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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

.

Contribution : n° 39
Date: 05/04/2012
Nom: Kevin Georges.
Sujet: Quel est le sens de la consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie demandée par soeur Lucie ? (Ière partie)

1ère Partie de l'étude 2ème Partie de l'étude 3ème Partie de l'étude

QUEL EST LE SENS DE LA CONSÉCRATION DE LA RUSSIE
AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE,
DEMANDÉE A SŒUR LUCIE ? ( I )

(Demandes des 13 juillet 1917 à Fatima et 13 juin 1929 à Tuy,
avec développements en 1930 et 1931).

 

INTRODUCTION

L'étude qui suit a pour objectif de renouveler la réflexion sur la consécration de la Russie, et sa conversion (annoncée en 1917 à Fatima puis à Tuy en 1929) qui suivra. Nous tenterons de montrer par l'analyse que cette consécration sera d'abord et avant tout un acte Magistériel de nature essentiellement juridique.

Nous étudierons, ensuite, la conversion qui suivra, montrant qu'elle aura quelque chose à voir avec un grand exorcisme.

C'est pourquoi nous ferons précéder cette deuxième partie d'un panorama de l'état actuel de la fonction d'exorcisme dans l'Eglise catholique. Ce travail théorique (qui peut avoir d'autres applications que notre sujet sur Fatima...) nous servira à étayer notre thèse.

Nous tenterons enfin d'argumenter pour montrer que cette conversion sera l'effet d'une intervention personnelle de Notre-Dame (le « Tribunal de Marie »), précédant de peu la « Nouvelle Pentecôte » que tout le monde attend sans trop savoir comment et où elle se produira. Pour ouvrir tous ces travaux, nous ferons un bref rappel de ce qui avait été demandé par Notre-Dame à Fatima et à Tuy, en guise de remise en mémoire.

Puis, pour coller à l'actualité, et faire preuve de réalisme filial, nous terminerons en soulignant l'opportunité providentielle que peut représenter le Synode des Evêques sur « La nouvelle évangélisation », en octobre 2012, car il y aura là un « créneau providentiel » pour que la Hiérarchie de l'Eglise accomplisse intégralement la demande, connue depuis le 13 juin 1929.

 

PREMIERE PARTIE.

La nature de l'acte de consécration demandé :
Un transfert du pouvoir de juridiction sur la Russie.

 

Chapitre I
Rappel des demandes du Ciel.

 

1.1 - Fatima, le 13 juillet 1917 : la 1ère demande.

Cette demande constitue la trame de ce qu'on a appelé le 2ème secret. En voici le texte intégral d'après le 4ème Mémoire de Sœur Lucie :

« Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pêcheurs. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d'âmes seront sauvées et vous aurez la paix. La guerre va finir. Mais si on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, il en commencera une autre, pire encore. Lorsque vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne, qu'il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et de persécutions contre l'Église et le Saint-Père.

Afin de l'empêcher, Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des cinq premiers samedis. Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et un certain temps de paix sera accordé au monde. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc. Ceci, ne le dites à personne. À François, vous pouvez le dire. Lorsque vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : « O mon Jésus, pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l'enfer ; emmenez au Paradis toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin ».

1.2 - Tuy, le 13 juin 1929 : la demande circonstanciée de consécration de la Russie.

On est le jeudi 13 juin 1929 au soir, entre 23h00 et 00h00, à la chapelle du couvent des sœurs Dorothée à Tuy. Sœur Lucie fait l'Heure Sainte. Elle a une vision trinitaire : cloué sur une croix lumineuse, un homme. De ses joues et d'une blessure à la poitrine coulent du sang sur une hostie et dans un calice, qui restent suspendus en l'air à peu près à hauteur de ceinture. Sur la partie supérieure de la croix, elle voit un vieillard dans une lumière plus claire, avec une colombe également lumineuse sur sa poitrine. Sous le bras droit de la croix se trouve Notre-Dame avec son Cœur Immaculé dans la main gauche, sans épée ni roses, mais avec une couronne d'épines et des flammes.

Sœur Lucie comprend qu'elle voit le mystère de la très Sainte Trinité, sur lequel elle reçoit des lumières. Ensuite, Notre-Dame lui dit :

« Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »

Sœur Lucie écrit tout cela sur la demande de son confesseur qui, ayant lu, lui demande des précisions. Sœur Lucie les lui donne :

« Si je ne me trompe, le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne de faire à tous les évêques du monde catholique un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux Très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si sa Sainteté promet, par le moyen de la fin de cette persécution, d'approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus [les cinq premiers samedis du mois]. »

1.3 - Rianjo, en août 1931 : les plaintes de Notre Seigneur Jésus-Christ à Sœur Lucie (locution intérieure) :

« Fais savoir à mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du roi de France en retardant l'exécution de ma demande, qu'ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et Marie ».

1.4 - Lettre de Sœur Lucie, écrite en 1936 :

Voici ce que Notre Seigneur a fait comprendre à Sœur Lucie, et qu'elle a retranscrit : « Ils n'ont pas voulu écouter ma demande !... Comme le roi de France, ils se repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. »

 

Chapitre II
La consécration de la Russie est faite, nous dit-on, mais ...

 

Nous ne passerons pas ici en revue ce que les Papes successifs depuis Benoît XV ont fait pour la cause de Fatima, bien que ce soit du plus haut intérêt. Nous nous contenterons d'examiner les actions de deux Papes, Jean XXIII et Jean-Paul II, car c'est leurs actions qui ont été les plus déterminantes, à notre avis.

2.1 - Ce que le pape Jean XXIII a fait :

Jean XXIII a lu le « secret de Fatima » (le 17 août 1959 semble-t-il) mais ne l'a pas publié en 1960, comme espéré par beaucoup. D'après le père Alonso, grand spécialiste de Fatima, (dans « La vérité sur le secret de Fatima », Ed. Française – Téqui – 1979) Jean XXIII avait déclaré : « Cela ne concerne pas les années de mon pontificat ».

Mais le Pape voulait, pour le concile tout proche, la présence d'observateurs orthodoxes russes. C'est pourquoi il y eut ce que l'on a appelé les « Accords secrets de Metz » de l'été 1962. Par ces accords secrets verbaux, Jean XXIII s'engageait à ce que l'Église catholique romaine ne prononce pas de condamnation contre le communisme ; et en échange, il obtenait la venue des observateurs orthodoxes russes, tant désirée.

Il semble que ni lui, ni ses successeurs, ne sont revenus sur cet accord, dont on ne sait s'il engageait le seul Pape Jean XXIII avec le Concile Vatican II, ou s'il s'étendait aussi aux successeurs de Jean XXIII.

Cet accord secret verbal ne se situe pas sur le plan dogmatique ou pastoral, mais sur le seul plan diplomatique. Le Vatican a donné sa parole et ne peut pas la reprendre ! Et il semble bien que les papes successifs ont continué à respecter cet accord ... En tout cas cela nous semble une explication plausible et logique de ce qui a suivi. Car si cet « accord secret verbal » a une portée plus large que le seul Concile Vatican II, on ne voit pas comment l'Église pourrait s'en trouver déliée, sinon par une demande de ceux-là mêmes (ou leurs successeurs) qui ont reçu cette promesse du Pape. En tout cas, cette hypothèse a le mérite d'expliquer entièrement l'attitude des papes par la suite !

Le Pape Jean XXIII a dû également intervenir diplomatiquement pour éviter une guerre Américano-soviétique lors de l'affaire de Cuba en octobre 1962. Le 24 octobre 1962, au matin, il envoie un message aux deux « Grands » par le canal des ambassades à Rome. Cette action du pape est indiscutable puisqu'il en a transparu quelque chose dans la presse, y compris dans le journal la Pravda ! Voici quelques extraits de ce discours du pape :

« Paix ! Paix ! [...]. Nous supplions tous les gouvernants de ne pas rester sourds à ce cri de l'humanité. Qu'ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour sauver la paix. Ils éviteront ainsi au monde les horreurs d'une guerre, dont nul ne peut prévoir quelles seraient les effroyables conséquences. [...] ».

Cette crise majeure aurait très bien pu dégénérer en conflit nucléaire. Jean XXIII a donc touché du doigt le fait que lui aussi était concerné par la question de la conversion de la Russie ! Il a, peut-être bien, compris alors qu'il s'était trompé de stratégie.

En tout cas, c'est un fait avéré mais peu connu qu'il a offert sa vie pour la conversion de la Russie, dans la nuit du 26 au 27 décembre 1962.

Cette offrande figure en toutes lettres dans le livre qu'il a écrit « Histoire de l'âme », et dont son secrétaire Mgr Capovilla a aussi publié les pages essentielles. C'est ainsi qu'on l'a su. On en trouve des traces dans d'autres publications, par exemple le « Jean-XXIII » écrit par M. Paul Dreyfus, aux éditions Le Sarment – août 2000 – p. 366.

On se rappellera que Jean XXIII est mort six mois après, le 3 juin 1963, dans les grandes souffrances d'un cancer généralisé ...

2.2 - Ce que le pape Jean-Paul II a fait :

Ce grand Pape et grand dévot de Marie a fait beaucoup ! Qu'il nous suffise de rappeler que le 7 juin 1981, il remet « toute la famille humaine » entre la main de la Mère des hommes et des peuples. Puis le 13 mai 1982, il consacre « le monde » selon les mêmes termes qu'en 1981. Sœur Lucie fait aussitôt savoir, par le Nonce Apostolique, que ce n'est pas ce que Notre-Dame demande.

Le 19 mai, expliquant pourquoi il n'a pas nommément consacré la Russie, Jean-Paul II affirme qu'il a fait tout ce qu'il pouvait selon les circonstances !!!

(Vous avez bien compris que nous pensons, nous, expliquer cette impossibilité de nommer directement la Russie, et le curieux « selon les circonstances », par les accords secrets de 1962).

Enfin le 25 mars 1984, Jean-Paul II consacre « le monde » à la Mère des hommes et des peuples, en union avec les évêques du monde entier (Nb : pour la 1ère fois !). À cette occasion, il y aurait eu une mention voilée de la Russie par le Saint-Père seul.

Or voici ce qui suivit :

Le 13 mai 1984, une fantastique explosion se produit, qui affole les oscillographes (appareils enregistrant les ondes sismiques terrestres, lors d'un tremblement de terre par exemple, ou encore lors d'une explosion nucléaire) des stations de surveillance du monde entier. Le Kremlin et les états-majors soviétiques se mettent aussitôt en état d'alerte maximum, le doigt sur le bouton pour la riposte nucléaire. Car dans un premier temps, ils croient à une attaque nucléaire brusquée de la part des USA. Le président Reagan est prévenu par la CIA et le Pentagone : il s'agit de l'explosion de plusieurs dépôts de missiles conventionnels et nucléaires de l'Armée Rouge à Severomorsk, près de Mourmansk, sur la péninsule de Kola en Russie.

Selon « Le Figaro-Magazine » du 20 octobre 1984, les pertes auraient été de plus des trois-quarts de tous les stocks de missiles de la flotte soviétique du Nord, la plus importante des quatre flottes soviétiques.

Le maréchal Ogarkov, Commandant en Chef de l'Armée Rouge, qui faisait partie des « faucons » et plaidait pour une attaque brusquée de l'Occident, et qui se mêlait de plus en plus de politique, est limogé et rétrogradé. Le Ministre de la Défense, le Maréchal Oustinov, risque d'être remercié avec Tikhonov, le Président du Conseil. La lutte au sommet de l'État Russe est à son comble entre Tchernenko, de plus en plus malade, Gromyko, les Romanov, et autres Gorbatchev ...

L'accident a provoqué un gigantesque incendie et fait des centaines de victimes (plus de 400) et des milliers de blessés. Le black-out ayant été imposé aussitôt, les choses ont filtré peu à peu vers l'Occident. On a alors appris que d'autres accidents (6 en tout) avaient eu lieu les mois précédents, toujours dans des stocks de missiles (et très curieusement, souvent les 13 du mois ... Nous n'en tirons aucune conclusion pour le moment, faute de renseignements précis).

Si l'on comprend bien, le bloc soviétique possédait en 1984 les moyens militaires, la volonté politique, et les hommes décidés placés aux postes-clés pour envahir l'Occident. Il se pourrait bien que, grâce à l'intervention du Pape Jean-Paul II, nous ayons échappé, de nouveau grâce au Vatican, à une troisième guerre mondiale, et peut-être à une catastrophe nucléaire généralisée.

Tout le monde connaît la suite des événements : la glasnost, la perestroïka, Gorbatchev, la chute du communisme et la disparition de l'URSS, la réapparition de la Russie (à la date mariale du 8 décembre 1991) avec Eltsine et maintenant Poutine.

La consigne générale au Vatican et à Fatima devient « La consécration est faite ; il n'y a pas lieu de revenir dessus ». Et le silence s'installe, entrecoupé de la béatification de Jacinthe et François Marto, avec la publication du troisième secret en juin 2000.

2.3 - Mais alors, quelle réponse apporter à cette très importante question qui concerne les catholiques du monde entier : oui ou non, la Russie est-elle consacrée, comme demandé à Fatima ?

On a vu :

               - ni le retour du schisme orthodoxe russe à l'unité romaine ;
               - ni la conversion des athées à la foi catholique ;

Et il est clairement impossible de dire que nous avons la Paix, cette Paix du Christ, qui n'est pas l'absence de conflits sous le contrôle armé de l'ONU, mais la « tranquillité dans l'ordre » de Saint Thomas d'Aquin.

Deux milliards d'êtres humains sont encore enfouis sous l'épais linceul du communisme, privés de toute possibilité d'accéder à la foi.

On peut en conclure, en remontant des effets aux causes, que la consécration de la Russie n'a pas été faite telle que le Ciel la demandait, (pour ces raisons « X » que nous avons essayé d'éclairer) et qu'il reste quelque chose à faire pour arriver à ce « Finalement, ils le feront... ».

De plus, il faut répondre fermement que ce sont bien les malheurs annoncés qui se sont produits. La Russie communiste a répandu dans le monde ses erreurs, provoquant guerres et persécutions ! Les bons ont été martyrisés, et le sont encore ! Le Saint Père a eu beaucoup à souffrir, et a encore beaucoup à souffrir. Et donc la conclusion logique, imparable, suit.

La consécration de la Russie, qui devait être suivie de la paix et de la double conversion de la Russie, n'a pas été faite comme demandé par le Ciel. Ou encore, pour dire les choses clairement :

La Consécration est à refaire comme demandé pour obtenir la conversion de la Russie (et elle se fera, comme prophétisé, même si « il sera tard »).

 

Chapitre III
La demande de consécration de la Russie.

 

Nous allons essayer de décortiquer la demande de Notre-Dame à Fatima pour essayer de mieux la comprendre.

Telle que l'a explicitée Sœur Lucie, cette consécration comporte plusieurs conditions :

     - par le Pape et (sur son ordre) l'ensemble des évêques du monde catholique ;
     - un acte solennel et public de réparation ;
     - adressé conjointement aux Cœurs de Jésus et de Marie.

Passons en revue ces conditions pour essayer d'en comprendre la signification.

3.1 - Le Pape et sur son ordre, l'ensemble des évêques du monde catholique.

C'est ce qu'on appelle l'Eglise enseignante, le Magistère : le Pape, qui détient en plénitude le pouvoir de juridiction ; et les évêques, collégialement, lorsqu'ils sont en union avec le Souverain Pontife.

Le pouvoir de juridiction comporte 2 formes :

A - Le pouvoir déclaratif.

Le pouvoir déclaratif concerne le dépôt de la révélation divine. C'est alors la voix de son fondateur, le Christ, que l'Eglise fait entendre, et non pas sa voix à elle.

C'est pourquoi il est divinement assisté, infaillible et irréformable. Ce qui est « déclaré » selon les formes, et dans les seuls domaines prévus, devient dogme de foi auquel il faut adhérer, sous peine de n'être plus intégralement catholique. C'est le cas par exemple des définitions des dogmes de l'Immaculée Conception et de l'Assomption de la Vierge Marie, ou de l'infaillibilité pontificale.

A quelle occasion ce pouvoir pourrait-il être exercé ?

Lors de la définition d'un nouveau dogme, un dogme marial comme la co-rédemption par exemple ; alors la Consécration de la Russie pourrait en être une application avec sa mise en pratique immédiate.

B- Le pouvoir canonique.

Ce pouvoir a pour but de protéger le dépôt de la foi et d'organiser la vie chrétienne. C'est sa propre voix que l'Eglise fait entendre !

Il pourrait aussi être utilisé pour une consécration de la Russie correspondant à un vœu unanime, une demande générale amenant des millions de demandes au Saint Père, impliquant les évêchés du monde entier. Cela pourrait être un des fruits, dans la piété populaire, de la diffusion mondiale de la dévotion réparatrice des 5 premiers samedis du mois.

Pour prendre une image chère au cœur des Français, l'érection de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre a suivi de près l'expression de la demande par un grand nombre de familles françaises ; le législateur n'a fait que suivre cette forte demande : ce fut le Vœu National (24 juillet 1873).

Cela pourrait provenir aussi d'une demande d'aide et de secours de la hiérarchie orthodoxe Russe, constatant (par exemple dans un futur proche) une forte renaissance du communisme, alors que, seuls, ils n'ont pas pu lui résister dans le passé ! Leur liberté actuelle n'est d'ailleurs pas venue d'eux-mêmes. Elle est venue de la Pologne, de la Pologne catholique, puis du Vatican, voilà la vérité.

Quoi qu'il en soit, on commence à comprendre que si c'est le Magistère de l'Eglise qui fait cette consécration collégiale de la Russie, celle-ci comporte un aspect JURIDIQUE (puisqu'il s'agit d'un pouvoir de juridiction !) qui, peut-être, a échappé à la perception et à la compréhension du sens de cet acte. En effet, on a beaucoup vu dans cette consécration un acte de dévotion, de piété mariale, de louange mariale, d'hyperdulie, de confiance et d'abandon, d'obéissance pure à Dieu dans l'obscurité de la foi, tout cela étant très bon ; mais, mais, mais... si c'est autre chose qui est en jeu ?

Le pouvoir de juridiction a été conféré par le Christ à Saint Pierre et aux Apôtres en vue des grandeurs de Sainteté à édifier. Le Pape et les Evêques en sont les héritiers directs et perpétuels.

Si Dieu veut transférer ce pouvoir à Notre-Dame, pour un temps et pour une raison particulière (ce qu'il n'a d'ailleurs pas à justifier, étant seul Dieu et infiniment bon), il ne peut pas le reprendre de force à la Hiérarchie instituée par Lui-même ! Il est obligé de le demander et d'attendre que la Hiérarchie veuille bien adhérer et obéir, ou bien comprendre, et obéir ensuite.

Mais Dieu est libre de faire tourner les évènements, en agissant sur les causes secondes, de manière à obtenir ce qu'il veut. Quand à Notre-Dame, dans son immense humilité, elle ne demande rien. Elle se contente de nous transmettre la demande de Dieu...

Voila, nous semble-t-il, le sens profond de ce qui s'est passé à Fatima et Tuy :

Dieu est venu demander poliment, par la bouche de Notre-Dame, que le Magistère au complet de l'Eglise catholique veuille bien transférer pour un temps et pour un but précis, son pouvoir de juridiction sur la Russie à sa Très Sainte Mère.
Et il faut bien qu'il demande par l'intermédiaire d'un être humain, sinon, s'il demandait lui-même, tout le monde l'accuserait de forcer notre liberté en se dévoilant directement...

3.2 - Un acte solennel et public de réparation.

La doctrine du matérialisme athée attaque Dieu en face et tente de rendre vains les fruits de la Rédemption. Cette doctrine a été définitivement condamnée, parce qu'irréformable et intrinsèquement perverse, par le Pape Pie XI dans l'encyclique « Divini Redemptoris » du 19 mars 1937. On remarquera que cette encyclique a été publiée en latin, c'est-à-dire qu'elle a une portée universelle, alors que l'encyclique « Mit brennender sorge », du même Pape Pie XI, publiée le 14 mars 1937, soit 5 jours plus tôt, est en allemand, puisque destinée au peuple allemand où s'incarnait la doctrine de la « race supérieure ».

Toute faute doit être réparée, en justice humaine d'abord, et encore plus en justice divine. C'est pourquoi les horreurs provenant du communisme doivent recevoir une réparation globale, solennelle, publique, dont la portée tant humaine que surnaturelle ne peut échapper au chrétien formé. C'est pourquoi aussi seule la Hiérarchie de l'Eglise catholique peut valablement poser cet acte de réparation. Public et solennel, il ouvrira la voie à la consécration qui suivra aussitôt. Cette réparation sera un acte de Justice, nécessaire pour apaiser et rendre propice Dieu, qui est aussi infiniment juste qu'il est infiniment bon. Et qui attend cette réparation pour permettre à Notre-Dame d'agir...

On complètera le sens profond du chapitre précédent en disant :

A Fatima, Dieu est venu demander poliment, par la bouche de Notre-Dame, que le Magistère au complet de l'Eglise catholique veuille bien, après un acte clair, solennel et explicite de réparation, transférer pour un temps et pour un but précis, son pouvoir de juridiction sur la Russie à sa Très Sainte Mère.

Kevin Georges

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