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FORUM ET DÉBATS

DROIT D'EXPRESSION

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Contribution : n° 2
Date: 16/02/1999
Nom: Pialprimat (France)
Sujet: Les Accords secrets de 1962 entre le Saint-Siège et Moscou

JEAN XXIII TENAIT ESSENTIELLEMENT À CE QUE PARTICIPENT
AU CONCILE VATICAN II LES ÉVÊQUES DES PAYS DE L'EST
AINSI QUE DES OBSERVATEURS ORTHODOXES RUSSES.

1°) La stratégie de négociation utilisée par Jean XXIII

Pour cela, il engagea des négociations avec le gouvernement soviétique. Mais, en bon bergamasque, il fit appel à plusieurs négociateurs (Les Cardinaux Béa s.j., Testa, et Tisserant, ainsi que N.N.S.S. Casaroli et Willebrands), sans toutefois coordonner officiellement leur action. C'est la raison pour laquelle chacun d'entre eux croit être le seul à tout savoir de ces contacts.

Le gouvernement soviétique donna son accord à la venue des observateurs orthodoxes russes à condition que le Concile ne remette pas en cause le régime moscovite existant. Pour cela, il le fit savoir au Patriarcat de Moscou qui en informa Mgr Nicodème, Chef du Département des Relations extérieures du Patriarcat de Moscou, Métropolite de Novgorod et Leningrad, qui, à son tour, le fit savoir au Vatican.

Ces négociations aboutirent, en 1962, à des accords secrets verbaux. Le Secrétariat pour l'Union des chrétiens, par l'intermédiaire du R.P. Stejpan Schmidt s.j., secrétaire du Cardinal Augustin Béa, en nie l'existence. Le R.P. Wenger, dans son livre "Les trois Rome/ L'Eglise des années soixante", Ed. Desclée de Brouwer (1991, 298 pages), n'en parle pas, bien qu'il ait écrit, page 100, qu'il "avait voulu exposer dans le détail la question complexe de l'invitation des observateurs". Certes aucun document ne fut signé, mais ces accords laissèrent des traces dans certains textes. Nous en avons, à ce jour, retrouvé dix-sept : douze écrits et cinq verbaux.

En voici quatre de chaque famille à titre d'exemple.

Quatre preuves écrites:

1° « Parce que le système socialiste mondial manifeste d'une façon incontestable sa supériorité et qu'il est fort de l'approbation de centaines et de centaines de millions d'hommes, l'Eglise ne peut plus se satisfaire de l'anticommunisme grossier. Elle a même pris l'engagement, à l'occasion de son dialogue avec l'Eglise orthodoxe russe, qu'il n'y aurait pas dans le Concile d'attaque directe contre le régime communiste ». (extrait d'une source communiste : "De Vatican I à Vatican II", article de Jean Claude Poulain, dans le n° 900 de "France Nouvelle" du 16 au 23 Janvier 1963, pages 13 à 15).

2° « J'ai rencontré ce Cardinal (Nota : Slipyj, cardinal ukrainien) et je sais quelle souffrance ce fut pour lui que le Vatican ait interdit, lors de son second Concile, toute discussion et toute déclaration contre le communisme. Le Vatican s'était mis d'accord sur ce point avec Moscou. Le Cardinal Slipyj se demandait ce qu'il serait advenu du christianisme si, avant le premier Concile de Nicée, où fut définie la foi chrétienne, les Evêques avaient convenu avec l'empereur qu'il n'y aurait pas de discussion au sujet de l'hérésie d'Arius qui niait la divinité de Jésus-Christ ». (extrait d'une source protestante : "Action Evangélique pour l'Eglise du Silence", du Pasteur Richard Wurmbrand, numéros 126-127 de Mars / avril 1985, page 2).

3° « L'important entretien de Metz entre Eglises catholique et orthodoxe :
... Notre journal avait révélé, à l'époque, que la présence d'observateurs de l'Eglise orthodoxe russe avait été possible grâce à des contacts pris à Metz. Nous avons demandé à Mgr P.J. Schmitt de nous relater les détails de ces contacts.
C'est en effet à Metz, nous précisa-t-il, que le Cardinal Tisserant a rencontré Mgr Nicodème, Archevêque chargé des affaires étrangères de l'Eglise russe, et c'est là que fut préparé le message que Mgr Willebrands, Adjoint du Cardinal de Hollande, Président du Secrétariat de l'Unité de l'Eglise, a porté à Moscou. Mgr Nicodème, qui était venu à Paris, avait manifesté le désir de rencontrer le Cardinal Tisserant. La rencontre eut lieu chez M. l'abbé Lagarde, aumônier des Petites Sœurs des Pauvres aux Bordes, qui s'est toujours attaché aux problèmes internationaux.
A la suite de cet entretien, Mgr Nicodème accepta que quelqu'un se rende à Moscou pour porter une invitation, à condition que soient données des garanties en ce qui concerne l'attitude apolitique du Concile... ». (extrait d'une source laïque : "Le Lorrain", du 9 Février 1963).

4° « ... De même lorsque Paul VI renouvela la Consécration de son prédécesseur (Nota : il s'agit de la consécration du monde des 31 0ctobre et 8 Décembre 1942) le 21 Novembre 1964, dans une séance solennelle du Concile, réunissant les Evêques du monde entier. Cette fois encore la Russie n'était point nommée. Le faire en présence des observateurs orthodoxes russes eût été une provocation, non conforme aux garanties données, et eût créé un incident diplomatique ... ». (extrait d'une source catholique : "Il y a 70 ans : Fatima", article de (l'abbé) René Laurentin, dans "Chrétiens Magazine", de Mars-Avril 1987, page 16.

Quatre preuves orales :

« Entre Rome et Moscou, il y a eu un gentleman-agreement ».
Il s'agit du témoignage de Jean Guitton, ami de Paul VI, observateur au Concile.
Nota : Il s'agit-là d'une notion inconnue des juristes qui vient d'un milieu très précis : la gentry, la noblesse, l'aristocratie anglaise où tout le monde se connaissant ou presque, celui qui manquerait à la parole donnée ne pourrait plus vivre en Grande Bretagne. Il s'agit donc d'un accord oral entre gentlemen, à l'issue duquel les deux parties s'engagent, au su et au vu de leur entourage, et sous peine de marginalisation, à en respecter les termes.

2° « Notre oncle nous a toujours dit que pour être sûr que le Concile ne condamnerait pas le communisme, le Pape Jean XXIII et lui s'étaient mis d'accord pour ne rien condamner du tout. Ainsi on serait sûr que les observateurs russes pourraient venir, rester et revenir. C'est aussi la raison pour laquelle il finit par obtenir que les membres du Conseil de Présidence du Concile assument, à tour de rôle, cette présidence ». (témoignage des nièces du Cardinal Tisserant qui, à tour de rôle, assurèrent le secrétariat de leur oncle).

3° « Mais nous n'avons pas besoin de preuves écrites. Nous savons tout cela depuis l'origine. Mgr Nicodème, qui venait fréquemment chez nous et qui y était comme chez lui, nous a tout raconté ». (confidences orales des moines de l'abbaye de Chevetogne, Monastère fondé par Dom Lambert Baudoin o.s.b., en Belgique, près de Liège).

4° « Mgr Nikodim m'a toujours dit que la condition pour que les observateurs russes viennent au Concile, c'était que le Concile ne condamnerait pas le communisme. Par delà toutes les formules employées (comme l'apolitisme du Concile), cela voulait dire qu'il ne fallait pas remettre en question le régime de Moscou ». (confidences orales de Mademoiselle Irène Posnoff, fondatrice du Foyer Oriental Chrétien à Bruxelles).

Le final de ces négociations

1. Le 10 Octobre 1962, le Saint-Synode russe accepta l'invitation officielle du Vatican et donna son accord pour l'envoi d'observateurs.

2. Le 11 Octobre, Jean XXIII ouvrit le Concile, en proclamant notamment "son complet désaccord avec les prophètes de malheur", sans toutefois citer nominativement ces derniers. Mais notre recherche nous a permis de savoir qu'il visait ainsi Notre-Dame de Fatima. Les observateurs russes ne furent pas présents.

3. Le 12 Octobre, les observateurs russes arrivèrent à Rome. Voici leurs noms :
- ä L'Archiprêtre Vitali Borovo, représentant de l'Eglise orthodoxe auprès du Conseil œcuménique des Eglises, professeur à l'Académie ecclésiastique de Leningrad,
- ä L'Archimandrite Vladimir Kotliarov, sous-chef de la mission russe à Jérusalem,
- ä L'interprète Nicolas Amphinoguenov.

4. Le 13 Octobre, c'est-à-dire le surlendemain du début du Concile, pour le 45ème anniversaire du "Miracle du soleil", mais aussi première Congrégation générale du Concile, Jean XXIII n'ordonna pas aux 2300 Evêques réunis autour de lui de consacrer la seule Russie au cours d'un acte collégial, solennel, public, explicite et clair de réparation.

Ce faisant, Jean XXIII n'accueillit point la Reine de la Paix, en l'occurrence Notre-Dame de Fatima, au sein de l'aula conciliaire. Mais le soir, par contre, il accueillit les observateurs non catholiques, dont les représentants russes.

2°) Les autres faits qui expliquent les accords secrets de 1962 :

Plusieurs autres faits d'importance inégale expliquent le choix géopolitique fait par Jean XXIII :

1. Le poids de l'Ostpolitik vaticane dont l'origine remonte aux contacts officiels du 14 Mai 1922 entre le Saint-Siège et le gouvernement de Lénine, lors de la conférence internationale de Gênes.

2. L'existence des contacts officieux de 1942 entre Mgr Montini, Substitut à la Secrétairerie d'Etat et le gouvernement de Staline.

3. Le refus, par Jean XXIII, de révéler le "Troisième Secret de Fatima" à partir de 1960, contrairement à la volonté du Ciel.

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