ANNÉE     2001 .
Retour aux titres Retour aux titres Accueil du site

13 MAI 2000

UN FAUX SECRET
POUR CACHER UN VRAI MIRACLE

L'affaire du « Troisième Secret de Fatima » met au jour la malhonnêteté intellectuelle et la sottise du gang médiatique.
Plus grave : elle révèle la fragilité des catholiques que leurs clercs laissent sans défense exposés aux manigances de l'ennemi. Début mai, à la veille du pèlerinage du pape à Fatima, le Vatican annonce que, le 13 octobre prochain, à Rome, Jean-Paul II pourrait accomplir, à l'occasion du jubilé des évêques, l'acte de consécration de la Russie à Son Cœur Immaculé demandé par la Sainte Vierge aux petits bergers.
Cette annonce pourtant capitale n'ayant pas, pour les journalistes, le caractère sensationnel suffisant, ils vont la tripatouiller sans scrupules.
Et la consécration à Rome le 13 octobre devient, pour les médias, le dévoilement du Troisième Secret à Fatima le 13 mai.
Sur quoi, tout excités par leur propre invention, les pisse-copieux se mettent à faire dans le millénarisme apocalyptique.
Bien entendu, le jour venu, le pape ne livre aucune révélation et se borne à faire lire par le cardinal Sodano un communiqué assez neutre en apparence.
Les marchands d'orviétan voulaient du sensass. On le leur refuse. Ils vont l'inventer.
Ils annoncent donc que le pape a reconnu que le Troisième Secret prophétisait l'attentat du 13 mai 1981.
Grand bruit médiatique et stupeur des cathos devant le caractère finalement subalterne d'un secret qu'on leur celait avec tant de soin depuis plus d'un demi-siècle.

En fait, ces « révélations » sont un tripatouillage du communiqué lu par le cardinal Sodano et dont on a rapproché artificiellement deux paragraphes sans lien.
Présent a publié ce communiqué dans son numéro 4573 daté du 16 mai (quatre timbres à trois francs à Présent, 5 rue d'Amboise, 75002 Paris).
On y lit ceci : « La vision de Fatima concerne surtout la lutte des systèmes athées contre l'Eglise et contre les chrétiens. Elle décrit l'immense souffrance des témoins de la foi du dernier siècle du deuxième millénaire. C'est une interminable via crucis guidée par les papes du XXème siècle. Selon l'interprétation des petits bergers, interprétation confirmée récemment par sœur Lucie, « l'évêque vêtu de blanc » qui prie pour tous les fidèles est le pape. Lui aussi, marchant péniblement vers la Croix parmi les cadavres des personnes martyrisées (évêques, prêtres, religieux, religieuses et nombreux laïcs), tombe à terre, comme mort, sous les coups d'une arme à feu.

Après l'attentat du 13 mai, il apparut clairement à Sa Sainteté qu'il y avait eu « une main maternelle pour guider la trajectoire du projectile permettant au pape agonisant de s'arrêter au seuil de la mort » (citation tirée des Méditations avec les évêques italiens, que le pape publia depuis la clinique où il était soigné après l'attentat).
L'évidence s'impose : contrairement à ce que prétendent les médias, le pape ne dit pas que le Troisième Secret annonçait l'attentat de la Place Saint-Pierre.
Le communiqué dit : « Selon l'interprétation des petits bergers, interprétation confirmée récemment par sœur Lucie, “l'évêque vêtu de blanc” qui prie pour tous les fidèles est le pape… »
Si un communiqué officiel du Vatican a un sens, il est abusif, voire mensonger et en tout cas ridiculement réducteur, d'inférer de ces lignes que le pape a interprété le Troisième Secret comme une prophétie de l'attentat.
Rien de tel n'est écrit ni même suggéré.
C'est d'ailleurs sans lien avec le paragraphe précédent que le communiqué poursuit : « Après l'attentat du 13 mai 1981, il apparut clairement à Sa Sainteté qu'il y avait eu une main maternelle… »
Là encore, rien qui fasse référence au Troisième Secret.
D'ailleurs, comment les petits bergers auraient-ils pu livrer de leur vision une interprétation fondée sur un drame survenu soixante ans après leur mort ? Pour souligner cette impossibilité, le communiqué ajoute d'ailleurs que cette interprétation a été confirmée récemment par sœur Lucie.
La confirmation ne peut porter que sur l'interprétation de 1917 voyant dans « l'évêque vêtu de blanc » la personne d'un pape. Ce qui ne signifie évidemment pas que ce texte annonçait le geste d'Ali Agça.
Au surplus, la scène de l'attentat est présente dans toutes les mémoires. Le pape est frappé alors que, rayonnant, il bénit, depuis sa voiture, une foule transportée d'enthousiasme.
En quoi ce triomphe évoque-t-il l'image d'un vieillard agonisant qui titube parmi les cadavres ?
A ce compte, en ce troisième jour funeste d'une semaine commencée le 10 mai 1981 par l'élection de Mitterrand, Nostradamus était plus précis avec son fameux « Romain Pontife, garde de t'approcher de la ville que deux fleuves arrosent quand refleurira la Rose ».
Par ailleurs, si le secret ne tenait, si l'on ose écrire, qu'à ce crime, pourquoi ne pas l'avoir dit dès que le pape fut remis ?
Pourquoi n'avoir pas levé ainsi une fois pour toutes des interrogations qui encombrent les esprits depuis le refus par Jean XXIII de publier le secret à la date fixée par Notre Dame ?
Pourquoi n'avoir pas coupé court aux supputations selon lesquelles Papa Giovanni, entêté dans sa volonté de réunir un concile, avait caché la prophétie sur les suites catastrophiques de Vatican II ?
Et pourquoi nous dire à présent que le Troisième Secret sera révélé seulement « après qu'on aura préparé les fidèles à le recevoir » et encore : « accompagné de commentaires rédigés par la congrégation pour la doctrine de la foi » ?
Voilà bien du tintouin pour une prophétie réalisée depuis vingt ans.
A l'évidence, il y a autre chose.
Au contraire, à bien lire le communiqué du cardinal Sodano on se rappelle la conviction de Marc Dem ou du Frère Michel de la Trinité que le Troisième Secret annonçait l'apostasie dans l'Eglise.
C'est-à-dire sa contamination, en tant que société humaine, par la peste maçonnique et le choléra communiste.
Cela seul explique la nécessité d'un commentaire, faute duquel les fidèles pourraient conclure que, l'apostasie ayant été consommée avec Vatican II, la Tradition est tout ce qui reste de l'Eglise.
D'ailleurs, ce vieil évêque vêtu de blanc marchant péniblement vers la Croix parmi les cadavres pourrait bien évoquer symboliquement les hésitations du pape sourd aux demandes des traditionalistes et muet devant les divagations des modernistes.

Mais trêve d'hypothèses. Un texte est là. Que dit-il ?
En soulignant que la vision de Fatima concerne surtout la lutte des systèmes athées contre l'Eglise, il dit que cette vision ne concerne pas seulement cela.
Il désigne ainsi, même si les convenances diplomatiques interdisent de les nommer, des systèmes qui ne sont pas athées.
D'autre part, l'expression systèmes athées ne peut pas désigner, comme certains se sont empressés de le dire, le communisme et le national-socialisme qui sont des régimes totalitaires dont, au surplus, l'un, le national-socialisme, aux oriflammes et aux armes proclamant Got Mit Uns, ne peut pas sérieusement être qualifié d'athée même si certains dignitaires du régime affichaient leur haine du Dieu des chrétiens.
Si l'expression systèmes athées est venu sous la plume du cardinal c'est que ni le mot régime ni le mot philosophie ne convenaient.
Le communisme n'est pas une philosophie et la maçonnerie n'est pas un régime. Mais tous deux sont des systèmes. Or c'est surtout par des systèmes athées (communisme et maçonnerie) que l'Eglise catholique a été martyrisée au long du XXème siècle.

Les Portugais le savent mieux que quiconque en Europe occidentale, eux dont le pays a souffert sous les deux dictatures :
– celle des loges à l'époque où les petits bergers, pour avoir rendu publiques les apparitions de Fatima, étaient persécutés jusqu'à la torture par la maçonnerie qui possédait (dans tous les sens du terme) la République présidée par Machado, Grand Maître de l'obédience portugaise ;
– celle de l'ultra-gauche marxiste à l'époque de la sanguinaire « révolution des œillets ».
Mais c'est aussi par le judaïsme et l'islam qui, eux, ne sont pas athées que l'Eglise a souffert et souffre encore.
Celui-là lui impute faussement une complicité dans le génocide et exige un éternel repentir ; celui-ci égorge ses religieux comme à Tibehirine et prétend obtenir repentance pour les Croisades.
Et les deux ensemble refusent le message de l'Evangile.
Athées ou religieux, les systèmes résolus à détruire l'Eglise sont les responsables de « l'immense souffrance des témoins de la foi du dernier siècle du deuxième millénaire ».
De l'extérieur mais aussi de l'intérieur.

Dans 2000 ans d'histoire de l'Eglise (éditions Cœurs de France-Rémi Perrin), Laurent Touchagues résume en vingt pages les attitudes pour le moins contrastées de Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII, Jean XXIII et Paul VI face aux menées communistes et maçonniques qui ont fini par infiltrer au sommet de la hiérarchie catholique ses plus implacables ennemis :
– les uns francs-maçons : le cardinal Rampolla, puis, plus tard, le cardinal Tisserant, puis, plus tard encore, l'archevêque Bunini, destructeur de la vraie messe et qui, démasqué, fut exilé en Iran sans que son œuvre ténébreuse soit pour autant laissée à l'oubli ;
– les autres cryptocommunistes ou carrément staliniens : le cardinal Liénard, le cardinal Lercaro ou le cardinal Piasecki, marionnette des services soviétiques dans l'affaire Pax.
Quant aux systèmes islamique et judaïque, l'actualité a montré, l'un, contraignant le pape à se prosterner au Mur des lamentations, l'autre, le forçant à baiser le Coran.

26 mars 2000
Jean-Paul II prie devant le mur des Lamentations à Jerusalem

Mai 2001
Jean-Paul II baise dévotement un coran, ce livre où il est écrit,
noir sur blanc, entre autres, que les musulmans ne doivent
pas être amis avec les chrétiens ! (sourate V, verset 56)

Reste à comprendre le pourquoi des contorsions acrobatiques par lesquelles la vision de « l'immense souffrance des témoins de la foi » a pu devenir « le scoop de Fatima »…
Là encore, il faut s'en tenir aux textes.
Christine Ockrent, sur une radio boursière, et un anonyme de Libération ont mangé le morceau : « Rien ne vieillit aussi mal qu'une prophétie… », a plaisanté celui-ci. « Rien n'est plus facile que de prophétiser après l'événement », a ricané celle-là.
Le but de cette agitation médiatique est tout simplement d'en finir avec Fatima par l'arme talmudique par excellence : la dérision.
En ramenant le Troisième Secret à une vaticination de voyante moyennement douée, c'est la formidable puissance des miracles que l'on veut faire oublier.
Ce qui gêne, c'est moins que trois petits bergers ont vu une ombre vêtue de blanc tituber parmi les cadavres des martyrs.
Ce qui gêne, ce sont soixante-dix mille Portugais bien vivants, hommes et femmes, vieillards et enfants, paysans, savants, gendarmes, journalistes, politiciens, croyants ou incroyants, athées parfois et même ennemis de l'Eglise. Soixante-dix mille témoins qui, ils l'ont juré sans aucune exception, le 13 octobre 1917, à la Cova d'Iria et jusqu'à cinquante kilomètres à l'entour, ont vu le Soleil danser pour proclamer la Gloire du Tout-Puissant.
Et cet événement-là, il faudra autre chose qu'une imposture médiatique pour l'effacer. — Serge de Beketch — (Source : « Le Libre Journal » (*), mai 2000).

(*) « Le Libre Journal » Ouvre une nouvelle fenetre
4, rue place Franz Liszt
75010 Paris



Retour

Format texte


Accueil | Portugal | Les voyants | Apparitions | 3è Secret | Procès | Opposants | Pie X |
Pro-vie | Prières | Forum | Librairie | Livre d'or | Links | Dons | Guide

Site protégé par le Copyright ©