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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

.

Contribution : n° 11
Date : 08/08/2000
Nom : Abbé Fabrice Delestre (France)
Sujet : Pourquoi ne pas obéir à la Mère de Dieu comme il le faudrait ?

POURQUOI NE PAS OBÉIR À LA MERE
DE DIEU COMME IL LE FAUDRAIT ?

Tentative de neutralisation de l'événement salutaire le plus Important du XXème siècle.

     Le numéro 22 du 30 mai 1998 du journal du Saint-Siège, "l'Osservatore Romano", en langue portugaise, publiait en page 10 un grand article de Madame Emilia Paola PACELLI, orientaliste, rédactrice de la revue "Omnis Terra" : « A la lumière de Fatima, en route vers le troisième millénaire Pie XII est Père, Maître et Ami de notre temps ». Dans cet article, dont on peut légitimement penser qu'il reflète la position du Saint-Siège, il est affirmé que Pie XII fit "La consécration de I'Eglise et du genre humain au Cœur Immaculé de Marie en 1942 (1), et dix ans plus tard, la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie". De plus, il est dit que le 25 mars 1984, le pape Jean-PauI Il en personne, en union avec tous les évêques du monde, évoquant Pie XII, consacra une nouvelle fois le genre humain et la Russie au Cœur Immaculé de Marie, confirmant l'acte de consécration prononcé en 1982.

     Dans le numéro de juillet 1999 de l'organe officiel du Sanctuaire de Fatima "Voz de Fatima", en page 2, le Père F. Leite répète que cette Consécration est déjà faite : « La Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, telle que Notre-Dame l'a demandée, c'est-à-dire faite par le Saint-Père en union avec tous les évêques du monde, finit par être réalisée le 25 mars 1984, devant la statue de Notre-Dame transportée pour l'occasion de la chapelle des apparitions de Fatima jusqu'à Rome. En union avec le Saint-Père, et sur sa demande expresse, les évêques du monde l'accompagnèrent dans cet acte si significatif.
     Sœur Lucie a dit, plusieurs fois, que cette consécration a correspondu entièrement aux désirs de Notre-Dame. Dans une lettre à Walter Nœlker, elle affirme : "On m'a demandé si la consécration était faite conformément à la demande de Notre-Dame. j'ai répondu en disant que oui" ». (2)

     Et le Père Leite termine son article en affirmant sans ciller : "Maintenant que la consécration est faite, la conversion de la Russie a commencé".

     Ces deux auteurs prétendent donc que la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie a déjà été effectuée en bonne et due forme, et Mme Pacelli va jusqu'à écrire qu'elle a été faite trois fois : en 1952, en 1982 et en 1984 (3). En est-il donc réellement ainsi ? Pour le savoir, il nous faut examiner trois points :

          1) La demande précise de Consécration de Notre-Dame à Sœur Lucie,
          2) La correspondance ou non des trois consécrations de 1952, 1982 et 1984 à la demande du Ciel,
          3) Enfin, il nous faut établir si l'une au moins des trois consécrations susmentionnées a accordé au monde les deux immenses grâces (promises par Notre-Dame comme effets et signes de l'authentique Consécration :
               - grâce de la conversion de la Russie à la vraie Foi,
               - grâce d' "un certain temps de paix dans le monde.

     I. Quel genre de Consécration la Très Sainte Vierge a-t-elle demandé à Sœur Lucie ?

     C'est lors de sa troisième apparition à Fatima, le 13 juillet 1917, que Notre-Dame a parlé pour la première fois de Consécration de la Russie", en indiquant que cet acte est le remède souverain, et le seul efficace, pour sauver la Chrétienté contre de très graves erreurs et de très grands maux :
     "Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront et l'on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre pire. (...) Pour empêcher cela, je viendrai demander la Consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre I'Eglise; les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix."

     Par ces paroles, Notre-Dame indique très nettement, et par deux fois, les deux merveilleuses grâces attachées à la Consécration de la Russie à son Cœur Immaculé :
          - grâce de la conversion de la Russie,
          - grâce d' "un certain temps de paix" dans le monde.

     De plus, Notre-Dame dit qu'elle viendra "demander la Consécration de la Russie. De fait, Notre-Dame revint visiter Lucie à Tuy (Espagne), le 13 juin 1929, pour lui faire cette demande : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la Consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »

     A la suite de ce message, dans deux lettres qu'elle adressa en mai 1930 au Père Gonçalves, son confesseur, Lucie exprima les demandes du Ciel, en unissant étroitement la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie et la Consécration de la Russie : « Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également un ACTE SOLENNEL ET PUBLIC DE REPARATION ET DE CONSÉCRATION DE LA RUSSIE aux très saints Cœurs de Jésus et Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d'approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice" des premiers samedis du mois. » (4)

     Ces paroles de Notre-Dame et ces lettres de Sœur Lucie présentent donc la forme exacte de Consécration que le Ciel demande :

          - Consécration de la Russie explicitement mentionnée, et non pas consécration du monde avec vague et imprécise allusion à la Russie (5),
          - Consécration faite par le Saint-Père en union avec tous les évêques du monde, ce qui signifie que chaque évêque doit organiser et présider dans son diocèse, en union avec le Pape, cet acte de réparation et de consécration, à moins que le Pape ne profite d'une réunion de l'épiscopat mondial à Rome pour l'effectuer. Sœur Lucie n'a jamais exclu que la Consécration puisse être faite dans le cadre d'un Concile œcuménique par exemple, tout en semblant préférer nettement la première solution; l'important est l'union morale et spirituelle des évêques au Pape (6).
          - Enfin, très grande solennité de cet acte, qui devra être fait dans le cadre d'« un acte solennel et public de réparation et de consécration », sans doute pour frapper les esprits et pour que le plus grand nombre possible de catholiques puisse y prendre part.

Il. LES TROIS CONSÉCRATIONS EFFECTUÉES EN 1952, 1982 ET 1984
RÉPONDENT-ELLES À TOUTES LES CONDITIONS DEMANDÉES PAR LE CIEL ?

     • Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par Pie XII dans la Lettre Apostolique : 'Sacro Vergente Anno", adressée aux peuples de la Russie en date du 7 juillet 1952 (7).

     La consécration de la Russie est bien faite, mais par le Pape seul, sans l'union de tous les évêques du monde, et sans la solennité requise. En effet, cette consécration n'a pas été effectuée dans le cadre de l'« acte solennel et public de réparation et de consécration » dont parle Sœur Lucie, mais un peu à la sauvette, pourrait-on dire, à l'occasion de la publication d'une Lettre Apostolique qui resta inconnue de beaucoup, et qui fut bien vite oubliée par ceux qui en avaient pris connaissance.

     A propos de cet acte, Sœur Lucie écrivit dans l'une de ses lettres de l'été 1952 : « Je vous remercie également de la coupure de journal qui rapporte la consécration de la Russie. Je suis peinée qu'elle n'ait pas encore été faite comme Notre-Dame l'avait demandée » (8).

     • Acte d'offrande et de consécration, fait par Jean-Paul Il à Fatima le 13 mai 1982 :

     Le pape Jean-Paul Il dit lui-même ce qu'il entendait faire par cet acte, dans l'homélie de la Messe qu'il célébra le matin du 13 mai 1982 à Fatima : « Accomplir une fois de plus ce que mes prédécesseurs ont déjà fait : confier LE MONDE au Cœur de la Mère... » (9)

     De fait, cet acte d'offrande et de consécration ne correspondait pas du tout à la Consécration demandée par Notre-Dame, pour plusieurs raisons :

          - C'était une consécration du monde, et non de la Russie qui n'était pas même nommée une seule fois !
          - Cet acte n'était pas fait explicitement au Cœur Immaculé de Marie.
          - Enfin, l'union de tous les évêques au Pape n'avait pas été requis.

     Sœur Lucie déclara d'ailleurs à sa nièce, Maria do Fetal, le 11 août 1982 : « Je suis vieille, j'ai 75 ans, je me prépare à voir Dieu face-à-face. J'ai donné tous mes textes à la Sainte-Eglise. Je mourrai tranquille. Mais si l'on veut mon avis, le voici : la consécration de la Russie, telle que Notre-Dame l'a demandée, n'est pas faite. »

     Et Sœur Lucie répéta exactement la même chose quatre jours plus tard, le 15 août, à sa vieille amie, Madame Pestana.

     De même, Sœur Lucie écrivit, dans le texte qu'elle rédigea à l'occasion du parloir qu'elle eut le 19 mars 1983 avec Mgr Portalupi, Nonce Apostolique au Portugal : « Dans l'acte d'offrande du 13 mai 1982, la Russie n'est pas apparue nettement comme étant l'objet de la consécration. Et chaque évêque n'a pas organisé dans son diocèse une cérémonie publique et solennelle de réparation et de consécration à la Russie. Le pape Jean-Paul Il a simplement renouvelé la consécration du monde faite par Pie XII le 31 octobre 1942. De cette consécration du monde, on peut espérer certains bienfaits, mais non pas la conversion de la Russie. » (10)

     Il convient aussi de signaler la conclusion de ce texte que Sœur Lucie a tenu à remettre au Nonce Apostolique, car ces phrases sont éclairantes sur l'humble simplicité de l'obéissance de la voyante : « La consécration de la Russie n'est pas faite comme Notre-Dame l'a demandé. Je ne pouvais pas le dire, car je n'avais pas la permission du Saint-Siège. » Cette dernière phrase signifie que Sœur Lucie est habituée à voir dans les hommes qui occupent les postes d'autorité dans l'Eglise les représentants de Dieu sur la terre; elle considère donc qu'elle leur doit humble respect et entière soumission. C'est pourquoi il est absolument utopique d'attendre que Sœur Lucie fasse un jour une grande déclaration publique affirmant que la Consécration de la Russie n'est pas faite : ce serait totalement contraire à son sens de l'obéissance religieuse. Elle considère simplement qu'elle accomplit entièrement son devoir quand elle profite de toutes les occasions qui s'offrent à elle pour rappeler au Pape, de manière privée mais avec constance et fermeté, que la Consécration n'est pas faite, comme elle le fit d'ailleurs après l'acte du 13 mai 1982, puisqu'elle dit au Nonce Apostolique, en ce 19 mars 1983, que tout ce qu'elle avait affirmé dans cet entretien, elle l'avait déjà écrit au Pape Jean-Paul Il (11).

     • Renouvellement, le 25 mars 1984, sur le parvis de la Basilique Saint-Pierre de Rome, de l'acte d'offrande et de consécration de 1982. (12)

     Jean-PauI Il avait annoncé, le 8 décembre 1983, dans une lettre adressée à tous les évêques, le renouvellement de cet acte, en concluant : "Je vous saurai gré de bien vouloir, ce jour-là (25 mars 1984), renouveler cet acte en même temps que moi, de la manière que chacun de vous jugera la plus adaptée".

     De très légères modifications avaient été apportées à l'acte de 1982; cependant, il manquait toujours l'essentiel à cet acte de consécration :

     1) Il s'agissait en fait du simple renouvellement de la consécration du monde faite par Pie XII en 1942, comme le montre clairement la lecture du texte intégral (d'ailleurs très confus par endroits !) dont voici quelques extraits :
          « avec ton amour de mère et de servante du Seigneur, embrasse notre monde humain que nous t'offrons et te consacrons, plein d'inquiétude pour le sort terrestre et éternel des hommes et des peuples.
          (...) « Nous voulons nous unir à notre Rédempteur en cette consécration pour le monde et pour les hommes...
          (...) « Combien profondément nous sentons le besoin de consécration pour l'humanité et pour le monde, pour notre monde contemporain, dans l'unité du Christ lui-même !
          (...) « En te confiant, ô Mère, le monde, tous les hommes et tous les peuples, nous te confions aussi la consécration même du monde et nous la mettons dans ton cœur maternel. » (Phrase bien confuse !).

     2) La Russie n'était pas mentionnée une seule fois dans l'ensemble du texte !

     3) Enfin, cet acte n'était pas fait explicitement au Cœur Immaculé de Marie, mais "à Marie, Mère".

     D'ailleurs, peu de temps après cette consécration, le Pape expliqua lui-même à Mgr Cordes, Vice-président du Conseil pontifical pour les laïcs, pour quelle raison il avait renoncé à nommer expressément la Russie : il craignait "que ses paroles soient interprétées comme une provocation par les dirigeants soviétiques !" (13).

     Sœur Lucie ne s'y était pas trompé : trois jours avant la consécration, le jeudi 22 mars 1984, à Mme Pestana qui lui demandait : « Alors, Lucie, dimanche, c'est la consécration ? » elle fit signe que non et ajouta : « Cette consécration ne peut avoir un caractère décisif ». Et quand elle a écouté le Père Kondor lire l'acte du 25 mars 1984, lors d'une cérémonie au Carmel de Coimbra, au printemps 1984, tout à coup son visage a changé d'expression; l'enregistrement en vidéo, diffusé par la Vice-postulation, en témoigne : sa révolte intérieure était visiblement très grande ! (14).

     Ainsi, l'examen minutieux des trois actes de consécration de 1952, 1982 et 1984 et les déclarations ou réactions successives de Sœur Lucie à propos de ces trois actes permettent de conclure à ceci : LA CONSECRATION DE LA RUSSIE AU COEUR IMMACULÉ DE MARIE, TELLE QUE LE CIEL L'A DEMANDEE, N'A JAMAIS ETE FAITE !

III. UNE AUTRE CONSTATATION BIEN RÉELLE VIENT
CONFIRMER ENCORE CETTE CONCLUSION :

l'absence complète dans le monde des deux précieuses grâces promises par Notre-Dame
comme effets et signes de la Consécration de la Russie à son Cœur Immaculé.

     1) Grâce d' « un certain temps de paix dans le monde » :

     Le Secrétaire général de l' O.N.U., M. Javier Perez de Cuellar, déclara, au cours d'une Conférence d'avril 1988 à l'institut des hautes études internationales de Genève, que les conflits armés qui ont éclaté depuis 1945 avaient fait, jusqu'à la fin de 1986, 17 millions de morts, dont 80% étaient des victimes civiles ! Soit, en quatre décennies d'une période dite "de coexistence pacifique", autant de morts que le nombre de victimes de la première Guerre Mondiale ! A cette différence près : 80% des morts de 1914-1918 étaient des militaires (13,8 millions sur 17 millions) alors qu'entre 1945 et 1986, 80% des morts sont des civils : donc femmes, enfants et vieillards en grande majorité.

     M. Perez de Cuellar a ajouté qu'à la fin de 1986 avaient lieu 36 conflits armés, dans lesquels étaient engagés 5,5 millions de soldats originaires de 41 Etats, soit d'un Etat sur quatre :

          - 4 de ces 36 conflits avaient commencé entre 1945 et 1949,
          - 7 dans les années 1960,
          - 17 dans les années 1970. (15)

     Depuis cette déclaration, la situation ne s'est pas du tout améliorée. Le journal portugais "24 Heures" du 18 avril 1999 publia une carte des guerres civiles qui se sont déroulées dans le monde durant la décennie 1990, avec bilan suivant les victimes :

          - Soudan : 1 900 000 morts
          - Angola : 1 000 000 morts
          - Rwanda : 1 000 000 morts
          - Tibet : 1 000 000 morts
          - Somalie : 300 000 morts
          - Timor oriental : 300 000 morts
          - Bosnie : 200 000 morts
          - Algérie : 80 000 morts
          - Sri Lanka : 56 000 morts
          - Tchétchénie : 40 000 morts
          - Turquie : 37 000 morts
          - Congo : 10 000 morts
          - Irlande du Nord : 3 200 morts
          - Sierra Leone : 3 000 morts

          TOTAL des morts : 5 929 200 morts !

     Or, toutes les guerres civiles de la décennie ne sont pas répertoriées dans ce bilan (il manque notamment le bilan des guérillas communistes des pays d'Amérique Centrale et du Sud-Salvador, Guatemala, Pérou, Colombie où l'on compte en moyenne 40 morts violentes par jour - et de la guérilla communiste et musulmane des Philippines); et ce tableau ne comporte pas non plus le bilan des victimes des guerres entre Etats souverains : notamment, le conflit Ethiopie/Erythrée; le conflit Inde/Pakistan à propos du Cachemire : 30.000 morts depuis 1990, etc... sans parler des récents événements au Kosovo.

     Comment parler ensuite de "paix" dans le monde, de 1945 à nos jours, et de période dite de "coexistence pacifique" (bel euphémisme médiatique...), à la lecture de tous les terribles chiffres ci-dessus, hélas bien réels. !

     2) Grâce de conversion de la Russie à la vraie Foi, à la Foi catholique :

     Contrairement à ce qu'écrit le Père Leite, cette conversion ne se produit pas du tout : la loi sur la "Iiberté religieuse", adoptée en 1997, œuvre des néo-communistes et du Patriarcat orthodoxe de Moscou, est une loi de véritable persécution contre l'Eglise catholique. En effet, cette loi fait une subtile distinction entre :

     — « Les organisations religieuses » qui ont le statut de personne morale et bénéficient donc d'une totale existence légale en Russie. Quatre religions sont reconnues ainsi : l'Eglise orthodoxe russe, le judaïsme, l'islam et le bouddhisme.

     — « Les groupes religieux » qui ne bénéficient pas du statut précédent et dont la situation demeure très précaire dans le pays. L'Eglise catholique est ainsi considérée : elle est mise au même rang que les sectes ! De ce fait, elle se voit privée pendant 15 ans :

          - du droit d'enseigner la religion dans les écoles publiques,
          - du droit de fonder ses propres écoles religieuses,
          - du droit d'assurer l'aumônerie dans les prisons, hôpitaux et maisons de retraite,
          - du droit d'importer et de diffuser de la littérature religieuse,
          - du droit d'être propriétaire d'imprimeries et de media !

     En un mot, cette loi est UNE LOI D'INTERDICTION DE TOUT APOSTOLAT CATHOLIQUE EN RUSSIE ! (16)

     Et pendant ce temps, au Vatican, certains personnages, en utilisant leur influence, imposent à I'Eglise la soumission à l'œcuménisme syncrétiste, pour l'occasion avec les orthodoxes, malgré les résultats, ainsi que l'abdication que signifie "I'Ostpolitik" avec les autorités néo-communistes de l'Est, comme l'a malheureusement montré le voyage du Pape en Roumanie, en mai 1999. Tout cela au nom du "dialogue" devenu "sacré", mais certainement pas au nom du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! (17). C'est UNE DRAMATIQUE POLITIQUE DE CHIMÈRES ET D'AUTODÉMOLITION DE L'EGLISE, une action purement humaine et sans aucune vision surnaturelle des choses, mais c'est pour continuer coûte que coûte cette politique que des hommes d'Eglise refusent obstinément depuis tant d'années d'appliquer au monde le remède souverain, pourtant si simple à effectuer, que Notre-Dame, toujours si miséricordieuse envers ses enfants, vint du Ciel donner à trois petits pastoureaux de Chrétienté : la Consécration de la Russie à son Cœur Immaculée par le Pape en union avec tous les évêques du monde.

Abbé Fabrice Delestre, avec la collaboration de M. l'abbé Rafael Navas O.
(Avec l'aimable autorisation du bulletin « Introibo »
Association Bx. Noël Pinot
54, rue Delaâge
49100 Angers)

NOTES :

     (1) : La consécration du genre humain au Cœur Immaculé de Marie, faite par Pie XII le 31 octobre 1942, est l'aboutissement des demandes non de Sœur Lucie, mais d'une autre portugaise, ALEXANDRA DA COSTA, connue sous le nom d' "ALEXANDRINA" au Portugal, qui naquit à Balasar, village situé entre les villes de Porto et Braga, le 30 mars 1904, jour du Vendredi-Saint. A 14 ans, pour se défendre des intentions perverses de trois hommes qui s'étaient introduits dans la maison où elle se trouvait en compagnie de deux jeunes filles, elle se jeta par une fenêtre de quatre mètres de hauteur, et à la suite de cette chute, une myélite dans la colonne vertébrale l'immobilisa dans un douloureux martyre jusqu'à sa mort le 13 octobre 1955. A cette victime, Notre-Seigneur ordonna d'obtenir du Pape la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie; la première demande est du 31 juillet 1935, et Alexandrina, qui était déjà victime volontaire de l'Eucharistie, s'offrit aussi comme "victime pour la consécration du monde à notre petite Mère du Ciel". Notre-Seigneur ayant insisté pendant plus d'un an auprès d'Alexandrina pour obtenir cette consécration, le Père Mariano Pinho, S.J. directeur spirituel d'Alexandrina, transmit, le 11 septembre 1936, cette demande de consécration du monde au Saint-Père Pie Xl, par l'intermédiaire de son Secrétaire d'Etat, le Cardinal Pacelli. Le Saint-Siège ordonna alors à la Nonciature Apostolique de Lisbonne de procéder à une enquête sur le sujet. Le 11 juillet 1937, le Provincial des Jésuites écrivait au Nonce, en lui transmettant les conclusions de l'enquête :

     « Sur la base des informations collectées, on ne peut mettre en doute la sincérité et la vertu de la jeune femme. Mais comme elle ne présente aucun signe qui puisse prouver extérieurement l'origine divine de ces locutions qu'elle-même affirme entendre, il reste toujours la possibilité qu'il y ait quelque illusion. »

     Ce fut le Père Pinho qui fut chargé de prêcher la retraite spirituelle aux Evêques portugais à Fatima en juin 1938; à la fin de cette retraite, ces derniers adressèrent la lettre collective suivante au Pape Pie XI :

     « Très Saint-Père, le Cardinal Patriarche de Lisbonne et tous les Archevêques et Evêques du Portugal, réunis au Sanctuaire de Fatima aux pieds de la Bienheureuse Vierge Marie, pour renouveler, en esprit d'action de grâces, la consécration, jadis effectuée, à son Cœur Immaculé, consécration qui a sauvé le Portugal, surtout au cours des deux dernières années, du péril du communisme, exultent de joie pour un bienfait si grand et si miraculeusement accordé par la Mère de Dieu. Humblement prosternés aux pieds de Sa Sainteté, ils lui demandent instamment que, dès que Sa Sainteté le jugera opportun, le monde entier soit aussi consacré à ce Cœur très pur, pour qu'enfin il se voit délivré une fois pour toutes de si grands périls qui le menacent de toutes parts, et que règne la paix du Christ dans le Règne du Christ, par la médiation de la Mère de Dieu. »

     Quelques mois après cette lettre, Notre-Seigneur envoya à Alexandrina le signe surnaturel externe qui devait authentifier, aux yeux du Saint-Siège, que cette demande venait bien de Dieu : il s'agissait de la participation, à la fois physique et spirituelle, de la jeune femme à la Sainte Passion de Notre-Seigneur. Ce phénomène eut lieu chaque vendredi, à partir du 3 octobre 1938, et devint chaque fois plus douloureux pour la jeune femme : elle, qui d'ordinaire ne pouvait bouger, se levait alors en extase pour revivre la Passion de Jésus. Ce phénomène se termina seulement le 27 mars 1942, quand, sous le pontificat de Pie XII, tout était déjà prêt pour la consécration tant désirée. Le 22 mai 1942, Jésus dit à Alexandrina : "Le cœur du Pape, le cœur d'or, est résolu à consacrer le monde au Cœur de Marie". De fait, le 31 octobre 1942, à l'occasion des fêtes du 25e anniversaire des apparitions de Fatima, Pie XII fit, par la radio, et en langue portugaise, la Consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie, Consécration qu'il renouvela le 8 décembre 1942, à Rome, au cours d'une cérémonie impétratoire.

     Comme dans ces mêmes années, Sœur Lucie présentait des instances au Vatican pour obtenir la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, cette consécration au monde fut attribuée aux demandes de la voyante à Fatima. Cependant, les deux demandes sont distinctes et leur origine aussi :

          - On doit la Consécration du monde aux demandes et aux souffrances d'Alexandrina da Costa, de Balasar,
          - la demande de Consécration de la Russie fait partie du message de Fatima et provient de Sœur Lucie.

(Cf. la brochure du Père Humberto Maria PASQUALE, S.D.B. "Mensageira de Jésus para a consagraçao do mundo ao Imaculado Coracao de Maria", publiée avec Imprimatur en 1980 par les éditions du Cavalier de l'immaculée" - Porto - 60 pages. A notre connaissance, il n'existe pas de traduction française de cette brochure).

     Sur la consécration du 31 octobre 1942, Sœur Lucie écrivait, dans une lettre du 28 février 1943 à l'évêque de Gurza :

     « Le Bon Dieu m'a déjà montré son contentement de l'ACTE, bien qu'INCOMPLET selon son désir, réalisé par le Saint-Père et par plusieurs évêques. Il promet, en retour, de mettre fin bientôt à la guerre. LA CONVERSION DE LA RUSSIE N'EST PAS POUR MAINTENANT. »

     Le 4 mai 1943, Sœur Lucie écrivait de même au Père Gonçalves : « Notre-Seigneur promet la fin de la guerre pour bientôt, eu égard à l'ACTE qu'a daigné faire Sa Sainteté. Mais comme il fut INCOMPLET, LA CONVERSION DE LA RUSSIE SERA POUR PLUS TARD. » (cf. "FATIMA, JOIE INTIME ÉVÉNEMENT MONDIAL", du Frère François de Marie des Anges - C.R.C. - 2e édition revue et corrigée de décembre 1993 - 455 pages - Chapitre XI page 248).

     On peut raisonnablement penser que c'est à cause du refus obstiné du pape Pie XI de faire, entre 1930 et 1935, la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, que Notre-Seigneur demanda à Alexandrina de s'offrir en victime pour obtenir la consécration du monde à ce même Cœur Immaculé. Cette consécration semble apparaître, dans le plan divin, comme un remède de substitution destiné non à détourner les châtiments, les souffrances et les persécutions annoncés à Sœur Lucie en 1929, mais à les ALLÉGER ou à les ABRÉGER. Dans cette perspective, l'expression "acte incomplet" de Sœur Lucie prend tout son sens.

     (2) : Cette lettre à M. Walter Nœlker n'est pas une lettre authentique de Sœur Lucie, mais un faux ! Le Frère François de Marie des Anges nous apprend que, en 1989 et 1990, cinq lettres, prétendument de Sœur Lucie, ont été diffusées par les autorités religieuses de Fatima, dans le cadre d'une véritable campagne d'intoxication et de désinformation (dont l'origine semble être certains personnages très haut placés du Vatican) destinée à faire croire à l'opinion publique que la consécration du 25 mars 1984 répondait en tous points à la consécration demandée par Notre-Dame. Or, certaines de ces lettres contiennent de grossières erreurs sur les événements de Fatima, et la seule critique interne de ces cinq documents suffit à montrer qu'il s'agit de lettres apocryphes : elles ne contiennent pas le moindre élan de dévotion pour le Cœur Immaculé de Marie; elles développent des thèmes rhétoriques étrangers à Sœur Lucie; enfin, elles sont rédigées dans un esprit absolument contraire au cœur et à l'âme si simples et si dévots de Sœur Lucie. (Sur la raison pour laquelle Sœur Lucie n'a jamais démenti publiquement ces lettres, voir le paragraphe de la note n° 11, ci-dessous).

     Le fait suivant vient aussi prouver qu'à partir de 1989, il y a eu désinformation et manœuvre à propos de la consécration de 1984 : dans les premières éditions officielles des "Mémoires" de Sœur Lucie, la note n°11 du 3e Mémoire affirmait ceci : « Les conditions pour la consécration de la Russie et, en conséquence, pour sa conversion, telles que Notre-Dame les a demandées, ont-elles été satisfaites ? Lucie a manifesté l'opinion contraire. Ainsi, nous continuons à souffrir les conséquences du communisme athée qui, dans la main de Dieu, est un châtiment pour punir le monde de ses péchés. »

     Or, cette note se trouve encore écrite dans la deuxième édition des "Mémoires" en langue italienne, publiée en mai 1988, soit plus de quatre ans après la consécration de 1984 ! Puis, brusquement, ont fait tout changer : à partir de 1990, cette note disparaît pour être remplacée par la note suivante, que l'on peut lire pour la première fois dans la sixième édition des "Mémoires" en langue portugaise, publiée en mars 1990 : « Sœur Lucie affirme que la consécration faite par Jean-Paul Il en union avec les évêques, le 25 mars 1984, correspondait à la demande de Notre-Dame et a été reçue par le Ciel. Elle précise qu'une union numérique de tous les évêques n'était pas exigée, une union morale étant suffisante. Les surprenants changements qui ont commencé à se constater dans les pays de l'Est en 1989, seront déjà les premières réponses du Ciel quant à la promesse de 1917 : "Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira et il sera concédé au monde un certain temps de paix". »

     Que s'est-il donc passé entre mai 1988 et mars 1990 ? M. l'abbé Caillon nous donne la réponse : « 1988, une consigne arriva de Rome, obligeant tout un chacun à dire et à penser : "LA CONSECRATION EST FAITE. Le Pape ayant fait tout ce qu'il pouvait, le Ciel a daigné agréer son geste. »

     Un historien de l'Université de Coimbra, dans une lettre du 16 janvier 1991, questionna le Père Kondor pour savoir à qui Sœur Lucie avait déclaré oralement que la consécration de la Russie avait été faite; et il reçut cette réponse datée du 26 janvier 1991 :

     « Le bruit court (sic) que la personne qui a affirmé pour la première fois et publiquement qu'elle avait entendu Sœur Lucie dire que la consécration a été acceptée est une de ses cousines, Maria do Fetal. Elle est institutrice et demeure à la Casa Velha, à Fatima; comme parente de Sœur Lucie, elle a la permission de lui rendre visite. »

     Or, cette Maria do FetaI affirma jusqu'en juin 1989 que Sœur Lucie disait que la consécration n'était pas faite, avant de présenter soudain, en janvier 1990, un nouveau discours tout à fait au goût des autorités religieuses de Fatima, lesquelles s'étaient faites, depuis 1988, les porte-étendards de la manœuvre visant à neutraliser, dans la mesure du possible, la réalisation du triomphe de I'Eglise par le Cœur immaculé de Marie !

     Il faut encore remarquer que le Père Kondor présentait le "témoignage" de cette personne comme étant à l'origine d'« un bruit » en l'affirmation d'un fait incontestable", reproduit comme tel par tous les mass-media curieusement intéressés à diffuser certaines dérives de I'Eglise conciliaire. (cf. "Fatima, joie intime..." op. cit Chapitre XVI p. 374 à 378).

     (3) : Madame Pacelli ne semble pas s'apercevoir qu'en affirmant que la consécration de la Russie a déjà été faite trois fois, elle se ridiculise aux yeux des lecteurs avertis en reconnaissant sans le vouloir que la Consécration en bonne et due forme n'a jamais été faite : en effet, Notre-Dame a demandé LA Consécration de la Russie, mais une fois pour toutes, consécration à laquelle elle a attaché deux immenses grâces bien précises. Notre-Dame n'a jamais parlé de la nécessité de plusieurs consécrations successives de la Russie... L'article de Madame Pacelli entre en fait dans le cadre de la campagne d'intoxication commencée en 1988 (cf. note précédente), et, comme il est publié dans l'édition portugaise de "L'Osservatore Romano", il confirme que l'origine de cette campagne provient de Rome même.

     (4) : Référence de ces deux textes : "Fatima, joie intime..." op. cit. - Chap. IX - p. 199.

     (5) : Sœur Lucie a toujours affirmé que Notre-Dame de Fatima n'avait jamais demandé une consécration au monde, mais seulement la "Consécration de la Russie". Le Père Humberto Maria PasquaIe, S.D.B., qui a écrit plusieurs livres sur Alexandrina de Balasar (cf. note n° 1, ci-dessus), a voulu avoir la confirmation écrite de ce point important, de la main même de Sœur Lucie. il lui écrivit donc une lettre en formulant la question suivante : "Notre-Dame vous a-t-elle jamais parlé de consécration du monde à son Cœur Immaculé ?"

     Sœur Lucie répondit à cette question, dans une lettre en date du 13 avril 1980 : « Révérend Père Humberto, en répondant à votre question, je clarifie les choses : Notre-Dame, à Fatima, dans sa demande, s'est seulement référée à la consécration de la Russie. Dans la lettre que j'ai écrite au Saint-Père Pie XII - par indication de mon confesseur - j'ai demandé la consécration du monde avec mention explicite de la Russie. »

     A la lecture de ces lignes, il apparaît donc très clairement que la demande de consécration du monde, même avec mention explicite de la Russie, n'appartient pas au message de Fatima. Si Sœur Lucie a présenté une telle demande au Pape Pie XII dans une lettre du 2 décembre 1940, ce n'était pas en temps que messagère de Notre-Dame de Fatima, mais sur la suggestion de l'évêque de Gurza, son confesseur, qui savait que des demandes ainsi formulées avaient déjà été présentées à Rome, et avaient plus de chances d'être exaucées que la demande de consécration de la seule Russie. (cf. "Fatima, joie intime , op. cit., Chap. Xl, p. 230 à 240, et Annexe du Chap. XVI, p. 392).

     (6) : Certains prêtres formulent quelquefois l'objection suivante, contre l'union de tous les évêques au Pape dans l'acte de consécration de la Russie : "On peut comprendre que le Bon Dieu demande au Pape de consacrer la Russie au Cœur immaculé de Marie, puisque le Pape a juridiction sur toute la terre. Mais les évêques diocésains n'ont pas juridiction sur la Russie, et n'ont donc pas autorité pour consacrer ce pays". C'est oublier l'une des dimensions essentielles du Message de Fatima : celle de la RÉPARATION. Notre-Dame est venue demander "un acte solennel et public de RÉPARATION et de Consécration de la Russie". S'il est vrai que les évêques n'ont pas juridiction sur la Russie, ils ont bel et bien en revanche le pouvoir de faire réparation au Cœur Immaculé de Marie pour leurs propres péchés et ceux de tous leurs diocésains, en organisant des cérémonies propitiatoires dans leurs diocèses respectifs. Cette réparation concerne bien sûr toutes les sortes de péchés, mais si l'on considère l'ensemble des paroles de Notre-Dame à Fatima, elle semble s'appliquer plus particulièrement à deux genres de péchés :

          - les "cinq espèces d'offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie" tels que Notre-Seigneur les a énumérés à Sœur Lucie le 29 mai 1930, à Tuy; il s'agit surtout des blasphèmes dirigés contre l'immaculée Conception, la Virginité et la Maternité divine de Notre-Dame, blasphèmes qui ont pour effet de CORROMPRE LES BONNES MOEURS des peuples chrétiens.

          - les péchés d'APOSTASIE, et en particulier ceux des âmes qui abandonnent la vraie Foi pour embrasser plus ou moins ouvertement les doctrines erronées du communisme athée et matérialiste ou de ses succédanés (le "libéralisme" si vanté de nos jours n'est qu'une forme édulcorée du communisme, comme le grand Pape Léon XIII l'a parfaitement montré dans sa magnifique Encyclique "Libertas Praestantissimum", du 20juin 1888).

     Ces deux genres de péchés, contre les bonnes mœurs chrétiennes et contre la vraie Foi, sont sans aucun doute les péchés à la fois les plus graves et les plus répandus de notre époque. C'est pourquoi le Bon Dieu veut, avant la Consécration proprement dite de la Russie, une PURIFICATION DES AMES PAR LE MOYEN DE LA DÉVOTION RÉPARATRICE AU COEUR IMMACULÉ DE MARIE. C'est certainement pour permettre la purification la plus ample et la plus générale possible, sur tout l'orbe de la terre, que l'union de tous les évêques au Pape est demandée.

     Et c'est sans doute pour permettre que cette purification des âmes soit efficace et à l'origine d'une VRAIE RENOVATION SPIRITUELLE, PROFONDE ET DURABLE, DU MONDE, que Notre-Dame demande la consécration spécifique de la Russie, c'est-à-dire du pays qui, de 1917 à nos jours, fut le principal foyer d'agitation, de subversion, de révolutions et de guerres du monde entier. Notre-Dame attache deux grâces à cette consécration :

     - Grâce de la conversion de la Russie : il faut voir une double conversion dans cette promesse :

          1. Conversion religieuse, du schisme orthodoxe à la vraie Foi catholique,
          2. Conséquence logique de la première conversion, conversion politique et sociale, avec passage d'un régime matérialiste, athée et égalitaire, à un régime politique et social conforme à la doctrine de l'Eglise.

     - Le grand foyer de subversion et d'agitation du monde ayant disparu grâce à la conversion de la Russie, "il sera donné au monde un certain temps de paix".

     Quelles magnifiques Sagesse et ordonnance de tout ce plan divin, qui laisse cependant tout dépendre de la décision d'un seul homme : le Saint-Père ! Cela doit nous encourager à prier toujours davantage pour obtenir du Pape cette Consécration.

     (7) : Texte complet de cette Consécration de 1952 : "Fatima, joie intime..." op. cit. - Chap. XII - p. 260.

     (8) et (9) : cf. "Fatima, joie intime..." op. cit. - Chap. XIII - p. 280 et Chap. XVI - p. 358.

     (10) : cf. "Fatima, joie intime..." op. cit. - Chap. XVI - p. 360. Les propos de Sœur Lucie à Maria do Fetal et à Madame Pestana ont été recueillis directement auprès de ces deux âmes par M. l'abbé Cailion.

     (11) : Il faut bien avouer que des hommes d'Eglise sans scrupules ont profité de ce sens aigu de l'obéissance religieuse de Sœur Lucie, ainsi que de sa situation de carmélite cloîtrée, pour diffuser de fausses lettres d'elle, sachant très bien qu'ils ne risquaient aucun démenti public. (cf. note n° 2).

     (12) : Texte complet de cet acte d'offrande et de consécration du 25 mars 1984 : cf. "Fatima, joie intime..." op. cit. - Chap. XVI - p. 362-363.

     (13) : cf. "Fatima, joie intime..." Op. Cit. - Chap. XVI - p. 363-364.

     (14) : Les paroles de Sœur Lucie à Madame Pestana ont été transmises par cette dame en personne à M. l'abbé Caillon, dès le 23 mars 1984, au cours d'une conversation téléphonique, cf. "Fatima, joie intime..." p. 372-373.
La réaction de Sœur Lucie dans le jardin du Carmel de Coimbra est relatée en p. 383.

     (15) : Le thème de cette conférence de M. Ferez de Cuellar était : "Vivre avec des conflits ? Le rôle des Nations-Unies". Tous les chiffres cités par M. Ferez de Cuellar ont été publiés par le quotidien français : "Le Courrier de l'Ouest" du mardi 26 avril 1988, dans les pages des nouvelles internationales, rubrique : "En bref".

     (16) : Sur cette loi, voir :
          - La revue de M. Marc Dem : "lota Unum", n° 305 du 2 septembre 1995; article de Bénédicte Dem intitulé : "Œcuménisme à la Russe",
          - La revue française "Monde et Vie", n° 620 du 21 août 1997, en page 6 et 7 : article très intéressant de M. Pierre de Viilemarest intitulé : "les manœuvres d'Alexis Il : le patriarche orthodoxe de Moscou veut marginaliser l'Eglise catholique en Russie". Cet article nous apprend que cette loi voulue par le Patriarche de Moscou fut votée par 440 députés sur 450, et que, quand le Président Boris Eltsine s'en est pris à cette loi, sous la pression du Sénat américain qui, pour défendre les Eglises protestantes, menaçait de couper toute aide financière à la Russie, il fut soutenu par huit députés russes seulement. ! Ces chiffres montrent à l'évidence que la Russie n'est pas du tout en train de se convertir à la Foi catholique, mais au contraire fait bloc derrière sa hiérarchie orthodoxe !
          - les pages d'« informations » de la revue "Marchons droit" n° 80 (octobre-décembre 1997) p. 39-40; n° 81 (janvier-mars 1998) p. 45-46; et surtout les pages d'informations fournies en supplément du n° 82, numéro spécial sur l'éducation chrétienne.

     Les mots "loi d'interdiction de tout apostolat catholique en Russie" ne sont pas exagérés et reflètent l'exacte et triste réalité de ce qui se passe actuellement en Russie; ainsi la revue portugaise "Christus" de mai 1999, en page 64, nous apprend que, le 1er avril 1999, le Ministère de la Justice de la Fédération de Russie a rejeté l'inscription de la branche russe de la Province jésuite d'Europe orientale, en vertu de la loi de 1997 "sur la liberté de conscience et les associations religieuses" : « Les raisons invoquées sont trois. En premier lieu, la branche russe de la Province jésuite d'Europe orientale a été fondée par une organisation étrangère, et la loi interdit aux organisations étrangères de fonder des entités ou associations religieuses en Russie. En second lieu, les autorités russes allègent que, dans ses statuts, la Compagnie de Jésus se définit comme une organisation religieuse centrale, définition impropre pour la Russie, où la loi reconnaît seulement comme centrales des organisations qui ont au moins trois entités ou associations affiliées. Enfin, la dénomination "Compagnie de Jésus" ne spécifie pas le caractère de l'institution, du point de vue juridique et organisationnel, ni le groupe religieux auquel elle appartient, violent ainsi le code civil et le décret sur les cuites ».

     Et la même revue "Christus" de juin 1999, en page 19, écrit ces lignes, sous le titre "Religieux non reconnus" : « Le refus du Ministère de la Justice russe d'enregistrer la Compagnie de Jésus a provoqué une profonde préoccupation dans les communautés religieuses du monde entier. Il est possible que les autorités russes empêchent l'enregistrement de tous les Ordres et Congrégations de religieux catholiques. Selon le service d'information des communautés religieuses "VID", les Franciscains et les Salésiens de Russie se sont vus dans l'obligation de trouver un artifice pour pouvoir travailler. Ainsi, ils ont opté pour ne pas s'inscrire comme Ordres indépendants, et ont emprunté d'autres moyens pour surmonter les milliers d'obstacles qu'impose la loi, comme par exemple, celui de démontrer la présence dans le pays il y a au moins cinquante ans, ou celui de l'existence de trois communautés différentes, avec au moins dix membres russes dans chacune d'elle. (...)"

     (17) : Le voyage du Pape Jean-Paul II en Roumanie, au début de mai 1999, présenté comme "une grande première qui marquera l'histoire" par les grands media, parce que c'est la première fois qu'un Pape se rendait dans un pays à forte majorité orthodoxe, est en fait absolument catastrophique, si nous le jugeons d'un point de vue vraiment catholique, pour deux raisons principales :

          1) Le pape, en venant lui-même à la rencontre du Patriarche orthodoxe roumain Teoctist, a réhabilité un personnage plus que douteux, assez largement discrédité dans son pays et fortement contesté au sein même de sa propre Eglise. En effet, le Patriarche Teoctist fut un actif collaborateur du dictateur communiste Nicolae Ceaucescu, et il ne manquait jamais une occasion d'envoyer au tyran des messages à sa louange et à sa gloire personnelles; ainsi, dans un message du 23 août 1989, adressé à Ceaucescu à l'occasion du 45e anniversaire de l'établissement du régime communiste, le Patriarche exprimait "l'attachement et la gratitude de l'Eglise roumaine pour l'œuvre historique grandiose du Président". (cf. article du journal français "Le Monde" du 19 janvier 1990).

     Lors de la révolution roumaine de décembre 1989, qui provoqua la chute de Ceaucescu, le discrédit de ce Patriarche était tel qu'il fut obligé de démissionner au début de janvier 1990, avant d'être "réintégré dans ses fonctions" le 4 avril suivant, sous la pression du ministre néocommuniste des cultes, Nicolae Stoicescu ! (Cf. "Le Monde", art. cit. et autre article du 7 avril 1990).

          2) Le Pape, en venant en Roumanie principalement pour effectuer des rencontres œcuméniques avec la hiérarchie orthodoxe roumaine, a méprisé la fidélité, jusqu'au martyre, de I'Eglise gréco-catholique (= Eglise catholique de rite oriental), encore appelée Eglise "uniate", sur laquelle Rome a toujours, jusqu'au Concile Vatican Il, fondé ses espoirs de retour à l'unité catholique des orthodoxes en Roumanie et dans les autres pays orthodoxes. Ainsi, en utilisant l'argument de la venue du Pape Jean-Paul II à Bucarest, le Vatican a renoncé à l'exigence, qu'il maintenait encore au début de 1999, de restitution de ses biens à l'Eglise gréco-catholique roumaine; ces biens avaient été brutalement confisqués par l'Etat communiste le 1er décembre 1948, et la quasi-totalité avait été livrée par l'Etat à ses alliés de l'Eglise orthodoxe. De plus, le Vatican a cédé aux injonctions de la hiérarchie orthodoxe qui exigeait que le Pape ne se rende pas dans l'Ouest du pays, en Transylvanie où est concentrée la grande majorité des catholiques, tant de rite latin que de rite oriental, du pays.

     Il est vrai que, depuis le Concile Vatican II, L'UNIATISME EST CONSIDÉRÉE COMME UNE "MÉTHODE D'UNION DU PASSE", comme le titrait sans vergogne la Documentation Catholique n° 2077 du 1er août 1993, en page 711, en présentant la "Déclaration de la commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe"; plus connue sous le nom d'« Accords de Balamand ». — (réaction)

     Que reste-t-il donc de l'ancienne aspiration apostolique du Pape Urbain VIII (1623-1644), reprise à son compte par le Pape Benoît XV dans une lettre du 24 février 1921, adressée à l'archevêque de Lviv des Ukrainiens, Mgr André Szeptycki : «...Nous avons la ferme confiance que, PAR L'INTERMEDIAIRE DES RUTHÈNES (= les gréco-catholiques Ukrainiens), toujours attachés à la Chaire Romaine, mais aujourd'hui plus encore fortifiés dans la Foi par les récentes calamités, pourra se traduire rapidement en acte le vœu plein de piété de Notre illustre prédécesseur, Urbain VIII, vœu exprimé par ces paroles mémorables : "PER VOS, MEI RUTHENI, ORIENTEM CONVERTENDUM SPERO" (= PAR VOTRE ENTREMISE, MES CHERS RUTHÈNES, J'AI L'ESPOIR QUE L'ORIENT SE CONVERTIRA) ? (Acta Apostolicae Sedis; 1921 p. 218-220, Texte officiel italien).

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