ANNÉE     2007 .
Retour aux titres Retour aux titres Accueil du site

LIVRE D'ANTONIO SOCCI

« LE QUATRIÈME SECRET DE FATIMA »

Article original (format PDF) en allemand (1).
Les numéros dans l'article ci-dessous permettent de repérer les phrases dans l'article original.

1. —  Depuis le 22 novembre 2006 est exposé dans les vitrines des librairies italiennes un livre sensationnel du célèbre journaliste Antonio Socci. L'écrivain aboutit à la conclusion que le Vatican n'aurait pas entièrement dévoilé le fameux troisième secret de Fatima.
2 - L'importance de ce livre ne peut pas être assez estimée, vu que Socci à travers radio et télévision est un publiciste italien connu et apprécié par un large public.
3 - Jusqu'à présent il ne s'est pas présenté en tant que traditionaliste. Au contraire, il il débuta les recherches pour son livre avec la conviction que le Vatican aurait dévoilé entièrement le troisième secret le 26 juin 2000 au public.
4 - Plus il avançait dans ces recherches, et plus il fut envahi par l'inquiétante suspicion que le texte aurait pu être publié non intégralement.

John Venari (2)

Couverture du livre5 - Antonio Socci écrit dans la préface de son livre qu'il fut conduit sur ce thème par un article du journaliste Vittorio Messori, interlocuteur connu, de Jean-Paul II et de Joseph Ratzinger, cardinal à cette époque.
6 – Messori avait écrit un article après la mort de la dernière voyante de Fatima : « Le secret de Fatima – La cellule de soeur Lucie a été scellée ».
7 – Il y mentionna : « de nombreux écrits et lettres aux Papes » que la carmélite laissa (après sa mort) dans la cellule du couvent.
8 - Messori commenta, la publication du troisième secret le 26 juin 2000 par le Vatican, par son interprétation, son contenu et l'intégralité du texte n'a pas dévoilé le secret mais a posé une nouvelle énigme.
9 – Cette torpille rhétorique souleva une explosion de questions dans la tête de journaliste chevronné qu'est Socci.
10 – Pourquoi Messori, ce grand journaliste travaillant avec une exceptionnelle minutie, étant le chroniqueur catholique le plus traduit du monde ferait-il peser sur le Vatican un si sérieux soupçon.
11 – Comment une personnalité du rang de Messori, qui a des relations des plus proches avec le Saint-Siège, pourrait-elle émettre des doutes ?
12 – Pourquoi la version officielle ne pourrait-elle pas le convaincre ?
13 – Ceci était particulièrement énigmatique, car cinq ans avant la mort de la soeur, Messori n'avait montré aucune réserve par rapport à la version vaticane du secret. Maintenant semble-t-il il aurait des doutes.

14 – Socci répondit à Messori par l'ouverture d'un débat loyal dans lequel Socci défendit la position officielle du Vatican.
15 – Mais alors, après quelques déclarations, Socci fut confronté à un article d'un jeune publiciste catholique, Solideo Paolini, qui parut dans un magazine traditionaliste et qui s'inséra dans le débat entre Socci et Messori.
16 – Socci dit dans la préface de son livre, Paolini énuméra une liste d'arguments contre la version officielle du Vatican (qui à l'époque était les miens). Ces arguments permirent à Paolini d'affirmer que le Vatican retenait toujours la partie principale du troisième secret « en raison de son contenu bouleversant ».

17 – Paolini avait travaillé intensément sur le message de Fatima et publié un livre sur le sujet (« Fatima : Non disprezzate le profezie »)
18 – Socci trouva les arguments exposés digne de réflexion et vint à la conclusion que c'était une erreur de la Curie et des médias dirigés par l'Église de taire les reproches des traditionalistes disant que le secret n'a pas été révélé en entier.

19 – Pour illustrer ces objections, Socci cite le livre d'un prêtre canadien Paul Kramer, qui rassemble les critiques de différents auteurs et qui accuse le Vatican, car c'est une catastrophe de continuer à dissimuler les demandes de la Vierge de Fatima.
20 – Le livre de Kramer avertit que le prix à payer pour l'indécision du Vatican pourrait être très élevé, et devra être payé par l'ensemble de l'humanité.

21 – Socci avoua après la discussion avec Paolini que beaucoup de questions restaient sans réponse et mystérieuses.

Pas de réponse du cardinal Bertone

ND de Fatima22 – Les doutes de Socci augmentèrent, lorsqu'il essaya d'obtenir des éclaircissements à ces questions de la part de la hiérarchie du Vatican et spécialement du cardinal Tarcisio Bertone.
23 – Bertone de concert avec le cardinal Josef Ratzinger avait composé le document de la congrégation pour la foi en l'an 2000 intitulé « le message de Fatima ».
24 – Socci écrit dans son livre : « j'ai consulté beaucoup d'autorités influentes de la curie, par exemple le cardinal Bertone, actuellement secrétaire d'Etat du Pape, qui joua un rôle central dans la publication du troisième secret en l'an 2000.
25 – Le cardinal, qui jadis à différentes occasions me manifesta son attention personnelle et qui me chargea de l'organisation de conférences dans son ancien diocèse de Gène, ne jugea pas utile de répondre à ma demande pour une interview.
26 – C'était son bon droit. Mais cela éveilla en moi le soupçon qu'il pouvait y avoir des questions qui pourraient mettre dans l'embarras. Y avait-il quelque chose (de la plus grande importance) qui devait rester dissimulé ? »

27 – Socci termine la préface de son livre avec la constatation, qu'il ne s'était pas attendu à découvrir derrière le troisième secret une énigme si énorme.
28 – Et même s'il ne veut pas souscrire à tout ce qui est mis en avant dans les critiques traditionalistes, il était obligé finalement de tirer la conclusion qu'il existât deux textes du secret dont un seul fut publié au monde.

« Je crois qu'il y a plus là derrière »

29 – Les lecteurs se souviendront peut-être du 13 mai 2000. Pendant la cérémonie de béatification des deux enfants de Fatima Jacinthe et François, l'ancien secrétaire d'état le cardinal Angelo Sodano s'avança vers le micro et fit savoir que le Saint Siège allait bientôt publier le troisième secret, mais qu'il allait déjà en révéler une partie.
30 – Sodano explique que le secret parlait d'un évêque vêtu de blanc. Il tombe à terre comme mort touché par des balles, pendant qu'il rassemble toutes ses forces pour se relever et se diriger au milieu des martyrs (évêques, prêtres, religieux et membre de laïcs) vers la croix.
31 – Ce proche collaborateur du Pape interprète cela comme une prophétie de l'attentat de Jean-Paul II en 1981.

32 – Bien que la grande majorité de la masse de pèlerins de Fatima applaudissait au discours de Sodano, certains fidèles sur l'esplanade de la basilique étaient septiques.
33 – L'agence Associated Press cite par exemple un pèlerin de ce 13 mai qui avait dit : « ils disent que tout s'est réalisé dans le passé, mais ce n'est pas une prophétie. C'est décevant. Je crois qu'il se cache autre chose derrière ».

34 – Lorsque plus tard, le 26 juin 2000 fut publié la version officielle du secret, on s'aperçut que le cardinal Sodano n'avait pas dit la vérité.
35 – La teneur du secret ne disait pas en effet que le Pape tombe comme mort à terre, mais le texte dit clairement qu'il serait tué.
36 – Même le Washington Post qui n'est pas très versé dans les questions religieuses remarqua cette divergence.
37 – Ce journal écrivit le 1er juillet 2000 : « le troisième secret soulève des questions : l'interprétation du secret de Fatima s'éloigne de la vision ».

38 – Plus loin : « le 13 mai, le cardinal Sodano, un des plus haut fonctionnaire du Vatican annonça l'imminente publication du texte qui est gardé soigneusement. Il dit que le troisième secret ne prédisait pas la fin du monde comme certain le spéculait, mais se réfère à l'attentat du 13 mai 1981, visant Jean-Paul II, perpétré sur la place St. Pierre.
39 – Sodano dit que le manuscrit parlait d'un évêque vêtu de blanc qui se frayant un chemin à travers des montagnes de cadavres de martyrs, tomba à terre apparemment mort, touché par des balles de fusils.
40 – Mais le texte publié le lundi 26 juin ne laisse aucun doute sur le sort de l'évêque, puisqu'il note que l'évêque fut tué par un groupe de soldat, qui tirèrent des coups de feu et des flèches. Tous ceux qui l'accompagnèrent, évêques, prêtres, moines, soeurs et laïcs moururent avec lui.
41 – Jean-Paul II survécut par contre aux tirs du terroriste solitaire Mehmet Ali Agça, et personne de la foule qui se trouvait sur la place St Pierre ne fut bléssé. »

42 – Cette gazette qui est tout autre chose que proche de l'Église devint bien sur suspicieuse, lorsque le cardinal Sodano retraça visiblement une fausse image des événements qui sont décrits dans le troisième secret, et en plus imposa une interprétation comprimée.

43 – Des catholiques soucieux comparèrent immédiatement la version officielle du Vatican avec ce que révéla le cardinal Ratzinger en 1984 sur le troisième secret. Dans une célèbre interview dans la revue « Jésus » avec Vittorio Messori du mois d'août 1984 (Dt. Tagespost 14./15.12.1984), l'ancien préfet de la congrégation pour la foi disait que le secret concernait le danger qui pèse sur la foi et la vie des chrétiens et par conséquent sur le monde. Il parlerait de l'importance de la Fin des Temps.

44 – Le cardinal explique en outre que le secret serait en harmonie avec ce qui est prédit dans la Sainte Écriture et qui a été réaffirmé dans beaucoup d'autres apparitions de la Vierge.

45 – La vision d'un Pape qui se fait tuer par des soldats ne reflète à vrai dire, ni les dangers qui pèsent sur la foi, ni n'a-t-elle nécessairement une liaison avec l'importance de la Fin des Temps.
46 – En plus l'on chercherait en vain dans d'autres apparitions de la Vierge une quelconque relation avec une prophétie qui prédirait la mort d'un pape sous le coup des balles d'un groupe de soldats.

47 – Frappant est aussi l'absence de toute référence aux évènements annoncés par la Sainte Écriture. Des soupçons sur l'éloignement du continu furent de cette manière nourris, vu que d'illustres connaisseurs de Fatima comme le Père Joaquin Alonso ou bien le frère Michel de la Sainte Trinité par des études intensives et des déclarations d'évêques pouvaient déduire que le secret contenait une prédiction sur une grande crise de l'Église.

Déclarations d'hommes d'Eglise.

Mgr Oddi48 – Le cardinal Silvio Oddi († 2001) remarqua — encore pendant la guerre froide — au sujet du troisième secret : « il n'a rien à voir avec Gorbatchev, la très Sainte Vierge nous avertit d'une apostasie dans l'Église. »

49 – Le Père Joaquin Alonso, mort en 1981, qui fut pendant 16 ans l'archiviste officiel du sanctuaire de Fatima, et qui plus d'une fois a pu parler avec soeur Lucie, rendit le témoignage suivant : « Il est très probable que le texte contient un lien direct avec la crise de l'Église, la négligence des pasteurs, les combats internes dans le sein de l'Église, et l'insouciance pastorale de la hiérarchie suprême.

50 - « Dans le temps précédent le triomphe du Coeur Immaculé de Marie se passeront des choses terribles. Celles-ci constituent le contenu du troisième secret. Que sont ces choses ? Si “le dogme de la foi sera toujours conservé au Portugal” alors nous pouvons clairement en déduire que dans d'autres parties de l'Église ce dogme sera obscurci ou même se perdra.

51 - « Le texte non publié parle-t-il de faits concrets ? Il est très probable qu'il ne parle pas uniquement d'une vraie crise dans l'Église dans la période intermédiaire, mais encore, comme par exemple le secret de la Salette, des références concrètes à des conflits internes entre catholiques et la défection des prêtres et religieux.
52 – Peut-être concerne-t-il même la défaillance de hiérarchie supérieure de l'Église. Rien de cela ne contredirait d'autres déclarations de soeur Lucie qu'elle avait fait sur ce secret. »

Mgr Alberto Cosme do Amaral53 – L'évêque Alberto Cosme do Amaral († 2005), le troisième évêque du diocèse (Leiria-) Fatima, dit dans une allocution du 10 septembre 1984 à Vienne au sujet du troisième secret : « Son contenu ne concerne que notre foi. Identifier le secret à des annonces catastrophiques ou un holocauste nucléaire reviendrait à déformer le sens du message. La perte de la foi d'un continent est pire que l'anéantissement d'une nation; et il est vrai que la foi en Europe diminue continuellement. »

54 – Il existe une citation connue du cardinal Marie Luigi Ciappi (†1996), théologien des quatre derniers Papes : « Dans le troisième secret il est prédit entre autre que la grande Apostasie commencera par la tête de l'Église. »

55 – Après ces déclarations, certains catholiques ont de bonnes raisons de croire qu'il existe une partie du secret — un deuxième texte, qui n'a pas encore été dévoilé —, qui prédit une apostasie massive dans l'Église.

Il tint l'enveloppe contre la lumière.

56 – Des catholiques ont aussi des raisons de croire à l'existence d'un autre texte, car il existe une déclaration révélatrice d'un témoin. En 1957 le Saint Office invita l'évêque de Leiria par l'intermédiaire du cardinal Alfredo Ottaviani d'envoyer le manuscrit du secret au Vatican.
57 – Mgr. Giuseppe Alves Correia da Silva (†1938) confia cette tâche à son évêque auxiliaire (et plus tard son successeur) Mgr. João Pereira Venâncio (†1985).

58 – A un moment où (Mgr Venancio) l'évêque était seul en présence de l'enveloppe scellée qui contenait le manuscrit de soeur Lucie, il la tint à contre-jour (contre la lumière). Il put discerner qu'une plus petite enveloppe de soeur Lucie contenant le Secret, se trouvait dans la grande enveloppe. Dans la plus petite enveloppe se trouvait une feuille de papier avec lignes (d 'écriture) distantes de ¾ de centimètres de marge de chaque côté. Frère Michel souligne dans son analyse du message de Fatima que Mgr. Pereira Vénancio prit soin de tout noter. Par cette source l'on sut que la petite feuille de papier avait 25 à 30 lignes.
59 – Le manuscrit qui a été publié le 26 juin par le Vatican contient 4 pages avec au total 62 lignes. Là aussi il est évident qu'il doit exister deux textes du secret. Cette évidence fut confirmée en été 2006.

« Même si j'en savais plus...»

60 - Antonio Socci entra en contact avec Solideo Paolini, ce jeune journaliste dont la publication sur le troisième secret l'avait beaucoup secoué. Paolini transmit généreusement ses notes au sujet des questions qui se fondaient sur un entretien que lui avait accordé l'ancien secrétaire privé de Jean XXIII, l'archevêque Loris Francesco Capovilla.

61 – (Nous indiquerons la chronologie qui se trouve dans le livre de Socci.) Solideo avait pu visiter l'archevêque dans sa demeure au pays natal du Pape Roncali, Sotto il Monte. Après une conversation préliminaire, Paolini exposa à Mgr. Capovilla la raison de sa visite : ses recherches journalistiques sur Fatima.
62 - « Comme vous possédez des informations de première main, j'aimerais vous poser quelques questions, principalement au sujet du troisième secret. » L'archevêque Capovilla répondit tout d'abord négativement : « Non — pour éviter des malentendus ; ayant été officiellement publié, je soutiens ce qui a été dit. Même si j'en savais plus, nous devons adhérer à ce qui se trouve dans les documents officiels. »

63 – Cette déclaration fascinante jette une lumière sur la manière d'opérer du Vatican.
Le Vatican présente sa publication officielle et un prélat en retraite insiste qu'il doit suivre le “document officiel” même s'il en savait plus. Paolini expliqua ainsi comment fonctionnait normalement la politique de l'Église dans ce domaine, mais cela souleva aussi un peu le voile de l'énigme.
64 – C'était une sorte d'indication de l'archevêque qu'il en savait plus, le prélat sourit et dit : « Je vous prie de m'envoyer vos questions par écrit et j'y répondrai ». Il ajouta qu'il voulait parcourir ses documents, du moins ce qui en reste, ayant déjà presque tout transmis aux archives du lieu commémoratif. Alors il dit à Paolini : « Je vais vous faire parvenir quelque chose, peut-être une phrase... n'hésitez pas pour écrire et après attendez. »

Mgr Capovilla65 - « Une phrase ». Que pouvait bien vouloir dire Mgr. Capovilla ? Trois jours plus tard, Paolini envoya une liste de questions. Le 18 juillet 2006 Paolini reçu un paquet de l'archevêque contenant les réponses et quelques copies de ses archives. Paolini écrit : « A mes questions concernant l'existence d'un texte non dévoilé du troisième secret dont l'existence est fort probable par quelques solides indications, Mgr. Capovilla (dont il est connu qu'il avait lu le troisième secret) dit textuellement : « Je ne sais rien. »
66 – Paolini en fut étonné. Le secrétaire de Jean XXIII avait lu le secret. Il en connaissait le contenu, il était dans la position de pouvoir donner des renseignements non équivoques, si le texte intégral du secret avait été dévoilé en l'an 2000 — et il n'en savait rien ?

67 – Cette expression était selon l'avis de Paolini une allusion ironique à une certaine omerta sicilienne (loi du silence). Mais ce ne fut pas la fin des surprises. Le paquet envoyé par Capovilla contenait quelques copies de papiers officiels et une petite carte signée de la main, sur laquelle était écrit :
« 14 juillet 2006. Cher Solideo Paolini, je vous envoie quelques copies de mes archives. Je vous propose de vous procurer le livre publié en l'an 2000 par la congrégation pour la doctrine de la Foi. Avec ma bénédiction + Loris Capovilla ».

68 – Une drôle de proposition, car Capovilla était conscient que Paolini s'était occupé intensément du troisième secret et connaissait naturellement ce document du 26 juin. Cette lettre représentait pour Paolini une indication supplémentaire de l'archevêque. C'était comme si l'archevêque voulait lui dire : relisez le document du 26 juin mais cette fois-ci à la lumière des copies ci-jointes. Paolini trouva une bombe à retardement dans ce paquet.
69 – Par la comparaison de l'opuscule publié par le Vatican « le message de Fatima » avec les documents des archives que le secrétaire de Jean XXIII m'avait envoyés, apparurent de suite des contradictions évidentes. Les papiers portèrent des cachets officiels. Ainsi est-il attesté que le Pape Paul VI avait lu le troisième secret dans l'après-midi du 27 juin 1963, un jeudi. Le document publié par le Vatican le 26 juin 2006 prétend : « Paul VI a lu le contenu en commun avec le Substitut Son excellence Mgr. Angelo Dell'Acqua le 27 mars 1965, et renvoya l'enveloppe aux archives du Saint Siège avec la décision de ne pas divulguer le texte.

70 – Il existe donc une contradiction dans les dates indiquées. Le document provenant des archives de Capovilla affirme que Paul VI aurait lu le secret le 27 juin 1963 tandis qu'il ressort du document du 26 juin 2000 que le même Pontife aurait ouvert le secret le 27 mars 1965. Paolini appela sans tarder l'archevêque Capovilla après sa découverte, pour avoir une explication au sujet de la discordance des dates. Capovilla fut un peu évasif dans sa réponse. Il fit observer que nous ne parlions pas de la Sainte Écriture.
71 – Paolini répondit pourtant : « Soit, Excellence, mais je me réfère à un texte officiel (le document officiel du Vatican) qui se base clairement sur d'autres documents d'archives. Mgr. Capovilla répondit : « Bien, peut-être que le paquet de Bertone [document du 26 juin 2000] n'est pas le paquet de Capovilla... ». A partir de ce moment tout était clair pour Paolini et il posa la question du million d'euros : « Est-ce que les deux dates sont justes parce qu'il s'agit de deux textes du troisième secret ? ».
72 – Après une courte pause l'archevêque Capovilla répondit : « C'est exactement cela ». Ce témoignage qui est publié pour la première fois dans le livre d'Antonio Socci, serait le premier aveu d'un personnage de la curie (en retraite) qu'il existerait d'après les termes de l'auteur « un quatrième secret, ou mieux, une deuxième partie du troisième secret. »

73 – Il s'agirait probablement de la suite du discours de Notre-Dame qui a été interrompu. Cette partie est passée par d'autre chemin derrière les murs du Vatican.
Ceux parmi les catholiques qui ces six dernières années récoltèrent railleries et mépris lorsqu'ils s'obstinèrent dans leur conviction que le Vatican ,'aurait pas dévoilé le texte intégral, sont justifié par le livre de Socci.

Encore une divergence

74 – Socci donne un autre argument qui fait comprendre qu'il existe deux textes. Il se réfère aux expressions avérées dans le dialecte portugais qui se trouvent dans la rédaction que soeur Lucie fit de sa propre main. Socci rapporte que le cardinal Ottaviani, qui fut pendant de longues années le préfet du Saint Office, aurait dit que Jean XXIII aurait, après l'ouverture de l'enveloppe et la lecture du texte rédigé dans une langue étrangère pour lui, tout compris.

75 – D'après le livre de Frère Michel de la Sainte Trinité contenant des recherches scrupuleuses «Toute la vérité sur Fatima », le pape Roncalli fit néanmoins venir l'évêque portugais Mgr. Paulo José Tavares de la secrétairerie d'état (†1973, étant évêque de Macau), qui devait lui aider à comprendre certaines expressions portugaises.

76 – Mgr. Capovilla témoigne aussi qu'on avait fait venir un prêtre du nom de Mgr. Tavares parce que le texte contenait des expressions du dialecte portugais. Socci déduit que cette divergence ne peut être expliquée que s'il existe deux textes : l'un que Jean XXIII a pu lire sans l'aide de Mgr. Tavares et un autre qui nécessitait son aide.

77 – Antonio Socci demanda conseil à Mariagrazia Russo, une professeur de portugais des hautes écoles. Elle entreprit une analyse linguistique du texte publié en l'an 2000. Non seulement elle s'aperçut de nombreuses inexactitudes dans la traduction officielle du Vatican du texte écrit en portugais sur quatre pages par soeur Lucie — ce qui est étrange pour un document si important — mais aussi l'absence de la moindre expression dialectale ou régionale.
78 – De cela, seul peut être déduit que le texte publié par le Vatican se démarque de celui lu par Jean XXIII qui contenait des expressions familières, car pour ce dernier il lui fallait l'aide de l'évêque portugais.

Comment cela a-t-il pu se produire ?

79 – Antonio Socci construit dans son livre un déroulement hypothétique explicite de ce qui aurait pu se passer derrière les murs du Vatican. Il soupçonne que, lorsque Jean-Paul II contrairement à ses prédécesseurs décida de dévoiler le secret, provoqua une lutte pour le pouvoir derrière les coulisses de l'Etat de l'Église. Socci estime aussi que le Pape Wojtila et le cardinal Ratzinger avaient l'intention de publier tout le secret mais que la secrétairerie d'Etat bloqua ce projet.
80 – On arriva à un compromis qui ne témoignerait pas en faveur des vertus à un degré héroïque des décideurs. La vision de l'évêque vêtu de blanc qui se trouve dans les quatre pages écrites par soeur Lucie, devait être publié en même temps que l'absurde interprétation qui réduit le contenu du secret à l'attentat de 1981 qui eut lieu sur la place Saint Pierre.
81 – Le Pape devait alors, pendant la béatification de Jacinthe et François qui eut lieu le 13 mai 2000, révéler indirectement dans son sermon l'autre partie (du secret) qui était effroyable. C'était au moment où le Pape parla de l'apocalypse : « Alors apparut un autre signe dans le ciel : un énorme Dragon (Apoc. 12, 3). Ces paroles que nous avons entendues dans la première lecture nous conduisent à penser au grand combat entre le bien et le mal et nous rappellent que lorsque l'homme met Dieu de côté, il ne peut pas atteindre le bonheur mais finit dans l'autodestruction.
   Le message de Fatima est un appel à la conversion et avertit les hommes de ne pas vouloir avoir de commerce avec le Dragon dont la queue balaya un tiers des étoiles du ciel et les fit tomber sur la terre. »

82 – Les pères de l'Église ont toujours interprété les étoiles citées dans l'apocalypse comme étant le clergé et les étoiles qui sont balayées par la queue du Dragon indiqueraient le grand nombre des hommes d'Eglise qui sont tombés sous l'influence du Diable. Par cette indication discrète Jean-Paul II aurait trouvé une voie pour annoncer la grande apostasie prédite dans le troisième secret. C'était d'après Socci une révélation implicite du secret. C'est pourquoi on ne peut pas accuser le Vatican ou Jean-Paul II d'avoir menti en répondant oui à la question directe : « le troisième secret a-t-il été intégralement dévoilé ? Certains lecteurs objecteront qu'un homme normal n'agirait pas ainsi. Moi par contre je trouve cette hypothèse plausible.

Mgr Richard Williamson 83 – Nous avons une déclaration intéressante de Mgr. Richard Williamson de la fraternité Saint Pie X, qui avait mentionné récemment, qu'un monsignore de sa connaissance lui aurait raconté : le Pape lui aurait nommé deux choses qui lui pèseraient : la manière dont a été traité le secret de Fatima le 26 juin 2000 et l'échec des négociations avec Mgr. Lefebvre en 1988. En ce qui concerne Fatima, on lui aurait lié les mains. L'hypothèse de Socci est par cela confortée.

84 – Tous ceux qui sont familier de la Romanita vaticane ne repousseront pas si légèrement la probabilité d'une telle hypothèse. Et peut selon les circonstances travailler d'une manière très sage et délicate ou bien d'une manière rusée et évasive. La Romanita est la caractéristique d'une méthode de la diplomatie qui est de tout temps maîtresse de l'euphémisme. Elle est imbattable dans l'esquive des situations inconfortables. Elle ne dit jamais oui ou non. Elle répond aux questions par d'autres questions et échappe à des circonstances pénibles par son charme désarmant.

85 – Comme nous vivons à une époque, selon les mots de Paul VI, dans laquelle la fumée de Satan est entrée dans l'Église, nous devons nous attendre à ce que dans le Vatican postconciliaire, dans la plupart des cas, le conseil évangélique : « que votre oui soit oui et votre non soit non » (Matth. 5, 37) n'ait pas beaucoup de valeur.

86 - C'est une des raisons pour laquelle une revue traditionaliste, qui est beaucoup lue dans la curie, s'est nommée elle-même « Si, Si, No, No ! », traduit textuellement « Oui, Oui, Non, Non ! ». Essayer de retirer à une fonctionnaire du Vatican une réponse claire qui trahirait sa pensée réelle est le plus souvent une mission impossible.

87 – Deux exemples illustreront cela. Le Pape Jean-Paul II présida le 12 mars 2000, dans le cadre des festivités du nouveau millenium, les demandes de pardon. Il demanda au cardinal Ratzinger de lui rédiger une défense théologique de la demande de pardon. Bien qu'indubitablement le cardinal sortait du camp des progressistes il n'était visiblement pas d'accord avec le programme de « demande de pardon ».
88 – Selon les déclarations du vaticaniste Sandro Magister, un des journalistes de Rome les plus favorables à Ratzinger, le cardinal développa dans une document des arguments forts et précis contre la demande de pardon, les réponses annexées à ces arguments n'arrivèrent pas à leur hauteur, restèrent faibles et peu convainquantes. C'était une manière typiquement romaine de dire que l'on était pas d'accord avec la demande de pardon. Ratzinger n'osa pas bien sûr exprimer son opposition publiquement. Sans une clairvoyance spéciale au sujet de la manière de penser du cardinal on ne pourra pas comprendre son intention.
89 – Mais ce qui avait été imposé aux catholiques c'était le document « Se souvenir et se réconcilier » de la commission théologique internationale, un des papiers des plus ridicules et des plus malheureux jamais sorti du Vatican de l'après-concile. N'oublions pas que le président de la commission théologique est celui dont le premier devoir était de protéger l'intégralité de l'enseignement. Personne ne voudra accuser le cardinal de vertu héroïque, mais la façon d'agir illustre comment on travaille au Vatican.

90 – Au nom de l'obéissance — ou du moins sous un certain rapport de compromissions avec l'obéissance — le cardinal Ratzinger publia un document doctrinal qui conduit des millions de catholiques dans l'erreur.
   Il existe un autre triste exemple qui est tout autre qu'une remarquable intégrité, dont j'ai moi-même fait l'expérience.

Obéissez !

Soeur Lucie91 – Il y a quelques années j'appartenais à une communauté de l'ancien rite, qui après 1988 était à la recherche d'une possible reconnaissance de droit canonique. En janvier 1994 deux des nôtres voyagèrent à Rome pour discuter de cela dans le bureau de la commission apostolique Ecclesia Dei. Concernant la régularisation, notre voyage fut une vraie perte de temps, pas cependant quant à une inestimable expérience, qui me fit comprendre comment fonctionnait le Vatican.
92 – A un certain moment de notre conversation un monseigneur parlant anglais nous dit que nous étions tenu à l'obéissance. Point !. L'ordre serait-il mauvais, la faute ne retomberait pas sur nous, mais sur celui qui a donné l'ordre. Ce monseigneur prit cet aspect très au sérieux. Je n'en crus pas mes oreilles. Cette méthode d'obéissance aveugle soutenu par un fonctionnaire du Vatican signifierait bien que des ecclésiastiques et religieux catholiques — et aussi des fonctionnaires du Vatican — donnent des ordres qui nuisent à la foi et aux âmes.
93 – Leur responsabilité personnelle en cela ils la délèguent au donneur d'ordre. « Je ne suis que les consignes » ; « C'est la faute de mon supérieur, non la mienne ! ». La nouvelle messe, les servantes de messes, la funeste communion dans la main, les journées mondiales avec les païens — toutes ces attaques contre la foi catholique furent introduites au nom d'une obéissance qui est très éloignée de la vraie obéissance, et qui mérite le nom de lâcheté et servilité.
94 – Si l'on mène au Vatican une politique d'après ce modèle de procédé, qui est une caricature de l'affection filiale du catholique à ses supérieurs spirituels, alors il ne faut pas s 'étonner que ces anomalies officielles se déversent sans obstacles sur le monde catholique. Que cet exemple aide à comprendre l'hypothèse d'Antonio Socci sur le troisième secret et sa publication partielle.

95 – Le livre de Socci contient de nombreuses autres observations, dont la description détaillée dépasserait le cadre d'une discussion. Il parle, par exemple, de la pas très haute estime qu'avaient Jean XXIII et Paul VI de la voyante de Fatima. Aussi suppose-t-il que la partie encore dissimulée du secret pourrait contenir une grande crise de la foi et probablement aussi un avertissement au sujet du dernier concile (Vatican II).

96 – L'absurde interview que fit Mgr. Bertone le 17 novembre 2001 derrière des portes fermées avec soeur Lucie, après laquelle il affirma que soeur Lucie acquiesça à tout le document du 26 juin 2000, incita le Los Angeles Time au titre : « Un haut théologien du Vatican désenchante prudemment le culte de Fatima ».

97 – Antonio Socci pense que le texte non publié contiendrait probablement des avertissements concernant de grandes catastrophes naturelles. Au sujet de la consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie par l'épiscopat mondial, Socci soutient la thèse que cette condition reste encore à être réalisée. Ceci est visible par un simple coup d'oeil sur l'état décadent de la Russie.

98 – Nous ne pouvons que féliciter Socci pour son esprit sain et raisonnable que nous trouvons dans cette recension. Seuls des commentateurs absolument irréligieux ou ayant un cerveau mort peuvent s'obstiner à penser que la Russie d'aujourd'hui, qui s'enlise dans le divorce, l'avortement, l'activité des sectes et toutes sortes de péchés de la luxure, témoigne du triomphe promis du Coeur Immaculé de la Mère de Dieu.

99 – Le lecteur intéressé pourra trouver dans les 255 pages du livre original en italien encore beaucoup plus. Ayant été publié par un des plus grands éditeurs italien, le large débat au sujet de ce livre s'annonce très probable. Étant donné la grande diffusion il attisera de nouveau la discussion autour de Fatima. Ce livre fut discuté dans tous les quotidiens italiens. Il paraît qu'il provoquera un tremblement de terre au Vatican de force moyenne. Nous ne pouvons qu'espérer que le livre de Socci soit traduit dans d'autres langues le plus tôt possible.

(1) Texte traduit en français pour le site internet www.fatima.be , par M. Francis S.
► (2) John Venari est éditeur de la revue U.S.-américaine « Catholic Family News ».

Réactions sur ce livre :
• Article de M. Arnaud de Lassus — • Article de M. Yves Chiron — • Aricle de M. Laurent Morlier



Retour

Format texte


Accueil | Portugal | Les voyants | Apparitions | 3è Secret | Procès | Opposants | Pie X |
Pro-vie | Prières | Forum | Librairie | Livre d'or | Links | Dons | Guide

Site protégé par le Copyright ©