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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

.

Contribution : n° 15g
Date : 13/05/2004
Nom : Jean-Louis Mangin et Camille Pierron (France)
Sujet : « Revue de presse après la publication du troisième Secret de Fatima » — VI
Voir également : Etude n° 15 (I) - 15a (II) - 15b (III) - 15c (IV) - 15d (V) - 15e (VI) - 15f (VII)

L'INATTENDU « TROISIÈME SECRET » DE FATIMA

Vladimir Volkoff, providence orthodoxe de Fatima ?

V) Une surprise de taille !

Nous pensions en avoir terminé avec cette revue de presse commencée le 13 juillet 2003 et nous l’avions annoncé le 26 janvier 2004. Or voilà que nous y revenons en y ajoutant comme un post-scriptum.

En effet, un de nos amis nous a offert le dernier livre de Vladimir Volkoff intitulé « L’hôte du Pape » (337 pages) que viennent d’éditer les Éditions du Rocher en janvier 2004. Jusqu’alors, nous n’avions rien lu de cet auteur. Aussi, quelle ne fut pas notre surprise de retrouver les mêmes prodigieuses sensations que nous avions éprouvées à propos du devenir de « l’Église indivise », lors de la lecture livre « Le trésor de Saint Pierre » de Malachi Martin, chez le même éditeur.

Mais avant d’en parler, il nous faut commencer par planter le décor. Le mieux pour cela est de citer l’avant-propos, page 7 :

W) Il s’agit du décès de Mgr Nikodim
dans les bras de Jean-Paul Ier, le 6 août 1978

Albino Luciani fut élu pape le 26 août 1978, prit le nom de Jean-Paul Ier, fut sacré le 3 septembre, mourut le 28.

Le 6, il donna audience à l’archevêque Nikodim, métropolite de Leningrad. Ils s’entretinrent seul à seul, apparemment en français, la seule langue qui leur fût commune.

L’archevêque mourut inopinément dans les bras du pape qui lui donna l’absolution. Après quoi, Jean-Paul Ier déclara : « Jamais je n’avais entendu d’aussi belles paroles sur l’Église ; je ne puis les répéter; cela reste un secret.

La relation entre les deux décès semble avoir bizarrement échappé aux journalistes comme aux historiens, ce qui ne les a pas empêchés d’émettre des hypothèses sur la mort du pape, certains formulant des accusations injustifiées, d’autres escamotant des faits troublants.

Le métier du romancier est différent : il consiste non pas à découvrir l’inconnu, mais à imaginer le vraisemblable.

C’est pourquoi tous les personnages de ce roman sont imaginaires, même s’ils ont tel trait en commun avec des personnages réels. En particulier, si Mgr Ilia meurt bien dans les bras du pape, ni son caractère ni sa biographie ni son âge ne correspondent à ceux de Mgr Nikodim.

La seule figure partiellement empruntée à la réalité est celle du pape lui-même, parce que l’auteur eût trouvé de mauvais goût de présenter un pape de fantaisie, surtout aussi récent. L’humour, l’humilité, l’obsession de la justice sociale sont donc ceux de Jean-Paul Ier ; mais ce n’est pas un pape, qui est présenté ici, c’est LE PAPE.

x) Il s’agit ensuite d’un formidable « polar oecuménique »
qui présente au grand public le « Troisième Secret de Fatima »
en identifiant l’Évêque vêtu de blanc à Jean-Paul Ier

En effet, le livre se termine quasiment sur un dialogue saisissant entre Mgr Ilia, Métropolite de Leningrad, Général du KGB, et Jean-Paul Ier, quelques instants avant de mourir empoisonné dans les bras du Saint-Père, alors que « c’était la première fois depuis le Concile de Florence en 1439 qu’un des principaux prélats de l’Église orthodoxe russe parlait seul à seul au principal prélat de l’Eglise catholique romaine », pages 260, 323 à 327.

(…) - Père, interrompit-il. connaissez-vous le troisième secret ?
Le Pape attendit longtemps avant de répondre. Enfin
- Oui

Il ajouta :

- Soeur Lucia ne m'en a pas parlé. Elle ne m'a du reste presque pas parlé des apparitions. Et elle n'a même pas vu la danse du soleil. Mais dès qu'ils m'ont élu pape... J'ai ouvert l'enveloppe.
- Le secret devait être révélé en 1960.
- Il le devait.
- Il ne l'a pas été.
- Non.
- Pourquoi ?
- Mettons que ce soit pour ne pas inquiéter l'Église.
- Le révélerez-vous ?
- Je ne sais pas encore.

Le pape se fermait de plus en plus.

Ilia osa :

- Dites-moi le troisième secret.
- À vous ?
- À moi.
- Vous n'y pensez pas.
- Pourquoi ?
- Vous n'êtes même pas catholique !
- Je suis catholique puisque je suis orthodoxe.
- Je veux dire : catholique romain, évidemment. Je vous confierais, à vous, une chose que les cardinaux eux-mêmes ne savent pas ? Je le voudrais que je ne le pourrais point, et... honnêtement, je pourrais que je ne voudrais pas.

Ilia passa ses deux paumes sur son front, sur ses joues, et ses pouces dans sa barbe. Entre ses doigts, il vit confusément le pape le regarder avec un mélange de compassion et d'ironie : « Non, mais qu'est-ce qu'il s'imagine, ce brave évêque du KGB ? Un peu de charme et le tour est joué ? »

- Prenons les choses autrement, dit Ilia, sans trahir un excès de déception. Il est bien dans vos intentions de retourner à Fatima pour y consacrer la Russie à Marie ?
- Oui.
- Moi aussi, je suis allé à Fatima.
- On me l'avait dit. Tiens, c'est peut-être pour cela que je vous ai reçu aussi vite, malgré la confusion de ces premiers jours.
- Retournons-y ensemble, Père.

Le pape était surpris, méfiant.
- Pourquoi pas ? Peut-être. Volontiers, si cela se révèle possible.

Ilia se lève encore. Il fait quelques pas de côté et d'autre.

- Écoutez-moi. J'essaye de me mettre, comment vous dire, à la place de la Mère de Dieu. Nous sommes en juin 1917. Elle sait que la Russie d'abord et le monde ensuite, par l'intermédiaire de la Russie, vont basculer dans une horreur sans nom, l'athéisme, la famine, les massacres, le mal intégral. Elle décide d'intervenir. Elle se dérange. Elle vient dire au monde : « Gare à la Russie ! », et à la Russie : « Reviens dans mes bras. »
- Et au pape : « Fais quelque chose ». Qu'il n'a pas fait. D'accord, d'accord.
- Alors, le moment n'est-il pas venu pour vous et pour moi de rattraper l'occasion perdue et d'obéir enfin à celle que vous appelez la Reine du ciel et que nous appelons la Tsarine céleste ? (Il désigne tour à tour la Madone trônant et la Vierge couronnée qui se font face.) Elle ne s'est pas adressée au Saint-Père tout seul. Elle a dit « le Saint-Père avec tous les évêques ». Tous les évêques, c'est tous les évêques. Ne suis-je pas évêque ? Nous ne rendrons pas la vie aux victimes du communisme, russes ou non, mais peut-être le monde court-il encore d'autres dangers ? Ne devons-nous pas les prévenir, vous et nous, par le seul moyen dont la Mère de Dieu elle-même nous garantit l'efficacité ?

Le pape est puissamment intrigué :

- Vous voulez dire une consécration commune de la Russie à Marie ? Par les catholiques et les orthodoxes russes ?
- Oui. Sur place. À Fatima.
Vous imaginez l'effet dans le monde. Et cela sans nous occuper ni du filioque, ni de l'Immaculée, ni de l'infaillibilité, puisque l'infaillibilité, c'est vous. Quel pas en avant vers l'unité de l'Église, sans aucun œcuménisme à bon marché !

Les protestants rient jaune, les communistes sont renversés, peut-être même au sens propre, par l'effet de souffle, si j'ose dire... Et nous n'aurions rien fait de plus que ce que la Mère de Dieu a clairement et hautement réclamé. Et que, si mes renseignements sont exacts, la survivante des trois bergers visionnaires réclame encore.

- Avec quelle insistance ! Mais dites-moi, Père, vous n'êtes pas le chef de votre Église. Me faites-vous ces propositions au nom du patriarche Pimène ou au vôtre ?
- Oh ! le patriarche Pimène ...

Ilia s'assoit. Cet homme si fort se sent soudain épuisé. Il prend le verre de cristal gravé plein de madère, tourne et retourne le pied entre ses mains. Du madère ! Il viderait bien un plein verre de vodka à l'heure qu'il est. Il n'a pas encore obtenu ce qu'il voulait, mais c'et en bonne voie. Si le pape consent à cette consécration commune... Ilia s'envoie le madère dans le gosier, cul sec. Et s'en sert un autre.

De son côté, le pape récapitule : l'Église étouffée par les puissances d'argent, lui-même en danger, propositions intéressantes, mais suspectes, peut-être une occasion unique de remettre le monde dans le droit chemin, avec l'aide de la Madone elle-même...

Soudain, le pape s'aperçoit que son visiteur n'est pas dans son état normal. Il s'est passé le revers de la main sur le front. Il presse sa main sur son cœur. Il respire de plus en plus vite.

- Père ! crie le pape. Père, qu'avez-vous ?

Ilia essaye de se relever, la bouche ouverte, haletante, son grand visage léonin décomposé. Il retombe dans le fauteuil. Il respire de plus en plus vite :

- Je suis en train de mourir. Ce n'est pas grave.

Le pape cherche la sonnette à tâtons. Il se lève, il se penche par-dessus la table, par-dessus les reliques.

- Père ! Père !

Et Ilia :

- Maintenant, dis-moi le secret. J'étais venu pour cela.

Il ajoute drôlement :

- Je ne le répéterai pas.

On n'a pas entendu, on ne vient pas. Le pape fait le tour de la table. Il se dresse derrière Ilia. Il le tient par les épaules. Il se penche sur lui. La soutane blanche et la soutane noire s'entremêlent. Le visage barbu et le visage glabre se mirent l'un dans l'autre. Les souffles se confondent. Un instant, le pape hésite. Tout cela ne serait-il qu'une comédie pour s'emparer du secret ?

« Seigneur, inspire-moi ! »

Dans le doute, il choisit l'amour.

- Une montagne, en haut une croix.

Ilia a la tête renversée. Son klobouk a roulé à terre. Il a les yeux écarquillés. Il ne voit plus le pape, la bibliothèque, les livres, les tableaux, le Couronnement de la Vierge. Il voit ce qu'il entend.

Il murmure :

- L'Église.
- Les pentes sont couvertes de décombres ...
- L'Église.
- Et de cadavres.
- L'Église.
- Un ange crie « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! ». Un évêque en blanc gravit la montagne.
- Toi.

- Il est accompagné d’autres évêques.
- Nous.
- Il est criblé de flèches par des hommes d'armes.
- Nous aussi.
- Deux anges, chacun un arrosoir de cristal à la main, recueillent le sang des martyrs et irriguent les âmes ...
- C'est tout.
- C'est tout ?

Ilia relève le torse, il semble avoir retrouvé quelque vigueur. Les idées s'entrechoquent dans sa tête. Il est incohérent mais lucide.

- Des martyrs ? Trois cent mille ?
- Innombrables.
- Deux arrosoirs, tu dis ?
- Deux.
- Un pour toi, un pour moi ?
- Si Dieu le veut.

Ilia a une grimace :

- Nous n'irons pas à Fatima ensemble. C'est manqué.
- Nous y sommes déjà, mon frère.

Les yeux bleus d'Ilia se voilent de plus en plus. Il dit d'une voix étonnamment distincte :

- Confesse-moi. Vite !

Le pape secoue la tête :

- Je vais t’absoudre.

Le premier prêtre de la chrétienté se recueille. Il aspire autant de Saint-Esprit que ses poumons en peuvent contenir :

- Dominus noster Jesus Christus et ego auctoritate ipsias te absolvo ab omni vinculo excommunicationis et interdicti in quantum possum et tu indiges. In Nomine Patri et Filii et Spiritus Sancti.

Il fait le signe de la croix.

Ilia ouvre les yeux pour la dernière fois :

- Venir de si loin pour se faire absoudre en latin, vous avouerez ...

Et, dans une dernière expiration, comme accédant au soulagement suprême :

- IE-DI-NA.

Ah ! c'est pour prouver cela qu'il est venu à Rome.

C'est pour prouver cela qu'il est né.

Le pape ne connaît pas le russe, mais il a compris ce que l'archevêque vient de dire: ELLE EST UNE.

Y) ll s’agit enfin d’une approche prodigieuse et providentielle,
car elle contredit la thèse officielle véhiculée par la pensée unique vaticane

Car avec ce roman, Vladimir Volkoff remet les choses en ordre au niveau des trois thèmes qui structurent le « Secret de Fatima » :

● Il reparle d’abord plusieurs fois de l’enfer, au cours d’un colloque orthodoxe consacré à ce sujet, pages 139 à 143, « ce qui ne manque pas de piquant dans un pays dont deux millions de citoyens (un sur dix) sont au Goulag », puis en reprenant le contenu du premier Secret de Fatima, pages 204 à 205, enfin en ces termes, page 221 :

Lorsqu’un bolchevik parle de l’abîme, il pense au Goulag ; quand c’est un chrétien, il pense à l’enfer. Il y a une différence entre perpétuité et éternité.

● Il contredit ensuite la thèse officielle qui consiste à dire faire croire que la Russie s’est convertie puisque le Mur de Berlin est tombé, suite à la consécration collégiale du monde des 24 et 25 mars 1984, page 207 :

Que la consécration n’eût pas encore eu lieu ne l’étonnait pas (Nota : lui Mgr Ilia) : depuis un certain temps, le Vatican ménageait l’Union soviétique ; Ilia avait lui-même participé aux négociations secrètes qui avaient amené des observateurs orthodoxes au concile Vatican II en échange de l’abstention d’une nouvelle condamnation du communisme. Entre la Sainte Vierge, qui pouvait attendre, et l’Ostpolitik, qui était affaire d’actualité, Ilia n’était pas choqué que le Saint-Siège, avec ses responsabilités mondiales, choisît de parer au plus pressé. A vrai dire, le général - archevêque eût été mal placé pour s’indigner que le ciel fit des accommodements avec la terre.

● Il contredit enfin la pensée unique vaticane qui a fait croire aux esprits dociles, papolâtres et non avertis, l’équation : « L’Évêque vêtu de blanc (du 3ème Secret) = Jean-Paul II » en la remplaçant par “L’Évêque vêtu de blanc (du 3ème Secret) = Jean-Paul Ier”.

Z) Conclusion - Décidément, les voies de la Divine Providence sont surprenantes

Vladimir Volkoff évoque ainsi les voies de la Providence, page 210 :

Ainsi le fil parti de Lucia, la petite pastourelle portugaise (et peut être, avant elle, de la Mère-de-Dieu-toujours-Vierge), avait serpenté à travers les diverses institutions romaines, pénétré dans la cervelle fêlée d’un jeune Anglais résolu à convertir la Russie au catholicisme, franchi l’intelligence d’un magistrat femelle athée, et rejoint enfin le cœur d’un prélat orthodoxe, en outre général du KGB et jouissant d’un prestige toujours plus grand auprès des officiers les plus lucides de ce service. Telles sont les voies de la Providence.

Voilà pourquoi nous osons compléter Volkoff en ajoutant que, grâce à lui, le mur du silence concernant les véritables demandes de Notre-Dame à Fatima a été brisé, l’opposition de la haute Hiérarchie catholique se trouvant ainsi contournée, grâce à un regard orthodoxe sur cet événement qui relève du véritable oecuménisme et non du faux esprit d’Assise.

  — Fin —

Jean-Louis MANGIN
& Camille PIERRON
Moscou, le 13 mai 2004.

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