ANNÉE     2008 .
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JEAN-PAUL Ier

L'ÉTRANGE MORT D'UN PAPE

Jean-Paul Ier« IL faut purifier le temple et en expulser les marchands ». Telle est la référence théologique qui a conduit Jesús López Sáez, prêtre d´Avila, prestigieux catéchiste et fondateur de la communauté d´Ayalá, à fouiller dans l´histoire scabreuse de la mort de Jean Paul I. Après 25 ans de recherches approfondies, ses conclusions sont saisissantes et jettent à bas les thèses officielles. La Curie romaine, avec à sa tête Jean Paul II, a toujours soutenu que la mort du Pape Luciani avait été celle d´un malade, incapable d´assumer le poids écrasant de la tiare. López Sáez soutient, en revanche, que la mort du Pape météore (il n´a passé que 31 jours sur le trône pontifical ) a été un assassinat orchestré par certains membres de la Curie, de la mafia et de la franc-maçonnerie; un Pape en pleine forme, et à ce point capable de régir l´Eglise qu´il projetait de faire prendre un virage de 180º au Vatican, à ses finances et à la Curie romaine.

A la suite de la version officielle, Rome avait considéré que l´affaire était enterrée. Mais, aujourd´hui encore, dans l´ensemble de la chrétienté, continue à flotter une atmosphère de mystère et de soupçon. La blessure ne s´est pas cicatrisée. Et de fait, depuis cette mort, nombreux sont les évêques qui, et parmi eux figurerait un certain cardinal, ont demandé à Rome l´ouverture d´une enquête approfondie. Jesús Lopez fait partie de ce secteur minoritaire qui veut “laver” l´image distorsionnée d´un pontificat qui aurait pu être révolutionnaire pour l´Eglise. Faire justice au Pape souriant et, par la même occasion, purifier le temple de la Curie, et aider l´Eglise à retrouver sa splendeur évangélique. Grâce à de bons contacts, aussi bien en Espagne qu´à l´étranger, avec l´aide d´évêques et de cardinaux amis, Jesús López a concrétisé ses premières découvertes dans le livre Il faudra rendre compte (Editions Orígenes), publié 12 ans après la fin mystérieuse de Jean Paul I.

A cette époque, déjà, le père Jesús López essayait de fouiller dans les eaux troubles de la mort du Pape Luciani, parce que, “ à chaque génération, il sera demandé de rendre compte du sang de ses prophètes”. Mais, dans l´Eglise, la consigne était claire et catégorique: “Aucun ecclésiastique ne peut remuer les cendres du Pape Luciani et, aux multiples questions des fidèles du monde entier, le clergé doit donner comme réponse la vérité officielle”. Mais don Jesús ne s´avoua pas vaincu et, dès lors, il a continué à réviser les archives, consulter les sources, en particulier au-contact des acteurs directs de ces événements qui, avec l´âge et le temps, se sont mis à parler.

“EL DÍA DE LA CUENTA”

Le fruit de ces années de travail, c´est un nouveau livre , El día de la cuenta (Le jour des comptes), dans lequel il concrétise ses conclusions définitives. Mais dans l´Eglise, cela ne plaît pas que l´un de ses prêtres les plus prestigieux assure qu´un Pape a été assassiné, et qu´il dénonce les intrigues d´une Curie, dont il dit qu´elle est “une véritable caverne de voleurs”. Et les pressions en tout genre de pleuvoir. Sentimentales, avec les lettres de ses amis. Comme celle de l´actuel nonce en Croacie, l´espagnol Francisco Javier Lozano, dans laquelle celui-ci le supplie de ne pas publier un livre “qui peut faire tant de mal à l´Eglise du Christ”. Il l´avertit: qui est-il pour s´asseoir au banc des du Saint Siège? Il y a aussi les chantages affectifs: “J´aurais donné nimporte quoi pour que tu voies le visage de douleur de “l´autorité de l´Eglise” (Jean Paul II) quand, il y a quelques mois, je lui ai présenté un bref résumé de ton manuscrit. Cette autorité qui est habituée à souffrir à cause des calomnies, des infidélités, et même à cause des tirs à bout –portant, un 13 mai”.

Aux pressions affectives succédèrent les pressions canoniques. L´évêque d´Avila d´alors, Adolfo Gonzalez Montes, le menace par écrit de lui retirer l´exercice de ses fonctions (interdiction de célébrer les sacrements). Mais don Jesús ne cède pas. Bien plus, il rappelle que Sainte Catherine de Sienne disait: “Les ministres de Dieu qui ne dénoncent pas les maux de l´Eglise sont de mauvais pasteurs. Ils n´ont pas de chien de garde, le chien de garde de la conscience; ou bien, c´est qu´il n´aboie pas”. C´est vrai que lui, il en a un, un chien de garde, et il ne cesse d´aboyer. Et pourtant, parce qu´il ne bougeait pas d´un pouce, il fut renvoyé de la Conférence Episcopale, où il travaillait au sein de la comission de catéchèse. Et là, il perdait l´occasion d´obtenir la mître, et la reconnaissance solennelle de la Communauté d´Ayalá, fondée par lui. Maintenant, il lui a fallu éditer son livre “en édition privée, non vénale”. Même ainsi, de bouche à oreille et de la main à la main, il s´en est vendu plus de 2000 exemplaires.

A côté des montagnes de reproches, pourtant, quelques félicitations. Comme celle de l´évêque Casaldáliga: “Tout le matériel que tu apportes est important pour L´Histoire et pour la purification de l´Eglise”. Ou encore la lettre énigmatique d´Eduardo Luciani, le frère du Pape défunt. Sans se prononcer sur ce point, il laisse planer un doute sur le sort de son frère.

EDITION PUBLIQUE

Comme tout bon prêtre qu´il est, Jesús Lopez se sent divisé au vu des conclusions de son enquête. “ Cependant, ma conscience m´interdit de me taire et, même si je ne vis pas dans la peur, je sais qu´on peut me faire beaucoup de mal. Mais...comme le disent les Actes des Apôtres, “il faut obeïr à Dieu avant d´obeïr aux hommes”. Bien plus, López Sáez envisage de faire une édition publique de son livre et de la diffuser en librairie. “ Pour que les gens sachent, et que les marchands sortent du temple”.

“Ce matin-là, 29 septembre 1978, vers cinq heures et demie, le secretaire particulier du Pape, comme il n´avait pas trouvé le Saint Père dans la chapelle comme à son habitude, alla le chercher dans sa chambre; il le trouva mort dans son lit, la lumière allumée, comme s´il était encore en train de lire. Le médecin, le dr. Renato Buzzonetti, immédiatement accouru, constata le décès, probablement survenu la veille vers 23 heures, à cause d´un infarctus du miocarde aigu ”. Ainsi était rédigé le communiqué officiel du Vatican. Une version, selon López Saéz, pleine de tergiversations. Entre autres: “ un diagnostic sans fondement, (infarctus du miocarde aigu, et ,de plus, instantané), établi par un médecin qui ne connaissait pas Luciani en tant que patient, sans qu´ait été pratiquée (officiellement) une autopsie, et une information manipulée en ce qui concerne la découverte du cadavre et les circonstances du décès”.

PAR QUI LE PAPE A-T-IL ÉTÉ TUÉ ?

Jean-Paul IerÀ l´heure actuelle, il est démontré que Jean Paul I était en bonne santé. Ce fait est confirmé par son médecin personnel, le docteur Da Ros: “Le Pape n´a jamais passé 24 heures alité, ni même une matinée ou une après-midi; il n´a jamais eu de maux de tête ni suffisamment de fièvre pour rester au lit. Il avait une bonne santé; aucun problème de régime, il mangeait tout ce qu´on lui proposait; il ignorait tout du diabète ou du cholestérol; il avait seulement la tension un peu basse”. Avoir la tension un peu basse constitue, pour beaucoup de médecins, “une assurance-vie”.

On sait aussi que Jean Paul I n´est pas mort d´un infarctus, parce qu´il n´y a pas eu “lutte contre la mort”. Le temps passant, le Vatican lui-même a reconnu que la première personne qui l´avait trouvé mort n´avait pas été Monseigneur Magee, mais soeur Vincenza, la religieuse qui s´occupait de lui. Selon ce qu´elle relate, “ le Pape était assis dans son lit, il portait ses lunettes et avait quelques feuilles de papier dans les mains. Sa tête était légèrement inclinée sur la droite, et l´une de ses jambes était étendue sur le lit. Il ébauchait un léger sourire”.

Qu´avait-il entre les mains? “ Bien évidemment, il n´avait pas le Kempis, comme l´a dit le Vatican, un livre trop gros pour être soutenu entre les doigts. Les feuillets qu´il avait étaient des notes concernant la conversation de deux heures que le Pape avait eue avec le secrétaire d´État, le cardinal Villot, l´après-midi antérieure”, dit López Sáez. Au-cours de cette conversation, le Pape avait annoncé à son numéro deux les changements importants auxquels il pensait procéder dans la Curie. Tel fut le détonateur de sa mort.

Quelle fut l´arme du crime ? “Bien que ce fait soit nié par le Vatican, une autopsie a été pratiquée sur le corps de Jean-Paul I, et elle a révélé qu´il était mort d´une dose extrêment forte d´un vaso-dilatateur, remède absolument contrindiqué pour quelqu´un dont la tension est basse, comme c´était le cas du Pape. Celà coïncide avec la position dans laquelle a été trouvé le corps: il n´y avait pas eu de lutte contre la mort, il en est ainsi lorsqu´elle survient à cause d´une substance vaso-dilatatrice: au-milieu d´un profond sommeil”, explique don Jesús.

Ce médicament, qui ne lui avait pas été prescrit par son médecin personnel, -comme il l´a reconnu lui-même-, on l´avait obligé à le prendre, ou bien il lui avait été injecté. La mystique Erika, dans un livre du célèbre théologien Urs von Balthasar –devenu cardinal depuis-, assure avoir eu une révélation dans laquelle elle voyait quelqu´un injecter au Pape cette substance. De plus, Jean Paul II accorde la barette episcopale à von Balthasar tout en sachant qu´Erika elle-même dit dans son livre que “le Saint Père le sait et le croit” (que son prédécesseur a été assassiné).

De son côté, l´ancien ambassadeur Roger Peyrefitte, auteur de La soutane rouge, affirme que c´est le membre de la maffia Brucciato -mort depuis dans un attentat contre Roberto Rossone, vice-président de la Banque Ambrosiana- qui a pratiqué l´injection mortelle, en compagnie de deux monseigneurs de la Curie. Selon López Sáez, “personne ne sait exactement qui a tué le Pape. Tout porte à coire qu´il s´agit de la Loge Massonique P2. Il est impossible d´accuser une personne en particulier, bien que certains parlent du Président d´alors de l´IOR (Banque du Vatican), monseigneur Marcinckus, et du Secrétaire d´État de l´époque, le cardinal français Villot.”.

Quoi qu´il en soit, il s´agit, selon López , “d´une mort provoquée, et au moment opportun”. Pourquoi? Les feuillets que le Pape mort tient dans sa main contenaient le nouvel organigramme de la Curie et de l´Eglise italienne: démission de Villot et de l´archevêque de Milan, monseigneur Colombo; transfert à Milan de Casaroli; Benelli, nouveau Secrétaire d´État; Poletti, vicaire de Rome, à Florence; et Felici, nouveau vicaire de Rome”.Jean PaulI avait présenté quelques heures auparavant l´organigramme à Villot qui lui avait dit: “Vous êtes libre de décider, et j´obéïrai. Mais vous devez savoir que ces changements représentent une trahison à l´héritage de Paul VI”. Ce à quoi Jean Paul I répliqua: “Aucun Pape ne gouverne à perpétuité”.

Il est évident que le Pape Luciani était un Pape qui était “ sur le chemin de la prophétie”.

C´est à dire “un Pape qui ne veut pas être un chef d´état, qui ne veut ni escorte ni soldats, un Pape qui veut une rénovation profonde de l´Église, et qui veut, en plus, gouverner avec les évêques. Un Pape des pauvres, qui veut promouvoir au Vatican un grand centre de charité, pour y loger les sans abri de Rome”, ajoute le père Lópz Sáez.

En définitive, le Pape, on l´assassine parce qu´il veut réviser la structure de la Curie, publier plusieurs encycliques (sur la collégialité de la femme dans l´Eglise), destituer de son poste le président de l´IOR, réformer la banque du Vatican et s´affronter ouvertement à la franc-maçonnerie et à la maffia, solidemnt implantées dans la Curie romaine. Selon Lópz Sáez, “ce qui a été déterminant a été l´affaire de l´IOR, parce que la Curie essayait d´éviter la faillite de la Banque Ambrosiana, alors que la décision du Pape allait la précipter. Eux voulaient un Pape qui évite cette faillite”.

Cependant, bien que Jean Paul I ait été éliminé, son successeur, Jean Paul II ne put éviter la faillite de la Banque Ambrosiana, et il en destitua le président, monseigneur Marcinckus. “ La différence, c´est que Jean Paul I veut expulser du temple les marchands, tandis que Jean Paul II expulse les uns ( la franc-maçonnerie ), pour se jeter dans les bras de l´Opus Dei. C´est l´Opus qui est sortie gagnante, et c´est pour elle que le pontificat du Pape Wojtyla a été le plus rentable: une prélature personnelle, un saint, et le contrôle du pouvoir à Rome.

Quoi qu´il en soit, le Pape Luciani sait qu´il va affronter des ennemis tout-puissants. À plusieurs reprises, il affirme, selon le père Sáez, que son pontificat va être court, et qu´il connaît déjà le nom de son successeur. À certains moments, il l´appelle “l´étranger”, à d´autres “celui qui était assis en-face de moi au conclave”. C´est à dire Wojtyla. Pourquoi Jean Paul I savait-il, avant même de mourir et avant même le conclave, le nom de son successeur? “ Parce que Jean Paul II était le candidat du cardinal Villot et de la Curie, dont le désir était de récupérerer le contrôle du pouvoir. Ce n´est pas en vain que les membres de la Curie disaient: “ nous avons perdu trois conclaves, ( ceux de Jean XXX, Paul VI, et celui de Jean Paul I), mais pas le quatrième”.

Le père Lopez est convaincu, comme l´est la mystique Erika, que le Pape “sait”. Bien plus, il pense que sa dernière oeuvre poétique, Tryptique romain, est une réponse dissimulée à son propre livre: il avait envoyé ce dernier au Pape, avec accusé de réception du Secrétariat d´État. Pour cette raison le Pape, en seulement trois pages, parle de la Chapelle Sixtine et du prochain conclave. “ C´est une façon de me répondre, à moi et aux cardinaux qui vont participer au prochain conclave. C´est une façon de dire “ il y a quelquechose”...Et s´il répond, c´est pour que les cardinaux chargés de l´élection en tiennent compte, fassent leur choix en conséquence, et qu´ils réparent l´injustice commise vis à vis du Pape Luciani”.

Il s´agit de l´un des éléments qui touchent le plus le fondateur de la Communauté d´Ayalá.

“Jean Paul I n´était pas un pape faible et indécis, comme certains veulent le laisser entendre depuis le Vatican. Sont en jeu, non seulement la cause et les circonstances de sa mort, mais aussi sa personnalité et son témoignage”. Et de fait, à l´heure qu´il est, il existe deux procès en cours concernant le Pape Luciani. Le premier est d´ordre civil, réouvert à Rome par le procureur Pietro Saviotti. “J´ai envoyé au procureur toutes mes données et tous mes documents. J´espère que cela contribuera à éclaircir la vérité et à faire justice”, dit López.

Le second procès est celui de la béatification de Jean Paul I. Le père López ne veut pas entendre parler de ce genre de procès: “ Le Pape Luciani, dit-il, n´a pas besoin d´avoir fait des miracles pour être saint. Jean Paul I, il faut le béatifier en tant que martyr, après une enquête approfondie sur sa mort; et récupérer son image déformée par la distorsion”. — José Manuel Vidal — (Source : « El Mundo » n° 413 - dimanche 14 septembre 2003, p. 10).

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« EL DÍA DE LA CUENTA », de Jesús López Sáez, ne peut être acquis dans le commerce.
Pour prendre contact avec son auteur : www.comayala.com.



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