur Lucie... maintenant que la voyante est morte. Selon ces "nouvelles" déclarations Sœur Lucie, quand elle fut informée de l'attentat perpétré contre Jean-Paul Il en 1981, "considéra immédiatement que la prophétie du troisième secret était accomplie". Pourquoi diable une telle confirmation cruciale n'a-t-elle pas été reportée dans le document officiel ? Pourquoi dans les commentaires du Vatican qui contenaient le texte de la vision, personne, ni Sœur Lucie, ni les cardinaux Sodano et Ratzinger, ni même Bertone lui-même, n'a explicitement mentionné que l'attentat contre le Pape Jean-Paul Il était bien l'accomplissement du troisième secret ? Pourquoi le cardinal Ratzinger a-t-il dit qu'une telle interprétation était une simple hypothèse et qu'il n'y avait pas d'interprétation officielle de l'Eglise, alors qu'aujourd'hui le cardinal Bertone prétend l'imposer comme la version officielle ? Et dans la lettre de commentaire écrite en 1982, pourquoi Sœur Lucie explique-t-elle que "nous n'avons pas encore vu l'accomplissement final de cette prophétie" (le troisième secret) mais que "nous y accédons petit à petit à grands pas ". Pourquoi, dans cette lettre adressée au Pape, Sœur Lucie n’a-t-elle pas mentionné l'attentat de 1981 si de fait cette tentative d'assassinat correspondait à l'accomplissement du secret ?

Certains prétendent que Monseigneur Bertone n’enregistra, ou ne transcrivit pas les interviews avec la voyante parce que cela aurait été interprété comme l'exercice de pressions psychologiques vis à vis de la Sœur cloîtrée en vue de la persuader de cautionner certaines thèses. Ces pensées me vinrent à l'esprit alors que je lisais un passage du livre du Cardinal dans lequel il relate qu'à un moment donné la voyante avait été irritée au point de lui dire : "Je ne me confesse pas" ! A quelle question Sœur Lucie a-t-elle pu répondre d'une manière aussi abrupte ? Est-ce que l'interrogateur a rappelé à la Sœur les pouvoirs conférés à l'autorité ecclésiastique, suggérant qu'elle n'obtiendrait pas l'absolution ? Nous ne le saurons pas puisque le cardinal prétend avoir formellement oublié la question qu'il aurait posée !

Il est évident que le quatrième secret de Fatima (la part actuellement cachée du troisième secret) existe et j'estime l'avoir prouvé dans mon livre. Il n'y a pas seulement la révélation retentissante d'un témoin exceptionnel, Monseigneur Capovilla, archevêque, secrétaire de Jean XXIII (qui a assisté à l'ouverture du troisième secret) dont les paroles ont été recueillies par Solideo Paolini et dont, incroyable !, Monseigneur Bertone ne parle pas dans son ouvrage. Mais il y a aussi la suite de mon livre. Concernant la partie censurée du Secret, nous savons qu'elle est écrite sur une simple feuille de papier, et non sur quatre pages comme le suggère le texte de la vision révélée en 2000 (ce fait a été révélé par le cardinal Ottaviani, le bras droit du Pape Pie XII puis de Jean XXIII. Aujourd'hui Monseigneur Bertone s'en sort par une pirouette : "Je ne sais à quoi les paroles du Cardinal Ottaviani font référence" !) Mais nous connaissons jusqu'à la dimension de cette feuille de papier (9 x 14 cm) contenue dans une enveloppe mesurant 12 x 18 cm, nous savons qu'il y a un texte de 20 à 25 lignes, nous connaissons les dates (cette date n'est pas la même que celle du texte contenant la vision !). Nous savons enfin que sous Pie XII l'enveloppe n'était pas sous la garde du Saint office (comme c'est le cas pour le texte de la vision révélée en 2000) mais dans les appartements du Pape. Il y a la preuve photographique publiée le 18 octobre 1958 dans le magazine "Paris Match" par Robert Serrou, le témoignage de la collaboratrice la plus proche de Pie XII, Sœur Pasqualina ("A l'intérieur, il y a le troisième secret de Fatima") et enfin le témoignage de Monseigneur Capovil1a (J'ai publié le document) qui fut requis par Paul VI le 27 juin 1963 car le pape voulait savoir de lui où se trouvait le dossier Fatima. Monseigneur Capovilla répondit : "Il est dans le tiroir de droite du bureau dénommé Barbarigo, dans la chambre". Et, en fait, on le trouva là.

A tous ces témoignages, Monseigneur Bertone ne trouve aucune réponse dans son ouvrage mais il déclare dans une interview : "Les reconstitutions cinématographiques de l'enveloppe cachée dans la table de nuit du Pape sont de pures fantaisies". Pourquoi ? pas d'explication. Dans son livre, il m'attaque parce que j'aurais suggéré que le secret prédit "l'apostasie de l'Eglise romaine" et de la Haute hiérarchie. D'abord Monseigneur Bertone devrait relire attentivement ce que Jésus à son apparition a dit à Sœur Lucie (août 1931). Par ailleurs, ce n'est pas moi qui ai parlé d'apostasie, mais les cardinaux Ottaviani et Ciappi ("dans le troisième secret, il est prédit entre autres, que la grande apostasie dans l'Eglise commencera au sommet"). Une conception analogue est développée par Sœur Lucie dans ses entretiens avec le Père Fuentès et dans deux déclarations du Cardinal Ratzinger. J'ai simplement joué mon rôle de journaliste en expliquant que beaucoup de gens interprètent cette apostasie en liaison avec les conséquences de Vatican II.

Bien sûr, je ne peux énumérer toutes les bourdes de cet ouvrage, faute de place dans ma lettre. J'en citerai quelques unes. Bertone nous informe que "Sœur Lucie ne s'est jamais servi d'un ordinateur", par exemple. Voilà une information valable, alors que dans son interview au journal Repubblica du 17 février 2005, il a déclaré que Sœur Lucie "utilisait à la fin même l'ordinateur" ! A cette époque il entendait sans doute cautionner certaines lettres de Sœur Lucie datées de 1989 qui n'étaient pas écrites de sa main... et qui contredisaient ce qu'elle avait précédemment déclaré sur la "consécration de la Russie" !!

Curieusement le secrétaire d'Etat va jusqu'à donner crédit aux rumeurs concernant la visite au Pape en date du 1 décembre 1989 au cours de laquelle Gorbatchev aurait prononcé un "mea Culpa" devant le pape, allégation qui fut officiellement démentie par le bureau de presse du Vatican le 2&nbp;mars 1998. Par ailleurs Monseigneur Bertone tient pour absolument authentiques les déclarations explosives sur le troisième secret attribuées à Jean Paul II à Fulda, en novembre 1980, alors que le bureau de presse du Vatican et même le cardinal Ratzinger les réfutent ("cette réunion de Fulda n'a pas eu lieu, le pape n'a rien dit de semblable") !

Enfin, Monseigneur Bertone prend bien soin de dire que cette interprétation du troisième secret par le cardinal Ratzinger "n'est pas un dogme de la foi". Mais il laisse son interviewer introduire la conception de Bertone de la manière suivante : "ses paroles, après tant d'interprétations du message de Notre-Dame, valent imprimatur d'une version définitive".

Il est évident que la lettre du pape au cardinal sert d'introduction à son ouvrage, même si le pape n'écrit que des généralités.

Pour ma part, je garde pour moi la lettre concernant mon livre que Benoît XVI m'écrivit pour me remercier "des sentiments qui l'ont inspiré".
Ces paroles me réconfortent alors que je me sens insulté par cette sinistre accusation de "faire le jeu de la maçonnerie" ! — Source : « Sous la bannière » (1) n° 133 (sept-Oct. 2007)

(1) « SOUS LA BANNIERE » (Bimestriel)
18260 Villegenon
Abonnement : 40 € par an
Chèques bancaires à l'ordre de A-M Bonnet de Viller



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