ANNÉE     2000 .
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POUR QUELLES RAISONS LE PAPE JEAN-PAUL II A-T-IL LAISSÉ ÉCHAPPER UNE TELLE OCCASION DE RÉPONDRE ENFIN À LA DEMANDE
DE NOTRE-DAME DE FATIMA ?

Beaucoup d’âmes avaient vivement espéré que Jean-Paul Il profiterait de la présence conjointe à Rome, les 7 et 8 octobre 2000, de la statue officielle de Nôtre-Dame de Fatima et d’un grand nombre d’évêques catholiques du monde entier venus participer au « Jubilé des évêques », pour faire la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, comme Notre-Dame de Fatima était venue le demander à Lucie, lors de l’apparition de Tuy, le 13 juin 1929 : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses, les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie ». Malheureusement, le dimanche 8 octobre 2000, il n’en a rien été : le texte de « consécration » lu par le pape et tous les évêques présents, devant la statue de Notre-Dame de Fatima, ne fit aucune mention de la Russie, ni explicitement, ni par allusion. Il ne fit que mettre le futur de l’Eglise et du monde sous la protection de Marie : (le tutoiement est du pape)
« Aujourd’hui, nous voulons te confier l’avenir qui nous attend, te demandant de nous accompagner sur le chemin. (...)
« Nous sommes ici, devant toi, pour confier à tes soins maternels nous-mêmes, l’Eglise, le monde entier ».

Pourtant, toutes les conditions requises par Notre-Dame auraient été facilement réalisables en ce dimanche 8 octobre 2000 :

1°) — L’union spirituelle et morale de tous les évêques catholiques avec le pape dans l’acte même de consécration : cette condition pouvait être aisément réalisée, grâce à deux moyens complémentaires :

a) la présence au Vatican de plus d’un tiers de l’épiscopat mondial (environ 1500 évêques présents sur 4440); Jean-Paul Il a d’ailleurs observé, dans son discours du samedi 7 octobre 2000 (premier samedi du mois et fête de Notre-Dame du Très Saint Rosaire...) : « Le spectacle d’un grand nombre d’évêques, réunis ici en provenance de toutes les parties du monde, ne s’était pas vérifié depuis les temps du Concile Vatican II ».
b) l’union spirituelle et morale de beaucoup d’évêques absents. Le cardinal Gantin souligna ce fait, dans son allocution au Saint-Père du dimanche 8 octobre 2000 : « Nos frères dans l’épiscopat qui se sont trouvés dans l’impossibilité de venir à Rome, nous ont assuré de leur présence spirituelle, s’unissant à nous dans ce particulier moment de grâce ». A ce sujet, Jean-Paul Il lui-même déclara, à la fin de son homélie du 8 octobre 2000 : « Nous vivrons (l’acte de consécration que nous allons réaliser à la fin de la messe) dans un esprit collégial, sentant près de nous les nombreux évêques qui, de leurs sièges respectifs, s’unissent à notre célébration, en réalisant ce même acte en compagnie de leurs fidèles ».

2°) — Une consécration faite dans le cadre d’un « acte solennel et public de réparation et consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie ».

Notre-Dame voulait un acte qui marquerait les esprits par sa solennité et qui serait connu très facilement par tous les catholiques du fait de son aspect public. Or, il est évident que la cérémonie du 8 octobre 2000, sur la Place Saint-Pierre, répondait à cette condition : il aurait suffi d’ajouter un « acte de réparation » au programme, et un texte de consécration de la seule Russie !

3°) — Consécration au Cœur Immaculé de Marie.

La présence de la statue officielle de Notre-Darne de Fatima au Vatican et les paroles de Jean-Paul Il lors de son allocution du samedi 7 octobre 2000, après la récitation du chapelet sur la Place Saint-Pierre (« ...demain, à la fin de la concélébration eucharistique, nous réaliserons collégialement, notre « Acte de consécration » au Cœur Immaculé de Marie ») laissaient supposer que cette condition serait remplie le lendemain. Or, le texte de la consécration effectivement faite le 8 octobre ne mentionne pas une seule fois le Cœur Immaculé de Marie !

Il convient dès lors de se poser la question : pour quelles raisons le pape a-t-il laissé échapper une telle occasion de répondre enfin à la demande de Notre-Dame de Fatima ?

Trois raisons complémentaires semblent devoir être avancées :

1 — la peur de la réaction des autorités civiles russes qui, selon le pape lui-même, verraient dans la consécration de la Russie une « provocation » et une ingérence intolérable du Vatican dans leurs affaires intérieures (propos du pape à Mgr Cordes quelques jours après la « consécration » du 25 mars 1984);
2 — la volonté de continuer l’œcuménisme conciliaire avec les orthodoxes : le pape sait très bien que la consécration en bonne et due forme de la Russie serait un motif immédiat de rupture totale du « dialogue œcuménique » , de la part de l’Eglise orthodoxe qui considère la Russie comme son domaine réservé;
3 — enfin, motif beaucoup plus prosaïque, le pape rêve depuis des années de faire un voyage en Russie et à Moscou et il sait que la consécration de la Russie rendrait à jamais impossible ce rêve personnel quelque peu ambitieux.

Nous pouvons multiplier les preuves de ce voyage au Kremlin et de sa préparation. Elles se bousculent même :

— tout d’abord cette information parue dans le Figaro du 9 Octobre 2000 en page 28 : « Marek Halter s’est rendu au Vatican pour déjeuner avec Jean-Paul Il. Au cours de leur conversation, en polonais, il lui a transmis un message verbal que lui avait confié Vladimir Poutine. « Il souhaite vivement recevoir le pape à Moscou dans les plus brefs délais et m’a demandé de le lui confirmer », raconte Halter. La réponse de Jean-Paul Il a été immédiate et l’écrivain a promis de la transmettre très vite. « Se rendre là-bas fait désormais partie de ses objectifs prioritaires. Celui qui fut jadis un petit curé de Cracovie ne peut rêver plus beau symbole que d’être officiellement accueilli au Kremlin. Il souhaite que Poutine parvienne à obtenir l’accord des dirigeants de l’Eglise orthodoxe ».
— puis la visite de Jean-Paul Il annoncée en Ukraine les 21 et 24 Juin 2001. Ne serait-ce pas un tremplin pour Moscou ?
— et de là peuvent s’expliquer tous les efforts tentés par le Saint-Siège pour régler le conflit entre catholiques « uniates » et « orthodoxes » qui empoisonne depuis la chute du Mur de Berlin les relations œcuméniques. D’où la lettre de Jean-Paul Il aux évêques de l’Eglise grecque catholique d’Ukraine, le 1er Décembre 2000 où il demande d’éviter « les conflits stériles avec les orthodoxes » à propos, notamment de la propriété des lieux de culte attribuée de force par Staline à l’Eglise orthodoxe. Malgré les « persécutions » du passé, il demande aux gréco-catholiques d’Ukraine de privilégier « cet esprit de fraternité qui doit caractériser tout croyant en Christ » et de travailler « au service des frères et sœurs orthodoxes », en cherchant « de nouveaux chemins de témoignages communs ».
—d’où la rencontre récente du cardinal Etchegaray et du Patriarche Alexis Il de Moscou, à Moscou. On sait que le Patriarche Alexis Il est le plus ardent opposant de la venue du Pape au Kremiin. Il faut le convaincre. C’est l’œuvre du cardinal, l’homme des missions impossibles qui a déclaré, à son retour de Moscou, le Mardi 12 Décembre 2000 que cette rencontre fut « très cordiale ». Comme par hasard, voici que ces deux hommes se connaissent depuis presque trente ans : « Nous avons beaucoup travaillé ensemble au niveau européen, confiait le Cardinal lors de sa conférence de presse au Vatican... Le Patriarche a été autrefois mon hôte à Marseille et m’a reçu de façon privée personnelle à chaque fois que je suis venu à Moscou. Etant donné l’ancienneté et la fidélité de nos rapports très cordiaux, on peut dire que notre conversation a pu aborder de nombreuses questions ». Gageons que le voyage prochain du Pape au Kremlin était au cœur de ces conversations.
— Aussi ne faut-il pas s’étonner de la présence d’un représentant d’Alexis Il lors de la clôture de la Semaine de prières pour l’Unité des Chrétiens, le Mercredi 24 Janvier 2001, à 11 heures, en la basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs pour la cérémonie « de la célébration de la Parole présidée par le Pape Jean-Paul Il ». On sait en effet que le Pape fut entouré à cette occasion de 24 délégations « d’églises » dont une délégation du patriarcat de Moscou représentant Alexis Il, patriarche de Moscou et de toutes les Russies, en la personne de SE. Innokenti, évêque de Korsum.
— l’on pourrait également noter que l’élévation au Patriarcat de l’Eglise ukrainienne qui sera pourtant visitée par le Pape Jean-Paul Il ne semble pas à l’ordre du jour car la chose pourrait assombrir les bonnes relations que le Saint Siège cherche à entretenir avec Moscou.

Tout cela pour dire que la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie que demande Notre-Dame à Fatima non seulement n’a pas été faite mais ne sera vraisemblablement jamais faite par ce pontife. Ce sont là deux politiques qui s’opposent... Celle de Dieu... Celle des hommes.


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