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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

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Contribution : n° 34
Date : 15/01/2008
Nom : Laurent Morlier
Sujet : Lettre ouverte à Monsieur Paul Chaussée

LETTRE OUVERTE À L'AUTEUR DU LIVRE :
« LA PORTE DU CIEL »

Lettre de Laurent MORLIER à Paul CHAUSSÉE en date du 16 JUILLET 2006

Cher Monsieur,

Nous nous permettons de vous adresser ces quelques lignes de critique au sujet de votre livre « LA PORTE DU CIEL » (par ailleurs très intéressant) lorsqu’il évoque le fameux troisième Secret du 26 juin 2000. A plusieurs reprises, vous laissez entendre qu’il s’agit d’un faux texte (p. 156 — p. 173), mais p. 174, vous penchez finalement pour une « solution » intermédiaire qui ne manque pas de nous surprendre :

« Le risque de scandale étant énorme, il nous semble que, si faux il y a, ce fut plutôt par l’amputation du commentaire marial accompagnant la vision et par les explications alambiquées du Vatican qui la remplacèrent. Car la vision elle-même permet une interprétation conciliable avec les hypothèses que nous avons évoquées plus haut. »

Nous sommes d’autant plus surpris que nous avons déjà répondu à cette hypothèse insoutenable, et que vous avez lu cette réponse puisqu’elle figure dans notre livre de 2001, 3ème édition p. 51 (chapitre IV)… Évidemment, votre hypothèse permet de ménager la chèvre (l’honorabilité du Vatican) et le chou (la cohérence du message de Fatima). C’est une hypothèse « bien pensante » qui évite des conclusions trop dérangeantes que certains jugeront trop « extrêmes »… Donc, à ce titre, elle est « acceptable », elle ne choque pas trop et donc elle doit être vraie… Sautons le pas : c’est certainement la vraie solution ! Mais résiste t-elle aux faits, à la simple vérité des faits, des déclarations et des documents ? Non, et vous le savez bien ! Pour mémoire, car nous n’allons pas reprendre tous les arguments déjà exposés, cette hypothèse est inconciliable avec les affirmations de ceux qui ont vu, touché ou eu accès au texte physique du 3ème Secret :

— Cardinal Ottaviani (qui a lu et touché le document) : « Lucie nous dit qu’elle l’a écrit sur une feuille de papier. Le Cardinal Ottaviani, qui l’a lu, nous dit de même : « "Elle a écrit sur une feuille (on dit “foglio” en langue italienne) ce que la Vierge lui dicta pour le dire au Saint-Père…" »[1]

— Signalons aussi le témoignage [2] de Mgr Venancio qui, en 1957, avant de la porter au nonce de Lisbonne, regarda en transparence l’enveloppe contenant le manuscrit du Secret :

« Mgr Venancio raconte qu’une fois seul chez lui, il prit la grande enveloppe du Secret et qu’il essaya de voir, par transparence, quel en était le contenu. Dans la grande enveloppe de l’évêque, il discerna une enveloppe plus petite, celle de Lucie, et à l’intérieur une feuille ordinaire, avec trois quarts de centimètre de marge de chaque côté. Il prit le soin de noter la taille de tout cela. L’ultime Secret de Fatima est donc écrit sur une petite feuille de papier. (…) Il est donc sûr que le vrai troisième Secret est relativement bref. »[3]

« L’ultime Secret de Fatima, écrit sur une petite feuille de papier, n’est donc pas très long. Probablement vingt à vingt-cinq lignes [simple supposition], c’est-à-dire à peu près de la même longueur que le deuxième Secret. »[4]

— La « Contre Réforme catholique » ajoute même un nouveau témoignage plus récent : celui de Mgr Loris Capovilla qui fait état de « quatre ou cinq petites pages [5] » (= le texte publié par le Vatican), témoignage qui ne va pas à l’encontre des autres (contrairement à ce que certains pourraient penser) puisque sur une seule FEUILLE d’un format standard (A4) pliée en deux, on obtient de fait « 4 petites PAGES » si le texte a été écrit recto-verso. Cela ne prouve pas pour autant l’authenticité du texte du 26 juin 2000 mais au moins nous sommes sûrs que le texte ne peut pas être plus long. Rappelons que si Mgr Venancio a pu voir « une seule feuille » et la taille du document, il n’a pu voir la disposition du texte sur cette feuille. Impossible cependant d’y mettre cinq pages puisqu’il faudrait alors deux feuilles. Précisons que Mgr Loris Capovilla fut le secrétaire de Jean XXIII. Mais il a déclaré par ailleurs dans le magazine “Trente Jours”, que « Jean-Paul II s’étant reconnu comme “l’Évêque vêtu de blanc”, il est irrespectueux de faire d’autres hypothèses » !! On voit par là que l’impartialité de son témoignage est néanmoins plutôt sujet à caution… mais, ceci étant, il ne contredit nullement les deux précédents (du cardinal Ottaviani et de Mgr Venancio).

Ajoutons de surcroît que le texte manuscrit reproduit en fac-similé par le Vatican (quatre petites pages), porte comme début : « La troisième partie du Secret révélée le 13 juillet 1917 à la Cova da Iria, Fatima. » C’est donc le titre du document et il est clôturé par une date : « Tuy 3-1-1944. »

Face à ces témoignages, nous donnions donc en 2001 cette conclusion logique :

« il n’y a [donc] absolument pas de place pour un autre texte annexe complémentaire [le texte publié par le Vatican faisant quatre petites pages et prenant donc la place d’une feuille grand format pliée en deux recto-verso]. Cette hypothèse d’un troisième Secret en deux parties (vision + message), et dont l’une aurait été occultée, ne tient donc pas, d’autant que le fac-similé produit par le Vatican a bien un début et une fin et il faudrait alors, dans ce cas précis, que Sœur Lucie ait rédigé le soi-disant « Message occulté » (les paroles expliquant la vision) sur une autre feuille de papier — un 4ème Secret en quelque sorte ! —, hypothèse évidemment à exclure en raison des témoignages rappelés ci-dessus.[6] »

Et lorsque sœur Lucie a dit à l’évêque lors de la remise de l’enveloppe qu’il pouvait le publier soit à sa mort, soit en 1960 ou soit si l’évêque le commandait, elle n’a pas fait état d’une autre enveloppe qui aurait contenu un prétendu texte complémentaire explicatif. L’enveloppe qu’elle a remise contenait donc manifestement tout. C’est la logique même.

***

Votre hypothèse ne repose donc sur rien de cohérent ni de plausible et est donc une chimère pour éviter d’arriver à une conclusion qui est trop choquante. Nous sommes navrés de devoir vous écrire cela, mais comment voulez-vous que le débat avance si on ne tient pas compte des faits et qu’on se lance dans de pures hypothèses qui n’ont pour elles aucun élément tangible en leur faveur, pas même l’ombre d’un commencement de preuve !

Votre seul argument, c’est « le risque de scandale »… Cependant, l’énormité d’un mensonge n’est jamais un argument valable pour en écarter la possibilité. Au contraire : plus le mensonge est gros, plus il passe facilement ! Surtout quand on sait ce qu’est capable le Vatican avec la mort de Jean-Paul Ier… Ou alors, il faut dire pareillement : le risque de scandale étant énorme, l’assassinat de Jean-Paul Ier ne peut être réel, et donc là aussi vivre dans une chimère. Il faut pourtant lire le témoignage accablant du Père Jesús López Sáez, prêtre d´Avila, prestigieux catéchiste et fondateur de la communauté d´Ayalá, qui vient nous confirmer le contraire :

Se remémorer aussi les plans maçonniques d’infiltration dans l’Église… : « Mais le jour où l’imaginaire harpon... pêcherait, attaché par un fil, des laïques de marque, des prêtres, des moines, des évêques, peut-être des cardinaux, quel sera, dites-moi, le pêcheur, petit ou grand, qui d’effroi, ne laissera pas retomber dans l’eau le harpon et tout le reste ? »[7]

Ainsi, transposé à l’affaire Fatima, en voyant le cardinal Ratzinger révéler un faux troisième Secret ou un troisième Secret « arrangé », devant l’énormité du scandale, ne sommes-nous pas tentés « d’effroi, de laisser retomber dans l’eau le harpon et tout le reste » ?

***

Cette lettre vous est écrite en toute amitié et nous espérons que vous ne prendrez pas mal nos réflexions, mais comprenez que c’est assez déplaisant pour la cause de Fatima de voir des hypothèses se répandre (et massivement avec la parution d’un roman sur le sujet aux USA, diffusé à plus d’un million d’exemplaires ; la traduction française vient de paraître) qui ne peuvent qu’accentuer la confusion puisqu’elles ne sont pas basées sur les faits et qu’elles sont en contradiction avec ce que nous savons de façon certaine sur le texte même du Troisième Secret. Comme nous l’écrivions ci-dessous, elles sont à ce titre « insoutenables ».

Même la communauté d’Avrillé ne soutient plus cette hypothèse. Et il me semble que l’Abbé Delestre a abandonné cette position.

Autrement dit, deux hypothèses peuvent seulement être soutenues :

— soit le texte du 26 juin 2000 est un faux, une fabrication humaine qui reprend sans doute des éléments du vrai troisième Secret [la question du Pape par exemple] mais dans un texte volontairement d’une grande confusion.

— soit ce texte est pleinement authentique :

Reste toutes les impossibilités et contradictions évoquées dans mes ouvrages et le fait que personne ne sait au juste ce qu’il veut vraiment dire et que les hypothèses pour son interprétation sont aussi nombreuses que le nombre de chapelles ou de paroisses… De surcroît, qui aura autorité pour donner LA bonne interprétation ??? Drôle de texte donc à l’utilité plus que douteuse !

Il nous semble qu’il serait donc souhaitable de corriger votre analyse à ce niveau lors d’une prochaine édition…

En attendant,

Veuillez croire, Cher Monsieur, à l’assurance de nos sentiments bien cordiaux et dévoués.

  Laurent MORLIER

P.S. : Concernant la longueur du texte et sa disposition, j’ai écrit qu’on ne pouvait rien affirmer de précis (notamment en nombre de lignes) mais seulement conclure que le texte présenté par le Vatican constituait une longueur maximale et qu’il permettait d’affirmer que de toutes manières le texte ne pouvait pas être plus long (ce qui exclu les hypothèses comme quoi il manquerait les paroles qui expliqueraient la vision : hypothèse en son temps de l’abbé Delestre, qu’apparemment il semble ne plus soutenir).

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