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| ANNÉE 2005 | . | |||||||||
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PORTUGAL ET COMMENT VA FATIMA ? |
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Un petit séjour à Fatima en juillet nous aura permis, une nouvelle fois, de prendre la « température » du sanctuaire, sur fond de polémiques qui perdurent à propos de l’église de la Très Sainte-Trinité, en construction, et du passage d’un groupe hindou à la Capelinha (chapelle des apparitions) l’an dernier. Du point de vue local, deux grands événements sont intervenus depuis notre dernière visite en 2004 : d’une part, la mort de soeur Lucie et celle de Jean-Paul II peu après (les Portugais aiment visiblement lier les disparitions de ces deux êtres qui ont à l’évidence été si proches), et d’autre part l’élection de Benoît XVI.
Cela dit, les successives mises au point, du recteur Luciano Guerra ou des évêques de Leiria-Fatima ou de Lisbonne, ont montré par leur ton et leur netteté croissante la volonté d’éliminer vraiment toute ambiguïté. L’ambiguïté du congrès d’octobre 2003, autour du cardinal Kasper, au cours duquel avait été lancée l’idée que Fatima devait devenir un lieu de rencontre des religions. Si c’était vraiment un ballon d’essai, on peut dire qu’il a échoué. Et les protestations nombreuses, même si elles ont attribué aux responsables du sanctuaire des intentions qu’ils n’avaient pas véritablement, auront provoqué une clarification du discours et un rappel fréquent de l’invitation de l’Ange aux pastoureaux de dire souvent cette prière : « Très Sainte-Trinité, je crois, j’espère, je vous adore et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’espèrent pas, qui n’adorent pas et ne vous aiment pas. » Rappelons que la Fraternité Saint-Pie X organise pour le 15 août un pèlerinage de réparation après le passage d’un groupe hindou dont le « prêtre » avait pu accéder au petit autel de la Capelinha, et qui y avait chanté des « chants de paix ». Profanation, sacrilège, ou seulement signe visible de l’imprudence devant ces visites inévitables de groupes que l’on n’a pas su canaliser : quoi qu’il en soit au fond dans l’esprit des responsables du sanctuaire, il est clair là encore que les images de l’événement ont à juste titre « interpellé » un grand nombre de personnes. Et sur place, l’on parle avec satisfaction de la prudence qui s’oppose désormais officiellement à ce genre de sollicitations. Des changements sont par ailleurs attendus à Fatima, le recteur actuel ayant dépassé l’âge de la retraite. Le Vatican, dit-on, suit de très près la nomination du futur nouveau recteur ; il serait question de donner une plus grande importance au diocèse qui pourrait prendre le nom de Fatima-Leiria (et non l’inverse comme aujourd’hui), tout cela pour tenir compte de la dimension mondiale de ce sanctuaire marial. L’élection de Benoît XVI a encore mis fin aux espoirs sans doute prématurés des Portugais qui avaient imaginé voir Jean-Paul II venir à Fatima en mai 2005, pour canoniser les bienheureux François et Jacinta. Le style du nouveau pontificat fait penser désormais à un délai bien plus long, si le procès, ouvert en octobre dernier, doit un jour aboutir. On raconte encore (de bonne source !) que soeur Lucie, avant de mourir, avait transmis aux évêques du Portugal des prières à réciter publiquement pour prévenir les malheurs et catastrophes naturelles et y répondre. Malgré la sécheresse (et les incendies ravageurs) frappant le pays, qui sombre dans une discrète misère maintenant que l’Union européenne a tourné ses regards et ses subventions vers les pays de l’Est, on n’en entend pas parler. D’un autre côté, l’on remarque une sorte d’approfondissement du message de Fatima, davantage répandu, répété dans le sanctuaire, avec des panneaux affichant l’appel à la prière, à la pénitence et aux sacrifices de réparation que la Sainte Vierge avait invité les petits bergers à accepter librement. Le thème de l’année, « Tu ne tueras pas », amène les prédicateurs à aborder les questions de l’euthanasie, de l’avortement, du suicide, du respect de la vie en général, et ce au cours des gigantesques pèlerinages de l’été comme lors des célébrations moins fréquentées. Enfin, l’année de l’Eucharistie donne lieu à des rappels doctrinaux et à des manifestations précises, comme le Salut du Saint-Sacrement, porté en procession à la place de la statue de la Vierge de Fatima, les jeudi soirs. Treize panneaux bien visibles tout autour de la grande esplanade, aujourd’hui barrée par le chantier de la nouvelle église souterraine, prennent des allures de bref catéchisme eucharistique. On y lit par exemple, tiré du Catéchisme de l’Eglise catholique (nous traduisons tous ces textes du portugais) : « La Messe est en même temps, et de façon inséparable, le mémorial sacrificiel où se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion du Corps et du Sang du Christ. Le sacrifice du Christ et le sacrifice de l’Eucharistie sont un unique sacrifice. » Le concile de Trente n’est pas oublié, qui est ainsi cité : « Par la consécration du pain et du vain s’opère la conversion de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ Notre Seigneur, et de toute la substance du vin en la substance de son Sang. L’Eglise catholique appelle cette transformation, de façon convenable et appropriée, transsubstantiation. » La plupart des autres panneaux font référence aux textes de Jean- Paul II annonçant et accompagnant l’année eucharistique : — Chaque fois que nous répétons le geste du Christ à la Dernière Cène, pour accomplir son commandement : « Faites ceci en mémoire de Moi », nous accueillons en même temps l’invitation que nous adresse Marie à obéir à son Fils sans hésitation : « Faites tout ce qu’Il vous dira » (Ecclesia de Eucharistia). Que l’adoration eucharistique en dehors de la Messe devienne, pendant cette année eucharistique, un engagement spécial au sein des diverses communautés religieuses et paroissiales. Demeurons longuement prosternés devant Jésus présent dans l’Eucharistie, en réparant avec notre foi et notre amour les négligences, les oublis et jusqu’aux outrages que notre Sauveur se voit obligé à supporter dans tant d’endroits du monde (Mane Nobiscum). — Jeanne Smits — (Source : « Présent », samedi 6 août 2005, page 8)
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