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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

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Contribution : n° 17
Date : 26/10/2003
Nom : (France)
Sujet : Réflexion sur la durée de la crise dans l'Église

« ILS LE FERONT MAIS CE SERA TARD ... »

Dans l'ouvrage de référence Mémoires de Soeur Lucie , nous lisons qu'après 1929, et à propos de la demande de consécration de la Russie, Soeur Lucie reçut une communication intime de Notre-Dame qui lui dit en se plaignant :
« On n'a pas voulu écouter ma demande ! Comme le roi de France, on s'en repentira et on le fera, mais ce sera trop tard [ce qui signifie que cette consécration sera devenue vaine]. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres, des persécutions contre l'Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ! »
Cette communication intime est connue sous le nom de Révélation de Rianjo et date d'août 1931, après le premier refus de Pie XI de consacrer la Russie. Cette révélation se trouve dans deux documents :
— la lettre de Soeur Lucie à l'évêque de Leiria en août 1931;
— et dans le manuscrit du Père Gonçalves qui copiait des écrits de Soeur Lucie, écrits détruits ensuite par la voyante.
Curieusement, dans le livre Lucie raconte Fatima , nous trouvons une version légèrement différente : la communication intime n'est plus de Notre-Dame mais de Notre-Seigneur, et : « mais ce sera bien tard », (et non pas trop tard).
Voilà donc deux affirmations comportant chacune une contradiction et donc une erreur s'opposant à une vérité :
A ) Est-ce Notre-Dame ou Notre-Seigneur qui a parlé ?
B ) Cette consécration sera-t-elle faite trop tard ou seulement bien tard ?

Grâce aux précisions que nous a fournies Monsieur l'abbé Fabrice Delestre, nous pouvons aujourd'hui mettre la vérité en évidence. Ce prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X fut plusieurs années en poste au Portugal, où il eut l'occasion de consulter des documents rares et intéressants, notamment le livre du Révérant Père Antonio María Martins, S.J. Fatima, Documentos, (Porto 1976). On y voit sur la page de gauche le fac-similé du manuscrit de Soeur Lucie, et sur la page de droite, le même texte imprimé et traduit en italien et en espagnol. Voici ce qu'on y trouve concernant cette communication (Nous citons la lettre de Monsieur l'abbé Delestre) :

A. — Concernant Notre-Dame ou Notre-Seigneur :
C'est Notre-Seigneur Lui-même qui a donné cette communication intime à Soeur Lucie. La confusion vient de l'abréviation qu'a utilisée le Père Gonçalves dans son manuscrit : N.S. (pour Nosso Senhor). Or "Notre-Dame" en portugais se dit "Nossa Senhora". Mais :
1°) Dans le même manuscrit, le Père Gonçalves emploie l'abréviation "Na Sa" quand il désigne Notre-Dame.
2°) Dans le livre Fatima e o Coração de Maria, (Éd. Loyola, São Paulo, 1984, p. 85), le Père Antonio María Martins écrit lui-même en toutes lettres : « … por meio de uma comunicação intima, Nosso Senhor disse-me, queixando-se… » (Notre Seigneur m'a dit en se plaignant…)
3°) Cette confusion vient de l'oubli de l'abréviation « N.S. » dans le texte portugais dactylographié. Il y avait eu en 1973, une première édition par le Père A.M. Martins des manuscrits de Lucie (mais en moins complet avec 63 pages de lettres en moins), avec en regard le texte portugais dactylographié et les traductions en anglais et en français. Le titre de cette première édition était Memorias e cartas da Irmã Lucia. Or dans ce texte portugais dactylographié, l'abréviation « N.S. » n'était pas mentionnée ! Et comme la phrase précédente parle de Notre-Dame, on peut croire que c'est Elle aussi qui « a dit en se plaignant », car la traduction française a visiblement suivi le texte portugais dactylographié sans vérifier sur le manuscrit. Ainsi, cela donne :
« J'en ai fait part à mon confesseur, qui m'a ordonné d'écrire ce que Notre-Dame voulait que l'on fasse. Plus tard, au moyen d'une communication intime, Notre-Dame me dit en se plaignant… » Comme le « N.S. », sujet de "dit", n'est pas retranscrit, on peut croire en portugais que le sujet est sous-entendu et qu'il s'agit de la même personne (Notre-Dame) que dans la phrase précédente.
4°) En conclusion, il n'y a aucun doute, il s'agit de Notre-Seigneur.

B. — Concernant « Il sera trop tard »
Dans le livre Fatima documentos du Père Martins, nous lisons page 459 :
« Le 24 avril 1941, le R.P. José Bernardo Gonçalves, S.J., a copié à Tuy, de certains écrits de Soeur Lucie, les documents qui suivent… ».
En page 464, nous n'avons donc pas le manuscrit original de Soeur Lucie, mais le manuscrit du Père Gonçalves qui a recopié celui de Soeur Lucie. Voici le texte portugais de ce manuscrit :
« Mais tarde por meio duma comunicação intima N.S. disse-me, queixando-se : "Naõ quiseram atender ao meu pedido ! … Como o Rei de França, arrepender-se-hão, e fa-la-haõ, mas sera tarde. A Russia tera ja espalhado os seus erros pelo mundo, provocando guerras, perseguições a Igreja : o Santo Padre tera muito que sofrer". »
Ce qui se traduit par :
« Plus tard, par le moyen d'une communication intime, Notre-Seigneur me dit, en se plaignant : "Ils n'ont pas voulu écouter [ou bien 'donner satisfaction', ou bien 'prêter attention', ou bien 'avoir égard'] à ma demande ! … Comme le Roi de France, ils se repentiront, et ils la feront [ou bien 'ils l'accompliront'], mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres, des persécutions contre l'Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. »

Pour pouvoir traduire « il sera très tard » ou « il sera bien tard », le manuscrit aurait dû porter : « sera muito tarde » ou « sera mesmo tarde », ce qu'on n'y trouve pas.

De même, pour pouvoir traduire « ce sera trop tard », il faudrait que le manuscrit porte « sera demasiado tarde », ou « sera tarde demais ». La traduction « ce sera trop tard » n'est visiblement pas le sens des paroles de Notre-Seigneur, pour plusieurs raisons :

a) Les 3 et 4 février 1946, le Père Jongen interrogea Soeur Lucie : « Avez-vous voulu, en révélant le secret, vous limiter à reproduire le sens de ce que Notre-Dame vous avait dit, ou avez-vous cité littéralement ses paroles ? » Soeur Lucie répondit : « Quand je parle des apparitions, je me limite au sens des paroles; quand j'écris, je m'efforce, au contraire, de citer littéralement. Par conséquent, j'ai voulu écrire le secret parole par parole. » Comme ici il s'agit d'un écrit de Soeur Lucie rapportant les paroles de Notre-Seigneur, on peut appliquer à ce texte la réponse de la voyante; celle-ci n'a donc pu oublier aucun mot dans la transcription de ce message.
b) Quand le Père McGlynn voulut savoir si la promesse de la conversion de la Russie était absolue ou conditionnelle, Lucie répondit : « À la fin, dans le texte du secret, signifie qu'elle est absolue. » Et lorsque le Père Alonso la questionna sur la parole de Notre-Seigneur « Le Pape consacrera la Russie, mais ce sera tard », elle lui indiqua que « La consécration de la Russie et aussi le triomphe final du coeur Immaculé de Marie qui lui fera suite sont absolument certains et se réaliseront en dépit de tous les obstacles. »
Il est donc évident qu'il ne sera jamais trop tard pour effectuer cette consécration, même s'il « sera tard », c'est-à-dire qu'il faudra beaucoup de temps avant que le Pape ne se décide enfin à accomplir cet acte de réparation et de consécration de la Russie.
c) Dans Toute la vérité sur Fatima (Frère Michel de la Sainte Trinité), il faut lire dans le tome II, page 292, la note (3) : « Malheureusement, les traductions de ce texte, parues dans Marie sous le symbole du coeur (p. 41) et en annexe aux Mémoires de soeur Lucie (p. 206) sont fautives sur plusieurs points. Que notre lecteur ne s'étonne donc pas des divergences qu'il pourra constater. »
d) En conclusion, il est évident que la formule authentique est « ce sera tard ».

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En la fête du Christ-Roi (1)
le 26 octobre 2003

(1) — Le calendrier liturgique traditionnel utilisé avec la messe traditionnelle, fixe la fête du Christ-Roi au dernier dimanche du mois d'octobre, c'est-à-dire « celui qui précède immédiatement la solennité de la Toussaint. » Cette année [2003], c'est donc le 26.
Le pape Pie XI justifiait ce choix dans son encyclique « Quas primas », point n° 19.
Le boulversement du calendrier liturgique par Paul VI, en 1969, a fixé la fête du Christ-Roi en fin d'année liturgique, soit cette année [2003] le 23 novembre.
Discuter de l'opportunité de ce changement du calendrier liturgique (parmi tant d'autres nouveautés) est vain tant que l'on n'a pas compris d'abord l'essence et la source de la crise actuelle de l'Église, crise qui est, à mon avis, le sujet de la troisième partie du "secret" de Fatima.

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