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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

.

Contribution : n° 15a
Date : 10/09/2003
Nom : Jean-Louis Mangin et Camille Pierron (France)
Sujet : « Revue de presse après la publication du troisième Secret de Fatima » — II
Voir également : Contribution n° 15 (I)

L'INATTENDU « TROISIÈME SECRET » DE FATIMA
(Une précieuse aide méthodologique)

« Distinguer pour unir » (Jacques Maritain)

Comme le texte publié le 26 Juin 2000 ne correspondait pas du tout à ce que nous attendions, notre première réaction a été de le rejeter en bloc. Puis, à la lecture des nombreuses réactions recensées et de leur diversité, nous nous sommes rendus compte de ce que notre position avait d’inconfortable, car elle ne reposait que sur un a priori et sur notre seul ressenti. Nous avons alors décidé de faire une étude sérieuse. Mais, très vite, nous avons compris que, si nous ne procédions pas avec méthode, nous serions incapables d’y voir plus clair dans ce volumineux vrac.

Pour ce faire, nous avons sollicité l’aide méthodologique (gratuite) d’une de nos amies, Consultante interne dans la fonction publique, spécialisée dans ce domaine, neutre par rapport à la problématique étudiée et…surtout disponible lors de chaque grève, car alors au « chômage technique ». A sa demande, nous ne citerons pas son nom, mais qu’elle soit assurée de notre gratitude. Car, bien que fort éloignée de l’Église, elle a bien travaillé pour le Ciel, pendant que ses camarades battaient le pavé, occupés notamment à conspuer Luc Ferry.

C’est ainsi qu’en nous enseignant la phrase de Jacques Maritain (« Il faut distinguer pour unir »), elle nous a aidé à démêler l’écheveau proposé, en nous proposant d’aborder successivement et non en même temps deux aspects du texte proposé, à savoir : son authenticité, puis son exhaustivité.

Question n° 1 : Le texte publié le 26 Juin 2000 est-il authentique ?

A) « NON » RÉPOND LAURENT MORLIER
QUI EST LE SEUL À PARLER D’UN « FAUX »

« (…) Au terme de notre enquête, il nous faut bien nous rendre à l’évidence : nous nageons, répétons-le, dans le mensonge et la mise en scène. Qu’il s’agisse de la vision publiée, du fac-similé lui-même, de la personne de celle que l’on appelle ‘’Sœur Lucie’’, nous sommes bien obligés de constater que nous sommes en présence d’une imposture à grande échelle ! Et ce grand Mensonge vient d’où ? Du cœur même de ce qui est sensé représenter l’Église du Christ : la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, ex Saint-Office, dont la mission est normalement de veiller à la défense et à la pureté de la Foi !! Rien de nouveau sous le soleil, nous diront certains. Nous sommes habitués à ces agissements depuis que les “fumées de Satan sont entrées dans l’Église” (Pape Paul VI en 1972), plus précisément depuis le Concile Vatican II où les forces du mal dominent à Rome et permettent la réalisation des prophéties de La Salette : “Rome perdra la foi et deviendra le siège de I’Antéchrist... L’Église sera éclipsée... Le saint-Père aura beaucoup à souffrir…”. Pour faire un tel affront à la sainte Vierge, on peut bien le dire, oui : “Rome a perdu la foi” (…) ». (Voir contribution n° 10)

B) « OUI » RÉPONDENT D’AUTRES SPÉCIALISTES

               En voici trois exemples :

B1)   P.R dans “Le bulletin d’André Noël”

« Conformément à ce qu'avait annoncé le Pape le 13 mai dernier, à Fatima, le Vatican a divulgué le 26 juin le texte du troisième secret de Fatima. Il a rendu public le fac-similé du texte révélé par la Vierge le 13 juillet 1917 et rédigé par la voyante survivante, soeur Lucie, en 1944. Nous n'avons donc aucune raison de douter de son authenticité (…) ».

B2)   L’abbé Laguerie

« (…) Nous n'avons que la vision précédant le 3ème secret et non pas le 3ème secret, et tout — absolument tout — a été orchestré pour nous faire croire le contraire et mettre un point final au terrible message de Fatima. Et voici les preuves. Mais disons auparavant que rien ne permet de mettre en cause l'authenticité du texte qui nous a été transmis : c'est l'omission seule — en tant qu'elle est dissimulée — qui constitue le brigandage (…) ».

B3)   L’abbé Knittel

« Tous ceux qui connaissent un tant soit peu la question controversée du troisième secret de Fatima seront restés sur leur faim en lisant le texte et les commentaires publiés par l’autorité au milieu de l’année jubilaire. Tant la présentation du cardinal Angelo Sodano à Fatima le 13 mai 2000 que les commentaires du cardinal Joseph Ratzinger annexées au texte publié laissaient deviner une publication destinée à glorifier le Pontife actuel, à justifier a posteriori l’Ostpolitik vaticane, à mettre un point final au problème de Fatima et à fermer la bouche aux intégristes. Il est évidement inadmissible de traiter ainsi la Mère de Dieu et ses sollicitudes pour nos âmes.

D’un autre côté, il nous semble tout aussi déraisonnable d’accepter la thèse du faux secret ou d’un secret séparé en deux textes dont, seule, une partie aurait été publié en juin 2000. Même si les contacts de Sœur Lucie avec l’extérieur sont quasi inexistants depuis les restrictions imposées en février 1955 par le Saint-Siège, il serait dangereux pour le Vatican de s’exposer à un démenti de la voyante toujours en vie en publiant un texte non authentique (…) ».

C) NOTRE POSITION

Nous sommes sensibles à ces trois derniers arguments et, en tant que fils de l’Église, nous les faisons nôtres. En clair, nous tenons le texte publié le 26 juin 2000 pour authentique.

Question n° 2 : Le texte publié le 26 Juin 2000 est-il complet ?

D) NOS TROIS ÉTONNEMENTS ET NOS TROIS DOUTES

D1) Premier étonnement, premier doute :
Mais où sont passées les paroles de Notre-Dame ?

« (…) Le communiqué de presse de l'agence ANI, du 8 février 1960, annonçant que « le secret ne serait pas publié » avançait, comme « troisième raison donnée pour “justifier” sa non-divulgation », que, « bien que I'Église reconnaisse les apparitions de Fatima, elle ne désire pas prendre la responsabilité de garantir la véracité des PAROLES que les trois pastoureaux dirent que la Vierge leur avait adressées » (…) » (Abbé Delestre).

Or nous constatons que le texte écrit par Soeur Lucie, le 3 Janvier 1944, ne comporte effectivement aucune parole. D’où notre premier étonnement et notre premier doute.

D2) Deuxième étonnement, deuxième doute : Pourquoi la célèbre phrase « Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi ? » a-t-elle disparu ?

«  (…) La célèbre phrase du troisième secret, la première, et la seule connue jusqu'au 26 juin : Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc, ne se trouve plus dans le texte officiel du troisième secret publié par le Vatican. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi se contente de signaler, en note, que la phrase figure dans le IVème mémoire, achevé de rédiger par soeur Lucie le 8 décembre 1941. Or, la phrase servait de lien entre la deuxième partie du secret, que soeur Lucie venait de rédiger, et la troisième qu'elle n'avait pas encore mis par écrit. Pourquoi la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n'a-t-elle pas commenté cet ajout puis son omission ? (…) » (Yves Chiron).

Tout comme Yves Chiron et les spécialistes de Fatima, nous avons constaté cette omission. Mais nous n’en connaissons pas la raison. D’où notre second étonnement et notre deuxième doute.

D3) Troisième étonnement, troisième doute : Pourquoi ne retrouvons-nous rien de l’analyse faite par le Cardinal Ratzinger en 1984 ?

En Novembre 1984, le journaliste italien Vittorio Messori, publiait dans la revue “Jésus”, page 79, une interview du Cardinal Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans laquelle ce dernier déclarait à propos du “Troisième secret” : « “Oui, je l'ai lu”. “Pourquoi n'est-il pas révélé ?” “Parce que, selon le jugement des papes, cela n’ajoute rien d'autre à tout ce qu'un chrétien doit savoir de la Révélation : un appel radical à la conversion, la gravité absolue de l'histoire, les périls qui menacent la foi et la vie du chrétien, et donc du monde, et puis l'importance des derniers temps” (…)».

Or, seize ans après, nous ne retrouvons aucune de ces quatre remarques dans le dossier proposé par le même Cardinal Ratzinger. D’où notre troisième étonnement et notre troisième doute.

E) DEUX RÉPONSES À CES TROIS ÉTONNEMENTS ET À CES TROIS DOUTES

E1) Première réponse : « L’imposture est impossible et impensable »

« (…) Si le texte du troisième secret publié par le Vatican est incomplet, on aurait là une imposture, de même nature que, selon les commentateurs cités, celle qui consiste à dire que la consécration effectuée par Jean-Paul II en 1984 correspond bien à ce qu'a demandé la Sainte Vierge.

Double imposture donc ? Mais, soeur Lucie, lorsqu'elle a rencontré Mgr Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 27 avril, puis lorsqu'elle a rencontré Jean-Paul II, le 13 mai, n'a pas contesté l'authenticité du document qui allait être publié, ni les grandes lignes de l'interprétation qui allait en être donnée, ni non plus n'a demandé qu'une consécration, enfin complète, soit faite. Si elle l'a fait, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi s'est bien gardé d'en informer les fidèles. De cette forfaiture se serait rendue coupable toute la hiérarchie de I'Église, jusqu'au pape ... Est-ce pensable ?

A supposer que soeur Lucie ait participé à cette imposture — quelle grave accusation ! —, encore faut-il expliquer son attitude (…) » (Yves Chiron).

E2) Deuxième réponse : « Il y a un chaînon manquant »

« (…) De là, notre hypothèse : l’incise ”Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi” ne serait pas le début du troisième secret de Fatima, mais bien le commencement d’un (ou de plusieurs) paragraphe(s) encore inconnu(s) du deuxième secret de Fatima.

Cette hypothèse rendrait parfaitement compte des éléments suivants :

1° Le texte de la vision publié le 26 juin 2000 par le Vatican est le texte du troisième secret de Fatima, intègre et authentique, au point que Sœur Lucie elle-même ne saurait y contredire.

2° Les explications ou commentaires de la Vierge qui donneraient tout son sens au texte du troisième secret sur le Saint-Père seraient contenus dans la finale du deuxième secret, non encore publiée, faisant suite à l’incise : “Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la foi, etc”. Le secret dès lors comprendrait une vision initiale (de l’enfer) et une vision finale (concernant le Saint-Père), encadrant les paroles de la Vierge explicatives des deux visions.

3° L’ordre des propositions du quatrième Mémoire de Sœur Lucie serait scrupuleusement respecté, sans avoir à le modifier au nom d’une logique peut-être plus humaine que surnaturelle.

4° La partie manquante du deuxième secret n’aurait pas eu raison d’être publiée avant 1960 si les deux demandes de la Vierge avaient été accomplies : nous aurions alors eu la paix et aurions assisté au triomphe du Cœur immaculé de Marie. Ce n’est qu’après l’infidélité à accomplir les demandes du Ciel avant l’année butoir de 1960 que prendraient un sens les paroles manquantes de cette prophétie conditionnelle dont le Saint-Père serait le principal coupable et la principale victime.

5° L’affirmation du P. Schweigl sur les deux parties manquantes du secret de Fatima démontrerait son entière véracité.

OÙ EST LE CHAÎNON MANQUANT ?

Sans doute, nous demandera-t-on, où se trouve cette fin du deuxième secret de Fatima, non retranscrite dans les Mémoires de Sœur Lucie ? Nous avouerons bien simplement que nous ne le savons pas. D’ailleurs, a-t-elle jamais été écrite ?

Et si ce n’est pas le cas, l’exceptionnelle longévité de vie de Sœur Lucie n’est-elle pas justement explicable par le fait qu’elle demeure la seule dépositaire de ce terrible secret, prête à tout moment à faire connaître son contenu lorsque l’autorité suprême lui en fera la demande expresse ? » (Abbé Knittel).

F) NOTRE POSITION

Nous sommes sensibles à tous ces arguments. Aussi, nous adoptons pour l’instant l’hypothèse de l’abbé Knittel qui consiste à dire :

1) Le texte publié le 26 juin 2000 est authentique et complet.

2) Il ne manque rien à la 3ème partie du Secret de Fatima.

1) Il manque, par contre, des paroles à la fin de la 2ème partie de ce Secret.

2) Il y a un chaînon manquant : « L’’incise ”Au Portugal (se conservera toujours le dogme de la foi)” ne serait pas le début du troisième secret de Fatima, mais bien le commencement d’un (ou de plusieurs) paragraphe(s) encore inconnu(s) du deuxième secret de Fatima ».

1) « Le Secret de Fatima dès lors comprendrait une vision initiale (de l’enfer) et une vision finale (concernant le Saint-Père) encadrant les paroles de la Vierge explicatives des deux visions ».

  À suivre...

Jean-Louis MANGIN
& Camille PIERRON
Rome, le 26 août 2003.



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