ANNÉE     2000 .
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LE TROISIÈME SECRET

DE FATIMA

Chapitre 1

TableTable

26 juin 2000

La révélation du troisième secret de Fatima par le Vatican
ou une révélation tronquée

par l'abbé Fabrice Delestre

( « Bulletin Saint Jean Eudes » n° 56 - Juin / Juillet 2000 )

Chapitre 2

Témoignage et attitude de sœur Lucie
par rapport à la troisième partie du Secret
de 1943 à 1960.

a ) Les conditions de la rédaction et de la transmission
à Mgr l'évêque de Leiria de la troisième partie du secret.

Sœur Lucie exigea un ordre formel et clair de Mgr l'évêque de Leiria pour écrire cette troisième partie du secret, ordre que ce dernier lui envoya par une lettre de la mi-octobre 1943. Ensuite, pendant plus de deux mois, Lucie se trouva incapable d'ecrire ce texte et elle précisa, dans une lettre du 24 décembre 1943 à Mgr Garcia y Garcia, un de ses directeurs spirituels d'alors, que plusieurs fois elle avait voulu obéir, qu'elle s'était assise pour écrire sans pouvoir le faire et que « ce phénoméne n'était pas dû à des causes naturelles ». Il ne fallut rien moins qu'une nouvelle apparition de Notre-Dame, le 2 janvier 1944, dans l'infirmerie du couvent de Tuy, où Lucie était en convalescence suite à la très grave maladie qui l'avait frappée, pour dissiper tous ses doutes et scrupules. Notre-Dame lui donna alors l'ordre d'écrire ce secret, ce qu'elle fit le lendemain, 3 janvier, si l'on en croit le texte publié le 26 juin dernier par Rome.

Ensuite, une fois le texte écrit, Lucie le plaça dans une enveloppe cachetée à la cire et elle mit un soin extrême pour assurer sa transmission à Mgr l'évêque de Leiria; elle ne voulut confier cette enveloppe ni à la poste, ni à un quelconque messager, mais seulement à un évêque qui la remettrait en mains propres a Mgr Correia da Silva. C'est ainsi qu'elle dut attendre le 17 juin 1944 pour pouvoir remettre la précieuse enveloppe à Mgr Ferreira da Silva, archevêque titulaire de Gurza, qui la remit, le soir même, à Mgr Correira de Silva.

Tous ces détails historiques, qui montrent l'extrême importance que sœur Lucie attache au texte du troisième secret, nous indiquent l'extrême gravité de son contenu: il est donc difficile de croire qu'il ne contient que la description d'une obscure vision n'apportant aucun élément nouveau par rapport aux thèmes spécifiques de la deuxième partie du secret, comme le Vatícan a voulu nous le faire croire le 26 juin dernier !

b ) Les ajouts de Lucie, concernant le troisième secret,
dans son IV ème Mémoire, par rapport a son III ème Mémoire.

Il existe deux manuscrits de sœur Lucie nous rapportant le secret donné par Notre-Dame, à Fatima, le 13 juillet 1917:
          - Dans son III ème Mémoire, achevé le 31 août 1941, sœur Lucie dévoile les deux premières parties du secret, comme elle-même le précise alors «Le secret comporte trois choses distinctes et j'en dévoilerai deux » (Mémoires de sœur Lucie, seconde édition française, mai 1991, réimprimée en août 1997, p.108). Absolument rien ne nous est dit de la troisième partie du secret dans ce Mémoire.
          - Dans son IVème Mémoire, achevé le 8 décembre 1941, Lucie écrit de nouveau, de façon presque identique, à quelques rares mots prés dans la description de la vision de l'enfer, les deux premières parties du secret, mais elle ajoute, cette fois, concernant la troisième partie du secret, deux phrases de la plus haute importance: « Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc. Cecí, ne le dîtes à personne. A François, oui, vous pouvez le dire.» (cf. Mémoires de Lucie, op. cit., p. 172-173).
          Ces deux phrases dévoilées par Lucie sont capitales et nous donnent la clé du contenu principal et de la nature du troisième secret.

1º) Lucie nous fait d'abord connaître la première phrase de la troisième partie du secret: «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc.». Or, un jour de 1943, en parlant de cette phrase, elle déclara à Mgr l'évêque de Leiria que ce n était pas absolument nécessaire qu'elle rédige le texte du troisième secret, « puisque, d'une certaine façon, elle l'avait dit » (cf. Père Alonso : "La vérité sur le secret de Fatima", Madrid, 1976, p. 64). Cette phrase nous fournit effectivement la clé qui nous permet de découvrir le contenu principal de la troisième partie du secret:

- Elle parle d'un sujet spirituel, surnaturel, ayant trait à la foi, bien différent des châtiments temporels et matériels annoncés dans la deuxième partie du secret comme devant arriver si le monde catholique ne se soumettait pas aux deux demandes formulées par Notre-Dame: la communion réparatrice des premiers samedis du mois et l'acte de réparation et de consécration de la Russie à son Cœur Immaculé.

- Le contexte général du secret du 13 juillet 1917 ayant d'un bout a l'autre une portée mondiale (le mot "monde" revient quatre fois dans les vingt-deux lignes manuscrites de la deuxième partie du secret), le Portugal ne peut être mentionné dans cette phrase que comme une exception, faisant contraste avec la situation générale de la foi catholique dans le reste du monde, dans les autres parties de l'Eglise. C'est donc bien une perte de la vraie foi, à grande échelle qui est annoncée dans la troisième partie du secret.

2º) De plus, Lucie ajoute les dernières paroles de Notre-Dame: « Ceci ne le dîtes à personne. A François, oui, vous pouvez le dire ». Ces paroles, qui paraissaient sans importance jusqu'au 26 juin dernier (et nous voyons ainsi comment la divine Providence met toujours à notre portée les éléments nécessaires pour contrer les astuces du démon: c'est admirable !) sont devenues capitales depuis cette date. Voici pourquoi: elles ne se trouvent pas dans le IIIème Mémoire, Lucie les ajoute dans son IVème Mémoire, pour signifier qu'elles ne concernent que la troisième partie du secret; d'ailleurs, en portugais, le mot «isto», que l'on traduit par «ceci», se rapporte toujours à la dernière chose qui vient d'être faite, vue ou entendue, ou à la chose qui est la plus proche de nous. En nous rapportant ces paroles, Lucie nous indique que Notre-Dame elle-même insista, le 13 juillet 1917, sur l'extrême gravité du contenu de cette troisième partie du secret, sur lequel elle recommanda le silence le plus absolu, jusqu'à nouvel ordre (et l'on comprend mieux ainsi les deux mois et demi d'agonie spirituelle que dut subir Lucie, avant de pouvoir écrire ce secret terrible suite a l'apparition de Notre-Dame, qui lui ordonna d'en faire la rédaction, le 2 janvier 1944).

En outre, une autre indication très importante nous est donnée par ces paroles: le bienheureux François, au cours de toutes les apparitions de Fatima (aussi bien celles de l'Ange que celles de Notre-Dame) a toujours tout vu (y compris la vision de l'enfer) mais n'a jamais rien entendu des paroles célestes. Or, Notre-Dame dit, en parlant de la troisième partie du secret: « A François oui, vous pouvez le dire ». Nous avons ainsi la preuve formelle que la troisième partie du secret ne peut être constituée de la seul description d'une vision, mais contient aussi et avant tout, un ensemble de paroles de Notre-Dame ! C'est cet ensemble de paroles qui doit être la clé principale d'interprétation de la vision publiée. Et comme on nous l'a soigneusement caché le 26 juin dernier, la vision reste pour nous, très obscure.

C'est d'allleurs parce que Rome a quelque chose à cacher que le texte officiel de la S.C. pour la Doctrine de la Foi, du 26 juin, transcrit les deux premières parties du secret non d'aprés le IVème Mémoire, mais d'aprés le IIIème Mémoire; ainsi les ajouts si importants de sœur Lucie dans son IVème Mémoire «passent a la trappe». Il est clair que si le Vatican avait voulu faire toute la lumière sur la troisième partie du secret, sans rien dissimuler, escamoter ou édulcorer, il aurait publié le manuscrit du IVème Mémoire et non celui du IIIème Mémoire.

De plus, le procédé employé par Rome est absolument contraire a la méthode scientifique normale à suivre, en matière historique, dans pareil cas: en effet, lorsqu'on est en présence de plusieurs manuscrits sur un même fait, on doit utiliser, de préférence, celui qui fut le plus récemment rédigé, surtout lorsqu'il contient des rectifications ou ajouts très importants pour le sujet étudié, tout en vérifiant, bien sur, la conformité du sens général de ce manuscrit par rapport au(x) précédent(s). Or, ici, le Vatican a fait tout le contraire dans le but évident de dissimuler ce qui le gêne !

Tout le monde n'a cependant pas été dupe de ce subterfuge: ainsi, le grand journal portugais « Díario de Noticias » a relevé l'anomalie dans un article du mardi 27 juin 2000, en page 22: «...Ratzinger... n'a cependant pas trouvé d'explication ou de justification pour l'une des affirmations de Lucie, selon laquelle « le Portugal conserverait pour toujours le dogme de la Foi...».

c ) L'entretien de sœur Lucie avec le Père Fuentes du 26 décembre 1957.

Cet entretien fut publié en 1958 dans son texte original espagnol et dans une version anglaise, avec toutes les garanties d'authenticité et toutes les garanties hiérarchiques, parmi lesquelles figurait celle de Mgr l'évêque de Fatima » (Père Alonso, La vérité sur le secret de Fatima, Madrid, 1976, p. 107). Mgr Sanchez, archevêque de Vera Cruz (Mexique) donna l'imprimatur à cet entretien. Malgré cela, Rome mena une guerre implacable contre cet entretien, surtout à partir de l'élection de Jean XXIII à la Papauté; cette lutte aboutit à la publication, le 2 juillet 1959, par la curie diocésaine de Coimbra, au nom de sœur Lucie, d'un démenti de l'entretien publié par le Père Fuentes, prêtre mexicain qui s'apprêtait à devenir postulateur de la Cause de béatification des deux pastoureaux, François et Jacinthe Marto. Mais, doit-on se demander, pourquoi une lutte si dure, si âpre, de la part de la haute hiérarchie de l'Eglise, contre ce texte ? La seule réponse possible est que Lucie, dans cet entretien, en abordant des thèmes nouveaux, dévoile déjà le contenu essentiel de la troisième partie du secret; et la description de la vision publiée le 26 juin dernier confirme pleinement cela, tout en montrant de façon évidente que Lucie en sait plus que nous sur l'interprétation de cette vision, et donc qu'elle possède une clé d'interprétation de la vision que le Vatican s'est refusé à nous fournir et continue à dissimuler !

Comparons donc certains passages de cet entretien avec la vision publiée par le Saint-Siége et l'interprétation qui nous en a été présentée:

1º. - « (...) Mais croyez-moi, Père, Dieu va châtier le monde et ce sera d'une manière terrible. Le châtiment céleste est imminent.
          Que manque-t-il, Père, et qu'arriverat-il alors? Ce sera bien triste pour tous nullement réjouissant
si auparavant le monde ne prie pas et ne fait pas pénitence. Je ne peux donner d'autres détails puisque c'est encore un secret. (...) C'est la troisième partie du message de Notre-Dame qui restera secrète jusqu'à cette date de 1960 »
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Sœur Lucie annonce donc, en décembre 1957, en se référant explicitement à la troisième partie du secret, un «châtiment imminent, terrible, bien triste pour tous, nullement réjouissant». II est évident qu'elle parle d'un châtiment d'un autre ordre. d'une autre nature que le grand châtiment matériel et temporel annoncé par Notre-Dame dans la deuxième partie du secret : «Sinon, la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise ». Ce châtiment temporel par la Russie communiste, fléau de Dieu, s'était abattu sur le monde à partir de 1936, avec la guerre civile d'Espagne, puis avec la Seconde Guerre mondiale et l'expansion communiste formidable qui s'en était suivi, provoquant les terribles persécutions de l'athéisme marxiste contre l'Eglise catholique dans toute l'Europe de l'Est et centrale, en Ukraine, en Chine et en Indochine. Ce châtiment temporel continuait à se dérouler pleinement en 1957, en menaçant de s'étendre à l'Afrique (avec la «décolonisation») et bientôt à l'Amérique (à partir de la base de Cuba) et si Lucie avait parlé de lui, elle aurait parlé de continuation et d'intensification de ce châtiment déjà en cours. Or, Lucie annonce:

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- un "châtiment imminent, bien triste pour tous" : elle se réfère donc à un autre type de châtiment: un châtiment d'ordre spirituel s'abattant sur toute l'Eglise.

- un «châtiment terrible» : dans le contexte de guerre froide et de persécution violente de l'athéisme contre l'Eglise dans lequel ces paroles sont prononcées, elles supposent que ce châtiment imminent sera plus terrible encore que le châtiment matériel en cours: cela nous renvoie, de nouveau, directement à un châtiment spirituel, et à la déclaration de Mgr do Amaral, évêque de Leiria-Fatima le 10 septembre 1984 à Vienne (Autriche) : « Son contenu (du troisième secret) ne concerne que notre foi. (...) La perte de la foi d'un continent est pire que l'anéantissement d'une nation et il est vrai que la foi diminue continuellement en Europe».

Ces seules paroles de Lucie en 1957 sont donc un démenti cinglant de l'interprétation donnée le 13 mai dernier par le cardinal Sodano :

« La vision de Fatima concerne surtout la lutte des systèmes athées contre l'Eglise et les chrétiens. Elle décrit l'immense souffrance des témoins de la foi du dernier siècle du deuxième millénaire. C'est un interminable chemin de croix, guidé par les Papes du XXème siècle ».

Cette interprétation erronée. qui se réfère seulement à des ennemis extérieurs à l'Eglise et à des châtiments exclusivement temporels et pas du tout à une crise interne de l'Eglise touchant le «dogme de la foi» et à un châtiment d'ordre spirituel, comme nous le suggère Lucie en 1944 comme en 1957, a été reprise et confirmée avec une insistance marquée par le cardinal Ratzinger, le 26 juin dans sa «tentative d'interprétation du "secret" de Fatima» :
. « La marche de l'Eglise est ainsi décrite comme un chemin de croix, comme un chemin dans un temps de violence, de destruction et de persécutions. On peut trouver représentée dans ces images, l'histoire d'un siècle entier. (...) Dans la vision, nous pouvons reconnaître le siècle écoulé comme le siècle des martyrs, comme le siècle des souffrances et des persécutions de l'Eglise, comme le siècle des guerres mondiales et de beaucoup de guerres locales) qui en ont rempli toute la seconde moitié et qui ont fait faire l'expérience de nouvelles formes de cruauté. Dans le « miroir » de cette vision, nous voyons passer les témoins de la foi de décenmes ».

Cette interprétation signifie que finalement, la troisième partie du secret n'apporte rien de fondamentalement nouveau par rapport à la deuxième partie : ce n'est qu'une illustration visuelle des prophéties verbales contenues dans cette deuxième partie; et comme, « dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé » (cardinal Ratzinger), toute la dimension eschatologique et politico-sociale qui faisait l'importance, la singularité et la spécificité des apparitions de Fatima disparaît : tout est accompli, Fatima est appelée à rentrer dans la «norme» de toutes les autres apparitions mariales, à devenir un message « normal », « classique », identique aux messages de toutes les autres apparitions ; c'est dit en toutes lettres par le cardinal Ratzinger lui-même, à la fin de son texte : « Ce qui reste, nous l'avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte du «secret»: l'exhortation a la prière comme chemin pour le « salut des âmes » et, dans le même sens, l'appel à la pénitence et à la conversion ».

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(A noter le texte de la S. C. pour la Doctrine de la Foi du 26 juin ne dit pas un mot du miracle du soleil du 13/10/1917, dont 70'000 à 100'000 personnes furent témoins! C'est très significatif de la volonté romaine de faire rentrer Fatima "dans le rang". Et l'on cherche encore moins à examiner si ce miracle, en plus de sa signification première (confirmer et authentifier les apparitions de la "Dame plus brillante que le soleil") peut avoir une seconde signification, allégorique, se référant directement à la troisième partie du secret et plus précisément à une crise très grave au niveau de la Papauté; pourtant, le Pape, Vicaire du Christ qui est le Soleil de Justice (Malachie, IV, 2 et Grande Antienne liturgique du 21 décembre), est bien, en temps normal, comme le soleil de l'Eglise militante. La chute finale du soleil, précédé de trois tremblements convulsifs de l'astre-roi, lors du miracle du 13 octobre, a donc de toute évidence un sens allégorique très fort !).

2º - Poursuivons l'examen des paroles de Lucie le 26 décembre 1957 :

« Père, le démon est en train de livrer une bataille décisive avec la Vierge. Ce qui afflige le Cœur Immaculé de Marie et celui de Jésus, c'est la chute des âmes religieuses et sacerdotales. Le démon sait que les religieux et les prêtres, en manquant à leur belle vacation, entraînent de nombreuses âmes en enfer. (...) Le démon veut s'emparer des âmes consacrées: il essaie de les corrompre pour endormir les autres dans l'impénitence finale. II emploie toutes les ruses allant même jusqu'à suggérer de retarder l'entrée dans la vie religieuse. II en résulte la stérilité de la vie intérieure et la froideur chez les laïques au sujet du renoncement aux plaisirs et de la totale immolation à Dieu».

Nous est dévoilée, ici, et avec une grande précision, la stratégie infernale que met en œuvre le démon pour la perte éternelle du plus grand nombre d'âmes possible: conquérir en priorité les âmes consacrées ! Et Lucie insiste fortement sur l'immense responsabilité des âmes consacrées dans le salut éternel de tout le troupeau des fidèles, comme elle le fera d'ailleurs dans ses rares lettres ultérieures (1970-1971) publiées.

En parallèle, dans la vision divulguée le 26 juin, il y a aussi une insistance très forte sur les âmes consacrées : « évêques, prêtres, religieux, religieuses », énumération qui revient deux fois dans le texte de la description de la vision. Toutes ces âmes consacrées finissent par mourir, les unes après les autres, à la suite du Pape, au pied de la grande croix en troncs grossiers. Mais nous avons du mal à voir un lien entre cette insistance dans la vision et ces paroles de Lucie en 1957 : il nous manque de toute évidence, une pièce de la troisième partie du secret, constituée de paroles de Notre-Dame qui nous donneraient la clé d'interprétation de cette mort et qui nous rendrait évident ce lien. Imaginons par exemple que Notre-Dame, avant de montrer la vision aux enfants, ait prononcé, dans le style du secret de la Salette, des paroles de ce type "Beaucoup perdront la foi, même parmi les âmes consacrées. L'Eglise aura une crise affreuse et saignera de toutes ses plaies... », tout deviendrait dès lors très clair: la mort physique de toutes ces âmes consacrées, au cours d'une terrible guerre encore à venir, serait le châtiment de la mort spirituelle, de la mort à la vraie foi et aux vertus chrétiennes de ces mêmes âmes, infidèles à leurs belles vocations !

3º - « Père, n'attendons pas que vienne de Rome un appel à la pénitence de la part du Saint-Père pour le monde entier: n'attendons pas non plus qu'il vienne de nos évêques dans leur diocèse, ni non plus des congrégations religieuses ».

Ces paroles de 1957 de sœur Lucie se référent de toute évidence directement à l'Ange qui, dans la vision publiée, tenant une épée de feu dans la main gauche, indique la terre avec sa main droite et dit d'une voix forte: « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! ». C'est d'autant plus certain que Lucie précisa, le 13 octobre 1917 au soir, au chanoine Formigâo qui l'interrogeait, que Notre-Dame n'a pas employé elle-même le mot « pénitence »:
. - « A-t-elle dit qu'elle voulait que le peuple fasse pénitence ? »
- « Oui. »
- « A-t-elle employé le mot pénitence ? »
- « Non. Elle a dit qu'il fallait réciter le chapelet, nous corriger de nos péchés et demander pardon à Notre Seigneur, mais elle n'a pas parlé de pénitence ».
(Père de Marchi: "Témoignages sur les apparitions de Fatima", 8ème édition, année 2000, chapitre XXIV p. 181).

Or Lucie a visiblement une clé d'interprétation de ce détail de la vision que nous n'avons pas, en avertissant, en 1957, avec grande sûreté et grande fermeté dans ses propos, de n'attendre d'aucune autorité hiérarchique, un appel à la pénitence. La connaissance de la seule vision ne nous autorise pas à une telle interprétation et c'est donc une nouvelle preuve que Lucie en sait plus que nous et que l'on nous a caché une pièce de la troisième partie du secret qui parle d'une grave crise à l'intérieur de la hiérarchie de l'Eglise, jusque dans ses plus hauts sommets : la Papauté !


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