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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

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Contribution : n° 25
Date : 16/12/2005
Nom : A.M. (Belgique)
Sujet : Fatima 2005 — La procession du 22 août

FATIMA 2005 :
LA PROCESSION DU 22 AOÛT 2005

( « Pour qu'Il règne » n° 71 — Novembre-décembre 2005, page 14 à 16 )

Cela faisait déjà un bon moment que j'attendais en bord de route, dans la poussière du chemin. La procession qui défilait devant mes yeux avait belle allure. Précédés par la croix, les prêtres, les séminaristes, les religieuses et les fidèles formaient un cortège impressionnant. La consigne était de se grouper entre fidèles de même langue maternelle. Les francophones ayant été invités à se placer en queue de la procession, l'attente m'a permis de voir défiler tous les pèlerins. Maria, la trentaine, sort un instant de la colonne de la procession pour me saluer : « Los Belgas estàn detras ». « Ultreïa » je lui réponds avec un grand sourire, en souvenir de notre rencontre sur les chemins de Compostelle en juillet 2004. Nos brèves retrouvailles ont cette fois lieu à Fatima le 22 août 2005 à l'occasion de la procession organisée par la Fraternité saint Pie X pour réparer l'outrage fait à Dieu suite au culte hindouiste qui s'est déroulé au lieu même des apparitions.

Ce matin là, une déchirure d'un ligament de ma cheville gauche m'avait retardée à l'hôtel. J'étais malgré tout heureuse d'être arrivée au rendez-vous au moment même où s'ébranlait la tête de la procession. Le cortège avait certes du panache, mais il était surtout très priant. Dieu merci, vraiment rien de mondain dans ce rassemblement ! Les chants choisis étaient bien sûr en latin, de quoi unir les 2000 pèlerins américains, anglais, australiens, italiens, portugais, espagnols, hollandais, allemands, français, belges, ... et même une dame mexicaine ! Plusieurs haut-parleurs portatifs permettaient à toute la colonne de chanter et prier à l'unisson.

La Fraternité avait reçu l'autorisation officielle des responsables du Sanctuaire de prier à la Chapelle des Apparitions, la Capelinha, endroit où est apparue Notre-Dame aux trois pastoureaux en 1917. Ainsi, le matin même du 22 août 2005, l'écran géant visible à l'entrée de la basilique signalait, comme à l'accoutumée, le créneau horaire réservé pour les différents groupes dont le nôtre. Nous étions attendus à 13 h 30, pour diriger les prières pendant une heure. Il était environ 13 heures. Seulement 20 bonnes minutes de marche nous séparaient de l'endroit du rendez-vous au Sanctuaire. Quelques coups de klaxons d'automobilistes ralentis se font entendre. Nous serrons bien à droite de la route. Nous suivions en cela les consignes et le parcours que la police de Fatima nous avait demandé d'emprunter. La traversée du rond point nord ‘Rotunda Norte' fut un rien périlleuse et en tant que piéton je me suis sentie assez vulnérable, si proche de voitures roulant à vive allure. Bravo aux jeunes hommes bénévoles qui encadraient la procession : ils ont rassuré les piétons et contenté les automobilistes. Bientôt nous nous trouvons dans une avenue bordée de grands arbres. Vraisemblablement des portugais de Fatima se donnent rendez-vous sur les bancs à l'ombre pour l'apéritif. Ils nous regardent avec sympathie. Le cortège bifurque ensuite sur la gauche dans une ruelle étroite, ombragée elle aussi. Le cortège s'arrête alors pendant cinq minutes.

Le responsable laïc de l'organisation m'expliquera le soir même ce retard. Un groupe de gardes du Sanctuaire avait essayé d'empêcher la procession d'entrer sur l'esplanade. Ceci donc malgré l'autorisation en bonne et due forme, dont témoigne d'ailleurs l'écran devant la basilique. Heureusement que des badauds portugais, n'écoutant que leur coeur, sont intervenus pour qu'on cède le passage à une procession aussi belle, imposante, respectueuse et priante, conduite par quatre évêques, suivis des abbés en soutane et surplis, des religieuses et des fidèles. Il était incompréhensible qu'on puisse interdire l'accès au Sanctuaire à une si édifiante procession qui ne peut que réjouir le coeur de Notre-Dame.

La Chapelle des Apparitions se trouve en contrebas de l'imposante esplanade. L'esplanade est complètement dégagée de toute végétation. Notre belle longue procession ne passa donc pas inaperçue : quand la tête de la procession arriva à la Capelinha, à 13 h 30, la queue de la procession s'engageait dans la descente ! Étant donné le grand nombre de participants, je me faisais une raison que je ne serais certainement pas aux premières loges. J'offre cette déception à Notre Seigneur. Nous approchons de la Capelinha. L'encadrement bénévole donne aux francophones la consigne de se diriger sur le côté gauche. Je suis le mouvement. Décidément, non seulement nous serons loin des évêques, mais nous ne verrons pas grand-chose... je continue à chanter et à avancer. L'encadrement déplace alors une barrière amovible. Le responsable du groupe francophone, un homme de petite taille et d'âge moyen, monte sur un des bancs et nous invite à nous approcher le plus possible de la Capelinha, en nous mêlant à la foule. Je suis les consignes et avance dans la direction indiquée, droit devant moi, dans une rangée de bancs. J'avais les yeux rivés au sol, préoccupée surtout d'éviter de marcher sur les pieds et les jambes de personnes étrangères à notre groupe qui nous avaient précédés au Sanctuaire. Je m'arrête à une barrière ... pas moyen d'aller plus loin. Je me mets à genoux derrière un muret pour ne pas gêner le champ de vision de personnes assises sur des bancs derrière moi. Je prends alors le temps de regarder et vois avec étonnement et joie que je me trouve aussi proche qu'on peut l'être de la Capelinha. Je m'inquiète quelque peu alors du sort des autres pèlerins. Je regarde autour de moi et j'aperçois à ma droite, deux mètres en arrière, nos quatre évêques : Monseigneur Fellay avec à sa droite Monseigneur Williamson et à sa gauche Monseigneur Tissier de Mallerais et Monseigneur de Galaretta. Les abbés, les séminaristes et les religieuses, facilement repérables eux aussi, sont derrière eux. Quant à moi, je me trouve mélangée à la foule. La place est inespérée.

Il était passé 13 h 30. C'était bien au tour de la Fraternité de diriger les prières et les chants. Et pourtant quel est ce bruit désagréable ? Que fait cette dame avec cet aspirateur à cette heure-ci de la journée ? Pourquoi tourne-t-elle le dos à la foule ? Pourquoi le manie-t-elle avec énervement ? Mais ... que fait ce micro attaché sur l'aspirateur ? Il fallait le voir pour le croire : elle essaye de couvrir nos voix alors que nous récitons le chapelet ! Je suis indignée et triste de cette malveillance. Pourquoi donc nous empêcher de prier ? C'est sans compter sur un encadrement hors pair qui fait immédiatement fonctionner nos propres haut-parleurs. Sans sourciller, un abbé conduit le chapelet et nous répondons. Au moment où l'aspirateur arrive à ma hauteur, sous mon nez puisque nous étions à genoux derrière un muret, une italienne à ma gauche crie à celle qui fait office de femme de ménage « brava ! », qui veut sans doute dire 'effrontée'. Je lui prends doucement le bras pour l'inciter au calme. Il me semble que personne d'autre ne s'agite. L'aspirateur, son micro et "l'homme de paille" en jupe, n'ayant pas réussi à couvrir nos voix disparaissent après vingt bonnes minutes. Ouf, enfin le repos pour les oreilles. L'abbé en charge de la procession entonne alors un chant à Notre-Dame. Je continue à regarder la Capelinha si proche devant moi. Tiens, un garde du Sanctuaire allume un cierge sur le pupitre devant la Capelinha. Il fait entrer deux religieuses qui s'asseyent derrière le pupitre. Que se passe-t-il ? Nous continuons les chants. La plus jeune des religieuses se lève. Elle a de bonnes joues et semble un peu intimidée. Elle s'avance devant le pupitre. Elle fait un signe discret à l'adresse des évêques pour signaler sa présence. Rien à faire, les chants latins continuent. Je la vois se pencher vers l'autre religieuse assise. Elle se remet au pupitre et gentiment montre sa montre ... de quoi indiquer aux évêques qu'ils dépassent le temps qui leur est imparti. Elle tapote le micro avec sa main droite. Rien n'y fait, les chants en latin continuent. Elle se penche à nouveau vers l'autre religieuse. Son attitude semble indiquer qu'elle est de bonne foi. Il faut reconnaître que depuis la Capelinha, il n'est peut-être pas possible de consulter l'écran installé à l'entrée de la basilique. Elle se remet devant le pupitre. Elle hésite. La religieuse assise lui tend sèchement une feuille de papier. Elle commence alors à chanter. Mais nos chants couvrent facilement sa voix. Le volume du haut-parleur sur le pupitre devant elle est soudainement augmenté : il est donc clair qu'elle reçoit l'appui des responsables du Sanctuaire. Par contre, aucun des responsables du Sanctuaire n'intervient en personne. Où sont-ils donc ? Comment imaginer qu'ils puissent recourir à un pareil stratagème : rester dans les coulisses et se servir de deux religieuses comme de kamikazes pour nous mettre les bâtons dans les roues ! Que des responsables catholiques suscitent un conflit est déjà désolant. Faire faire cette sale besogne par d'autres — des religieuses qui plus est — est lamentable. Mais l'évidence est devant nos yeux. Il faut de la lâcheté pour agir de la sorte et le mot n'est pas trop fort. Alors que la jeune religieuse se désole devant son pupitre, de notre coté, nous continuons à chanter et surtout à prier. Nos haut-parleurs portatifs fonctionnaient bien. Nous avions tout avantage à ce que les responsables du Sanctuaire interviennent car nous étions dans notre droit. Eux qui nous attendaient à l'entrée de l'esplanade à notre arrivée, qu'attendaient-ils pour mettre de l'ordre au Sanctuaire ? La tension monte. La religieuse assise ouvre alors les hostilités en se levant avec vivacité : c'est ainsi que j'ai vu à cinq pas devant moi une religieuse furieuse, grande et maigre qui hurlait un chant dans le haut parleur et gesticulait des bras à côté d'une timide religieuse. Mais faire la leçon à un évêque, est-ce bien le rôle d'une religieuse ? Quoi qu'il en soit, les deux religieuses se tenaient debout devant le pupitre, le dos à la Capelinha, et faisaient face à quatre évêques calmes et à genoux. C'est le moment choisi par un jeune père rédemptoriste pour sauter le muret devant moi. Son objectif était simple : attraper le micro dont se servaient les religieuses. Il n'y a pas réussi car des gardes du Sanctuaire, invisibles jusque là, sortis de ‘je ne sais où', se sont mis à plusieurs pour l'arrêter dans son élan. Quand les gardes ont fait mine de l'emmener, quelques costauds fidèles ont aussi sauté le muret pour le ramener au milieu de la foule. Tout cela s'est passé très vite. Je devais être inquiète car je m'étais levée comme les personnes de mon entourage. Mais une fois que le rédemptoriste s'est retrouvé sain et sauf au milieu de la foule, j'ai été rassurée. J'ai alors regardé autour de moi. Les deux religieuses avaient disparu. Le groupe de gardes du Sanctuaire aussi : il n'en restait plus que deux. Le désordre et la confusion n'ont pas duré fort longtemps car nos haut-parleurs portatifs continuaient à fonctionner à merveille et nous invitaient à prier et à chanter.

Nos haut-parleurs ont donc rempli deux fonctions supplémentaires : celle de calmer les esprits et celle d'indiquer clairement aux âmes la marche à suivre : "chantez, priez". Je me suis alors remise à genoux et j'ai encouragé les personnes de mon entourage à faire de même. C'est alors que les responsables du Sanctuaire ont fait passer sur leurs propres haut-parleurs, ceux de toute l'esplanade cette-fois, des chants religieux à un volume incroyablement élevé. Deux dames proches de moi se sont alors mises à pleurer d'émotion. C'était compréhensible. Pour ma part, j'étais partagée entre plusieurs sentiments. J'avais le coeur gros, j'étais indignée et puis, je me rendais à l'évidence que cette injustice était permise par Dieu. Je me suis consolée en me rappelant mon catéchisme qui dit que seul Dieu peut tirer du mal, un bien. Tout cela tournait dans ma tête, alors que je participais aux chants. Mon regard croisa alors celui d'un garde du Sanctuaire debout légèrement sur ma gauche. Il avait un bon visage et un gentil regard, celui de quelqu'un qui fait son travail mais se rend compte de l'injustice commise. L'italienne à ma gauche, en larmes, commence à lui faire part de ses doléances. J'ai pris le bras de cette italienne pour la calmer. Elle a arrêté son flot de paroles. Comme prévu, nos évêques ont alors lu la consécration en latin. Ensuite, nos haut-parleurs ont donné le signal du départ environ 50 minutes après notre arrivée. Nous sommes partis dans le calme, en chantant, en remontant l'esplanade par là où nous étions arrivés. Nous sommes restés sur les hauteurs de l'esplanade pour des photos souvenirs, avec la basilique en arrière-plan. Les participants en ont profité pour se saluer dans une ambiance sereine avant de partir déjeuner à une heure digne d'un pays latin : 15 heures.

Tout ceci est à première vue incroyable. Mais les faits sont là. Parcourrons-les. Le 22 août au matin, l'écran à la basilique affichait que la Fraternité Saint Pie X conduirait les prières et les chants à la Capelinha de 13 h 30 à 14 h 30. A 13 h 25, notre procession, qui a suivi le parcours prévu avec les autorités du Sanctuaire et la police de Fatima, était attendue par un groupe de gardes du Sanctuaire qui tente à ce moment-là de nous interdire l'entrée. Leur tentative échoue. A la Chapelle des Apparitions, un micro attaché sur un aspirateur essaie de couvrir notre récitation du chapelet pendant vingt minutes. Ensuite, deux religieuses sont envoyées par les responsables du Sanctuaire pour diriger les prières vers 13 h 50. Enfin, les responsables du Sanctuaire mettent leur "sono" à fond pour couvrir notre récitation du chapelet. De toute évidence, nous ne sommes pas les bienvenus. Comment qualifier l'attitude des responsables du Sanctuaire : malveillance, malhonnêteté, lâcheté ? Avant tout, elle est irrespectueuse pour un lieu saint. Non, Monsieur le Recteur du Sanctuaire, la fin ne justifie pas les moyens !

Heureusement que la Providence veillait : ces moyens plus que douteux mis en oeuvre par les responsables du Sanctuaire n'ont pas produit l'effet escompté par leurs auteurs. Au contraire. En effet, convaincus de notre bon droit et restant fidèles au programme fixé et approuvé par les responsables du Sanctuaire eux-mêmes, nous ne nous sommes pas laissé détourner de notre objectif de réparation publique et nous n'avons donné aucune prise aux critiques. Ainsi, malgré la tristesse et l'indignation que nous avons pu ressentir devant la malveillance et l'injustice déployées, notre comportement extérieur calme ne s'est pas laissé influencer par l'acharnement auquel nous étions soumis. Nous avons mis de côté toute susceptibilité et à l'heure de l'épreuve, nous n'avons pas cessé de nous tourner vers Dieu. Ainsi, en toute charité pour Dieu et pour notre prochain, nous n'avons pas ménagé la peine pour que Dieu soit en vérité premier et seul servi !

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