ANNÉE     2004 .
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UN NOUVEAU CHAPITRE DES

« MERVEILLES DE FATIMA » ?

Peut-être ne devrions-nous plus nous étonner. Si dans l'« Église » moderniste, il n'y a plus de respect pour Jésus-Christ, pourquoi devrions-nous en attendre à l'égard de sa très sainte Mère ? Et pourtant cette fois, la limite a été largement franchie !
Encore une fois Fatima est dans le collimateur. Cela n'a pas été suffisant d'occulter le troisième secret, d'en déformer le contenu, d'étouffer ce merveilleux message, ô combien pressant, signe du souci de Dieu pour nous, pauvres pêcheurs... À présent, on veut aussi profaner le sanctuaire de Fatima !

Une déclaration malheureuse

Commençons le récit de cette abomination par la malheureuse (vous allez vite comprendre pourquoi) affirmation, rapportée par Portugal News, faite Par Mgr Guerra, Recteur du Sanctuaire de Fatima : « Le futur de Fatima, l'adoration de Dieu et de Sa Mère [sic !] dans ce Sanctuaire, doit passer par la création d'un sanctuaire dans lequel les différentes religions puissent cohabiter. Le dialogue religieux au Portugal, et dans l'Église catholique, est encore à un stade embryonnaire, mais le Sanctuaire de Fatima n'est pas indifférent à cela, et il est déjà disposé à devenir lieu universel de vocation ». Portugal News continue : « Mgr Guerra a fait remarquer qu'il y a un fait qui montre que le Sanctuaire doit s'ouvrir à la cohabitation de différentes fois et croyances : la constatation que Fatima est le nom de la fille de Mahomet ». Déclaration confirmée dans Noticias de Fatima : « Je pense que l'on peut croire que c'est expressément la raison pour laquelle Notre-Dame a choisi Fatima... Le nom "Fatima" indique l'ouverture à la coexistence dé fois différentes dans ce sanctuaire ».

Après des semaines de protestations et d'oppositions à l'édification d'un sanctuaire interreligieux à Fatima, Mgr Fitzgerald, Préfet du Conseil pour le Dialogue Interreligieux, a déclaré à The Universe qu'il n'y a eu aucune controverse autour du projet de faire du Sanctuaire de Fatima un centre de pèlerinages interreligieux. Mgr Fitzgerald, toutefois, ne s'est soucié de démentir ni les déclarations du Recteur du Sanctuaire, Mgr Guerra (encore moins de le démettre de ses fonctions ou de prendre d'autres dispositions), ni ses propres déclarations, ni celles du jésuite Dupuis prononcées pendant le congrès interreligieux qui s'est tenu à Fatima du 10 au 12 octobre 2003 au Centre Pastoral Paul VI, congrès intitulé « Le Présent de l'Homme — Le Futur de Dieu : le Lieu des Sanctuaires en relation avec le Sacré » (1).

Il nous faut donc nous arrêter sur ce nouveau chapitre, qui vient hélas s'ajouter aux « merveilles de Fatima ».

Un congrès « grand style »

À ce congrès interreligieux ont participé des représentants des différentes religions mondiales, chacun proposant sa propre réflexion sur l'importance des sanctuaires dans les « traditions religieuses » respectives. Après Assise, tout le monde se sent autorisé, et se sent même le devoir de continuer ces rencontres interreligieuses ! Et ce congrès a bel et bien eu une autorisation ; il suffira de savoir que pour l'Église catholique sont intervenus l'Évêque de Leira-Fatima, dom Serafim de Sousa Ferriera e Silva, le card. Patriarche de Lisbonne, S.E. José da Cruz Policarpo, le tristement célèbre théologien belge Jacques Dupuis S.J.(2) et, au cours de la dernière journée, l'archevêque Michael J. Fitzgerald, Préfet du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, que nous venons de mentionner. Étaient également présents d'autres représentants du monde catholique, parmi lesquels divers Évêques du Portugal, et Mgr Guerra. Un congrès « grand style », donc, avec la bénédiction de « Rome » par le biais de la présence de Mgr Fitzgerald.

John Vennari, qui collabore à différentes revues de la résistance catholique américaine (dont Fatima Crusader et The Remnanf), était lui aussi présent à ce congrès, ce qui nous fournit un précieux témoignage. Vennari s'est toutefois limité aux interventions du jésuite Dupuis et de Mgr Fitzgerald, faites en langue anglaise ; les autres interventions étaient en portugais, langue que Vennari ne connaît pas.

Un horrible dogme !

La thèse centrale de l'intervention du jésuite Dupuis est que toutes les religions sont voulues positivement par Dieu. Vennari atteste qu'il s'agit d'une affirmation apertis verbis, contrairement à la technique néomoderniste habituelle, qui consiste à laisser entendre sans jamais rien affirmer explicitement. Dupuis, en effet, a explicitement dit que « le Saint-Esprit est présent et agissant dans les livres sacrés de l'Hindouisme ou du Bouddhisme », que l'objectif du dialogue n'est pas de convertir, mais de faire en sorte que « le Chrétien devienne un meilleur chrétien, que l'hindouiste devienne un meilleur hindouiste... ». Et, bien conscient qu'il contredit ainsi l'enseignement catholique selon lequel extra Ecclesiam nulla salus, il a conclu son intervention de la façon suivante : « II est inutile de rappeler cet horrible texte du Concile de Florence de 1442 ». Nous rapportons ici «  l'horrible texte » : « La Sainte Eglise Romaine... croit fermement, professe et annonce que "ceux qui sont hors de l'Église catholique, non seulement les païens mais aussi les juifs ou les hérétiques et les schismatiques, ne pourront obtenir la vie éternelle, mais iront au feu éternel, "préparé pour le diable et ses anges " (Matthieu XXV, 41) si avant leur mort ils ne se sont pas unis à elle ; [elle croit] que l'unité du corps de l'Église est si importante, que ce n'est qu'à ceux qui persévèrent en elle que les sacrements de l'Église procurent le salut, et que les jeûnes, les aumônes et les autres œuvres de piété et les exercices de la milice chrétienne obtiennent la récompense éternelle. "Personne, quelque nombreuses qu'aient été ses aumônes, et même en ayant versé son sang pour le nom du Christ, ne peut se sauver, s'il n'est demeuré dans le sein et dans l'unité de l'Église catholique".

Cet « horrible enseignement » avait été prononcé, sept cents ans plus tôt, par Grégoire II lui aussi : « Ceux qui ne sont pas ou n'auront pas été dans l'Église catholique, ou qui se sont ou se seront éloignés d'elle, seront punis de sentence de damnation éternelle... ». La même « horrible » chose fut affirmée par le pape Innocent III à l'Archevêque de Taragone : « Nous croyons de tout cœur et professons par notre bouche une seule Église, non pas d'hérétiques, mais l'Église sainte romaine, catholique et apostolique, hors de laquelle nous croyons que personne ne se sauve ». La définition IVème Concile de Latran est elle aussi sur la même « horrible » ligne : « Unique est l'Église universelle des fidèles, hors de laquelle personne ne se sauve... ». Le Pape Boniface VIII ne s'éloigna pas de cet « horrible » enseignement : « Nous sommes contraints, poussés par la foi, à croire et considérer une seule Eglise sainte, catholique et apostolique... hors de laquelle il n'y a pas de salut, ni de rémission des péchés ». Et après le Concile de Florence, l'Église a continué d'enseigner cette « horreur ». Il demeure donc vrai qu'appartenir à l'Église catholique est le « moyen ordinaire obligatoire, de la volonté explicite du Christ, pour obtenir le salut ». Ceux qui sont hors de l'Église sans faute de leur part doivent nécessairement adhérer à elle in voto au moins implicite (cf. Lettre du Saint Office à l'Archevêque de Boston, 8 août 1949).

L'Église catholique ne s'est jamais arrogé le droit de juger quels infidèles sont infidèles par leur propre faute et lesquels le sont sans faute ; le Corps mystique du Christ a toujours laissé à son Chef invisible le droit de prononcer le jugement des individus : « De même que personne ne peut déterminer les limites de l'ignorance invincible ou de l'incapacité non coupable, de même on ne peut affirmer avec certitude qu'une person¬ne morte en dehors de l'Eglise est condamnée, ni que la plupart ou quelques-uns de ceux qui meurent en dehors de l'Eglise sont sauvés ». Mais bien qu'elle ne se prononce pas sur qui se sauve et combien se sauvent, l'Église catholique a le devoir d'affirmer que le chemin vers le salut est beaucoup plus difficile pour ceux qui sont en dehors d'elle que pour ceux qui sont visiblement ses membres : « Se sauver en dehors de l'Église est beaucoup plus difficile, bien que cela soit possible : en effet, les fidèles qui sont en réelle communion avec l'Église ont les nombreuses et précieuses aides de la doctrine, de la loi, des exemples, des prières, des sacrements, etc... qui manquent aux hommes de bonne foi qui vivent en dehors de l'Église ». D'où l'urgence de la mission catholique pour convertir (désolés pour Dupuis !) les infidèles et rappeler à l'unité de l'Église catholique ceux qui se sont séparés d'elle.

Les « illuminés »

II semble au contraire que le jésuite Dupuis ait reçu une nouvelle révélation personnelle, qui l'autorise à démentir l'enseignement catholique... Et il n'est pas le seul à recevoir ces « lumières extraordinaires » du Ciel. En effet, S.E. Mgr Fitzgerald, Préfet du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, a commencé son intervention par les propos suivants : « Hier, le père Dupuis a exposé les bases théologiques [?] pour fonder des relations avec des personnes appartenant à d'autres religions ». Mgr Fitzgerald est donc d'accord avec le père Dupuis : la conversion est inutile ; au contraire, il affirme même que « /'Église est là [non pour convertir, mais] pour reconnaître la sainteté qui existe chez les autres personnes, les éléments de vérité, grâce et beauté qui existent dans les différentes religions, et pour chercher à apporter une paix et une harmonie plus profondes entre les personnes d'autres religions ». Pas mal, pour un Archevêque, Préfet d'un Conseil Pontifical ! Nous nous trouvons face à l'énième tentative de subversion du catholicisme ab intra. Cette fois — encore une fois — c'est la Mère de Dieu que l'on frappe. Le devoir se fait encore plus pressant, pour nous, de réparer ces outrages et de consoler le Cœur Immaculé de notre Mère. Elle aussi, comme son divin Fils, « in propria venu, et sui non receperunt » : les « siens », destinataires et potentiels défenseurs de son message, ne l'ont pas reçue !. — Brunone — « Courrier de Rome », mars 2004. (B.P. 156 - 78001 Versailles Cedex)

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(1) Une remarque sur le titre du congrès : que signifie « le présent de l'homme [ou plutôt de l'Homme] — le futur de Dieu » ? À Dieu n'appartient que le futur, tandis que dans le présent, l'homme se débrouille tout seul ? Ou bien le présent de l'homme est-il le futur de Dieu, comme si Dieu était déterminé dans ses choix par nos actions ?

(2) Le père Dupuis a été récemment rappelé à l'ordre par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, à cause de l'indifférence religieuse proclamée dans ses écrits. Évidemment, il s'est agi d'un rappel à l'ordre sans aucune conséquence disciplinaire, puisque nous voyons « notre » théologien éminemment entouré d'Excellences et d'Éminences.



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