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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

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Contribution : n° 18a
Date : 03/10/2003
Nom :
Sujet : Une réponse décevante (sur l'obéissance toujours due à l'Eglise en matière d'enseignement doctrinal).

UNE RÉPONSE DÉCEVANTE
(SUR L'OBÉISSANCE TOUJOURS DUE À L'ÉGLISE
EN MATIÈRE D'ENSEIGNEMENT DOCTRINAL)

M. le Directeur,

Je vous remercie de nous adresser, à l'association D.F.T., votre intéressant « Courrier de Rome — Sì sì no no », et précisément, je ne peux manquer de vous écrire, suite à la lecture que j'ai faite dans le n° 259 de l'article « Le devoir de désobéir aux hommes pour obéir à Dieu (Léon XIII) », signé "Georgius".

Cet article, je l'ai trouvé excellent sur le fond, mais il ne résout nullement le problème théologique que manifeste notre Crise de l'Église issue de Vatican II. Nous sommes humainement "coincés", si l'on suit la doctrine catholique sur l'obéissance que "Georgius" a fort bien rappelée, quant aux actes de Vatican II qui sont hérétiques : on est obligé de Foi d'y obéir parce qu'ils rentrent dans le cadre d'enseignements délivrés par les Pasteurs dans leur divin mandat d'Église...

Pour s'en tirer, votre rédacteur nous dit que les actes hérétiques dont s'agit ne rentrent pas dans le champ d'application de l'obéissance, parce qu'ils ne ressortent pas du Magistère ordinaire infaillible. C'est précisément là que le bât blesse. La définition que donne "Georgius" du Magistère ordinaire infaillible, en effet, est rien moins que fausse et spécieuse, voire même hérétique. Voyons ensemble sa courte définition du Magistère ordinaire : c'est, dit-il p. 3, quand le pape "repropose ce que l'Église a toujours cru et enseigné", formule par laquelle "Georgius" veut signifier que c'est le critère lérinien de Tradition qui est la règle prochaine du Magistère ordinaire. Or, ce n'est pas du tout cela. Le Magistère ordinaire n'est pas conceptualisé premièrement par le critère lérinien de Tradition qui n'est que l'âme du Magistère ordinaire, mais essentiellement par L'ACTE d'enseignement doctrinal actuel qu'une hiérarchie divinement habilitée à cet effet par le Christ, pose. Autrement dit, quand on parle "Magistère (= maître)", il ne faut pas penser à un corpus doctrinal inerte de soi, mais à un HOMME (d'Église) enseignant dans une chaire d'Autorité sur la chose doctrinale, et des fidèles au pied de la chaire qui écoutent. Et cet homme divinement mandaté par l'Église, qu'il soit le pape actuel ou un, ou des, évêque(s) en union avec lui, c'est LUI (eux) qui est (sont) le Magistère ordinaire in actu, NONOBSTANT TOUT EXAMEN DOCTRINAL DE CE QU'ILS ENSEIGNENT, LEQUEL EXAMEN N'INTERVIENT QU'A POSTERIORI. Car c'est parce que cet HOMME (d'Église), cet organe vivant, ce suppôt actif, est le Maître de doctrine, que le contenu doctrinal de son enseignement ordinaire est toujours couvert par l'infaillibilité, et que donc, il ne peut qu'être impeccable, en adéquation formelle avec la Tradition. Donc : quand le pape seul ou avec la sanior pars des évêques ACTUELS pose ce jourd'hui même un acte d'enseignement doctrinal, alors voilà ce qu'on appelle : le Magistère ordinaire universel (bien entendu de soi toujours infaillible).

Le grand saint Paul a merveilleusement bien défini le Magistère ordinaire d'enseignement dans ce célèbre passage : "La Foi vient de la prédication entendue, et la prédication se fait par la parole de Dieu" (Rom. X, 17). Tout est absolument dit dans cette phrase lapidaire et magistrale. Et que "Georgius" ne dise surtout pas que c'est "la Parole de Dieu" qui conditionne "la prédication", parce que c'est exactement le contraire, comme d'ailleurs l'ordonnance de la phrase le fait clairement entendre, saint Paul mettant "la prédication" AVANT "la Parole de Dieu" : une fois que la prédication se fait entendre, alors, Dieu est ipso-facto avec le prédicant, Il l'empêche de faillir, la bouche du prédicant devient la Bouche même de Dieu, et cette prédication ne peut bien évidemment contenir QUE la Parole de Dieu. Ce n'est donc pas "la Parole de Dieu" qui conditionne "la prédication", mais "la prédication" qui contient ipso-facto "la Parole de Dieu". Quelques versets plus haut, saint Paul explique remarquablement bien dans cette même Épître toute l'articulation théologique de cette ordonnance par laquelle la Foi pénètre et arrive jusqu'à l'âme du fidèle : "Comment donc invoquera-t-on Celui [le Christ Jésus] en qui on n'a pas encore cru ? Et comment croira-t-on en Celui dont on n'a pas entendu parler ? Et comment en entendra-t-on parler s'il n'y a pas de prédicateur ? Et comment seront-ils prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés [= au sens fort, c'est-à-dire divinement mandatés par l'Église pour prêcher la Foi au nom du Christ : Magistère ordinaire infaillible] ?" (Rom. X, 14‑15). Notez qu’à aucun chaînon du raisonnement, saint Paul n’invoque un concept doctrinal ou Tradition. Le Magistère ordinaire pour l’apôtre des Nations, est exclusivement un acte d’enseignement actuel inhérent à l’Église-Corps.

Assimiler, comme le fait "Georgius", le Magistère ordinaire universel à la seule Âme de l'Église, c'est-à-dire à une doctrine non-mise en œuvre par les membres enseignants actuels ou Corps de l'Église, non "prédiquée" pour employer la terminologie paulinienne, c'est professer une sorte de gnose (pardon), parce que cette thèse fait abstraction de la notion du corps et qu'elle donne l'illusion à celui qui la professe d'avoir la puissance de connaître (en l'occurrence : la Foi) par lui-même, par son propre intellect, sans passer par la puissance du corps (en l'occurrence : le corps moral enseignant de l'Église). En fait, la thèse de votre rédacteur revient à professer que le Magistère ordinaire N'EXISTE PAS, car une âme toute seule (= doctrine), à quoi il veut que tienne uniquement le Magistère ordinaire, n'a métaphysiquement pas la possibilité d'exister sur cette terre sans qu'un corps lui soit adjoint (et ce corps, dans notre affaire, c'est justement le pape et les évêques ACTUELS qui posent un acte d'enseignement); Or, "Georgius", ne voulant tenir compte uniquement que de l'âme à l'exclusion formelle du corps, supprime par-là même toute possibilité pour l'âme d'exister. Conclusion : le mode ordinaire n'existe pas vraiment pour "Georgius". Si l'on soutenait sa thèse, cela reviendrait à dire qu'il n'y a qu'un seul mode pour le Magistère infaillible, celui extraordinaire : or, ceci est une proposition hérétique en directe opposition aux enseignements de Vatican 1er sur la question.

Et, sur cette dernière objection, que votre rédacteur ne croit pas s'en tirer en disant qu'il professe bien l'existence d'un corps pour le Magistère ordinaire, en formulant sa définition comme suit : "reproposition (= il y a ici un acte, donc posé par un corps, dira "Georgius") de ce que l'Église a toujours cru, etc.", car pour lui, dans son esprit, cet acte d'enseignement qu'il accepte comme manifestant le Magistère ordinaire, c'est uniquement celui en adéquation avec la Tradition, d'où son terme bien choisi de "reproposition" : c'est donc bien dire qu'en dernière analyse, le SEUL criterium accepté par lui pour définir le Magistère ordinaire, est celui doctrinal (= Âme de l'Église), le corps n'existant pour lui uniquement qu'en fonction de l'âme, et non séparément, de par lui-même, comme ayant une existence propre. Dans son raisonnement, si le corps n'est plus fonction de l'âme, alors, il n'existe plus (il y a ici une évidente profession de foi monophysite, cette hérésie qui ne voulait voir qu'une nature dans la Personne du Christ). Conclusion : le seul critère qui conceptualise vraiment le Magistère ordinaire pour "Georgius", c'est donc bien celui doctrinal ou Âme de l'Église. C'est bien là que gît l'erreur : le Magistère ordinaire, ce n'est pas l'adéquation du prêche actuel avec la doctrine de toujours (ceci en effet n'étant que la conséquence, et non la cause, de l'acte dûment posé par le Magistère ordinaire universel), c'est L'ACTE DE PROPOSITION ACTIVE (et non : re-proposition passive) SUR LA CHOSE DE LA FOI, du pape seul ou avec les évêques, en direction de l'universalité des fidèles. Quand cedit acte est posé, le Magistère ordinaire est ipso-facto mis en œuvre, c'est-à-dire sous le couvert de l'infaillibilité, et donc, JE SAIS DE FOI que l'enseignement doctrinal y contenu NE PEUT QU'ÊTRE VRAI, c'est-à-dire en adéquation impeccable avec la doctrine de toujours. Autrement dit, c'est PARCE QUE l'acte d'enseignement actuel des membres enseignants aux membres enseignés EST le Magistère ordinaire universel mis en oeuvre, actué, que donc, subséquemment, l'enseignement contenu dans ledit acte est en adéquation avec la doctrine de toujours. Et non l'inverse. Cette inversion satanique (= le propre de Satan, un de ses noms bibliques, vous le savez, est en effet : le contraire) est une proposition hérétique parce qu'elle fait, tels Luther, les jansénistes, les wicléfistes, etc., abstraction de la hiérarchie actuelle de l'Église et tombe dans l'invisibilité de l'Église (= "c'est parce que la doctrine contenue dans l'acte est en adéquation avec la doctrine de toujours, que l'acte d'enseignement posé ressort du Magistère ordinaire infaillible", raisonne hérétiquement "Georgius" car il fait là complète abstraction de l'Église-Corps dans ce raisonnement).

Pour prendre un cas extrême, ce n'est pas parce que je découvre une hérésie dans un document ecclésial que j'ai le droit de dire : "DONC, ce document n'émane pas du Magistère ordinaire infaillible". Pour cela, il faut que le document en question n'ait pas été posé comme un acte volontaire et libre d'enseignement doctrinal par le pape et les évêques : c'est cela qui est le SEUL criterium pour savoir si un acte ecclésial ressort, ou bien non, du Magistère infaillible. Définir le Magistère infaillible, qu'il soit du reste du mode ordinaire ou de celui extraordinaire, comme un ACTE ACTUEL d'enseignement, est d'ailleurs bel et bien la définition que donnent les Pères de Vatican 1er du Magistère : "Est à croire de foi divine et catholique (…) tout ce que l'Église PROPOSE À CROIRE (…) comme divinement révélé" (Dei Filius). Je me permets d'attirer votre attention, M. le Directeur, sur le verbe judicieusement choisi par les Pères : il s'agit d'une proposition (de croyance, faite aux membres enseignés ; et là encore remarquez bien comme les Pères n’invoquent absolument pas la notion lérinienne de Tradition : il n’est question que de proposer la croyance, c’est-à-dire d’un acte d’enseignement). Or, des textes, une doctrine, la Tradition, ne peuvent pas proposer à croire, quelqu'un propose la Foi à quelqu'un, oui, certes, mais le corpus doctrinal de la Tradition en tout état de cause ne peut pas proposer la Foi, c'est un acte réservé à des vivants, à une forme comme diraient les scolastiques, et donc, pour les Pères de Vatican 1er, quand on parle de "Magistère", il s'agit bel et bien pour eux d'un acte d'enseignement ressortissant de l'Église-Corps nonobstant tout criterium doctrinal (il s'agit de l'acte d'enseignement en soi), et non de l'Église-Âme (concept lérinien de Tradition), comme le professe votre rédacteur. Tous les papes, Pie IX, Léon XIII, Pie XII, dans leur enseignement sur le Magistère, ne seront que l'écho de cette doctrine des Pères de Vatican 1er, répétant à l'envie que le Magistère ordinaire est inhérent à l'Église-Corps de la génération de pasteurs actuellement vivante.

Vous m'attendez bien sûr, M. le directeur, sur la Liberté Religieuse de Vatican II. Éh bien, donc, passons ensemble, avec la liberté des enfants de Dieu, au laboratoire, pour les travaux pratiques. L'examen clinique va d'ailleurs être très rapide. Qu'est ce décret, sur le plan théologique ? Dignitatis Humanae Personnae (D.H.P.) est formellement un acte d'enseignement du pape et des évêques actuels sur une chose doctrinale du premier ordre (la liberté religieuse est en effet la négation d'un point de doctrine dogmatiquement défini dans l'Église : hors de l'Église, point de salut). Les Pères de Vatican II, en effet, ont bel et bien eu, le 7 décembre 1965, l'intention d'enseigner les fidèles sur un point de doctrine dogmatique, dans ce document : en lisant le texte on ne saurait le nier à moins de tomber dans la folie totale (= l'espèce d'échappatoire qui consiste à invoquer la "pastoralité" de Vatican II, en effet, ne tient pas : le mot de Paul VI, replacé dans le contexte exact de la phrase par lui prononcée lors d'une audience de Mercredi un mois après la clôture du concile, signifie seulement que l'intention du concile est pastorale au sens large, autrement dit que c'est l'Amour du Bon Pasteur qui a motivé le concile, et, qu'à cause de cela, le concile ne contient aucune définition dogmatique, il ne veut nullement signifier que l'enseignement ordinaire conciliaire n'est pas revêtu de l'infaillibilité — d'ailleurs, aurait-il voulu dire cela, il ne l'aurait pas pu ! —, Paul VI précisant du reste lui-même LE CONTRAIRE quant au devoir d'obéissance des fidèles relativement à l'enseignement ordinaire de Vatican II, dans la fin de sa phrase… donc, vraiment très, très mal comprise !!! ("Étant donné le caractère pastoral du Concile, celui-ci a évité de proclamer selon le mode extraordinaire des dogmes dotés de la note d'infaillibilité.. CEPENDANT, le Concile a attribué à ses enseignements l'autorité du magistère suprême ordinaire, lequel est si manifestement authentique qu'il doit être accueilli par tous les fidèles selon les normes qu'a assignées le Concile, compte-tenu de la nature et du but de chaque document"). Même le progressiste Cal Garrone, saura bien dire de cette échappatoire de la "pastoralité" de Vatican II dans 50 ans de vie d'Église : "C'est là une absurdité"). DONC, ce document émane du Magistère ordinaire infaillible. Parce que l'Église Universelle enseigne. Voyez, M. le directeur, l'examen est rapide. Et formel. Parce que basé sur les lieux théologiques les plus certains. Que ce document contienne une formelle hérésie, ce qui est non moins sûr hélas, ne change rien à l'affaire, et, pour résoudre théologiquement le tragique problème que cela pose, je sais DÉJÀ, PAR LA FOI, que ce n'est pas en disant que D.H.P. ne ressort pas du Magistère ordinaire infaillible, que je solutionnerai le problème.

Je ne peux continuer dans le cadre d'un simple courrier. Simplement une précision : j'ai rédigé tout un livre sur ce problème majeur de la théologie de la Crise de l'Église, si maltraitée par toutes les tendances tradis. confondues, qui pourrait vous intéresser, et dont je vous mets un tract ci-joint. Étant donné votre position dans le monde traditionaliste, je vous joints en tirage la partie du premier chapitre qui concerne le problème sus-exposé. Je me hâte de vous dire que le deuxième chapitre réfute entièrement la thèse sédévacantiste, parce que, tout bonnement, elle est catholiquement aussi insoutenable… que la position hétérodoxe de "Georgius", et me permets de vous inviter, de vous inciter fortement, à lire ma Conclusion Générale, disponible via [ndlr: ce site] Internet (voyez ma carte de visite ci-jointe).

Croyez, M. le directeur, à mon bien profond respect dans les Saints-Cœurs Unis de Jésus, Marie, Joseph.

  — Vincent Morlier —
Argentré-du-Plessis,
ce 3 octobre 2003



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