ANNÉE     2006 .
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PORTUGAL

EXHUMATION DES RESTES MORTELS DE SOEUR LUCIE, TRANSLATÉ DE COIMBRA À FATIMA

Soeur LucieLucie, la petite voyante de Fatima, a retrouvé dimanche ses cousins, les bienheureux Francisco et Jacinta, dans le sol sacré de la basilique de Fatima. Premières retrouvailles charnelles depuis 1919, année où le petit pâtre était mort, suivi, un an après, par sa soeur.

Un an après son décès, le 13 février 2005, la dépouille de soeur Lucie a donc été réunie à celle de ses bienheureux cousins, la veille de leur fête liturgique. Cet événement a eu un grand retentissement grâce à la présence des moyens de communications de chaque continent, ont pu y participer des centaines de milliers de fidèles.

Selon les dernières volontés de la voyante, son corps devait rester au moins un an auprès de ses soeurs carmélites, au cimetière du monastère ; puis il devait être transféré à Fatima, auprès de ses deux cousins.

Cercueil de soeur LuciePour célébrer convenablement ce moment extraordinaire, le Provincial du Portugal, le Père Pedro Ferreira, a invité à Fatima les Définiteurs et les Provinciaux d’Europe. Outre le Père Zdenko Krizié, Vicaire Général et le Père Luigi Geatani Définiteur, presque tous les Provinciaux invités sont venus. Dans la soirée du samedi 18 février a été célébré une Sainte Messe, réservée aux membres de la famille du Carmel, dans le cloître du monastère de Coimbra, près du lieu où la voyante avait été inhumée pour un an. Au début de la liturgie le Vicaire Général a lu la lettre que le Père Général, alors en Afrique, a envoyé pour la circonstance, en voici le texte :

« Très chères soeurs carmélites du monastère de Coimbra, très chers frères carmes, réunis le 18 février 2006, en la chapelle de Coimbra pour exhumer les restes mortels de notre soeur Lucie, qui seront transportés le jour suivant de Coimbra à Fatima : le Seigneur ressuscité, notre espérance, soit avec vous.

Il y a un an mourait la soeur Lucie, témoin du message de la Mère de Miséricorde de Fatima, après avoir vécu de nombreuses années au Carmel de Coimbra. Sa mort eut un écho non seulement dans l’Église et le peuple du Portugal, mais aussi dans l’Église universelle. Avec un sentiment cordial très particulier dans la famille du Carmel.Avec une intensité incomparable dans sa communauté de Coimbra.

Durant ce temps, sa mémoire loin de s’estomper, s’est maintenue vive, les fidèles invoquent l’intercession de sa bonté, et ont manifesté le désir de voir vénéré par une reconnaissance ecclésiale la sainteté de sa vie.

Cellule de soeur Lucie à CoimbraEn ce moment durant lequel les restes mortels seront transportés au Sanctuaire de Fatima, au lieu du message marial, aux côtés de François et de Jacinthe, la famille du Carmel se sent de nouveau unie autour de sa mémoire, veut accompagner spirituellement la translation de ses restes, et entoure avec gratitude et affection la communauté de nos soeurs de Coimbra.

Sans doute son corps aurait pu reposer aussi dans la chapelle ou dans le jardin du monastère de Coimbra, là où elle a prié, travaillé, chanté et aimé. Là aussi le message de Fatima de prière, d’entraide et de compassion a été vécue jour après jour avec la plus grande simplicité et un grand naturel. Cela aurait été plein de sens, cela aurait montré de plus près le mode de vie avec lequel elle réalisa personnellement la mission reçue. Mais nous acceptons que soeur Lucie appartienne pour toujours à Fatima, au lieu marial, où reposent les restes de ses deux cousins germains qui partagèrent l’extraordinaire expérience, le lieu qui est à l’origine de tout, et aussi d’une certaine manière de sa vocation carmélitaine.

À vous spécialement, nos soeurs de la communauté de Coimbra, je vous demande ce détachement final. Sachant, sans doute, que par ce détachement généreux vous avez la bénédiction de votre soeur Lucie et l’assurance de sa présence spirituelle encore plus claire.
Votre communauté porte le témoignage permanent de sa vie. Rien ni personne ne peut se substituer à ce témoignage. Là on garde le trésor de ses notes, écrits et souvenirs, vous en gardez une vive mémoire entre vous, la voix silencieuse de son esprit si simplement évangélique et humain.
Elle qui, fidèle au message d’amour de Fatima, vécut pour l’Église et pour le monde entier, le fit au Carmel Thérésien, dont le charisme embrasse expressément et ardemment l’Église et l’humanité. Elle l’a aimé comme sa maison et sa famille pour toujours, d’une manière concrète et incarnée. Elle nous a eus véritablement comme soeurs et frères.

Caveau de soeur Lucie à la BasiliqueSa fidélité fraternelle est pour nous une invitation à notre propre fidélité généreuse dans notre vocation. Nous la sentons comme un souffle intérieur de l’Esprit Pour cela nous l’accueillons toujours avec reconnaissance et joie. »

Après la Célébration Eucharistique les moniales se sont entretenues avec les Pères leur montrant les lieux et les souvenirs de soeur Lucie.

Le jour suivant, dimanche 19 février 2006, a été célébrée une seconde Messe, dans l’église du monastère, présidée par l’évêque de Coimbra, Mgr Albino Cleto, avec la participation d’autres évêques et des Pères Carmes. La dépouille a ensuite pris la route pour le Sanctuaire de Fatima. Dans l’après-midi, devant une multitude de personnes et ce malgré des averses continuelles, la dépouille de Lucie est accueillie et saluée sur la vaste place du Sanctuaire de Fatima, devant la petite Chapelle des apparitions, le temps d'un chapelet. Une quinzaine d’évêques et une centaine de prêtres ont célébré la messe sur l'esplanade avec l’évêque de Leiria-Fatima, Mgr.Serafim Ferreira devant des dizaines de milliers de fidèles venus non seulement du Portugal, mais aussi d’Autriche, de Croatie, d’Espagne, des Etats-Unis, de France, d’Irlande, d’Italie, de Pologne, du Royaume-Uni, etc... Pour finir les restes mortels ont été transportés à l’intérieur du Sanctuaire et ensevelis à côtés de ceux de la Bienheureuse Jacinthe. Maintenant les trois petits bergers reposent ensemble.

Quelle émotion de voir la fidèle messagère de Notre-Dame précéder ainsi sa Reine ! Au moment de la messe, une tornade s'abattit sur la région, avec des trombes d'eau. Signe, figuratif ? Dieu le sait, mais tout le monde remarqua l'arc-en-ciel qui s'éleva dans le ciel, lorsque le cercueil de soeur Lucie fut porté à l'intérieur de la basilique.

À la fin de la cérémonie, soeur Lucie est passée une dernière fois parmi les mouchoirs blancs qu’agitaient les fidèles. Puis son corps a été descendu dans le caveau qui lui était destiné dans le choeur de la basilique, aux côtés de sa cousine.

Immédiatement après la translation de soeur Lucie, a eu lieu, dans le voisinage de l’Église du monastère de Fatima, la bénédiction et la pose de la Première Pierre de la future « Domus Carmeli » et du nouveau monastère de Fatima. Etaient présents les moniales, diverses autorités civiles et religieuses, professionnels, bienfaiteurs, amis et simples ouvriers.

Pierre tombale de soeur Lucie à la BasiliqueLe Provincial, le Père Pedro Ferreira, a adressé ces paroles aux personnes présentes : « La Domus Carmeli est un Centre Marial International pour l’Ordre des Carmes Déchaux. Il est destiné en premier lieu à alimenter et rénover le charisme marial de l’Ordre. Ce projet est né d’une proposition faite par le Centre de l’Ordre aux Provinces du Portugal. Nous sommes ici pour donner une solennité à ses débuts et pour implorer de Dieu sa bénédiction. L’édifice se compose d’un espace réservé à une communauté résidente, comportant 8 cellules, et d’un autre destiné à l’accueil, avec 50 cellules à deux lits. Il y aura une chapelle à usage interne, des salles de conférence et des lieux de services pour les diverses activités de formation. L’édifice de la Domus Carmeli aura 4 étages : celui sous terre sert de garage, celui de plein- pied pour les activités en commun, le premier et le second étages sont destinés aux chambres. Le tout fait 1662 m² . La finalité de cette maison est d’entreprendre des activités pour la promotion de la spiritualité carmélitaine- pour religieux, religieuses et laïcs- dans une optique mariale. On désire que le Sanctuaire de Fatima soit le centre et la source inspiratrice de ce renouveau du charisme marial, par dessus- tout par l’exercice du ministère de la pénitence et une vie de prière qui sont les premières et habituelles activités de la communauté résidente. (…) Nous serons accueillis dans cette Domus Carmeli quand nous ressentons le besoin d’un saint repos et que nous sommes à la recherche de la volonté de Dieu. (…)
Le grain de froment (soeur Lucie) qu’aujourd’hui nous avons mis en terre dans la Basilique, germe déjà dans ce « quartier » carmélitain. Nous croyons à cela et pour ce motif nous sommes ici aujourd’hui, nous vous remercions pour votre présence et pour la force de votre amitié et de votre prière.
Les Soeurs Carmélites sont aujourd’hui unies à leurs frères pour la bénédiction de la première pierre du nouveau Carmel. En ces temps où fréquemment les Carmels se réunissent pour décider de la fermeture d’une Maison par manque de vocations, ce Carmel, enrichi de jeunes vocations qui annoncent un futur prometteur, a décidé de construire un nouveau monastère parce que l’actuel est ancien et que la restructuration serait plus coûteuse que la construction d’un nouveau. Nous apprécions leur décision, qui signifie renoncer à leur cher monastère, et pour avoir espéré contre toute prévision humaine. La première pierre de ce monastère a été posée le 15 septembre 1937. (…) 75 soeurs ont fait profession dans ce monastère. Dans ce lieu ont été ordonnés des évêques et des prêtres. J’ai été le dernier à être ordonné ici. Au nom de toutes ces personnes je demande que cette chapelle soit conservée même après la construction du nouveau monastère, afin que cet espace sacré continue à être un lieu de prière, un petit ermitage pour les moniales qui prient et se sacrifient avant tout pour les prêtres ».

Eut lieu ensuite la Bénédiction des pierres par l’évêque de Leiria, qui a voulu souligner par sa présence et ses paroles l’importance pour Fatima de cette entreprise de la part de l’Ordre. Fatima, a-t-il dit, a besoin de la présence du Carmel.D’une présence toujours plus significative et de qualifiée.

Derrière les pieux pronostics des fidèles qui espèrent voir soeur Lucie rejoindre ses cousins sur les autels, transparaît une réalité : celle de la fin de l’histoire des apparitions de Fatima, alors que le sanctuaire s’apprête à en fêter, l’année prochaine, le quatre-vingt-dixième anniversaire. Mais est-ce réellement la fin d’une histoire ? Le message délivré par la Vierge aux trois petits pastoureaux de Fatima est loin en effet d’être dépassé.

Cet appel à la conversion est toujours d’actualité. Et ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas uniquement de la conversion de la Russie, mais bien de la nôtre, et de celle de tous les pauvres pécheurs.

Ayant rejoint celle qui l’avait choisie comme messagère, nul doute que soeur Lucie nous soit, avec ses cousins, une aide efficace pour comprendre ce message. — (diverses sourses : « Résurrection » n° 45, avril 2006, p. 34 — « Présent » n° 6029 du mardi 21 février 2006, p. 2 — « Maison générale des Carmes déchaux » communiqué n° 56 du 1er mars 2006)



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