ANNÉE     2001 .
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TROISIÈME SECRET DE FATIMA

« La consécration désirée par
Notre-Dame a été faite en 1984 »...

« Tout a été publié »

(Source : « Zenit.org », Jeudi 20 décembre 2001 — Sur le message de Fatima, « tout a été publié », déclare Sœur Lucie à Mgr Bertone, mettant fin ainsi à des rumeurs persistantes. « La consécration désirée par Notre Dame a été faite en 1984 et elle a été acceptée par le ciel », précise la voyante. Elle souligne ce passage du commentaire du cardinal Ratzinger: « Le cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte ».

Le 17 novembre 2001, Mgr Tarcisio Bertone, secrétaire de la congrégation romaine pour la doctrine de la foi a rencontré sœur Lucie au couvent des carmélites de Coimbra (Portugal) pour clarifier certains aspects de la publication du document « Le message de Fatima », du 26 juin 2000. Un document faisant suite à la publication du « troisième secret », le 13 mai 2000, à Fatima.

La salle de presse du Saint-Siège a publié le 20 décembre 2001 un compte rendu de la conversation portant les signatures de Mgr Bertone et de Sr Lucie. En voici le texte officiel paru dans l'Osservatore Romano (édition hebdomadaire en langue française) du 1er janvier 2002, page 6) :

FATIMA  —  S.Exc. Mgr Tarcisio Bertone rencontre Sœur Maria Lucia, Voyante de Fatima

Prière et pénitence sauveront le monde

Au cours des mois derniers, et en particulier après le triste événement de l’attentat terroriste du 11 septembre, dans les journaux italiens et étrangers sont apparus des articles concernant de présumées nouvelles révélations de sœur Lucia, des annonces de lettres d’avertissements au Souverain Pontife, des réinterprétations apocalyptiques du message de Fatima.

On a en outre exprimé à nouveau le doute selon lequel le Saint-Siège n’aurait pas publié le texte intégral de la troisième partie du « secret », et certains mouvements liés à Fatima ont répété l’accusation que le Saint-Père n’a pas encore consacré la Russie au Cœur immaculé de Marie.

C’est pourquoi il a été jugé nécessaire de rencontrer à nouveau sœur Lucia, en présence du père Luis Kondor, s.v.d., Vice-postulateur de la cause des bienheureux Francesco et Giacinta et de la Prieure du Carmel Sainte-Thérèse, avec l’accord de S.Em. le Cardinal Joseph Ratzinger et des deux Evêques de Leiria-Fatima et de Coimbra, afin d’obtenir des éclaircissements et des informations directes de la voyante encore en vie.

L’entretien, qui a duré près de deux heures, a eu lieu samedi 17 novembre [2001] dans l’après-midi. Sœur Lucia, qui aura 95 ans le 22 mars prochain, est apparue en pleine forme, lucide et alerte. Elle a professé avant tout son amour et sa dévotion pour le Saint-Père : elle prie beaucoup pour lui et pour toute l’Eglise. Elle est heureuse de la diffusion de son livre : « Les appels du message de Fatima », désormais traduit en six langues (italien, espagnol, allemand, hongrois, polonais, anglais). Elle reçoit de nombreuses lettres de remerciement à cet égard.

En abordant le problème de la troisième partie du secret de Fatima, elle affirme qu’elle a lu attentivement et médité sur le fascicule publié par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et confirme tout ce qui est écrit.

A ceux qui soulèvent le doute que quelque chose a été occulté dans le « troisième secret », elle répond : « Tout a été publié; il n’y a plus rien de secret ». A ceux qui insinuent oralement ou par écrit qu’il existe de nouvelles révélations, elle répond : «Il n’y a rien de vrai. Si j’avais eu de nouvelles révélations, je ne les aurais dites à personne, mais je les dirais directement au Saint-Père ! ».

Elle évoque également avec enthousiasme sa jeunesse, les difficultés rencontrées, avant de devenir sœur, mais également les signes de bienveillance reçus : elle rappelle par exemple les « vacances » à Braga dans les années 1921-1924 chez Madame Filomena Miranda, sa marraine de confirmation.

A la question : « Quel effet a eu la vision du 13 juillet [1917] sur votre vie, avant qu’elle ne soit écrite et remise à l’Eglise ? », elle répond : « Je me sentais en sécurité, sous la protection de Notre-Dame, qui devait veiller avec soin sur l’Eglise et le Pape » et ajoute un détail inédit au récit de la célèbre vision prophétique :
« Au cours de la vision, Notre-Dame, éblouissante, tenait dans la main droite un Cœur et dans la main gauche le Rosaire ».

Quelle signification revêt le cœur dans la main de la Madone ?
« C’est un signe d’amour qui protège et qui sauve. C’est la Mère qui voit ses fils souffrir et qui souffre avec eux, même ceux qui ne l’aiment pas. Car elle veut sauver chacun et ne perdre aucun de ceux que le Seigneur lui a confiés. Son Cœur est un refuge sûr. La dévotion au Cœur Immaculé de Marie est l’instrument de salut pour les temps difficiles de l’Eglise et du monde. La réflexion du Card. Ratzinger au terme de son commentaire de la troisième partie du “secret”, est très appropriée : “Mon Cœur Immaculé triomphera” ». Qu’est-ce que cela signifie ? Le cœur ouvert à Dieu, purifié dans la contemplation de Dieu est plus fort que les fusils et les armes de toute espèce. Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l’histoire du monde, car elle a introduit dans ce monde le Sauveur — car grâce à ce “Oui”, Dieu pouvait devenir homme dans notre espace, et il demeure à présent tel pour toujours. Le malin a pouvoir en ce monde, nous le voyons et en faisons l’expérience continuellement; il a le pouvoir, car notre liberté se laisse continuellement détacher de Dieu. Mais depuis que Dieu lui-même a un cœur humain et a ainsi orienté la liberté de l’homme vers le bien, vers Dieu, la liberté à travers le mal n’a plus le dernier mot. Depuis lors a valeur l’expression : “Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde” (Jn 16, 33). Le message de Fatima nous invite à placer notre confiance dans cette promesse ».

J’ai ensuite posé trois autres questions :

« Est-il vrai qu’en parlant avec dom Luigi Bianchi et avec dom José dos Santos Valinho, vous ayez mis en doute l’interprétation de la troisième partie du “secret” ?».
Sœur Lucia a répondu : «Cela n’est pas vrai. Je confirme pleinement l’interprétation donnée au cours de l’année jubilaire».

« Que pensez-vous des affirmations obstinées du Père Gruner qui recueille des signatures afin que le Pape consacre finalement la Russie au Cœur Immaculé de Marie, ce qui n’a jamais été fait ?».
Sœur Lucia répond : « La Communauté du Carmel a rejeté les formulaires pour le recueil de signatures. J’ai déjà dit que la consécration désirée par Notre-Dame a été faite en 1984 et a été acceptée au Ciel ».

« Est-il vrai que Sœur Lucia est très préoccupée par les derniers événements, qu’elle ne dort plus et qu’elle prie jour et nuit ? »
Sœur Lucia répond : « Ce n’est pas vrai. Comment pourrais-je prier le jour, si je ne me repose pas la nuit ? Que de paroles placent-ils sur mes lèvres ! Que de choses me font-ils faire ! Qu’ils lisent mon livre : il contient les conseils et les appels qui correspondent aux désirs, de Notre-Dame. Prière et pénitence, avec une grande foi dans la puissance de Dieu, sauveront le monde ».

Couvent de Coimbra,
le 17 novembre 2001

S.Exc. Mgr Tarcisio Bertone, s.d.b.
Sœur Maria Lucia de Jesus e do Coraçã lmaculado

Sœur Lucie confirme donc — semble-t-il — d'une part que le troisième secret aurait été publié par le Vatican dans son intégralité : « tout a été publié. Il n'y a plus rien de secret », et d'autre part, que « la consécration voulue par la Vierge avait été faite en 1984 et acceptée par le Ciel. »

Le Sel de la Terre n° 39 a publié, sur ce sujet, une très judicieuse remarque sur le changement de la note 11 du troisième mémoire de sœur Lucie.

Le changement de la note n° 11 du « troisième Mémoire » de sœur Lucie : Qui a demandé aux hommes d'Église de changer la note n° 11 du troisième Mémoire de sœur Lucie, comme nous le constatons depuis 1990 ? Dans quel but ? Et au bénéfice de qui ?

Le 25 mars 1984, le pape Jean-Paul II, invitant les évêques à s’unir à lui, a fait une consécration du monde — à Marie, Mère —, sans faire la moindre mention de la Russie. Dans les éditions des années antérieures à 1990 des Mémoires de sœur Lucie, la note n° 11 du troisième Mémoire affirmait ceci : Les conditions pour la consécration de la Russie et, en conséquence, pour sa conversion telles que Notre-Dame les a demandées, ont-elles été satisfaites ? Lucie a manifesté l'opinion contraire. Ainsi, nous continuons à souffrir du communisme athée qui, dans la main de Dieu, est un châtiment pour punir le monde de ses péchés ».

Cette note se trouve encore écrite, par exemple, dans des Mémoires en langue italienne, publiée en mai 1988, soi plus de quatre ans après la consécration de 1984 ! Puis, brusquement, en 1990, on fait tout changer : cette note disparaît pour être remplacée par la note suivante, que l’on peut lire pour la première fois dans la sixième édition des Mémoires en langue portugaise, publiée en mars 1990 : « Sœur Lucie affirme que la consécration faite par Jean-Paul II en union avec les évêques, le 25 mars 1984, correspondait à la demande de Notre-Dame et a été reçue par le ciel. Elle précise qu'une union numérique de tous les évêques n'était pas exigée, une union morale étant suffisante. Les surprenants changements qui ont commencé à se constater dans les pays de l'Est en 1989, seront déjà les premières réponses du ciel quant à la promesse de 1917 : « Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira et il sera concédé au monde un certain temps de paix ».

Que s'est-il donc passé entre mai 1988 et mars 1990 ? M. l'abbé Caillon nous donne la réponse: en 1988, « une consigne arriva de Rome, obligeant tout un chacun à dire et à penser : « La consécration est faite. Le pape ayant fait tout ce qu'il pouvait, le ciel a daigné agréer son geste ».

Un historien de l'Université de Coïmbra, dans une lettre du 16 janvier 1991, questionna le père Kondor pour savoir à qui sœur Lucie avait déclaré oralement que la consécration de la Russie avait été faite; et il reçut cette réponse, datée du 26 janvier 1991 : « Le bruit court que la personne qui a affirmé pour la première fois et publiquement qu'elle avait entendu sœur Lucie dire que la consécration a été acceptée, est une de ses cousines, Maria do Fetal. Elle est institutrice et demeure à la Casa Velha, à Fatima. Comme parente de sœur Lucie, elle a la permission de lui rendre visite »

Or, cette Maria do Fetal affirma jusqu'en juin 1989 que sœur Lucie disait que la consécration n'était pas faite, avant de présenter soudain, en janvier 1990, un nouveau discours tout à fait au goût des autorités religieuses de Fatima, lesquelles s'étaient faites, depuis 1988, les porte-étendards de la manœuvre visant à neutraliser, dans la mesure du possible, la réalisation du triomphe de l'Église par le Cœur Immaculé de Marie, en faisant croire que la chute du Mur de Berlin, en 1989, était la réponse du ciel à la consécration de 1984 ! C'est d'ailleurs pour illustrer cette chimère que le sanctuaire de Fatima a fait placer près de l'esplanade, un morceau du Mur de Berlin !

Il faut bien remarquer que le père Kondor présentait le « témoignage » de cette personne comme étant à l'origine d'« un bruit qui court » et que, par cette nouvelle note, il transformait ce simple « bruit » en l'affirmation d'un « fait incontestable », reproduit comme tel par tous les médias curieusement intéressés à diffuser certaines dérives de l'Église conciliaire.

La manipulation de la pensée de sœur Lucie est donc flagrante. Elle est renforcée par la circulation de prétendues lettres d'elle : en 1989 et 1990, cinq lettres ont été diffusées à Fatima, dans le cadre d'une véritable campagne d'intoxication et de désinformation (dont l'origine semble être certains personnages très haut placés du Vatican), destinée à faire croire à l'opinion publique que la consécration du 25 mars 1984 répondait en tous points à la consécration demandée par Notre-Dame.
Or, certaines de ces lettres contiennent de grossières erreurs sur les événements de Fatima, et la seule critique interne de ces cinq documents suffit à montrer qu'il s'agit de lettres apocryphes : elles ne contiennent, rien, pas le moindre élan de dévotion pour le Cœur Immaculé de Marie; elles développent des thèmes rhétoriques étrangers à sœur Lucie; enfin, elles sont rédigées dans un esprit absolument contraire au cœur et à l'âme si simples et si dévots de sœur Lucie.

A ce sujet, Monsieur Paul CHAUSSEE donne, dans ce même numéro, d'excellentes remarques sur le livre d'Evaristo : « Fatima - Sœur Lucie témoigne le message authentique », préfacé par Yves CHIRON.

Considérant l'importance capitale de l'affaire Fatima, il nous paraît nécessaire de revenir sur la question de la crédibilité de l'ouvrage dont monsieur l'abbé Fabrice Delestre a fait une recension critique dans Le Sel de la Terre n° 35. Dans la note 3 au bas de la page 87, nous lisons cette justification du traducteur de l'ouvrage : « Le débat (...) ne devrait donc pas porter sur l'authenticité des entretiens et de leur retranscription, mais sur les arguments avancés par sœur Lucie ». Cette proposition nous semble devoir appeler le commentaire suivant.

Avant de débattre en profondeur du contenu d'une conversation qui eut lieu dans le passé et dont aucun de nous ne fut témoin, il faut d'abord s'assurer de l'exactitude des propos échangés dans cette conversation. Si l'on prétend analyser le contenu signifiant des arguments attribués à sœur Lucie, et parce que c'est la qualité du témoin qui fait la valeur du témoignage, il est évidemment indispensable de s'assurer que c'est bien sœur Lucie qui a dit telle chose.

On ne conteste pas la réalité des entretiens en question puisque des photos en ont été prises, mais c'est l'authenticité du témoignage qui est en cause. Il faut donc acquérir la certitude que les enregistrements — si enregistrements audio et (ou) vidéo il y a — sont authentiques et qu'ils permettent bien d'identifier la personne qui parle.

Qui a témoigné ?

Ces entretiens ont-ils bien eu lieu avec sœur Lucie ? A l'exception de la Mère prieure du Carmel et peut-être de Carlos Evaristo, aucun des témoins cités ne connaît sœur Lucie (sinon peut-être par des photos) et ne comprend le portugais. Dès lors, qui a témoigné ?

Si certains se scandalisent ici de ce qui leur semble être une suspicion injustifiée, qu'ils veuillent bien considérer objectivement l'importance de cette affaire et quel est son enjeu. C'est d'abord la validation ou la condamnation de toute la politique et de toutes les nouvelles orientations, pastorales, post conciliaires du Vatican, avec tout ce qu'elles contiennent de contestable et de contesté : la liberté religieuse, le nouvel oecuménisme, la messe dite de Paul VI, le philo-communisme, l'anthropocentrisme de ce qui se confirme (le plus en plus être une nouvelle religion dérivée du catholicisme, mais qui n'est plus le catholicisme. L'enjeu, c'est aussi et surtout la vie éternelle d'innombrables âmes pour le salut desquelles Notre-Dame est venue nous délivrer son message et ses demandes. L'importance des apparitions et des messages de Notre-Dame de Fatima n'a-t-elle pas été confirmée par l'éclatant, l'inimaginable miracle de la « danse du soleil », le 13 octobre 1917 ? Nous connaissons d'innombrables miracles de guérisons, mais seulement deux miracles solaires : le premier, celui qui eut lieu à la demande de Josué, quelque douze siècles avant notre ère (]s 10, 12-13), et le second qui, en 1917 à Fatima, eut des milliers de témoins. Cette importance, le Malin la connaît autant et même mieux que nous. C'est l'importance de cet enjeu en ce temps d'apostasie générale qui explique l'infiltration de la haute hiérarchie du Vatican par la franc-maçonnerie (par les Rampolla, Villot, etc. Voir les ouvrages d'Epiphanius et de Carlo A. Agnoli). Il explique aussi ces ténébreuses affaires quasiment oubliées : le refus de condamner le communisme par le concile Vatican II, le scandale de la "Banco Ambrosiano" et des finances du Vatican, l'assassinat du pape Jean-Paul Ier, le triple assassinat au Vatican du colonel des gardes suisses, de son ordonnance et de son épouse, la complicité dans la fausse datation du saint Suaire de Turin, etc. Tous ces faits témoignent du combat sans merci que se livrent les deux Cités. Dès lors, comment le prodige de Fatima pourrait-il échapper à ce choc de l'enfer et du ciel ? Dans ce combat dantesque, il semble que tous les coups soient permis : tromperies, mensonges, crimes. Les ennemis cachés « dans le sein même et au cœur de l'Eglise » (saint Pie X, "Pascendi Dominici gregis") sont capables de tout.

Nous ne pouvons donc a priori accepter aucune affirmation sans qu'elle n'ait été d'abord vérifiée. Toutefois, n'ayant jusqu'à présent aucun indice d'une substitution de personne, nous acceptons, comme hypothèse de travail et bien que cela ne soit pas absolument certain, l'affirmation que ces entretiens eurent lieu avec sœeur Lucie.

Enregistrement ou pas ?

Puisqu'il est certain que ces deux entretiens ont eu lieu le premier en octobre 1992 et le second en octobre 1993, la question suivante est de savoir avec certitude ce qui y fut dit et par qui. En d'autres termes que disent les documents ? Or ici, la surprise est totale : aucun document n'est produit. Selon un fax de M. Evaristo envoyé en novembre 1992, un mois après l'entretien avec sœur Lucie : « Le dialogue n'a pas été retranscrit sur le champ. Aucune note ne fut prise.» Le fax dit : "The dialogue euas not recorded (enregistré) at the orne, (page 70)". Et l'interprète, le père Pacheco le confirme en écrivant : « Sœur Lucie ne permit aucun enregistrement. Malheureusement. » (Même page). La réponse est donc claire : il n'y eut pas d'enregistrement ni même de notes, l'auteur Evaristo et le traducteur Pacheco l'ont écrit. Tout enregistrement présenté aujourd'hui est donc suspect d'avoir été fabriqué a posteriori et d'être faux.

Quant au second entretien (celui d'octobre 1993), il nous confirme le témoignage de M. Evaristo qui, dans la première version portugaise de son livre, écrit : la rencontre « fut enregistrée sur cassette audio et vidéo », en témoigne le cardinal Vidal qui, le 25 juillet 2000, écrit : « As far as I could remember », ce qui signifie : « Pour autant que je puisse m'en souvenir », Voilà un souvenir plutôt flou, remémoré, il est vrai, sept ans après les faits. Un témoin fiable aurait dit : « Je me souviens très bien avoir vu quelqu'un enregistrer ou filmer...» Ce témoignage n'est donc qu'un indice invitant à chercher la preuve formelle, l'enregistrement vidéo ou audio. Il semble que personne, à ce jour, n'a encore présenté cette preuve formelle. On ne peut donc pas affirmer comme une certitude qu'il y eut un enregistrement des entretiens.

Par ailleurs, si l'on peut enregistrer en secret sur un petit magnétophone, une prise vidéo est toujours évidente car l'opérateur se déplace pour saisir les personnes qui parlent et, dans un parloir de carmel, cela crée un certain trouble qui se remarque et ne s'oublie pas de sitôt.

Et enfin, puisque l'on sait que ce sujet est « brûlant », si ces enregistrements audio et (ou) vidéo existent vraiment, qu'attend l'auteur de l'ouvrage en question pour les présenter publiquement et les faire examiner et transcrire (vision et audition) par un expert neutre et assermenté ? N'est-ce pas ce que M. Evaristo aurait dû faire bien avant de publier, afin de pouvoir présenter le document probant incontestable ? Ne pas avoir pris ces précautions de simple professionnel, c'était s'exposer inévitablement à la suspicion de falsification, d'autant plus que, dans son livre, les contradictions et invraisemblances ne manquent pas, comme l'a montré l'abbé Delestre.

L'absence totale de crédibilité

On doit donc bien en déduire, avec lui, l'absence totale de crédibilité de ce « témoignage ». Cela ne signifie pas que tous les propos attribués à sœur Lucie soient jugés n'être que des inventions, mais il est certain qu'un témoignage perd toute fiabilité dès que l'on y constate des contradictions, (les erreurs sinon des mensonges. Chaque assertion doit alors être passée au crible d'une critique rigoureuse mais le témoin a déjà perdu tout crédit. Je pense que l'abbé Delestre a voulu dire qu'ici, comme toujours lorsque la vérité est gênante, et bien qu'il n'y ait pas de preuve formelle de fraude, on trouve une telle accumulation d'indices de falsification des faits, qu'elle ne peut être le fait du hasard. Dès lors, cette accumulation d'indices prouve la volonté de déformer la vérité.

Quelle est la main cachée ?

Les inspirateurs de telles opérations ne sont pratiquement jamais connus, car ils pratiquent l'art de brouiller les pistes, de ne laisser aucun document compromettant et de disparaître derrière de naïfs comparses. D'où la nécessité d'appliquer l'adage : Is fecit cui prodest "l'auteur en est le bénéficiaire".

Dans l'affaire Fatima — consécration de la Russie et divulgation de la troisième partie du secret — alors que tout était si clair au début, il y eut tant d'atermoiements et d'impuissance (sinon de mauvais vouloir) à faire ce que Notre-Dame demandait et qui était si simple, que l'on ne peut que constater, en l'occurrence, que les raisons politiques du Vatican furent plus fortes que la dévotion mariale déclarée.

Certes, la « manipulation » n'est encore qu'une hypothèse de travail, mais, faute de pouvoir interroger librement et honnêtement sœur Lucie, cette hypothèse doit être sérieusement étudiée en scrutant tous les indices, en vérifiant aussi toutes les preuves présentées (les enregistrements) comme fondant l'authenticité et cela, dans le cadre d'une étude globale du « mystère » Fatima.
Celui-ci comprenait déjà l'occultation anormale des travaux du père Alonso; il faut aujourd'hui y ajouter le troisième secret (tronqué, falsifié, ou faux ?) et ce « témoignage » de sœur Lucie, témoignage qui survient très et même trop opportunément.

Conclusion : Pour juger de la « dérive » ou de la « manipulation » de sœur Lucie, il faut d'abord disposer du document authentique (l'enregistrement audio et (ou) vidéo) de l'entretien pour en faire la critique interne, et aussi, dans une critique externe, tenir compte du facteur de l'âge (état mental, mémoire, vivacité d'esprit) de sœur Lucie, ainsi que des grâces que la Vierge Marie lui a promises : « Je ne t'abandonnerai jamais » dit le Mémoire rédigé en 1927.

Quant à la consécration de la Russie, l'évolution du jugement de sœur Lucie de 1984 à 1992-1993 paraît inexplicable et même impossible, car ce n'est pas une question sur laquelle elle aurait pu s'exprimer à la légère. Au contraire, elle a certainement dû la méditer souvent et longuement, dans sa cellule comme devant le Saint-Sacrement. Comment croire qu'en 1984-1985, les grâces et lumières du ciel lui auraient fait défaut au point de lui faire déclarer que la consécration n'avait pas été faite comme il le fallait, mais que ces lumières lui seraient revenues lors d'une apparition en 1992-1993 ? Que voilà une rectification bien opportune pour les censeurs de Notre-Dame de Fatima ! (Source : « DICI », n° 36, 4 janvier 2002)



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