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| ANNÉE 2005 | . | |||||||||
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L'AVEU Lettre ouverte de M. l’abbé Sélégny |
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Monseigneur, Le 1er septembre dernier, vous m’adressiez une lettre pour expliquer les « événements du 22 août 2005 », selon votre point de vue. Vous annonciez d’ailleurs qu’elle était destinée à répondre aux lettres que vous receviez, disiez-vous, des fidèles qui ont participé au pèlerinage organisé par la Fraternité cet été à Fatima. Votre courrier étant maintenant sur Internet, je me vois obligé de vous adresser cette lettre ouverte. Vous écrivez au sujet du groupe des hindous que « au contraire de votre groupe, ils avaient eu le souci de nous contacter à l’avance, bien que de façon très légère ». Mais vous avouez par ailleurs que, à la suite de mon e-mail, vous avez eu « un entretien, fraternel et agréable, avec votre Père Daniel, de Lisbonne, venu me parler en date du 13 juillet 2005 ». Il me semble que le souci de vous avertir à l’avance a été plus que “léger”. D’autant que, au cours de cet entretien d’une heure, tous les aspects de notre venue ont été abordés. Je me permets de vous rappeler que, lors de notre précédent pèlerinage, en 1997, vous aviez pareillement rencontré le responsable d’alors, M. l’abbé Labouche. A l’époque, un seul entretien avait suffi et aucune lettre d’autorisation n’avait été donnée. Et tout s’était — à peu près — bien passé. Je vous rappelle également que, durant l’entretien du 13 juillet, M. l’abbé Maret (prieur de Lisbonne) vous a, à votre demande, exposé nos desiderata. Vous avez émis des objections, et, après qu’il eût rectifié les horaires proposés, vous avez laissé le silence lui dire ce que vous pensiez. ... Dans le message qu’il envoya le jour même à ses supérieurs, il expliquait que le créneau de 13 h 30 à 14 h 30 nous était concédé, c’est du moins ce qui ressortait de l’entretien. Vous admettez dans votre lettre l’horaire de 13 h 30, mais vous refusez celui de 14 h 30. Y a-t-il eu erreur ? Ou malentendu ? C’est possible. Mais notre confrère, au sujet d’une demande — exorbitante, soit dit en passant — exprimée au cours de cette conversation, vous envoyait le 5 août une lettre précisant le programme de nos prières à la Capelhina, et vous l’avez interprétée « comme une décision de nous en tenir à des prières privées ». Vous me pardonnerez, mais n’y a-t-il pas là une mémoire défaillante ou une certaine dose de mauvaise foi ? puisque c’était la condition que vous aviez vous-même posée pour nous laisser entrer sur le territoire du sanctuaire ? Depuis quand la réalisation d’une condition estelle interprétée comme une volonté de ne pas faire ce qui est ainsi conditionné ? Ce qui me paraît le plus remarquable dans votre lettre, c’est ce que vous taisez. En effet, vous écrivez que si nous avions fait silence « quelques secondes avant 14 h 00, rien de désagréable ne se serait passé ». Ce qui veut dire que, jusqu’à 14 h 00, nous étions tolérés à la Capelhina. Notre procession est arrivée sur l’esplanade vers 13 h 20, et à 13 h 30, comme nous vous l’avions annoncé, nous nous présentions devant les lieux de l’apparition. Or, à 13 h 25, une ouverture permettait d’accéder à la Capelhina, mais quelques instants plus tard, 3 ou 4 gardiens du Sanctuaire fermaient l’accès au moyen d’une barrière, juste devant les premiers pèlerins. Or il n’était pas encore 14 heures… D’où venait l’ordre de nous arrêter ainsi et d’interdire l’entrée ? Avec un prêtre parlant portugais, je tâchais de parlementer. Je demandais en particulier qu’ils aient la bonté de vous appeler. Rien n’y fit. Ils réclamaient un papier, dont il n’a jamais été question, ni en 1997, ni en juillet de cette année. J’insistais. Puis, alors que les 2 400 pèlerins, venus des quatre coins du monde et ayant fait pour la plupart des milliers de kilomètres, étaient tous arrivés sur l’esplanade, je demandais : « Et que faisons-nous avec tous les pèlerins ? » Deux réponses me furent données : « Vous restez sur place » ou encore « Vous retournez ». Vous conviendrez que les hindous ont mieux été traités que nous. En effet, vous avouez : « Le ministre hindou n’est monté au presbytère de la Capelhina que par une mal comprise bienveillance du garde de service, habitué à ouvrir aux personnages ecclésiastiques, habillés pareillement ». Mais à 2 400 pèlerins catholiques, dont 80 ecclésiastiques portant soutanes, les gardes refusent l’accès. Nous n’avons eu d’autre solution que de pousser la barrière et les gardiens se sont alors retirés, bien soulagés semble-t-il, de cette issue. Cet épisode cadre mal, vous l’avouerez, avec votre affirmation citée plus haut. Car je ne pense pas que les gardiens aient pris sur eux de nous arrêter ainsi. Il y a eu ensuite l’intermède des aspirateurs, sur lequel je glisse. Arriva l’heure fatidique de 14 h. « Voyant pourtant que vous persistiez après 14 heures, ce fut à grand regret, car je n’aime pas les conflits, que j’ai dû quand même donner aux Sœurs de la Réparation l’ordre de commencer leur prière, même au risque d’interrompre la vôtre », avouez-vous encore. Mais durant cette demi-heure, vous n’êtes pas venu constater par vous-même, vous n’avez pas cherché à éviter le “conflit” en vous présentant pour discuter. J’étais d’ailleurs à votre entière disposition. Mais le conflit, en fait, vous l’aviez déjà déclenché par l’interdiction d’entrer. Vous mentionnez aussi l’incident, regrettable je l’admets, d’un ecclésiastique ayant cherché à s’introduire dans le sanctuaire de la Capelhina. Il n’est pas, comme vous l’imaginez, de notre Société, mais il participait il est vrai à notre pèlerinage. Je ferai simplement remarquer que d’une part, l’accueil que nous avons reçu pouvait exaspérer certains caractères, et d’autre part, que nous sommes également intervenu sur le champ pour régler ce problème. Je me permets de vous signaler que, dans les moments qui ont suivi, l’un des prêtres du sanctuaire a d’ailleurs brutalisé l’un des membres de notre service d’ordre qui ne faisait rien d’autre que de ramener le calme. « En plus, voyant que votre persistance créait une situation d’affrontement des deux groupes (en prière de réparation !) j’ai dû prendre à la hâte le moyen qui m’a paru le seul capable d’être efficace, et moins agressif, à la fois pour vous, pour les autres pèlerins et les habitants de Fatima. » Vous n’indiquez pas le moyen employé, mais vous avouez encore par cette phrase, que c’est vous-même qui avez pris la décision de charmer les oreilles par une musique mise à toute puissance dans les haut-parleurs du Sanctuaire pouvant porter à des kilomètres, sans indiquer d’ailleurs pourquoi, votre phrase restant inachevée. Serait-ce pour séparer les deux groupes ? Mais à ce moment il n’y en avait plus qu’un, les Sœurs s’étant retirées. Et dans quelle mesure la musique pouvait-elle les séparer ? Malgré vos propos : « Je vous prie de croire qu’il n’existe en moi aucune volonté de vengeance », la plupart des pèlerins présents, qui récitaient pacifiquement le chapelet, à genoux devant Notre-Dame, n’ont pu que difficilement se retenir de penser le contraire. Je vous remercie toutefois de cette belle aubade qui a accompagné une sortie triomphale sous les yeux étonnés des autres pèlerins. Elle restera dans l’histoire du Sanctuaire. Vous avez la gentillesse d’ajouter : « D’ailleurs, étant donné votre situation canonique, j’aurais pu, en toute objectivité, vous accuser à mon tour de sacrilège et de blasphème. » Monseigneur, je pense que cette pensée fera le tour du monde. Deux mille pèlerins catholiques sont accusés de blasphème, parce qu’ils veulent réparer l’affront fait à Notre Dame par des hindous, accueillis, eux, dans le sanctuaire de la Capelhina. Permettez-moi de vous le dire bien franchement, dans toute cette affaire vous confondez constamment l’objectif et le subjectif. Votre manière de considérer la venue des hindous est d’ailleurs caractéristique : « Elle n’a pas eu du tout quelque rapport que ce soit avec le congrès d’octobre 2003. Le ministre hindou n’est monté au presbytère de la Capelhina que par une mal comprise bienveillance du garde de service, habitué à ouvrir aux personnages ecclésiastiques, habillés pareillement. Le responsable hindou m’a confié après que leur ministre n’avait pas du tout l’intention de monter au presbytère, et je le crois. Moi-même sachant qu’il s’agissait d’une visite privée, bien qu’en groupe, je n’ai pas eu d’intérêt à les accompagner, et si j’y ai envoyé sur le moment un de nos chapelains, ce fut seulement parce qu’une chaîne de télévision s’était annoncé. En ce qui concerne l’écharpe qui nous a été remise sur les épaules, à Mgr l’Evêque et moi, dans une salle de la Reitoria, loin de la Capelhina, j’ai pris cela comme un geste d’amitié, non prévu comme presque tout le reste, et sans aucune seconde intention de leur part. Fallait-il en faire un drame de sacrilège ? Je reconnais que les circonstances ayant changé (En quoi ont-elles changé, si ce n’est que notre action a rendu la situation plus claire ?), il faudra à l’avenir être plus attentif. Nous savons d’ailleurs combien il est difficile de conjuguer la prudence et la simplicité que le Seigneur nous conseille. Mais il faut aussi remarquer que, au contraire de votre groupe, ils avaient eu le souci de nous contacter à l’avance, bien que de façon très légère. Ils ont donc été courtois, et sont venus en amis, au moins en apparence, que je veux encore croire sincère. Et si oui, leur prière a-t-elle été un fruit de la haine envers notre Dieu ? » Je vous répondrai, Monseigneur, par deux citations de l’Ecriture sainte : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (Luc, 11, 23), et « Tous les dieux des gentils sont des démons » (Ps. 96, 5). Ce n’est pas moi qui parle, c’est le Saint Esprit. Ainsi, ce culte étranger est le fruit de la haine du démon envers notre Dieu, que vous le vouliez ou non, que les hindous présents aient eu de mauvaises intentions ou non. Et si un meurtre avait été commis dans la Capelhina — ce qu’à Dieu ne plaise — vous devriez faire la cérémonie de réconciliation prévue par l’Eglise, quels que soient vos sentiments vis-à-vis du meurtrier. Il y a eu profanation, mais parce que vous ne vous sentez pas coupable, vous estimez que l’on ne doit rien faire. Libre à vous, mais dans ce cas, ne vous étonnez pas que les pierres veuillent crier (Luc, 19, 40). Je n’en dirai pas plus, quoique vos accusations mériteraient de plus amples réfutations. Mais j’ajouterai pour terminer que nous avons tout de même été très étonnés que les directives envoyées de Rome et qui demandaient que nous puissions faire notre pèlerinage dans la paix aient ainsi été négligées par le Recteur du Sanctuaire. Veuillez croire à ma prière sacerdotale. Abbé Arnaud Sélégny
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