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LA BIENHEUREUSE JACINTA MARTO

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Bienheureuse Jacinta Marto Jacinthe avait deux ans de moins que son frère François. C'était une petite fille gaie et vive, au grand cœur, mais capricieuse par moment ; à tel point que Lucie disait d'elle : « Ma cousine était susceptible, parce que la moindre contrariété suffisait pour la faire bouder dans un coin à attacher le bourricot !. Il fallait alors la laisser choisir le jeu et le partenaire avec qui elle voulait jouer ».
Cependant, c'était une petite fille aimable, attirante et d'une nature extraordinairement sensible. Son maintien toujours sérieux, modeste et affable, paraissait traduire la présence de Dieu dans toutes ses actions, maintien qu'on ne trouve d'ordinaire que chez des personnes déjà avancées en âge et de grande vertu. Une de ses qualités particulières était l'amour de la vérité, au point d'être capable de reprendre une personne qui aurait dit un mensonge.

A cinq ans environ, en entendant parler des souffrances de notre divin Rédempteur, elle s'attendrissait et pleurait. « Pauvre Notre Seigneur !, répétait-elle. Je ne veux faire aucun péché, pour que Jésus ne souffre pas davantage. »
Les vilaines paroles étaient un péché, et faisaient souffrir le Petit Jésus. Aussi Jacinthe évitera-t-elle tout le long de sa courte vie la compagnie de ceux parmi lesquels il y avait danger de prendre cette mauvaise habitude.

Elle avait une attirance particulière pour sa cousine Lucie, avec qui elle aimait jouer. Lorsque la famille Marto allait prendre un repas chez les dos Santos, la plus heureuse était Jacinthe qui aimait se placer à table tout près de Lucie.
Le soir, elle faisait tout pour rester avec sa cousine, si bien que sa tante proposait de la laisser dormir à la maison.

Plus tard, et après de nombreuses insistances, Jacinthe (et François) purent obtenir de leurs parents la garde des brebis afin de pouvoir aller avec Lucie à la Cova da Iria pour être en sa compagnie.
Elle aimait courir derrière les papillons, mais elle aimait encore mieux cueillir les fleurs pour en faire des guirlandes. La danse était sa distraction favorite. Comme son frère François, elle aimait la musique et durant les longues heures qu'elle passait à faire paître le troupeau, elle faisait retentir de sa jolie voix la solitude de la campagne. Assise sur le sommet d'une colline, ou sur un rocher, elle ne se lassait pas d'entendre l'écho de sa voix se répercuter au fond des vallées.
Le nom qui résonnait le mieux était le nom de « Marie », et Jacinthe récitait quelquefois l'Ave Maria tout entier, en prononçant seulement la parole suivante lorsque celle qui précédait avait cessé d'être répercutée par l'écho.

La communion de Lucie exalta chez Jacinthe et son frère le désir de recevoir comme elle la sainte Hostie. Au printemps 1918, Olimpia les présenta à l'abbé Ferreira afin qu'ils remplissent le devoir pascal s'il les trouvait assez instruits. Jacinthe fut acceptée ; elle n'avait pas huit ans : grande dérogation aux principes pour M. le Curé ! Hélas ! son frère trébucha, paraît-il, dans la récitation d'une question importante et fut refusé ; ce qui faisait accuser le bon prêtre de partialité par Ti Manuel, le papa, lequel eût été bien content que son frère put l'accompagner également à la Sainte Table.

En décembre 1918, elle tomba gravement malade, presque au même moment que François. Au cours de cette année là, la très sainte Vierge apparut trois fois à la fillette, mais sans lui apporter de messages :
— La première fois, dans l'église de Fatima, durant la messe, le jour de l'Ascension ; Elle lui apprit à bien réciter le chapelet.
— La seconde fois, ce fut la nuit, à la porte de la cave, alors que la famille dormait.
— La troisième fois, dans la maison, au dessus d'une table ; la Vierge était immobile et silencieuse. Jacinthe s'écria : « Oh, Maman !... Vous ne voyez pas là Notre-Dame de la Cova da Iria ? ».

Un jour, elle confia tout émue à sa cousine Lucie : « Notre-Dame est venue nous voir, et elle a dit qu'elle viendrait, dans très peu de temps, chercher François pour l'emmener au Ciel. A moi, elle m'a demandé si je voulais encore convertir davantage de pécheurs. Je lui ai dit que oui.
Notre-Dame veut que j'aille dans deux hôpitaux ; mais pas pour guérir. Ce sera pour souffrir davantage, pour l'amour de Dieu, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des offenses commises contre le Cœur Immaculé de Marie. Elle m'a dit que tu n'y viendrais pas ; que ma mère m'y conduirait, et qu'ensuite je resterais là toute seule ; mais que je n'aie pas peur, car elle viendrait me chercher pour aller au Ciel. »

Après le départ du François pour le Ciel, les parents installèrent la petite fille dans la chambre de son saint frère, car plus proche de la porte d'entrée. En effet, Jacinthe était très affaiblie par la maladie.
La présence de sa cousine Lucie était pour elle un soutient indispensable car depuis le départ de François elle ne cessait de penser à lui en pleurant.
Sa consolation était de souffrir pour Notre Seigneur afin de réparer les péchés du monde. Les souffrances des damnés et l'éternité de leur peine la préoccupaient sans cesse et l'encourageaient à supporter sans plainte et même avec joie les souffrances de la maladie. Elle avait demandé à François mourant, de dire, au Ciel, à Notre-Seigneur et à sa Mère qu'elle souffrirait « tout ce qu'ils voudraient » pour la conversion des pécheurs. La vision de l'enfer l'avait tant impressionnée, qu'elle ne pouvait chasser de son esprit cette pensée. Parfois, pensive, elle répétait tout haut : « Coïtadinhos !... » (Pauvres malheureux !). « Dis, Lucie, ces flammes ne s'éteignent jamais ? Et ces gens ne se consument pas comme le bois qui devient de la cendre ? »
Et, après les explications de sa cousine, elle reprenait :
— « L'enfer !... l'enfer !... Quelle peine me font les âmes qui y tombent !... nous prierons beaucoup et nous ferons des sacrifices pour que les pécheurs se convertissent. » ; et mi-tremblante s'agenouillait, joignait les mains et récitait les prières que Notre-Dame lui avait enseignées : « Oh mon Jésus ! pardonnez-nous nos péchés... etc. ». Jacinthe restait comme ça, très longtemps agenouillée, répétant la même prière pour convertir les pécheurs et ainsi sauver les âmes de l'enfer.

La maladie la faisait souffrir beaucoup. Après une broncho-pneumonie, se déclara une pleurésie purulente, qui lui causait de grandes souffrances. Elle s'efforçait toutefois de ne jamais se plaindre malgré les douleurs qu'elle supportait avec résignation, une joie même, qui surprenait d'autant plus qu'elle trouvait encore la force de se lever pour réciter la prière de l'Ange.
Quand sa mère se montrait triste de la voir souffrir, elle lui disait : « Ne vous faites pas de souci, mère, je vais au ciel, et là, je prierai beaucoup pour vous. Ne pleurez pas, je me sens bien. »
Jacinthe disait à Lucie : « Je ne veux pas que tu dises à personne que je souffre, même pas à ma mère, parce que je ne veux pas qu'elle s'afflige. »

La petite malade se confiait volontiers à Lucie. Ensemble elles parlaient de leurs mortifications, de leurs sacrifices, qui leur semblaient peu de chose pour consoler les Cœurs de Jésus et de Marie. « Écoute, tu sais, disait Jacinthe, Notre Seigneur est triste, parce que Notre-Dame nous a dit de ne plus l'offenser davantage, qu'Il était déjà trop offensé, mais on n'en fait aucun cas ; on continue à faire les mêmes péchés. » Elle lui énumérait alors toutes les occasions dont elle avait profité, le jour et la nuit précédente, pour réparer tant d'outrages faits à Dieu : « J'avais très soif, et je n'ai pas voulu boire. Je l'ai offert à Jésus pour les pécheurs. Cette nuit, je souffrais beaucoup, et j'ai voulu offrir à Notre Seigneur le sacrifice de ne pas me retourner dans mon lit. Aussi je n'ai pas dormi du tout... Et toi, Lucie, as-tu fait aujourd'hui quelque sacrifice ? »
Bien qu'elle ne pouvait plus rien avaler sans un certaine dégoût, elle prenait les aliments que sa mère lui présentait sans montrer la plus légère répugnance pour offrir ce sacrifice à Notre Seigneur. Elle confia à Lucie : « Je bois la tasse de lait que ma mère me donne ; si tu savais combien cela m'a coûté de la prendre ! mais je ne dis rien. Je prends tout par amour de Notre Seigneur et du Cœur Immaculé de Marie, notre "Maman du Ciel". »
Quand sa mère lui apportait, avec une tasse de lait, une belle grappe de raisin, et lui laissait le choix, elle prendrait de préférence le lait. « Non Maman, je ne prendrai pas les raisins ; vous pouvez les emporter. Donnez-moi plutôt le lait ; je vais le prendre. » Et lorsque sa mère se retirait, elle disait à Lucie : « J'avais tellement envie de ces raisins, et cela m'a tant coûté de prendre le lait ! Mais j'ai voulu offrir ce sacrifice à Notre Seigneur ».

Au cours du mois de juin 1919, le médecin conseilla aux parents de l'envoyer à l'hôpital saint Augustin, à quinze kilomètres de la maison. Là, la petite fille fut soumise à un traitement rigoureux, mais qui ne donna aucun résultat. Alors, à la fin du mois d'août, il fut décidé que la petite revienne à la maison, d'autant plus que ses parents n'avaient pas les moyens de payer plus longtemps le prix de la pension à l'hôpital.
Sa santé s'affaiblissait de jour en jour. La maladie minait son pauvre petit corps. Atteinte de tuberculose, il lui était tout à fait impossible de quitter son lit.

Lorsqu'elle eut appris, par Notre-Dame elle-même la visitant dans sa chambre d'Aljustrel, qu'elle irait à Lisbonne dans un hôpital pour y mourir seule, son cœur fut bouleversé par cette perspective de mourir loin de ses parents et de sa cousine bien-aimée. Un jour, Lucie la trouva, tenant une image de Notre-Dame, qu'elle embrassait en disant : « O ma "Maman du Ciel" ! Alors il me faut mourir toute seule ? » C'était là une épreuve bien amère que lui imposait la Vierge, et elle la suppliait presque d'écarter ce calice. Jésus Lui-même, avant sa Passion, disait : « Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi ! » ; mais, elle acceptait de souffrir avec amour pour Jésus et Marie, ainsi que pour les pécheurs, en disant dans sa prière : « O mon Jésus ! ce sacrifice est si grand ! vous pouvez sauver beaucoup de pécheurs ! ».

Chambre de Jacinta A la mi-janvier 1920, arriva à Aljustrel un prêtre, ami de la famille, avec un médecin renommé à Lisbonne pour voir la petite malade, le Dr.  Eurico-Lisboa. Ce médecin décida de l'hospitaliser d'urgence à Lisbonne. La petite fille se gardait bien de soutenir l'opinion de ses parents qui voulaient la garder à la maison, car elle savait qu'à Aljustrel, elle ne pourrait pas offrir le « si grand sacrifice » de mourir « toute seule » que la Vierge lui avait proposé, sacrifice qui pouvait préserver des flammes quelques âmes pécheresses.« Tu iras à deux hôpitaux, lui avait dit Notre-Dame, mais ce ne sera pas pour guérir. Ce sera pour souffrir davantage, pour l'amour de Dieu, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des offenses commises contre mon Cœur Immaculée »
Le Cœur Immaculé de Marie ! C'était la passion de Jacinthe !
« Il ne s'en faut plus beaucoup pour que j'aille au Ciel, confiait-elle à Lucie. Toi, tu resteras ici pour dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie... Quand tu auras à le dire, ne te cache pas !... Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie ; qu'il faut les lui demander à Elle ; que le Cœur de Jésus veut qu'on vénère, à côté de lui, le Cœur Immaculé de Marie [Voir dévotion des cinq premiers samedis du mois]. Que l'on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, parce que Dieu la lui a confiée à Elle !.
Ah ! si je pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu que j'ai là dans la poitrine, qui me brûle, et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie ! »
Parfois avec sa simplicité naturelle elle disait aussi : « J'aime tant le Cœur Immaculé de Marie, c'est le Cœur de Notre petite Maman du ciel. N'aimes-tu pas répéter souvent ? "Doux Cœur de Marie, Cœur Immaculé de Marie". J'aime tellement cela… ». Ce départ pour la capitale effrayait beaucoup la petite Jacinthe car elle savait de la très sainte Vierge même, que ce voyage serait le dernier avant d'aller au Ciel ; et l'idée de ne plus revoir ceux qu'elle aimait tant lui fendait le cœur. Notre Seigneur, au Jardin des Oliviers, avait senti la même peine de souffrir seul. Par trois fois, il avait interrompu sa prière, pour demander à ses Apôtres de veiller avec Lui. Comment s'étonner donc de rencontrer le même sentiment dans l'âme si affectueuse de la petite Jacinthe ? mais, malgré cette peine, elle accepta avec joie d'aller à l'hôpital, pour montrer son amour à Marie en y souffrant plus qu'à la maison.

A Lisbonne, personne ne voulait recevoir cette voyageuse fatiguée avec sa petite fille pâle et décharnée. Pour finir, ce 21 janvier 1920, la malade et sa mère furent reçues avec beaucoup de bonté par la Directrice de l'orphelinat Notre-Dame des Miracles, à Lisbonne, soeur Marie de la Purification Godinho († 24-06-1960 à l'age de 82 ans), en attendant que le médecin puisse faire les démarches administratives d'admission à l'hôpital ; mais il rencontra un obstacle imprévu : la mère de Jacinthe refusait que sa fille soit opérée, sans doute par peur de la perdre... mais face à l'insistance et aux bons conseils du médecin, elle accepta.
Dans cet orphelinat, il y avait une tribune avec vue sur la chapelle. Tous les moments qui lui restaient durant les jours qu'elle y a vécu, Jacinthe les passait dans la tribune assise dans une petite chaise avec les yeux fixés dans le tabernacle. C'était sa mère qui la portait dans ses bras à la table de la communion.
Le 2 février, jour de la Présentation, Jacinthe entrait au Service n° 1 de l'hôpital Doña Estefania, où elle occupait le lit n° 38, et était traitée sous la direction du Dr. Castro-Freire, l'un des meilleurs médecins d'enfants du Portugal. Elle y recevait la visite quotidienne de soeur Purification, sa « marraine », comme elle appelait sa bienfaitrice. Monsieur Marto, son papa, put venir voir une fois son enfant, mais ce fut une visite bien brève. Le pauvre homme devait revenir promptement à Fatima, où d'autres de ses enfants étaient au lit et réclamaient sa présence. Lucie, qui était venue lui rendre visite durant deux jours, confie : « Je la trouvai avec la même allégresse de souffrir pour l'amour de Dieu, pour l'amour du Cœur Immaculé de Marie, pour les pécheurs et pour le Saint Père. C'était là tout son idéal et les thèmes de ses conversations. » : « J'aime tant souffrir pour l'amour de Jésus et Marie et Eux Ils aiment tant tous ceux qui souffrent pour la conversion des pécheurs », disait Jacinthe, affirmant que Notre-Dame lui était apparue de nouveau et lui avait encore répété que « le péché qui mène le plus de monde en enfer est le péché de la chair ; qu'il faut s'éloigner du luxe ; qu'il ne faut pas s'obstiner dans le péché et qu'il faut faire pénitence ».
Le diagnostic du chirurgien révéla une pleurésie purulente de la grande cavité gauche, avec fistule, et ostéite des septième et huitième côtes du même coté. Ce jour là la maman de Jacinthe reçut des nouvelles d'Aljustrel : elle devait absolument rentrer chez elle car d'autres enfants de la famille étaient malades et avaient besoin de sa présence.
L'opération chirurgicale ayant été retardée de quelques jours, elle décida de prendre le train pour Fatima, le 5 février. Ce fut un grand déchirement pour elle comme pour sa petite fille qui tout au long de sa maladie, ne cessa de souffrir héroïquement pour la conversion des pécheurs. Sur son lit d'hôpital, on l'entendra dire : « Il se commet beaucoup et de trop grands péchés dans le monde. Si les hommes savaient ce que c'est que l'éternité, ils feraient tout pour changer de vie... Les hommes se perdent parce qu'ils ne pensent pas assez à la mort de Notre-Seigneur et qu'ils ne font pas pénitence ». (Voir forum n° 31).

Le 10 février, Jacinthe fut opérée par le docteur Castro-Freire. A cette époque, les anesthésies étaient très imparfaites, ce qui causait beaucoup de souffrance aux malades. Le chirurgien lui ouvrit une fissure pour le drainage du pus et on lui retira deux côtes du coté gauche. Jacinthe souffrait beaucoup, et la douleur se ravivait chaque fois qu'il fallait panser la plaie large comme la main. Cependant son seul gémissement était : « Aïe ! aïe !... ô Notre-Dame !» Elle ajoutait : « Patience ! nous devons tous souffrir pour aller au Ciel ! ». Personne ne l'entendait se plaindre. Elle disait plus que jamais à Jésus, dans un héroïsme tranquille : « Maintenant Vous pouvez convertir beaucoup de pécheurs, parce que je souffre beaucoup ! ».
Quelques jours après, la Vierge Marie vint au pied du lit d'hôpital consoler la petite fille, lui annonçant que bientôt Elle viendrait la chercher pour aller au Ciel ; mais dès cet instant Jacinthe ne manifesta plus aucune souffrance. Elle confiait à Mère Godinho : « Maintenant je ne me plains plus ! Notre-Dame m'a dit qu'elle viendra me chercher, et qu'elle m'enlève déjà toutes mes souffrances ». Le Docteur Eurico-Lisboa confirma qu'effectivement toutes les douleurs de sa petite patiente disparurent et qu'elle put se distraire en regardant des images pieuses, dont une de Notre-Dame du Sameiro, célèbre sanctuaire de l'Immaculée Conception, près de Braga. L'enfant disait que c'était celle qui lui rappelait le plus la Vierge qui lui était apparue.
Sœur Lucie rapporte dans ses « Mémoires » que sa cousine lui confia que Notre-Dame lui avait dit lors de cette Apparition la date et l'heure de son entrée dans la vie éternelle.

Le 20 février 1920, vers 18 heures, la petite malade dit qu'elle se sentait mal et qu'elle désirait recevoir les derniers sacrements. On appela donc le curé de la paroisse des Anges, M. l'abbé Pereira dos Reis, qui l'entendit en confession vers 20 heures. La voyant apparemment bien, il ne voulut pas lui donner les derniers sacrements et lui promit seulement de lui apporter Notre Seigneur le jour suivant. De nouveau la petite insista pour recevoir la communion disant qu'elle allait bientôt mourir. De fait, vers 22h30, la petite Jacinthe s'éteignit tranquillement, toute seule, en odeur de sainteté, mais sans avoir pu communier, à l'hôpital Doña Estefânia. Seule une jeune infirmière, Aurora Gomes, assista à son décès.
La Vierge était donc venue, une dernière fois, auprès de la petite malade du lit n° 60 (où on l'avait transportée après l'opération), et avait emmené au Ciel l'âme de Jacinthe, laissant seulement à la terre sa dépouille mortelle. La nouvelle se répandit très vite dans les milieux catholiques de Lisbonne. Sœur Godinho la revêtit d'une belle robe blanche avec ceinture bleu céleste, puis, le 24 février, à 11 heures, le corps fut placé dans un cercueil afin de procéder à l'office funèbre, en l'église des Saints-Anges. Un défilé de personnes qui croyaient aux évènements de Fatima, ne tarda pas à se former. On venait avec des chapelets et des images, pour toucher les vêtements de la petite et prier auprès de son corps.
Couchée dans son cercueil, Jacinthe paraissait vivante, avec les lèvres et les joues d'une belle couleur rosée. Le parfum agréable qu'exhalait le corps, décédé depuis trois jours et demi, ne peut expliquer naturellement cette odeur de fleurs variées, fait très singulier, étant donné le caractère purulent de la maladie et le temps prolongé pendant lequel le corps était resté à l'air libre.
L'après-midi, le corps fut accompagné à pied jusqu'à la gare, sous la pluie, par beaucoup de monde, et déposé à Vila Nova de Ourem, dans le caveau de la famille du baron de Alvaiazere.

Le 12 septembre 1935, Mgr. da Silva fit transférer le corps de la petite Jacinthe dans le cimetière de Fatima. Lorsqu'on ouvrit le cercueil, l'assistance put constater que le visage de la voyante était resté intact. Ce fut le cas également, lors de l'exhumation définitive dans la basilique, le 1er mai 1951.
Lors de la première exhumation, on photographia le visage de la petite bergère et l'Évêque de Leiria envoya cette photo à Lucie. Dans la lettre où elle remerciait le Prélat et lui disait toute sa joie, la religieuse écrivait entre autres choses :
« J'espère que Notre-Seigneur voudra lui donner l'auréole des saints, pour la plus grande gloire de la Sainte Vierge. Quant à son âge, elle n'était qu'une enfant ; elle excella néanmoins dans la pratique de la vertu et sut prouver son amour de Dieu et de la Sainte Vierge, par la mortification. Pour ma part, je dois à son amitié d'avoir conservé mon innocence. Elle avait admirablement compris cet esprit de prière et de sacrifice que la Sainte Vierge nous avait recommandé ».

Le procès en vu de la béatification de Jacinta Marto a été ouvert à Leira le 21 décembre 1949 en même temps que celui de son frère François. Il a été transmis au Saint-Siège le 2 juillet 1979, et c'est le 13 mai 1989 qu'ils ont été déclarés Vénérables.
Le 16 avril 1999, la Congrégation pour la Cause des Saints a approuvé un miracle attribué à leur intercession. L'assemblée plénière de la Congrégation a entériner cette décision le 24 juin 1999. C'est alors que le Pape Jean-Paul II a publié, le 28, le décret de béatification. François et Jacinthe sont désormais les plus jeunes Bienheureux de l'Église (respectivement, 11 et 9 ans).

Tombe de Jacinta

PENSÉES DE LA BIENHEUREUSE JACINTA MARTO

L'héroïcité des vertus de Jacinthe est une preuve évidente des merveilles de la grâce que Dieu nous donne si on prie le Cœur Immaculé de Marie. Les paroles que Jacinthe confiait à sa marraine ne peuvent s'expliquer sans une sagesse infuse. Une enfant de dix ans, sans aucune instruction, n'ayant que des connaissances religieuses rudimentaires, ne pouvait certainement inventer des sentences comme celles-ci, que Mère Godinho a eu soin de noter.

Sur le péché, par exemple :

— « Les péchés qui conduisent le plus d'âmes en Enfer, ce sont les péchés de la chair ».
— « Il viendra des modes qui offenseront beaucoup Notre Seigneur. Les personnes qui servent Dieu ne doivent pas suivre la mode. L'Eglise n'a pas de modes. Notre Seigneur est toujours le même. »
— « Les péchés du monde sont bien grands. »
— « Si les hommes savaient ce qu'est l'éternité, ils feraient tout pour changer de vie. »
— « Les hommes se perdent, parce qu'ils ne pensent pas à la mort de Notre Seigneur, et ne font pas pénitence. »
— « Beaucoup de mariages ne sont pas bons ; ils ne plaisent pas à Notre Seigneur, et ne sont pas de Dieu ».

Au sujet des guerres :

— « Notre Dame a dit que, dans le monde, il y a trop de guerres et de discordes. Les guerres ne sont que le châtiment des péchés du monde. »
— « Notre Dame ne peut plus retenir le bras de son Fils bien-aimé sur le monde. »
— « Il faut faire pénitence. Si les gens se corrigent, Notre Seigneur viendra encore secourir le monde ; mais s'ils ne se corrigent pas, le châtiment viendra ».
— « Pauvre Notre Dame! Ah ! j'ai tant de peine de Notre Dame ! tant de peine ! »

Au sujet des prêtres et des gouvernants :

— « Marraine, priez beaucoup pour les pécheurs ! Priez beaucoup pour les prêtres ! Priez beaucoup pour les Religieux ! Les prêtres devraient s'occuper seulement des choses de l'Église. Les prêtres doivent être purs, très purs.
La désobéissance des prêtres et des Religieux à leurs Supérieurs et au Saint-Père offense beaucoup Notre Seigneur. »
— « Marraine, priez beaucoup pour les gouvernements ! Malheur à ceux qui persécutent la Religion de Notre Seigneur ! Si le gouvernement laissait en paix l'Église, et s'il donnait la liberté à la sainte Religion, il serait béni de Dieu. »

Sur les vertus chrétiennes :

— « Marraine, n'allez pas au milieu du luxe ! Fuyez les richesses ! Soyez amie de la sainte pauvreté et du silence. Ayez beaucoup de charité, même avec ceux qui sont mauvais. Ne dites du mal de personne, et fuyez ceux qui en disent.
— « Ayez beaucoup de patience, parce que la patience nous conduit au Ciel. » — « La Confession est un sacrement de miséricorde. Aussi faut-il s'approcher du confessionnal avec confiance et joie. Sans Confession il n'y a pas de salut. »
— « La Mère de Dieu voudrait qu'il y ait plus de vierges qui s'attachent à elle par le vœu de chasteté. »
— « J'aimerais bien, moi, aller au couvent ; mais j'aime encore mieux aller au Ciel. »
— « Ceux qui n'accomplissent pas les promesses faites à Notre-Dame ne seront jamais heureux dans leur vie. »
— « Pour être Religieuse, il faut être très pure d'âme et de corps. »

A cette dernière réflexion, Mère Godinho interrogea Jacinthe :
— « Et sais-tu ce que veut dire être pure ? », lui demanda t-elle.
— « Je le sais, je le sais. Être pure de corps, c'est garder la chasteté ; être pure d'âme, c'est ne pas faire de péchés : ne pas regarder ce qu'il ne faut pas voir, ne pas voler, ne jamais mentir, dire toujours la vérité, même si cela coûte. »
— « Mais qui donc t'a appris tant de choses ? », lui demandait encore Mère Godinho.
— « C'est Notre-Dame. Mais il y en a aussi que je pense toute seule. J'aime beaucoup penser. »

La Très Sainte Vierge ne se contentait pas d'inspirer à Jacinthe ces profondes pensées. Quelquefois elle lui découvrait l'avenir.

Mère Godinho, un jour, posa cette question à Mme Olimpia, qui se trouvait auprès de sa fille : — « N'aimeriez-vous pas que vos filles Florinda et Teresa, entrent dans la vie religieuse ? ».
— « Dieu m'en garde ! » répondit la bonne dame.
Quelques instants après, Jacinthe, qui avait suivi la conversation, disait, avec gravité, à la Supérieure de l'orphelinat : « Notre Seigneur aimerait beaucoup que mes sœurs se fassent Religieuses. Maman ne veut pas ; mais, pour cela, Notre-Dame ne tardera pas à les emmener au Ciel. ».
C'est ce qui arriva. Peu de temps après la mort de Jacinthe, ses deux sœurs, Florinda et Teresa, moururent, l'une à 17 ans, l'autre à 16 ans.

Citons un autre fait : Mère Godinho désirait depuis longtemps aller à la Cova da Iria ; mais elle n'avait jamais pu en trouver l'occasion. « Soyez tranquille, Marraine !, lui assura un jour Jacinthe. Après ma mort vous irez là-bas ». C'est ce qui arriva en effet. A cause de circonstances imprévues, il ne fut pas possible d'ensevelir le corps de Jacinthe dans le caveau offert par Mme Angelina da Conceiçâo Lopes, à Lisbonne, au cimetière dos Prazeres. Au dernier moment, le Baron de Alvaiâzere offrit son caveau de famille, à Vila Nova de Ourém, pour la sépulture de l'enfant. Mère Godinho accompagna jusque là le corps de sa petite protégée. Le même jour, elle se rendit à Fatima, où elle eut le bonheur de faire la connaissance de Lucie, qui l'accompagna jusqu'à la Cova da Iria.

Dans une autre occasion, un des deux médecins qui la soignaient lui demanda de prier pour lui lorsqu'elle serait au Ciel. La petite lui répondit qu'elle le ferait ; mais, aussitôt après, le fixant de son regard qui paraissait découvrir l'avenir, elle ajouta : « Écoutez, vous irez bientôt là-haut, vous aussi ; cela ne tardera pas ! » Une scène analogue eut lieu avec un autre médecin, à qui elle prédit aussi son rappel à Dieu et celui de sa fille.

Au sujet d'un prêtre, dont elle avait entendu un beau sermon, et qui était, jusqu'alors, considéré comme un homme exemplaire, la petite exprimait avec décision un jugement défavorable :
— « Marraine, quand on y pensera le moins, vous verrez comme ce prêtre est mauvais ! »
Jacinthe avait raison. Peu après, le malheureux abandonna complètement ses devoirs de prêtre, et se mit à vivre d'une manière ouvertement scandaleuse.

A propos de l'opération qu'on voulait lui faire, et qui eut lieu en effet, Jacinthe faisait remarquer :
— « Tout cela est inutile. Notre-Dame est venue me dire que j'allais mourir bientôt. »
Elle fit même écrire à Lucie pour lui dire que la Vierge lui était apparue, et lui avait fait savoir le jour et l'heure de sa mort.

En savoir plus :
voir forum n° 28 : « Les derniers Temps : ceux de la Vierge Marie. »

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CHRONOLOGIE DE LA VIE DE LA BIENHEUREUSE JACINTA MARTO

1910 ●    Le jeudi 10 mars naît à Aljustrel; de Manuel Pedro MARTO et Olympia de       Jesus.
●    19 mars : baptême à l'église paroissiale de Fátima.
1915./.16 ●    Bergerette
1916 ●    Printemps / Été / Automne : témoin des apparitions de l'Ange.
1917 ●    Les 13 mai, juin, juillet, septembre, octobre : Apparitions de la Vierge à la Cova       da Iria.
●    Les 13, 14, 15 août : séquestrée à la prison de Vila Nova de Ourém.
●    Le dimanche 19 août : Apparition de la Vierge aux Valinhos.
●    Du 13 octobre au 6 août 1918, apparitions de la Vierge :
       — à l'Ascension 1918 : dans l'église paroissiale (Comment réciter le       chapelet) ;
       — chez elle, nuitamment, à la porte de la cave ;
       — dans la maison, au dessus d'une table (déposition du curé Ferreira, le 6       août 1918).
●    Visions prophétiques illustrant le grand Secret :
       — vision du Saint-Père insulté et persécuté ;
       — vision de la guerre et du Saint-Père en prière.
●    Autres visites de la Vierge :
       — au lit, peu avant la mort de Francisco ;
       — seule à la maison avant son départ pour Lisbonne ;
       — à l'orphelinat N-D. des-Miracles de Lisbonne (où elle apprend le jour et       l'heure de sa mort).
1918 ●    Printemps : première communion.
●    Du 1er juillet au 31 août : à l'hôpital Saint-Augustin de Vila Nova de Ourém.
●    Octobre : victime d'une pneumonie (grippe espagnole).
1919 ●    Décembre : La Vierge lui annonce qu'elle mourra toute seule à Lisbonne.
1920 ●    21 janvier : départ pour l'Orphelinat N-D. des-Miracles de Lisbonne. Visites de       Notre-Dame.
●    2 février : transfert à l'hôpital de Dona Estefãnia.
●    10 février : subit une opération. Visite de la Vierge.
●    20 février : confession peu avant sa mort ; décéde à l'hôpital vers 22 h 30 dans       la solitude et sans avoir pu communier.
●    21 février : son corps est transporté à la sacristie de l'église des Anges à       Lisbonne.
●    24 février : son corps est enseveli à Vila Nova de Ourém dans le caveau de       famille du baron de Alvaiazere, où il demeurera 15 ans.
1935 ●    12 septembre : Ouverture du cercueil. Le corps apparaît intact. Translation au       cimetière de Fátima où il demeurera 15 ans.
1949 ●    21 décembre : Ouverture du Procès infirmatif diocésain.
1951 ●    30 août : Ouverture officielle du cercueil. Le corps est moins bien conservé       qu'à l'ouverture de 1935.
●    1er mai : Translation des restes au transept gauche de la basilique.
1989 ●    13 mai : Jean-Paul II la déclare Vénérable avec son frère Francisco, à Fatima.
2000 ●    13 mai : Jean-Paul II la béatifie avec son frère Francisco, à Fatima.

image: fleurs

Ô toi, Jacinthe très chérie,
qui sur la terre es passée d'un seul vol,
Dans une douleur intense, tu aimais ton Jésus.
N'oublie pas la prière que jadis je te fis :
« Sois mon amie, auprès du trône de la Vierge Marie !
Ô lis de candeur, perle brillante.
Là-haut dans le Ciel, où tu vis triomphante,
Ô séraphin d'amour, avec ton petit frère
Prie pour moi aux pieds du Seigneur ! »

Sœur Lucie

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