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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

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Contribution : n° 30
Date : 29/06/2007
Nom : François Girard (Rouen)
Sujet : Quels devoirs et quelles pénitences ?

QUELS DEVOIRS ET QUELLES PÉNITENCES ?

On a maintes fois demandé à Sœur Lucie quelle était la nature des pénitences demandées par la Sainte Vierge. Elle a toujours répondu que le chrétien moyen n'était pas tenu de s'imposer des mortifications extraordinaires, mais que le minimum de pénitence nécessaire est d'observer exactement tous les commandements de Dieu et de pratiquer consciencieusement son devoir d'état.

Notre Seigneur, dans une apparition, lorsqu'elle était religieuse dorothée à Tuy, daigna lui préciser cette doctrine. Voici ce qu'elle écrivait dans une lettre datée du 20 avril 1943 à Mgr Manuel Maria Pereira da Silva, alors évêque de Gurza : « Voici la pénitence que le Bon Dieu demande : c'est le sacrifice que chacun doit s'imposer à lui-même pour mener une vie de droiture dans l'obéissance à sa loi. Il veut pour mortification l'accomplissement simple et honnête des tâches quotidiennes et l'acceptation des peines et des soucis. Il désire que l'on fasse connaître clairement cette voie aux âmes, car beaucoup, prenant le mot de pénitence dans le sens de grandes austérités et ne s'en sentant pas les forces ni la générosité, se découragent et se reposent dans une vie de tiédeur ou de péché.
Du jeudi au vendredi, étant à la chapelle avec la permission de mes Mères supérieures, à minuit, Notre-Seigneur me disait : "Le sacrifice que Je demande de chaque personne c'est l'accomplissement de leurs devoirs d'état et l'observance de Ma loi. Voilà la pénitence que Je demande et requiers maintenant" ».

1°) Les devoirs :

L'on distingue deux sortes de devoirs : les devoirs généraux qui incombent à l'homme en tant qu'homme ou au chrétien en tant que chrétien, et les devoirs particuliers qui sont propres à certaines catégories : on appelle ces derniers, devoirs d'état. Devoirs généraux sont les commandements de Dieu et de l'Église, les vertus chrétiennes soit théologales, soit morales. Ceux-ci constituent la morale universelle ; les autres la morale particulière. Ces derniers n'obligent pas moins que les autres, et, cependant, on les méconnaît souvent. Les uns con­cernent les laïques; les autres, les clercs et les religieux. On les nomme devoirs d'état, parce qu'ils sont spéciaux aux divers états ou professions que l'homme embrasse ou dans lesquels il vit. Un clerc a des devoirs que n'a pas le laïque; un religieux a des devoirs que n'a ni le laïque, ni le simple clerc. Parmi les laïques, il y a même de nombreuses classes, dont chacune a des devoirs propres : par exemple, il y a les employeurs et les employés, les parents et les enfants ; il y a les devoirs du juge, de l'avocat, du demandeur, de l'accusé, du té­moin, du médecin, etc. Chaque intéressé doit les connaître, et pour cela les étudier ou se les faire enseigner.

Ces devoirs sont, comme les devoirs communs, graves ou légers suivant leur nature, leur matière, les circonstances. Ils naissent de devoirs généraux, de contrats ou de quasi-contrats. Les parents, par exemple, ont vis-à-vis de leurs enfants des devoirs d'entretien, d'assistance, d'éducation, d'instruction. Ces devoirs découlent de la nature : les auteurs de la vie sont obligés à poursuivre leur œuvre, jusqu'à ce que le nouvel être possède ce qu'il lui faut, pour faire, son chemin dans le monde. D'autre part, et par consé­quence, les enfants doivent à leurs parents l'amour, le respect, l'aide et l'obéissance, qui sont comme l'au­tre bout de la chaîne qui unit étroitement les parents et les enfants. Cette double série d'obligations réci­proques est commandée par les deux grandes vertus de justice et de charité. Ici c'est la nature qui ordonne ; ailleurs c'est un contrat libre ou un quasi-contrat, par exemple entre l'employeur et l'employé, l'avocat, le médecin, l'instituteur et l'élève, etc. Du moment que l'on emploie quelqu'un, on lui doit ce qui convient comme juste rému­nération de son travail. La charité demande, en outre, qu'on le traite avec humanité et bonté. Mais l'employé est tenu d'exécuter fidèlement ce qui a été contracté et de se montrer respectueux et aimable envers son patron. L'instituteur est le délégué des parents : il en a les devoirs, mais aussi les droits vis-à-vis de ses élèves. L'avocat et le médecin, en acceptant des clients, s'engagent au moins tacitement à donner d'une ma­nière consciencieuse les soins que ceux-ci réclament. Et ainsi des autres. C'est la conscience, en dehors des lois positives, qui révèle ces divers devoirs, en appli­quant aux intéressés les règles générales. Un certain nombre de ces obligations font aussi l'objet de lois civiles ou canoniques.

Ce n'est pas seulement la profession qui crée des devoirs particuliers, c'est aussi les dons naturels ou surnaturels que l'on a reçus de Dieu, comme la richesse, la puissance, le talent, etc. Ceux qui détiennent ces biens ont des devoirs que n'ont pas ceux qui en sont dépourvus. Car c'est une obligation de faire fructifier ce que l'on possède, comme nous l'apprend Notre-Seigneur Jésus-Christ par la parabole des talents. Le serviteur qui laissa stérile le talent qui lui avait été remis, fut sévèrement châtié. Matth., XXV, 25. C'est un péché d'omission ou de paresse. Combien n'ont pas l'air d'y penser ! Tout bien crée un devoir.

Les obligations propres aux clercs et aux religieux sont librement assumées par eux ; mais, une fois accep­tées, ils doivent s'y tenir. Ces devoirs diffèrent suivant la situation, les charges ou les dignités de chacun. Il y a les obligations communes à un état, et les obligations propres à chaque classe d'hommes composant cet état. C'est un domaine étendu et fort varié, que l'on ne connaît pas toujours assez. Il appar­tient au conseiller moral ou au directeur de conscience de le révéler et de fixer la limite de l'obligation, sans confondre le conseil et le devoir.

2°) La pénitence :

Si nous suivons le conseil que l'Ange donna aux pastoureaux : « Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur voudra vous envoyer », nous changerons en source de mérites les mille incidents de nos journées qui, malheureusement trop souvent nous sont des occasions d'impatience, d'énervement et par conséquent d'imperfections, voire de péchés véniels. Le mérite sera plus grand si, à la soumission à la volonté de Dieu s'ajoute une offrande pleine d'amour.

Non seulement nous fuyons instinctivement ce qui est une souffrance, une gêne, une contradiction, mais lorsque ces désagréments s'imposent quand même à nous, au lieu de les accepter « avec soumission », nous explosons en plaintes et en gémissements. C'est une habitude aussi commune que funeste que de se plaindre constamment de ses ennuis, petits et grands. Ne peut-on pas dire que c'est une manie contemporaine ? Elle doit apparemment son extension à la presse moderne et à la télévision qui cherchent à s'attirer la sympathie du lecteur et téléspectateur en lui répétant sans cesse ce qui manque à son bonheur et en lui proposant quotidiennement des publicités aguichantes qui aiguisent sa soif de bien-être et de jouissance.

Nous vivons un siècle de récriminations, de revendications. Outre ces plaintes générales, chacun se plait à gémir avec une exagération inconsciente, sur tout ce qui peut, croit-il, le rendre intéressant à ses interlocuteurs : pluie, froid, mauvais état des routes, caractère de tel ou tel voisin, etc... Cette manie du gémissement, de la récrimination, est, sans conteste, directement opposée à l'esprit de pénitence de l'Évangile, lequel nous demande de recevoir tout ce qui nous arrive comme venant de la main de Dieu ; elle répugne aussi à la pensée générale du message de Fatima si bien vécu par nos petits pastoureaux. Si nous n'avons pas le courage d'imiter leurs mortifications, ayons au moins, celui d'accepter comme eux, « les souffrances que le Seigneur veut nous envoyer ».

Ce serait bien peu d'admirer ces petits héros si nous ne cherchions à les imiter. Leur courage — et cela n'enlève rien à leur mérite — était une grâce du Ciel ; Lucie nous a dit que la deuxième visite de l'Ange avait laissé dans leur esprit une profonde compréhension du mystère de la souffrance. Malgré cela, Notre-Dame jugea nécessaire de leur promettre une grâce spéciale de patience : « Vous aurez beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera toujours votre refuge ». La même promesse nous est faite si nous acceptons les épreuves avec la même soumission à la volonté divine.

Pour attirer les grâces qui les soutinrent, pourquoi n'utiliserions-nous pas la prière d'offrande que leur enseigna la Sainte Vierge ? : « O Jésus, c'est pour votre amour, pour la conversion des pécheurs et en réparation des péchés commis contre le Coeur Immaculé de Marie. »
La réciter seulement à la prière du matin pourrait transformer en sacrifices méritoires les activités de nos journées chargées de travaux et de soucis et attirer sur elles le regard du Seigneur.

Ne l'oublions pas, la pénitence et le sacrifice ne sont pas un accessoire de la vie chrétienne ; ils y entrent comme une nécessité impérieuse et inévitable. Si le chrétien ne l'accepte pas spontanément, la force des circonstances le contraint à les subir. Mais alors, s'il se plaint et se récrie, il en perd toute la valeur humaine et le prix surnaturel, car il souffre dans la haine et non dans l'amour et il charge encore plus sa conscience.

Pensons-nous quelquefois que nos plaintes s'adressent en réalité à la divine Providence comme une sorte de reproche continuel, puisque, nous l'avons appris au catéchisme, rien n'arrive dans le monde sans son ordre ou sans sa permission ? On n'y songe pas, mais toute plainte est une sorte de blasphème déraisonnable et injuste. Injuste puisque les désagréments et les petits malheurs dont nous nous plaignons, sont, après tout, le juste châtiment de nos manquements quotidiens. Maternellement, la divine Providence nous offre, par ces peines quotidiennes, le moyen de réparer nos fautes quotidiennes, et, de ce qui pourrait être un bienfait pour notre âme, nous faisons une occasion de nouveaux manquements.

Au fond, la plainte n'est qu'un réflexe de notre orgueil. L'humilité chrétienne a pour premier but l'esprit de pénitence qui, nous faisant nous reconnaître comme de « pauvres pécheurs », nous fait accepter le conseil de l'épître aux Hébreux : « Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur et ne perds pas courage quand il te reprend... car, le Seigneur châtie celui qu'il aime... autant qu'il est utile pour le rendre capable de participer à sa sainteté » (III, 6 et 10).
Ces multiples épreuves que nous supportons si aigrement, offrons-les au Seigneur en union avec la croix du Christ, et elles nous rapprocheront du Père des Cieux au lieu de diminuer notre amour pour Lui. « Toute correction, il est vrai, dit encore l'Épître aux Hébreux paraît un motif de tristesse... mais elle produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés, un fruit de paix et de justice ». Tandis que les gémissements continuels ne feraient qu'aigrir notre caractère et nous rendre plus difficile la pratique de la vertu, par la soumission à l'événement, c'est-à-dire, à la direction providentielle de notre vie, nous acquerrons une plus grande possession de nous-même et une plus grande joie intérieure, conditions très favorables au progrès vers la perfection.

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