Le troisième secret

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LE TROISIÈME SECRET (retour)

     Historique et chronologie

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HOMÉLIE

PRONONCÉE PAR PAUL VI
au cours de la Messe à la Cova da Iria
LE 13 MAI 1967

De Monte-Real, Paul VI s'est rendu en voiture au sanctuaire de Fatima, distant d’une cinquantaine de kilomètres, par Leiria, en traversant lentement plusieurs bourgades où la population l'acclamait. Arrivé à la Cova da Iria un peu après midi, il traversa l'esplanade salué par les ovations d’une foule estimée de un million et demi à deux militons de Personnes. Là il célébra (en portugais) la messe qu’ont pu suivre des millions de téléspectateurs grâce à l’Eurovision et au satellite Telstar.
A cette messe participaient, dans la tribune d'honneur, le président Tomaz, le président Salazar, une soixantaine de cardinaux et d'évêques (les cardinaux Tisserant et Cicognani accompagnaient Paul VI depuis Rome). On remarquait surtout dans cette tribune, outre les parents de Jacinta et Francisco, les deux petits voyants décédés, Sœur Lucie.

Au cours de la Messe, Paul VI prononça l'homélie suivante :

« Si grand est Notre désir d’honorer la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Christ, et par là même Mère de Dieu et notre Mère, si grande est Notre confiance en sa bonté pour la sainte Eglise, et pour Notre charge apostolique, si grand est Notre besoin de son intercession près du Christ, son divin Fils, que nous sommes venu, humble et confiant pèlerin, à ce sanctuaire béni, où se célèbre aujourd’hui le cinquantenaire des apparitions de Fatima et où se commémore le 25ème anniversaire de la consécration du monde au Cœur immaculé de Marie.

Et nous sommes heureux de nous rencontrer avec vous, Frères et Fils très chers, et de vous associer tous à la manifestation de Notre dévotion à Notre-Dame, et à Notre prière, afin que notre commune vénération soit plus manifeste et plus filiale, plus vive aussi et mieux acceptée notre invocation.

Nous vous saluons, Frères et Fils ici présents, vous spécialement citoyens de cette illustre nation qui dans sa longue histoire a donné à l’Eglise des saints et des grands hommes, un peuple courageux et croyant ; nous vous saluons, pèlerins venus du voisinage ou venus de loin, vous aussi, fidèles de la sainte Eglise catholique, qui de Rome, de vos pays et de vos demeures, de partout dans le monde. êtes en ce moment tournés vers cet autel, tous, oui tous, nous vous saluons. »

Nous ne voulons exclure personne de Notre souvenir spirituel

« Nous célébrons actuellement avec vous et pour vous la sainte messe, et ensemble nous sommes unis comme les fils d’une même famille près de notre Mère du ciel, pour être admis dans la célébration du Saint Sacrifice, à une communion plus étroite et plus salutaire avec le Christ notre Seigneur et notre Sauveur.

Nous ne voulons exclure personne de Notre souvenir spirituel, parce que nous voulons que tous vous participiez à cette grâce, celle que nous demandons au ciel : nous vous portons dans Notre cœur, vous Nos frères dans l’épiscopat, vous prêtres, et religieux et religieuses, consacrés au Christ dans un amour total ; vous aussi, familles chrétiennes, vous êtes présentes à Notre pensée, ainsi que vous, très chers laïcs, qui voulez collaborer avec le clergé pour le développement du règne de Dieu ; vous encore, jeunes et enfants, que nous voudrions avoir tous ici autour de nous ; et vous les affligés et les fatigués, et vous les malades, et ceux qui pleurent, vous qui certainement avez à la mémoire comment le Christ vous a appelés à lui pour vous unir à sa Passion rédemptrice et vous réconforter. Notre regard se porte aussi vers tous les chrétiens non catholiques, mais nos frères dans le baptême ; pour eux, Notre souvenir est espoir de parfaite communion, dans l’unité voulue par le Seigneur Jésus. Notre regard s’étend à tout le monde, nous voulons que Notre charité soit sans limite et en ce moment nous l’élargissons à l’humanité entière, à tous les gouvernants, à tous les peuples de la terre. »

Les intentions qui caractérisent le pèlerinage

« Vous savez quelles sont nos intentions spéciales, celles qui veulent caractériser ce pèlerinage. Nous les rappelons ici afin qu’elles donnent une voix à notre prière et qu’elles soient une lumière pour tous ceux qui nous écoutent. »

La paix intérieure de l’Eglise et la pureté de la foi
au lendemain du Concile œcuménique

« La première intention est l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Nous voulons prier, avons-nous dit, pour sa paix intérieure. Le Concile œcuménique a réveillé beaucoup d’énergies au sein de l’Eglise, il a ouvert des perspectives plus larges dans le champ de sa doctrine, il a appelé tous ses fils à une conscience plus claire, à une collaboration plus intime, à un apostolat plus vivant. Il nous importe qu’un tel avantage et qu’un tel renouvellement se conservent et grandissent.

Quel dommage ce serait si une interprétation arbitraire et non autorisée par le magistère de l’Eglise faisait de ce réveil une inquiétude désagrégeant sa traditionnelle et constitutionnelle consistance, si elle substituait à la théologie des grands et authentiques maîtres des idéologies nouvelles et particulières, dont le résultat serait d’enlever à la règle de la foi tout ce que la pensée moderne, à qui manque parfois même la lumière de la raison, ne comprend pas, n’apprécie pas, et qui transformerait ainsi la préoccupation apostolique de la charité qui sauve en un accord avec les formes négatives de la mentalité profane et des mœurs mondaines.

Combien serait illusoire notre effort de rapprochement universel s’il n’offrait pas à nos frères chrétiens encore séparés de nous, et à l’humanité, à qui manque notre foi dans sa présentation authentique et dans son originelle beauté, le patrimoine de vérité et de charité dont l’Eglise est dépositaire et dispensatrice ?

Nous voulons demander à Marie une Eglise vivante, une Eglise vraie, unie, une Eglise sainte. Avec vous nous voulons prier ici afin que les espérances et les énergies suscitées par le Concile mûrissent en fruits abondants sous l’influence de l’Esprit-Saint dont nous célébrons demain la fête de Pentecôte et de qui vient la vraie vie chrétienne ; les fruits énumérés par l’apôtre Paul : « La charité, la joie, la paix, la longanimité, la bénignité, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance. » (Gal., V, 22.) Nous voulons prier afin que le culte de Dieu encore et toujours fleurisse dans le monde et que sa loi forme la conscience et les mœurs de l'homme moderne. La foi en Dieu est la lumière suprême de l’humanité ; et cette lumière, non seulement ne doit pas être éteinte dans le cœur des hommes, mais doit plutôt être ranimée par le stimulant qui lui vient de la science et du progrès. »

L’Eglise du silence

« Cette pensée qui anime et agite notre prière porte en ce moment notre souvenir vers ces pays dans lesquels la liberté religieuse est pratiquement opprimée et où la négation de Dieu est présentée comme représentative de la vérité des temps modernes et la libération des peuples, alors que tout ceci est faux. Nous prions pour ces pays ; nous prions aussi pour nos frères croyants de ces nations afin que la force intime de Dieu les soutienne et que leur soit accordée la véritable liberté civile. »

La paix du monde

« Et maintenant, la seconde intention de notre pèlerinage remplit Notre âme : le monde, la paix dans le monde.

Vous savez comment la conscience que l’Eglise a de sa mission dans le monde, une mission d’amour et de service, est aujourd’hui, après le Concile, rendue claire et glus active. Vous savez comment le monde est dans une phase de grandes transformations à cause de son énorme et merveilleux progrès dans la connaissance et la conquête des richesses de la terre et de l’univers. Mais vous savez et vous voyez combien le monde n’est pas heureux, n’est pas tranquille ; et la première cause de cette inquiétude est la difficulté pour l’entente, la difficulté pour la paix. Tout semble pousser le monde à la fraternité, à l’unité ; et à l’encontre au sein de l’humanité éclatent encore, épouvantables, des conflits continuels. Deux motifs principaux rendent grave cette situation historique de l’humanité : elle regorge d’armes affreusement meurtrières, et elle n’est pas aussi en progrès sur le plan moral que sur le plan scientifique et technique.

Plus encore, une grande partie de l’humanité souffre toujours de l’indigence et de la faim, tandis que s’est éveillée en elle la douloureuse conscience de ses besoins face au bien-être d’autrui.

Le monde est en danger

« C’est pourquoi nous disons : le monde est en danger. C'est pourquoi nous sommes venu au pied de la Reine de la Paix lui demander comme don celui que seul Dieu peut donner : la paix.

Car cette paix, oui, est un don de Dieu, qui suppose l’intervention de son action si bonne, si miséricordieuse et si mystérieuse.

Mais ce n’est pas toujours un don miraculeux ; c’est un don qui accomplit ses prodiges dans le secret des cœurs des hommes ; un don qui a besoin d’une libre acceptation et d’une libre collaboration. Et alors notre prière, après s’être (tournée vers le ciel, se tourne vers les hommes du monde entier :

Hommes,  nous vous disons en ce suprême instant, rendez-vous dignes du don divin de la paix.
Hommes,  Hommes, soyez des hommes.
Hommes,  soyez bons, soyez sages, soyez ouverts à la considération du bien général du monde.
Hommes,  soyez magnanimes.
Hommes,  sachez voir votre prestige et votre intérêt non comme étant contraires, mais comme étant solidaires avec le prestige et l’intérêt d’autrui.
Hommes,  ne pensez pas à des projets de destruction et de mort, de révolution et de subversion ; pensez aux projets de commun bien-être et de collaboration sincère.
Hommes,  pensez à la gravité et à l’importance de cette heure qui peut être décisive pour le monde d’aujourd’hui et de demain. Et recommencez à vous approcher les uns des autres avec la volonté de construire un monde nouveau. Oui, le monde des hommes vrais, qui ne pourra jamais être tel sans le soleil de Dieu sur son horizon.
Hommes,  écoutez à travers notre humble et faible voix résonner l'écho de la parole du Christ : "Bienheureux les doux parce qu’ils posséderont la terre ; bienheureux les pacifiques parce qu’ils seront appelés enfants de Dieu."

Voyez, Fils et Frères qui nous écoutez, combien le tableau du monde et de ses destinées se présente ici dans son immensité dramatique. C’est le tableau que la Madone découvre devant nous ; le tableau qu’elle contemple avec ses yeux épouvantés mais toujours confiants ; le tableau que nous contemplerons toujours, et nous en faisons la promesse, en suivant la recommandation que la Madone elle-même nous a donnée : celle de la prière et de la pénitence ; Dieu veuille donc que ce tableau du monde n’ait jamais plus à enregistrer de luttes, de tragédies et de catastrophes, mais bien les conquêtes de l’amour et les victoires de la paix. »




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