ANNÉE     2005 .
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TROISIÈME SECRET

FATIMA SOUS SCELLÉS

À peine informé du décès de Sœur Lucie de Fatima, le 13 février 2005, le cardinal Ratzinger a ordonné que sa cellule soit scellée avant d’être passée au crible par une équipe de théologiens et de prélats envoyés de Rome avec mission de couper court à toutes les tentations “visionnaristes” qui reviennent sans cesse sur la question du fameux “Troisième Secret”.

A en croire l’évêque de Coïmbre, c’est dans cette cellule que Soeur Lucie « aurait eu » d’autres apparitions. C’est là qu’elle tenait son journal et qu’elle écrivait au pape des lettres où elle exposait ses “intuitions mystiques.”

Affirmation qui tire au journaliste ita­lien Vittorio Messori, auteur de la fameuse interview de Jean-Paul Il publiée sous le titre « Entrez dans l’espérance », une étrange double néga­tion « Mgr Ratzinger n’a pas dit que ces pages ne finiraient pas enfermées pour toujours dans une section inaccessible des archives secrète du Vatican. »

Pourquoi soumettre au contrôle pointilleux d’une équipe d’experts de confiance le contenu des modestes archives personnelles de la religieuse ? Elle-même, à en croi­re les propos que lui a prétés Mgr Ratzinger en juin 2000, n’a pas ces­sé de répéter qu’elle n’avait rien de nouveau à dire sur les apparitions que la conversion de la Russie avait bien été effectuée conformément à la volonté de la Sainte Vierge et de Son Fils et que le troisième secret, tel qu’il fut révélé le 26 juin 2000, était bien celui qu’elle avait conservé pendant quatre-vingt trois ans.
Sinon pour ne pas se trouver confron­té aux nombreux experts qui doutent de la véracité de ces affirmations en remarquant que chacune des décla­rations vérifiables de la religieuse était précédée d’une sorte d’avertisse­ment signalant qu’elle ne parlait que “par obéissance”...

D’autre part, on s’interroge sur la nécessité de poser les scellés sur la porte d’une cellule de moniale, espace restreint et austère qui peut être totalement vidé en quelques minutes. Croit-on que Soeur Lucie aurait dissimulé quelque secret dans l’espoir qu’il échapperait aux net­toyeurs ?

En tout cas, la procédure inhabituelle imposée par Mgr Ratzinger va avoir pour effet de relancer les interroga­tions et les discussion sur ce troisiè­me secret dont la version présentée le 26 juin 2000 par le même Ratzinger n’était à l’évidence qu’une tentative d’ailleurs bizarrement maladroite de dissuader les curieux de tenter d’en savoir plus.

En août 1984, en effet, le cardinal Rat­zinger avait accordé à Vittorio Messori un entretien autour du secret qui ne présageait en rien du contenu finale­ment rendu publique.

— Cardinal Ratzinger, avez-vous lu ce qu’on appelle le troisième secret de Fatima ?
— Oui, je l’ai lu.
— Pourquoi n’est-il pas révélé ?
— Parce que, selon le jugement des papes, cela n’ajoute rien d’autre à ce qu’un chrétien doit savoir de la Révé­lation un appel radical à la conver­sion, la gravité absolue de l’Histoire, les périls qui menacent la foi et la vie du chrétien, et donc du monde, et puis l’importance des derniers temps. Si on ne le publie pas, du moins pour le moment, c’est pour éviter de voir confondre la prophétie religieuse avec le sensationnalisme. Mais les choses contenues dans ce troisième secret correspondent à ce qu’annonce l’Ecri­ture et sont confirmées par beaucoup d’autres apparitions mariales...

Ces propos devaient être censurés dans la réédition de l’entretien, mais le 26 juin 2000, au moment de la “révéla­tion” d’un texte présenté comme celui du secret, il devint évident que ce qu’on livrait aux fidèles n’avait rien à voir avec ce qu’avait dit Ratzinger seize ans plus tôt ni d’ailleurs avec les deux premières parties du message marial.

Il est donc certain que le secret est res­té scellé comme la cellule de Soeur Lucie. Et que, même dans la mort, celle-ci restera bâillonnée et cloîtrée par celui qui lui avait, au nom de l’obéissance, imposé le silence et la réclusion. Serait-ce que les révéla­tions de Notre-Dame de Fatima sont terribles au point de contraindre un Prince de l’Eglise à un mensonge aus­si entêté que voyant ? — (Source : « Le Libre Journal » n° 343 du 22 février 2005, page 12).



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