Forum

Site de référence des Apparitions de la Sainte Vierge à Fatima
          Accueil

+ Le Portugal

+ Les voyants

+ Les apparitions
     à Fatima

+ Les apparitions
     à Pontevedra

+ Les apparitions
     à Tuy

+ Troisième secret

+ Le Procès

+ La critique

+ Actualités

+ Spiritualité

+ Saint Pie X

+ Droit à la vie

+ Librairie

+ Forum

+ Livre d'or

+ Liens

+ Mises à jour

+ Aide

+ Courriel

+ Annonces

+ Faire un don

FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

.

Contribution : n° 26
Date : 13/01/2006
Nom : (Portugal)
Sujet : Le poignant Secret de Sœur Lucie

LE POIGNANT SECRET DE SŒUR LUCIE

« Les dangers qui menacent le genre humain sont tels que nous ne pouvons cesser de clamer notre cri d’alarme. L'ennemi est aux portes de l'Eglise et menace les âmes » ; le Pape Pie XII se rendait bien compte que pour le genre humain l'heure décisive approchait où l'intégrité de l'homme, tel qu'il fut créé par Dieu dans sa dimension spirituelle, serait mise à rude épreuve. L'inquiétude du Pape durant les années cinquante, rejoignit de près les cris de détresse que Soeur Lucie avait entendus de la bouche de la Très Sainte Vierge durant la même période.

Après le décès de Pie XII, tous les avertissements pontificaux s'arrêtaient subitement lorsque à Angelo Roncalli s'attribua le titre de pape en 1958. Endossant le nom d'un anti-pape Jean XXIII convoqua le Concile Vatican II, ouvert sous le slogan : «Finissons en de ces prophètes de malheur».
Il ne faut pas chercher beaucoup plus loin que le « cas » du Père Agostino Fuentes, pour se rendre compte de quelle façon cette aversion fut complètement appliquée par la nouvelle hiérarchie.
Le rejet des mises en garde répétées dans le Message de Fatima se réalisait néanmoins en partie grâce à la participation passive de la religieuse, bloquée par le mythe de l’obéissance absolue.
Ce fut pour elle une poignante crise de conscience.

Il y a en effet des raisons évidentes d'admettre que Soeur Lucie de Fatima était moralement fort peinée par la manière désinvolte dont le Message de Notre-Dame fut traité et cela surtout depuis l'année 1958.
Le 26 Décembre 1957, dans le cloître de la communauté à Coïmbre, Soeur Lucie avait reçu la visite du postulateur de la cause de canonisation des petits bergers de Fatima, le prestigieux Père Mexicain Agostinho Fuentes. L'entrevue transmettait au religieux son inquiétude au sujet du message concernant l'imminence de l'heure d’une débâcle sans exemple. Le Prêtre, impressionné par la prévision de l'assaut final contre l'Eglise, lancé par son ennemi de toujours, en informa l'évêque de Leiria, lui demandant si cette vision apocalyptique devait être publiée. Mgr Venâncio le lui autorisa sans hésitation.

A son retour au Mexique, fort de cette autorisation, et de celle de son Archevêque, le Prêtre donna une conférence le 22 Mai 1958, dans laquelle il raconta son entrevue avec la voyante de Fatima. Le compte rendu de l'interview fut publié ultérieurement in extenso en Espagnol et en Anglais, et divulgué de par le monde, accompagné de l'autorisation précitée et de la garantie d'authenticité. Le Prêtre relata l'extrême tristesse de Soeur Lucie lors de sa visite — elle était maigre et très opprimée en rapportant son inquiétude : « La Sainte Vierge est très triste de ce que son message n'est pris en considération par personne, ni par les bons ni par les mauvais... Père, le démon lance une offensive décisive contre la Vierge Marie... Il fait tout pour gagner les âmes consacrées à Dieu, car de cette manière il peut entraîner de nombreuses âmes en Enfer. » Et la Soeur continua : « Ne nous attendons pas à un appel général à la pénitence de la part du Pape, ni de nos évêques, ni de nos supérieurs religieux. Que chacun de nous entame sa propre conversion spirituelle, selon sa propre responsabilité envers Dieu. »

Dans ce même rapport le prêtre Mexicain parle également des souffrances personnelles de Pie XII, peut-être en connexion avec la partie symbolique du troisième secret dans laquelle on raconte que le pape est mis à mort : l’inouï suspension de la papauté Catholique ?

Il n'est pas étonnant que l'entrevue de Soeur Lucie et du Père Fuentes fut blâmée pour avoir semé le désarroi sur ce qui allait avoir lieu le brève temps avant 1960.
L'évêque de Coïmbre intervenait alors par une déclaration officielle condamnant la « campagne de prophéties qui engendrent un déferlement de ridicule », et imposait à Lucie de rétracter publiquement son interview. Ce que fit la voyante de Fatima.
Considérant la gravité de son interview sur la situation de l’Eglise après la mort du Pape Pie XII, on peut s'imaginer à quel point cette soumission a dû blesser la conscience de la Sœur, suivant en cela une conception erronée de l'obéissance.

La caractéristique des faux prophètes : exclure les « prophètes de malheur ».
Le malheur provoqué par la rétractation de la voyante de Fatima en 1959, s'est aussi abattu sur le père Fuentes qui fut démis de sa fonction de postulateur. Profondément humilié il s'est éteint quelques années plus tard.
Et pourtant, le spectacle décrit jusque là dans l'interview s'est rapidement révélé n'être qu'une esquisse de ce qui allait arriver ultérieurement : une métamorphose de l'Eglise dans la période après Pie XII conduisant le clergé vers une dégénérescence rapide et épouvantable. Des milliers de prêtres ont quitté l'église (80 000 selon le cardinal Silvio Oddi, Préfet de la Congrégation pour le Clergé). Pour la conscience Catholique de personnes telles que Soeur Lucie commençait le chemin de croix à cause du veto imposé par les nouveaux « supérieurs » contre le traditionnel témoignage catholique.
Les exemples de la manière dont l'actuel Vatican fait usage de son influence pour miner la conscience des Catholiques abondent, mais pour être bref, ne rappelons que celui-ci. En 1962 le père Bugnini, tombé en disgrâce depuis lors à cause de son appartenance à la Franc-maçonnerie, présenta son schéma de réforme liturgique devant la Commission Liturgique Préparatoire. Le vieux Cardinal Gaetano Cicognani, président de la Commission, refusa son approbation du texte, car il réalisait les dangers que contenaient certains passages. Sachant que, sans la signature du Cardinal, le schéma serait condamné, Bugnini rechercha l'aide de Roncalli pour qu'il intervienne. Celui-ci convoqua le Cardinal Amleto Cicognani, Secrétaire d'Etat et frère cadet du Président de la Commission, lui enjoignant d'aller voir son frère et de ne pas revenir sans que le schéma soit signé. Le Secrétaire d'Etat accéda à cet ordre. Le vieux Cardinal éclata en larmes lorsqu'il fut « obligé » (à cause de la fausse obédience) de signer ce schéma à l'encontre de sa conscience. Quatre jours plus tard il était mort.
En peu de temps la Messe Catholique fut réduite en un repas protestante.

Dans une lettre adressée à Soeur Lucie en 1998, je lui énumérais cinq occasions conçues par les autorités vaticanes pour la forcer à se conformer à la « nouvelle course » à suivre.
La première fut l'obligation de rétracter ce qu'elle avait communiqué au père Fuentes fin 1957.
La deuxième fut de l'obliger à accepter avec révérence le refus que Jean XXIII avait opposé au troisième secret en 1959.
La troisième occasion fut l'acceptation du refus de Paul VI d'écouter la voyante de Fatima au sujet des requêtes faites par Notre-Dame. Paul VI avait le temps pour recevoir n'importe qui, les membres de la Franc-maçonnerie aussi bien que Lollobrigida, mais il n'avait pas le temps de rencontrer Soeur Lucie.
La quatrième occasion fut l'acceptation des instructions vaticanes de considérer en 1988 la « consécration du monde » faite par Jean Paul II le 25 Mars 1984, comme la « consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie », telle que la Très Sainte Vierge l'avait demandée ; le Vatican désirait ainsi mettre un terme à ce problème, afin de « ne plus du tout déranger le Pape ».
La cinquième occasion fut l'ordre adressé à Soeur Lucie de rétracter ce qu'elle avait dit durant deux entrevues avec des cardinaux en 1992/3 au sujet de la conversion de Mr Gorbachev, dont on avait rapporté qu'il s'était agenouillé devant Jean Paul II, lui demandant le pardon de ses péchés ; un fait que seul Wojtyla aurait pu décrire lors de son entrevue privée avec Soeur Lucie à Fatima (le 13 Mai 1991).

Je sais pertinemment bien que les questions posées dans ma lettre avaient profondément bouleversé la Soeur, et qu'elle réagissait — fut-ce en rapport ou non avec mes questions — ne se laissant attraper une nouvelle fois à rétracter, comme on l’a obligé a faire avec les prédictions de Notre-Dame qu'elle avait communiquées au père Fuentes. A cette occasion-là, la vieille soeur refusait d'obéir et ignorait la question, convaincue qu'il était de la responsabilité de la personne qui avait inventé la soi-disant conversion du leader soviétique (et de la Russie) d'admettre une telle mystification.

La nouvelle hiérarchie ne recherche que le consentement et la conciliation du monde, oubliant que : « Malheur à vous quand tout le monde dira du bien de vous. C'est bien de cette manière que leurs pères traitaient les faux prophètes. » (Lc 6.26).

Il reste néanmoins que l'obéissance de Soeur Lucie, sans la préoccupation de témoigner la vérité, n’est pas une vertu. Doivent les Catholiques croire qu'une autorité non fondée sur la vérité, non respectueux de la vertu ni de la conscience, provient de Dieu ? La Révélation nous fait connaître, au contraire, l’histoire du complot qui débute avec la rébellion originelle contre la Voix de Dieu qui ira jusqu’à la fin. C’est le complot qui s’est étendue après la crucifixion du Fils à Son Église et à Son Vicaire avec le pouvoir des faux Christs et des faux prophètes. C’est la persécution contre l’Église dont le moment culminant est celui du Pasteur frappé et des brebis dispersées ; l’heure où Ce qui avait le pouvoir d’empêcher l’escalade de l’ennemi de Dieu dans le Lieu saint, est enlevé… (II Ts 2, 8).*

Voilà le moment historique représenté dans la troisième partie du Secret de Fatima, celle du troisième châtiment, qui sœur Lucie n’a pas vu après 1958, à cause de l’aveuglante notion d’obéissance à outrance qui a frappé l’Eglise de fond en comble : la plus ravageuse attrape du démon**. C’est là une des pires duperies du temps de la grande apostasie : d’obéir à des hommes avant qu’à Dieu.

__________________________________

* Le titre du Chapitre 1 du Tome IV du livre de Frère Michel de la Sainte Trinité sur Fatima avait quelque chose de prophétique sur le pape : « Le drame de 1960 : Comment “l’obstacle” à l’apostasie a été écarté ». Mais ce livre n’a jamais été publié et son auteur s’est retiré. Pourquoi ?

** Dans le livre « Le Coup maître de Satan » Mgr Marcel Lefebvre avait approché cette question cruciale, qui pourtant ne se résoudre pas avec la désobéissance envers ceux qui on considère des pasteurs mauvais mais légitimes.

Retour
Retour



Site protégé par le Copyright ©