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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

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Contribution : n° 16
Date : 20/10/2003
Nom : (France)
Sujet : Réflexion sur la durée de la crise dans l'Église

« RELEVEZ LA TÊTE CAR VOTRE DÉLIVRANCE APPROCHE »

Réflexion sur la durée de la crise dans l'Église

S'il nous fallait dater le commencement de la crise religieuse actuelle, nous hésiterions sur le millésime. Était-ce 1970 avec le chambardement de la nouvelle messe ? Ou 1975 avec notre recherche d'une messe encore catholique ? Les témoins de ces événements disparaissent et notre mémoire devient peu fiable car c'était « il y a bien longtemps ».

Mais parce que nous nous souvenons encore de l'Église en ordre de Pie XII, cette crise qui n'en finit pas commence à inquiéter, au point de causer découragements et défections massives. Beaucoup, désespérant de voir apparaître une solution, désertent les églises, abandonnent les sacrements et se font leur propre religion de bric et de broc mais sans sacrements. Ils oublient que, pratiquement, l'on ne peut pas se sauver sans fidélité à la vérité ni sans sacrements. D'autres estiment que la hiérarchie actuelle de l'Église, jusqu'au plus haut sommet, n'est plus fiable, que ce pape exagère, qu'il devient impossible d'encore reconnaître en lui le Pasteur, le Saint-Père, et ils tombent dans un scepticisme généralisé ou un agnosticisme simplificateur.

Tous ceux-là n'abandonnent le combat que parce qu'ils sont fatigués d'être marginalisés, méprisés sinon persécutés comme conservateurs, sinon “intégristes”; ils n'aspirent qu'une certaine paix, à leur idée. Or, d'une part, la paix ainsi désirée est illusoire car elle n'est pas celle que donne le Christ. D'autre part, et c'est ce que je veux exposer ici, la fin de l'épreuve est plus proche qu'on ne le pense. Il faut donc espérer mais activement.

Il y a quelques mois, alors que je discutais avec un ami prêtre des chances de voir le Vatican libéraliser la Messe "de toujours", il me confia son appréhension que les divisions actuelles au sein de l'Église ne perdurent et ne se transforment à la longue en rupture irréparable semblable au schisme de la « Petite Église » ou aux petites sectes protestantes

— « Dans combien de temps cela surviendrait-il ? » demandai-je.
— « Dans une ou deux générations », me répondit-il.
— « Oh, mais la crise ne durera plus aussi longtemps, objectai-je. Je suis certain que, dans une génération, dans moins de trente ans, elle sera terminée. Dieu y aura mis fin ».

Cette conviction pouvait surprendre. Ce n'était pourtant pas un jugement optimiste et superficiel, mais la conclusion d'une longue réflexion sur la crise globale que nous vivons. Il suffisait de considérer les faits :

  • À vue humaine, la crise de l'Église n'approche pas d'une solution.
  • La crise sociale multiforme explosera bientôt parce que l'on ne s'attaque jamais à ses causes dont les effets sont cumulatifs.
  • La vitesse de ce processus de destruction ne cesse de croître (l'histoire s'accélère) parce que ne cesse de s'appliquer l'un de ses facteurs principaux : l'effet corrupteur du péché originel sur la nature humaine, effet méconnu qui n'est plus atténué ni combattu.
  • Toutefois, cette ruine de la civilisation chrétienne fait partie de l'histoire qui est divine et elle reste sous le contrôle de la Providence.
  • En désagrégeant la société, l'explosion de la crise multiforme déstabilisera fatalement l'Église elle-même et y provoquera une réaction salutaire du Pape, de la hiérarchie et des fidèles.
  • Enfin, les messages donnés par Notre-Dame à Fatima permettent de situer la fin de la crise religieuse dans le temps en relation avec la crise générale.

Voyons en détail ces divers points.

1. — OÙ en est la crise de l'Église ?
L'inquiétude de ce prêtre serait justifiée si la crise de l'Église était le seul accident de notre civilisation, accident qui s'éternise sans qu'aucun début de solution n'apparaisse puisque le concile Vatican II et ses réformes sont considérés par Rome comme des progrès irréversibles. N'est-ce pas l'insistance de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X à réclamer la libéralisation universelle de la Messe tridentine qui fit exploser les ébauches d'accords avec Rome ? Et le Vatican ne persiste-t-il pas à imposer la cause de cette crise qui est le Concile et toutes ses nouveautés ? Cette "nouvelle religion" anthropocentrique a causé des dégâts incalculables et irréparables, mais la hiérarchie, manifestement aveuglée, les ignore et ne cédera pas. Le prouvent la mise sous tutelle de la Fraternité Saint-Pierre, la publication le 26 juin 2000 d'une version tronquée du 3ème secret de Fatima et, plus récemment, la "fabrication" d'un nouveau Rosaire par l'ajout de mystères lumineux destinés plutôt à soutenir la nouvelle théologie obsessionnelle de Vatican II qu'à répondre enfin aux demandes instantes de Notre-Dame à Fatima . À vue humaine, il n'y a donc aucun espoir de voir l'Église résoudre sa crise.

L'inquiétude est donc fondée. Par lassitude et durcissement des positions, l'intransigeance des protagonistes pourrait causer dans l'Église de nouvelles scissions et défections dans les tendances extrêmes : celle du "ralliement" séduite par les conditions avantageuses accordées à Campos, et celle tentée par le "radicalisme".

2. — la société danse sur une poudrière
Heureusement, (si l'on peut dire), il n'y a pas que la crise de l'Église. Celle-ci n'est qu'une des composantes de la crise globale et complexe dans laquelle est plongée l'Europe toute entière. J'ai exposé dans Miracle et message du Saint Suaire (parties II et III), que cet enchevêtrement de crises, ce "noeud gordien", désorganise et menace gravement tous les rouages de la société. Car ces crises sont interactives et constituent un "cercle vicieux". Par exemple, la politique mondialiste agit sur l'économie, l'immigration et l'éducation, et celles-ci modifient les moeurs. À leur tour, les moeurs désagrègent l'ordre public, ruinent la démographie, affaiblissent la productivité, etc.

On ne peut résoudre aucun de ces problèmes ni surmonter aucune de ces crises parce qu'on ne peut pas les résoudre toutes d'un seul et même coup. Et l'on ne le peut pas parce qu'on ne veut pas renoncer aux utopies de 1789. Ces crises ne peuvent plus être résolues parce que l'Occident qui avait réalisé la civilisation chrétienne, en a rejeté les principes fondateurs, il a apostasié et aliéné sa liberté. En reniant Dieu pour le principe de la laïcité, gouvernants et gouvernés ont rejeté la loi naturelle et la loi révélée; ils ont refusé l'ordre voulu par Dieu et indispensable au bon fonctionnement de la société qu'Il a créée; ils se sont durablement installés dans l'aveuglement de l'intelligence et dans le désordre social, conséquences naturelles autant que châtiments de cette infidélité. Dès lors, il n'y a plus de lois immuables ni de société stable et cohérente, mais seulement des passions antagonistes. Au gouvernement des peuples, il n'y a plus d'hommes sages et vertueux mais, majoritairement, des idéalistes détachés du réel et des ambitieux corrompus et pervers qui ont choisi de servir Mammon comme maître.

« Aujourd'hui nous sommes retournés aux ténèbres du paganisme, et même sans doute bien pire que cela, parce que l'apostasie a ceci de pire par rapport au paganisme en ce qu'elle est une négation de la foi. Or une négation est toujours pire qu'un simple oubli ou que le fait de ne pas connaître une chose. ». Il me paraît certain que là se trouve la cause de cette accélération dans la chute libre de nos sociétés et nations autrefois chrétiennes. Chute libre non pas en retour à nos origines mais vers un état pire que le paganisme et qui ne peut être que la barbarie, car corruptio optimi pessima, la corruption des meilleurs est la pire.

3. — En accélération vers le pire
N'importe quel observateur moyennement doué peut constater cette accélération du mal. Que l'on veuille bien ne considérer que l'évolution de la morale et des moeurs. Ces dix dernières années, la régression a été considérable. Elle est effarante si l'on prend comme référence les années cinquante ou soixante, époque où l'on constate la rupture d'équilibre. C'était il y a trente ans, la durée d'une génération.

Dans un livre intéressant écrit en 1951, Daniel Halévy réfléchissait sur une idée de Michelet : « L'allure du temps a tout à fait changé. » Il observait que ce constat s'appliquait à toute l'histoire universelle; elle n'a cessé de s'accélérer, surtout depuis les applications industrielles des sciences, notamment de l'électricité et du moteur à explosion. Il en a tiré une conclusion désabusée, amère même : l'homme ne pense plus. « Il a remplacé la lecture par le gavage sonore (…) Quant à retenir les faits, à raisonner et conclure à partir d'eux, il n'y faut pas songer. Ces mots même n'ont plus cours (…) La mémoire débordée ne retient plus les faits; elle abdique; l'esprit, l'âme ne réagissent plus (...) L'homme a-t-il encore une âme ? » (p. 129).. « La situation philosophique est effarante. Pour Aristote, la caractéristique essentielle de l'homme, c'était l'admiration; pour Descartes, le bon sens. Pour nos modernes, c'est le souci, l'angoisse causée par l'évidence de l'absurde. » (p. 168).

Michelet et Halévy ont vu juste : l'accélération actuelle de l'histoire est un fait. Toutefois, Raymond Aron fit remarquer à Daniel Halévy que s'il y eut sans doute d'autres périodes de mutation brusque, de bouleversement, notre époque présentait une originalité qui, jusqu'à un certain point, était sans précédent. Cette originalité tient à la conjonction de mutations dans tous les domaines. Il n'y a pas seulement bouleversement technique, il y a bouleversement de la structure sociale, et qui touche l'ensemble de l'humanité. C'est l'ensemble des sociétés qui est bouleversé dans une accélération du rythme de l'histoire. C'est cela qui est sans équivalent dans le passé (op. cit., p. 150-151).

Cependant, ces philosophes agnostiques sont incapables de dépasser le constat : ils ne comprennent pas parce qu'ils ne croient pas. Ce qu'ils auraient dû comprendre, c'est la nature de ce bouleversement catastrophique dans notre civilisation qui est fondamentalement chrétienne et pour laquelle le sens de l'histoire est et ne peut être que chrétien. Oui, l'histoire est dans une folle accélération. J'en vois deux causes : le progrès technique — ce qu'a bien vu Halévy, et qui n'est pas un mal en soi — mais aussi les inclinations permanentes (la "pesanteur") de notre nature déchue par le péché originel — qu'il semble ignorer — et qui oriente cette chute accélérée vers le mal.

Les moyens techniques, outils des activités humaines, se développent à une vitesse qui échappe à tout contrôle parce qu'il y a, d'un côté, une incitation naturelle à diminuer la pénibilité du travail, châtiment permanent du même péché, et de l'autre, la concurrence et la cupidité qui poussent à accroître sans cesse la productivité en biens matériels et en profits. Et tout naturellement encore, le progrès dans les technologies s'accélère parce qu'il résulte du caractère cumulatif de la connaissance scientifique : en ce domaine, rien ne s'oublie mais tout se transmet, se combine, se perfectionne. Neutres en eux-mêmes, les progrès techniques sont souvent et libéralement mis au service du mal par le Prince de ce monde et ceux qui ont choisi de servir Mammon (connaissent-ils un autre maître ?), tandis que le bien se voit très souvent privé de moyens.

L'autre facteur accélérant le cours de l'histoire, c'est le sens dans lequel on prend la pente. Celle-ci est donnée par notre nature déchue. Dès lors, reconstruire un ordre, se construire soi-même en contrariant notre nature demande beaucoup d'efforts, de constance et de temps. Est très lente la progression dans le bien, que ce soit la formation d'un homme ou l'édification d'une société en ordre. Au contraire, dévaler, se laisser aller à sa "pesanteur" et à ses passions ne demande aucun effort. Le désordre et la mort s'installent sans peine, la destruction d'une organisation, la désintégration d'une société se font si vite que l'on peut alors dire, comme Michelet, que "l'allure du temps a tout à fait changé". Mais c'était deux révolutions qu'il s'étonnait d'avoir vues en sa vie de soixante-douze ans, deux destructions et non deux édifications.

Enfin, il est évident que la chute d'un corps est un phénomène en constante accélération, tout simplement parce que sa cause, la pesanteur, ne cesse de s'exercer. Il en va de même pour la ruine de la société ou pour l'évolution des crises que nous avons considérées. Elles ne cessent pas d'accélérer parce que leurs causes que nous avons évoquées ne cessent pas de s'exercer. C'est ce que l'on constate depuis qu'en 1789, les hommes ont usurpé les droits et le pouvoir qui n'appartiennent qu'à Dieu, le Créateur.

Nous constatons que, pas à pas, toutes ces crises s'acheminent vers le pire, vers le maximum d'instabilité. Le monde est devenu une vaste et unique poudrière où plusieurs mèches sont en attente (car certains souhaitent l'explosion pour réaliser leurs desseins). D'où partira la déflagration ? De la guerre israélo-arabe ? De l'insurrection socialo-ethnique d'une banlieue islamisée ? D'une crise financière majeure causant famine et misère ? D'une main criminelle ? Dieu seul le sait.

Tout est possible, sauf le retour à l'ordre stable. Au contraire, le prévisible et certain proche, c'est l'explosion "accidentelle" mais qui sera l'instrument de la Providence.

4. — L'histoire est dans la main de la Providence
Il faut à présent considérer que la décomposition de la civilisation chrétienne n'a, avec la chute des corps, que des similitudes, et rien de plus. La civilisation est un être, une chose vivante voulue par Dieu comme les hommes qui la font; Dieu se sert d'elle pour sauver ceux qui veulent s'unir à Lui. Dès lors, comme toute créature, la civilisation est soumise aux décrets de la Providence divine.

Messieurs Halévy et Aron, comme avant eux, Jules Michelet, et après eux, Georges Pompidou, avaient une conception matérialiste et mécaniste de l'histoire. Or l'histoire est divine. Le "noeud gordien" que voyait Pompidou (cf. Miracle et message p.169 sq.) ne pouvant être dénoué, il fallait un Alexandre le grand pour le trancher. Là aussi, on nous présentait une vue mécaniste de l'histoire. Or le noeud gordien n'est indestructible que pour l'homme abandonné à lui-même.

La Providence agit avec une tout autre sagesse : fortiter et suaviter. Elle veut sauvegarder son Église dans un petit troupeau ? Voyez comment elle agissait au premier siècle; voyez comment au XXème siècle, elle a protégé — et comment ! — le Sacrifice perpétuel; parmi plus de deux mille évêques, elle en a choisi et inspiré un, un seul. Pour dénouer le "noeud gordien" actuel, il lui suffira de laisser agir les causes secondes de ces crises et de vouloir la destruction d'un de ces liens. Elle laissera simplement se former un petit grain de sable : « Cromwell allait ravager toute la chrétienté; la famille royale était perdue, et la sienne à jamais puissante sans un petit grain de sable qui se mit dans son uretère. Rome même allait trembler sous lui. Mais ce gravier s'étant mis là, il est mort, sa famille abaissée, tout en paix et le roi rétabli.. » Par la Providence, Sagesse agissante de Dieu, il y aura un grain de sable et l'une des crises constituant le noeud gordien explosera entraînant de proche en proche l'éclatement des autres crises. Mais la cause première sera divine.

5. — Dans moins d'une génération
Les statistiques de la criminalité et de la violence urbaine et scolaire prouvent que l'instabilité de la poudrière s'accroît d'année en année. Or tout ce qui est instable finit par s'écrouler. Dans combien de temps cela surviendra-t-il ? Certainement moins d'une génération. En effet, celle qui me suit et qui naquit dans les années soixante fut éduquée dans l'esprit amoral de mai soixante-huit; elle est déjà aveuglée, manipulée et déchristianisée, mais elle a encore bénéficié d'une éducation un peu conservatrice dont il reste un bon fond chez la plupart. Dans le marasme actuel, elle se caractérise par le manque de jugement, de rigueur morale et de volonté. Elle n'a pour soucis que de survivre et de jouir du moment présent. Par contre, la génération suivante, née dans les années quatre-vingt, est massivement déboussolée, ignorante et, par l'apostasie de fait de ses parents, elle est moralement revenue à la barbarie; dans sa grande masse, elle n'a plus ni repères, ni traditions, ni foi, ni lois. Nous la voyons occupée dans les collèges publics à injurier ses professeurs, à jouer du couteau, à se droguer et à forniquer sans retenue.. Dans dix ans, ces millions de jeunes seront, dans la société, la "minorité active" qui fait les révolutions. Tous, ou peu s'en faut, subiront les manipulations des médias et des hommes de l'ombre au service du Prince des Ténèbres. Tous ces "jeunes" violents et amoraux auront pour unique mobile la satisfaction de leurs pulsions; leurs seuls guides seront les faux principes de Liberté et d'Égalité; leur inspirateur exclusif sera l'esprit du mal, car le Mystère d'Iniquité est plus actif que jamais. Il sait que le temps lui est mesuré et il veut perdre massivement les âmes. C'est pourquoi, dans une activité effrénée, il inspire la haine et la révolte; il enchaîne plus étroitement ses esclaves au péché; il exacerbe les passions pour provoquer l'explosion — guerre ou révolution, peu lui importe  qu'il sait lui être profitable.

A voir ce qui se passe dans les écoles de la République et dans les “ZEP” (Zones à éducation prioritaire), on imagine aisément ce que cela donnera, aussi bien en Europe qu'en France. Or ceci ne constitue que cet aspect du désordre que nous appelons crise de l'éducation et de la moralité qui sont les fondements de l'ordre social. Que l'on combine cela avec d'autres "crises" comme celles de l'immigration-invasion, et du chômage et l'on comprendra ce qu'est une instabilité sociale éminemment explosive. De cette observation des faits, nous pouvons donc tirer cette conclusion : L'explosion aura certainement lieu dans moins d'une génération, lorsque ces masses diaboliquement excitées seront lancées à la conquête du pouvoir et au pillage des biens qu'elles convoitent.

Ce sera l'heure du Prince des Ténèbres (Luc 22,53), mais ce sera aussi l'heure de la Justice de Dieu qui a dit : « À moi la vengeance; c'est moi qui ferai justice » (Rom 12,19). Pour nous, fidèles, ces tribulations seront épreuves purificatrices, tandis que pour les nations apostates, elles seront châtiment. Car voilà ce qu'on oublie : Dieu châtiera les Nations lorsque débordera la coupe de sa colère. En effet : « Comme l'aimant attire le fer, le péché attire le châtiment. Les Nations n'allant pas en corps dans l'autre monde, c'est sur la terre qu'elles reçoivent la récompense de leurs vertus nationales, ou le châtiment de leurs crimes nationaux. Mais Dieu est patient; longtemps il avertit, il supplie, il menace : avant de frapper, il attend que la mesure soit comble. Les grandes époques de l'Histoire nous montrent l'application invariable de cette double loi de miséricorde et de justice. » Or il est des crimes qui offensent spécialement Dieu : ceux qui touchent ses créatures préférées, les enfants. Combien faudra-t-il de millions d'enfants assassinés dans le sein de leur mère pour que la mesure soit comble ? En France, nous avons dépassé le chiffre de six millions. Qui aujourd'hui osera défier la juste colère de Dieu dont on massacre les enfants innocents ?

6. — Dans l'Église même …
Mais alors, comment l'Église, société visible, pourra-t-elle échapper à ce cataclysme qui bouleversera tout ? Il est évident que son caractère sacré la désignera à la haine satanique; ses hommes, son culte, ses temples et ses trésors en feront une proie tentante pour la Super Révolution qui actualisera "Les Prodiges du sacrilège" . En même temps, le pouvoir religieux de Rome sera l'enjeu d'un combat violent entre les fidèles du Christ et l'ennemi intérieur que saint Pie X avait découvert « caché dans le sein même et au coeur de l'Église ». (Encyc. Pascendi Domini gregis n° 2).

Voilà le mal que Dieu permettra en laissant aller les causes secondes, afin d'en faire sortir un plus grand bien. Je pense que ce que Dieu attend pour faire justice, ce n'est pas seulement que la mesure déborde, mais que par sa Providence, tout soit prêt, terre et semences (Sanguis martyrum, semen christianorum), pour que se prépare une nouvelle moisson, une nouvelle Église qui sera celle du triomphe final promis par Notre-Dame à Fatima : « À la fin, mon Coeur Immaculé triomphera ». Cette épreuve sera l'occasion d'un ultime sursaut du Pape qui, comprenant la vanité de sa politique et n'ayant plus d'autre recours, obéira enfin à la Vierge Marie. En effet, en août 1931, Notre Seigneur avait dit à soeur Lucie, comme en se plaignant : « Ils n'ont pas voulu écouter ma demande… Comme le Roi de France, ils s'en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ».. Alors, le pape consacrera enfin la Russie et, miraculeusement, viendra la paix promise.

D'où viendra la victoire ? De Dieu assurément, mais par la médiation du Coeur Immaculé de sa Sainte Mère, et probablement aussi par l'action symbolique du tout petit troupeau qui, à l'instar des trois cents Gédéons, combattra pour la foi au nom du peuple catholique (Cf. Juges, chap. 7). Alors, notre part d'action sera dans la prière et le sacrifice, pratiqués en esprit de réparation, et dans l'offrande personnelle (jusqu'au martyre physique s'il le faut) pour l'exaltation de la Sainte Église et la plus grande gloire de Dieu.

7. — L'heure de Dieu et de Notre-Dame de Fatima
Enfin, la situation religieuse actuelle au Portugal offre un dernier indice de l'imminence de l'explosion qui causera le châtiment suivi de la remise en ordre de nos pays. Chacun connaît la phrase que soeur Lucie a ajoutée au texte du Secret dans son quatrième mémoire : « Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc. » En 2001, j'ai demandé à un prêtre connaissant très bien le Portugal quelle était l'état religieux de ce pays. Voici la substance de sa réponse :

  • Le Sud du pays (Algarve, Alentejo) et la région de Lisbonne sont déchristianisés comme la France.
  • Le Centre se tient dans un état moyen grâce à la dévotion mariale rayonnant de Fatima.
  • Le Nord est fidèle aux dévotions traditionnelles surtout le chapelet, mais ignore tout de la grave crise de l'Église et du problème que pose la messe de Paul VI qui protestantise les fidèles à leur insu.
  • La nouvelle génération (qui a 25 ans et moins) est matérialiste, mondaine, et en voie de déchristianisation; elle ne pratique plus guère, surtout dans le Sud. (En 2001, un recensement a montré que la pratique religieuse dominicale était tombée à 20% de la population, contre 26% en 1991).
  • La messe de Paul VI est obligatoire partout et sans exception, tandis que tout le clergé adhère aux nouveautés de Vatican II. Comme partout ailleurs, on en a donc l'effet, la perte de la foi par la protestantisation sournoise des catholiques.

J'en déduis que le mot toujours utilisé par Notre-Dame ne peut alors s'expliquer que si la période qu'Elle considérait était limitée dans le temps. En d'autres termes : la foi se conservera toujours (ici ou là) jusqu'aux événements qui supprimeront les causes (connues) qui la font actuellement disparaître partout. Et puisque la génération montante perd déjà la foi, cela signifie que ces événements surviendront bien avant les trente années qui verront la disparition progressive de la génération qui la précède et qui, aujourd'hui, est âgée d'environ 60 à 70 ans.

À voir l'évolution des crises qui nous font entrevoir la nature des tribulations prochaines, l'inquiétude est humaine. Cependant, parce que nous sommes comme des enfants confiants dans la miséricordieuse puissance de leur Père et dans la sage bonté de sa Providence, nous pouvons nous réjouir, d'ores et déjà, car voici ce que nous disait le Seigneur quant aux grandes épreuves à venir « Ne vous effrayez pas, car il faut que cela arrive d'abord, mais la fin ne viendra pas de sitôt (...) Quand tout cela commencera de se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance approche. » (S. Luc 21, 9 et 28).

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le 20 octobre 2003

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